Les Amours (page 4)

Pierre de Ronsard · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Amours (1553) · 12 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Lors ma raison, & lors ce dieu cruel,

Seuls per à per d’un choc continuel

Vont redoublant mile écarmouches fortes:

Si bien qu’Amour n’en seroit le vainqueur,

Sans mes pensers, qui lui ouvrent les portes,

Par la traison que me brasse mon coeur.

a chef:à chef

deus:deux

per à per:pair à pair

mile:mille

écarmouches:escarmouches

pensers:pensées

coeur:cœur

Comme un Cheureuil, quand le printans destruit

L’oiseus crystal de la morne gelée,

Pour mieus brouter la fueille emmielée,

Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit :

Et seul, & seur, loin de chiens & de bruit,

Or sur un mont, or dans une valée,

Or pres d’une onde a l’escart recelée,

Libre, folâtre ou son pié le conduit.

De rets ne d’arc sa liberté n’a crainte,

Sinon alors que sa vie est attainte,

D’un trait meurtrier empourpré de son sang :

Ainsi i’alloi sans espoir de dommage,

Le jour qu’un œil sur l’Auril de mon âge

Tira d’un coup mille traits dans mon flanc.

printans:printemps

oiseus:oiseux

emmielée:emmiellée

valée:vallée

folâtre ou:folâtre où

rets ne:rets ni

attainte:atteinte

alloi:allais

mieus: mieux

seur: seul

Ni voir flamber au point du jour les roses,

Ni lis planté sus le bord d'un ruisseau,

Ni chant de luth, ni ramage d'oiseau,

Ni dedans l'or les gemmes bien encloses,

Ni des Zéphirs les gorgettes decloses,

Ni sur la mer le ronfler d'un vaisseau,

Ni bal de Nymfe au gazouillis de l'eau,

Ni de mon coeur mille metamorfoses,

Ni camp armé de lances herissé,

Ni antre verd de mousse tapissé,

Ni les Sylvains qui les Dryades pressent,

Et jà desja les dontent à leur gré,

Tant de plaisirs ne me donnent qu'un Pré,

Ou sans espoir mes esperances paissent.

sus: sur

Zéphirs: Zéphyrs

decloses: décloses

ronfler: ronflé

Nymfe: Nymphe

metamorfoses: métamorphoses

herissé: hérissées

verd: vert

jà: là

desja: déjà

dontent: domptent

esperances: espérances

ou: Où

Dedans les Prés je vis une Naiade,

Qui comme fleur s’assisoit par les fleurs,

Et mignotoit un chappeau de couleurs,

Echevelée en simple verdugade.

De ce jour là ma raison fut malade,

Mon cueur pensif, mes yeus chargés de pleurs,

Moi triste & lent: tel amas de douleurs

En ma franchise imprima son oeillade.

La je senti dedans mes yeus voller

Un dous venin, qui se vint escouler

Au fond de l’ame: & depuis cet outrage,

Comme un beau lis, au mois de Juin blessé

D’un rai trop chaut, languit à chef baissé,

Je me consume au plus verd de mon âge

assisoit:asseyait

mignotoit:mignotait

chappeau:chapeau

Echevelée:Échevelée

jour là:jour-là

oeillade:œillade

La je:Là je

senti:sentis

voller:voler

chaut:chaud

Quand ces beaus yeus jugeront que je meure,

Avant mes jours me foudroiant là bas,

Et que la Parque aura porté mes pas

A l'autre flanc de la rive meilleure :

Antres & prés, & vous foréts, à l'heure,

Je vous suppli, ne me dédaignés pas,

Ains donnés moi, sous l'ombre de vos bras,

Quelque repos de paisible demeure.

Puisse avenir qu'un poëte amoureus,

Aiant horreur de mon sort malheureus,

Dans un cyprés note cet epigramme :

CI DESSOUS GIT UN AMANT VANDOMOIS,

QUE LA DOULEUR TUA DEDANS CE BOIS :

POUR AIMER TROP LES BEAUS YEUS DE SA DAME.

beaus: beaux

yeus: yeux

foudroiant: foudroyant

là bas: là-bas

foréts: forêts

suppli: supplie

dédaignés: dédaignez

Ains: Ainsi

donnés: donnez

poëte: poète

amoureus: amoureux

aiant: ayant

malheureus: malheureux

cyprés: cyprès

epigramme: épigramme

CI DESSOUS: CI-DESSOUS

Qui voudra voir dedans une jeunesse,

La beauté jointe avec la chasteté,

L'humble douceur, la grave magesté,

Toutes vertus , & toute gentilesse :

Qui voudra voir les yeux d'une deesse,

Et de nos ans la seule nouveauté,

De cette Dame oeillade la beauté,

Que le vulgaire appelle ma maitresse.

Il apprendra comme Amour rit & mord,

Comme il guarit, comme il donne la mort,

Puis il dira voiant chose si belle :

Heureus vraiment, heureus qui peut avoir

Heureusement cet heur que de la voir,

Et plus heureus qui meurt pour l'amour d'elle.

magesté : majesté

gentilesse : gentillesse

deesse : déesse

oeillade : œillade

maitresse : maîtresse

guarit : guérit

voiant : voyant

Heureus : Heureux

heureus : heureux

heureus : heureus

Tant de couleurs le grand arc ne varie

Contre le front du Soleil radieus,

Lors que Junon, par un tans pluvieus,

Renverse l'eau dont sa mere est nourrie.

Ne Jupiter armant sa main marrie

En tant d'éclairs ne fait rougir les cieus,

Lors qu'il punit d'un foudre audacieus

Les mons d'Epire, ou l'orgueil de Carie.

Ni le Soleil ne raione si beau,

Quand au matin il nous montre un flambeau

Pur, net & clair, comme je vi ma Dame

Diversement son visage acoutrer,

Flamber ses yeus, & clair se montrer,

Le premier jour qu'elle ravit mon ame.

radieus: radieux

Lors que: Lorsque

tans pluvieus: temps pluvieux

mere: mère

Ne Jupiter: Ni Jupiter

marrie: fâchée

cieus: cieux

d un: d'une

audacieus: audacieuse

mons d Epire: monts d’Épire

raione: rayonne

je vi ma: je vis ma

acoutrer: accoutrer

yeus: yeux

ame: âme

&: et

Quant j'aperçoi ton beau chef jaunissant,

Qui l'or filé des Charites efface,

Et ton bel œil qui les astres surpasse,

Et ton beau sein chastement rougissant:

A front baissé je pleure gemissant,

De quoy je suis (faute digne de grace)

Sous l'humble vois de ma rime si basse,

De tes beautés les honneurs träissant.

Je conoi bien que je devroi me taire,

Ou mieus parler: mais l'amoureus ulcere

Qui m'ard le coeur, me force de chanter.

Donque (mon Tout) si dinement je n'use

L'ancre & la vois a tes graces vanter,

Non l'ouvrier non, mais son destin accuse.

quant: quand

j aperçoi: j'aperçois

gemissant: gémissant

quoy: quoi

grace: grâce

vois: voix

träissant: trahissant

conoi: connais

devroi: devrais

mieus: mieux

amoureus: amoureux

ulcere: ulcère

m ard: me darde

donque: donc

dinement: dignement

ancre: encre

graces: grâces

a tes: à tes

Ciel, air et vents, plains et monts découverts,

Tertres vineux et forêts verdoyantes,

Rivages torts et sources ondoyantes,

Taillis rasés et vous bocages verts,

Antres moussus à demi-front ouverts,

Prés, boutons, fleurs et herbes roussoyantes,

Vallons bossus et plages blondoyantes,

Et vous rochers, les hôtes de mes vers,

Puis qu'au partir, rongé de soin et d'ire,

A ce bel oeil Adieu je n'ai su dire,

Qui près et loin me détient en émoi,

Je vous supplie, Ciel, air, vents, monts et plaines,

Taillis, forêts, rivages et fontaines,

Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.

Voiant les yeus de toi, Maitresse elüe

A qui j'ai dit, seule à mon cœur tu plais,

D'un si dous fruit mon ame je repais,

Que plus en mange, & plus en est goulüe.

Amour qui seul les bons espris englüe,

Et qui ne daigne ailleurs perdre ses trais,

M'alege tant du moindre de tes rais,

Qu'il m'a du cœur toute peine tolüe.

Non, ce n'est point une peine qu'aimer :

C'est un beau mal, & son feu dous-amer

Plus doucement, qu'amerement nous brule.

O moi deus fois, voire trois bienheureus,

S'Amour m'occit, & si avec Tibulle

J'erre la bas sous le bois amoureus.

Voiant: Voyant

yeus: yeux

Maitresse: Maîtresse

elüe: élue

dous: doux

ame: âme

&: et

goulüe: goulue

espris: esprits

englüe: englue

trais: traits

alege: allège

rais: traits

tolüe: ôtée

amerement: amèrement

brule: brûle

deus: deux

bienheureus: bienheureux

la bas: là-bas

amoureus: amoureux

L'œil qui rendroit le plus barbare apris,

Qui tout orgueil en humblesse destrampe,

Par la vertu de ne sai quelle trampe

Qui saintement affine les esprits :

M'a tellement de ses beautés espris,

Qu'autre beauté dessus mon cœur ne rampe,

Et m'est avis sans voir un jour la lampe

De ces beaus yeus, que la mort me tient pris.

Cela vraiment, que l'aer est aus oiseaus,

Les bois aus cerfs, & aus poissons les eaus,

Son bel œil m'est : ô lumière enrichie

D'un feu divin qui m'ard si vivement,

Pour me donner & force & mouvement,

N'estes vous pas ma seule Entelechie ?

rendroit: rendrait

apris: appris

destrampe: détrempe

sai: sais

espris: épris

beaus: beaux

yeus: yeux

aer: air

aus: aux

oiseaus: oiseaux

&: et

eaus: eaux

estes: êtes

Entelechie: Entéléchie

De quelle plante, ou de quelle racine,

De quel unguent, ou de quelle liqueur,

Oindroi-je bien la plaie de mon cœur

Qui d’os en os incurable chemine?

Ni vers charmés, pierre, ni medecine,

Drogue, ni just, ne romproient ma langueur,

Tant je sen moindre & moindre ma vigueur,

Jà me trainer dans la Barque voisine.

Las, toi qui sais des herbes le pouvoir,

Et qui la plaie au cœur m’as fait avoir,

Guari le mal que ta beauté me livre:

De tes beaus yeus allege mon souci,

Et par pitié retien encor ici

Ce pauvre amant, qu’Amour soule de vivre.

unguent:onguent

Oindroi:Oindrai

sen:sens

trainer:traîner

coeur:cœur

Guari:Guéris

beaus:beaux

allege:allège

retien:retiens

encor:encore

soule:saoule

Petit nombril, que mon penser adore,

Non pas mon oeil, qui n’eut onques ce bien,

Nombril de qui l’honneur merite bien

Qu’une grand’ vile on lui bastisse encore.

Signe divin, qui divinement ore

Retiens encor l’Androgyne lien,

Combien & toi, mon mignon, & combien

Tes flancs jumeaus folastrement j’honore!

Ni ce beau chef, ni ces yeus, ni ce front,

Ni ce dous ris, ni cette main qui fond

Mon coeur en source, & de pleurs me fait riche:

Ne me sauroient de leur beau contenter,

Sans esperer quelque fois de tâter

Ton paradis, ou mon plaisir se niche.

vile:ville

bastisse:bâtisse

jumeaus:jumeaux

folastrement:folâtrement

coeur:cœur

ou mon:où mon

Que n'ai-je, Dame, & la plume & la grace

Divine autant que j'ai la volunté!

Par mes écris tu serois surmonté

Vieil enchanteur des vieus rochers de Thrace.

Plus haut encor que Pindare, ou qu'Horace,

J'appenderois à ta divinité,

Un livre enflé de telle gravité,

Que Du bellai lui quiteroit la place.

Si vive encor Laure par l'univers

Ne fuit volant dessus les Thusques vers,

Que nostre siecle heureusement estime,

Comme ton nom, honneur des vers François,

Haut elevé par le vent de ma vois

S'en voleroit sus l'ale de ma rime.

la grace: la grâce

volunté: volonté

écris: écrits

serois: seras

vieus: vieux

encor: encore

appenderois: apprendrai

bellai: Bellay

quiteroit: quitterait

nostre: notre

siecle: siècle

elevé: élevé

vois: voix

voleroit: volerait

sus: sur

ale: aile

Du tout changé ma Circe enchanteresse,

Dedans ses fers m'enferre, emprisonné,

Non par le goût d'un vin empoisonné,

Ni par le just d'une herbe pecheresse.

Du fin Grégeois l'espée vangeresse,

Et le Moly par Mercure ordonné,

En peu de tans du breuvage donné

Forcerent bien la force charmeresse.

Si qu'a la fin le Dulyche troupeau,

Reprint l'honneur de sa premiere peau,

Et sa prudence auparavant peu caute :

Mais pour la mienne en son lieu reloger,

Ne me vaudroit la bague de Roger,

Tant ma raison s'aveugle dans ma faute.

just : juste

lespée vangeresse : l'épée vengeresse

vaudroit : vaudra

Les Elemans & les Astres, à preuve

Ont façonné les rais de mon Soleil,

Et de son teint le cinabre vermeil,

Qui çà ne là son parangon ne treuve.

Dès l'onde Ibere où notre jour s'abreuve,

Jusques au lit de son premier reveil,

Amour ne voit un miracle pareil,

N'en qui le Ciel tant de ses graces pleuve.

Son oeil premier m'aprit que c'est d'aimer :

Il vint premier ma jeunesse animer

A la vertu, par ses flames dardées :

Par lui mon coeur premierement s'aela,

Et loin du peuple à l'escart s'en vola

Jusqu'au giron des plus belles Idées.

Elemans: Éléments

rais: raies

ame: âme

Jusques au: Jusqu'au

reveil: réveil

graces: grâces

aprit: apprit

premierement: premièrement

aela: aila

escart: écart

en vola: envola

Je parangonne à vos yeus ce crystal,

Qui va mirer le meurtrier de mon ame:

Vive par l'aer il éclate une flame,

Vos yeus un feu qui m'est saint et fatal.

Heureus miroer, tout ainsi que mon mal

Vient de trop voir la beauté qui m'enflame:

Comme je fai, de trop mirer ma Dame

Tu languiras d'un sentiment egal.

Et toutefois, envieus, je t'admire,

D'aller mirer le miroer où se mire

Tout l'univers dedans lui remiré.

Va donq, miroer, va donq, et pren bien garde

Qu'en le mirant ainsi que moi ne t'arde,

Pour avoir trop ses beaus yeus admiré.

yeus: yeux

crystal: cristal

ame: âme

l aer: l'air

flame: flamme

yeus: yeux

Heureus: heureux

miroer: miroir

m enflame: m'enflamme

fai: fais

egal: égal

envieus: envieux

remiré: regarder

donq: donc

pren: prends

t arde: brûle

beaus: beaux

J’ai cent fois épreuvé les remedes d’Ovide,

Et si je les épreuve encore tous les jours,

Pour voir si je pourrai de mes vieilles amours,

Qui trop m’ardent le coeur, avoir l’estomac vuide.

Mais cet amadoüeur, qui me tient à la bride,

Me voiant aprocher du lieu de mon secours,

Maugré moi tout soudain fait vanoier mon cours,

Et d’ou je vins mal sain, mal sain il me reguide.

Hà, poëte Romain, il te fut bien aisé,

Quand d’une courtisane on se voit embrasé,

Donner quelque remede, affin qu’on s’en depestre:

Mais cettui la qui voit les yeus de mon Soleil,

Qui n’a de chasteté, ni d’honneur son pareil,

Plus il est son esclave, & plus il le veut estre.

épreuvé: éprouvé

remedes: remèdes

épreuve: éprouve

vuide: vide

amadoüeur: amadoueur

voiant: voyant

aprocher: approcher

maugré: malgré

mal sain: malsain

poëte: poète

remede: remède

affin: afin

depestre: dépêtre

cettui la: celui-là

yeus: yeux

estre: être

Ni les combats des amoureuses nuits,

Ni les plaisirs que les amours conçoivent,

Ni que les amans reçoivent,

Ne valent pas un seul de mes ennuis.

Heureus ennui, en toi seulet je puis

Treuver repos des maus qui me deçoivent :

Et par toi seul mes passions reçoivent

Le dous obli du torment ou je suis.

Bienheureus soit mon torment qui n'empire,

Et le dous jou, sous lequel je respire,

Et bienheureus le penser soucieus,

Qui me repait du dous souvenir d'elle :

Et plus heureus le foudre de ses yeus,

Qui cuit mon cœur dans un feu qui me gelle.

amans: amants

heureus: heureux

treuver: trouver

maus: maux

deçoivent: déçoivent

dous: doux

obli: oubli

torment: tourment

ou: où

bienheureus: bienheureux

jou: joug

soucieus: soucieux

repait: repaît

yeus: yeux

gelle: gèle

A ton frere Paris tu sembles en beauté

A ta soeur Polyxene en chaste conscience

A ton frere Helenin en profete science,

A ton parjure aïeul en peu de laiauté.

A ton pere Priam en meurs de roiauté,

Au vieillart Antenor en mieleuse eloquence,

A ta tante Antigone en superbe arrogance,

A ton grand frere Hector en fiere cruauté.

Neptune n'assit onc une pierre si dure

Dans tes murs, que tu es, pour qui la mort j'endure:

Ni des Grecs outragés l'exercite vainqueur

N'emplit tant Iliion de feus, de cris,& d'armes,

De soupirs,& de plaurs, que tu combles mon coeur

De brasiers,& de mors, de sanglos, & de larmes.

frere: frère

Paris: Pâris

frere: frère

profete: prophétique

loiauté: loyauté

pere: père

roiaué: royauté

vieillart: vieillard

eloquence: éloquence

fiere: fière

assit: assied

onc: jamais

feus: feux

mors: morts

sanglos: sanglots

Si je trepasse entre tes bras,Madame,

Il me suffit, car je ne veus avoir

Plus grand honneur, sinon que de me voir

En te baisant, dans ton sein rendre l'ame.

Celui que Mars horriblement enflame,

Aille à la guerre, & manque de pouvoir,

& jeune d'ans, s'ebate à recevoir

En sa poitrine une Espaignole lame :

Mais moi plus froid, je ne requier, sinon

Apres cent ans, sans gloire & sans renom,

Mourir oisif, en ton giron, Cassandre.

Car je me trompe, ou c'est plus de bonheur,

Mourir ainsi, que d'avoir tout l'honneur,

Pour vivre peu, d'un guerrier Alexandre.

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