Œuvres (page 26)

Saint-Amant · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Œuvres de Saint-Amant · 29 pages

Elles faisoient crever l’envie ;

Tantost elles chantoient les plaisirs innocens

Que vous goustez en cette vie,

Et tantost vos ardeurs brilloient en leurs accens.

Là, s’estendant sur vos attraits,

Elles animoient deux portraits

À qui tout œil doit rendre hommage :

L’auguste front de l’un representoit un dieu,

Et l’autre estoit la vraye image

De la majesté mesme assise en un beau lieu.

De quel air estoit là depeint

Le vif esclat de vostre teint,

Princesse d’immortelle race !

Que n’y disoit-on point de vos yeux nompareils,

Et de voir comme en vostre face

La neige se conserve auprez de deux soleils !

Mais en quel sublime degré

Leur voix louoit-elle à mon gré

La vostre, où tant de grace abonde,

La vostre dont le son a des charmes si dous,

Que nul que l’echo seul au monde

Ne s’oseroit offrir de chanter après vous !

Bref, de tant de rares tresors

Qui font vostre ame et vostre corps,

Qu’oublierent-elles à dire ?

Encore que ma plume avecque verité,

Dans ces vers pourroit faire lire

Que vous en possedez plus d’une infinité.

Tous les rossignols d’alentour,

Qu’on oit se plaindre et nuit et jour

D’une lascive tirannie,

Coupans l’air de leur aile aux mouvemens soudains,

Pour jouir de cette harmonie,

Se venoient là percher sur les testes des dains.

Ce demon tranquille et secret.

Qui cheminant d’un pas discret

Assoupit toute violence,

De leurs divins accors estoit si bien seduit

Qu’il faisoit voir que le silence

Peut en quelque façon estre amoureux du bruit.

Mainte estoile, tombant des cieux

Et disparoissant de mes yeux

Comme une chose evanouye,

Sembloit descendre en terre avecque le dessein

D’y changer sa veue en ouye

Pour ecouter la voix qui parlait de leur sein.

Les cygales et les grillons,

Traversant en paix les sillons,

Près d’elles taschoient à se rendre.

Et les plus rudes vents, de merveille comblez.

Dans le plaisir de les entendre,

Souffloient moins qu’il ne faut pour agiter les blez.

Cependant, ô roy sans esgal !

Ô reyne qu’un nœud conjugal

Sous un si beau sort apparie !

Tout ce qui venoit là de l’aube ou du couchant

Tesmoignoit que, sans flaterie,

C’estoit pour le discours plustost que pour le chant.

C’estoit pour complaire au desir

D’ouir reciter à loisir

Vos perfections admirables,

Apprenant qu’en l’estat qui vous fait reverer

On vous diroit incomparables,

N’estoit que l’un à l’autre on vous peut comparer.

Ô clair ornement de nos jours !

Couple sacré, le vray recours

De toutes les vertus ensemble,

Vueille l’esprit fatal qui regit les humains

D’un sceptre sous qui l’enfer tremble,

Laisser cent ans le vostre en vos royales mains !

Vueille continuer le ciel

À vous faire gouster le miel

Des heureux presens de Lucine !

Et puissent ces doux fruits de vos affections

Monstrer comme de leur racine

ll ne peut provenir que d’illustres scions.

ODE HÉROI-COMIQUE Pour Monseigneur le Prince, lors Duc d’Anguien, Son Altesse s’en retournant commander l’armée d’Allemagne, l’an 1645.

Puis que le brave duc d’anguien

Retourne encore en Allemagne,

Nous l’allons voir en moins de rien

Monter plus haut que Charlemagne.

Il a desjà fait des explois

Qui volent par toute la terre,

Et dans l’honneur des beaux emplois

Il brille en fier astre de guerre.

Rocroy l’a veu le glaive en main,

Grand de cœur, d’adresse et de taille,

Faire enyvrer de sang humain

Le champ caché sous la bataille.

Tel qu’on voit un torrent forcer

Ce qui s’offre à ses eaux rapides,

Tel on l’a veu rompre et percer

Cent gros de reistres intrepides.

On l’a veu, comblant tout d’effroy

Par sa fureur jeune et guerriere,

Ouvrir aux triomphes d’un roy

L’honorable et longue carriere.

On a veu ce prince hardy

Faire en ce lieu plus de ravages

Que tous les lions du Midy

N’en font en leurs plaines sauvages.

La terreur, l’audace et la mort,

Y marchoient devant la victoire ;

Sa seule teste en fit le sort,

Et son seul bras en fut la gloire.

Fontaines, le vaillant goutteux,

Afin-de perir à son aise,

Loin de Melo, lasche et honteux,

Y rendit l’ame dans sa chaise.

Albuquerque, au front des chevaux,

S’en sauva plus viste qu’un lievre,

Et, fatigué de ses travaux,

Six mois après en eut la fievre.

Cependant l’illustre Bourbon

De qui je veux estre l’Orphée,

Sur la bouteille et le jambon

En ordonna le beau trophée.

Puis, pour recueillir l’ample fruit

D’un coup d’essay si profitable,

Il s’en alla, sans faire bruit,

Assieger un mur indontable.

Battre le fer tant qu’il est chaud

Est un des points de sa science,

Et son courage noble et haut

Brusle tousjours d’impatience.

Il connoist qu’un moment perdu

Ruïne toute une entreprise,

Et qu’au seul temps est souvent dû

L’honneur de mainte belle prise.

Aussi que n’a-t’il pas fait voir

Par son ardente prontitude !

Mainte cité le peut sçavoir,

Et c’est de Mars la fine estude.

Thyonville, après le combat,

Fut investy, fut pris au piege,

Et jamais horrible sabat

N’effraya l’air comme en ce siege.

Le fer que le bronze vomit.

En globes bastards de la foudre

Tonna si fort qu’en bref il mit

Les roches de l’enceinte en poudre.

La Mozelle en eut des frissons

Dessous sa liquide simarre,

Et les oyseaux et les poissons

Firent gile à ce tintamarre.

Enfin on heurta tant de coups

Et re-heurta de telle sorte,

Qu’on vit la clef tourner pour nous

Et d’elle-mesme ouvrir la porte.

Nostre vainqueur entra dedans,

D’un air triomfant et superbe,

Sur un grand barbe aux yeux ardans,

Qui trespignoit sans gaster l’herbe.

L’or remasché de son beau frain

S’argentoit d’une fresche escume ;

Il prestoit l’oreille à l’airain

Et hannissoit sous mainte plume.

Il sembloit des-jà presager

De Fribourg la haute aventure,

Et faisoit luire et voltiger

Sa gloire et presente et future.

Dieu ! quelle bouche exprimeroit

Cette aspre et tragique journée !

Et quelle main couronneroit

La valeur qui l’a couronnée !

Tout ce dont jamais on parla

D’affreux, de sanglant et d’horrible,

Le doit ceder à ce jour-là,

Où mon heros fut si terrible.

Pié contre pié, front contre front,

Les brusques trouppes se heurterent,

Et d’un acier cruel et pront

Leur vive rage executerent.

Plusieurs mousquets des deux partis.

Après le grand feu de l’approche,

En leviers furent convertis

Pour escrazer mainte caboche.

L’ardeur ostoit le temps au temps,

Les poings mesmes devenoient armes,

Et les battus et les battans

Confondoient leurs cris et leurs larmes.

Un bruit formé de cent rumeurs,

Que renforçoit nostre tonnerre,

Étouffoit les aigres clameurs

Des mourans qui mordoient la terre.

L’un, d’une picque outrepercé,

Hurle, s’enfile encor, s’allonge,

Et, rougissant le bois poussé,

Son glaive au sein de l’autre plonge.

L’un, que foudroye à bout portant,

Par le chef, la mort allumée,

Rend par la bouche au mesme instant

D’espais tourbillons de fumée.

Il en rend par le nez aussy,

ll chancelle, il tombe, il se pame,

Il sanglotte en l’air obscurcy,

Et semble petuner son ame.

L’autre dessus le serpentin

En tremblant ajuste sa mèche,

Et tandis est fait le butin

D’une ardente et viste flamèche.

L’un, prenant martre pour renard,

Tue Antoine au lieu d’Alexandre,

Et l’autre esquive, en fin canard,

Le fer qu’il voit sur luy descendre.

L’autre, insultant sur le vaincu.

Luy met le pié dessus la gorge,

Le fouille, en tire maint escu,

Puis se monte comme un saint George.

L’autre, obstiné quoy que tout seul,

Tombent sur ses propres entrailles,

De son drappeau fait son linceul

Et s’honore en ses funerailles.

L’autre meurt de peur d’estre atteint,

L’autre expire en nommant Silvie.

Et l’autre feignant d’estre esteint

Sauve le flambeau de sa vie.

Coups orbes, fiers estramassons

Y pleuvent aussy dru que gresle

On s’y massacre en cent façons,

Et tout y charge pesle-mesle.

Les hommes foulent les coursiers ;

Les coursiers sur les hommes passent,

Et de soldats et d’officiers

Maints corps dessus maints corps s’entassent.

La fureur, l’animosité,

L’orgueil, l’ire et la turbulence,

De l’un et de l’autre costé

Monstrent leur cruelle insolence.

L’enorme spectre du trespas

Y troubloit les uns et les autres ;

Mais la victoire aux doux appas,

Rioit pourtant aux yeux des nostres.

Et, quoy que l’assiette du lieu

À l’ennemy fust favorable,

Mon grand et noble demy-dieu

En fit un meurtre deplorable.

Ce fameux prince estoit par tout,

À droit, à gauche, en queue, en teste,

Et sa valeur, tousjours debout,

Portoit la foudre et la tempeste.

Un seul trait de ses yeux brillans

Mettoit l’adversaire en desordre,

Faisoit trembler les plus vaillans

Et ranimoit les siens à mordre.

Son aspect changeoit en vigueur

Leur haletante lassitude,

Et du laurier plein de rigueur

Son fer tranchoit l’incertitude.

Sa furieuse esmotion

Valoit à tous une harangue ;

Il excitoit par l’action,

Et sa main parloit pour sa langue.

Il avoit l’eclat et le port

D’un formidable et jeune Alcide,

Et son bras ne faisoit effort

Qui ne fist un noble homicide.

Pieux arrachez, monts debatus,

Forts conquis malgré tous obstacles,

Furent de ses fieres vertus

Les spectateurs et les spectacles.

Il est vray qu’en ce rude chocq,

Si l’aigle fut mis en desroutte,

De nostre part maint brave cocq

Versa du sang à grosse goutte.

Il en fut occis plus de trois ;

Mais toute ame aux combats experte

Dira qu’en guerre quelquesfois

C’est une espargne qu’une perte.

Un homme à propos hazardé

Souvent en sauve une centaine,

Et qui n’entend ce coup de dé

Ignore l’art de capitaine.

En suitte rien ne coustera,

Ny rampars, ny murs ceints de fleuves ;

Philipsbourg, Spire, et cætera,

En sont les incroyables preuves.

Quelle merveille que ces tours,

Qui valent bien celles de Troye,

En l’heureux terme d’onze jours

De mon prince ay’nt esté la proye

Mercy le Preux et Jean de Vert,

Privez de force et de courage,

S’estans reduits loin à couvert,

N’oserent retenter l’orage.

Le rusé duc dont le bon-heur

Depuis tant d’ans regne en Baviere,

Dolent de voir leur deshonneur,

Fit de ses yeux une riviere.

Le Danube, à qui l’on conta

Du Rhin sousmis l’estrange histoire,

Blesmit de crainte et se hasta

De l’aller dire à la mer Noire.

L’Ocean l’apprit aussi-tost

Par la bouche du vaincu mesme,

Et, dans l’abysme qui l’enclost,

Trembla pour son grand diadesme.

Il craignit nos bras trionfans,

Et qu’après qu’un heur si prospere

Auroit douté tous les enfans,

On ne voulust donter le pere.

Il eut peur que, quand mon heros

Auroit pris la vieille Cybelle,

Il ne luy vint presser le dos

Pour en chercher une nouvelle.

Ha ! que mes sens sont resjouys

Quand j’oy parler de ses miracles !

Et que cet auguste Louys

Doit encore accomplir d’oracles !

Tous les guerriers du temps passé

Pourroient venir à ses escales ;

Et ses exploits ont effacé

L’antique honneur de Cerisoles.

Les Gustaves et les Veimars

En sont jaloux en l’autre monde ;

Achile en boude, et le dieu Mars

L’envie, encor qu’il le seconde.

Mais desjà cet emulateur,

Fier du beau train qui l’accompagne.

L’invite aux coups d’union flateur

Et le r’appelle à la campagne.

Va, noble prince, va-t’en donc,

Pousse ton illustre fortune,

Et souffre à mon chant assez long

Que d’un desir je t’importune

Rasfle-moy Heydelberg d’abort ;

Le sein en cache une merveille

De qui le beau renom m’endort

Et dont la grandeur me resveille.

C’est ce prodige des vaisseaux

Qui porte une mer dans un antre,

Une mer dont les doux ruisseaux

Du bon Bacchus enflent le ventre.

Il faut avant que d’en partir

Gagner cette reine des tonnes,

Qui seule pourrait engloutir

Tout le nectar de dix autonnes.

Quand tu l’auras gagnée à toy,

Ne doute plus de tes conquestes ;

Chacun des tiens deviendra roy,

Et tous tes jours seront des festes.

Elle est de l’empire germain

La deesse et garde fatale,

Et qui la tiendra sous sa main

Tiendra sa force capitale.

Puisse l’ennemy galopé

Fleschir sous tes loix militaires

Sans estre jamais detrompé

Du vain bruit de tes carractaires !

ÉPIGRAMME

On dit de l’affaire du temps :

Elle n’est pas encore meure ;

L’issue en ce lieu j’en attens

Ma crainte ne se peut guerir,

Quelque espoir dont on la nourrisse,

Et j’ay peur que tout ne pourrisse

Auparavant que de meurir.

ORGYE.

Sus, sus, enfans ! qu’on empoigne la coupe !

Je suis crevé de manger de la soupe.

Du vin ! du vin ! cependant qu’il est frais,

Verse, garçon, verse jusqu’aux bords,

Car je veux chiffler à longs traits

À la santé des vivants et des morts.

Pour du vin blanc, je n’en tasteray guere ;

Je crains toujours le syrop de l’esguiere,

Dont la couleur me pourroit attraper.

Baille-moi donc de ce vin vermeil :

C’est luy seul qui me fait tauper

Bref, c’est mon feu, mon sang et mon soleil.

Ô qu’il est doux ! J’en ay l’ame ravie,

Et ne croy pas qu’il se trouve en la vie

Un tel plaisir que de boire d’autant ;

Fay-moy raison, mon cher amy Faret

Ou tu seras tout à l’instant

Privé du nom qui rime à cabaret.

ÉPIGRAMME

Paul, cet admirable chantre,

Et Guy, vendeur de tabac,

Mettent plus d’argent en sac

Qu’il n’en pourroit dans un antre.

Ils accroissent tous les jours

Et la ville et les fauxbours,

En palais de renommée,

Et semblent certifier

Que le son et la fumée

Se peuvent pétrifier.

PLAINTE. sur la mort de Sylvie.

Ruisseau qui cours après toy-mesme,

Et qui te fuis toy-mesme aussi,

Arreste un peu ton onde ici

Pour escouter mon dueil extresme ;

Puis, quand tu l’auras sceu, va-t’en dire à la mer

Qu’elle n’a rien de plus amer.

Raconte-luy comme Sylvie,

Qui seule gouvernoit mon sort,

A receu le coup de la mort

Au plus bel age de la vie,

Et que cet accident triomphe en mesme jour

De toutes les forces d’Amour.

Las ! je n’en puis dire autre chose,

Mes souspirs trenchent mon discours.

Adieu, ruisseau, repren ton cours

Qui non plus que moy ne repose ;

Que si, par mes regrets j’ay bien pu t’arrester,

Voilà des pleurs pour te haster.

SONNET Sur la moisson d’un lieu proche de Paris.

Plaisirs d’un noble amy qui sçait cherir ma veine

Meslanges gracieux de prez et de guerets,

Rustique amphitheatre, où de sombres forests

S’eslevent chef sur chef pour voir couler la Seine.

Delices de la veue, aymable et riche pleine !

On s’en va mettre à bas les tresors de Cerès,

Que l’on voit ondoyer comme un vaste marests

Quand il est agité d’une legere haleine.

L’or tombe sous le fer ; desjà les moissonneurs,

Despouillant les sillons de leurs jaunes honneurs,

La desolation rendent et gaye et belle.

L’utile cruauté travaille au bien de tous,

Et nostre œil satisfait semble dire à Cybelle :

Plus le ravage est grand, plus je le trouve dous.

PRÉFACE

DU PASSAGE DE GIBRALTAR.

Puisque, selon l’opinion du plus grand et du plus judicieux de tous les philosophes, le principal but de la poesie doit estre de plaire, et que la joye est ce qui contribue le plus à l’entretien de la santé, laquelle est une chose si precieuse en cette vie, qu’elle a esté preferée par les plus sages a la sagesse mesme, je tiens pour maxime indubitable que les plus gayes productions de ce bel art, qui, laissant les espines aux sciences, ne se compose que de fleurs, doivent estre les plus recherchées et les plus cheries de tout le monde. Ce n’est pas que je vueille mettre en ce rang les bouffonneries plattes et ridicules qui ne sont assaisonnées d’aucune gentillesse ny d’aucune pointe d’esprit, et que je sois

de l’advis de ceux qui croyent, comme les Italiens ont fait autrefois à cause de leur Bernia, dont ils adoroient les elegantes

fadezes, que la simple naïfveté soit le seul partage des pieces comiques. Je veux bien qu’elle y soit, mais il faut qu’elle soit entremeslée de quelque chose de vif, de noble et de fort qui la relève. Il faut sçavoir mettre le sel, le poivre et l’ail à propos en cette sauce ; autrement, au lieu de chatouiller le goust et de faire epanouyr la ratte de bonne grace aux honnestes gens, on ne touchera ny on ne fera rire que les crocheteurs. Aussi les plus habiles de cette nation ont bien changé de sentiment depuis qu’ils ont veu la Secchia rapita du Tassone, ou l’heroïque brille de telle sorte, et est si admirablement confondu avec le bourlesque, qu’il y en a quelques uns qui, par un excez de louange, osent bien la comparer à la Divine Jerusalem du Tasse. Il est vray que ce genre d’escrire, composé de deux genies si differens, fait un effet merveilleux ; mais il n’appartient pas à toutes sortes de plumes de s’en mesler, et, si l’on n’est maistre absolu de la langue, si l’on n’en sçait toutes les galanteries, toutes les proprietez, toutes les finesses, voire mesme jusques

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