Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 5)

Théophile (moine) · Arts visuels

Texte français, domaine public · Source : archive.org — trad. l'Escalopier 1843 (OCR) · 21 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

dans cette base ; sur ces colonnes sera un autre bois engagé entre elles , de manière à pouvoir être déplacé et replacé. Au milieu de ce dernier bois , à la partie inférieure, sera une ouverture dans laquelle tournera le pilon du moulin. Ces choses ainsi arrangées, on jettera dans le moulin l’or soigneusement purifié, en y ajoutant un peu d’eau. Le pilon placé et le bois de dessus adapté, on tirera la courroie, puis on la laissera retourner, puis on la tirera de nouveau et de nouveau on la laissera retourner; ce que l’on fera pendant deux ou trois heures. Alors on ôtera le bois

de dessus, on lavera le pilon dans l’eau qui aura été dans le moulin , avec un pinceau. Ensuite on lèvera le moulin, on agitera l’or avec l’eau jusqu’au fond avec le pinceau , puis on laissera reposer un peu, jusqu’à ce que les parties les plus grossières soient déposées; on versera l’eau dans un bassin très-propre et tout l’or qui sortira avec l’eau est moulu. Replaçant de nouveau l’eau, le pilon et le bois de dessus, on moudra encore comme auparavant, jusqu’à ce que l’or sorte entièrement avec l’eau. On moudra de la même manière l’argent, l’auricalque et le cui( 5i )

au ru m diligentius molendum est, et leuiter1 * trahendum , sæpiusque respiciendum quia mollius ceteris metallis est , ne forte adhæreat molendino vel pistillo et conglomeretur. Quod si per negligentiam contigerit, quod conglomeratum est eradatur et ejiciatur , et quod reliquum1 est usque ad effectum molatur. Quo facto superiorem aquam cum sordibus de baccina effunde, inde 3 aurum diligenter in concham mundam lava. Dehinc infundens ei 4 aquam cum pincello move, et cum per unam lioram in manu tenueris ipsam aquam in alteram concham funde, et illud minutissimum quod cum aqua exierit serva. Rursumque imposita aqua 5 super carbones calefac et move, ac sicut prius minutum cum aqua ejice , sicque faciès donec omnino purgaveris 6. Posthæc ipsum 7 minutum relava ordine eodem bis 8 et tertio , et quicquid auri susceperis priori admisce. Eodem ordine lavabis argentum , auricalcum et cuprum. Deinceps toile 9 vesicam pi1 levlter ed. R. — 2 requisum (sic) C. G. — 3 de baccino ejiciens , idem ed. R. effundens C. C. — -i ei et

sequens in omittit ed. R. — 5 eum hic addit ed. R. — 6 purgetw ed. R. — 7 ipsum omittit C. C. — 8 et

vre. Mais l’or demande à être, moulu avec plus de soin 5 il faut tirer doucement et regarder plus souvent, de peur qu’il ne se forme des pelotons par l’adhérence au moulin ou au pinceau ; car il est moins dur que les autres métaux. Si cela arrive par suite de négligence , on raclera ce qui s’est aggloméré, on l’ôtera, et on finira de moudre le reste. Cela fait, versez du bassin l’eau qui y a été mise ainsi que le dépôt, puis lavez l’or soigneusement dans une écaille propre. Ensuite versant de l’eau, remuez avec le pinceau , et lorsque vous l’aurez eu en main pendant une heure, versez

l’eau dans une auti'e écaille, et mettez à part cette partie très fine qui sera sortie avec l’eau. Puis de nouveau ayant placé l’eau sur les charbons , chauffez et agitez ; comme la première fois, ôtez la partie fine avec Veau; et vous ferez ainsi jusqu’à ce que vous ayez entièrement purifié. Après cela , lavez encore cette partie fine de la même manière , une seconde et une troisième fois; et. ce que vous recueillerez d’or, vous l’ajouterez au premier. Vous laverez de la même façon l’argent, l’auricalque et le cuivre. Ensuite prenez une vessie de poisson, appelé huso ; lavez-la à l’eau

scis, qui vocatur huso 1 , et îavans 2 aqua tepida tertio, incide particulatim , ac mittens in ollam purissimam 3 cum aqua , sine mollificari per noctem, et in crastinum coque super carbones ita ut non bulliat , donec probes digitis tuis , si adhæreat 4 , et cum fortiter adhæserit, bonum est gluten.

Ensuite prenez du vermillon pur, et ajoutez-y un tiers de cinabre, le broyant sur une pierre. Après l’avoir soigneusement broyé , battez un clair de blanc d’œuf, en été avec de l’eau, en hiver sans eau. Lorsqu’il sera pur, mettez le vermillon dans une cornue, et versez-y le clair; puis y plaçant un bois, remuez un peu, et avec un pinceau , couvrez de cette préimpie omnia loca', in quibus aurum velis imponere 1 2. Dehinc pone ollulam cum glutine super carbones, et cum liquefactum fuerit, funde in concham auri et lava illud inde. Quod cum effuderis in alteram 3 concham , in qua purgamentum servatur , rursus infunde gluten calidum , et tenens in palma manus sinistræ, move diligenter cum pincello , et poneutrum volueris spissum vel tenue, sic tamen ut glutinis modicum sit, quia si superabundaverit , nigrescit aurum et non recipit fulgorem. Postquam autem siccatum fuerit, polies illud dente vel lapide sanguinario diligenter limato4 et polito super tabulam corneam æqualem ac lucidam. Quod si contigerit per negligentiam glutinis non bene5 cocti , ut aurum in fricando se pulveret6, vel præ'nimia spissitudine se elevet , liabeas penes te clarum vêtus sine aqua percussum , et mox cum pincello de eo modicum ac leniter super aurum7 liniens, cum siccum fuerit denuo8 dente vel lapide

1 loca omitlit ed. R. — 2 poutre C. C. — 3 infuderis in aliam ed. R. — 4 linito ed. R. — 5 bene umillit

(;. C. Deinde aut cd. R. pro ut. — 6 Sic recte C. C .puluerit ed. G. pulveriret C. L. paient ed. R. — 7 super

aurum addidimtis ex C. C., qui leviter. Ed. R. Unies. — 8 de uno C. C. et ed. R.

paration toutes les places où vous voulez appliquer de l'or. Mettez une petite marmite sur des charbons avec de la colle; et lorsque cette colle sera liquéfiée, versez-la dans la coquille où est l’or etlavez-le avec. Après l’avoir versé dans une autre coquille dans laquelle la lavure a séjourné, versez de nouveau de la colle chaude, puis tenant la coquille dans la paume de la main gauche, remuez soigneusement avec un pinceau, et posez l’or à volonté épais ou clair, de façon cependant qu’il y ait peu de colle; car s’il y en a trop, l’or

prend une teinte noire et ne reçoit pas d’éclat. Puis lorsqu’il sera sec, vous le lustrerez avec une dent ou une pierre sanguine, soigneusement limée et polie, sur une table de corne unie et brillante. Si vous n'avez pas eu soin de bien cuire la colle et que l’or se réduise en poudre par le frottement, ou s’il s’élève à cause de sa trop grande épaisseur, ayez à votre disposition du clair d’œuf vieux, battu sans eau; et aussitôt, avec un pinceau, mettez -en doucement une petite couche sur l’or; quand il sera sec, vous frotterez de

fricabis \ Hoc modo aurum , argentum , auricalcum et cuprum in suis locis pones et fricabis.

Mais si vous n’avez ni l’un , ni l’autre des métaux dont on a parlé dans le chapitre précédent, et que cependant vous vouliez orner votre œuvre

d’une manière quelconque , prenez de l’étain pur, et après l’avoir coupé trèsmenu, il faut le moudre et le laver comme l’or, puis le placer avec la même colle sur les lettres ou autres endroits que vous voulez orner d’or ou d’argent; après avoir poli avec une dent, prenez du safran qui sert à teindre la soie, le mêlant à du clair d’œuf sans eau : lorsqu’il aura reposé pendant une nuit, le jour suivant, avec le pinceau, couvrez les places que vous voudrez dorer. Considérez les autres comme s’il devait y avoir de l’argent. Ensuite

libros *, literas et folia et nodos ex minio cuin penna , et paraturas vestimentorum ac cætera ornamenta.

Si ipsum aurum molere nescimus, eundum est ad aurifices, ut illud molant sicut suam deauraturam molere consueverunt , sed tamen satis subtilius ad vestrum quam ad suum usum, et penitus cum vivo argento miscendum. Tune deauratura ilia cruda , vel aurum cum vivo argento , per corium cervi extorquenda est. Vivum argentum exibit : aurum remanebit , tamen vivo argento infectum adhuc omnino. Hoc ergo aurum cum vivo argento super testam ponendum est , testa sive levigata 3 vel planissima , sine asperitate , sine cavernulis. Quæ super carbones leves 4 et lentissimos ponenda est. Sed hic opus est summa

' Sic ed. R. Ed. G. Inmbos. C. C. vocabulum omittit. — 2 Hiuc sequuntur capita quinque quæ in sola ed. R. leguntur, pessima verborum dislinctione obscurata, quam tacite coneximus. Ea quinque capita non videntur esse Theopbili. — 3 Editio lenigatci. — 4 Unes legendum est.

faites des traits fins autour des livres, passez du vermillon avec une plume sur les lettres, les feuilles, les nœuds, les parements d’habits et autres ornements.

Si vous ignorez la manière de moudre l’or, allez trouver les orfèvres. Ils vous le moudront comme leur propre

dorure, mais cependant un peu plus fin qu’à leur usage, et en le mélangeant copieusement de mercure. Vous ferez passer à travers une peau de cerf ce genre de dorure ou cet or mélangé de mercure. Le mercure partira et l’or restera, mais encore chargé d’une forte dose de mercure. Il faut ensuite le placer sur une pièce de terre cuite , aplanie ou très-unie, qui n’ait aucune rudesse ni cavité. On la posera sur des charbons doux brûlant à petit feu. Il est ici besoin de beaucoup de précaudiiigentia : nam si parum acriori calore aurum torreatur, mox calescit , ita igné vivum argentum torrendo 1 non effundatur. Sal ergo tritnm et ustum subtilissimum auro miscendum est, ut pariter sine intermissione conteratur et spargatur. Et hoc fiat spargendo et conterendo, terendo et spargendo, donec vivum argentum evanescat super fumurn. Quod tamen totum suscipitur suspensa scutella desuper adipe inuncta. Tune postea pulvis auri in bacinis lavatur diligenter, sicut minium lavari solet , excepto quod aurum sua dignitate tractandum est. Tune pulvis lavatus et siccatus est et in glutine ponitur. Gluten au - tem de vitulina charta erit. Quod in testudine tenui positum, semper super aquam calidam erit , ut gluten sit solutum. Tune penna intincta scribetur.

tion ; car, si le feu est un peu trop ardent, For s'échauffe bientôt, et le mercure brûlé ne s’échappe point. Il faut donc mêler à l’or du sel broyé et volatilisé, de façon que sans interruption on broyé et on répande; répandant et broyant ensemble, broyant et répandant, jusqu’à ce que le mercure s en aille en vapeur au-dessus de la fumée; on suspendra pour le recevoir une coupelle dont les bords

supérieurs seront oints de graisse. On lave ensuite la poussière d’or dans des bassins, comme le vermillon, excepté qu’il faut traiter l’or comme il le mérite. La poussière lavée et séchée se met dans la colle faite avec de la feuille de vélin. Pour conserver cette colle continuellement liquide, afin que l’on puisse y tremper la plume pour écrire, il faut la tenir dans une écaille fine sur de l’eau chaude.

Accipe massam auri et delicatissime cum lima ferrea limabis et pones in vase vitreo cum aqua ; deinde toiles et super marmorem porphiriticum tere. Accipiesque duas partes false 1 gemme et modicum sulphuris crocei ; et misées cum auro ; tamdiuque teres , quousque totum sit dissolutum. Tollesque et mittens in vase uno, abluesque in quarto vel quinto vasis diligenter de uno in alterum. Quando vero optime lotum fuerit, mittes in cornu ejus. Distemperaturam quæ eum distemperabit , cum de eo scribere volueris, sic faciès. Gummam Arabicam cum aqua in vase vitreo distemperabis , ponesque ad solem ut liquéfiât. Liquefactam misces cum ea acetum tantum quantum sit aqua. Si non habes acetum , de optimo vino misces ; et iterum pones ad solem siccare , bulliesque aqua ad ignem in patellam ; acci1 Ed. salsa.

Prenez de l’or massif que vous limerez très-fin avec une lime de fer, vous mettrez la poudre avec de l’eau dans un vase de verre, vous l’en retirerez pour la broyer sur un marbre de porphyre. Ensuite vous prendrez deux morceaux de perle fausse et un peu de soufre jaune, vous mêlerez avec l’or; et vous broyerez le tout jusque à parfaite dissolution ; vous fêterez et le jeterez dans un vase, puis dans un autre, jusqu’au quatrième ou cinquième, en le lavant soigneusement par le passage de 1 un à l’autre. Quand il sera parfaitement lavé, vous le mettrez dans sa cornue. Voici la manière de le détremper pour écrire. Vous détremperez dans un vase de verre de la gomme arabique avec de l’eau, et vous l’exposerez au soleil pour qu’elle se liquéfie. Vous y mêlerez ensuite du vinaigre, en aussi grande quantité qu’il y a d’eau ; à défaut de vinaigre vous mêlerez d’excellent vin; vous ferez de nouveau sécher au soleil , et bouillir sur le feu dans un vase avec de l’eau ; vous prendrez du moniapïesque moniaculum et pones in aqua et statim liquefîet, natabitqae desuper suscipiesque illud et misées cum Arabica ; movebisque eas insimiliter, reponesque in vase optimo ad servandum , quanto tempore volueris. Et hæc erit distemperatura ad scribendum de auro. Igitur quando de auro scribere volueris, pone aurum molitum 1 in parvissima patella, ad hoc opus de aurichalco facta, et mitte super carbones, ut fulgorem modice recipiat. Tune pones in cornu ut dictum est, accipiesque2 de cotho parumper et misces cum auro ; in cornuque miscebis quotiens de eo scribere volueris. Cum autem scripseris de eo , dimitte siccare et de emate3 polies. Hoc solummodo de auro et aurichalco poteris facere.

1 Editio molutum. — * Editio acciesque. — -3 Scribendum videtur hic el c. 35 ematite.

culum que vous mettrez dans l’eau , il se dissoudra tout de suite et surnagera , vous le recueillerez et le mêlerez à la gomme Arabique, puis vous agiterez inégalement. Vous placerez dans un récipient choisi, pour conserver aussi longtemps que vous voudrez. Cette composition vous servira à tracer les lettres d’or. Quand donc vous voudrez écrire, mettez la poudre d’or dans une tasse très-petite, faite d’auricalque pour cet usage, placez sur les charbons pour donner un peu d’éclat, et vous la verserez dans la cornue, comme

il a été dit ; vous prendrez un peu de cothum que vous mêlerez avec l’or, ce que vous ferez dans la cornue toutes les fois que vous voudrez écrire. Après avoir écrit, faites sécher; puis vous polirez avec un émail. Vous ne pourrez faire cela qu’avec de l’or et de l’auricalque.

L’or, l’argent, le cuivre ou l’auriteritur, et scipho excipitar vel baeino. Quæ tante lavatur quod melius cum aqua interdum projicitur, etc. Ipsa aqua frequentius in diversis vasis recipitur. Postea procurato lucidissimo ex pergamenis glutine in hypogeis, aut in occultis locis eonvenit scribere. Deinde limpidissima petra vel onychino aut emate vel simili re eonvenit scripturam detergere , quod sic et soliditatem accipit et fulgorem vel colorem.

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