Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 4)
i pollicies cum C. C. eum ed. R. Deinde R. castori. — 2 Ex C. R. — 3 forfice C. C. — 4 Verba Postmodum ... vituli omissa in C. C. — 5 Ex C. R., qui vitiose aurum met ogrurn purum etfinissimum. — 6 quartes R. — 7 rubigatæ C. R. — 8 super C. C. — 9 Ex C. R., ex quo sunt etiam sequentia supplémenta
fait de coton de bois, et vous le frotterez de chaque côté avec du rouge qui s’obtient par la combustion de l’ocre , broyé fort menu et sec : vous le polirez très-soigneusement avec une dent de castor, d’ours ou de sanglier, jusqu’à ce qu’il devienne glacé, et que la couleur ad hère par le frottement et le poli. Coupez avec des ciseaux le parchemin en parties carrées , également longues et larges de quatre doigts. Puis, dans les mêmes dimensions , vous ferez avec du vélin une espèce de bourse fortement cousue , et assez ample pour que vous puissiez y placer un grand nombre de morceaux du parchemin teint en rouge. Cela fait, prenez de l’or ou de l’argent pur , faites-le amincir au marteau, sur une enclume d’un poli si parfait qu’elle n’ait aucune fracture, et coupez-le par morceaux carrés , à la mesure de deux doigts. Vous mettrez dans la bourse un morceau de parchemin teint en rouge , et sur le milieu un morceau d’or ou d’argent, et ainsi de suite du parchemin et de l’or ou de
sit in medio eommixtum *. Debinc habeas malleum fusilem ex’ auricalco , juxta manubrium gracilem et in plana latum3, unde percuties ipsum marsupium super lapidem magnum et æqualem, non graviter, sed moderate; et eum sæpius respexeris, considerabis, utrumvelis ipsum aurum [vel argentum] omnino tenue facere, vel mediocriter spissum. Si autem supercreverit4 aurum [vel argentum] in attenuando5 et marsupium excesserit, præcides illud 6 forcipe parvulo etlevi, tantummodo ad hoc opus facto7. Hæc est ratio aureæ8 petulæ. Quam cum secundum libitum tuum attenuaveris , ex ea incides forcipe9 particulas quantas volueris, et inde ornabis 10 coronas circa capita imaginum, et stolas et oras vestimentorum , et cætera ut" libuerit.
' constitutum C. R., quod rectius videtur. Ed. R. commi nutum. — 2 ex omittunt R. In C. R. juxta auricalco. — 8 gracile et implanatum R. — 4 creverit C. C. — 5 exteuuando sine in R. — 6 illud omiltit C. C. Deinde C. R. parce . — 7 parato R. — 8 aureæ omittunt R. — 9 forcipe omittunt R. — IO ordiuabis C. C. — 11 convenient et addit C. R. Ex quo codice sequentem titulum addidimus.
f argent. Vous ferez de la sorte , jusqu’à ce que la bourse soit remplie ; et que l’or ou l’argent se trouve toujours au milieu. Prenez un marteau coulé d’auricalque , étroit près du manche et large dans son plat. Vous en battrez la bourse sur une grande pierre unie , non à grands coups, mais à coups modérés. Regardant souvent, vous examinerez si vous voulez rendre l’or ou l’argent tout à fait mince ou médiocrement épais. Mais, s’il s’étendait trop en s’amincissant , et débordait la bourse , vous le couperiez avec des ciseaux petits et légers, faits seulement pour cet usage. Telle est la manière de fabriquer la feuille d’or. Lorsque vous l’aurez amincie à votre gré, vous en couperez avec les ciseaux des morceaux de telle grandeur que vous voudrez , et vous en ornerez les auréoles autour des têtes d’images , les étoles , les bords des draperies et autres choses , comme il vous plaira.
Pour poser l’or ou l’argent , prenez du clair de blanc d’œuf battu sans eau ; enduisez-en avec un pinceau la place que doit occuper l’or ou l’argent. Humectant à votre bouche la queue du même pinceau , vous en toucherez un coin de la feuille coupée : l’enlevant alors avec une extrême rapidité, vous la poserez sur la place préparée , et l’étendrez avec un pinceau sec et non mouillé. A ce moment, il faut vous précautionner contre l’air, il faut retenir votre respiration ; car, si vous soufflez, vous perdrez la feuille, et la retrouverez difficilement. Celle-là posée et séchée , placez-en , si vous voulez, une autre dessus de la même manière , puis une troisième , s’il en est besoin , afin que vous puissiez donner ainsi un poli plus luisant avec une dent ou une pierre. Vous pourrez , si vous
[super stagni petulam vernitiatam '] eodem modo ponere poteris. Quod si1 2 aurum non habueris [nec argentum 3] , petulam stagni accipies , quam hoc modo faciès.
l’étain très-pur sur une enclume avec un marteau , en parties aussi grandes et aussi fines que vous voudrez. Lorsqu’elles auront commencé à s’amincir un peu, vous les nettoierez d’un côté avec un morceau de laine et du charbon sec impalpable. Vous les battrez de nouveau avec le marteau, vous les frotterez encore avec l’étoffe et le charbon, et vous ferez ainsi alternativement jusqu’à ce que vous les ayez parfaitement amincies. Ensuite vous les frotterez
hæc fricabis eas leniter ' dente apri super ligneam tabulam æqualem1 2 , usque quo lucidæ3 fiant [et deinde ipsis loco argenti utaris4].
Vous joindrez les parties l’une à l’autre sur cette table , vous les attacherez une à une au bois avec de la cire , de façon qu elles ne puissent être dérangées , vous leur donnerez avec la main une couche de la colle de vernis indiquée plus haut , et vous les ferez sécher au soleil. Après cela, prenez des baguettes de bois pourri, coupées en avril , fendues en deux , et séchées à la fumée. Vous enlèverez la première écorce , et la seconde, qui est couleur de safran , vous la raclerez dans un vaaddens ei crocum ad quintam1 partem; et perfunde hæc’ vino veteri sive cervisia 3 abundanter , et cum ita per noctem steterit, in crastinum calefacies super ignem donec tepefiat; sieque impolies4 tabulas stagneas sigillatim, et fréquenter elevabis, donec considérés , quod aureolum 5 colorem suffieienter trahant. Postque rursum adhærebis eas ligneæ tabulæ superliniens gluten u , sicut prius, et cum siccatæ fuerint;, jam habes7 stagneas petulas, quas impones 8 operi tuo secundum libitum tuum9 glutine corii. Ac deinceps accipe colores quos imponere 10 volueris , terens eos diligenter oleo lini sine aqua , et fac mixturas vultuum ac vestimentorum sicut superius aqua feceras , et bestias sive aves aut” folia variabis suis coloribus, prout libuerit
1 croceum ad quartam ed. K. — 2 hoc R. — 8 Sic codices. Ed. G. cerevisia. — 4 super addunt R. — 5 aureum R., qui deinde suffieienter omittunt. — 6 superliniens eas dicta glutine C. R. superlinitas glutine ed. R. — 7 fuerint, repone. Ita habes ed. R. fuerint repone , et cum expedierit , loco auri utere C. R., in quo sequitur novus titulus rubricatus : De modo ponendi stanneas petidas, et pingendi eas de coloribus
cum oleo temperatis. Jam habes aureas et argenteas omitlit C. C. Codex autem R. pergit, argenteas t corii. — 10 ponere R. Deinde C. R. et teres. — 11 <
se propre, y ajoutant la cinquième partie de safran. Vous la macérerez abondamment dans du vin vieux ou de la cervoise : après avoir laissé reposer pendant la nuit, le lendemain, vous ferez chauffer jusqu’à tiédeur. Dans cet état , vous y placerez les feuilles d’étain séparément , et les retirerez fréquemment , jusqu’à ce que vous reconnaissiez qu’ elles prennent assez la nuance de 1 or. Vous les attacherez de nouveau sur la table de bois , donnant une couche de colle comme auparaf stanneas petulas , quas . etc. — 8 portes R. — 9 tuum aureas videlicet ut dictum est, stanneas vero glutine R. — 12 et conveniens erit additur in C. R.
vant : quand elles sont sèches , vous avez des feuilles d’étain que vous pouvez employer dans votre œuvre selon votre vouloir , avec de la colle de peau. Prenez les couleurs que vous voulez poser , les broyant avec soin à l’huile de lin sans eau , et faites les teintes des figures et des draperies comme précédemment vous les avez faites à l’eau. Vous pourrez à volonté donner aux animaux, aux oiseaux ou aux feuillages les nuances qui les distinguent.
On peut broyer les couleurs de toute espèce avec la même sorte d’huile , et les poser sur un travail de bois ; mais seulement pour les objets qui peuvent être séchés au soleil : car, chaque fois que vous avez appliqué une couleur , vous ne pouvez en superposer une autre , si la première n’est séchée ; ce qui , dans les images et les autres peintures, est long et trop ennuyeux. Si vous voulez accélérer votre travail , prenez de la gomme qui découle du cerisier ou du prunier ; et la coupant en très-petites parcelles, placez-la dans un vase d’argile, versez de l’eau abondamment, puis exposez au soleil, ou bien , en hiver, sur des charbons brûlant à petit feu , jusqu’à ce que la gomme devienne liquide. Mêlez soigneusement au moyen d’un bois rond, passez à travers un linge , broyez les
colores et mixturæ eorum hoc gummi teri et poni' possunt, præter minium et cerosam et carmin , qui cum claro ovi terendi et ponendi sunt. Viride Hispanicum non misceatur succo sub glutine , sed per se cum gummi ponatur. Aliud vero miscere’ potes3 *, si volueris.
Vous devez donner sur bois trois couches des couleurs broyées soit à l’huile, soit àla gomme. Votre peinture achevée et séchée , portez le travail au soleil , couvrez-le avec soin de la colle de vernis : lorsqu’elle commencera à couler par la chaleur, vous frotterez légèrement avec la main; vous ferez ainsi trois fois, et alors vous laisserez entièrement sécher.
On fait aussi sur bois une peinture dite transparente , et appelée auréola chez quelques-uns. Voici la manière de la composer. Prenez une feuille d’étain sans l’enduire de colle ni la colorer de safran, mais simple, comme elle est, et bien polie : vous en couvrirez l’espace que vous vous proposez de peindre ainsi. Puis , la feuille vernie ,
broyez très-soigneusement à l’huile de lin les couleurs à poser ; quand elles sont bien fines, étendez-les avec un pinceau, et, dans cet état, laissez sécher.
MANIÈRE DE MOUDRE l’0R POUR LES LIVRES ET DE FAIRE LE MOULIN.
purum 1 et lima illud minutissime 2 ii) mundissima pelvi , sive baccina3, sicque lavabis illud cum pincello 4 in coucha testudinis vel conchilii , quæ de aqua tollitur. Deinde habeas molendinum cum pistillo suo, utraque fusiliaex métallo cupri et stagni ita commixto, ut très partes sint cupri puri 5 et quarta stagni mundi a plumbo. His ita compositis fundatur molendinum ad similitudinem mortarioli, etpistillum ejus circa ferrum quasi 6 nodus, ita ut ferrum inde procédât grossitudine unius digiti , et longitudine modice amplius pedis dimidii ; cujus ferri tertia parsinfigatur ligno diligenter tornato ad longitudinem quasi unius ulnæ, et rectissime forato , in cujus inferiori parte tamen 7 a fine longitudine 8 quatuor digitorum, sit rotula sive lignea sive plumbea tornatilis , et in media parte superiori figatur corrigia quay trahi et volvendo IO retrahi possit. Posthæc mittatur ipsum molendinum in foramen super scamnum ad hoc aptatum inter duas columnellas 11 ligneas in ipso scamno firmiter fixas,
1 coctum addil ed. R. — 2 diligentissinie ed. R. — 3 Sic (vaccina) C. C. Ed. G. bacina. Ed. R. baccino.
— 4 Sic C. C. et ed. R. Vitiose ed. G. bincella. — 5 jniri addidimus ex C. C. et ed. R. — 6 qualiter ed. R.
— , tantum C. C. — 8 longitudinem C. C. longiludinis ed. R. — 9 quæ ed. R. — 10 volvendo omittit ed.
ou des lettres sur des livres , prenez de l’or pur, et limez-le très-fin dans une coupe très-nette ou dans un bassin; puis, en cet état, vous le laverez avec tin pinceau dans une écaille de tortue , ou dans une coquille que l’on tire de l’eau. Ayez ensuite un moulin avec son pilon, l’un et l’autre faits d’un alliage de cuivre et d’étain, de telle façon qu’il y ait les trois quarts de cuivre pur et le reste d’étain sans mélange de plomb. C’est avec un pareil alliage que le moulin doit être coulé en forme de petit mortier. Le pilon sera coulé comme un nœud autour d’un fer, de manière que le fer en sorte
de la grosseur d’un doigt et de la longueur d’un peu plus d’un demi-pied. Le tiers de ce fer sera planté dans un bois tourné avec soin, de la longueur d’environune aune et percé très-droit. Dans la partie inférieure de ce bois au bout et à la longueur de quatre doigts, sera une petite roue mobile de bois ou de plomb, puis au milieu de la partie supérieure sera attachée une courroie au moyen de laquelle il pourra être tiré en tournant. Après cela le moulin sera placé dans une cavité, sur une base adaptée pour cela entre deux petites colonnes de bois solidement fixées
super quas sit aliud lignum eis insertum, quod possit ej ici et reponi, in cujus medio inferius sit foramen in quo volvatur pistillum molendini. His ita dispositis mittatur aurum diligenter purgatum in 1 molendinum, addita modica aqua, et imposito pistillo atque superiori ligno coaptato trahatur corrigia et revolvi permittatur, rursumque trahatur et iterum 2 re volvatur, sicque fiat per duas vel très horas. Tune superius 3 lignum ejiciatur, etpistillum in eadem aqua cum pincello lavetur. Deinde molendinum elevetur, aurum cum aqua 4 usque ad fundum cum pincello moveatur et modice teneatur , donec quod grossius est resideat ; moxque aqua in baccinam mundissimam 5 effundatur , et quicquid auri cum aqua exierit, molitum est6. Rursumque imposita aqua , repositisque pistillo et superiori ligno , iterum 7 molatur eo ordine, quo prius, donec omnino exeat8 cum aqua. Tali modo molendum est9 argentum, auricalcum, et cuprum I0. Sed
1 Ver'ia pistillum molendini ... purgation in desunt in ed. R. — 2 Verba revolvi ... iterum desuni in ed. R.
— 3 per duas vel per horas très. Superius C. C. — 4 lavetur cum aqua. Aurum ed. R. Ante aurum C. C. ponit et. — 5 atque in baccino mundissimo ed. R. Ed. G. bacinam. — 6 molitandum est ed. R. Deinde C. C.
rursum, sine que. ■ — 7 tertium ed. R. — 8 pereat ed. R. — 9 aurum hic addit ed. R. — 10 et cuprum omittit C. C.