Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 7)
Quoiqu il y ait sur l’art de dissoudre l’or, l’argent et les divers métaux, beaucoup d’autres documents ou d’autres traditions, nous n’en dirons rien de plus : pour le fonds, les procédés sont identiques.
Si vous n’avez pas de vessie, coupez, lavez et cuisez de la même manière du vélin épais; faites cuire de même une peau d’anguille, soigneusement raclée, coupée et lavée. Cuisez aussi pa. reillement des os de tête de loup marin sec , lavés avec soin à l’eau chaude par trois fois. A chacune de ces choses que vous aurez cuites, ajoutez un tiers
de gomme très-brillante, faites cuire un peu, et vous pourrez conserver aussi longtemps que vous voudrez.
Ces choses ainsi exécutées, faites un mélange de gomme très -brillante et
aqua sicut supra, et tempera omnes colores, excepto viridi, et cerosa , et minio , et carmin. Viride salsum non valet in libro. Viride Hispanicum temperabis vino 1 puro, et si volueris umbras facere, adde modicum sucum gladioli, vel caulæ, vel porri. Minium et cerosam et carmin temperabis claro. Omnes mixturas colorum2, si indigueris ad pingendas imagines, compone in libro ut supra. Omnes colores bis 3 ponendi sunt in libro , in primis tenuissime, deinde spissius; in literis vero semel.
Il y a trois espèces de folium : le premier rouge, le second pourpre, le troisième couleur de saphir. Vous les préparerez ainsi : prenez des cendres et les passez à travers un linge; les
per pannum, et perfundens eos aqua frigida, fac inde tortillas in simiiitudinem panis, mittensque 1 eas in ignem , sine2 donec omnino candescant. Postquam ante3 diutissime canduerint, et postea friguerint, mitte inde partem in vas fictiie, perfundens urina, et move ligno. Cumque resederit lucide, perfunde inde rufaeum folium, et terens illud modice super lapidem, adde ei quartam partem vivæ calcis , et cum tritum fuerit ac sufficienter perfusum, cola illud per pannum, et tralie cum pincello ubi volueris tenue, deinde spissius. Et si placet simiiitudinem pallii in pagina facere purpureo folio, eodem4 temperamento sine calce perfuso, pinge penna prius in ipsa pagina nodos vel circulos , et interius aves sive bestias aut folia ; et cum siccum fuerit, linies per omnia rubeum folium tenue, deinde spissius, et tertio si sit opus; ac postmodum linies desuper tenue vêtus clarum, sine aqua percussum. Purpureum folium et saphireum
1 mittescjue codex. — 2 sine addidimus ex codice. — 3 ante addidiuius ex codice. — 4 eodem cmittit
arrosant d’eau froide , faites-en des tourteaux en forme de pains, mettezles au feu et les y laissez jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Lorsqu’ils auront d’abord brûlé très-longtemps et qu’ensuite ils se seront refroidis, mettez-en une partie dans un vase d’argile, les arrosant d’urine, et remuez avec du bois. Lorsque cela aura déposé et que ce sera clair, arrosez -en le folium rouge et le broyant un peu sur une pierre, ajoutez-y un quart de chaux vive ; lorsqu’il sera broyé et suffisamment imbibé, passez-le par un linge; puis , donnez avec le pinceau une couche légère où vous voudrez; après cela, une plus épaisse. Si votre intention est de peindre un manteau , dans une page, avec du folium pourpre, employant le même mélange composé sans chaux, peignez d’abord avec une plume , dans cette page , des nœuds ou des cercles, et dedans des oiseaux, des animaux ou des feuillages, et lorsque cela sera sec, vous mettrez sur le tout une légère couche de folium rouge, puis une plus épaisse, puis une troisième, si besoin est, et un peu après , vous mettrez par dessus une légère couche de vieux clair d’œuf battu sans eau. Vous ne broierez point 1 e folium pourpre, ni celui couleur de saphir; mais versez-les avec le même mélange clans une écaille sans
non teres, sed perfunde eodem temperamento in concha sine calce, et move ligno, et cum per noctem steterit, in crastinuni 1 pone quomodocumque volueris, liniens claro superius. Vestimenta quoque 2 et omnia quæ folio et carmin pinxeris, claro superlinies. Cineres autem coctos , qui remanserint , servare diu 3 poteris siccos.
Voulez-vous composer de la couleur de cinabre, prenez du soufre (il y en a de trois espèces, du blanc, du noir et du jaune), et le brisant sur une pierre sèche, ajoutez-y la moitié de mercure pesé à équilibre de balances; après avoir soigneusement mêlé , mettez dans un flacon de verre, le couvrant de toutes parts d’argile , fermez l’ouverture de crainte que la vapeur ne
fumus exeat, et pone eam ad ignem ut exsiccetur \ Deinde pone eam inter carbones ardentes , et mox cum cœperit calefieri, audies fragorem interius, quomodo se vivum argentum commiscet ardenti sulphuri; et cum sonus cessaverit, statim ejice ampullam et aperiens toile colorem.
Si vous voulez faire de la couleur verte, prenez du bois de chêne de la longueur et de la largeur que vous voudrez, et creusez-le en forme d’écrin. Ensuite faites amincir du cuivre en lames de la largeur que vous voudrez, pourvu cependant que sa longueur couvre la largeur du bois creux. Après cela, ayez une soucoupe pleine de sel, et le comprimant fortement, mettez au feu et recouvrez de charbons pencooperi carbonibus per noctem, et in crastinum tere eum diligentissime super lapidem siccum. Cumque acceperis surculos graciles, colloca eos in prædictum cavum lignum, ita ut duæ partes cavi sint inferius, et tertia superius, sicque linies laminas cupreas ex utraque parte melle puro, aspergens desuper sal ' tritum , et collocabis super surculos 2 illos conjunctim , cooperiens diligenter altero ligno ad hocaptato, ita ut nihil spiraminis exire possit. Post fac foramen terebrari in angulo ipsius ligni per quod possis infundere acetum calefactum aut urinam calidam, ita 3 ut tertia pars ejus impleatur, et mox obstrue foramen. Hoc lignum in tali loco debes ponere, ubi possis illud sterquilinio ex onmi parte cooperire. Post quatuor vero septimanas solve cooperculum , et quicquid super cuprum inveneris , erade et serva , et iterum reponens cooperi ordine quo supra.
dant la nuit, le lendemain broyez-le très-soigneusement sur une pierre sèche. Lorsque vous aurez pris de petites branches, placez-les dans le bois creux, dont on vient de parler, de manière à laisser les deux tiers du vide au-dessous et le reste au-dessus. Alors vous enduirez les lames de cuivre de miel pur des deux côtés, répandant par-dessus du sel en poudre, et vous les placerez sur ces branches réunies, en couvrant soigneusement avec l’autre bois préparé pour cela,
de façon qu’il ne puisse sortir d’air. Faites creuser un trou de tarière à l’angle du morceau de bois , pour y faire couler du vinaigre chauffé ou de l’urine chaude, de manière à en remplir le tiers , aussitôt fermez l’ouverture. Vous devez placer ce bois dans un lieu où vous puissiez l’y couvrir de toutes parts de fumier. Après quatre semaines, enlevez le couvercle , raclez et conservez tout ce que vous trouverez sur le cuivre. Puis remettez et couvrez de nouveau , comme ci-dessus.
Si vous voulez fabriquer du vert d’Espagne, prenez des feuilles de cuivre amincies et les raclant soigneusement des deux côtés , arrosez de vinaigre pur et chaud, sans miel ni sel, et vous les arrangerez ensemble dans un petit morceau de bois creux de la manière indiquée plus haut. Après deux semaines regardez et raclez : vous ferez ainsi jusqu’à ce que vous ayez assez de couleur.
Pour fabriquer de la céruse, faitesvous amincir des feuilles de plomb ; puis les déposant sèches dans un bois creux, comme le cuivre plus haut, versez-y
infuso aceto calido sive urina cooperi. Deinde post mensem solve cooperculum, et quicquid album fuerit auferens, rursum repone sicut prius. Gumque tibi suffecerit, et minium inde facere placuerit, eamdem cerosam tere super lapidem absque aqua, et deinde mittens in ollas novas duas vel très , pone super carbones ardentes; habeas autem ferrum gracile curvum ex una parte ligno aptatum et in summitate latum, cum quo movere ae miscere ipsam cerosam interdum possis ; atque hoc tam diu faciès T donec minium omnino rubeum fiat.
Pour faire de l’encre , coupez des bois d’épine en avril , en mai avant qu’ils ne produisent des fleurs ou des feuilles, et les rassemblant en faisceaux, laissez reposer à l’ombre peninde fasciculos , sine jacere in umbra duabus hebdomadibus vel tribus aut quatuor, donec aliquantulum exsiccentur. Deinde habeas malîeoios ligneos cum quibus super aliud lignum du rum contundas ipsas spinas, donec corticem omnino eveilas, quem statim mittes in dolium aquâ plénum ; curnque duo dolia vel tria seu quatuor aut quinque cortice et aquâ repleveris, sine sic stare per octo dies, donec aqua omnem corticis succum in se emordeat. Post hæc mitte ipsam aquam in cacabum mundissimum, vel in lebetem, et supposito igné cocjue; interdum etiam immitte de ipso cortice in cacabum , ut si quid succi in eo remanserit 1 excoquatur. Quam cumcoxeris, ejice, aliumque rursus immitte. Quo facto coque residuam aquam usque ad tertiam partem, sicque ejiciens de ipso cacabo mitte in mino rem , et tamdiu coque donec nigrescat ac incipiat densescere, lioc omnino cavens ne aliquod addas aquæ, excepta ilia quæ succo mixta est. Curnque videris eam densescere , adde vini puri tertiam partem , et mittens in ollas novas duas vel très , tamdiu
dant deux , ou trois , ou quatre semaines, jusqu’à ce qu’ils soient un peu secs. Ayez de petits marteaux de bois , avec lesquels vous écraserez les épines sur un autre bois dur, jusqu’à ce que vous ayez enlevé entièrement l’écorce. Vous la mettrez aussitôt dans un tonneau rempli d’eau; et quand vous aurez rempli d’eau et d écorce deux, trois, quatre ou cinq tonneaux, laissez séjourner ainsi pendant huit jours jusqu’à ce que l’eau se soit emparé de tout le suc de l’écorce. Ensuite mettez cette eau dans une marmite très-propre ou dans un chaudron, mettez du feu dessous, faites cuire ;
de temps en temps jetez aussi de l’écorce dans la marmite, afin que s’il est resté quelque peu de suc il en sorte par la cuisson : quand vous aurez cuit celle-là, ôtez-la, et mettez-en d’autre. Cela terminé , faites cuire l’eau qui reste jusqu’à réduction d’un tiers, puis passez de la première marmite dans une moindre, et faites cuire jusqu’à ce que cela noircisse et commence à devenir épais; prenant bien garde de ne point ajouter d’autre eau que celle qui est mêlée de suc. Quand vous la verrez épaissir, ajoutez un tiers de vin pur, et mettant dans deux ou trois vases neufs, faites cuire jusqu’à ce que vous voyiez
coque donec videas quod in supremo quasi cutem trahat. Deinde tollens ipsas ollas ab igné pone ad solem donec se nigrum incaustum a rubea fæce purificet. Postea toile folliculos ex pergameno diligenter consutos 1 et vesicas, et infundens purum incaustum suspende ad solem donec omnino siccetur. Cumque siccum fuerit, toile inde quotiens volueris et tempera vino super carbones, et addens modicum atramenti scribe. Quod si contigerit per negligentiam ut non satis nigrum sit incaustum , accipe frustum grossitudine unius digiti, et ponens in ignem, sine candescere, moxet in incaustum projice.
Dans le précédent livre, mon bien cher frère, guidé par la tendresse d’une sincère affection , je n’ai pas craint de chercher à faire entrer dans votre esprit combien il est honorable, combien il est parfait d’éviter l’oisiveté, et de dompter la fainéantise et l’indolence; combien encore il est doux et délectable de se livrer aux exercices des
divers arts utiles, selon la parole d'un certain auteur qui dit : Savoir quelque chose est digne d’éloge , c’est une faute de ne vouloir rien apprendre. Que personne ne tarde à suivre l avis que donne Salomon, par ces paroles : Qui augmente sa science , augmente son travail : parce que tout homme qui y réfléchira sérieusement pourra reconnaître quel
procédât animæ et corporis profectus, diligens meditator poterit advertere. Nam luce clarius constat, quia, quisquis otio studet ac levitati , fabulis quoque supervacuis operam dat , et scurrilitati , curiositati, potationi, ebrietati, rixæ , pugnæ , bomicidio , luxuriæ, furtis, sacrilegiis, perjuriis et cæteris hujusmodi, quæ contraria sunt oculis Dei respicientis super humilem et quietum et operantem cum silentio in nomme Domini, et obedientem præcepto B. Pauli apostoli : Mugis autem laboret operando manïbus suis , quodbonum est , ut habeat unde tribuat necessitatem patienti. Hujus ergo imitator desiderans fore, apprehendi atrium 1 agiæ sophiæ conspicorque cellulam diversorum colorum omnimoda varietate refertam et monstrantem singulorum utilitatem ac naturam. Quo mox inobservato pede ingressus, replevi armariolum cordis mei sufficienter ex omnibus, quæ diligenti experientia sigillatim perscrutatus , cuncta visu manibusque probata satis lucide tuo studio commendavi absque invidia.
grand perfectionnement du corps et de l’âme en résulte. En effet il est constant, il est plus clair que le jour que quiconque s’abandonne à l’oisiveté et à la légèreté , s’occupe aussi de fables vaines, de futilités, de curiosités indiscrètes, de boissons, d’orgies, de rixes, de combats, d’homicides, d’impuretés, de larcins, de sacrilèges, de parjures et d’autres actions de ce genre éloignant les regards de Dieu, qui se plaît à considérer l’homme humble et tranquille travaillant en silence au nom du Seigneur et obéissant à ce précepte de l’apôtre saint Paul : Mais que plutôt il travaille faisant usage de ses mains,
chose qui est bonne , afin qu'il ait de quoi fournir aux besoins de celui qui souffre. Dans le désir de suivre cet avis, je me suis approché du séjour de la sainte sagesse, je contemple la variété immense des différentes couleurs qui remplissent le sanctuaire, et je remarque l’utilité et la nature de chacune d’elles. A peine y suis-je entré d’un pied inaperçu, que j’ai suffisamment pénétré les replis de mon cœur de toutes ces choses; les ayant soumises l’une après l’autre à une scrupuleuse expérimentation et aux investigations de l’œil et de la main, je les ai livrées à votre étude d’une
Verum quoniam liujusmodi picturæ usus perspicax non valet esse, quasi curiosus explorator omnibus modis elaboravi cognoscere , quo artis ingenio et colorum varietas opus decoraret, et lucem diei solisque radios non repelleret. Huic exercitio dans operam vitri naturam comprehendo, ejusque solius usu et varietate id effici posse considero, quod artifïcium, sicutvisum et auditum didici, studio tuo indagare curavi.
façon assez lucide et sans jalousie. Mais comme l’usage de cette peinture ne peut se saisir au premier coup d’œil , en explorateur curieux , je me suis efforcé de toutes manières de découvrir par quelle invention ingénieuse les différentes couleurs ornent un travail sans repousser la lumière du jour et les rayons du soleil. M’appliquant à cet exercice, j’embrasse la nature du verre et je considère que c’est seulement par l’emploi et la variété de cette matière qu’on obtient ce résultat. Cet art, tel que me l’ont appris mes observations et mes souvenirs, c’est par affection pour vous que j’ai cherché à le pénétrer.
Si vous avez formé le projet de fabriquer du verre, d’abord coupez des morceaux de bois de hêtre en grande quantité et séchez-les. Ensuite brùlezles ensemble dans un lieu propre; et, recueillant soigneusement les cendres, prenez garde de n’y mêler ni terre ni pierres. Puis faites un four de pierres et d’argile , long de quinze pieds , et large de dix, de cette manière. Posez, à chacun des côtés de la Ion( 8o )