Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 8)
dinis latere spissitudine pedis unius, faciens larem in medio firmuin et æqualem lapidibus et argilla, dividens eum inter très partes æquales, ita ut duæ partes sint per se et tertia per se, divisa muro in latitudine posito. Deinde fac foramen in utraque fronte latitudinis , per quod possint ligna et ignis imponi , et ædifieans ma mm in circuitu usque ad latitudinem pene quatuor pedum , fac iterum larem firmum et æqualem per omnia, et sine murum divisionis aliquantulum ascendere. Post quæ fac in majori spatio quatuor foramina in uno latere longitudinis , et quatuor in altero per medium laris , in quibus ponantur vasa operis, duoque foramina in medio per quæ flamma possit ascendere, et ædificans murum in circuitu, fac duas fenestras quadras longitudine et latitudine unius palmi , in utroque latere contra foramina unam, per quas vasa imponantur et ejiciantur cum liis, quæ in iliis mittuntur. Fac etiam in minori spatio foramen per medium laris juxta parietem medium, et fenestram ad mensuram palmi juxta parietem frontis exteriorem, per quam
gueur, des fondements d’un pied d’épaisseur, faisant au milieu un foyer solide et uni de pierre et d’argile, le divisant en trois parties égales de façon que deux soient à part et la troisième de même séparée par un mur placé en largeur. Pratiquez à chaque bout de la largeur une ouverture destinée à l’introduction du bois et du feu, et bâtissant un mur alentour jusqu’à la largeur de quatre pieds environ, faites de nouveau un foyer solide et uni partout et laissez le mur de séparation dépasser un peu. Après cela, pratiquez dans l’espace le plus étendu quatre ouvertures dans
l’un des murs longitudinaux et quatre dans l’autre au milieu du foyer, par lesquelles on introduira les vases destinés à l’œuvre ; et deux ouvertures au milieu par où la flamme puisse monter; élevant un mur d’enceinte, établissez deux fenêtres carrées, longues et larges d’un palme, une de chaque côté, en face des ouvertures. Par là on introduira et l’on retirera les vases et leur contenu. Pratiquez aussi, au moindre espace, une ouverture au milieu du foyer, auprès du mur de séparation, et une fenêtre d’un palme auprès du mur extérieur de devant, par laquelle on
possit imponi et assumi quod necessarium est operi. Postquam hæc ita ordinaveris , fac partem interiorem cum muro exteriori in similitudinem fornacis arcnarii, interius altitudine modice amplius pedis dimidii , ita ut superius larem facias æqualem per omnia , cum labro altitudine trium digitorum in circuitu posito, ut quicquid operis vel utensiliorum superponitur non possit cadere. Iste furnus dicitur clibanus operis.
Faites un autre fourneau long de dix pieds, large de huit et haut de quatre. Vous pratiquerez sur l’une des faces une ouverture pour introduire le bois et le feu, et à l’un des côtés une fenêtre d’un pied pour introduire et retirer les choses nécessaires, puis, à l’intérieur, un foyer solide et uni. Ce four s’appelle fourneau de refroidissement.
Vous ferez un troisième four, long de six pieds, large de quatre, et haut de trois, puis une ouverture, une fenêtre et un foyer comme plus haut. Ce four s’appelle fourneau de dilatation et de nivellement. Les instruments nécessaires à ce travail , sont : un tube de fer de deux aunes, de la grosseur du pouce, deux tenailles de fer battu à l’une des extrémités, deux
cuillers de fer, et autres instruments de fer et de bois à votre convenance.
Les choses ainsi préparées, prenez des morceaux de bois de hêtre , parfaitement séchés à la fumée, et allumez du feu dans le plus grand fourneau des deux côtés. Ensuite prenant deux parparte. Deinde tollens duas partes cinerum de quibus supra diximus, et tertiam sabuli diligenter de terra et lapidibus purgati, quod de aqua tuleris, commisce in loco mundo. Cumque diu et bene commixta fuerint , levans cum trulla ferrea pone in minori parte furni super larem superiorem ut coquantur, et cum cœperint calefîeri, statim eadem move ne forte liquéfiant a calore ignis et conglomerentur , sicque faciès per spatium unius noctis et diei.
Pendant ce temps prenez de la terre blanche, dont on fait les pots, et, faisant sécher, broyez avec soin ; puis versant de l’eau, détrempez fortement avec un bois, et fabriquez vos vases. Ils doivent être larges à la partie supérieure, étroits à la partie inférieure, et munis à l’orifice d’une petite bordure intérieurement recourbée. Lorsqu ils seront secs, prenez les avec des pinii.
foramina furni candentis ad hoc aptata , et levans cum trulla cineres coctos cum sabulo mixtos , impie omnia vasa vespere , et per totam noctem adde ligna sicca, ut vitrum ex cineribus et sabulo liquefactum pleniter coquatur.
Le matin à la première heure , prenez un tube de fer, et, si vous voulez faire des feuilles de verre, plongez l’extrémité de ce tube dans un vase rempli de verre. Tournez le tube dans votre main jusqu’à ce que le verre s’agglomère autour en aussi grande quantité que vous voudrez; puis, le retirant, mettez-le à votre bouche, et soufflez un peu , et en l’éloignant aussitôt, tenez-le près de votre joue, pour ne point attirer la flamme dans votre bouche en reprenant haleine. Ayez aussi une pierre unie devant la fenêtre \du fourneau ] , sur laquelle vous battrez un peu le verre brûlant
ut æqualiter ex omni parte pendeat, et statim cum festinatione crebro sufflans , totiens ab ore remove. Cumque videris illud dependere quasi vesicam longam, adhibe summitatem ejus ad flammam, et statim liquefacto apparebit foramen, acceptoque ligno ad hoc opus facto, fac foramen amplum sicut est in medio. Deinde conjunge oram ipsius, superiorem videlicet partem ad inferiorem, ita ut ex utraque parte conjunctionis foramen appareat. Statimque cum humido ligno continge ' ipsum vitrum juxta fistulain, et excute modicum et separabitur. Mox etiam calefac ipsam fistulam in flamma fornacis, donec liquéfiât vitrum quod ei jungitur, et cum festinatione pone super oras duas vitri conjunctas et adhærebit. Quod continuo elevans initte in flamma fornacis donec liquéfiât foramen unde prius fistulam separasti , et accepto ligno rotundo dilata sicut alterum et complicans oram ejus in medio separansque a fistula cum ligno humido, da puero, qui inducto ligno per foramen ejus portabit in furnum 2 refri1 Sic correximus. Editio conjunge. — 2 Edilio foramen, lapsu calami , ut appuret ex secpiente qui.
pour lui donner partout le même volume; aussitôt, avec rapidité, soufflez et éloignez alternativement. Lorsqu’il présentera la forme d’une longue vessie pendante, approchez -en l’extrémité vers la flamme, le verre se liquéfie bientôt, et vous apercevez une ouverture. Prenant un bois destiné à cet usage, donnez à l'ouverture la grandeur qu’a le volume de verre au milieu. Ensuite, joignez-en les bords, savoir la partie supérieure à l’inférieure, de façon que de chaque côté de la réunion apparaisse une ouverture. Aussitôt, avec un bois humide, touchez le verre près du tube, secouez un
peu , et il se détachera. Faites chauffer le tube à la flamme de la fournaise, jusqu’à ce que le verre qui y est attaché se liquéfie, placez-le en hâte sur les deux bords du verre que vous avez unis et il adhérera ; enlevez cela sur-le-champ pour l’exposer à la flamme du fourneau jusqu’à ce que l’ouverture dont vous avez retiré le tube se liquéfie. Prenant un morceau de bois i’ond, dilatez cette ouverture comme la précédente ; et, en rapprochant les bords au milieu et séparant du tube avec un bois humide, donnez à un aide qui , introduisant un bois par l’ouverture, portera dans le fourneau de
gerii , qui mediocriter calefactus sit. Hoc genus vitri purum est et album, Eodem modo atque eodem ordine operare similes partes vitri, donec vasa exhaurias \
Si vous voyez quelqu’un des vases prendre une teinte de safran, laissezle cuire jusqu’à la troisième heure, et vous aurez du jaune clair ; employezle autant que vous voudrez, d’après les procédés indiqués. Si vous voulez, laissez cuire jusqu’à la sixième heure, et vous aurez du jaune rougeâtre; faites-en aussi ce qu’il vous plaira.
Si vous reconnaissez que quelqu’un de Vos vases tourne à une couleur fauve, qui se rapproche de la chair, gardez ce verre pour couleur de peau. En ôtant ce que vous voudrez, faites cuire le reste pendant deux heures , de la première à la troisième, et vous aurez du pourpre clair; faites cuire de rechef, de la troisième à la sixième,
Lorsque vous aurez fait autant que vous aurez pu du verre de ces couleurs et qu’il se sera refroidi dans le four, exposez tout le produit de votre travail, et faites allumer un grand feu dans le
dilatari et æquari. Quo videlicet candente accipe ferrum calidum, et findens unam partem vitri, pone super larem candentis furni, et cum cœperit molliri, toile forcipem ferreum et lignum æquale , aperiensque in ea parte qua fissum est , dilatabis et cum forcipe seeundum libitum æquabis. Cumque omnino æquatum fuerit, mox ejiciens inde mitte in furnum refrigerii modice calefactum , sic ut non jaceat, sed stet ad parietem ejus tabula, juxta quam statues et aliam pari modo æquatam, ac tertiam et reliquas omnes. Quæ cum frigidæ fuerint, utere eis in componendis fenestris findendo particulatim qualiter volueris.
Pour fabriquer des vases , faites du verre d’après les procédés indiqués
cum sufflaveris secundum quantitatem quant volueris, non faciès foramen in fundo sicut superius, sed ita integrum separabis a fistula cum ligno aquæ intincto, quant fistulam mox calefactam adhærere faciès in ipso fundo. Elevans vero vas calefacies in flamma, et cum ligno rotundo dilatabis foramen illud unde fistulam separasti , formans oram ejus ac dilatans secundum libitus tuos, amplifîcabisque circ.a fistulam fundum ut inferius cavum sit. Quod si volueris ansas in eo facere, quibus possit pendere, accipe gracile ferrum , mittens illud summotenus in vas vitri,et cum ei modicum adhæserit, auferens pone super vas, in quo loco placuerit, et cum adhæserit, calefacies ut firmiter liæreat. Fac ex his ansas' quot velis, intérim tenens vas juxta flammam ut calidum sit nec tamen liquescat. Aufer etiam modicum vitri a furno ita ut filum post se trahat, et apponens vasi in quo loco volueris, circumvolve juxta flammam ut hæreat. Quo facto secundum consuetudinem amovebis fistulam, mittens
plus haut; et, lorsque vous aurez soufflé selon la quantité que vous désirez, vous ne ferez pas comme précédemment une ouverture au fond , mais vous détacherez en entier du tube avec un bois trempé dans l’eau ; puis chauffant le tube, vous le ferez adhérer au fond. Présentant le vase à la flamme, vous le chaufferez, et avec un bois rond, vous élargirez l’ouverture d’où vous avez séparé le tube, en travaillant et dilatant à volonté les bords. Vous agrandirez le fond autour du tube en sorte qu’il soit creux à la partie inférieure. Si vous voulez faire au vase des anses pour pouvoir le suspendre, prenez un fer mince, plongez-le jusqu’au bout dans le verre ; quand il en aura pris un peu, enlevez et placez sur le vase où vous voudrez ; lorsqu’il aura adhéré , vous chaufferez pour consolider. Faites ainsi un tel nombre d’anses qu’il vous pfciira, tenant alors le vase près de la flamme, de façon qu’il se conserve chaud sans se fondre. Prenez aussi un peu de verre dans le four, de manière qu’il traîne après lui un fil , et, le plaçant sur la partie du vase que vous préférez, roulez autour près de la flamme, pour qu’il adhère. Cela fait, selon l’usage, vous ôterez le tube,
vas in furnum refrigerii ; atque hoc modo operaberis, quantum veiis.
Pour fabriquer des flacons à long col, faites ainsi. Après avoir soufflé du verre chaud, en forme de grande
On trouve dans les antiques édifices des Païens, parmi les ouvrages de mosaïque, différentes espèces de verre, savoir : du blanc, du noir, du vert, du jaune, du saphir, du rouge, du pourpre. Il n’est pas transparent, mais opaque comme du marbre. Ce sont des espèces de petites pierres carrées dont on fait des incrustations
dans 1 or , l’argent et le cuivre : nous en parlerons avec détail à l article qui les concerne. On trouve aussi divers petits vases de ces mêmes couleurs, qui sont recueillis par les Fiançais, très-habiles dans ce travail. Ils fondent dans leurs fourneaux le saphir, en y ajoutant un peu de verre clair et blanc, et ils fabriquent des feuilles de saphir précieuses et assez utiles dans les fenêtres. Ils en font autant du pourpre et du vert.
Les Grecs font avec les mêmes pierres de saphir des coupes précieuses pour boire. Voici comment ils les ornent d’or. Prenant de la feuille d or, dont nous avons parlé plus haut, ils en fabriquent des images d’hommes, d’oiseaux, d’animaux ou de feuillages, et ils les posent avec de l’eau sur la coupe partout où ils veulent. Cette feuille doit être un peu épaisse. Ensuite ils prennent du verre très-clair
comme du cristal qu'ils composent eux-mêmes, et qui, en sentant la chaleur du feu, se dissout. Ils le broient soigneusement sur une pierre de porphyre avec de l eau, et en appliquent avec le pinceau une couche très-fine sur toute la feuille : lorsque cela est sec, ils le placent dans le fourneau dans lequel se cuit le verre pour les vitraux peints dont nous parlerons par la suite, et mettent dessous du feu avec des bois de hêtre parfaitement séchés à la fumée. Quand ils voient la flamme pénétrer la coupe au
borem trahat, statim ejicientes ligna, obstraunt furnum, donec per se frigescat ; et aurum nunquam separabitur.
Ils emploient aussi un autre moyen. Prenant de l’or moulu dans un moulin dont on se sert pour les livres, ils l’étendent d’eau; de même pour l’argent. Ils en font des ronds, et dans ces