Correspondance (page 12)
293. — A LAMBERT AUX COUTEAUX, PRêTRE DE LA MISSION,
A RICHELIEU
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! J’ai reçu la vôtre du 24 de ce mois, qui m’a fort consolé, pource qu’il plaît à Dieu que vous vous portiez si bien, et que M. Perdu est revenu de ses trois accès de fièvre. J’ai été fort aise d’être éclairci de l’affaire de Toul. J’y ai envoyé M. du Coudray, avec pouvoir de traiter le différend (1). M. Midot (2) porte fort nos intérêts. Il désire
Lettre 293. — L. Q. — Dossier de Turin, original.
1). Pour comprendre "l’affaire de Toul", il faut remonter à l’origine de l’établissement fondé dans cette ville. L’Ordre du Saint-Esprit, auquel Néméric Barat, maître échevin de Toul, avait, en 1238, confié un hôpital qu’il venait de bâtir pour orphelins et infirmes, n’était plus représenté en cette ville en 1635 que par maître Dominique Thouvignon et par deux religieux. Dominique Thouvignon résigna son bénéfice en faveur de l’évêque Charles de Gournay moyennant une pension de deux mille livres barrois. Ce dernier l’offrit aux prêtres de la Mission, et Jean Dehorgny en devint titulaire par acte royal de mai 1635. Lambert aux Couteaux et Colée y furent placés et y remplirent les fonctions de leur état : missions, conférences ecclésiastiques, retraites. Le 16 juin, par une convention à l’amiable, les deux frères du Saint-Esprit cédèrent à Jean Dehorgny tous leurs droits sur la maison et l’hospice, moyennant une pension de six cents livres barrois et certains avantages. L’hôpital prenait aux missionnaires une grande partie d’un temps qu’ils auraient désiré consacrer aux missions. Sur leur demande, il fut statué, le 17 mars 1637, que l’évêque, le lieutenant du roi et le maître échevin, l’administreraient par deux délégués de leur choix et qu’à la Mission serait dévolu le tiers des meubles et immeubles gérés avant 1635 par les frères du Saint-Esprit. Le partage fut l’occasion de nombreuses contestations pendant quatre ou cinq ans. Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, par Eugène Martin, Nancy, 1900-1903, 3 vol., in-8, t. II, p. 208 et suiv.) En décembre 1657, le roi supprima la commanderie du Saint-Esprit de Toul et l’unit à la congrégation de la Mission.
2). Jean Midot, docteur en théologie, conseiller au parlement de Metz, grand archidiacre, chanoine et vicaire général de Toul, était très considéré en cour de Rome et en cour de Lorraine. Après la
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que M. Colée rende compte au chapitre ; et s’il se trouve qu’il n’y ait point de l’abus de notre côté, il espère faire joindre le chapitre à nous et de venir lui-même en cette ville pour les intérêts de leur diocèse. M. le président Faberolle, qui a charité pour nous, a un peu émoussé la pointe de la poursuite. S’il n’eût été contraint de s’en revenir, il aurait pu remédier à cet affaire, lequel j’abandonnerais volontiers, n’était que nous sommes obligés de justifier qu’on nous blâme à tort d’avoir mésusé de ce bien. C’est l’avis du bon M. de Cordes et de M. de Sainte-Marthe. Nous avons demandé l’évocation (3) selon le désir dudit sieur Midot. L’on m’a dit tantôt que M. le chancelier (4) a refusé de sceller les lettres. Benedictus Deus !
J’ai été bien aise d’apprendre la description de ce petit prieuré. M. des Roches (5) m’a dit qu’il le nous voulait donner ; mais cela n’est pas encore fait. Vous me ferez plaisir de me mander si l’on le vous a dit d’ailleurs. Béni soit Dieu de ce que vous dites qu’il peut défrayer la maison de pain et de vin !
Je voudrais aussi savoir si les coches de Loudun sont à 5.000 livres ; ils ne sont baillés que pour 4.500 livres par la fondation. Peut-être se sont-ils raffermis depuis Je tiendrai la main au bâtiment (6) ; mais je voudrais
mort de Charles de Gournay, il gouverna le diocèse en qualité de vicaire capitulaire. Au témoignage de Collet (op. cit., t. I, p. 291, note), sa famille conservait au XVIIIe siècle plusieurs des lettres que saint Vincent lui avait adressées. Une seule nous est connue. Jean Midot est l’auteur de Mémoires sur les évêques de Toul restés manuscrits.
3). Dessaisissement du tribunal local et transfert de la connaissance du procès au parlement de Paris.
4). Pierre Séguier.
5). Michel le Masle, prieur des Roches, près Fontevrault, secrétaire du cardinal de Richelieu, chanoine et chantre de N.-D. de Paris. Cette dernière qualité le rendait collateur, juge et directeur des petites écoles de Paris.
6). Le cardinal de Richelieu s’était engagé par une des clauses du
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bien savoir si le défaut est aux matériaux ou à l’ouvrage, ou que vous les souhaitiez plus exhaussés. Un mot de cela, s’il vous plaît ?
Cette grosse cure me fait peur (7). In nomine Domini ! Je loue Dieu de la mission que vous faites parmi les prisonniers, qui me font très grande compassion. Mais prenez garde, s’il vous plaît, de n’y pas aller à jeun.
Pour le collège que désirent les habitants, ipsi viderint (8). Mais pour le neveu de ce bon chanoine, ô Jésus ! Monsieur, prenez-le.
J’ai oublié de donner ordre pour avoir des fers à pains à chanter (9).
Venons à ceux qui vous doivent aller trouver. Nous vous en envoyons trois d’ici et MM. Codoing et Durot, qui vous doivent aller trouver du Dauphiné, où ils sont. J’espère que vous les aurez dans dix jours. Notre-Seigneur a beaucoup béni leur travail en ce pays-là. Ceux-ci sont Messieurs Buissot (10), Benoît (11) et Gourrant (12). Vous pouvez retenir auprès de vous à Richelieu Messieurs Buissot ou Benoît et M. Gourrant, et envoyer l’un de ceux-là à la Mission de Luc, on. J’estime qu’il est ex-
contrat à faire élever un bâtiment pour les missionnaires et les ordinands ou retraitants que ceux-ci devaient hospitaliser.
7). La cure de Richelieu. Elle n’était pas encore érigée. Le cardinal avait promis de l’annexer à la Mission.
8). Le cardinal projetait de doter sa ville de Richelieu d’un magnifique collège. Il exposa ses idées à Louis XIII, qui en autorisa la fondation par deux déclarations, du 20 mai et du II septembre 1640. (Bossebœuf, op. cit., p. 321 et suiv.)
9). Fers pour faire des hosties.
10). Nicolas Buissot, né à Allainville (Seine-et-Oise), reçu dans la congrégation de la Mission en 1630, ordonné prêtre en 1632.
11). Benoît Bécu, né à Braches (Somme) le 21 mars 1602, ordonné prêtre en 1627, reçu dans la congrégation de la Mission le 14 mai 1637. Il alla fonder en 1639 l’établissement de La Rose et revint quelques mois après à Richelieu, où il était encore en 1646.
12). Ce nom ne se trouve pas dans le catalogue du personnel. Il est fort probable que M. Gourrant resta peu de temps dans la congrégation de la Mission.
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pédient que vous employiez Messieurs Codoing et Durot dans le duché de Richelieu.
M. Gourrant chante la musique, M. Benoît et M. Buissot savent entonner les psaumes. M. Benoît fait utilement le catéchisme. Tout le monde demeure d’accord que le fruit qui se fait à la Mission est par le catéchisme ; et une personne de qualité disant dernièrement cela, ajouta que les missionnaires s’étudiaient tous à bien prêcher et qu’ils ne savaient point faire le catéchisme, et dit cela en ma présence et celle d’une bonne compagnie. Au nom de Dieu, Monsieur, avertissez de ceci la compagnie de delà. Ma pensée est que ceux qui travailleront doivent l’un faire le grand et l’autre le petit catéchisme seulement, et parler deux fois par jour. Et l’on peut rapporter au catéchisme des moralités (13) pour toucher ; car, comme j’ai dit, l’on remarque que tout le fruit vient de là.
Nous avons fait ici quelques conférences touchant la manière comme il se faut prendre pour enseigner les vérités controversées ; et me semble que ces Messieurs l’entendent passablement, pour le moins les trois premiers. Ils ont appris aussi la méthode de M. Véron par lui-même. Je vous prie, Monsieur, d’en conférer tous les jours ensemble et de dire à M. Perdu que je le prie de rafraîchir sa mémoire sur cela, en sorte que, quand ils partiront de Richelieu, ils sachent comme il faut humblement et familièrement enseigner ces vérités. Qu’ils se souviennent qu’ils ne vont pas là pour les hérétiques, mais que c’est pour les pauvres catholiques, et que si néanmoins, chemin faisant, l’occasion d’instruire quelqu’un se présente, qu’ils le fassent doucement et humblement, montrant que ce qu’on leur dit vient des entrailles de compassion et de charité et non d’indignation. Je ne
13). Moralités, histoires édifiantes.
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leur saurais proposer un meilleur exemple que le vôtre et celui de M. Soufliers. Un seigneur de ces quartiers-là m’a dit que vous vous y preniez justement comme il fallait pour instruire les catholiques et les huguenots par eux, et pour les édifier les uns les autres. Je vous prie, Monsieur, de leur dire ceci et surtout qu’ils ne donnent jamais aucun défi aux ministres, ni à qui que ce soit, pour quelque occasion que ce soit.
Ces Messieurs partiront demain par le coche de Poitiers, comme je pense, car [il] (14) s’oblige de les amener à quatre lieues de Richelieu. J’ai pourtant baillé la présente au messager de Champigny, à ce que vous ayez avis de leur départ et que vous donniez à les loger.
Vous me dites que vous manquez de meubles. Je vous enverrai une lettre de crédit pour prendre jusques à mille livres à Tours, où vous pourrez faire provision des meubles qu’il vous faudra.
Si vous pressentez qu’on vous veuille assujettir à des choses outre nos bulles, priez Monseigneur de Chartres (15) de trouver bon que vous m’en donniez avis, si vous n’y pouvez remédier à l’heure même ; que si après tout il n’y a point de moyen, sit nomen Domini benedictum !
Je suis, en son amour, à M. Perdu, que j’embrasse, et à vous, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Saint-Lazare, ce 30 janvier 1638.
Dieu bénit beaucoup la mission qui se fait à présent à Saint-Germain (16), où est la cour.
Au bas de la première page : M. Lambert.
14). Mot oublié dans l’original.
15). Léonor d’Estampes de Valençay, évêque de Chartres de 1620 à 1641, puis transféré à Reims. * Marcel Langlois a écrit en 1921 la biographie de ce prélat (Léonor d’Estampes de Valençay, in-8).
16). Saint-Germain-en-Laye.
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294 — A ANTOINE LUCAS
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous avez bien fait, Monsieur, de ne pas accepter les offres de M. le vicomte de Soudé (1), et ferez bien de n’écouter jamais la proposition de nous nourrir ; c’est une règle fondamentale de notre petit Institut. Or sus, je suppose que vous avez ainsi achevé avant la réception de la présente et que vous irez faire ensuite les visites que vous me dites que vous désirez faire aux lieux que vous avez été. Mais, cela fait, Monsieur, je vous supplie de vous reposer à Montmirail jusques à ce que vous ayez repris vos forces, pour recommencer à travailler aux villages qui dépendent de Montmirail et du diocèse de Troyes ; et puis nous verrons si Monseigneur de Soissons (2) agréera que l’on travaille dans ceux de son diocèse. Je ne vois pas de moyen de le faire ce carême dans la ville, à cause qu’il ne nous a pas voulu donner la station.
Que vous dirai-je de ce bon, mais fâcheux garçon, sinon que je suis affligé de ce qu’il s’est tant oublié que de vous tenir les discours que M. du Chesne (3) me
Lettre 294. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Desbordes, auditeur des comptes. Saint Vincent disait un jour de lui : "Cet homme-là aime Dieu plus que je ne vous saurais dire, mais d’un amour sensible ; c’est de plus un homme qui a une grâce merveilleuse pour accorder les différends.
2). Simon Le Gras (1624-1656).
3). Pierre du Chesne appartenait à la congrégation de la Mission depuis quelques mois seulement. Ce fut un des meilleurs missionnaires de saint Vincent, qui lui confia la direction des maisons de Crécy (1641-1644), des Bons-Enfants (1644), de la Mission d’Irlande et d’Ecosse (1646-1648), de Marseille (1653-1654) et d’Agde (1654) et l’appela aux deux assemblées générales convoquées à Saint-Lazare de son vivant. Pierre du Chesne mourut à Agde le 3 novembre 1654.
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mande qu’il vous a faits et que votre piété vous fait taire ? Or sus, je n’y vois point d’autre remède que de le nous renvoyer ; mais comment ferez-vous d’un garçon ? En trouverez-vous point quelqu’un à Montmirail ou en Champagne en le payant ? Je vous supplie, Monsieur, d’en prendre un, si vous en trouviez ; sinon, nous tâcherons de vous en envoyer un de céans.
J’écrirai, s’il m’est possible, à M. du Chesne. Mais voici qu’on m’en vient ôter le moyen. Vous lui direz, en tout cas, que j’ai été fort consolé de sa lettre et que je ne manquerai point de lui écrire à la première occasion.
La mission de Saint-Germain-en-Laye, où est la cour, s’avance, et Dieu la bénit beaucoup. Je viens de voir ce que M. de la Salle (4) écrit à M. Dehorgny, qui est de dire au séminaire (5) que sans ce secours plusieurs milliers d’âmes seraient péries.
Je vous prie de prier et faire prier pour la grossesse de la reine.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce 30 janvier 1638.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lucas, prêtre de la Mission, étant de présent à Soudé ou au Mesnil ou à Bergues (6).
4). Jean de la Salle était du nombre des missionnaires employés à Saint-Germain.
5). Au séminaire interne de Saint-Lazare. Saint Vincent l’avait ouvert en juin 1637 et en avait confié la direction à Jean de la Salle, que Jean Dehorgny remplaçait provisoirement. Les prêtres de la Mission appellent séminaire interne ce que les religieux appelleraient noviciat.
6). Localité de l’Aisne.
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295. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici une lettre de la Mère Arbiste. Monsieur de la Salle m’a mandé l’arrivée de vos filles (2) et qu’il les présenterait hier aux sœurs de la Charité (3). Madame Chaumont lui dit qu’elle leur baillerait un écu pour commencer à se nourrir. Je lui dis qu’il n’était pas besoin, qu’on y pourvoirait d’ailleurs. Donnez-moi un mot d’avis, je vous en prie.
Mademoiselle Hardy me presse toujours pour assembler les dames qui lui ont donné parole de contribuer. Si je ne le fais, je la contristerai beaucoup ; si je le fais, c’est contre mon sens. Je doute que cela réussisse en la manière que les choses sont ; car elle entend que ces dames aillent à la maison des enfants trouvés (4) et que tout se fasse là dedans et selon l’ordre qui y est établi ; et ma pensée est qu’il vaudrait mieux abandonner le fonds de cette maison établie que de s’assujettir à tant de comptes à rendre et de difficultés à franchir, et faire un établissement nouveau et laisser celui-là comme il est, pour le moins pour quelque temps. Que vous en semble ? Si je pensais qu’elle voulût acquiescer à l’essai que vous proposez d’une nourrice et de quelque chèvre chez vous, baste !
Lettre 295. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre a été écrite au moment de l’arrivée des Filles de la Charité à Saint-Germain-en-Laye, peu de jours après la lettre 290.
2). Barbe Angiboust et une compagne.
3). Aux dames de la Charité de Saint-Germain-en-Laye, dont Madame de Chaumont était présidente.
4). La Couche.
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L’affaire de votre Charité (5) me tient au cœur et ai quelque remords parfois de n’y point travailler ; mais il m’est impossible. L’affaire du Temple consomme tout mon temps et je serai encore quelques jours en cet embarras (6). Quand je vois cela, je pense que la Providence ne le permet pas en vain. Je ne vois rien de plus commun que les mauvais succès des choses précipitées. Croiriez-vous qu’il est déjà arrivé accident en cet établissement des filles de Montmorency (7), lesquelles avaient déjà obtenu
5). L’établissement de la Charité à La Chapelle.
6). L’établissement d’un séminaire dans la maison du Temple à Paris. "Ce bon dessein, écrit Abelly (op. cit., chap. XXXIII, 1er éd., p. 151), n’eut pas tout l’effet qu’on en espérait, quoique M. Vincent eût été prié de s’y appliquer et que pour cela il eût fait quelque séjour dans le Temple, parce que, n’ayant pas eu la liberté d’y agir à sa façon, il n’y put pas réussir comme il eût bien désiré." " Une des premières et des plus fortes pensées" du commandeur de Sillery fut, écrit-il lui-même (Vie de l’illustre serviteur de Dieu Noël Brulard de Sillery, p. 109), "de travailler au salut des âmes, tant par l’établissement des séminaires, que par les visites exactes des cures, églises et peuples qui sont dans l’étendue du grand prieuré de France commis à la juridiction et conduite" du Temple. Il consulta à cet effet les Pères Gibieux et de Condren, de l’Oratoire, le P. Binet, jésuite, la R. Mère de la Trinité et surtout, laissons-lui la parole, "un grand serviteur de Dieu auquel Notre-Seigneur m’a, en son amour, donné une entière confiance, et qui, par la grande estime et révérence qu’il a dès longtemps en son âme de la profession expresse et principale de notre Ordre d’exposer sa vie pour la défense et propagation de la foi, a une singulière dévotion à tout ce qui concerne le bien et le service de notre religion. Ce saint personnage m’a, par tous ses sages conseils, continuellement et fortement incité, exhorté et conforté de considérer profondément, pour la gloire de Dieu, l’utilité que plusieurs personnes recevront de cet emploi". Ce saint personnage était, on le devine le directeur du commandeur, Vincent de Paul. Le grand prieur de France donna au commandeur de Sillery les pouvoirs de vicaire général, pour qu’il pût plus librement mener à bonne fin son entreprise. Mais le commandeur n’avait pas l’esprit temporisateur de saint Vincent ; il ne savait pas, autant qu’il l’aurait fallu, profiter des leçons de l’expérience. Des oppositions surgirent dans son Ordre même, et il dut tout abandonner. Une de ses lettres au grand maître, datée du 22 juin 1638, montre avec quelle générosité et quelle héroïque résignation il accepta cette pénible épreuve. ibid., pp. 107-122.)
7). Aujourd’hui chef-lieu de canton en Seine-et-Oise. On y avait fondé un établissement en 1636 pour recueillir et élever les filles nées
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la permission de la clôture, ont une maison, une chapelle et tout ce qui s’ensuit ; et cependant l’on pense qu’il est nécessaire d’appeler des religieuses à leur place ; et si cela dépendait de moi, je le ferais. Tout ceci soit dit à votre cœur seulement et non à qui que ce soit autre.
Le bon M. le curé de La Chapelle (8) doit venir dîner céans aujourd’hui avec son frère pour aviser à ce qu’il faudra faire à son indisposition, car le voilà reconnu pour tel que vous craigniez. O mon Dieu, qu’est-ce que de nous !
Madame Goussault avait avant-hier une fièvre qu’on craignait continue. Ayez soin de votre santé, je vous en supplie. Je suis v. s.
V. D.
L’on me violente pour la précipitation de l’affaire du Temple, duquel j’appréhende la chute prochaine. Je le dis et le redis, et néanmoins l’on passe par dessus. L’humilité m’oblige à déférer, et la raison me fait appréhender. In nomine Domini !
296. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce mardi matin [16381.]
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
d’une union coupable. La Compagnie du Saint-Sacrement s’intéressait à cette œuvre. Elle avait pris à sa charge la pension d’une maîtresse et reçu, en échange de ses libéralités, le droit d’y envoyer douze petites filles par an. (René de Voyer d’Argenson, op. cit., p. 69.)
8). Jean Paradis, mort en mai 1646.
Lettre 296. — L. n. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). La phrase "Il faut un peu penser au moyen de faire apprendre à faire les écoles aux filles", nous permet de conjecturer que cette lettre a précédé de très près la lettre 297, où l’on trouve la solution proposée par Louise de Marillac.
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Je vous renvoie les papiers (2), et vous les renverrez au plus tôt, s’il vous plaît, et ferez en sorte qu’on vous en délivre une copie signée.
Si vous n’aviez les clefs, vous les ferez prendre céans.
Madame Pelletier me vient de parler de ses meubles ; elle désirerait qu’on les mît dans quelqu’autre petite chambre. Elle ne parle point de les mettre ailleurs. Je lui ai dit que nous en parlerions et qu’il faut tendre à rendre toutes choses communes et à ôter les particularités. Or, ce langage lui semble un peu nouveau.
Cette bonne femme du Mans me paraît infirme. Elle a bien fait des conditions et des demeures.
Il faut un peu penser au moyen de faire apprendre à faire l’école aux filles. Celle-ci dit qu’elle les a faites en cette ville et ailleurs. Il faut voir si l’on en essayera. Bonjour, Mademoiselle. Je suis v. s.
297. — A LOUISE DE MARILLAC
[1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Béni soit Dieu de ce que votre indisposition n’est pas grande ! Je vous prie de faire ce que vous pourrez pour vous bien porter.
J’espère aller samedi à La Chapelle.
Nous avons arrêté votre mémoire pour les Enfants trouvés en deux assemblées avec les officières de la Cha-
2). Probablement des papiers relatifs à l’établissement des Enfants trouvés.
Lettre 297. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre est des tout premiers commencements de l’œuvre des Enfants trouvés.
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rité de l’Hôtel-Dieu ; et dimanche prochain nous communiquerons l’arrêté, que je réduirai en manière de règle, à Madame Pelletier, pour voir si elle s’y veut assujettir ; ce sera chez Madame Goussault en présence des officières. Toute La compagnie trouve nécessaire que cette maison-là dépende de la supérieure des Filles de la Charité, comme je vous al écrit, et que vous y alliez passer sept ou huit jours, si votre santé le vous permet.
Les dames vont aujourd’hui à l’Hôtel-Dieu. Je vous prie d’offrir leurs personnes et leurs travaux à sa divine Majesté.
Je n’attends pas grand’chose de cette manière de communiquer des Ursulines avec vos filles (2), Vous les y enverrez néanmoins, s’il vous plaît.
Je pense qu’il vaut mieux retenir cette fille auprès de vous pour quelque temps et de la faire voir, avec celle de Nogent, à Madame Goussault. Il n’est pas besoin de lui envoyer celle de Saint-Marceau (3), puisque déjà elle est en exercice.
Je vous souhaite le bonjour et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.
298. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[1638] (1)
Après avoir parlé des manœuvres auxquelles se livrait Madame Pelletier auprès des autorités ecclésiastiques et judiciaires pour écarter saint Vincent et les dames de la Charité de
2). Voir la lettre 290.
3). Quartier de Paris.
Lettre 298. — Mgr Baunard, op. cit., p. 306.
1). Cette lettre semble devoir être rapprochée de la lettre 297.
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l’administration des Enfants trouvés et demeurer seule maîtresse, Louise de Marillac ajoute : "Mais j’ai confiance que le bon Dieu saura tirer sa gloire de ce fâcheux rencontre. Je l’en supplie de tout mon cœur et qu’il vous donne la santé pour ce même sujet. J’espère de votre bonté que vous nous rendrez participantes du mérite de vos souffrances et saints sacrifices, puisque vous savez notre besoin."
299. — A ROBERT DE SERGIS
[Vers le 21 février 1638] (1)
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu une consolation que je ne puis vous dire de la bénédiction qu’il a plu à Notre-Seigneur de donner à votre mission de Montpezat (2) ; mais je vous avoue que j’ai été et suis bien en peine de ce long et grand travail de trois mois et crains bien fort que, si vous ne prenez un notable repos, que vous ne succombiez, et M. Brunet aussi. Au nom de Dieu, Monsieur, reposez-vous et faites-vous un peu traiter de votre mal d’œil et du gosier, et cela à Aiguillon ou à Agen, si déjà vous ne l’avez fait, car je crains que dès votre arrivée à Toulouse l’on ne vous surcharge de travail. De dire de n’y pas retourner, je le voudrais bien, mais que dirons-nous à Monseigneur l’archevêque (3), auquel j’ai écrit que vous l’iriez trouver incontinent après la mission de Montpezat. Nous avons obligation, d’un autre côté, à une mission que Monsieur de la Marguerie (4) a fondée en An-
Lettre 299. — L. a — L’original appartient à Madame la générale Derrécagaix, 5, rue du Regard, Paris.
2). Commune du Lot-et-Garonne, arrondissement d’Agen.
3). Charles de Montchal (1628-1651),
4). Elie Laisné, sieur de la Marguerie et de la Dourville, conseiller d’Etat ordinaire. Il avait donné à saint Vincent, le 31 octobre.
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goumois pour de cinq en cinq ans, qui échoit à Pâques. Si votre petite incommodité ne vous empêche d’aller à Toulouse, je vous prie de dire à mondit seigneur l’archevêque que je lui demande très humblement pardon si nous ne sommes pas encore en état de le servir de pied ferme et sommes contraints de vous employer dans les rencontres, comme en celui-ci, après Pâques ; auquel temps vous le supplierez de vous permettre de vous en aller faire ladite mission à la Marguerie (5) et à deux ou trois autres petits villages qui en dépendent ; et faudra pour cela que vous descendiez à Bordeaux par la Garonne et de là à Bourg (6) entre Bordeaux et Blaye ; et puis de là il faudra aller à Barbezieux, qui en est à deux journées, et la Marguerie, à deux ou trois lieues. Mais il faudra donner jusques à Angoulême pour avoir la permission de M. le grand vicaire, en l’absence de M. l’évêque (7), qui est auprès de la reine d’Angleterre, qui m’a prié d’envoyer travailler dans son diocèse, à l’instance de M. son grand vicaire, auquel vous témoignerez que j’ai bien du regret de ce que nous ne pourrons travailler pour le présent qu’en ces villages-là, et lui témoignerez beaucoup de reconnaissance de l’obligation que nous lui avons.
Je suis si consolé de tout ce que vous me mandez, que je n’ai pu ne pas vous en reparler en cet endroit, et ai envoyé celle que vous m’écrivez, à Madame la duchesse d’Aiguillon, à laquelle je vous prie d’écrire plus particulièrement.
1633, deux cents livres de rente sur l’hôtel de ville "à condition d’envoyer tous les cinq ans trois prêtres et un frère faire des missions pendant quatre mois, y compris l’aller et le retour, dans le diocèse d’Angoulême". (Arch. Nat. M 211, liasse 1) Il entra dans les ordres après avoir perdu sa femme et mourut le 3 octobre 1656.
5). Localité de la Charente-Inférieure.
6). Aujourd’hui chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Blaye.
7). Jacques du Perron (1637-1646).
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Je vous envoie celle que j’écris à Monseigneur l’archevêque de Toulouse ouverte. Si votre indisposition vous a retenu à Aiguillon, vous la lui enverrez ; si elle vous trouve à Toulouse, vous la cachetterez et la lui rendrez.
J’écris à M. Mestre pour accompagner quelques lettres qu’on lui écrit de son pays. Je vous prie de les lui faire tenir par voie sûre. C’est son bonhomme de père qui lui écrit. Je tâcherai d’en faire de même à M. Hopille, qui suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Monsieur Monsieur de Sergis, prêtre de la Mission, étant de présent à Aiguillon ou à Toulouse.
300. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Février 1638] (1)
Monsieur,
Ma sœur Turgis est bien en peine de ce que le sergent de la compagnie de M. de Castillon lui est venu dire qu’il enverra des soldats loger tant au corps de logis de devant qu’en celui où logent les enfants. Ils feront bruit Si vous trouviez bon qu’y revenant elle fit refus de les loger, se faisant fort de Madame la duchesse d’Aiguillon ou de Madame la chancelière, jusques à ce que votre charité en obtienne défense de la reine ; ou, si vous jugiez autre chose mieux, s’il vous plaît lui mander par ce porteur, si ce n’est elle. Je suis, Monsieur, votre très humble et très obligée fille et servante.
L. DE. MARILLAC.
Ce jeudi.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
Lettre 300. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Il est clair que les lettres 300, 301, 302, 303 et 304 se tiennent. La lettre 303 montre qu’on était en hiver. D’autre part, le changement de maison pour les enfants trouvés eut lieu au début de 1638.
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301. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 1638] (1)
Mademoiselle,
Je viens d’écrire à Madame la chancelière et lui envoie votre lettre et une requête que j’ai dressée, au nom des dames de la Charité de l’Hôtel-Dieu, à Monsieur le chancelier (2), lui représentant qu’elles ont loué une maison pour y loger les Filles de la Charité et les enfants trouvés, que les habitants vous ont envoyé les gendarmes (3), qu’ils ne peuvent demeurer en votre maison, où il n’y a point d’homme, sans danger de la pureté des filles, ni sans scandale que, ce considéré, il lui plaise de faire défense aux habitants d’envoyer lesdits soldats chez vous et aux soldats d’y aller, et prie Madame de la présenter à M. le chancelier. Et pource que peut-être la chose ne pourra pas aller si vite que tout se puisse faire aujourd’hui, il sera bon que vous envoyiez quérir M. votre curé et le prier qu’il s’emploie vers les habitants pour donner un autre logis à ces gendarmes, ou vers lesdits gendarmes, à ce qu’ils se logent ailleurs, moyennant demi-écu plus ou moins, pour qu’ils vous donnent deux jours. Je m’en vas cependant chez Madame Goussault, à ce qu’elle envoie M. Grandnom (4) pour hâter la chose.
Monsieur votre fils fait bien. Lui avez-vous envoyé l’acte ? Il m’a dit qu’il appréhende l’excellence du sacerdoce, et cela est bon.
Lettre 301. — L. a. — L’original est exposé dans une des salles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, 6, rue de Furstenberg.
1). Cette lettre répond à la lettre 300.
2). Pierre Séguier.
3). Gendarmes, gens d’armes ou soldats
4). Remi de Grandnom, intendant de Madame Goussault.
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Faites de bonne heure avec les soldats, s’il vous plaît, par M. le curé. Bon jour, Mademoiselle. Je suis…
302. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je n’ai point vu Jacqueline depuis qu’elle me dit, il y a quatre jours, qu’elle la vous amenait pour la voir et que je lui promis de vous en parler (2).
Je serai sur mes gardes touchant ce vicaire de Nanterre et maintenant curé, à l’égard de la fille.
Cejourd’hui je tâcherai de voir Madame la duchesse d’Aiguillon pour vos soldats. Madame la chancelière n’a pu rien faire.
Il faudra parler de ce logis à Madame Goussault. Il serait à désirer que vous fussiez en une autre paroisse qu’en celle-ci pour bien des raisons.
L’une voie ne cessant pour l’autre, vous verrez si vous pourrez faire quelque chose par le moyen de ce soldat que vous pensez, vers son capitaine, et par lui vers M. de Castelnau (4).
Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
V. D.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 302. — L a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Voir lettre 300, note 1.
2). Jacqueline désirait présenter à Louise de Marillac une de ses nièces, qui se sentait appelée à la vocation de Fille de la Charité.
3). Paul Beurrier.
4). Probablement Louis-François de Gourdon-Genouillac, marquis de Castelnau, capitaine de la compagnie écossaise ; ou Jacques de Castelnau, mort en 1658 maréchal de France.
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303. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 16381]
Demain au matin je vous enverrai Monsieur Soufliers ou M. Bécu pour l’exhortation et la confession.
J’ai vu votre écrit (2) et m’en vas le communiquer à Madame Goussault, ou lui envoyer.
L’avertissement de ne point railler sur le sujet de ces petites créatures (3) me semble à propos.
Je vis hier Madame la duchesse d’Aiguillon. Elle m’a dit qu’elle avait donné charge à celui qui la mène d’aller trouver M. de Castelnau. J’ai chargé les Filles de la Charité (4) d’en presser M. l’aumônier. Au défaut de cela, il vaut mieux faire avec le fourrier. Si vous n’envoyez quelqu’un à M. de Veines, je ne sais qui vous adresser pour cela. J’espère. que nous aurons nouvelle aujourd’hui de Madame la duchesse, ou demain je vous baillerai un homme pour M. de Veines.
Je pense voirement qu’il sera bon que vous alliez passer quelques jours à cette maison des enfants trouvés et que les filles viennent une fois le mois à La Chapelle. Plaise à Dieu me donner le temps de m’y trouver ! Marie, de Saint-Sulpice, a deux tours de lit de linceul. C’est que la maison est toute neuve et les fenêtres ferment mal. Passé l’hiver, il en faudra faire une règle. Nous n’en avons point, nous autres. Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
V. D.
Souscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 303. — L. a. — Original à Amiens chez les Filles de la Charité de la rue de Beauvais, 127.
1). Voir lettre 300, note 1.
2). Peut-être un mémoire concernant l’établissement des Enfants trouvés.
3). Les enfants trouvés.
4). De l’établissement des Enfants trouvés.
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304. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici de la besogne qui vous vient à l’égard du changement des petits enfants trouvés et de l’ordre qu’on a à tenir en leur nouvel établissement. Je vous prie, Mademoiselle, d’y travailler demain et de m’envoyer samedi ce que vous aurez fait. J’ai dit à Madame Pelletier qu’on désire qu’elle ait dépendance de vous pour cette conduite. Elle me dit que je lui fasse entendre en quoi elle devait dépendre des officières et en quels cas de vous. Il me semble que, pour les choses purement temporelles, qu’elle doit dépendre de ces bonnes dames ; mais que pour les spirituelles, comme pour la direction des filles, des nourrices, des petits enfants échappés qui croîtront, que c’est pour cela qu’elle doit avoir relation à vous, et à cet effet vous donner avis de temps en temps de ce qui se passera, comme toutes les semaines ou, pour le moins, tous les quinze jours.
Jacqueline est venue ce matin céans sans me rien faire dire de sa nièce, mais seulement elle m’a fait demander la réponse à votre lettre d’avant-hier, que je lui ai fait dire que je vous fis dès hier.
J’ai écrit à M. l’aumônier (2) de Madame la duchesse (3) pour vos gendarmes. Il m’a mandé qu’il en parlerait à Madame et me ferait réponse ; mais, comme il n’y a rien de certain pour ce qui dépend des grands, l’on m’a dit
Lettre 304. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Voir lettre 300, note l.
2). Dauzenat.
3). La duchesse d’Aiguillon
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qu’aux extrémités il faudrait louer une chambre et une couchette et leur bailler. Je tâcherai d’y aller demain ou après, au cas que je n’en aie réponse demain au matin, et suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
Ce jeudi au soir.
VINCENT DEPAUL.
Vous verrez par l’incluse de Madame Goussault son souhait touchant ce que je vous écris.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
305. — A LOUISE DE MARILLAC
[18 février 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous n’avez point encore trouvé des nourrices aux champs ; c’est pourquoi je pense qu’en attendant vous ferez bien de prendre celle qu’on vous offre de l’Hôtel-Dieu et qui est si bonne.
Il me le semble voirement qu’il vous faut un logis plus aisé, et que les dames feront bien d’en chercher un autre ou de prendre celui dont vous m’avez parlé.
Il m’est impossible d’aller aujourd’hui aux Bons-Enfants. J’espère y être demain au dîner et de vous aller voir de là. Il serait difficile de vous parler parmi tant
Lettre 305. — L. a. — Dossier de la Mission, original.
1). Cette lettre est du début de l’œuvre des Enfants trouvés, c’est-à-dire de 1638, et par suite du 18 février, puisqu’elle est datée du jour des Cendres. La lettre 302 montre qu’à cette date Louise de Marillac cherchait un logement pour les enfants trouvés
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de monde au collège. Je verrai. S’il y a lieu, je le vous enverrai dire.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
306. — A LAMBERT AUX COUTEAUX
De Paris, ce 20 février 1638.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai lu et relu votre lettre du 9 de ce mois avec une singulière consolation, qui a été un peu tempérée par la petite indisposition du bon M. Perdu, lequel je ne vous recommande pas, parce que je suis très assuré que vous en avez tout le soin possible ; mais qui en a de votre santé ? Je prie Notre-Seigneur que ce soit lui-même.
J’ai envoyé à Toul la lettre que vous écrivez à M. Dehorgny. Cet affaire s’alentit un peu. Nous sommes en quelque pourparler avec M. Fleury le neveu, docteur de Sorbonne (1)
Je suis bien aise de ce que vous me dites de ce petit prieuré de M. des Roches-Chamian, des deux fermes et
Lettre 306. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). François de Fleury, du diocèse de Langres, obtint un canonicat dans celui de Verdun. Il approuva le livre De la fréquente communion et fut présenté par les jansénistes à la reine Marie-Louise de Gonzague, dès le départ de celle-ci en Pologne, pour remplir auprès d’elle les fonctions d’aumônier. Ses relations avec saint Vincent et les missionnaires envoyés dans ce pays furent toujours excellentes, cordiales même, comme on peut le voir par les lettres du saint, qui l’estimait beaucoup. Il mourut en France dans les premiers jours de novembre de l’année 1658. Nous avons une partie de sa correspondance avec la Mère Angélique.
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des deux maisons. Puisque la Providence fait rencontrer ce bon ecclésiastique dedans, il lui faut laisser faire son temps, faire faire les vignes et réparer ce pan de murailles qui est tombé.
Je m’en doute bien que les greffes de Loudun sont au plus haut prix. Béni soit Dieu !
Je serai bien aise de voir cet architecte de Pontoise et le ma, con pour les bâtiments.
Vous avez bien fait de donner un état des meubles à Monseigneur de Chartres (2) et ferez encore bien de faire faire des chopines et des fourchettes comme les nôtres, pour commencer le plus tôt que vous pourrez à prendre les repas en portion.
Oh ! que je suis encore attendri de ce que vous me dites de la sorte d’approbation qu’a faite Monseigneur de Poitiers (3) du contrat passé avec Monseigneur le cardinal et de ce que vous me mandez que vous vous en allez à Poitiers remercier ce bon prélat ! Je le suis encore pour ce que vous me dites de la bonté et de la douceur avec laquelle Monseigneur de Chartres a traité avec vous et avec tout le monde. Je l’en remercierai et le dirai en bon lieu, comme je remercie Dieu de l’attention que vous avez fait faire à la compagnie à ce que je vous ai dit du catéchisme et des prédications. Faites-les-en ressouvenir souvent, s’il vous plaît.
Je trouve fort bien la disposition que vous me dites que vous faites de la mission : 1° dans le duché ; 2° achever celle de Richelieu. Il faudra bien alors établir la Charité. J’espère vous envoyer une excellente Fille de la Charité pour cela (4). Elle saigne, fait les médecines et donne les lavements ; c’est celle qui a préféré le service
2). Léonor d’Estampes de Valançay (1620-1641).
3). Henri-Louis Chasteignier de la Rocheposay (1611-1651).
4). Barbe Angiboust.
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des pauvres à celui de la grande dame que je vous ai dite (5). Elle est à Saint-Germain-en-Laye, où l’on établit une notable Charité, de laquelle sont la dame d’honneur, celle d’atours et les filles de la reine, qui servent elles-mêmes avec une ferveur admirable. L’on a eu un peu à souffrir à cette mission à cause des gorges découvertes ; mais il a plu à Dieu d’en tirer de la gloire non petite.
Au nom de Dieu, Monsieur, qu’on soit bien circonspect à l’explication du 6° commandement. Nous aurons à souffrir un jour tempête pour cela. Recommandez souvent cela à la compagnie, et à ne rien faire à la procession que, comme j’ai dit si souvent, tout simplement.
Quant à la qualité que vous prendrez pour les actes curiaux, quid si vous mettiez celle de commis à l’administration de la cure, en attendant que j’en confère ? Et pour les aumônes, à chaque mendiant un double (6), et si l’on le catéchise, deux liards, plus ou moins, selon la qualité de la personne. Mais, pour les malades, si Monseigneur ne fonde le nécessaire, il faudra y contribuer quinze ou vingt sols par semaine, que vous pourrez faire mettre au bassin de celle qui fera la quête. Mais comment ferez-vous pour la rétribution des fonctions curiales ? Je vous envoie deux cents livres, qu’on baillera demain au messager de Champigny ; et au prochain voyage nous lui baillerons les fers du pain à chanter.
Voilà M. Codoing et M. Durot à présent à Richelieu. O Monsieur, que Dieu a béni leurs travaux ! Je vous prie de les embrasser et toute la compagnie pour moi, comme je fais en esprit avec toute l’humilité et l’affection qui m’est possible. La mission de Saint-Germain s’achèvera dans quatre
5). Voir lettre 224.
6). Le double valait deux deniers ; le liard, trois.
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jours, avec une bénédiction fort particulière, prévenue par des petits sujets d’exercer la patience. Oh ! que cela nous vaudra et que Dieu triomphe là dedans ! M. Grenu a aussi une particulière assistance de Dieu en Gascogne et M. de Sergis aussi tout à fait.
La compagnie se porte bien, Dieu merci, et vous salue.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Depuis la présente écrite, j’ai pensé qu’il sera bon que vous preniez la qualité de vicaire de la cure de Richelieu, en attendant l’union et comme l’on en fera.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lambert, prêtre de la Mission, étant de présent à Richelieu.
307. — A ANTOINE LUCAS
De Paris, ce 21 février 1638.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous fais ces lignes avec un peu de hâte, qui sont pour vous prier d’avoir soin de votre santé et de celle de M. Caignet (1) et de vous reposer après ce grand travail, avant que de recommencer la mission. Et, quand vous le serez, vous pourrez commencer à travailler dans les villages qui dépendent du diocèse de Troyes et de Montmirail.
Je vous fis écrire dimanche passé par M. Soufliers et
Lettre 307. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Le confesseur de Madame Goussault portait ce nom ; c’est de lui peut-être qu’il est ici question
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vous priais alors de la même chose et de nous renvoyer M. du Chesne et qu’en sa place je vous enverrais M. Callon ; mais, quelque petite incommodité qu’il a ne lui permettant cette petite satisfaction à présent, il s’en retourne à Aumale, où il pourra faire quelque chose à l’entour (2).
J’ai été chez M. votre frère au pont Saint-Michel (3) pour le prier d’envoyer celui qui demeure chez M. Belin à la mission. Mais il me dit que celui-ci n’était pas en ville, qu’il était encore à Milly (4) et qu’au retour il l’enverrait à Rueil. Je niai pas su qu’il l’ait fait, ni qu’il soit revenu.
Je vous envoie une lettre des Cévennes. La compagnie se porte assez bien, Dieu merci.
La mission de Saint-Germain s’en va achevée avec bénédiction, quoiqu’au commencement l’on ait eu sujet d’exercer la sainte vertu de patience. Il en est peu de la maison du roi qui n’ait fait son devoir avec le peuple et avec une dévotion digne d’édification. La fermeté contre les gorges découvertes a donné lieu à cet exercice de patience. Le roi dit à M. Pavillon qu’il était fort satisfait de tous les exercices de la mission, que c’est ainsi qu’il fallait travailler et qu’il rendrait ce témoignage partout. J’avais grande difficulté d’envoyer en ce lieu-là, tandis que la cour y était ; mais, Sa Majesté m’ayant fait l’honneur de me mander qu’il le désirait ainsi, il fallut passer par dessus nos difficultés. Celles qui en ont eu le plus au commencement sont maintenant si ferventes qu’elles se sont mises de la Charité, servant les pauvres en leur jour, et ont fait la
2). Bien que membre de la congrégation de la Mission, Louis Callon habitait Aumale, son pays d’origine.
3). Dans Paris.
4). Il existe deux localités de ce nom, une dans l’Oise, l’autre en Seine-et-Oise.
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quête par le bourg en quatre bandes. Ce sont les filles de la reine.
Messieurs Lambert, Perdu, Buissot, Codoing, Benoît et Gourrant sont à Richelieu ; Messieurs Grenu et Savinier dans le duché d’Aiguillon, en Gascogne, où Dieu leur donne, comme il a fait à M. de Sergis et à M. Brunet, une grande bénédiction ; et M. de Sergis s’en retourne à Toulouse, où Monseigneur l’archevêque l’attend avec grande impatience.
Je finis en me recommandant aux prières de Messieurs Caignet et du Chesne et je vous supplie, Monsieur, de donner de nos nouvelles et nos recommandations à Messieurs Mouton (5) et Boucher (6), J’espère leur écrire mercredi et de vous envoyer M. Boudet à la place de M. du Chesne.
Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Je vous prie de payer le port exactement à M. Octobre (7).
Suscription : A Monsieur Monsieur Lucas, prêtre de la Mission, à Montmirail.
308. — A LA MèRE DE LA TRINITé
Ma très chère Mère,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
5). Jacques Mouton, né à Pontoise, reçu dans la congrégation de la Mission en 1632.
6). Léonard Boucher, né le 29 août 1610, reçu dans la congrégation de la Mission le 12 novembre 1632, ordonné prêtre le 23 septembre
7). Concierge du château de Montmirail.
Lettre 308. — L. a. — Original * au Carmel de Troyes, original.
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Voici encore la plume d’un remerciant, pource que votre charité nous donne toujours des nouveaux sujets de ce faire, par tant d’actes de bonté que de jour en jour le Saint-Esprit vous va suggérant pour notre bien et celui des âmes de votre diocèse. Vous ne vous êtes pas contentée, ma chère Mère, de proposer, de conduire et de mener à chef notre établissement avec tant de soins, de sollicitudes et de travaux quasi continuels ; vous y avez ajouté l’offre de votre maison pour notre logement et l’exercice des ordinands. O ma chère Mère ! que cela me touche le cœur et qu’il me fait voir l’état d’une âme vraiment chrétienne et religieuse arrivée au point de la plus haute perfection à laquelle l’un et l’autre de ces états peut élever une âme dans l’exercice de la vraie charité ! A Dieu en soit la gloire, ma chère Mère, qui s’est ainsi plu de vous élever à un état d’une si grande bonté, et à nous la reconnaissance éternelle de tant de bien que vous nous faites incessamment, et à vous, ma chère Mère, un degré de gloire au ciel répondant à la bonté que Notre-Seigneur a mise en votre chère âme ! Voilà la reconnaissance et les souhaits que vous peut faire l’âme du monde qui vous est la plus obligée, ma chère Mère, et qui vous tient le plus pour sa très chère et très aimable mère.
Je vis hier l’un des deux petits logements du devant de la maison de Monseigneur (1) De vérité, il serait expédient qu’on les eût tous deux à. cause des vues et autres servitudes. Mais quoi ! le logement que nous avons besoin à Troyes presse encore davantage, si me semble. Comment ferions-nous pour cela sans les secours de ce qu’il plaît à Monseigneur de nous donner ! S’il n’était
1). René de Breslay, évêque de Troyes (1604-1641), avait à Paris, dans la grande rue du faubourg Saint-Michel, une maison, qu’il offrait à saint Vincent pour les besoins des missionnaires de Troyes. (Cf. lettre 292, note 1.)
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vendu que le prix qu’il vaut, baste ! Mais l’on l’offre pour 6.000 livres, quoique je crains que l’on aura peine d’en trouver deux cents de louage ; car il n’est point loué. Un père capucin l’avait pris et y avait mis une bonne femme dévote pour y retirer quelques pauvres personnes nouvellement converties ; mais je ne sais comme cela se fait qu’il n’y a plus personne que cette bonne femme et deux pauvres filles, qui s’en vont. D’un autre côté, de marchander avec notre bienfaiteur, ô Jésus ! ma chère Mère, il ne le faut pas. C’est pourquoi, sauf votre meilleur avis, je pense, ma chère Mère, qu’il en faut demeurer là (2).
Monsieur le commandeur n’a point jugé nécessaire de ratifier la fondation de Monseigneur, pource que mondit seigneur ne le désirant qu’à cause du contrat qui avait été passé auparavant sous seing privé entre ce bon seigneur et moi, il dit que, rendant l’original de ce contrat, qu’il avait, et moi ayant renvoyé le nôtre, et que tous deux étant déchirés, il n’est point besoin qu’il ratifie. C’est, ma chère Mère, ce que je vous supplie très humblement de faire entendre à Monseigneur et que je n’ai point vu personne témoigner avoir plus de satisfaction de l’action qu’il a faite pour le bien de son diocèse que M. son neveu Bault. Certes, ma chère Mère, la bonté avec laquelle il m’a reçu et traité avec nous n’est pas imaginable.
Voilà tantôt notre mission de la cour achevée. Les pauvres missionnaires y ont travaillé incessamment, depuis le matin jusques au soir, à prêcher, catéchiser et à entendre la confession générale, depuis le matin jusques au soir, et sont si las qu’ils n’en peuvent plus. Nous ferons reposer et refaire un peu ceux qui sont
2). Les prêtres de la Mission s’établirent d’abord au village de Sancey, dans une maison louée à Sébastien Gouault, bourgeois de Troyes. Comme le local était peu spacieux, le commandeur leur
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destinés pour Troyes, pour s’y rendre la veille du dimanche de la Passion (3), auquel temps Monseigneur a trouvé bon qu’ils commenceront à travailler par l’exercice des ordinands. Et moi qui importune trop ma chère Mère et toute bonne, je finirai en la suppliant très humblement de nous bien donner à Dieu et de le prier qu’il nous pardonne tant de fautes que nous commettons incessamment dans le dessein qu’il nous a confié, et suis à la sainte communauté de ma très chère Mère et en l’amour de Notre-Seigneur, ma très chère Mère, très humble et très obligé et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Ce bon docteur que M. Gallemant avait fait son successeur à la cure d’Aumale (4) travaille aux mémoires ou la vie de ce bienheureux, et un autre prêtre ou deux.
De Paris, ce 25 février 1638.
Suscription : A ma R. Mère ma R. Mère de la Sainte-Trinité, prieure du monastère des Carmélites du faubourg de Troyes, à Troyes.
309. — A LOUISE DE MARILLAC
[1638, vers février] (1)
Béni soit Dieu de ce qu’il a pris cette petite âme en état qu’on a sujet de croire qu’elle est bien heureuse !
acheta la maison située à l’angle droit du faubourg Croncels et de la rue des Bas-Clos, à Troyes. C’est là qu’ils se transportèrent le 25 août 1640.
3). 20 mars.
4). Louis Callon. Ses notes ont été mises à contribution par l’auteur de la vie de Jacques Gallemant.
Lettre 309. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre a été écrite du vivant de Madame Goussault, après les commencements de l’œuvre des Enfants trouvés, au temps où saint Vincent leur cherchait un logis. (Cf. lettres 302 et 305.)
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Je m’en vas vous envoyer M. Bécu et un autre. Il me sera difficile de voir M. Laisné (2). S’il agrée le mariage, qu’on ne se mette point en peine ; il enseignera ce qu’il faut à son secrétaire, si déjà il ne le sait. Le tableau de la Vierge et de saint Joseph tenant le petit enfant Jésus par la main me semble bon pour ces petits enfants trouvés (3).
Madame Goussault m’a mandé qu’elle ira aujourd’hui commencer sa retraite chez vous. Si cela est, serez-vous absente ? Je pense qu’il sera bon que vous lui en écriviez un mot pour savoir sa volonté.
Je vis hier Madame la présidente de Herse et lui dis ce que je vous ai dit.
J’oubliai d’écrire à Madame Goussault qu’elle prenne la méditation de la mort et du jugement particulier en suite de la première. Vous lui direz, s’il vous plaît, et que plutôt elle ôte des péchés que je lui ai dits, pour méditer ceux qu’elle trouvera à propos. Je pense souvent à l’affaire du logement. Bon jour, Mademoiselle. Tenez votre cœur en paix. Je suis v. s.
V.D.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
310. — A LOUISE DE MARILLAC
[1638, vers février] (1)
Mademoiselle,
Je pense que vous ferez bien de faire enterrer ce petit
2). Elie Laisné, sieur de la Marguerite.
3). Ce tableau était peut-être l’œuvre de Louise de Marillac. Les Filles de la Charité de la rue Réaumur, 85, Paris, croient le posséder.
Lettre 310. — L. a. —- Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre a été écrite peu de temps après la fondation de l’éta-
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enfant au cimetière et d’envoyer prier M. le curé de vous aller voir, et de lui dire la chose comme elle est, en attendant qu’on avise comme l’on en fera. Ce qui me vient à présent en l’esprit est qu’il faudrait donner quelque chose par an à M. le curé et au fossoyeur pour les enterrer tous. Pour aujourd’hui, il faudra le prier qu’il envoie M. son vicaire le prendre et qu’il ordonne au fossoyeur de faire la petite fosse et qu’il die à un chacun la chose comme elle est, et que c’est un essai qu’on désire faire.
Je me sens pressé plus que jamais de terminer l’affaire de la Charité (3). Demandez à Dieu que j’aie du temps pour y travailler. C’est pitié de mon fait. Je n’ai point de temps. Dieu me donne l’éternité ! Quand vous serez en état d’aller à Rueil, M. le curé m’a mandé qu’il prendra la fille que je lui baillerai. Je suis v. s.
V. D.
Je ne vous dis rien de Madame Pelletier. Je viens d’écrire à Mademoiselle (3) le décès de l’enfant. Elle me manda hier qu’elle vous en enverra aujourd’hui un autre, s’il est à propos. Voici sa lettre.
311. — A LAMBERT AUX COUTEAUX
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai chargé notre bon frère Nicolas (1) de passer à Ri-
blissement des Enfants trouvés. Elle semble à sa place non loin des lettres 295 et 300.
2), La Charité de La Chapelle. (Cf. lettre 295.)
3). Mademoiselle Viole, trésorière des dames de la Charité.
Lettre 311. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Nicolas Corman, frère coadjuteur, né vers 1603, entré dans la
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chelieu en s’en allant trouver M. Grenu en Gascogne. Vous ne le retiendrez qu’un jour de delà, s’il vous plaît, et, si vous le pouvez, vous écrirez audit sieur Grenu et lui ferez écrire par tous ceux de la compagnie qui le pourront. Il me semble que le présent porteur vous trouvera sur le point de recommencer la mission à Richelieu. Je vous supplie, Monsieur, de recommander plus que jamais la précaution à l’explication du sixième commandement et aux demandes qu’on fait sur cela. Si nous n’y prenons garde, la compagnie en souffrira un jour (2).
Qu’on fasse les processions sans apparat, je dis même sans faire habiller les enfants que des surplis qu’on trouvera sur les lieux. L’on a trouvé à redire notablement à l’un et à l’autre, quoique M. d’Alet (3) ait fait la première action et qu’à la seconde il n’y avait que quelques enfants habillés avec des aubes. Il plaît à Dieu que cela nous fasse un peu exercer la vertu de patience et que cela procède de l’envie de la notable conversion de quelques âmes principales.
Je n’ai point eu l’honneur de voir Monseigneur de Chartres, et n’a pas été expédient. Je le ferai, s’il plaît à Dieu, quand il sera temps.
Il sera bon que vous établissiez la Charité et que vous en donniez avis à Monseigneur de Chartres, à ce qu’il sache de Son Eminence (4), si elle l’agrée, et que vous lui proposiez la Fille de la Charité (5).
Je finis en me recommandant à vos saintes prières, ensemble l’état présent de la mission et salue très humblement et très affectionnément la compagnie, étant, en
congrégation de la Mission en 1633, reçu aux vœux le 13 novembre 1643.
2). Voir lettre 306.
3). Nicolas Pavillon, évêque d’Alet.
4). Le cardinal de Richelieu.
5). Barbe Angiboust.
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l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Vallegrand, ce 3 mars 1638.
312. — A LOUISE DE MARILLAC
[Mars 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Jeanne, la Fille de Charité de cette paroisse, a fait beaucoup de fautes, pour lesquelles Monsieur le curé (2), les officières et M. de Vincy ont jugé aujourd’hui qu’il la faut changer. Je vous supplie, Mademoiselle, de nous en envoyer une autre qui ait l’esprit plus doux et accommodant, et cela dès demain au matin, afin qu’elle n’ait pas le loisir de cabaler comme (3) les autres ; car il n’est pas imaginable combien elle en est capable. Or, je pense qu’il faudra néanmoins la reprendre pour l’Hôtel-Dieu ou ailleurs, afin que la justice soit accompagnée de miséricorde. Croiriez-vous qu’elle a donné un soufflet à Jacqueline et qu’elle fait tout à sa tête et plusieurs choses sans en parler, comme d’avoir traité une malade sans congé (4) ; et qui pis est, elle a averti le prédicateur du carême de quelques manquements des dames et les a
Lettre 312. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre a été écrite pendant le carême, quelques jours, semble-t-il, avant la lettre 313, qui est manifestement de 1638.
2). M. de Lestocq, curé de la paroisse Saint-Laurent.
3). C’est bien le mot de l’original. Le sens semblerait plutôt demander contre.
4). Sans permission.
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commencé à faire prêcher. Or sus, qui nous donnerez-vous sans vous incommoder ? Gouvernez. Je suis, en l’amour de N.-S., v. s.
313. — A LOUISE DE MARILLAC
[Mars 16381]
Je revins hier au soir de Pontoise. Voici la réponse à votre dernière. Il faudra voirement aviser aux Enfants trouvés. L’on fait une assemblée aujourd’hui chez Madame la présidente Goussault. Je voudrais bien que vous y puissiez assister et que vous écrivissiez à madite dame de vous envoyer son carrosse. Il est vrai que je pense que vous serez priée d’assister à celle de Saint-Etienne par Madame de Beaufort, la supérieure. Si cela est, je pense qu’il sera à propos que vous y alliez et que vous me mandiez votre sentiment touchant la proposition de M. Dieu et celle de M. Foucauld à Messieurs du chapitre. Je vous supplie de plus de me mander s’il est vrai ce que m’a dit Madame Goussault, que vous savez quelques bonnes filles dévotes qui aient disposition à s’appliquer au spirituel des femmes du Légat (2), au lieu des 14 dames (3). Il me semble qu’il est à souhaiter que cela soit
Lettre 313. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité original.
1). Cette lettre a été écrite du vivant de madame Goussault, pendant que les sœurs avaient leur maison-mère à La Chapelle. Le passage relatif aux enfants trouvés nous fait donner la préférence à l’année 1638.
2). Salle de l’Hôtel-Dieu réservée aux maladies infectieuses. Son nom lui venait du cardinal du Prat, légat du Pape en France, qui l’avait bâtie vers 1530.
3). Quatorze dames, choisies tous les trois mois à l’époque des quatre-temps par et parmi les dames de la Charité, étaient chargées d’instruire et de consoler les malades de l’Hôtel-Dieu. (P. Coste, op. cit., p. 14.)
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ainsi ; autrement, l’on sera toujours dans l’appréhension que lesdites dames n’y prennent mal. Vous m’enverrez la réponse chez Madame Goussault sur les (3) heures, s’il vous plaît.
Il est vrai qu’on m’a dit que les choses vont mal à l’Hôtel-Dieu et qu’il est à souhaiter que votre santé vous permette d’y aller passer deux ou trois jours. Vous verrez.
J’ai fait dire à Jeanne, de Saint-Laurent, qu’elle aille à La Chapelle.
Les dames de Saint-Sulpice ont une merveilleuse attache à leur sœur Jeanne. On les mortifiera si l’on leur ôte. Il faudra l’avertir de ses défauts.
J’espère que ce ne sera rien que de l’indisposition de M. votre fils d’une plus grande santé après cette petite ébullition de sang.
Vous avez raison de destiner Marie-Denise (4) pour Saint-Etienne (5). Je me défie de cette Charité-là à cause de la condition de l’esprit des personnes qui s’en mêlent et que des hommes s’en mêlent. Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
Suscription. A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
314. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
4). Fille de la Charité.
5). Saint-Etienne-du-Mont, paroisse de Paris.
Lettre 314. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre semble à sa place près de la lettre 313.
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Me voici de retour au collège des Bons-Enfants depuis avant-hier et me propose d’aller coucher aujourd’hui à Saint-Lazare, Dieu aidant.
Voici une lettre de Mademoiselle Poulaillon, que je viens de recevoir tout présentement. Que vous semble de ce qu’elle propose, Mademoiselle ?
Je n’ai point ouï parler de l’affaire que vous savez. J’aurai le bien de voir tantôt le confesseur du personnage.
Je trouve M. votre fils un peu pâle ; ce mal de la main est un peu douloureux. Il a promis à M. Pavillon de travailler à la résolution qu’il doit prendre ; et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Ce lundi, à 10 heures, au collège des Bons-Enfants.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
315. — A LOUISE DE MARILLAC
[* Vers novembre 1637 - La lettre serait mieux placée entre les n°s 277 et 271] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je fus hier purgé ; cela fut cause que je ne vous fis réponse, et un petit embarras que j’eus l’après-dînée. Je vis avant-hier la bonne Madame la présidente Goussault assez gaie dans le commencement de son mal. J’y envoyai hier. Elle me manda qu’elle n’avait pas grand mal et que pourtant l’on l’avait saignée le pied dans l’eau.
Lettre 315 — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Cette lettre a été écrite pendant une des maladies de Madame Goussault, avant le mariage de Michel de Marillac avec Jeanne Potier, nièce de l’évêque de Beauvais.
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Je m’en vas la voir tantôt. Votre indisposition m’empêche de vous dire que vous lui feriez la charité de l’aller voir. Je sais bien que votre présence lui serait à grande consolation et utilité ; mais vous succomberiez à ce que je crains, de l’aller voir. Si vous pouviez supporter le carrosse sans incommodité, à la bonne heure ! Mais, au nom de Dieu, si vous avez la moindre incommodité du monde, ne le faites pas, cela lui ferait peine.
Je m’en vas voir Madame de Marillac (2). Si elle me croit, elle terminera l’affaire. Il siéra bien à sa piété de se mortifier dans cette satisfaction qu’elle désire. Cela fera souche de bénédiction dans la chose du côté de M. son fils (3). Voilà ce que je me propose de lui dire. Mais ne lui dites pas mon sentiment, s’il vous plaît, jusques à ce que je l’aie vue et que je vous aie dit le succès de notre entrevue aujourd’hui. Monsieur de Beauvais (4) m’a parlé de nous voir nous deux ensemble pour cela. Nous verrons.
Bon jour, Mademoiselle. Je vous prie de recommander à Notre-Seigneur un affaire. Je suis, en son amour, Mademoiselle, votre serviteur très humble.
VINCENT DEPAUL.
Ce dimanche, à 7 heures et demie.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
2). Marie de Creil, veuve de René de Marillac. Elle abandonna plus tard le monde pour entrer au Carmel.
3). Michel de Marillac, conseiller au Parlement de Paris.
4). Augustin Potier.
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316. — A LAMBERT AUX COUTEAUX
De Paris, ce 15 mars 1638.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je reçus hier la vôtre du 4 de ce mois, mais non encore celle de M. l’avocat du roi de Loudun. Je suis bien consolé de ce que vous vous meublez peu à peu. Il n’est pas temps de parler d’avancer l’église. Je n’en perdrai point l’occasion ; car j’ai bien de la peine de vous voir souffrir (1) dans ce petit lieu.
Béni soit Dieu du succès de votre mission et de celle de Messieurs Buissot et Durot ! Oh ! que le succès de ceux-ci doit servir à plusieurs d’entre nous !
Je suis un peu en peine de l’indisposition de M. Gourrant et de celle de Bastien (2). Quoique j’aie une parfaite confiance en votre soin, au nom de Notre-Seigneur, Monsieur, souffrez que je les vous recommande.
Quant à ce que vous dites que M. Codoing s’attache fort à donner de l’intelligence du 6e commandement, je vous supplie, Monsieur, de lui dire que je le prie très humblement de n’en plus parler, à Richelieu ni ailleurs, que fort sobrement (3) pour quelques raisons que je lui dirai, qui sont d’importance très grande (4).
Je m’en vas à Rueil et ferai parler à Monseigneur (5) de
Lettre 316. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Première rédaction : de la peine de voir souffrir ceux de qui nous.. Saint Vincent a barré ces quatre derniers mots et ajouté en interligne vous avant voir.
2). Sébastien Nodo, frère coadjuteur, né vers 1603 au diocèse de Rouen, reçu dans la congrégation de la Mission en 1633. 3
3). Les mots ni ailleurs que fort sobrement sont en interligne.
4). Les mots très grande sont en interligne
5). Le cardinal de Richelieu.
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la Charité (6), à ce qu’il voie s’il aura agréable de faire cet établissement tandis que le peuple est en bonne disposition. Mandez-moi cependant (7) combien de pauvres malades il y a pour l’ordinaire à Richelieu (8) je ne dis pas en août, mais à présent (9).
Je vois que vous avez vu notre petit frère Nicolas (10) et reçu ma lettre ; c’est le neveu de M. de la Quin (?). Il présente un fort bon garçon du Poitou pour être frère céans. Il s’en va voir sa mère, qui est en danger de son salut, et, cela fait, s’en ira vous trouver.
Je vous prie derechef de faire entendre de ma part à la compagnie qu’on soit extrêmement retenu sur l’explication et les demandes du 6e commandement et que l’on n’habille point les enfants à la procession en quelque manière que ce soit, pas même de surplis, si ce n’est ceux qui ont accoutumé d’en porter. Nous sommes dans la souffrance pour cela et ne sommes pas prêts d’en sortir. Béni soit Dieu de ce que * ç’a été sans sujet pour la mission (11) qui a donné sujet depuis peu de nous mettre sur la langue du monde (12) !
Je vous écrivis hier au soir en dormant ce que vous voyez si raturé. Priez Dieu et le faites prier pour la compagnie.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur.
VINCENT DEPAUL
Suscription. A Monsieur Monsieur Lambert, prêtre de la Mission, à Richelieu.
6). Les mots de la Charité sont en interligne.
7). Mot ajouté en interligne.
8). Moi ajouté en interligne.
9). Le saint avait ajouté ici trois mots Selon cela nous, qu’il a ensuite raturés.
10). Nicolas Cormand frère coadjuteur.
11). La mission de Saint-Germain-en-Laye.
12). Première rédaction : de tout le monde.
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317. — A JEAN BECU
[Février ou mars 1638] (1)
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous voilà sur votre départ. Nous vous attendons avec grand désir de vous revoir en bonne disposition. Je vous supplie cependant de pressentir de M. le curé de Saint-Victor (2) (au cas que vous le jugiez de bonnes mœurs et de capacité suffisante), s’il a intention de se faire religieux de l’ordre de Malte, ainsi que les statuts le requièrent de ceux qui en ont les cures. Et, au cas que vous le trouviez incertain, vous lui ferez entendre que c’est l’intention de M. le commandeur (3) et qu’il le faut (4), et par ainsi qu’il y pense et lui mande sa dernière résolution dans un mois, pource que, s’il ne le désire, il est résolu de suivre le statut de l’Ordre et de bailler la cure à un autre ; et s’il le désire, mondit sieur le commandeur désire le voir et lui faire entendre son intention sur quelque préparation qu’il désire qu’il fasse avant que de commencer le noviciat. Vous lui ferez entendre ceci doucement et prudemment, s’il vous plaît, et rapporterez à M. le commandeur son intention. Vous passerez aussi à Champagne (5), près de Houdan (6) s’il vous plaît, et vous informerez de quelques habitants comme ils se trouvent de l’ecclésiastique que M. le commandeur y a envoyé depuis peu, si ce n’est que vous ayez besoin
Lettre 317. — L. a. — Dossier de Turin, original
1). Une main étrangère a écrit près de l’adresse en carême 1638.
2). Samt-Victor-de-Buthon (Eure-et-Loir).
3). Le commandeur de Sillery.
4). Ces mots sont ajoutés en interligne.
5). Petite localité * d’Eure-et-Loir
6). Chef-lieu de canton en Seine-et-Oise.
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de prendre le coche à Dreux, auquel cas vous le prendrez. M. le commandeur saura cela d’ailleurs, et moi je salue M. le curé de Saint-Victor et M. Cuissot et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Monsieur Monsieur Bécu, prêtre de la Mission, à Saint-Victor.