Correspondance (page 14)
341. — A NOëL BRULART DE SILLERY
[Entre 1634 et 1640] (1)
Monsieur,
Je n’ai jamais connu une si aimable bonté que la vôtre ; et si j’avais autant de grâces que vous, je vous ferais un des plus beaux remerciements que vous ayez jamais reçus. Notre-Seigneur ne me donnant pas cette suf-
Lettre 340. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). La présence à Paris ou aux environs de Madame Pelletier et de sœur Turgis demande cette date approximative.
Lettre 341. — Vie de l’illustre serviteur de Dieu Noël Brulard de Sillery, p 126.
1). C’est entre ces deux dates que Noël Brulart de Sillery combla la congrégation de la Mission de ses bienfaits.
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fisance, je le prie qu’il soit lui-même ma capacité pour cela et qu’il fasse bien connaître à votre bon cœur l’estime que toute notre congrégation et moi en particulier faisons de vous, et l’invariable et très tendre affection qu’il a plu à la divine Majesté me donner pour votre digne personne. Je voudrais avoir des paroles répondant à la reconnaissance que j’ai de la charité et des biens que cette pauvre petite compagnie reçoit incessamment de votre libéralité. Je prie Notre-Seigneur qu’il en soit votre récompense et qu’il vous augmente la couronne qu’il vous a préparée au ciel, tandis que vous faites votre possible d’établir son empire dans les âmes sur la terre.
342. — A JEAN BéCU
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis plus consolé que je ne vous puis exprimer de la nouvelle que votre lettre, que je viens de recevoir, me vient d’apprendre, et en rends grâces à Dieu et au bon M. Pecoul. O mon Dieu, que d’obligations nous avons à ce grand serviteur de Dieu ! Je vous prie de le saluer très humblement de ma part et de l’assurer de ma reconnaissance.
Je pense qu’il ne faut point penser à prendre à partie M. le procureur du roi ; vous le rendriez doublement contraire et vous n’avez pas besoin de cela. Je ferai travailler dès demain à obtenir les lettres qu’il faut pour votre neveu. Il n’est pas besoin que vous demeuriez de delà, oui bien de charger quelque ami pour
Lettre 342. — L a. — Dossier de Turin, original.
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travailler à l’entérinement des lettres. C’est un affaire qui ira de longue, et je ne sais s’il est à propos de la poursuivre présentement à la chaude. Les affaires criminelles veulent être vieillies pour en mieux venir à bout. Apportez de deçà tous les mémoires que vous pourrez. Il sera bon que vous preniez le conseil d’un ou de deux fameux avocats d’Amiens pour voir comme vous devez procéder, et les assembler à cet effet. Et quand vous serez ici, nous ferons le même de deçà ; et apportez, s’il vous plaît, leur avis par écrit.
Très volontiers, nous enverrons ce que vous dites à la bonne nièce de M. votre bienfaiteur, lequel je salue, et suis à lui, à M. Leleu, comme à vous, Monsieur, très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce 29 août 1638.
Depuis la présente reçue, j’ai relu votre lettre et vu qu’il faut quelques pièces de delà pour obtenir les lettres royaux (1) Nous différerons à y travailler jusques à votre retour ; en effet, nous ne saurions à présent sur quoi les fonder.
Suscription : A Monsieur Monsieur Antoine, chapelain organiste [de] Notre-Dame, demeurant proche de Saint-Remy (2), pour faire tenir à Monsieur Bécu, prêtre de la Mission, à Amiens.
1). Cette forme plurielle s’employait autrefois au féminin comme au masculin.
2). église d’Amiens.
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29 août 1638.
Je loue Dieu, Monsieur, de la grâce qu’il vous a faite de vous surmonter de la sorte que vous avez fait touchant l’instance qu’on vous a faite d’aller au pays, et je le prie qu’il vous rende souverain et absolu sur vous-même, en sorte que vous n’ayez qu’un même vouloir et non-vouloir avec Dieu toujours et en toutes choses, ce qui est, certes, l’état parfait des personnes de notre vocation. Mais la consolation que mon âme a reçue de ce côté-là a été mêlée de la douleur de votre indisposition. Au nom de Notre-Seigneur, Monsieur, faites votre possible de recouvrer la santé et de la ménager pour en servir Dieu et les pauvres plus longtemps. Ce soin modéré n’empêche pas la générosité que nous devons avoir d’exposer nos vies dans les rencontres pour le salut de notre prochain. O Monsieur, que je demande instamment à Dieu qu’il nous anime tous de cette générosité !
344. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
Je tâcherai d’aller ou d’envoyer pour vos filles samedi à La Chapelle. Je n’ai plus ma petite fiévrotte, ce me semble, ou peu. Assurez-vous, Mademoiselle, que j’aurai plus de soin de ma santé, s’il se peut ajouter
Lettre 343. — Reg. 2, p. 33.
1). Le registre fait adresser la lettre " à M. N. à Richelieu". La mention Au même. M N. mise en tête des deux lettres qui font suite sur ce registre, l’une du 12 décembre 1638, l’autre du 25 mai 1642, nous permet de conclure que toutes trois étaient destinées à Bernard Codoing, car la troisième est, à n’en pas douter, pour lui
Lettre 344. — Manuscrit Saint-Paul, p. 50.
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quelque chose à celui que j’ai, pource que vous me le recommandez.
Je prie Notre-Seigneur qu’il bénisse votre voyage et votre personne et qu’il multiplie ses bénédictions à votre âme et à celle de Madame la présidente Goussault, avec laquelle je vous prie d’être bien gaie, dussiez-vous diminuer un peu de la petite sériosité que la nature vous a donnée et que la grâce adoucit, par la miséricorde de Dieu, en l’amour duquel je suis…
De Paris, ce 30 août 1638.
345 A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis en demeure vers vous ; l’embarras que j’ai eu depuis votre lettre en est cause. Je loue Dieu de la satisfaction que vous aurez retirée de Monsieur votre fils, et le prie qu’il lui fasse la grâce d’exécuter ses bonnes résolutions.
Quant au garçon, je n’ai rien à redire, si vous lui en avez parlé, sinon que je ne puis que je n’appréhende que, faisant plus que vous ne pouvez, la chose ait quelque suite ; néanmoins je vous prie de n’avoir aucun égard à ce que je vous en dis. J’ai été à Saint-Germain (2). Madame de Liancourt se
Lettre 345. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Saint Vincent annonçait à Lambert aux Couteaux, le 1er octobre 1638, le départ de Barbe et de Louise pour Richelieu. La lettre ci-dessus est antérieure. Comme elle est de l’époque des vendanges, il faut la placer en septembre.
2). Saint-Germain-en-Laye.
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porte mieux. Je lui dis l’offre que vous lui faisiez de l’aller servir ; à quoi elle me répartit : O mon Dieu, ce serait bien l’achever de peindre ! Elle me parla de vous à diverses fois et de la satisfaction qu’elle a de sa maîtresse des filles.
La Charité de Richelieu a bien besoin à présent de notre sœur Barbe à cause de la quantité de malades qu’il y a. Que vous en semble, Mademoiselle, si l’on envoyait assister ces bonnes gens en ce besoin ? Ce ne sont point maladies contagieuses. En ce cas-là, nous pourriez-vous point donner notre sœur Louise pour ici (3) ?
Madame de Chaumont estime qu’il est expédient que vous alliez à Saint-Germain pour voir la compagnie (4) en corps, et Madame Goussault avec vous. Il est vrai qu’on est maintenant en vendange. Il faudra voir dans quelque temps.
Je suis, en attendant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
346 — A MADAME GOUSSAULT
De Saint-Lazare. [Entre 1636 et 1639] (1)
Madame,
J’eusse été consolé de vous voir aujourd’hui, Madame, mais ce sera une autre fois. Mademoiselle Le Gras m’a
3). Pour la paroisse Saint-Laurent. Elle accompagna la Sœur Barbe à Richelieu
4). La confrérie de la Charité
Lettre * 346 — Pémartin, op. cit T.III, p.1, lettre 1007.
1). Dates de l’arrivée des Sœurs à la Chapelle et de la mort de Madame Goussault.
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parlé de la confesser demain au matin avec ses filles à La Chapelle et désirerait bien que vous lui puissiez prêter votre carrosse pour cela ; mais je ne sais pas comment vous le pourriez, ayant à présent tant d’affaires.
Je vous supplie, Madame, de lui mander qu’elle ne vienne pas, au cas que vous ayez à venir demain au matin céans. Ce que je voulais vous dire ne requiert pas que vous vous hâtiez de mon côté. Je vous souhaite cependant le bonjour et suis, en Notre-Seigneur…
347. — A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Si vous jugez qu’Henriette (2) sache faire l’école, à la bonne heure, essayez-en. L’essai aurait été mieux ailleurs ; toutefois faites comme Dieu vous inspirera. Je. ne pense pas que Perrette ait l’esprit propre pour cela.
Il sera voirement bon que vous assembliez les dames de la Charité (3) si M. le curé l’a agréable ; je dis celles du bourg. Madame de Chaumont sera contristée si Madame Goussault et vous ne la voyez (4). Priez-la qu’elle n’en parle point aux filles de la reine (5).
Lettre 347. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre trouve naturellement sa place entre les lettres 345 et 348.
2). Henriette Gesseaume.
3) La Charité de Saint-Germain-en-Laye.
4). La Charité de Saint-Germain-en-Laye, dont il est ici question, était composée de demoiselles ou dames d’honneur de la reine et de dames du bourg. Saint Vincent demande à Louise de Marillac d’assembler ces dernières seulement. Il l’engage toutefois à voir la présidente, Madame de Chaumont.
5). Les demoiselles d’honneur de la reine.
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Si votre santé vous permet d’être là sept ou huit jours, faites, et davantage, si besoin est. Donnez cependant charge à Madame Pelletier de la maison (6) et les ordres qu’elle doit observer. Madame Goussault s’en pourra revenir deux ou trois jours après et vous pourra aller quérir.
Je vous prie de dire à Madame Goussault qu’il sera bon qu’elle voie Madame Souscarrière (7) ou Madame Traversay pour faire savoir à l’Hôtel-Dieu la cessation de la collation (8) et que j’ai oublié de parler de la maison et qu’au premier jour je parlerai au R. P. Sirmond (9).
Or sus, je prie cependant Notre-Seigneur qu’il bénisse votre voyage et suis, en son amour, votre serviteur.
V.D.P.
Ce dimanche matin.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
6). La maison-mère.
7). Marie du Tremblay, veuve depuis 1627 de Maximilien Grangier, seigneur de Souscarrière, maître des requêtes, intendant de la justice à Lyon, puis conseiller d’état ordinaire. Sa fille Marguerite épousa Antoine Goussault, fils aîné de Madame Goussault. Madame de Souscarrière succéda à cette dernière en 1639 comme présidente des dames de la Charité. Elle mourut en 1670, dans le courant de Septembre.
8). "Après le dîner, sur les trois heures, écrit Abelly, parlant des dames de la Charité (op. cit, t. I, chap. XXIX, 1er éd., p. 136), elles portaient la collation pour tous ; c’est à savoir du pain blanc, du biscuit, des confitures et de la gelée, des raisins et des cerises en la saison, et durant l’hiver des citrons, des poires cuites et des rôtis au sucre… Elles allaient quatre ou cinq ensemble chaque jour à leur tour distribuer cette collation, ceintes de tabliers ; et se séparant par les salles, elles passaient d’un lit à un autre pour présenter ces petites douceurs." La dépense augmentant avec le nombre des malades, les dames durent bientôt supprimer le pain, les biscuits et les citrons. Plusieurs fois, particulièrement en 1638 et 1649, elles cessèrent la collation, soit à cause des maladies contagieuses, soit pour raison d’économie. L’interruption de 1638 dura vingt jours ; elle fut provoquée par la contagion, qui chassa de leur demeure les Filles de la Charité employées à l’Hôtel-Dieu. (P. Coste, op. cit., p. 11.)
9). Célèbre jésuite, né à Riom en 1559. Il enseigna d’abord à Paris,
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348. — A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1638] (1)
Mademoiselle,
Il faudra donc envoyer quelqu’un quérir dès demain notre sœur Barbe et envoyer dès aujourd’hui Henriette et mettre Nicole à sa place. Mais il sera bon que vous tiriez parole d’aller et de revenir toutes fois et quantes l’on la rappellera. Le voyage de Notre-Dame-des-Vertus (2) lui pourra faire obtenir quelque grâce de Dieu.
Je suis, en son amour, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
* Voir au second supplément, t.VIII, le vrai texte de la lettre 348, dont l’original a été retrouvé récemment.
349. — A LOUISE DE MARILLAC
[1638] (1)
Mademoiselle,
Cette bonne demoiselle me fait compassion comme à vous ; mais quel remède ? Nulle religion (2) s’en chargera avec cette incommodité. Vaudrait-il pas mieux la renvoyer en son pays ? Si vous trouvez bon d’en conférer
puis fut appelé à Rome pour servir de secrétaire au supérieur général. Il devint confesseur de Louis XIII en 1637 et mourut en 1651. On lui doit un recueil des anciens conciles de France. Il a également édité quelques œuvres de Pères et d’auteurs ecclésiastiques.
Lettre 348. — Lettres de saint Vincent à Louise de Marillac, éd. aut., lettre 175. Le texte a été pris directement sur l’autographe
1). Cette lettre semble à sa place près de la lettre 347.
2) A Aubervillers
Lettre 349. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre date certainement des débuts de l’œuvre des Enfants trouvés, c’est-à-dire de 1638. La présence de Barbe à Paris nous montre qu’elle a été écrite au plus tard dans les premiers jours d’octobre.
2). Nulle religion, nulle communauté religieuse.
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sérieusement avec Mademoiselle Musnier et la garder cependant quinze jours, à la bonne heure.
J’ai écrit, ce matin, à Madame Traversay qu’elle remplisse les places vides des petits enfants jusques à sept, partie de ceux de l’Hôtel-Dieu et partie de la Couche, jusques à ce que vous ayez une autre nourrice, une chèvre et une vache.
Barbe (3) ne saurait venir si matin que je ne lui puisse parler.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis votre serviteur.
V, D.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
350. — A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis bien aise du retour de M. votre fils et qu’il soit au collège (2). Il y est mieux que céans (3) pource que la plupart sont en retraite, et le reste ou malade ou au séminaire. Je serai bien aise pourtant qu’il y vienne passer deux jours, après qu’on sera sorti de la retraite, vers mercredi de la semaine prochaine.
Je vous écris en hâte. Vous me consolerez de me mander l’état de votre santé, de vos filles et de l’Hôtel-Dieu. Vous avez su que M. Lavocat (4) n’a pas été d’avis qu’on
3). Barbe Angiboust.
Lettre 350. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cf. note 5.
2). Au collège des Bons-Enfants.
3). A Saint-Lazare.
4). En tête des constitutions des religieuses augustines nous lisons
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recommence qu’après la saint Denis (5) et vous saurez un jour que je suis plus que je ne vous dis, en son amour, v. s.
351. — A LOUISE DE MARILLAC
[1er octobre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous avais dit que je vous irais voir aujourd’hui, et je m’y attendais ; mais une petite indisposition qui m’est survenue, m’en ôte le moyen. Je vous supplie, Mademoiselle, de m’excuser et d’envoyer donner ordre aux filles qu’elles ne viennent point chez vous pour aujourd’hui à cause de cela.
Je vous envoie cinquante livres, lesquelles je vous prie de donner à Barbe et à Louise pour leur voyage. Il sera bon qu’elles se mettent dans le coche de Tours et
ces mots, qui le feront connaître : "Ces présentes constitutions ont été composées par Messire François Lavocat, prêtre, conseiller, aumônier du roi, abbé de Notre-Dame d’Humblières et chanoine de l’église de Paris, commis par Messieurs de ladite église à la charge de visiteur de cet hôpital (Hôtel-Dieu), laquelle il a exercée pendant douze ans avec une charité et une assiduité incroyables, y ayant fait refleurir le zèle et la piété pour les services des malades ; et continuant dans ces saints exercices, il fut attaqué d’une fièvre continue, dont il décéda le 1er janvier 1646, âgé de quarante-huit ans. Son corps repose à Notre-Dame, devant l’autel de la Vierge, et son cœur proche le maître-autel de l’Hôtel-Dieu. :" Ajoutons qu’il fut chambrier du chapitre, et, à ce titre, chargé de l’administration des finances capitulaires.
5). 9 octobre. Il s’agit peut-être de la collation (le l’Hôtel-Dieu, dont il a été parlé plus haut, lettre 347, note 8.
Lettre 351. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Voir note 2.
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que là elles s’informent d’un homme qui conduit pour l’ordinaire à Richelieu ceux qui y veulent aller, et qu’elles le prennent et louent un âne ou une petite charrette pour se rendre à Richelieu, qui en est distant de dix lieues ; et là elles feront ce qu’elles pourront pour les pauvres malades, selon l’ordre de M. Lambert ou de celui qui le représentera. Voici un mot de lettre que je lui écris (2).
Bon jour, Mademoiselle. Je suis votre serviteur très humble.
VINCENT DEPAUL.
L’on paye 12 livres pour chaque personne par le coche jusques à Tours. Je dirai à quelqu’un de nos gens qu’il leur retienne place pour le premier qui partira.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
352. — A LAMBERT AUX COUTEAUX
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici deux Filles de la Charité (1) qui s’en vont vous trouver pour soulager les dames de la Charité et assister les pauvres malades ; elles savent faire les écoles des petites filles toutes deux ; l’on vous en pourra laisser l’une pour cela, quand les malades seront diminués, et l’autre s’en reviendra. Madame la duchesse d’Aiguillon m’a mandé qu’elle écrirait à M. de Grandpré (2) pour
2). La lettre 352.
Lettre 352. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Sœur Barbe Angiboust et sœur Louise.
2). Antoine-François de Joyeuse, comte de Grandpré.
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les faire loger. J’espère qu’elle donnera ordre aussi pour leur entretien, ou bien Son éminence. Je vous supplie cependant de leur fournir ce qu’il leur faudra pour leur nourriture.
Je suis en peine de votre indisposition et de celle de Messieurs Codoing, Durot et Buissot ; et, au cas que M. Codoing ait la fièvre quarte, comme il m’a mandé qu’il s’en doutait, il faudra aviser au moyen de le faire venir ici par charrette jusques à Tours et de là par le coche, si ses accès ne sont pas si forts.
Au nom de Dieu, Monsieur, faites votre possible et n’épargnez rien pour votre santé. Je prie Dieu et le fais prier qu’il la vous rende parfaite.
Je vous enverrai dans dix ou quinze jours deux ou trois de la compagnie, et peut-être que M. Boudet se rendra de Bordeaux à Richelieu. Il est un peu indisposé à Bordeaux, où M. de Sergis l’a laissé pour le faire traiter, étant pressé de partir pour Toulouse. S’il va à Richelieu, je vous le recommande. Si M. l’abbé Olier dit vrai, c’est un saint que le bon M. Boudet. Il a été en Bretagne avec lui, où il a reconnu sa vertu, et m’en écrit en des termes bien exprimant l’opinion qu’il en a. Il n’y a que moi qui suis un misérable pécheur, qui ne fais que du mal sur la terre et qui dois souhaiter qu’il plaise à Dieu de m’en retirer bientôt, comme je l’espère de sa bonté, et qu’il me fera miséricorde.
Je minutais mon voyage pour vous aller voir quand Monseigneur l’archevêque m’a donné un mandement de visiter une maison religieuse de cette ville, qui m’occupera assez longtemps (1). Je l’avais fait prier de m’en dispenser, et il l’avait fait en effet ; mais, en partant pour Anjou, il m’a mandé qu’il était contraint de se rétracter
3). Le voyage fut remis. Saint Vincent était de retour de Richelieu avant la mi-décembre.
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de la dispense qu’il lui avait plu me donner, pour des raisons particulières et d’importance qu’il me dirait au retour. Or bien, je suis enfant d’obéissance. Il me semble que, s’il me recommandait de m’en aller aux extrémités de son diocèse et d’y demeurer toute ma vie, que je le ferais comme si Notre-Seigneur me le commandait et que cette solitude ou l’emploi qu’il m’y donnerait serait un paradis anticipé, puisque je serais dans l’accomplissement du bon plaisir de Dieu.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Saint Lazare, ce 1er octobre 1638.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lambert, supérieur des prêtres de la Mission, à Richelieu.
2 octobre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je ne vous écris point de ma main, parce que j’ai été saigné ce matin pour une petite incommodité, qui m’empêche d’aller voir ma bonne Madame de Liancourt, et pense que vous n’êtes pas en l’état de porter la fatigue que vous auriez à l’entour d’elle, et qu’elle en aurait de la peine.
Il n’y a point de danger de permettre à notre sœur Louise d’aller voir le bon Monsieur de Bezay (2), ni que
Lettre 353. — Dossier de la Mission, original ou copie du XVIIe siècle
1. Voir note * 7
2). Peut-être Antoine du Deffand, chevalier, seigneur du Tremblay, Fontenay, Sementron, Bezée et autres lieux.
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vous lui disiez qu’elle suspende la disposition de ses affaires. J’ai donné charge aujourd’hui qu’on retienne deux [places] et qu’on en donne des arrhes 3 au coche de Tours. Je saurai à ce soir le jour, l’heure, le lieu d’où il part. Je pense qu’il sera à propos de donner la supériorité à notre sœur Barbe (4), jusques à ce qu’on en dispose autrement. Il me semble qu’il sera bon voirement de profiter de leur petit travail lorsqu’il n’y aura plus tant de malades.
Je loue Dieu de la satisfaction que vous avez plus amplement de Monsieur votre fils.
J’ai oublié d’écrire à Monsieur Dehorgny (6) touchant le petit garçon. Vous n’aurez qu’à lui en mander un mot par lui-même, au cas que j’oublie.
Notre sœur Elisabeth (6) pourra faire sa confession à tel autre que vous jugerez à propos. Et pour Jacqueline, il n’y a qu’à la renvoyer.
Je suis bien aise que vous ayez retenu sœur Marguerite et de ce que vous lui faites faire une retraite.
Pensez-vous bien, Mademoiselle, que les deux filles de cette paroisse puissent assister les malades en faisant les écoles ? Si cela est, dont je doute, il serait bon d’envoyer sœur Jacqueline à la place de sœur Marguerite en la paroisse de Saint-Jacques. Mais, si cela est, il en faudra dire un mot auparavant à Monsieur le curé et aux officières de la Charité de cette paroisse. Je vous écrivis hier celle qui accompagne la présente, que je ne vous pus envoyer.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis votre serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Ce samedi 7, à onze heures.
3). Argent donné d’avance pour assurer l’exécution d’un marché.
4). Barbe Angiboust.
5). Alors directeur du collège des Bons-Enfants.
6). Elisabeth Martin.
7). "Vraisemblablement le samedi qui suivit le 1er octobre 1638, date de la lettre 352, c’est-à-dire le 2."
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354. — A LOUISE DE MARILLAC
[Octobre 1638] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Très volontiers je prie Notre-Seigneur qu’il donne sa sainte bénédiction à nos chères sœurs et qu’il leur fasse part de l’esprit qu’il a donné aux saintes dames qui l’accompagnaient et coopéraient avec lui à l’assistance des pauvres malades et à l’instruction des enfants. Bon Dieu, Mademoiselle, quel bonheur à ces bonnes filles de s’en aller continuer la charité que Notre-Seigneur exerçait sur la terre, au lieu où elles vont ! Et qui le dirait, les voyant ensemble, ces deux couvre-chefs (2), dans ce coche, qu’elles s’en allassent pour un œuvre si admirable aux yeux de Dieu et des anges que l’Homme-Dieu l’a trouvé digne de lui et de sa sainte Mère ? Oh ! que le ciel se réjouira de voir cela et que les louanges qu’elles en auront en l’autre monde seront admirables ! Qu’elles iront la tête levée au jour du jugement ! Certes, il me semble que les couronnes et les empires sont de la boue en comparaison de celles dont elles seront couronnées. Il ne reste qu’à aviser qu’elles se comportent dans l’esprit de
Lettre 354. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Mois et année du départ des sœurs Barbe et Louise pour Richelieu.
2). Allusion à la coiffure des Filles de la Charité. "Les premières Filles de la Charité, presque toutes originaires des environs de Paris avaient conservé les vêtements en usage chez elles parmi les femmes du peuple, c’est-à-dire habituellement la robe de serge grise et une petite coiffe ou serre-tête de toile blanche, appelée toquois, qui cachait les cheveux." (Baunard, Op. cit., p. 297.)
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la sainte Vierge en leur voyage et en leur action ; qu’elles la voient souvent comme devant leurs yeux, devant ou à côté d’elles ; qu’elles fassent comme elles s’imagineront que pourrait faire la sainte Vierge ; qu’elles considèrent sa charité et son humilité, et qu’elles soient bien humbles à l’égard de Dieu et cordiales entre elles-mêmes, bienfaisantes à tout le monde et à mésédification à nul ; qu’elles fassent leurs petits exercices tous les matins, ou avant que le coche parte, ou par les chemins ; qu’elles apportent quelque petit livre pour lire parfois, et que d’autres (3) elles disent le chapelet ; qu’elles contribuent aux entretiens qui se feront de Dieu et nullement à ceux du monde, moins encore aux gaillards (4) et qu’elles soient des rochers contre les familiarités que des hommes voudraient prendre avec elles. Elles coucheront à part dans une chambre, qu’elles demanderont d’abord aux hôtelleries, ou dans celle de quelques honnêtes femmes, s’il y en a dans le coche ; que s’il n’y en a aux hôtelleries des coches, qu’elles se logent auprès, si elles y trouvent cette commodité.
étant arrivées à Richelieu, elles iront saluer le Saint-Sacrement d’abord, verront M. Lambert, recevront ses ordres et tâcheront de les accomplir à l’égard des malades et des enfants qui iront à l’école, observant les petits exercices journaliers qu’elles pratiquent à présent ; se confesseront tous les huit jours seulement, s’il n’arrive quelque fête principale le long de la semaine ; tâcheront de profiter aux âmes tandis qu’elles traiteront les corps des pauvres ; honoreront et obéiront aux officières de la Charité et respecteront beaucoup les autres et les animeront à s’affectionner à leur saint exercice ; et continuant de la sorte, il se trouvera devant Dieu
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qu’elles auront mené une fort sainte vie et que de pauvres filles elles deviendront de grandes reines au ciel ; et c’est ce que je demande à Dieu, en l’amour duquel je suis, à elles et à leur chère supérieure, très humble serviteur.
V. D.
Je vous prie me mander si le petit garçon vous a baillé les 50 livres que je vous ai envoyées par lui et de prier Dieu pour la bonne Madame de Liancourt, qui a fort empiré. (1)
355. — A LOUISE DE MARILLAC
[1638, vers octobre] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Quand j’aurai le bien de vous voir, je vous dirai l’état de l’esprit de M. votre fils à l’égard des ordres. Je ne sais pas si j’irai tantôt à La Chapelle. Si je n’y vas, vous ferez charité à Madame de Marillac (2) et à M. son fils (3). Mandez donc le carrosse quand il vous plaira. Il vaudra mieux que ce soit pour demain dimanche, puisqu’il faut que vous y couchiez, à cause de ce jour de jeûne. Mais qu’est-ce que du mal de ce bon
2). Mots raturés : Elle m’a mandé que je l’allasse trouver et M. Martinot…. je l’ai priée de m’excuser… à cause…
Lettre 355. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Voir note 5.
2). Marie de Creil, veuve de René de Marillac.
3). Michel de Marillac, conseiller au parlement de Paris, petit-fils du Garde des sceaux de même nom.
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seigneur (4) et de la grossesse de Madame sa femme (5) ? Je ne sais qui m’en donne la curiosité ; mais il me semble que cette famille me touche le cœur avec tendresse.
J’attends la sauvegarde que M. le chancelier (6) nous fait espérer, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Ce samedi matin.
J’ai reçu, ce matin, la vôtre, depuis la présente écrite, pour réponse à laquelle je vous dirai que M. votre fils a dit à Monsieur de la Salle qu’il n’entrait en cette condition que pource que vous le vouliez, qu’il s’est désiré la mort (7) à cause de cela et que pour vous complaire il prendrait les moindres ordres. Or, cela, est-ce une vocation ? Je crois qu’il aimerait mieux mourir qu’il ne souhaite votre mort. Quoi que ce soit, ou que cela vienne de la nature ou du diable, sa volonté n’est pas libre pour se déterminer en chose de telle importance, et vous ne le devez pas désirer. Il y a quelque temps qu’un bon enfant de cette ville prit le [sous-diaconat] (8) en cet esprit-là et n’a pu passer aux autres ordres ; voulez-vous exposer M. votre fils au même danger ? Laissez-le conduire à Dieu ; il est plus son père que vous n’êtes sa mère, et l’aime plus que vous. Laissez-lui en avoir la conduite. Il saura bien l’appeler en un autre temps, s’il le désire, ou lui donner l’emploi convenable à son salut. Je me ressouviens d’un prêtre, qui a été céans, qui a pris
4). Michel de Marillac.
5). Jeanne Potier, nièce de l’évêque de Beauvais Son premier-né René fut baptisé le 18 février 1639.
6) Pierre Séguier.
7). Première rédaction : qu’il vous a désiré la mort et a lui aussi.
8). Saint Vincent a écrit sous-diacre ; il est évident qu’il faut sous-diaconat.
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l’ordre de prêtrise en ce trouble d’esprit. Dieu sait où il en est maintenant ! Bon jour, Mademoiselle. Soyez toute à Notre-Seigneur et conforme à son bon plaisir. Je suis, en son amour, v. s.
V. D.
Je vous prie de faire votre oraison sur Zébédée et ses enfants, auxquels Notre-Seigneur dit, comme elle s’empressait pour l’établissement de ses enfants : "Vous ne savez ce que vous demandez."
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
357. — A LOUISE DE MARILLAC
[Avant 1640] (1)
Je vous supplie très humblement, Mademoiselle, de me mander si vous êtes d’avis que j’aille, cette après-dînée, vous voir pour vos filles, ou que j’attende à demain au matin, et s’il y en aura d’autres que les vôtres.
Je vous souhaite cependant le bon jour et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre serviteur très humble.
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je rends mille actions de grâces à Dieu de votre bon
Lettre 356. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Après 1639, les mots "Ce dimanche matin o auraient été écrits au début de la lettre.
Lettre 357. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
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portement et le prie qu’il vous conserve en parfaite santé. Je suis de l’avis du bon M. votre curé, que vous communiiez chez vous ; et n’importe que vous n’en sentez pas tant de désir ; Notre-Seigneur le fait exprès, comme j’espère, afin que vous ayez le mérite de l’obéissance, joint à celui de l’amour pour lequel vous le ferez et que j’espère que sa bonté vous donnera.
Je vis hier voirement Monsieur votre fils et l’aime plus chèrement que je ne vous puis dire ; mais je n’aime pas que vous donniez lieu aux pensées trop tendres que vous avez pour lui, pource qu’elles sont contre la raison et par conséquent contre Dieu, qui veut que les mères fassent part de leur bien à leurs enfants, mais non pas qu’elles se privent de tout. Or sus, nous en parlerons le plus tôt que je vous pourrai aller voir, qui sera après la fête.
Oh ! que je voudrais vous pouvoir dire tout ce qui se dit hier céans à la conférence des raisons que nous avons de dignement célébrer cette sainte fête et des moyens pour cela ! Certes, j’en suis tout consolé et prie Notre-Seigneur qu’il le vous inspire lui-même.
Je vous envoie le livre, à la charge que vous n’en lirez ou ferez lire que deux ou trois sonnets en un jour, à heures différentes et distantes ; cela vous occuperait trop.
Je suis fâché contre M. Dehorgny de ce qu’il s’en est allé aux champs sans vous envoyer de l’argent. Mandez-moi si vous en avez besoin. J’ai la clef du coffre, mais non pas le loisir de l’aller prendre.
Je ne fus jamais plus embarrassé, ni plus, en l’amour de Notre-Seigneur, v.s.
V. D.
Prenez cette fille de Lorraine, s’il vous plaît, pour en essayer en attendant.
Souscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
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358. — A LAMBERT AUX COUTEAUX, SUPéRIEUR, A RICHELIEU.
Ce 1er novembre 1638.
…M. le président Fouquet (1) a été guéri d’un hydropisie par l’usage d’un demi-verre de jus de cerfeuil, avec autant de vin blanc, bien versés l’un dans l’autre et coulés par un linge, pris à jeun, sans manger que deux heures après et boire qu’un demi-setier de boisson par repas. Un de nos frères du séminaire a été guéri de même maladie par le même moyen. Faites-en user, s’il vous plaît, à N. et continuer quelque temps. C’est un remède souverain et facile.
359. — A LOUISE DE MARILLAC
[Entre 1636 et 1639] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu deux de vos lettres ou, pour mieux dire, une en deux et ai vu et parlé ensuite à Monsieur votre fils, sans lui donner à connaître que je susse rien de ce qui se passa hier ; or, il me dit d’un esprit fort rassis et tranquille qu’il vous avait vue, que vous vous étiez un peu trouvée mal. Après cela, je lui parlai de sa vocation et s’il y persévérait. Or, il me dit de fort bonne façon que
Lettre 358 — Reg. 2, p. 264
1). François Fouquet Saint Vincent écrivait le 2 juin qu’il était en danger.
Lettre 359. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Avant 1636, Louise de Marillac n’était pas a La Chapelle après 1639, le saint aurait commencé sa lettre par les mots qui la terminent : "Du collège des…"
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oui et qu'il allait en Sorbonne (2) à cet effet et qu'il était résolu de bien faire; c'est ce qui a fait que j'ai pensé qu'il n'était pas besoin de lui parler, non pas même de se défier de ce que vous appréhendez. Soyez-en donc en repos, s’il vous plaît ; et qui plus est, quand les choses que vous craignez arriveraient, encore faudrait-il adorer la providence de Dieu sur lui et croire que le voyage ou le changement de condition contribuerait à son salut et peut-être à une plus grande perfection. Hélas ! Mademoiselle, si tous ceux qui se sont éloignés de leurs parents étaient en danger de se perdre, où en serais-je ? Oh bien ! ressouvenez-vous que tout sert aux prédestinés pour parvenir à leur fin, et que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Du collège des Bons-Enfants, à onze heures.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à La Chapelle.
360. — A LOUISE DE MARILLAC
[Entre 1633 (1) et 1639] (2)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous remercie du soin que vous avez de moi et vous prie d’en avoir de votre santé et de n’en pas tant faire.
Quant à l’affaire dont vous parlez, assurez ces bonnes
2). Probablement pour y étudier la théologie.
Lettre 360. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Date de la fondation de l’Institut des Filles de la Charité.
2). Après 1639, saint Vincent aurait écrit : "Ce samedi matin", en tête de la lettre.
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filles que je parlerai à M. le doyen pour la conservation de leur communauté, mais je ne pense pas que vous deviez parler aux dames pour la conservation de la personne. Cela serait inutile et nuisible, comme aussi le recours à Monsieur le cardinal (3) ; mais pour celui-là, c’est à elles à y aviser ; elles ne vous en croiront pas aussi bien.
Quant à vos filles, après ceci nous serons à vous et à elles, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, v. s.
Ce samedi matin
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
361. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous, soyez la très bien venue et Notre-Seigneur loué de la santé qu’il vous a donnée. Au nom de Dieu, Mademoiselle, ménagez-la. Si je le puis, demain je vous irai voir, ou pour le moins après-demain. Voici la réponse à Madame de Liancourt. Je vous prie de lui envoyer. M. votre fils vient de sortir de céans. Il me paraît d’un autre esprit, ou en disposition d’y entrer, quoique je ne lui aie dit que deux paroles. Bon jour, Mademoiselle. Je suis v.s.
V. D.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
3). Le cardinal de Richelieu.
Lettre 331. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
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362. — A MADAME GOUSSAULT
[Novembre 1638] (1)
Madame,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Je vous remercie du soin que vous prenez de moi et de mon voyage et des prières que votre charité fera pour cela, et vous supplie m’excuser, si je ne vous attends. J’ai promis de partir ce matin.
Il faut recommander ces nouvelles propositions à Dieu dans la reconnaissance et civilité ordinaire à l’égard de ces personnes en cas pareil. N’est-il pas à propos que vous sachiez déterminément l’intention de Mademoiselle votre fille (2) ? Le dernier dont l’on vous a parlé est homme de bien et d’un excellent esprit et d’égal jugement pour son âge. Mais, pesé ce que vous savez, Lotin 3 semble préférable, si me semble, quoique moins accommodé. Mais il faudra une merveilleuse civilité pour en user de la sorte vers le dernier proposé. Vous pourrez, en ce cas, alléguer le désir de la parenté et le long pourparler. Je recommanderai cet affaire, votre santé et toute votre famille à Notre-Dame des Ardil-
Lettre 362. — L. a. — Original chez les prêtres de la Mission de Naples, via San-Nicola-da-Tolentino.
1). Voir note 2. Saint Vincent écrivait cette lettre la veille de son départ pour Richelieu.
2). Marie-Marthe Goussault. Madame Goussault eut * cinq enfants : Antoine, sieur de Roquemone, maître des comptes ; Guillaume, reçu conseiller au parlement le 27 mai 1653 ; Jacques, prêtre, docteur en Sorbonne ; Marie-Marthe, mariée à Nicolas Lotin le 10 janvier 1639 ; Michel, époux d’Elisabeth Compaing.
3). Nicolas Lotin, seigneur de Martilly, était fils de Guillaume, vicomte-de Vaux. Il fut nommé conseiller au grand conseil le 17 décembre 1631, maître des requêtes le 7 juillet 1642 et président au grand conseil le 11 avril 1644. Il mourut le 25 décembre 1650, laissant un enfant, qui ne tarda pas à le suivre au tombeau.
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liers (4) avec une affection toute particulière et une pareille tendresse, car Dieu sait combien il en a rempli mon cœur et combien je la sens maintenant que je vous parle, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Madame, votre très humble serviteur.
Ce lundi matin.
VINCENT DEPAUL.
Je m’en vas dire adieu à Mademoiselle Le Gras et lui dirai un mot de ceci.
Suscription : A Madame Madame la présidente Goussault.
363 — A BERNARD CODOING, PRêTRE DE LA MISSION A RICHELIEU
Du 12 décembre 1638.
Je suis tout à fait consolé de voir la bonté de votre cœur à agréer la proposition de Luc, on contre sa propre affection (1). O Monsieur, que c’est être bon chrétien et
4). Lieu de pèlerinage situé sur un coteau de la ville de Saumur. Notre-Dame-des-Ardilliers compte parmi ses pèlerins les plus connus saint Vincent de Paul, Louise de Marillac, Jean-Jacques Olier, Louis XIII, Richelieu, Madame de Montespan, le Père Grignon de Montfort. Henriette d’Angleterre y fit sa première communion.
Lettre 363. — Reg. 2, p. 33.
1). Une des clauses du contrat passé le 4 janvier 1638 au sujet de l’établissement de Richelieu entre saint Vincent et le cardinal-ministre, ancien évêque de Luçon, portait que trois des prêtres en résidence dans cette maison devaient donner des missions dans le diocèse de Luçon "quatre fois l’année, aux saisons les plus convenables, et s’y employer six semaines à chaque fois". (Cf. lettre 287, note 4.) Réflexion faite, il fut jugé convenable d’établir à Luçon une maison distincte. Bernard Codoing, pressenti pour la supériorité, accepta. Mais peut-être, pour raison de santé, ne prit-il pas possession de son poste. Nulle part ailleurs, en effet, son nom n’est prononcé à propos de Luçon. S’il y alla, il y resta fort peu de temps, puisque, le 6 octobre 1640, quand Jacques Chiroye fut envoyé dans cette ville, pour diriger l’établissement confié à la congrégation de la Mission, ce fut en remplacement de Gilbert Cuissot.
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bon missionnaire que cela, que de passer ainsi sur le ventre de ses inclinations ! Dieu m’a donné aujourd’hui une tendresse toute particulière pour lui demander cette même vertu de choisir toujours le pire et ce qui est contraire à mon affection. Mais, hélas ! Monsieur, que je suis infidèle à cette pratique ! Je vous supplie de prier Dieu qu’il m’y rende plus fidèle à l’avenir.
364. — A ANTOINE LUCAS
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Me voici de retour de Richelieu. J’ai reçu une de vos lettres en ces quartiers-là et une autre ici. L’une et l’autre me font voir la bénédiction de Dieu sur vos travaux, et la dernière l’indisposition de Messieurs Renar et Mouton et comme vous vous en alliez à Joigny. Je rends grâces à Dieu de tout cela et le prie qu’il redonne une parfaite santé à ces Messieurs.
Nous avons besoin ici de Monsieur Mouton. Si sa santé lui permet, après la fête, je vous supplie de le nous renvoyer.
J’ai vu celle que vous écrivez à Monsieur le commandeur (1), qui m’a été aussi à grande consolation ; mais je suis en doute si vous avez achevé la mission de Cerisé (2). Monsieur le commandeur se plaint que non. Je vous prie me mander ce qui en est. Celle que vous écrivez à Monsieur de la Salle m’a aussi fort consolé, notamment ce que vous lui dites, que vous continuerez l’ordre
Lettre 364. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1). Le commandeur de Sillery.
2). Près d’Alençon, dans l’Orne.
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qu’il a tenu avec le séminaire en la mission qu’ils ont faite depuis peu ; c’est là le nerf de la mission. Je prie Dieu, Monsieur, qu’il vous fasse la grâce d’en user de même.
Mais, mon Dieu ! Monsieur, comment se portent Messieurs Pavillon, Renar et Perrochel ? Je vous supplie d’avoir bien soin d’eux et de la santé de toute la compagnie. Il ne faut pas manquer, le jeudi, de leur donner du repos et quelque divertissement agréable, autant que faire se pourra inter privatos parietes. Je salue très humblement ces Messieurs et toute la compagnie et envoie à M. Perrochel un paquet qu’on a envoyé céans pour lui. Je vous supplie de lui dire que nous conférerons, à son retour, de ce que la religieuse qui lui écrit, lui mande.
Le R. P. de Gondy m’a dit que la Charité n’est pas en bon ordre à Joigny. Je vous supplie, Monsieur, de prier Monsieur Pavillon de travailler à la rétablir au meilleur état qui se pourra. Il a expérience de la façon qu’il s’y faut prendre pour bien faire réussir cela, et grâce de Dieu.
Nous avons environ 70 exercitants, dont il y en a cinq ou six qui sont bacheliers et des plus savants, quoiqu’en Sorbonne l’on ait fait rumeur contre l’ordre établi et l’obligation aux personnes de cette condition d’assister aux exercices (3). M. Hopille (4) fait le pontifical, et M. Hobier (5) l’entretien du matin. Messieurs de la Salle, Dehorgny, Soufliers, Cuissot et quelques-uns de nos
3). L’ordonnance de l’archevêque de Paris datait de 1631 et avait été appliquée pour la première fois au carême de cette même année. Elle prescrivait à quiconque voulait recevoir les ordres dans le diocèse, de faire une retraite chez les prêtres de la Mission les dix jours qui précèdent l’ordination. (Cf. Abelly, op. cit., t. I, chap. xxv, p. 119.)
4. Grand vicaire d’Agen.
5). Il a traduit la vie d’Agricola par Tacite (1639), le traité de la patience de Tertullien et celui de l’oraison (1640). Balzac écrivait à Chapelain le 30 août 1639, après avoir lu le premier de ces ou-
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jeunes théologiens servent à cela. C’est aux Bons-Enfants, où les choses s’accommodent mieux que nous n’eussions osé espérer.
Le reste de la maison se porte bien, à M. Portail et M. de Rien près, qui commencent néanmoins à se mieux porter.
L’on fait de même à Richelieu, où j’ai été fort consolé, voyant le bien qui s’est fait dans la ville. Je n’ai jamais vu peuple plus assidu ni dévot à la sainte messe. L’on y fréquente souvent les saints sacrements. Il n’y a personne qui y mène vie scandaleuse. Il y paraît grande paix entre les habitants et point de division comme auparavant. Les tavernes y sont moins fréquentées et quasi point pour tout, notamment pendant les offices, les dimanches et fêtes. La Charité y va fort bien. Elle a traité soixante malades depuis Pâques, sans qu’il en [soit] mort qu’une seule fille ; et auparavant il n’en échappait point. Les deux sœurs servantes des pauvres que nous y avons envoyées d’ici y font des merveilles, l’une à l’égard des malades et l’autre à l’égard de l’instruction des filles.
Je ne sais si l’on pourrait en établir deux à Joigny. Marie des pauvres, qui servait les pauvres de la Charité, vit-elle encore ? Toutes les petites filles de la ville vont-elles à l’école aux filles de Notre-Dame ? Ce qui rend la chose plus notable à Richelieu, c’est que c’est un peuple ramassé et la plupart éloignés de leur pays pour leurs déportements (6).
Voilà, Monsieur, tout ce que je vous puis dire pour le
vrages : "Qu’il y a de sagesse et de bon sens en M. Hobier ! Que sa diction est chaste et réglée ! Il me semble que la définition de Vir bonus dicendi peritus est faite pour lui.) (Lettres familières de Monsieur de Balzac à Monsieur Chapelain, Paris, 1856, in-8,
6). Mots raturés : M. Lambert me disait qu’il y en a quantité.
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présent, sinon que je vous prie de m’écrire, toutes les semaines, l’état de la compagnie et de ses travaux. Je salue très humblement Messieurs les curés et tous ceux qui m’honorent de leur ressouvenance et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce jour sainte Luce (7) 1638.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lucas, prêtre de la Mission, à Joigny.