Correspondance (page 16)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

391. — A LOUISE DE MARILLAC

[Août ou septembre 1639] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je viens de voir Madame Goussault, qui n’est pas grièvement, mais dangereusement malade ; et elle le recon-

5). Bernard Codoing et Pierre Escart.

Lettre 391. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Voir note 2.

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naît et me l’a dit (2). Il faut prier Dieu pour elle. Son cœur est toujours dans son carré de la volonté de Dieu. J’y ai laissé Madame la chancelière (3.) Elle m’a dit qu’elle vous enverra demain son carrosse. Je vous baillerai un papier avant que vous partiez.

S’il y avait du logement assez, il faudrait entendre cet affaire-là ; mais n’y en ayant point, cela est considérable ; nous en parlerons. Je vous souhaite cependant le bonsoir et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, en sa maison.

392. — A LA MèRE DE LA TRINITé

De Saint-Lazare-lez-Paris, ce 28 août 1639.

Ma très chère Mère,

L’esprit d’union par lequel le Fils de Dieu a uni les hommes à son Père soit toujours avec vous pour jamais !

Je vous rends un million d’actions de grâces, ma chère Mère, de l’ardente charité avec laquelle vous me faites celle de m’écrire ; et, pource que c’est Dieu qui a mû votre cher cœur à cela, et qu’il vous a inspiré tout ce que vous me dites, je l’embrasse avec toute l’affection et la révérence qui m’est possible et vous promets, ma très unique Mère, d’accomplir exactement tout ce qu’il vous

2). Madame Goussault mourut le 20 septembre 1639, assistée par saint Vincent.

3). Madame Séguier.

Lettre 392. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de Nancy, rue de la Charité, 18.

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plaît me prescrire. Il est vrai, ma chère Mère, que crains bien que ma misère n’ait donné beaucoup de sujet de peine à notre très bon et très aimable Monsieur le commandeur (1) Mais que peut-il sortir d’un misérable pécheur que des manquements et des fautes en toutes choses ? et cela, certes, pourtant sans aucun dessein, car je n’en ai jamais eu d’autre, depuis que j’ai eu l’honneur d’être connu de lui, et bien longtemps auparavant, que de l’honorer et respecter comme un grand serviteur de Dieu, que je suis indigne d’approcher. Et pource que je n’ai autre moyen de le satisfaire que de recourir à sa bonté, je le fais, ma chère Mère, par l’entremise de la vôtre et lui demande très humblement pardon, étant prosterné en esprit à ses pieds et aux vôtres, et certes avec des mouvements de larmes que mon cœur tout échauffé et attendri envoie à mes yeux.

Et pource qu’il est si bon de s’accommoder à ma prière à l’égard de Monseigneur de T [royes] (2) et de trouver bon qu’il ait une chambre à la maison, je l’en remercie très humblement et le supplie, au nom de Notre-Seigneur, de compatir encore à ma chétiveté à l’égard de l’autre point qui regarde le consentement de la ville, et d’avoir agréable de leur en parler lui-même, puisque vous ne jugez pas expédient de leur en faire écrire ; car sans difficulté, ma chère Mère, l’on ne nous y souffrira point (3). J’ai avis que la femme d’un magistrat a dit à une personne (4) ces paroles : "Qu’on ne pense pas à établir au faubourg les prêtres de la Mission ; l’on ne les y souffrira pas !" Quel déplaisir, ma chère Mère, aurait M. le commandeur s’il se voyait offenser en l’œuvre de ses mains !

1.) Le commandeur de Sillery.

2). René de Breslay (1604-1641).

3) Les missionnaires avaient leur résidence à Sancey près de Troyes Le commandeur de Sillery leur en cherchait une autre dans le faubourg

4) Première rédaction : à une personne qui me l’a écrit

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Si, faisant ce qui sera en nous dans la simplicité, nous sommes refusés, à la bonne heure, la volonté de Dieu nous sera connue ; nous nous accommoderons comme nous pourrons hors l’étendue de la ville et des faux bourgs. Que s’ils l’agréent, comme je l’espère, si Monsieur le commandeur leur en parle, ce nous sera une grande consolation d’être entrés dans cet établissement par la porte de la déférence, de la soumission, de l’humilité, de la simplicité, de la candeur et de la charité. Si ceci choque votre sens, ma chère Mère, ou celui de Monsieur le commandeur, je vous en demande très humblement pardon et à lui aussi, et vous supplie encore derechef, au nom de Notre-Seigneur, de me supporter en cette misère. De dire que sa présence empêchera qu’on ne fasse violence, je le veux croire, mais je ne doute nullement que, dès qu’il aura tourné le dos, l’on n’en use autrement.

Je sais bien, ma chère Mère, que sainte Thérèse en a usé autrement en quelques-unes de ses fondations, mais quoi ! c’était une sainte qui avait inspiration de Dieu pour cela. Mais aussi, ma chère Mère, je ne sais si elle en aurait usé de la sorte à l’égard d’un peuple qui aurait aversion des établissements nouveaux et qui l’aurait témoigné en plusieurs rencontres. C’est pourquoi je supplie derechef votre charité sans mesure d’agréer ce que je vous propose avec toute l’humilité et le respect qui m’est possible et de le proposer à mondit sieur le commandeur, comme aussi de lui dire que très volontiers je trouve bon qu’il prenne les quatre mille cinq cents livres qui sont entre les mains de nos chères sœurs de Sainte-Marie (5), où le bon Monseigneur de Troyes nous fit ouverture de les mettre. J’écris à Monsieur Dufeste ! à cet effet qu’il fasse délivrer ladite somme à mondit sieur le commandeur lorsqu’il commandera.

5.) Du couvent de la Visitation de Troyes.

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Pour le regard de l’augmentation de la fondation de Genève (6) certes, ma chère Mère, je ne puis vous exprimer la reconnaissance que Notre-Seigneur m’en donne ; et pource que je suis si mal gracieux que je ne le sais pas bien témoigner dans les rencontres, je vous supplie très humblement, ma chère Mère, de m’aider à l’en remercier et à l’assurer de mon obéissance. Et pour vous, ma chère Mère, pource que je ne suis pas digne non plus de vous faire un remerciement digne de toutes les grâces que nous recevons incessamment de votre charité, je prie Notre-Seigneur, ma chère Mère, qu’il le vous fasse lui-même et qu’il soit notre remerciement, et suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, ma très chère Mère, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A ma Révérende Mère ma Révérende Mère de la Trinité, supérieure des carmélites du faubourg de Troyes, à Troyes.

393. — A LOUISE DE MARILLAC

Ce mercredi matin. [1639] (1)

J’ai été consolé de voir la lettre d’Angers et pense qu’il ne faut pas différer à envoyer les filles, quoique l’acte ne soit pas fait ; en tout cas, l’on sera toujours sur ses pieds. Mais j’ai de la peine de ce que vous me mandez du reste. O Jésus ! Mademoiselle, il n’est pas temps. Seigneur Dieu ! vous faites trop de besoin au monde !

6.) D’Annecy, au diocèse de Genève. Le siège épiscopal d’Annecy fut établi en 1822.

Lettre 393. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Les sœurs destinées à l’hôpital d’Angers quittèrent Paris en novembre. Cette lettre précède de peu leur départ.

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Au nom de Dieu, faites votre possible pour vous bien porter et traitez-vous mieux. Si je le puis, j’aurai le bien de vous voir ce soir, sinon demain, Dieu aidant.

Monsieur votre fils me dit, hier au soir, qu’il s’en allait trouver Monsieur de Saint-Nicolas pour l’examen (2), Il paraît tout à fait déterminé. Il ne vous est point allé voir, à cause que son manteau long s’est déchiré en passant en quelque lieu ; il le fera raccommoder. Peut-être ne vous veut-il aller voir qu’étant lié à l’église, ainsi qu’il vous a mandé. Soyez bien gaie, au nom de Dieu. Je suis, en son amour, v. s.

V. D.

Je pense que vous avez bien choisi, touchant les Lorraines, et que l’autre grande, dont vous me parlez, fera bien.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras

394. — A LOUISE DE MARILLAC

(Entre 1636 et 1648] (1)

Votre médecine, Mademoiselle, m’a fait faire neuf opérations. Les eaux ne m’ont jamais profité pendant la fièvre à Forges ni ici. Nous en essayerons néanmoins ; car nous en avons céans à votre service, si vous en avez besoin. Ma petite fiévrotte est, comme vous dites, double-tierce ; mais vous savez qu’en cette saison je l’ai pour l’ordinaire double-quarte et l’ai déjà eue telle cet automne.

2.) Les règlements diocésains prescrivaient aux ordinands de passer l’examen devant Messieurs de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. (Cf. Schœnher, op. cit, t. II, p. 650.)

Lettre 394. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Dates de l’entrée de Madame Turgis en communauté et de sa mort.

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Vous ferez bien de faire venir Madame Turgis.

Je vous supplie me mander combien il reste encore de petites filles. Mais pour votre mal de tête, que faites-vous ? Je pense bien que peut-être vous avez besoin encore de vous purger un peu.

Je suis bien aise de ce que vous me dites de votre petite peine. Or sus, Notre-Seigneur sera votre consolation, comme je l’en prie de tout mon cœur, et vous de faire votre possible pour cela.

Je suis, en son amour, votre très humble serviteur.

395. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1636 et * 1641] (1)

Je dois aller tantôt à La Chapelle. S’il est besoin que j’aille chez vous, vous me le manderez, s’il vous plaît. Je suis bien aise de n’y aller point autrement, selon la résolution que nous en avons prise dès le commencement.

396. — A NICOLAS SANGUIN, éVêQUE DE SENLIS

Paris, 13 septembre 1639.

Monseigneur,

La charité dont il vous plaît honorer notre petite congrégation de la Mission, me donne la confiance de vous supplier très humblement d’avoir agréable de donner un dimissoire ad omnes ordines à Michel Dupuis, acolyte de votre diocèse et qui est de notredite congréga-

Lettre 395. — Abelly, op. cit., t. III, chap. XX, 1èr éd., p. 305.

1). Dates extrêmes du séjour de Louise de Marillac à La Chapelle.

Lettre 396. — Reg. 1, f° 63 v°. Le copiste note que l’original était de l’écriture de saint Vincent.

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tion (1) Il fait son cours en philosophie et a étudié en théologie et est, par la grâce de Dieu, de bonnes mœurs et d’espérance pour servir Dieu utilement parmi les pauvres gens des champs. C’est, Monseigneur, ce qui me donne la confiance de vous faire cette très humble supplication avec toute l’humilité et le respect qui m’est possible, et de renouveler ici les offres de mon obéissance, qui suis, en l’amour de N.-S., Monseigneur, votre…

Le jeune homme n’a qu’un titre de cent ou de 50 livres ; j’espère le faire recevoir à cela.

397. — A LOUISE DE MARILLAC

Bon soir, Mademoiselle. Je vous prie de penser aux points que je dois traiter demain (I) et de me le mander entre ci et huit heures et demie du soir, comme aussi l’état de votre santé. Je vous remercie très humblement de votre présent et vous prie me mander lequel des deux chapelets est celui qui a servi à feu Madame la générale (2).

398. — A LOUISE DE MARILLAC

… Je vous souhaite le bon jour, ayant encore le cœur plein de consolation de la conférence de nos bonnes Filles de la Charité. Il me semble que jamais je n’ai plus

1). Michel Dupuis, né à Ver (Oise), reçu dans la congrégation de la Mission le 29 mars 1639 à l’âge de vingt-trois ans. Bien qu’il ne fût encore que simple clerc en 1646, saint Vincent l’occupait alors au séminaire de Cahors.

Lettre 397. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

I). Pour la conférence qui devait se faire chez les Filles de la Charité.

2). François-Marguerite de Silly, épouse de Philippe-Emmanuel de Gondi, ancien général des galères.

Lettre 398. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

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admiré la bonté de Dieu ni sa conduite, que j’ai fait et que je fais encore en cette occasion. O Mademoiselle, qui nous donnera assez d’humilité pour regarder notre place au fond des enfers, si nous ne sommes fidèles à ses desseins éternels pour le servir selon son désir, et ne nous abandonnons entièrement à sa conduite si admirable et si aimable !

399. — A LOUISE DE MARILLAC.

Si vous désirez que j’aie le bien de vous voir en votre maladie, mandez-le-moi. Je me suis imposé la loi de ne vous aller voir sans être mandé pour chose nécessaire ou fort utile.

400. — A LOUISE DE MARILLAC

Ce vendredi matin.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais

! Je n’ai jamais vu une mère si fort mère que vous ; vous n’êtes point quasi femme en autre chose. Au nom de Dieu, Mademoiselle, laissez votre fils au soin de son Père, qui l’aime plus que vous, ou, pour le moins, ôtez-en l’empressement. Je m’en vas envoyer aux Bons-Enfants, pour savoir, sans faire semblant de rien, l’état de cet affaire et le vous ferai dire. Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.

V. D.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

Lettre 398. — Abelly, op. cit., t. III, chap. xx, p. 306.

Lettre 400. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

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401. — A LA MèRE DE LA TRINITé

Ma très chère Mère,

La grâce de l’union des cœurs de Jésus-Christ soit avec vous (l).

J’ai reçu celle qu’il a plu à votre charité de m’envoyer, de laquelle je vous remercie très humblement, comme aussi de toutes les bontés dont il plaît à votre chère âme d’user envers la mienne chétive et vers cette pauvre compagnie, et prie N.-S., qui vous a donné si abondamment part à son esprit, qu’il la vous augmente à l’infini pour votre récompense, étant bien marri, ma très chère Mère, de la peine que je vous ai donné sujet d’avoir dans le rencontre de cet affaire. Mais quoi ! la charité est patiente. O ma chère Mère, que vous avez sujet d’espérer un beau fleuron à votre couronne par la patience que votre charité exerce vers nous en cet affaire ! C’est aussi la prière, ma chère Mère, que je fais à Notre-Seigneur et à vous, de ne vous pas lasser de nous supporter dans la peine que vous avez pour nous.

M. Dufestel me mande que la bonté de M. le commandeur se démet de ses sentiments pour s’accommoder à ma misère (2) et que je fasse en sorte que M. le procureur général (3) écrive, et qu’aussitôt il parlera à Messieurs les magistrats. Je vous supplie, ma chère Mère, de l’en re-

Lettre 401 — Archives du séminaire Saint-Sulpice à Paris, ancienne copie authentiquée le 12 mars 1772 par l’évêque de Cydom.

1). Cette phrase n’a aucun sens ; le copiste a sans doute mal lu ; n’y avait-il pas sur l’original : La grâce de l’union des cœurs en Jésus-Christ soit avec vous ? ou : I, a grâce de l’union des cœurs de Jésus-Christ et de Marie soit avec vous ?

2). Le commandeur de Sillery, peu porté tout d’abord à demander l’assentiment de la ville pour l’établissement de la maison des missionnaires dans le faubourg de Troyes, avait fini par se rendre aux instances et aux raisons du saint.

3). Matthieu Molé.

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mercier de ma part, comme je fais avec toute l’humilité qui m’est possible, et de lui dire que je mets cette grâce au rang des plus grandes que j’aie jamais reçues de lui, et que, dans deux ou trois jours, j’aurai le bien d’aller voir M. le procureur général aux champs, où il est, et de le prier d’écrire selon le sens que mondit sieur le commandeur a ordonné à M. Dufestel que la lettre soit faite.

Nos missionnaires destinés pour le diocèse de Genève commencent à se réunir, je dis l’un d’eux, de la maladie de laquelle il sort (4). J’espère qu’il sera en état de partir au plus tard vers le dixième octobre (5).

Je vous supplie, ma chère Mère, de faire encore nos excuses à M. le commandeur de ce côté-là et de vous assurer que mon âme est pleine de reconnaissance des obligations que nous vous avons, et que vous serez, ma chère Mère, dans le temps et dans l’éternité, et moi, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

De Paris, ce 27 septembre 1639.

402. — A LOUISE DE MARILLAC

Mademoiselle,

Il faut agir contre ce qui fait peine, et briser son cœur ou l’amollir pour le préparer à tout. Il y a apparence que Notre-Seigneur veut prendre sa part de la petite

4.) Cette phrase est inintelligible par suite d’une mauvaise lecture du copiste.

5.) D’après le contrat de fondation, saint Vincent devait envoyer deux de ses prêtres à Annecy avant le 15 septembre. Nous voyons ici que des circonstances indépendantes de sa volonté retardèrent leur départ

Lettre 402. — Abelly, op. cit, t. III, chap. v, sect. I, p. 37.

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compagnie. Elle est tout à lui, comme je l’espère, et il a droit d’en user comme il lui plaira. Et pour moi, mon plus grand désir est de ne désirer que l’accomplissement de sa sainte volonté. Je ne puis vous exprimer combien notre malade (1) est avant dans cette pratique ; et c’est pour cela qu’il semble que Notre-Seigneur le veuille mettre dans un lieu où il pourra continuer plus heureusement durant toute l’éternité. Oh ! qui nous donnera la soumission de nos sens et de notre raison à cette adorable volonté ! Ce sera l’auteur des sens et de la raison, si nous ne nous en servons qu’en lui et pour lui. Prions-le que vous et moi ayons toujours un même vouloir et non-vouloir avec lui et en lui, puisque c’est un paradis anticipé dès cette vie.

403. — A LOUISE DE MARILLAC

[9 ou 10 octobre 1639] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous remercie très humblement du soin que vous avez de moi. Ma petite fièvre est tierce ; voici le troisième accès. Elle me prit le soir que j’eus le bien de vous voir, pour être descendu au réfectoire incontinent après avoir rendu le petit remède que je pris. Le premier ac-

1). Ce malade, "un des principaux prêtres" de la "congrégation et des plus utiles" dit Abelly, était, semble-t-il, de ceux qui prêtèrent leur concours à Louise de Marillac. Ce pourrait bien être Jean de la Salle, mort à Paris le 9 octobre 1639. M. Pémartin pense que cette lettre a été écrite à l’occasion de la maladie d’Antoine Portail en 1660. Ce n’est pas probable ; car Louise de Marillac elle-même était alors à toute extrémité.

Lettre 403. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Cette lettre a été écrite le jour ou le lendemain de la mort de Jean de la Salle.

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cès m’ôta le sommeil tout à fait. Le lendemain, comme depuis, je me provoquai à suer, qui a fait que les accès sont diminués, avec ce que j’ai été saigné deux fois, de sorte que celui que j’ai à présent est fort doux M. notre médecin est d’avis que je me purge mercredi prochain. Je vous prie de nous faire faire la médecine. Celle que vous envoyâtes dernièrement a été inutile, non pas celle que prit M. Blatiron (2), qui s’en est allé avec Monsieur d’Alet (3), car il s’en est fort bien trouvé.

Je vous remercie de l’avis que vous me donnez touchant l’infirmerie et de la part que vous prenez à notre sujet de douleur, et vous recommande notre frère Alexandre (4) auquel l’on donnera à ce soir l’extrême onction, ensemble au serviteur de M. le prieur (5). Le reste se porte bien, Dieu merci.

Je fus hier fort consolé, sachant que vous vous portez mieux, et prie Dieu qu’il vous redonne la force qu’il faut pour tant de besogne que Notre-Seigneur vous prépare. Je vous dirai un mot seulement touchant la perte que

2.) Etienne Blatiron, prêtre de la Mission, né à Saint-Julien-Chapteuil (Haute-Loire) le 6 janvier 1614, reçu dans la congrégation de la Mission le 6 janvier 1638, ordonné prêtre en 1639, placé à Alet (1639-1641), Saintes (1641), Richelieu, Rome (1644-1645), Gênes (1645-1657). Il se signala surtout dans ce dernier poste, où, comme supérieur d’une maison nouvelle, il eut tout à organiser. Saint Vincent voyait en lui un de ses missionnaires les plus accomplis et "un très grand serviteur de Dieu ; (Cf. Abelly, op. cit, t. III, p. 70.) Etienne Blatiron mourut à Gênes le 24 juillet 1657, victime de son dévouement pour les pestiférés. Sa biographie a été publiée dans le t. II des Notices, pp. 151-203. On trouve dans le manuscrit de Lyon un rapport sur les vertus adressé à saint Vincent.

3). Nicolas Pavillon avait reçu la consécration épiscopale le 22 août dans l’église de Saint-Lazare. Saint Vincent avait promis d’aller avec lui dans son diocèse. Il ne le put. Le nouvel évêque quitta Paris le 8 octobre, accompagné d’Etienne Blatiron, qui devait diriger son séminaire. E. Dejean fait connaître les incidents de ce voyagé. (op. cit., p. 17).

4). Alexandre Véronne.

5). Adrien Le Bon.

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nous avons faite de feu M. de la Salle et celle que nous sommes en danger de faire, que, par la grâce de Dieu, j’en ai mon cœur en paix, en la vue que c’est le bon plaisir de Dieu. Il me vient parfois quelque appréhension que mes péchés en sont la cause ; mais, voyant en cela même le bon plaisir de Dieu, je l’agrée de tout mon cœur et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.

404. — A LOUIS LEBRETON, PRêTRE DE LA MISSION, A ROME

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre du 13 septembre et quelques autres auparavant, auxquelles j’ai fait réponse depuis mon retour de Troyes, et vous redirai par celle-ci que j’ai prié M. le curé de Saint-Leu (1), qui a fait le martyrologe français (2) de me donner les mémoires qu’il a de sainte

Lettre 404. — L. a. — L’original nous a été communiqué par M. Gloutier, vice-président des hôpitaux de Langres.

1). André du Saussay, né à Paris vers 1589, docteur en l’un et en l’autre droits, controversiste de talent, orateur renommé, écrivain abondant, curé de Saint-Leu et Saint-Gilles (1624-1656), en faveur auprès du roi, qui le prit pour conseiller et prédicateur. Il devint official et grand vicaire de Paris (1643-1655). Proposé par la reine régente en 1649 pour le siège épiscopal de Toul, il ne fut agréé par le Pape qu’en 1656. Il gouverna sagement son diocèse et mourut le 9 septembre 1675, après avoir mérité cet éloge gravé sur sa tombe : vir clero et populo amabilis. (Histoire des Diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, par l’abbé Eugène Martin, Nancy, 3 vol. in-8, 1900-1903, t. II, p. 236 et suiv.)

2). Martyrologium Gallicanum, Paris, 1638, 2 vol. in-f°, ouvrage sans valeur historique.

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Vénéranda (3) ; et qu’avant que la présente parte, je le ferai voir encore pour le prier de m’envoyer ce qu’il a, et le vous enverrai par même moyen.

Quant aux frais des missions, vous les ferez, s’il vous plaît, quand vous y irez, voire pour ce bon prêtre siennois aussi, s’il n’insiste au contraire

Pour les litanies de Jésus, je voudrais bien que vous obteniez la permission de les dire au chœur le matin media voce sine cantu, comme nous avons accoutumé.

Quand je vous ai parlé de vous envoyer des missionnaires, ce n’était qu’une simple proposition. Il nous serait impossible, à présent que nous avons augmenté le nombre des missionnaires d’Aiguillon (4), que nous en avons donné quatre pour fonder à Alet et que nous en allons envoyer autres quatre dans le diocèse de Genève, où M. le commandeur de Sillery a fait une fondation, et qu’outre les missionnaires de Toul, nous en avons envoyé à Nancy, à Verdun, à Bar-le-Duc et en allons envoyer à Metz pour assister corporellement et spirituellement le pauvre peuple des champs retiré dans ces villes : corporellement, en leur départant pour cinq cents livres de pain par mois en chaque ville, qui reviennent à deux mille cinq cents livres, qu’il faut que nous trouvions par mois ; et, par la grâce de Dieu, cela n’a point manqué jusques à présent ; et si j’espère que nous n’y manquerons pas ; pour le moins avons-nous du fonds pour cette année ; et spirituellement, en leur enseignant à tous les choses nécessaires à salut et leur faisant faire une confession générale de toute leur vie passée d’abord et continuer de deux ou de trois en trois mois. Notre frère Matthieu, qui fait des merveilles

3). Sainte Vénérande eut la tête tranchée à Rome, sous la persécution d’Antonin, le 14 novembre, jour où l’église célèbre sa fête

4). Ou plutôt La Rose, près d’Aiguillon.

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pour cela, selon la grâce que Notre-Seigneur lui a donnée toute spéciale, a pensé qu’il ferait bien d’en amener en France le plus qu’il pourra. Il en emmena cent le mois passé, entre lesquels il y avait quarante-six filles, demoiselles et autres, qu’il a conduites et nourries jusques en cette ville, où l’on en a déjà placé la plupart ; et en attendant, l’on les nourrit en une maison où l’on a pris soin des enfants trouvés de cette ville. Quelques bonnes dames (5) font des merveilles pour nous aider en cela. Tout cela posé, vous voyez bien, Monsieur, qu’il nous est impossible de vous envoyer du secours pour le présent ; ce sera quand nous le pourrons. Nous en allons faire partir douze ou treize pour envoyer en ces lieux-là.

Voilà des nouvelles qui vous consoleront ; mais en voici une qui contristera bien votre cher cœur ; c’est la nouvelle de la mort de notre bon feu M. de la Salle, qui alla à Dieu le jour de saint Denis (6) entre trois et quatre heures du matin, en suite d’une fièvre pourprée, en laquelle il a été si attaché à la volonté de Dieu qu’il n’en est pas sorti un moment, de sorte qu’il se peut dire que sa mort a répondu à sa vie. Un jour avant mourir, il tira sa chemise, pour mourir nu, avec tant de propreté que chacun a admiré comme quoi un corps qui ne remuait plus il y avait deux jours, avait pu faire cela. Et en effet, je lui demandai pourquoi il s’était mis nu, et il me fit une réponse non articulée, que je n’entendis pas ; mais M. Dehorgny nous dit qu’il croyait qu’il l’avait fait pour imiter saint François (7) ou, pour mieux dire, Notre-Seigneur, pource qu’il le vit, l’année passée, fort touché de cet acte de saint François, le jour que l’on en lisait la vie.

5). La duchesse d’Aiguillon surtout.

6). 3 octobre.

7). Saint François d’Assise.

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Notre-Seigneur semble n’en vouloir pas demeurer là, car, à l’heure que je vous parle, nous avons deux de nos frères dans l’extrême-onction, dont notre cher et admirable frère Alexandre (8) en est l’un. Je recommande à Vos prières le mort et les vivants, et vous prie de nous faire dépêcher l’autel privilégié avec la dispense du nombre préfix de neuf messes. Il s’en dit pour l’ordinaire des quinze ou vingt ; mais il arrive parfois, quand l’on va à la mission, qu’on n’est ici que quatre ou cinq prêtres. Monseigneur le cardinal (9) vient d’envoyer céans pour faire demander si nous en avons un, avec ordre d’y faire dire des messes pour feu Monseigneur le cardinal de la Valette (10).

Mon Dieu, Monsieur, que cette supplique est longue à faire (11) ! Je vous supplie, Monsieur, de la hâter ; et, quoi que die ce bon prélat et plusieurs autres, standum est proposito. Je viens de parler de cet affaire avec notre bon M. Callon, qui estime, comme moi, la chose absolument nécessaire, et m’a dit de si bonnes choses pour cela que j’en ai le cœur tout attendri, entre autres l’argument de saint Thomas : quae applicantus primo et uItimo debent esse immobilia. Ce bon M. Callon, c’est un docteur en théologie qui travaille incessamment à la mission devers Aumale. Faites donc, Monsieur, je vous en supplie. Je ne sais s’il n’aurait pas été à souhaiter que vous vous fussiez adressé d’abord à Monseigneur

8). Le frère Alexandre Véronne.

9). Le cardinal de Richelieu.

10). Louis de la Valette de Nogaret avait occupé le siège de Toulouse de 161 1 à 1627 et reçu le chapeau de cardinal en 1621. Son humeur martiale lui fit accepter le commandement des armées du roi, qu’il conduisit en Allemagne, dans les Pays-Bas et en Italie. Il mourut à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639.

11). Cette supplique avait trait à l’organisation de la congrégation de la Mission, dans laquelle le fondateur voulait introduire la pratique des vœux.

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le cardinal Antonio (12) ni si la personne que vous savez n’en veut pas faire une vache à lait pour avoir encore de l’argent, ou service qui l’équivale. Plût à Dieu que vous eussiez quelque autre moyen en main pour faire la chose, c’est la pensée de M. de Cordes, pourvu que cela se peut sans rien gâter ! Ceci soit dit à l’oreille de votre cœur et non jamais à aucun autre. Que si vous trouviez du danger au changement des moyens, in nomine Domini, tenez-vous à celui que vous avez. Voyez-vous, Monsieur, nous sommes mortels. Je ne la puis pas faire longue, car j’entrerai au mois d’avril prochain en ma soixantième 13. Ajoutez à cela les accidents qui peuvent arriver. Le médecin vient de sortir d’avec moi, qui me vient de dire

12). Antoine Barbelini, neveu du Pape Urbain VIII, n’avait que vingt ans quand il entra au Sacré Collège en 1627. Il fut chargé de plusieurs légations. Les démarches qu’il fit pour empêcher l’élection d’Innocent X n’ayant pas abouti, il vint en France, obtint en 1652 l’évêché de Poitiers et en 1657 l’archevêché de Reims. Il mourut à Nemi, près de Rome, le 3 août 1671.

13). Saint Vincent serait donc né en 1581, cinq ans après la date acceptée par tous ses biographes, et son âge ne serait pas celui qui fut gravé sur son tombeau. Nous ne chercherons pas à élucider ici le problème historique que ce désaccord soulève ; nous nous contenterons de noter que le saint n’a jamais varié. Si l’on tient compte de ce fait que, dans sa bouche ou sous sa plume l’année en cours est considérée comme accomplie, ses divers témoignages sur ce point, (on en compte douze) sont tous parfaitement concordants. (Voir les lettres du 25 juillet 1640 à Pierre Escart, du 21 novembre 1642 à Bertrand Codoing, du 17 septembre 1649 à Etienne Blatiron, du 27 avril 1655 au Pape Alexandre VII, du 15 juillet 1659 au cardinal dé Retz, du 24 août 1659 à François Feydin ; la répétition d’oraison du 3 novembre 1656 ; les conférences du 6 janvier et du 15 juin 1657 aux Filles de la Charité.) C’est dans cette conviction qu’il déclarait avoir près de quarante-huit ans, le 17 avril 1628, devant les juges chargés d’informer sur les vertus de saint François de Sales, et près de cinquante neuf ans, le 31 mars 1639, dans sa déposition écrite concernant Saint-Cyran. Autour de lui, on pensait de même, puisqu’à la fin de 1659 le Père de Gondi lui attribue soixante-dix-neuf ans (lettre des frères Chandenier à saint Vincent, du 10 septembre 1659) et que son secrétaire le frère Louis Robineau, dans un manuscrit composé après 1660 (Arch. de la Mission, p. 85), l’appelle un vieillard de près de quatre-vingts ans".

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que voilà M. Dehorgny qui a la fièvre. Pour celle que j’ai à présent, c’est mon ordinaire.

Je suis plus touché que je ne vous puis dire de l’heureux rencontre que vous avez fait de ce bon prêtre siennois. O Monsieur, que je le serais parfaitement s’il plaisait à la bonté de Dieu de l’unir à vous en son esprit ! Je le dis positis ponendis ; il me semble que Notre-Seigneur me fait la miséricorde de ne pas convoiter les hommes que lorsque sa providence les attire. Hélas ! Monsieur, que nos souhaits sont vains et fautifs ! Je prie Notre-Seigneur cependant qu’il donne sa bénédiction sur la nouvelle vie que vous allez commencer ensemble dans votre maison et à la mission à laquelle je me persuade que vous êtes maintenant. J’ose me donner la confiance de le saluer très humblement avec tout le respect et la révérence que je lui dois, et me recommander à ses saintes prières. Je salue pareillement cet autre bon prêtre duquel vous me parlez pour faire peut-être le troisième.

Vous m’avez parlé du R. P. Garanita quasi par toutes les lettres et de tout le bien qu’il fait ; mais je ne sais si vous m’avez mandé de quel Ordre il est. Quoi que ce soit, je ne puis que louer Dieu de la grâce qu’il vous fait, comme aussi de celle que vous a faite ce bon prélat qui fait cette académie d’ecclésiastiques. Je prie Notre-Seigneur qu’il verse ses bénédictions sur eux de plus en plus.

Jésus ! Monsieur, que je suis consolé du mémorial que vous avez présenté pour avoir la faculté de travailler, et des indulgences pour la Compagnie ! Je vous prie de me l’envoyer dès que vous l’aurez obtenu. O Monsieur, que je sens tendrement la grâce que vous a faite en cela Monseigneur le cardinal Bagni et que je prie Dieu de bon cœur qu’il le conserve longues années ! Te vous dirai deux choses de lui : l’une, que je n’ai jamais vu une bonté plus rapportante à celle du bienheureux

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François de Sales, évêque de Genève, que la sienne l’autre, que je garde son portrait fort chèrement ; et n’en ai point d’autre que le sien et celui de notre bienheureux prélat. Je vous supplie, Monsieur, de l’assurer de mon obéissance, d’avoir soin de votre santé et de m’aider par vos prières pour obtenir miséricorde devant sa divine majesté pour moi et de lui demander la grâce de mieux vivre pour bien mourir, comme a fait Madame la présidente Goussault, qui a fait un divin usage de la maladie qui a précédé sa mort, qui a été longue et douloureuse, et est morte avec joie et jubilation. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

De Paris, ce 12 octobre 1639.

Suscription : A Monsieur Marchand, banquier en cour de Rome, pour rendre, s’il lui plaît, à Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.

405. — A UN PRêTRE DE LA MISSION

[Octobre 1639] (1)

Or sus, Monsieur, élevez votre cœur à Dieu et recevez dans l’acquiescement de son bon plaisir la triste nouvelle que je m’en vas vous donner. Il a plu à la divine bonté de retirer à lui le bon Monsieur de la Salle. Il mourut le jour de saint Denis, entre 3 et 4 heures du matin, d’une fièvre pourpreuse, le 14e jour de son mal. Sa mort a répondu à sa vie. Il a eu un perpétuel acquiescement au bon plaisir de Dieu depuis le commencement

Lettre 405. — Ms. de Lyon.

1). Mois et année de la mort de Jean de la Salle.

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de sa maladie jusqu’à la fin, sans aucune pensée contraire. Il avait toujours craint la mort ; mais, comme il vit dès le commencement qu’il l’envisageait avec plaisir, il me dit qu’il en mourrait, parce, disait-il, qu’il m’avait ouï dire que Dieu ôte à la fin l’appréhension de la mort à ceux qui l’ont eue pendant leur vie et qui ont exercé la charité envers les pauvres. Je ne puis vous dire les sentiments de dévotion qu’il a laissés à la compagnie. L’on était pour lors dans la retraite et, au rapport de l’oraison, chacun disait ce qu’il lui avait ouï dire de plus édifiant et rapportait les vertus qu’il lui avait vu pratiquer ; ce qui nous a donné sujet de faire des conférences sur cela même. Nous fîmes avant-hier la première et continuerons vendredi prochain. Vous ne sauriez vous représenter les effets de cette conférence. J’avais difficulté à cela ; mais, considérant que l’esprit de l’église est qu’on s’entretienne des vertus de ceux qui sont morts en Notre-Seigneur, et que pour cela elle a établi des notaires pour recueillir et manifester les combats des martyrs et les saintes actions des confesseurs, les oraisons funèbres qu’on fait à Paris pour les grands et pour toutes sortes de personnes en Provence et en Languedoc, en quelques endroits sur la fosse à son enterrement, un dimanche, après le dîné du jour des obsèques, j’ai pensé que nous pourrions faire cela utilement et en ai consolation. Je désire même que cela se conserve dans l’humilité et la charité chrétienne. Il me semble qu’il y a lieu d’espérer que quelques-uns se corrigeront de leurs défauts et d’autres s’encourageront dans la vertu. Il y en a un de ceux qui parla avant-hier, qui dit qu’il s’était résolu, par la grâce de Dieu et par les prières et l’exemple du défunt, à une chose d’importance, à laquelle il n’avait aucune disposition auparavant. Je pense, Monsieur, que vous ferez bien d’en faire une chez vous, dont le premier point pourra être des motifs de nous

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entretenir des bonnes paroles et des bons exemples que nous avons remarqués dans le défunt ; 2e point, quelles sont les paroles que vous lui avez ouï dire ; 3e point, quels exemples.

406. — A LOUISE DE MARILLAC

[13 octobre 1639] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous remercie très humblement de votre bonne médecine ; je la pris hier et me fit trois opérations. Monsieur notre médecin est d’avis que j’en prenne encore demain une avec du sirop de rosepale (2). Je vous supplie très humblement de me faire encore cette seconde charité et de me l’envoyer à ce soir.

J’ai toujours ma petite fiévrotte. Notre frère Alexandre (3) nous donne quelque espérance, et l’autre frère aussi. Le premier a encore le jour de demain, qui est son 14e, un peu à craindre. Monsieur Dehorgny est malade d’une colique avec un peu de fièvre.

Cette petite incommodité me donnera le moyen de penser un peu plus à nos petites affaires de la Charité ; et après cela, si Notre-Seigneur me donne vie, nous y travaillerons à bon escient. Votre lettre me fit voir avant hier quelque petit regret pour cela dans votre esprit.

Lettre 406. — Manuscrit Saint-Paul, p. 56.

1). C’est la date qui ressort de la comparaison de cette lettre avec la lettre 403. Le saint dit ici qu’il a pris médecine la veille. Il écrivait le 9 ou le 10 octobre : "Notre médecin est d’avis que je me purge mercredi prochain." Le mercredi suivant était le 12. C’est donc le jeudi 13 qu’il écrit la lettre ci-dessus.

2). Sirop astringent.

3). Alexandre Véronne. Il se remit complètement.

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Mon Dieu ! Mademoiselle, que vous êtes heureuse d’avoir le correctif de l’empressement ! Les œuvres que Dieu fait lui-même ne se gâtent jamais par le non-faire des hommes. Je vous prie d’avoir cette confiance en lui et que je suis, en son amour, autant que Notre-Seigneur le veut, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

V.D.P.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

407. — A BENOîT BéCU, PRêTRE DE LA MISSION, A RICHELIEU

De Paris, ce 28 octobre 1639.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

La Providence de Dieu a jeté les yeux sur vous pour l’aller servir à Notre-Dame de La Rose, au diocèse d’Agen (1), où sont Messieurs Brunet et Savinier.

Je vous envoie un mémoire secret, que vous ne communiquerez à personne qu’à M. Lambert.

La nouveauté de l’emploi vous fera appréhender. Ressouvenez-vous que Notre-Seigneur sera votre * direction et votre directeur et que vous pouvez toutes choses avec lui ; * que Jérémie était un enfant qui ne savait que dire

Lettre 407. — L. a. — Original à Martel (Lot) chez les Filles de la Charité.

1). La fondatrice de la maison établie à Notre-Dame de La Rose n’était autre que la duchesse d’Aiguillon. Par contrat du 18 août 1637, elle avait donné une somme de 22.000 livres pour l’entretien de quatre prêtres, à charge par eux de faire des missions, aux quatre fêtes principales de l’année, dans les villes, bourgs et villages de son duché et d’assurer dans leur chapelle une messe quotidienne pour elle et les siens. (Arch. Nat. MM 584.)

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à Dieu : Domine, nescio loqui ; et que cependant le dessein de Dieu était de s’en servir en l’affaire le plus important que Sa Majesté eût pour lors à l’égard de son peuple, et que vous avez sujet d’espérer les mêmes grâces qu’il lui fit, si, comme lui, quoi qu’on fasse, vous répondez dans son esprit d’humilité à votre vocation. J’espère cela de sa bonté et de la reconnaissance qu’il me semble que vous avez de votre indignité et insuffisance, et suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

M. Bécu (2), qu’on nomme à Nancy M. de Montigny, se porte bien et fait des merveilles à l’entour de quatre cents pauvres, qu’il nourrit corporellement et spirituellement, et frère Hubert. (3) fait toujours de mieux en mieux.

Votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

408. — A LOUIS LEBRETON

De Paris, ce 15 novembre 1639.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre et la formule de votre supplique ; et l’ayant considérée, ensemble les dispositions présentes de nos seigneurs les prélats, nous avons pensé qu’il

2). Jean Bécu.

3). Hubert Bécu.

Lettre * 408. — L. a. — L’original se trouve à l’hôpital du Bon-Secours à Metz.

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est expédient de leur attribuer la correction des fautes que feront les missionnaires à l’égard des peuples, faisant les missions, comme aussi de leur attribuer la visite et correction des maisons qui se dérégleront scandaleusement, après qu’ils en auront averti le général deux ou trois fois et marqué le dérèglement scandaleux sur lequel ils se doivent corriger, et qu’ils auront fait une information du dérèglement. Et, pource que nous craignons que vous ayez peine d’obtenir la grâce dimittendi incorrigibiles, nous avons pensé qu’il sera expédient de demander qu’on ne fasse les vœux solennels et que ceux qui auront (1) fait leurs deux années du séminaire feront les quatre vœux simples, et que ceux qui auront fait leur première année du séminaire feront un bon propos de vivre et de mourir en la compagnie dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance aux évêques circa missiones et au supérieur général circa disciplinam et directionem societatis, que ces derniers ne pourront se retirer, ni être renvoyés qu’en suite des exercices spirituels, les seconds se pourront pareillement se retirer, ni être renvoyés qu’après avoir usé de tous les moyens imaginables avant d’en venir là, ni qu’avec l’autorité du Pape ou du général, qu’aux cas que je marquerai, comme aussi tout ce qui est contenu en la présente, par un mémoire que j’espère vous envoyer dans trois jours. C’est pourquoi je vous prie de différer à présenter ladite supplique. Je répondrai par la prochaine à tout ce que vous me mandez par la vôtre, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur Marchand, ban-

1). Première rédaction les vœux solennels et d’obéissance aux évêques qu’après plusieurs années et que ceux qui auront…

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quier expéditionnaire en cour de Rome, pour rendre, s’il lui plaît, à Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.

409. — A LOUISE DE MARILLAC

De Richelieu, ce 24 novembre 1639.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Les dysenteries de ce quartier dégénèrent en contagion. Les magistrats de cette ville viennent d’envoyer quérir M. Lambert, leur curé, pour aviser à l’ordre qu’il faut tenir en cette ville pour la peste, qui y est en trois endroits. Cela me donne sujet de vous prier de différer votre voyage, quoique j’aie mandé à M. l’abbé de Vaux, grand vicaire d’Angers (1), que vous y pourriez être vers

Lettre * 409. — Manuscrit Saint-Paul, p. 56.

1). Guy Lasnier, mort le 20 avril 1681 à l’âge de soixante-dix-neuf ans, fut l’un des ecclésiastiques les plus remarquables de l’Anjou au XVIIe siècle. Il n’avait longtemps songé qu’à satisfaire sa vaine gloire et sa passion pour la chasse et autres amusements mondains. Pourvu le 29 lévrier 1627 de l’abbaye de Saint-Etienne de Vaux en Saintonge, nommé en 1628 vicaire général d’Angers, puis chanoine de Notre-Dame de Paris, il continua, malgré les obligations que lui imposaient ces dignités, de mener une vie fort peu ecclésiastique. En 1632, il eut, comme bien d’autres, la curiosité de voir les faits étonnants qui se passaient au couvent des Ursulines de Loudun. Mal lui en prit. Une des religieuses, dit-on, pénétrant dans sa vie intime, dévoila, à sa grande confusion, des fautes dont il n’avait jamais parlé à personne. Dès lors, ce fut un homme nouveau. En 1635, il vint faire une retraite à Saint-Lazare et y connut saint Vincent de Paul, avec qui il resta en relation. Il eut aussi des rapports avec sainte Chantal, Jean-Jacques Olier, le P. Surin et le baron de Renty. Il établit dans sa ville d’Angers un couvent de la Visitation, dota richement le séminaire et fonda dans son diocèse les conférences ecclésiastiques. Les Filles de la Charité de l’hôpital d’Angers n’eurent pas de protecteur plus dévoué et de conseiller plus éclairé. Il reçut dans sa maison saint Vincent, Louise de Marillac et Jean-Jacques Olier. Il ne nous reste plus qu’une seule des lettres que saint Vincent lui

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le commencement du mois prochain (2). Attendez notre retour, Mademoiselle, je vous en prie, et nous verrons.

Je suis en cette ville, il y a deux jours, et ai vu sœur Louise en passant dans l’église ; elle est ravie dans l’espérance de vous voir. Je n’ai point encore vu notre sœur Barbe (3). Les choses vont mieux, Dieu merci (4).

J’espère partir de cette ville dans trois ou quatre jours (5) et d’être à Paris vers le dix ou douze du mois prochain, et suis cependant, dans l’espérance de vous y trouver, en l’amour de Notre-Seigneur…

410. — A LOUISE DE MARILLAC

[30 novembre 1639] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je ne puis répondre à toute votre lettre ; je l’ai per-

écrivit. Celles de Louise de Marillac sont nombreuses, on en compte une centaine. (Cf. Les vies des saints personnages d’Anjou, par Dom Chamard, Paris, 1863, 3 vol. in-12, pp. 279-303.

2). Pour la fondation d’Angers.

3). La sœur Barbe et la sœur Louise étaient à Richelieu depuis le mois d’octobre de l’année précédente.

4). Une lettre de Louise de Marillac (lettre 11) nous apprend que Barbe et Louise ne s’accordaient pas. Sœur Louise était trop indépendante, et sœur Barbe ne se montrait pas assez cordiale à son égard.

5). Saint Vincent fut retenu à Richelieu jusqu’au 5 décembre. (Voir la lettre 411.)

Lettre * 410 — L. a. L’original, trouvé après sa mort (1807) dans les papiers de Jean-François Daudet, prêtre de la Mission, a été donné aux Filles de la Charité de la rue de Vaugirard, 80, Paris, qui le possèdent encore aujourd’hui.

1). Dans la lettre du 24 novembre, saint Vincent annonce à Louise de Marillac sa récente arrivée à Richelieu et son intention d’y rester encore trois ou quatre jours ; dans celle-ci, écrite un mercredi, il parle de son prochain départ. L e 24 novembre étant un jeudi, nul doute que la lettre ci-dessus ne soit du 30. Le saint n’était plus à Richelieu le mercredi suivant.

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due. Puisque Notre-Seigneur vous donne mouvement d’aller à Angers, allez-y in nomine Domini, ce qu’il garde est bien gardé (2).

Aussi bien Madame Traversay a toujours sa difficulté. Cela m’a fait penser que peut-être Notre-Seigneur veut que l’œuvre (3) se fasse par soi-même et de soi-même sans mélange.

S’il vous plaît de prendre le coche de Châteaudun, vous passerez par Chartres et y pourrez faire votre dévotion en passant (4). De Châteaudun vous avez onze lieues jusques à Orléans et peut-être moins jusques à Notre-Dame de Cléry (5), où passe la rivière, ou auprès, si me semble. Vous éviterez par ce moyen le pavé, excepté trois ou quatre lieues près d’Orléans, où je vous conseille d’aller passer ; et pour y aller, faudra que vous louiez une charrette à Châteaudun. Le coche ne vous coûtera rien pour cela ; il est de céans.

J’ai dit à notre frère Louistre qu’il vous baille les places que vous demanderez ; il partira mardi. Voyez si vous le pourrez pour ce jour-là.

Nous avons assez parlé de la manière de traiter avec ces Messieurs, qui est à la charge de changer les filles et qu’il n’y en aura point d’autres avec elles. J’écrirai de cela à Monsieur l’abbé de Vaux, qui est le grand vicaire qui dirige cet affaire.

Il faudra bien, au retour, que vous visitiez la Charité de Richelieu, qui est à huit lieues de Saumur, où est Notre-Dame des Ardilliers ; et de Richelieu vous repren-

2). La peste faisait alors des ravages à Angers et à Richelieu ; et pour ce motif le saint avait d’abord conseillé à Louise de Marillac de retarder son voyage.

3). Peut-être l’œuvre des Enfants trouvés.

4). Grande était la dévotion de saint Vincent et de Louise de Marillac à Notre-Dame de Chartres ; ils firent maintes fois ce pèlerinage pour recommander leurs œuvres à Marie.

5). Aujourd’hui chef-lieu de canton dans le Loiret.

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drez le carrosse de Tours, qui est à dix grandes lieues de Richelieu par deçà. Dès que vous serez arrivée à Orléans, vous enverrez sur les ports pour trouver un bateau, que vous ne prendrez pas exprès. A Angers, vous vous logerez selon l’adresse que vous donnera M. Grandnom, par lequel et par Madame Lotin vous ferez écrire à ses parents et amis à Angers, qui vont aller outre l’intention de feu Madame Goussault, et qu’elle recommanda beaucoup en sa maladie à ce qu’ils vous assistent. Vous y verrez aussi les filles de Sainte-Marie de ma part (6).

Je vous envoie le petit règlement (7), que vous ferez mettre au net et changerez ce qu’il faudra. Peut-être que je vous trouverai, en revenant, à Tours ou par les chemins. Je prie Notre-Seigneur cependant qu’il vous conduise par la main lui-même, qu’il bénisse votre voyage et ramène en parfaite santé, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

A Richelieu, ce mercredi matin.

écrivez-moi, s’il est besoin, par homme exprès à Fréneville où je serai deux jours ou par là. S’il y a quelque réponse qui presse, je la vous enverrai aux filles de Sainte Marie d’Orléans.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

6). La supérieure du monastère de la Visitation d’Angers était la Mère Claire-Madeleine de Pierre, professe du premier monastère de Paris, où saint Vincent l’avait connue.

7). Les Filles de la Charité conservent dans leurs archives la minute de ce règlement, écrite en entier de la main du saint.

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411. — A LOUISE DE MARILLAC

Du 12 [décembre (1)] 1639.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’arrivai hier au soir tout tard et vis votre lettre de Saumur, la première entre plusieurs. O mon Dieu ! que je suis en peine de vous et de vos filles ! J’espérais vous trouver ici à cause de la défluxion que [vous] m’avez mandé qui vous avait prise. Nous verrons au ciel pourquoi la Providence en a disposé de la sorte. Cependant je vous supplie sur toutes choses de vous bien conserver parmi les grands dangers que vous rencontrerez à Angers (2).

Voici la réponse à ce que vous demandez. J’aimerais mieux que vous logeassiez à la ville que dans la maison (3) et pense qu’il est expédient que vous ne receviez rien de votre voyage. Notre-Seigneur y pourvoira, s’il lui plaît. Il serait bien à souhaiter que les filles fussent seules dans l’hôpital ; il est à craindre que la présence de cette demoiselle ne soit un sujet d’embarras L’on ne m’avait point dit cela. Nous aurions stipulé autrement si je l’eusse su. Il sera pourtant fâcheux de ! a faire sortir en présence. Quel remède ? Votre prudence en usera selon qu’elle jugera pour le mieux (4).

Je suis bien aise que vous ayez emmené la petite

Lettre 411. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Le texte porte "novembre". Il y a eu certainement distraction, comme on peut s’en convaincre en comparant cette lettre avec la lettre 400.

2). La peste y faisait de nombreuses victimes.

3.) Peut-être à l’hôpital, où elle devait installer les sœurs.

4). Louise de Marillac chercha pour cette personne une autre situation hors de l’hôpital, et il est probable qu’elle aboutit. (Cf. Lettres de Louise de Marillac, lettre 12.)

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Jeanne (5). Si vous avez besoin de quelque autre fille pour revenir, vous pourrez mander à sœur Barbe qu’elle vous aille voir à Saumur, à Chinon ou à Tours avec sœur Louise (6), et qu’elles vous amènent la bonne fille qui s’est présentée là à moi pour être de la Charité.

J’ai un peu de peine que vous alliez à Richelieu, à cause de la maladie qui y est. Nos chères sœurs ont cessé la visite des malades et les écoles. Il mourut, le lundi que je partis, une petite fille qui avait été à leur école le samedi auparavant. Que si vous y allez, n’y soyez qu’un jour, je vous en prie.

Votre lettre a fait des merveilles à l’égard de vos filles (7) et sont bien à présent et contentes, pourvu qu’elles vous voient. Nous y avons laissé un de nos prêtres et un frère séparés pour assister les pestiférés.

Je trouve fort bon que notre sœur Barbe visite celles d’Angers et je vous promets, Dieu aidant, de voir celles de La Chapelle et, si je le puis, les Enfants trouvés aussi (8). Je n’ai encore pu voir M. votre fils ; ce sera au premier jour et vous pouvez croire que je suivrai vos sentiments, pourvu que vous ayez bien soin de votre santé, que je recommande à Notre-Seigneur de tout mon cœur, étant en son amour, Mademoiselle, [votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.]

5). Jeanne Lepeintre.

6). La compagne de, Barbe à Richelieu.

7). Barbe et Louise. Louise de Marillac leur avait adressé de Paris le 16 octobre, une lettre de reproches et de conseils (Lettres de Louise de Marillac, lettre 11) que Mgr Baunard reproduit en grande partie (op. cit., p. 245).

8). Les sœurs des Enfants trouvés.

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412. — A NICOLAS DUROT, PRêTRE DE LA MISSION, A TOULOUSE

Décembre 1639.

J’ai reçu votre lettre de Toulouse et ai rendu grâces à Dieu de vous y avoir conduit. J’arrivai à Richelieu deux ou trois jours après votre départ et fus bien contristé de ne vous y pas trouver. J’y ai fait la visite et ai vu l’état des choses et ce qui s’y est passé jusqu’à maintenant. Je vous supplie, Monsieur, au nom de N.-S., de reprendre l’esprit qu’il vous avait donné à Saint-Lazare. Jamais personne n’y a été à plus grande édification. Je prie Dieu qu’il vous fasse la grâce d’en donner autant de delà. M. de Sergis vous a désiré à l’exclusion de tout autre ; ce qui vous doit faire connaître l’estime et l’affection qu’il a pour vous. Il me mande qu’il vivra en frère avec vous. Je vous supplie, Monsieur, d’honorer la direction de Notre-Seigneur en sa personne, de l’estimer, de l’affectionner et de lui obéir en cette qualité. Oh ! que la direction de ceux qui nous aiment et qui nous estiment est douce et que ce nous est un grand attrait pour entrer dans tous leurs sentiments ! Si nous étions bien mortifiés, nous serions indifférents en ce point ; et selon la règle de la volonté de Dieu, nous devrions préférer les plus exacts aux plus acquiesçant à nos humeurs ; et comme je vous ai vu fort tendrement affectionné à l’heureuse pratique de la divine volonté, j’espère que, quand votre nature ne trouvera pas son compte dans l’exactitude d’un directeur, la pratique fidèle de la volonté de Dieu vous fera supporter, pour l’amour de lui, toutes les petites difficultés qui vous pourront arriver ; car nous n’en manquons jamais avec

Lettre 412. — Reg. 2, p. 279.

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qui et en quelque lieu que nous soyons. Si nous sommes contraires bien souvent à nous-mêmes, comment n’aurions-nous pas de petites aversions, des rencontres et des aliénations avec un autre ? L’un des actes principaux de la charité, c’est de supporter notre prochain ; et il faut tenir pour maxime indubitable que les difficultés que nous avons avec notre prochain viennent plutôt de nos humeurs mal mortifiées que d’autre chose.

Je ne vous dis que ceci, Monsieur, quoique j’aurais à vous dire beaucoup d’autres choses touchant la sainte dilection, pource qu’elle est un état si parfait que celui qui a le bonheur de l’avoir est pour vivre comme dans un petit paradis en ce monde et pour avoir la gloire éternelle en l’autre, etc.

15 décembre 1639.

Ne pouvant avoir le bien de vous aller voir, comme je vous l’avais mandé, je vous prie par ces lignes de ne point céder à la tentation qui vous détourne de prendre le saint ordre de prêtrise, pour auquel parvenir vous avez fait quasi tout ce que vous avez fait depuis que vous êtes au monde. Disposez-vous-y donc, je vous en prie, pour le recevoir à cette ordination. Si vous différiez davantage, vous priveriez Dieu de la gloire qu’il en prétend, les bienheureux de la consolation qu’ils en auraient, les âmes du purgatoire du soulagement qu’elles en recevraient et toute l’église militante des grâces que vous lui obtiendrez par vos sacrifices ; et qui pis est, vous réjouiriez le diable d’avoir eu le pouvoir de vous détourner de faire tous ces biens. De penser que vous en soyez une

Lettre 413. — Reg. 2, p. 280.

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autre fois plus digne, ô Jésus ! il ne le faut pas espérer. De ne le faire jamais, Dieu vous garde d’avoir à répondre de cela devant Dieu ; ce serait enfouir le talent qu’il vous a mis en main, auquel cas les Saintes écritures vous menacent d’un horrible châtiment. De dire que vous n’êtes pas capable d’un tel ordre et ne le serez jamais, je l’avoue, mon très cher frère, eu égard à l’infinie sainteté de l’œuvre ; mais, eu égard à notre misère, espérez que Notre-Seigneur sera votre capacité, comme il sera lui-même le sacrificateur avec vous.

414. — A LOUISE DE MARILLAC

Paris, 17 décembre 1639.

Mademoiselle,

J’ai reçu, hier au soir, la vôtre, du jour de saint Nicolas (1), laquelle me porte une fort sensible consolation en suite de la peine que j’avais du lieu où vous pouviez être et de l’état de votre santé. Béni soit Dieu de ce que vous voilà donc à Angers et logée avec le bon M. l’abbé de Vaux ! Je ne vous répondrai pas par la présente à tout ce que vous me mandez, parce que je n’ai encore pu voir vos filles de La Chapelle et que le messager s’en va partir bientôt.

Je vous ai écrit cette semaine pour répondre à la vôtre de Saumur et adressé ma lettre à M. l’abbé de Vaux, auquel je me suis donné l’honneur d’écrire.

C’est aujourd’hui le samedi des quatre-temps, qui m’oblige à aller dire une messe à Notre-Dame pour la Charité. Après dînée ou demain matin, j’irai à La Cha-

Lettre 414. — Pémartin, op. cit., t. I, p. 272, lettre 261. Le manuscrit Saint-Paul a reproduit des extraits de cette lettre, p. 58.

1). 6 décembre.

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pelle, parlerai à Madame Turgis (2) et commencerai à donner l’ordre pour les filles que vous demandez ; mais je pense qu’il ne faut pas parler à Marie, de Saint-Germain (3), ni à celle de Saint-Paul (4). Je tâcherai de vous envoyer les autres au plus tôt et parlerai un peu à Madame Turgis. Il y a des choses à dire beaucoup pour et contre. Hélas ! mon Dieu, que ferons-nous pour Nantes, où il est nécessaire que nous en envoyions au plus tôt (5). Je fis hier espérer cela à Madame la duchesse d’Aiguillon. Pour Henriette, je ne finis, dit-on, rien de rien.

Pour les articles, je pense que vous avez bien répondu et qu’il n’est pas besoin d’en faire encore ; nous verrons dans quelque temps, pendant lequel l’on fera un essai du bon plaisir de Dieu. Vous ferez bien d’en parler de la sorte, ce me semble, et même de montrer leur petit règlement de vie à M. de Vaux et à tel autre qu’il jugera convenable, et notamment de bien affermir les filles dans la résolution de le bien garder, de suivre la direction en la manière qu’elle est touchée dans ledit règlement ; et vous leur inculquerez, tant à ces Messieurs qu’à elles, l’importance de ne le pas changer. Madame la duchesse d’Aiguillon me le disait encore ces jours passés.

Je fus hier samedi à La Chapelle, où je vis toutes vos filles. Elles sont fort bien, par la grâce de Dieu. Madame Turgis en est fort contente. Henriette est encore chez elle. Son frère est venu dire qu’avant d’aller à SaintGermain (6) elle viendrait à La Chapelle. Il n’est pas expédient qu’elle y aille. Je ferai envoyer quelque autre à Saint-Germain et la ferai retenir ici pour lui faire connaître sa faute.

2). Madame Turgis tenait à La Chapelle la place de Louise de Marillac.

3). Marie Joly, de Saint-Germain-l’Auxerrois.

4). Marie, de Saint-Paul.

5). Le saint ne put en envoyer qu’en 1646.

6). Saint-Germain-en-Laye.

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Je trouve difficulté à vous envoyer Madame Turgis (7) et je pense qu’il sera bien de vous envoyer Geneviève (8), qui était auprès de vous lorsque vous étiez ici, ou bien Marie (9), qui était aux Enfants trouvés. Que si nous vous envoyons celle-ci, l’on enverra celle-là à Saint-Germain, ou toute autre. Je tâcherai de les faire partir dans trois jours.

Monsieur votre fils se porte bien ; je ne l’ai pas encore entretenu. Je m’en vas envoyer quérir vos filles après dînée pour les faire partir après-demain deux a deux, et leur ai dit que vous ayez soin de votre santé.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, au logis de M. l’abbé de Vaux, à Angers.

415. — A LOUISE DE MARILLAC A ANGERS

De Paris, ce dernier du mois et de l’an 1639.

Mademoiselle,

Vous voilà malade par l’ordre de la providence de Dieu. Son saint nom soit béni ! J’espère de sa bonté qu’elle se glorifiera encore en cette maladie, comme elle a fait en toutes les autres ; et c’est ce que je lui fais demander incessamment, et céans et ailleurs, où je me trouve. Oh ! que je voudrais que Notre-Seigneur vous fît voir de quel cœur chacun le fait et la tendresse des officières de la Charité de l’Hôtel-Dieu pour cela, lors

7). Louise de Marillac Pavait demandée.

8). Geneviève Caillou. Elle fut du nombre des premières sœurs envoyées à Angers. Une lettre de Louise de Marillac (op. cit., lettre 19) nous apprend qu’elle tomba malade après trois ou quatre mois de séjour. On la rappela en 1644.

9). Peut-être Marie Matrilomeau, qui fit partie du groupe des premières sœurs placées à l’hôpital d’Angers

Lettre 415. — Manuscrit Saint-Paul, p. 58.

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que je le leur dis avant-hier en une petite assemblée ! Je vous supplie, Mademoiselle, de faire votre possible pour le recouvrement de votre santé et de ne vous rien épargner surtout. Si vous avez besoin d’argent, le bon M. l’abbé de Vaux ne vous en refusera, en attendant que je vous en envoie, comme je le ferai, si vous me le mandez. Et pour votre retour, il faudra que ce soit en litière ; nous tâcherons de vous en envoyer une, lorsque vous serez en état de cela.

Monsieur votre fils vint hier céans m’apporter votre lettre, qui me fut une consolation que vous pouvez penser, à cause de ce que l’on m’en avait mandé. Vous avez à présent à Angers Madame Turgis, Barbe (1) et Clémence (2), comme j’espère ; elle partirent d’ici l’avant-veille de Noël par le coche d’Orléans (3). Les choses vont assez bien à La Chapelle, selon votre ordre. Je salue vos bonnes filles et suis, en l’amour de Notre-Seigneur…

1). Barbe Toussaint. Elle fut rappelée d’Angers en 1644.

2). Clémence Ferre. Elle quitta l’hôpital d’Angers en même temps que sa compagne Barbe Toussaint.

3). Les Filles de la Charité trouvèrent l’hôpital dans le dénuement le plus complet. L’une d’elles écrivit un petit mémoire, que nous avons encore (Arch. des Filles de la Charité) et dont voici quelques lignes : "Les pauvres y étaient si mal que ceux de la ville ne s’y faisaient pas porter ; et s’il s’en trouvait quelques-uns qui y fussent contraints, ils se faisaient apporter des chemises blanches de chez eux ou de leur amis, car il s’y trouvait alors trente ou quarante malades, tant hommes que femmes, et pour ce nombre trois douzaines de chemises en tout… C’était pitié de voir ainsi tant de dérèglement et de dégâts aux dépens du bien des pauvres."

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416. — A GUY LASNIER DE VAUX

De Paris, ce dernier du mois et de l’an 1639.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je ne puis vous remercier assez affectionnément, ni humblement, au gré de Mademoiselle Le Gras et au mien, de la charité la non pareille que vous exercez vers elle et vers ses filles. Je vous en remercie très humblement en la manière que je le puis, Monsieur, et prie Notre-Seigneur, pour l’amour duquel vous faites tout cela, qu’il soit lui-même votre remerciement et votre récompense, et vous offre tout ce que je puis en la terre pour le ciel et toutes les reconnaissances qui me sont possibles devant Dieu et devant le monde.

La voilà donc tombée malade cette bonne demoiselle. In nomine Domini ! Il faut adorer la sagesse de la Providence divine là dedans. Je ne vous la recommande pas, Monsieur ; votre lettre me fait voir combien elle vous tient au cœur, et c’est ce qu’elle m’écrit aussi. Je voudrais être en lieu pour vous libérer du soin que votre bonté en a et de la peine qu’elle en prend. Notre-Seigneur veut ajouter le fleuron de ce mérite à la couronne que Notre-Seigneur va vous façonnant.

Je lui écris un mot. Je vous supplie, Monsieur, de lui envoyer ma lettre et de me regarder comme une personne que Notre-Seigneur vous a donnée et qui est, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Lettre 416. — Lettre publiée dans la Revue de l’Anjou, 1854, t. I p, 211, sur l’original, qui était alors à l’Hôtel-Dieu d’Angers.

page I, 99 Vers 1630 ?

L’ordre pour l’instruction des clercs

Questions (du Cardinal de La Rochefoucauld ?)

Réponses de m. Vincent

Sans date. Vers 1630 ? Inédit en France.

Copie, sans date, recto-verso, au folio (268-barré) 283 du registre Ms 3238 de la Bibliothèque Saint Geneviève.

Questions et réponses sont à la suite.Pièce citée dans Joseph Bergin, Cardinal de La Rochefoucauld, Leadership and Reform in the French Church, Yale University Press, 1987, p. 108, n. 79, qui propose la date de 1640. Photocopie donnée aux Archives Mission par M. John Rybolt, C. M.

Transcription B. Koch, C. M.

L’année serait-elle indiquée par la place dans le recueil ? Cependant le fait des questions semble indiquer que ce genre d’exercices n’est pas encore très connu, or ils ont débuté en 1628…et le contenu des réponses lui aussi, en particulier la durée de onze jours seulement, indiquerait plutôt une époque antérieure, autour de 1630, d’autant plus que le Cardinal de La Rochefoucauld, qui mourra en 1645, n’avait pas attendu 1640 pour s’occuper de la réforme des monastères, il s’était démis de l’évêché de Senlis en 1622 pour s’y consacrer (S. V. I, 211, n. 11)

Texte modernisé

283 recto

Monsieur Vincent est prié de mander par écrit quel est l’ordre qui s’observe en leur maison pour l’instruction des clercs qui doivent être promus aux Ordres sacrés

1. Par l’autorité de qui ils sont envoiés en ladite maison.

2. Si c’est après ou avant l’examen qui se fait desdits clercs par les officiers de l’Archevêché pour savoir la capacité de chacun de ceux qui se présentent pour lesdits ordres.

3. Si la susdite instruction se fait avant ou après la promotion de ceux qui sont admis aux Ordres sacrés.

4. Combien de jours ils demeurent en leur maison pour recevoir ladite instruction.

5. Sur quels points ils sont princimalement instruits et quel ordre l’on y observe.

6. Si après icelle l’on baille à chacun d’eux quelque témoignage par écrit de l’instruction qu’ils ont acquise pendant leur demeure en ladite maison.

Réponse aux points ci-dessus

1. Quant au premier, c’est Monseigneur l’Archevêque de Paris qui envoie les ordinands à la Mission.

2. Les ordinands sont examinés avant d’être envoiés à la Mission, par les officiers de monseigneur l’Archevêque.

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