Correspondance (page 20)
7 Mathieu Molé.
Lettre 495. — L. a. — Dossier de Turin, original.
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voyant la tendresse (1) de votre conscience ; et, d’un autre côté, avec peine, de ce que vous ne vous soumettez pas au conseil de ce saint prélat et à ce que je vous ai dit touchant ces mauvais sentiments qui vous arrivent dans la confession. Au nom de Notre-Seigneur, Monsieur, tenez-vous ferme à ce que nous avons dit. Par qui pouvez-vous mieux apprendre la volonté de Dieu que par ce saint prélat et, si la sainte humilité me le permettait, par celui qui est l’interprète de la volonté de Dieu sur vous ? O Jésus ! Monsieur, absit que vous réfléchissiez jamais plus sur tout cela, non plus que sur les mouvements de gourmandise ni sur les pensées qui vous arrivent parfois, ni sur le mariage, non plus que des mouvements de désespoir ; tout cela n’est rien que des exercices pour votre purgation, illumination et perfection, et afin que vous puissiez compatir avec ceux que vous verrez en pareille pensée. Hélas ! Monsieur, c’est le dessein de Dieu que ceux qui doivent spirituellement aider les autres tombent en toutes les tentations d’esprit et de corps dans lesquelles les autres peuvent être travaillés. Soumettez donc votre jugement à ce que mondit seigneur et moi vous en avons dit, s’il vous plaît, et ne réfléchissez et ne vous confessez pas même de ces choses ; méprisez et ces suggestions malignes et la malignité de leur auteur, qui est le diable ; soyez bien gai et humiliez-vous le plus qu’il vous sera possible. Pour l’ordinaire, Dieu permet que ces choses arrivent pour nous libérer de quelque orgueil caché et pour engendrer en nous la sainte humilité. Cela diminuera à mesure que vous humilierez votre entendement, et passera lorsque vous aurez fait un notable progrès en cette vertu ; travaillez donc bien à l’acquisition de cette vertu.
1). La délicatesse.
2). Juste Guérin, évêque de Genève.
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Nulle règle oblige à péché si la substance de l’acte de la contravention n’est de soi péché, ou n’y intervient mépris, mauvais exemple ou désobéissance, lorsque la chose est ordonnée en vertu de la sainte obéissance ; mais nous faisons bien de nous y rendre exacts à la mission comme à la maison.
Pour le regard de la génuflexion dans les chambres, il suffit qu’on les fasse dans les grands intervalles et non pas toutes les choses (3) qu’on en sort et rentre ; et que cela soit seulement là où l’on couche.
Et pour le regard de vos lettres, elles me seront toujours très chères. Je pense qu’il sera bon que vous les fassiez un peu plus courtes et par petits articles, afin que je mette la réponse au marge. Mes petites infirmités d’une double-quarte m’ont empêché d’écrire à Madame votre mère ; je le ferai et lui enverrai les livres que vous me marquez.
Or sus, Monsieur, je finis en vous disant que j’ai une consolation de vous que je ne vous puis exprimer. Vous le verrez devant Dieu, en l’amour duquel et celui de sa sainte Mère je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Monsieur Monsieur Tholard, prêtre de la Mission, à Annecy.
496. — A LOUIS LEBRETON
De Paris, ce 14 novembre 1640.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
3.) Toutes les choses, toutes les fois.
Lettre 496. — L. a. — Dossier de Turin, original.
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Vos lettres me consolent toujours, quoique nos affaires n’avancent point. Je sais qu’il ne se peut rien ajouter à vos soins et qu’il ne tient pour tout à vous, à votre zèle ni à votre conduite. Notre-Seigneur vous donne l’un et l’autre et conduit cet affaire selon l’ordre de sa providence éternelle. Assurez-vous, Monsieur, que vous verrez en cela que c’est pour le mieux et qu’il me semble que je le vois déjà aussi clairement que le jour qui m’éclaire. O Monsieur, qu’il est bon de se laisser conduire à sa providence ! La difficulté de deçà a été de ce que celui qui peut tout (1) n’a pas trouvé bon que j’aie donné la lettre que vous m’avez envoyée, à l’effet d’informer Sa Sainteté (2) de nous, et m’a dit lui-même, il n’y a que trois jours, que nous laissions venir un autre (3) et qu’il fera notre affaire lui-même. Demeurons-en donc là, Monsieur. Et si vous pouviez cependant avoir la permission d’avoir un petit hospice à Rome, faites-le.
Travaillez tout doucement après vos bergers (4) ; ce que vous m’en mandez me ravit d’aise, de ce que vous pouvez dire avec bon sujet que pauperes evangelizantur (5).
Et parmi cela vous travaillerez à nos autres petits affaires, comme nous faisons ici à nos petites règles, que nous ajustons, autant que nous le pouvons, à celles dont vous me parlez. Je pense que nous nous arrêterons à faire le bon propos de vivre et de mourir dans la Mission, la
1). Le cardinal de Richelieu.
2). Urbain VIII.
3). Un autre Pape.
4). Tout autour de Rome s’étendaient au loin des terres incultes, dans un rayon de vingt kilomètres et plus. Cette vaste solitude. pleine de pâturages, était, l’hiver, le rendez-vous d’un grand nombre de bergers, qui reprenaient, au retour du printemps, avec leurs troupeaux, le chemin de leur pays. En s’occupant de ces pauvres gens délaissés, privés de messes et de sacrements, Louis Lebreton avait entrepris une œuvre bien pénible et bien méritoire, tout à fait conforme à la fin de son Institut.
5). Saint Luc VII, 22,
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première année du séminaire ; au vœu simple de stabilité à la seconde année dudit séminaire et à le faire solennel dans huit ou dix ans, selon que le supérieur général trouvera bon. Cela équivalera (6) en quelque façon la faculté de l’expulsion des incorrigibles. Il faudra trouver quelques précautions à l’égard des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, comme de fulminer tous les ans excommunication contre les propriétaires. Il semble que la plupart de nos amis vont là et que le dissentiment est commun pour l’état religieux, lequel l’on évite par ce moyen, quoiqu’on ait sujet d’en espérer l’esprit.
A l’égard de Nosseigneurs les évêques, nous nous soumettons à leur obéissance, comme les serviteurs de l’évangile à leur maître, à l’égard de nos fonctions extérieures, et à leur punition pour les fautes extérieures hors la maison. Et Monseigneur de Meaux (7) a désiré qu’on se soumette à lui pour les fautes de la maison en trois cas, qui est : de meurtre, de mutilation de membre de quelqu’un de la compagnie et de paillardise dans ladite maison. Et pour le regard de la discipline domestique, gouvernement de la congrégation, élection et démission des officiers et translation d’un lieu en un autre et la visite, pour tout cela, elle appartiendra au supérieur général. Que vous semble de tout cela ?
Nous travaillons à avoir le consentement à l’union du général du Saint-Esprit (8) de deçà les monts. Je vous envoie une procuration pour résigner, de celui qui a été pourvu par lui, en faveur de M. Dehorgny (9). Je vous prie
6). Equivalera, équivaudra.
7) Dominique Séguier.
8). Olivier de la Trau, sieur de la Terrade, nommé en 1619 et en 1621 supérieur général de l’ordre du Saint-Esprit en France. Le général de France dépendit jusqu’en 1625 de celui qui résidait à Rome. Olivier de la Terrade fut détenu quelque temps dans les prisons de l’Inquisition
9). Il s’agit de l’établissement de Toul.
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de la faire admettre au plus tôt et de faire expédier la création (?) de la pension de cent écus qu’il s’est réservée. Nous sommes d’accord avec la ville de Toul, quoique la chose ne soit encore passée par écrit. Je vous prie, Monsieur, de ne pas perdre temps à cela et de ne pas dire à qui que ce soit ce que je vous écris touchant la lettre que vous m’avez envoyée pour informer Sa Sainteté, ni ce qu’on m’a promis.
Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur très humble.
VINCENT DEPAUL.
Je vous remercie du soin que vous avez des filles dont M. de Saint-Aignan (10) vous a écrit, et vous prie de le continuer.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.
497. — A PIERRE ESCART
De Paris, ce 14 novembre 1640.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu la vôtre avec une consolation très particulière, voyant la façon avec laquelle vous avez pris ce que je vous ai écrit touchant la peine que vous avez à l’égard de M. C [odoing]. O Monsieur, que j’en rends grâces à Dieu, comme aussi du zèle qu’il vous donne
10) Paul Chevalier, chanoine de Saint-Aignan, en l’église Notre-Dame de Paris, depuis 1638, plus tard grand vicaire du cardinal de Retz, mort en 1674.
Lettre 497. — L. a. — Dossier de Turin, original.
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pour l’observance des petits règlements et pour l’avancement à la vertu de la personne dont vous me parlez ! Mais pource que le zèle comme les autres vertus deviennent vice par l’excès, il faut bien se garder de ne pas se laisser tomber dans ce labyrinthe ; car le zèle qui sort hors l’enclos de la charité du prochain n’est plus zèle, mais passion d’antipathie. J’avoue que le commencement peut avoir été zèle, mais que l’excès l’a fait dégénérer en ce que je vous viens de dire ; et la marque de cela, c’est que ni ce que notre R [évérende] et digne Mère (1) vous en a dit, ni ce que je vous en ai écrit, ni ce qu’on vous a dit, qu’on ne voudrait pas souscrire à votre lettre que vous m’avez écrite la dernière, n’a ôté de votre esprit les sentiments (baste pour les sentiments !), mais pas même ôté ni diminué l’opinion que vous en aviez. C’est pourquoi, Monsieur, je vous prie très humblement de bien penser à cela sérieusement devant Dieu et à ce que je m’en vas vous dire, qui est : 1° que Notre-Seigneur impute à soi-même le mépris auquel vous avez cette personne-là ; qui vos spernit me spernit (2) ; 2° que ce qu’il paraît qu’il a le plus blâmé en l’évangile, ce sont les jugements téméraires ; 3° qu’il donne quantité de malédictions aux personnes qui jugeaient témérairement de leur prochain ; 4° qu’il était blâmé d’être homme vain, amateur de soi-même, souffrant qu’on lui répandît des onguents sur sa tête ; que ceux qui l’approchaient le publiaient pour un faiseur de bonne chère, buveur de vin et qui n’observait aucune règle de Moise, ni les faisait observer aux apôtres, souffrant qu’ils prissent des épis et en mangeassent les grains le jour du sabbat ; qu’il n’apprenait point ses dis
I). Sainte Chantal.
2. Saint Luc X, 16
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ciples à prier, comme saint Jean. or, qui étaient ceux qui faisaient courir ces bruits ? C’étaient ses propres disciples, ou quelqu’un d’eux. Pourquoi cela ? C’est pource qu’ils n’avaient pas reconnu, au commencement, l’esprit dans lequel Notre-Seigneur faisait ces choses. Et pource que cela n’était pas rapportant au leur, ils ne contredirent pas au commencement leurs sentiments, qui offusquaient tellement la raison qu’elle ne put plus distinguer l’apparence du vrai ni du faux. L’imagination reçut à foule les pensées conformes à leur sentiment et à leur raison gâtée, et inde peu à peu se formèrent le mépris et la haine et tout ce qui s’en suivit. O Dieu ! Monsieur, que lui qui voyait tout cela, avait raison de tant crier contre les jugements téméraires, et que vous avez sujet de craindre que ce que vous me dites de cette personne-là n’ait commencé par quelque antipathie naturelle, ou par une forte pente au zèle, qui, par un esprit trop âpre, a pu devenir moins discret ! Au nom de Dieu, Monsieur, pensez-y ; et quand même vous ne croiriez pas ce que je vous dis, entrez pour le moins dans le doute que cela soit ainsi, attendu que vous êtes le seul qui ayez cette opinion-là, et que Monseigneur (3), notre digne Mère, ceux qui l’approchent, le voient et l’observent comme vous m’en mandent le contraire. Et dans ce doute, ô Jésus ! Monsieur, vous êtes obligé à faire votre possible pour vous déprendre de ces opinions, de vous humilier beaucoup là-dedans, de ne souffrir plus aucune pensée contraire à l’estime, à la charité et à la soumission d’esprit que vous devez audit sieur. Bénissez Dieu cependant, Monsieur, de ce que vous ne péchez pas par défaut, ains par excès d’une vertu, pource qu’il sera moins pénible de modérer votre zèle que de le vous donner si vous n’en aviez pas. Priez Dieu
3) Juste Guérin, évêque de Genève
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pour moi, s’il vous plaît, qui n’en ai point pour tout pour mon avancement à la vertu, qu’il m’en donne.
Je suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Je vous supplie, Monsieur, de faire quelques oraisons sur ce que je vous dis et de me mander les résolutions que Notre-Seigneur vous donnera sur cela.
Suscription : A Monsieur Monsieur Escart, prêtre de la Mission, à Annecy.
498. — A BERNARD CODOING
De Paris, ce 15 novembre 1640.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous ai écrit très amplement, il y a environ un mois ; il me reste peu de chose à vous dire pour le présent. J’ai fait envoyer les 400 livres à ces deux jeunes hommes d’Annecy qui étudient à Orléans et les ai fait bailler aux filles de Sainte-Marie de la maison de Paris, à cet effet. Monsieur Duhamel m’a écrit de Lyon qu’il me désirait voir à deux lieues de Paris, il y a huit ou dix jours de cela ; je n’en ai point ouï parler depuis. Je vous ai mandé, si me semble, le décès de feu M. le commandeur de Sillery. Sa mort a répondu à sa belle vie. Il est allé au ciel comme un monarque qui va pren-
Lettre 498. — L. a. — Dossier de Turin, original.
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dre possession de son royaume, avec une paix, une confiance, une douceur et une force qui ne se peut exprimer. O Monsieur, que c’était un grand serviteur de Dieu ! Je disais ce que je vous viens de dire, ces jours passés, à S. Emin. et que, depuis huit ou dix ans que j’avais l’honneur de l’approcher, je ne lui avais jamais vu aucune pensée, parole ni œuvre qui ne tendît à Dieu médiatement ou immédiatement, non pas même une pensée d’impureté dans toutes les cordiales communications qu’il a eues à Sainte-Marie ; et m’a assuré de cela maintes fois (1). O Monsieur, que Dieu est bon à ceux qui se détachent des affections du monde pour s’unir à lui !
Je salue très humblement la compagnie et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
prêtre indigne de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Codoing, supérieur des prêtres de la Mission d’Annecy, à Annecy.
28 novembre 1640
Monsieur,
Madame de Liancourt m’a mandé quelle m’enverrait quérir demain sur les huit heures. Je supplie très humblement votre charité me mander si quelque chose me peut empêcher de l’aller trouver, et vous souvenir de ce que je vous ai mandé aujourd’hui pour nos sœurs. ç’a été à un tel jour que demain que les premières ont commencé de se mettre en communauté, quoique
1). Il avait quitté son magnifique hôtel sur la fin de juillet 1632, pour s’établir dans une maison attenante au premier monastère de la Visitation, avec l’intention d’y suivre les exercices de piété des religieuses. Il s’était réservé à cet effet dans leur église la première chapelle à droite en entrant.
Lettre 499. — Manuscrit Saint-Paul, p. 22.
1). Voir note 2.
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ce fût bien pauvrement, y a bien 5 ou 7 ans (2). J’ai eu, ce soir, une pensée qui me réjouit, qui est que, comme, par la grâce de Dieu, elles sont mieux qu’au commencement, que, après le peu d’années que j’espère rester sur la terre, celle que Dieu leur donnera attirera sur elles plus de bénédiction par ses bons exemples. C’est ce que je souhaite de tout mon cœur et le demande à notre bon Dieu et que je puisse être jusques après ma dernière heure…
500. — A LOUISE DE MARILLAC
[28 au 29 novembre 1640] (1)
Mademoiselle,
Il n’y a rien qui empêche que vous n’alliez voir Madame de Liancourt, laquelle je salue très humblement.
Je tâcherai de moyenner l’assemblée de nos dames pour lundi prochain, ne le pouvant plus tôt. Jamais je n’ai été plus plein de sentiments de la conduite de Dieu sur vos filles que depuis peu.
501. — A LOUISE DE MARILLAC
Saint-Lazare, ce lundi matin. [Vers 1640] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je n’ai point reçu la lettre que vous écrivez à M. de
2). C’était le 29 novembre 1633. Cette lettre serait donc, si Louise de Marillac ne fait pas erreur, du 28 novembre 1638, 1639 ou 1640. Seule, la troisième date est possible, car saint Vincent était absent de Paris le 28 novembre 1638 et le 28 novembre 1639.
Lettre 500. — Manuscrit Saint-Paul, p. 22.
1) Cette lettre répond à la lettre 499, à la suite de laquelle elle est écrite.
Lettre 501. — L. a. — Dossier de la Mission, original.
1). Voir note 4.
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Vaux pour réponse à la sienne, que je vous renvoie ; si ai bien celle que vous écrivez à Richelieu, que je viens d’envoyer. Quand je verrai la première, je vous en dirai ma pensée, et nous parlerons de ce que ledit sieur de Vaux vous écrit et des petits enfants (2). Il faut faire au plus tôt une assemblée générale (3).
Je vous prie cependant d’avoir soin de votre santé et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Je pense qu’il y aura plus d’humilité à traiter les Filles de la Charité du titre de sœurs que de filles (4) ; l’on en use de la sorte à Sainte-Marie.
Suscription : A Mademoiselle Le Gras.
502. — LES éCHEVINS DU PONT-A-MOUSSON A SAINT VINCENT
Décembre 1640.
L’appréhension de nous voir en peu de temps privés des charités qu’il a plu à votre bonté faire départir à nos pauvres fait que nous recourons à vous, Monsieur, afin de leur procurer, s’il vous plaît, avec autant de zèle que ci-devant, les mêmes secours puisque la nécessité y est au même degré qu’elle a jamais été. Il y a deux ans que la récolte a manqué, les troupes ont fait manger nos blés en herbe ; les garnisons continuelles ne nous ont laissé que des objets de compassion, ceux qui étaient accommodés sont réduits à la mendicité ; ce sont des motifs autant puissants que véritables pour animer la tendresse de votre cœur, déjà plein d’amour et de pitié.
2). Les enfants trouvés
3) Une assemblée de dames de la Charité.
4). Dans les lettres ci-après saint Vincent tâcher. de se conformer lui-même au conseil qu’il donne ici à Louise de Marillac ; mais l’ancienne habitude prendra parfois le dessus.
Lettre 502. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. XI, sect. I, 1er éd., p 379
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pour continuer ses bénignes influences sur cinq cents pauvres, qui mourraient en peu d’heures, si par malheur cette douceur venait à leur défaillir nous supplions votre bonté de ne souffrir ces extrémités, mais de nous donner des miettes de ce que les autres villes ont de superflu ; vous ne serez pas seulement la charité à nos pauvres mais vous les tirerez des griffes de la mort et nous obligerez fort étroitement.
503. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce samedi matin. [1640 ou 1641] (1)
Mademoiselle,
Il me semble, Mademoiselle, que sœur Vincente, de Richelieu, est à préférer à cet abord. Et puis, cette fille a besoin de grand emploi pour satisfaire son esprit vif. C’est une fort bonne fille, de bonne réputation en son pays, qui a persévéramment servi sa maîtresse sept ou huit ans. cette pauvre femme a une douleur de son absence qui ne se peut dire. Il y a des esprits qui ne s’ajustent pas d’abord à toutes les petites régularités. Le temps fait tout. J’expérimente cela tous les jours parmi nous. Je suis plein d’estime et d’affection pour cet œuvre (2), et, ce matin, je pensais à faire venir M. Lambert, supé-
Lettre 503. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Quand saint Vincent écrivait cette lettre, il y avait parmi les Filles de la Charité une sœur envoyée de Richelieu, Lambert aux Couteaux était supérieur de l’établissement fondé en cette ville et saint Vincent songeait au transfert de la maison-mère des sœurs. Ces trois détails réunis nous font adopter la date approximative que nous donnons ici. Il y a plus de probabilité pour 1641 que pour 1640.
2). Probablement les confréries de la Charité.
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rieur de Richelieu, pour servir à cet œuvre et à toutes nos Charités ; mais il n’est pas encore temps (3).
Je verrai la maison (4).
Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
504. — LOUISE DE MARILLAC
Vincent de Paul désire savoir quel est le nombre des enfants trouvés et s’il est possible d’avoir des nourrices au prix qu’il a dit ; cela encouragerait tout le monde.
4 janvier [1641] (2)
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Mon Dieu ! Monsieur, que je suis en peine de la mala-
3). Lambert aux Couteaux resta à Richelieu jusqu’en 1642.
4). Très probablement une maison proposée à Louise de Marillac pour elle et sa petite communauté.
Lettre 504. — Lettre signalée dans un catalogue de M. Charavay, marchand d’autographes à Paris. L’original, en entier de la main du saint, comprend deux pages in-12 de texte.
Lettre 505. — Dossier de Turin, copie du XVIIe ou du XVIIIe siècle.
1) Charles Ozenne, né à Nibas (Somme) le 15 avril 1613 fut ordonné prêtre en 1637 et reçu dans la congrégation de la Mission le 10 juin 1638. Placé à la maison de Troyes après son séminaire, il y fit les vœux le 29 août 1642 et en fut nommé supérieur en 1644. C’est de là que saint Vincent le retira en 1653, pour lui confier la direction de la Mission de Pologne "C’est, disait-il, un homme de Dieu zélé et détaché, qui a grâce pour la conduite et pour gagner les cœurs des personnes du dedans et du dehors". Malheureusement, la carrière de cet excellent missionnaire fut courte. Il mourut à Varsovie, le 14 août 1658. (Notices, t. III, pp. 148-154.)
2). Le copiste a écrit 14 janvier 1740. Ce 7 est évidemment le résultat d’une distraction et ce 0 celui d’une mauvaise lecture. La mort de Robert de Sergis, que la lettre 475, du 26 août 1640, dit encore vivant, était toute récente le 3 février 1641 (cf. 1. 507).
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die du bon Monsieur Dufestel (3). Je vous supplie, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Monsieur, de le faire bien assister en toutes les manières possibles. Je ne doute pas que vous et toute la compagnie ne le fassiez avec toute la charité imaginable ; mais je vous prie de le faire voir soigneusement par le meilleur médecin et de ne lui rien épargner. O mon Dieu ! Monsieur, que ne suis-je auprès de vous pour seconder vos soins et vos assistances !
Il a plu à Notre-Seigneur de récompenser de ses travaux le bon Monsieur de Sergis ; je vous enverrai la manière dans deux ou trois jours (4). Je vous prie cependant de prier Dieu pour lui.
Vous direz à Monsieur Dufestel que nous aviserons ci-après s’il est expédient qu’il prenne la voie du neveu de Monseigneur de Troyes (5) pour se faire payer de Monsieur de Saint-Armand et que nous poursuivrons cependant le paiement, comme aussi bien de la rente de Monsieur le commandeur (6) ; que je pense voirement qu’il faudra faire un effort, sous le nom d’un ami, pour avoir la maison dont il me parle et qu’il ne faut pas perdre de temps. Le bon Monsieur Gouault continuera son assistance pour cela comme en toutes choses, comme je le prie de sa bonté ; et moi je solliciterai la place dont il me parle, maintenant que ce bon confrère est de retour.
Monsieur du Coudray n’est point encore de retour. J’en suis très en peine, pource qu’il y a dix jours qu’il devrait être ici.
3. Supérieur de la maison de Troyes.
4). Cette lettre, envoyée aux supérieurs de toutes les maisons de la Compagnie, ne nous a pas été conservée. Nous ne savons rien sur les derniers moments de Robert de Sergis.
5). René de Breslay, évêque de Troyes.
6). Sur la pension annuelle due à saint Vincent soit par Mgr de Troyes, soit
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Nous avons ici un de vos parents, nommé Heurtel (7), qui veut se donner à Notre-Seigneur dans notre petite compagnie. Et moi je salue le bon Monsieur Dufestel et l’embrasse en esprit avec toute l’humilité et l’affection qu’il est possible, comme je fais tout le reste de votre famille, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A la R. Mère supérieure de la Visitation Sainte-Marie de Troyes pour faire tenir à Monsieur Ozenne, prêtre de la Mission, à Troyes.
506. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce jeudi matin. [31 janvier 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je ne puis assez humblement et affectionnément à mon gré vous remercier de votre assistance à notre besoin. Je prie Notre-Seigneur qu’il soit votre récompense et l’augmentation de son amour. Je viens de dire qu’on fasse venir demain le notaire pour vous faire une constitution de cette somme et tâcherai de vous donner de l’argent que nous vous devons, au plus tôt. Je pensais vous aller voir aujourd’hui ; mais l’on est d’avis que je sois saigné pour la seconde fois ; si je le
7). François Heurtel, né à Nibas (Somme) en 1621, entré dans la congrégation de la Mission le 26 novembre 1640, reçu aux vœux le 1er décembre 1642, ordonné prêtre en 1645.
Lettre 506. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Cette lettre est très probablement du jeudi qui précéda le jour ou fut écrite la lettre 509.
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puis, ce sera demain, Dieu aidant. Nous avons bien des choses à traiter avec vous ; la plus pressante est celle de la fille pour Sedan. Je vous prie d’envoyer quérir Marie, de Saint-Germain, et de lui parler et de voir qui vous mettrez à sa place. Il faut qu’elle parte dans Cinq ou six jours et que j’envoie dire le dernier mot à Monsieur le curé de Saint-Germain (2).
L’assemblée s’est assez bien passée à mon gré, Dieu merci, en l’amour duquel je suis v. s.
507. — A LOUIS LEBRETON
De Paris, ce 3 février 1641.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Il y a longtemps que je ne vous ai écrit ; mon voyage de Richelieu, le grand embarras des affaires que j’ai trouvé au retour et mon indisposition que j’ai eue ensuite, avec ma paresse ordinaire, en sont la cause. Je vous écrirai dorénavant plus souvent de mes lettres, Dieu aidant, comme je l’espère.
Le récit que vous me faites de votre mission dans le diocèse de Porto m’a fort consolé, et plus que je ne vous puis dire. Il me reste une difficulté en cela, de savoir la raison pour laquelle vous demeurez si peu en chaque lieu, car la maxime de la Mission est de demeurer et
2) Pierre Colombet Il fut curé de Saint-Germain l’Axerrois du 6 mars 1636 au 6 juillet 1657.
Lettre 507. — Recueil du procès de béatification.
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de travailler sur les lieux jusqu’à ce que toutes les âmes aient fait leur devoir ou non ; ce que nous avons dû faire pour cela que ceux qui en ont le plus grand besoin sont toujours ad feces. (1)
J’ai parlé à Madame la duchesse d’Aiguillon de votre proposition à faire à S [on] E [minence] (2) touchant notre fondation à Rome. Je n’en ai point encore réponse.
Je suis ravi de consolation de ce que vous me mandez, de ce que Monseigneur le cardinal Bagni a pensé à nous sur le sujet de cette chapelle, et je prie bien Dieu qu’il sanctifie de plus en plus sa chère âme.
Je ne saurais que vous dire sur les diverses propositions que vous me faites de ces chapelles et des divers endroits que vous me proposez, sinon que je remets le tout à la Providence de Dieu et aux bons conseils que les personnes qui ont charité pour nous vous pourront donner de delà. Je ne puis vous exprimer combien les charités sont diminuées de deçà et la difficulté de trouver à emprunter. Chacun se ressent de la misère du siècle. Nous attendons la résolution de Son éminence avec patience et l’instant de la Providence à l’égard de notre établissement.
Personne ne me demande l’argent que vous me mandez que vous avez pris de delà.
J’attends aussi l’occasion pour parler et faire parler à l’égard des abbés dont dépendent les deux prieurés (3), pour avoir leur consentement à l’égard de l’union. Nous nous sommes accommodés avec celui qui avait le droit de Monsieur le général de la Terrade, du Saint-Esprit, touchant la maison de Toul, et avons eu avis qu’il tra-
1). La lie sort en dernier lieu du tonneau.
2). Le cardinal de Richelieu.
3). Le prince de Conti et le cardinal de Richelieu
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vaille à avoir son consentement, comme vous m’avez mandé.
Voici des lettres et des mémoires de Monseigneur l’évêque de Genève (4) touchant le dessein qu’il a d’un séminaire, dont il désire donner la direction aux missionnaires que nous avons dans son diocèse. Vous verrez ces lettres et son mémoire et celui de Monsieur Codoing, cachetterez ces lettres et les délivrerez à ceux qu’elles s’adressent ; et faites votre possible, s’il vous plaît, pour le succès de son dessein. Voyez combien il importe qu’il y ait un établissement de la compagnie dans tant de rencontres.
Les Révérends Pères (5) que (6) vous communiquez le plus familièrement de delà écrivent de deçà tout ce que vous faites et le reste qu’on vous fait ; et on le divulgue de deçà. Je vous prie d’y faire attention. Je ne vous parle point des Révérends Pères jésuites.
J’oubliais à vous dire touchant le dessein de Monsieur de Genève, qu’il me paraît bien en toute son étendue, si ce n’est à l’égard des enfants qu’il veut qui y soient élevés ; car jusqu’à présent je n’ai pas ouï dire que pas un de cette sorte ait réussi au bien de l’église. Et l’expérience nous fait voir le contraire à l’égard de ceux de Rouen, de Bordeaux et d’Agen (7). J’en écrirai mon petit sentiment au saint prélat ou, quoi que ce soit, à Monsieur Codoing ; mais la difficulté ne se fera pas par vous de delà, s’il vous plaît (8),
4) Juste Guérin.
5) Les Pères de l’Oratoire.
6). Avec lesquels.
7). Au séminaire de Rouen n’étaient reçus que des jeunes gens âgés de quatorze ans au moins. Saint Vincent revient ailleurs (lettre 709) sur le petit nombre de prêtres qui sortaient de ce séminaire. (Voir l’excellent ouvrage de M. Degert Histoire des séminaires français jusqu’à la Révolution, Paris, 19l2, 2 vol. in-12, t. I, p. 86.) Les séminaires d’Agen et de Bordeaux étaient vides.
8). Saint Vincent était si peu opposé à l’admission des enfants dans
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Vous nous écrirez, s’il vous plaît, à tous deux et nous rendrez compte de ce que vous aurez fait.
J’ai reçu et envoyé à Richelieu les indulgences et les dispenses que vous leur aviez obtenues. Je vous ai écrit qu’on ne trouve pas bon de deçà que nous employions ni négociions avec celui duquel vous m’avez envoyé la lettre touchant nos affaires ; et celui qui le peut m’a dit qu’il fera faire notre affaire dans quelque temps.
Je n’ai point eu l’honneur de voir Son éminence qu’une fois, ni de lui dire que deux ou trois paroles depuis mon retour. Lorsque l’occasion se présentera, je lui dirai un mot pour le seigneur qui nous protège de delà et qui nous assiste avec tant de charité. Je vous supplie de lui renouveler les offres de mon obéissance, et à Monsieur Marchand aussi, en ce commencement d’année.
J’espère que vous avez reçu la fondation de Saint-Eutrope (9) et que votre charité continuera son soin pour le succès de cet affaire.
Nosseigneurs les prélats semblent désirer tous d’avoir des séminaires de prêtres, de jeunes hommes. Monseigneur l’évêque de Meaux, qui agrée une fondation qu’on nous fait dans son diocèse, désire cela (10). Et cela me semble bien à l’égard des ecclésiastiques seulement. Monseigneur de Saintes (11) nous offre la même chose. Et ainsi
les séminaires qu’il en reçut toujours de son vivant soit aux Bons-Enfants, soit à Saint-Charles. Mais, instruit par l’expérience que ce moyen était insuffisant pour obtenir la réforme du clergé, et parce qu’il donnait peu de résultats, et parce que ces résultats étaient tardifs, il jugeait avec raison que la préparation éloignée ne devait pas faire négliger la préparation proche de ceux qui étaient sur le point de recevoir les ordres ou les avaient déjà reçus, et que, lorsque les ressources ne permettaient pas d’entreprendre le tout, valait mieux aller au plus pressé.
9) A Morangis (Seine-et-Oise).
10). Dominique Séguier, évêque de Meaux, avait appelé les prêtres de In Mission à Crécy.
11). Jacques Raoul, sieur de la Guibourgère.
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le bon Dieu se servira de cette compagnie, à l’égard du peuple par les missions et à l’égard du clergé qui commence par les ordinations, à l’égard de ceux qui sont déjà prêtres en n’admettant personne dans les bénéfices ni dans les vicariats qui n’ait fait sa retraite et été instruit dans le séminaire, et à l’égard des bénéficiers par les exercices spirituels. Plaise à la divine bonté nous donner sa grâce pour cela !
La compagnie s’augmente en nombre et en vertu, par la miséricorde de Dieu, à ce que chacun reconnaît et qu’il m’a paru dans les visites. Il n’y a que moi misérable qui va me chargeant de nouvelles iniquités et abominations. O Monsieur, que Dieu est miséricordieux de me supporter avec tant de patience et de longanimité, et que je suis chétif et misérable d’abuser si fort de ses miséricordes ! Je vous supplie, Monsieur, de me donner souvent à sa divine Majesté.
Les aumônes de Lorraine continuent toujours, par la miséricorde de Dieu. Notre frère Mathieu y porte tous les mois deux mille cinq cents livres pour les pauvres et à raison de quarante-cinq mille livres pour les religieux et religieuses. Et nous avons aujourd’hui l’assemblée pour l’assistance de la pauvre noblesse réfugiée, à laquelle nous départîmes, le mois passé, mille et tant de livres, et espère que nous en départirons autant aujourd’hui.
Dieu a disposé de notre bon Monsieur de Sergis. Je vous en écris par une lettre à part.
Voilà nos petites nouvelles. Je reçois toujours les vôtres avec consolation et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Si après que celui à qui Monseigneur de Genève écrit
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aura vu ce qu’il lui dit de cette petite compagnie, peut servir de delà, quid si vous lui empruntiez pour la communiquer au seigneur Ingoli et à ceux que vous jugerez expédient ?
Suscription : A Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la congrégation de la Mission, à Rome.
6 février 1641.
La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous pour jamais !
Le jeune ecclésiastique nommé M. Clauset, qui est sorti de céans et demande à entrer chez vous, est plein de bonne volonté et digne que vous lui fassiez la charité qu’il vous demande. Il n’y a que 4 ou 5 jours que je conseillai à un autre ecclésiastique qui sort de Saint-Gervais et vient de faire sa retraite chez nous, de vous demander la même grâce que le premier, laquelle il m’a fait savoir, depuis, que vous lui avez faite ; et autant d’occasions que j’ai de vous en adresser, je le fais, et vous supplie aussi de l’avoir agréable, et qui plus est, de ne faire aucune difficulté de recevoir tous ceux de céans qui en voudront sortir et vous demanderont d’entrer chez vous, et cela sans demander mon agrément, comme aussi je vous supplie très humblement, Monsieur, de trouver bon que, s’il se présente quelqu’un de vos pensionnaires pour entrer en notre pauvre et chétive compagnie, que nous le recevions tout simplement ; je dis de vos pensionnaires et non certes de ceux qui ont le bonheur d’être liés à votre sainte communauté, que j’estime
Lettre 508. — Reg. 1, f° 34, v°. — Le copiste note que l’original était de l’écriture de saint Vincent.
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des plus saintes qui soient en l’église de Dieu et en laquelle je m’estimerais moi-même bien heureux d’être, si la Providence ne m’avait attaché à celle-ci. Que si je n’ai ce bonheur en effet, je l’ai en estime et en affection d’être, en l’amour de N.-S. et de sa sainte Mère, Monsieur, votre…
509. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce jeudi matin. [7 février 1641] (1)
Mademoiselle,
Les dames officières de Saint-Germain-de-l’Auxerrois furent hier céans pour me faire de grandes remontrances sur le sujet de notre sœur Marie (2), non pas tant pour la retenir comme pour avoir des filles qui sachent servir et faire les compositions et les remèdes ; que la compagne de Marie ne sait rien, non pas même la maison des dames pour les avertir ; et demandent celle qu’on leur a ôtée et qui est à Saint-Etienne (3), et Vincente. C’est à vous à voir quel moyen de retirer cette fille et quelle autre vous mettrez à sa place, ou bien de leur en donner quelqu’autre qui sache faire les compositions et ait de l’expérience. Cela nous fait voir combien il est nécessaire que vous veniez en cette paroisse et que toutes vos filles soient bien exercées.
Je vis hier la maison de laquelle je vous ai parlé, au faubourg Saint-Martin ; mais il n’y a pas de logement
Lettre 509. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1). Cette lettre est du jeudi qui précède la lettre 512, datée du 9 février.
2). Marie Joly. Elle était appréciée des dames de Saint-Germain-L’Auxerrois, qui la voyaient partir avec peine, mais n’osaient résister à la volonté de M. Vincent. On leur enlevait Marie Joly et on leur laissait une sœur qui ne les satisfaisait pas. On comprend leurs plaintes.
3.) Saint-Etienne-du-Mont, paroisse de Paris.
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assez. Il serait bon, comme vous dites, d’en avoir au plus tôt une à soi ; mais cela ne se trouve pas si facilement. Il est nécessaire de prendre la première qui se présentera cependant à louage.
Vous aviserez au plus tôt, s’il vous plaît, au choix de la fille et à l’envoyer pour retirer Marie, pour lui faire commencer sa retraite et la faire partir lundi prochain Je suis honteux du long temps qu’il y a que nous sommes en demeure à l’égard de cette bonne dame de Sedan.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis, Mademoiselle, votre serviteur très humble.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
510 — A LOUISE DE MARILLAC
Ce jeudi, à 2 heures. [7 février 1641] (1)
Je pense, Mademoiselle, que je ne me suis pas bien fait entendre touchant la fille qu’il faut envoyer à Saint-Germain. Je vous ai écrit que ces dames demandent celle que vous en avez ôtée et mise à Saint-Etienne. C’est à vous à voir si vous leur pouvez bailler celle-là ou quelqu’autre qui l’approche en expérience ; car leur (2) envoyant aujourd’hui celle-là, Monsieur le curé 3 me dit hier qu’il vous renverrait Marie aujourd’hui même (4).
Il est vrai que le besoin que nous avons * de filles bien faites me tient au cœur.
Pour le logement en cette paroisse, il faut, à quelque
Lettre 510. — L. a. — Original à Amiens chez les Filles de la Charité de la rue de Beauvais, n° 127.
1). Même réflexion qu’à la lettre 509, note l.
2). Dans l’original ce mot est répété.
3). Pierre Colombet.
4). Voir lettre 509.
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prix que ce soit, en avoir de louage, en attendant l’occasion d’en acheter un, qui ne se présente pas tous les jours comme il le faut.
Je vous vois toujours un peu dans les sentiments humains dès que vous me voyez malade, pensant que tout est perdu, faute d’une maison. O femme de peu de foi et d’acquiescement à la conduite et à l’exemple de J.-C. ! Ce Sauveur du monde, pour l’état de toute l’église, se rapporte à son Père pour les règles et pour les accommodements ; et pour une poignée de filles que sa providence s’est notoirement suscitée et congrégée, vous pensez qu’il nous manquera !
Allons, Mademoiselle, humiliez-vous très * bien devant Dieu, en l’amour duquel je suis v. s.
V.D.
J’ai été saigné aujourd’hui, mais je m’en porte bien mieux, Dieu merci.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
511. — A LOUISE DE MARILLAC
[8 février 1641] (1)
Mademoiselle,
Béni soit Dieu de ce que cette bonne fille Marie (2) a pris parti ! Tout pour le mieux, puisque vous jugez celle de Beauvais (3) avoir les dispositions pour se rendre capable de l’emploi de Saint-Germain (4) ; in nomine Domini, envoyez-la, s’il vous plaît.
Lettre 511. — L. a. — Original à l’hospice Saint-Nicolas de Metz.
1). Cette lettre a été écrite après la lettre 510 et avant la lettre 512
2). Marie Joly
3). Probablement sœur Françoise Carcireux, originaire de Beauvais.
4). Saint-Germain-l’Auxerrois.
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Monsieur Jourdain (5), que je pensais envoyer à Montmorency demain, est indisposé. Votre nourrice servira cependant à vos petits enfants, s’il vous plaît, pour sept ou huit jours seulement. J’ai perdu le mémoire que vous m’avez envoyé pour l’assemblée (6) Je vous prie de prendre la peine de m’en faire un autre. Je vous souhaite le bon jour et la paix de l’esprit et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur.
512. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Monsieur
Enfin notre bonne sŒur Marie est ici toute pleine de bonne volonté. Je la trouve un peu fatiguée du travail qu’elle a eu depuis huit jours, et appréhende beaucoup de s’en aller toute seule et de ne se voir plus avec ses sœurs, mais cela de la bonne sorte, que c’est sans murmure et sans que cela lui forme d’opposition à exécuter l’obéissance. Seulement elle fait paraître grande crainte. Mais moi je suis moins sage ; car la résolution qu’il me semblait que vous aviez prise de ne jamais envoyer seule m’est si fortement demeurée en l’esprit qu’il me paraît nécessaire d’envoyer quelqu’une avec elle. Elle peut devenir malade sur les chemins, ou, étant là, il se peut rencontrer de mauvaises personnes qui jugeront mal d’elle et lui pourront faire déplaisir. Et puis, comme l’on n’est pas insensible et que ce n’est pas peu que ces bonnes filles quittent tout elle peut avoir beaucoup de chagrin, et, ne se pouvant soulager l’esprit, il y a à craindre du découragement ; et je crains aussi que cela nuise aux autres, disant qu’on ne se soucie pas beaucoup des filles, puisqu’on les laisse aller toutes seules. Toutes ces raisons, Monsieur font que je prends la liberté de vous supplier d’y penser, et s’il y a moyen qu’elle serve d’exemple aux autres pour les encourager. Le voyage ne nous coûtera pas beaucoup, car, outre les dix écus
5). Jean Jourdain, le premier frère coadjuteur de la Mission.
6). L’assemblée des dames de la Charité.
Lettre 512. — Arch. de la Mission, copie prise sur l’original autographe.
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qu’elle apporta il y a huit jours, elle en apporta encore hier autant Pour ce qui est de leur dépense, comme elles sont nourries à n’en pas faire de grande, je crois que si peu que l’on pourra donner à l’une aidera à vivre à l’autre, et elles travailleront pour gagner le reste ; car, encore qu’elle eut beaucoup de travail et de malades à Saint-Germain, elle ne laissait pas de blanchir pour autrui et gagnait quelque chose.
Je pensais, Monsieur, si vous le trouviez bon, de lui donner notre grosse sœur Claire ; c’est celle qui vous fut trouver à Sainte-Marie pour être reçue, et sa mère l’y mena. C’est une humeur assez docile, et je crois qu’elles seront bien ensemble. Je vous supplie très humblement prendre la peine me mander si vous voulez qu’il soit ainsi et le jour qu’elles pourront partir. et s’il ne faut point que j’envoie retenir leur place au coche.
Je suis bien fâchée de vous travailler dans votre mal, que je supplie notre bon Dieu guérir, et suis, Monsieur, votre très humble fille et très obligée servante.
L. DE M.
Ce 9 février 1641
La sœur que je vous propose pour aller avec ma sœur Marie Joly sait lire, et non pas elle ; elle pourrait tenir école aux pauvres petites filles Si votre charité pensait à une autre fille, si vous plaît la nommer et s’il y a moyen donner une compagne à notre bonne sœur Marie ?
513. — A LOUISE DE MARILLAC
[9 ou 10 février 1641] (1)
Mademoiselle,
J’approuve votre pensée touchant l’envoi des deux filles, pourvu que la seconde sache faire les écoles ; et c’est de quoi je doute ; et sera bon que vous l’instruisiez. J’ai quelqu’autre difficulté pour leur vivre. Si cette fille ne fait pas les écoles, vaudrait-il pas mieux y envoyer quelqu’autre moins nécessaire en cette ville ?
Lettre 513. — Arch. de la Mission, copie prise sur l’original autographe.
1) Cette lettre répond à la précédente, à la suite de laquelle elle été écrite.
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Bon jour, Mademoiselle. Je me porte mieux, Dieu merci, et suis votre serviteur très humble.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
514. — A LOUISE DE MARILLAC
[Février 1611] (1)
Voici la copie de la lettre que j’écris à Madame la duchesse de Bouillon (2) et au R. P. capucin, en l’absence de Monsieur de Rozière ; voyez s’il y a quelque chose à ajouter ou ôter. J’ai oublié de vous dire, pour l’argent, que, si vous leur baillez les vingt écus que Marie (3) a apportés, cela me semblera bien, mais qu’il faudra que ce soit la plupart en or et qu’elles accommodent en quelque endroit de leurs habits. Renvoyez-moi ces lettres à l’heure même, s’il vous plaît.
515. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Avant 1650] (1)
Notre bon Dieu a voulu ajouter à la consolation, que sa bonté a fait me donner par votre charité, me faisant paraître en un autre sujet, que sa providence ne dédaigne les pécheurs m’ayant envoyé Madame de Marillac (2) pour me dire qu’elle
Lettre 514. — L. a. — Original à l’hôpital du Bon-Secours à Metz.
1). Cette lettre semble postérieure de peu de jours à la lettre 512.
2). Eleonore. Catherine Fébronie de Bergh, mariée le 1er février 1634 à Frédéric-Maurice, duc de Bouillon, morte le 14 juillet 1657, dans sa quarante-deuxième année. Elle contribua de ses libéralités à établissement des Filles de la Charité à Sedan.
3). Marie Joly
Lettre 515. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Date du mariage de Michel Le Gras.
2) épouse de Michel de Marillac, conseiller au Parlement
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croyait que j’étais incommodée et qu’elle me priait lui dire librement, pour me donner le support que Madame sa mère (3) m’avait offert, qui était, tous les ans, quelque somme. Je lui ai avoué tout simplement la peine que j’avais et que je n’aurais besoin de rien si mon fils avait quelqu’emploi.
Elle a désiré de vous voir pour ce sujet, mais vous étiez sorti, pour savoir de vous, Monsieur comme Monsieur de Beauvais (4) avait reçu la proposition quelle lui avait faite, et son sentiment en ce sujet ; et parce qu’elle ne sait de quelle sorte elle lui en doit parler, et qu’il doit partir demain ou après, elle et moi vous supplions très humblement prendre la peine de lui écrire un mot en ce sujet, je dis à Madame de Marillac, si vous le jugez à propos. Elle a désiré cela, crainte que vous n’eussiez à me dire quelque chose qui me contristât.
Je ne sais si c’est mon orgueil qui me donne peine de la peine que je donne à autrui. Je devrais bien être meilleure, puisque j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble fille et très obligée servante.
516. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce samedi matin. [Entre 1639 et 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Il sera bon que vous continuiez les oraisons ordinaires et que vous en donniez une particulière à cette bonne fille pour l’entrée en son mariage :
1° Des raisons qu’a une femme de bien vivre avec son mari. Sur quoi vous lui donnerez trois autorités. La première, ce que dit saint Paul (2), que le mari est le chef de
3). Ou plutôt sa belle-Mère, veuve de René de Marillac, alors au Carmel.
4). Augustin Potier.
Lettre 516. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). La place donnée aux mots "ce samedi matin" en tête de la lettre indique qu’elle n’a pas été écrite avant 1639. D’autre part, après 1641 les sœurs n’étaient plus à la Chapelle.
2). épître aux Ephésiens V.
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la femme et par conséquent que c’est à elle d’avoir la même dépendance de son mari qu’ont les membres à l’égard du chef ; 2° ce que dit le même saint Paul aux femmes, qui est qu’elles obéissent à leurs maris ; 3° que Dieu dit qu’il faut que La femme quitte père et mère pour suivre leurs maris.
Le second point est à savoir en quoi consiste la bonne vie d’une femme avec son mari. Or elle consiste à aimer son mari plus que toutes choses après Dieu ; en second lieu, à lui complaire et obéir en toutes choses qui ne sont pas péché.
Le 3° point est des moyens pour obtenir la grâce à une femme pour bien vivre avec son mari : 1° c’est de le demander à Dieu ; 2° de ne souffrir dans son cœur aucune pensée de moindre estime de lui ; 3° de ne dire ni faire jamais aucune chose qui lui puisse déplaire ; 4° se proposer l’imitation de quelque femme mariée qui vit bien avec son mari ; 5° d’avoir dévotion à honorer le mariage de saint Joseph et de la sainte Vierge.
Vous avez l’esprit trop défiant. Ayez confiance que Notre-Seigneur fera son bon plaisir en M. votre fils.
Il faut accomplir pour Angers ce que vous avez promis, ores que contre votre sentiment.
Si je le puis, j’irai demain à La Chapelle ou y enverrai.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
517. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce samedi à midi. [Février ou mars 1641] (1)
Madame de Chaumont vient de sortir d’ici. Elle m’a
Lettre 517. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Cette lettre précède de peu de jours la lettre 518.
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parlé d’une comédienne qui désire quitter sa manière de vie et se retirer en son pays, où elle désire acheter une terre, ayant gagné assez de l’argent pour cela. Mais cette bonne dame lui souhaite une retraite de sept ou huit jours auparavant. Je lui ai fait espérer cette charité chez vous. Le voulez-vous pas bien, Mademoiselle ?
Cette bonne dame a retiré une fille des Ursulines (2), qu’elle y avait mise et y a demeuré six ans. Elle sait que ces bonnes filles religieuses enseignent, et excellemment, [à] travailler en tapisserie. Il m’est tombé en la pensée que peut-être elle pourra servir utilement deux ou trois mois aux filles de La Chapelle, notamment pour les enseigner à faire les écoles. Que vous en semble, Mademoiselle ? Un mot de réponse à tout cela. Cette fille n’est pas fille de cette bonne dame, ni en disposition de se donner à la Charité ; elle veut être religieuse.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle le Gras.
518. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce mercredi matin [Février ou mars 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je ne pense pas que vous deviez craindre ce que vous me mandez de cette fille ; c’est pourquoi je vous prie, sauf votre meilleur avis, d’écrire à Madame de Chaumont qu’elle la vous envoie, ou de le mander de bouche
2). Couvent fondé en 1612, sur la paroisse Saint-Jacques, par Mademoiselle Lhuillier, veuve de Claude Le Roux.
Lettre 518. — L. a. — Original au Berceail de Saint-Vincent-de-Paul,
1). Cette lettre est antérieure de quatre jours à la lettre 519.
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à sa concierge ; car c’est ainsi que je lui ai écrit qu’au cas que vous le trouvassiez bon, si elle laissait la fille en cette ville, que l’on l’enverrait quérir ; sinon, il me semble qu’il sera bon que vous fassiez dire à la concierge qu’elle lui envoie votre lettre à Saint-Germain. Et pour sa pension, vous pourriez faire dire à Madame la marquise (2) que vous recevrez ce qu’il lui plaira.
Voici une lettre de Madame Le Roux, qui espère aller faire sa retraite lundi chez vous avec Madame Lotin. Votre santé vous permettra-t-elle de vous y rendre, Mademoiselle ? Ma défluxion semble un peu se passer et me faire espérer le moyen d’assister vendredi prochain à l’assemblée, laquelle je vous prie d’offrir à Notre-Seigneur, en l’amour duquel je suis votre serviteur.
519. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce dimanche matin. [Février ou mars 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici bien des choses que j’ai à vous dire ; je ne sais si je me ressouviendrai de toutes. La première est que notre sœur Maurice, de Saint-Sulpice, a abandonné la Charité, que sa mère l’alla quérir hier. Ce sont des effets de notre sœur Marie. Madame la duchesse (2) s’écria en
2) Madame de Chaumont.
Lettre 519. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité original.
1). Une phrase de la lettre porte à croire qu’elle a été écrite pendant le carême ; l’ensemble ne peut s’appliquer qu’à l’année 1641.
2). La duchesse d’Aiguillon, présidente de la Charité établie sur la paroisse Saint-Sulpice.
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ma présence quand elle le sut, car je la vis hier, et dit que c’était le mauvais traitement que ces filles recevaient de leur paroisse, qu’elle voulait tout quitter elle-même (3). Oh bien ! il est question d’y pourvoir. Au nom de Dieu, Mademoiselle, voyez qui vous lui pourrez donner dès aujourd’hui. L’une de celles qui restent est malade et n’y en a qu’une qui puisse travailler. Je vous supplie, Mademoiselle, de faire votre possible pour cela. Elle me parla encore hier de l’établissement de ces filles et je lui ai dit que nous en parlerons dans deux ou trois jours.
Je pense que vous ferez bien d’envoyer Jeanne à Saint-Germain (5).
Mesdames Le Roux et Lotin pressent pour commencer demain leur retraite chez vous ; que vous en semble, Mademoiselle ? La seconde est dans l’usage de la viande. Il me sera difficile d’aller chez vous à cause de ma petite incommodité ; il faudra qu’elles viennent ici.
Vous ferez ce que vous pourrez pour Saint-Jacques et pour les forçats.
Je hâterai Monsieur Lambert pour les filles.
Et pour l’affaire d’Angers, j’oubliai hier d’en dire un mot à M. de Cordes ; nous verrons. Vous pourriez prendre excuse, pour les papiers, sur ma petite indisposition.
Il faut continuer à prier pour la maison, pour laquelle je ne me mets pas tant en peine que du moyen présent de vous établir ici par louage. O Jésus ! Mademoiselle, votre affaire ne dépend pas d’une maison, mais bien de la continuation de la bénédiction de Dieu sur l’œuvre.
Je m’en vas parler à Monsieur du Coudray s’il connaît des filles de Lorraine propres et en faire écrire partout.
3). La paroisse Saint-Sulpice l’emportait sur les autres paroisses de la capitale par son étendue et sa mauvaise réputation. (Cf. Faillon, op. cit., t. II, p. 12.)
4.) Jeanne Lepeintre.
5). Saint-Germain-en-Laye.
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Voilà une ouverture qui me vient de venir présentement.
Mandez-moi votre sentiment au plus tôt touchant ces bonnes dames et leur retraite.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis votre s.
V.D.
Je viens d’écrire à Madame Le Roux pour remettre la retraite.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
520. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce mardi à 2 heures. [Après 1639] (1)
Mademoiselle,
J’ai pensé à propos de faire copier et collationner les papiers d’Angers ; cela sera fait dans deux jours.
Je voudrais bien voir la lettre que vous écrit Monsieur l’abbé de Vaux.
Je me porte bien, Dieu merci, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 520. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Date d’entrée des Filles de la Charité à l’hôpital d’Angers.
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521._ A LOUISE DE MARILLAC
[Après 1637] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour Jamais !
Je me porte bien, Dieu merci, à ma petite fiévrotte près Je pris hier des eaux et me propose de continuer, Dieu aidant, si j’en trouve ; il me semble qu’elles me feront bien, comme elles ont toujours fait.
Et vous comment vous portez-vous ? Si je le puis, je vous verrai tantôt. Je vous envoie cependant deux lettres de Richelieu ; nous en conférerons.
Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
522. - UN PRêTRE DE L. A MISSION A SAINT VINCENT
1641
Il n’est pas imaginable combien maintenant nos travaux passés sont détrempés de consolations, que notre bon Dieu nous envoie pour nous donner courage. Ces âmes de Poitou, qui semblaient dures comme des pierres, ont pris le feu sacré de la dévotion si fortement et avec tant d’ardeur qu’il ne semble pas se pouvoir éteindre de longtemps.
Lettre 521. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) La maison de Richelieu a été fondée en 1638.
Lettre 522. — Abelly, op. cit., 1. Il, chap. I, sect. II, 1er éd., p. 50
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