Correspondance (page 21)
523. — A SAMSON LE SOUDIER
Paris, ce jour des Rameaux (1) 1641.
Monsieur
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai une très grande confusion d’avoir tant mis à vous faire réponse. Je vous en demande pardon avec toute l’humilité qui m’est possible, dans l’espérance que j’ai de m’amender.
Votre bon frère (2) a son titre et son dimissoire et prendra le premier ordre sacré à cette ordination. J’espère que Notre-Seigneur lui donnera beaucoup de part à son esprit, et le prie qu’il vous fasse la grâce de continuer vos prédications et vos catéchismes. Au nom de Dieu, Monsieur, prenez courage là-dedans et ne vous découragez pas. Quoique vous n’ayez pas tant de talents, Notre-Seigneur les vous augmentera, s’il lui plaît, dans l’esprit d’humilité et de charité dans lequel je me persuade que vous vivez et au dedans et au dehors la maison. O Monsieur, que je prie bien Dieu qu’il vous perfectionne en cet esprit ! Je l’espère de sa bonté et m’en vas lui demander tout présentement au saint sacrifice, qui suis, en son amour, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Le Soudier, prêtre de la Mission, à Luçon.
Lettre 523. — L. a. — Original à Turin, dans la maison centrale des Filles de la Charité.
1) 24 mars.
2) Jacques Le Soudier.
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524. — A MONSIEUR PERRIQUET
De Paris, ce jour de Pâques (1) 1641.
Monsieur
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu la vôtre avec consolation et appris la bénédiction que Notre-Seigneur vous donne avec admiration ; j’en rends grâces très humbles à sa divine Majesté et la prie qu’elle aille sanctifiant votre chère âme de plus en plus. Il y a longtemps que je pense à ce que vous me fîtes l’honneur de me proposer, savoir si vous ferez mieux de continuer le service que vous rendez à Dieu en ce quartier-là, ou de revenir au lieu où il semble que la Providence vous requiert, c’est à votre bénéfice. Or il faut que je vous die, dans la simplicité de mon cœur qu’il me semble que vous feriez mieux de demeurer à Bayonne : 1° parce que la même Providence, qui ne se contredit jamais, vous a premièrement appelé à Bayonne ; 2° parce qu’elle vous y bénit supra modum, 3° parce que je doute que vous ayez fait tant de fruit qu’à Bayonne (4) parce que Notre-Seigneur vous a donné les dispositions qu’il faut pour l’y servir, sans attendre d’autre récompense que celle du ciel ; 5° parce que non seulement je vous vois utile à Monseigneur de Bayonne (2) mais aussi nécessaire, notamment dans l’état auquel il se trouve. Que répondrez-vous à Dieu si, faute de votre assistance, ce bon prélat abandonne sa chère épouse, qui vous chérit tant ?
Lettre 524. — Dossier des prêtres de la Mission, copie du XVIIIe siècle. * La découverte récente de l’original nous a permis de publier au second supplément, t. VIII, p. 551, un texte plus pur de la lettre 524
1) 31 mars.
2). François Fouquet.
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Les chétives pensées que je vous propose et que je soumets aux vôtres, je n’oserais les dire qu’à peu d’ecclésiastiques, parce qu’il y en a peu, si me semble, que Dieu ait prévenus de la grâce de ne point regarder les intérêts temporels ; et vous êtes, si me semble, l’un de ceux que j’aie jamais vus le plus en ce désintéressement. Et ce qui me fait penser que je ne me trompe pas, c’est qu’il y a longtemps que j’y pense, et que Monseigneur de Bayonne vous pourra témoigner que, quoi qu’il m’en ait dit, je ne pouvais alors me résoudre à vous dire ce que je vous dis à présent. Et je puis vous assurer, comme je le fais devant Dieu, que nulle raison humaine me fait vous dire ceci, ains la seule vue de Dieu et du bien de son église. Mais, parce que je suis un pauvre laboureur et un porcher et, qui pis est, la plus abominable et la plus détestable de toutes les personnes du monde, je vous prie de n’avoir aucun égard à ce que je vous dis, si cela ne vous semble conforme à la volonté de Dieu, en l’amour duquel et en celui de Jésus-Christ, je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Perriquet, vicaire général de Monseigneur l’évêque de Bayonne, à Bayonne.
525. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce mardi à midi. [Entre 1641 et 1654] (1)
Voici vos papiers, Mademoiselle. Nous parlerons de ce que vous me dites de la chambre pour Madame
Lettre * 525. — L. a. Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Durée du séjour de sœur Marie Joly à Sedan. La lettre semble plutôt de 1641.
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Lhoste (?). Frère Pierre Rogue s’en est allé sans dire adieu ; il y a un mois qu’il n’est plus céans.
Vous ferez ce qu’il vous plaira touchant les papiers de notre sœur Marie (2), de Sedan. Je lui écrirai et ferai réponse à Madame Forest.
L’on demande 500 livres de la maison, et moi vos prières, qui suis v. s
526. – LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[1641] (1)
Monsieur
Voilà une lettre de la mère de ma sœur Aimée de Troyes que ses frères ne voulurent pas emmener. je vous supplie très humblement prendre la peine me mander quand cette bonne dame dont elle parle s’en retourne et si je lui baillerai de l’argent, tant pour sa dépense que pour sa place du coche, et combien.
L’occasion que je pense que Dieu me donnait aujourd’hui de vous parler m’a fait apercevoir des fautes pareilles que je fais souvent ; mais aussi, mon très honoré Père il me semble qu’elle doit faire connaître à votre charité le besoin que j’ai d’être aidée pour faire la très sainte volonté de Dieu et qu’il ne faut s’attendre à moi de rien du tout que de ce que vous me ferez l’honneur me commander ; car pour cela il me semble que notre bon Dieu me fait la grâce de m’en souvenir.
Une des choses qui me presse le plus est de vous demander instruction pour me conduire vers notre bonne sœur Barbe et vous dire qu’elle a grand besoin de vous parler croyant que jusque-là elle n’aura point de contentement. Si vous pouviez aller à La Chapelle samedi ce nous serait un grand bien.
Je me crains bien que notre sœur. Marguerite la demoiselle (2)
2). Marie Joly.
Lettre 526. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Cette lettre a été écrite alors que la maison-mère était encore à La Chapelle et après le rappel de sœur Barbe Angiboust de Richelieu, dans les premiers temps du séjour de Marguerite de Turenne à la maison-mère.
2). Probablement Marguerite de Turenne, parente du curé de Saché.
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ne se détraque à la fin. Si votre commodité permettait que je vous puisse parler avant, j’en serais bien aise.
S’il plaît à votre charité se souvenir du papier qu’elle m’a promis pour m’aider à parler à nos sœurs 2 ou 3 fois par semaine pour essayer de les encourager.~ me semble que je mérite de grandes punitions pour tous leurs manquements. demandez à Dieu quelqu’un qui leur puisse mieux servir mais je vous en supplie la larme a l’œil ; avec qu’il y ait tant d’années que Dieu me fait la grâce de me parler par vous et que je sois telle que je suis ! Demandez-lui miséricorde, s’il vous plaît, pour ma pauvre âme, qu’il a mise en vos mains pour être à jamais. Monsieur. votre très humble et très obligée fille et servante
527. — A LOUISE DE MARILLAC
[1641] (1)
Je pense, Mademoiselle, que vous ferez bien de bailler ce qu’il faudra à votre bonne fille (1) pour s’en retourner, et de l’adresser à Madame Gouault, qui se tient chez son fils le marchand, à la rue Saint-Honoré.
Il m’est impossible de vaquer à nos filles avant la fin de la semaine prochaine. Nous avons des assemblées chaque jour d’ici à mercredi. En ce temps-là, je parlerai à Barbe. Il faut occuper cette fille ailleurs, les choses étant de la sorte. Et pour cette bonne demoiselle, quelle pensée avez-vous pour elle ? Je parlerai à M. Guilloire de Mademoiselle Constance. Il sera bon cependant de gouverner Madame Belot (2) ;
Lettre 527 — L a. — Dossier des Filles de la Charité, original. Cette lettre répond à la précédente, à la suite de laquelle saint Vincent l’a écrite.
1) Sœur Aimée.
2) Peut-être Marie Le Maistre, épouse de Martin Belot, gagne-denier, qui avait son domicile sur la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, rue des Rats, depuis rue d’Arras.
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mais ne vous semble-t-il point que Madame Turgis pourra suppléer ? Il sera bon, si vous la jugez propre, que vous lui donniez de la créance parmi les filles.
Et pour vous, au nom de Dieu, Mademoiselle, excusez si je ne vous parle si tôt. Ce sera dès que je le pourrai, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.
V.D.
528. — A LOUISE DE MARILLAC
[1641] (1)
Cette bonne fille s’est enfin déterminée d’aller à Saint-Côme (2) quoique, dans son humeur flottante, elle die qu’elle n’y sera pas longtemps ; à la bonne heure, son oncle était fait tout comme elle.
M. Dehorgny m’a mandé, il y a deux ou trois jours, qu’on n’est pas bien satisfait de notre sœur Jeanne, des forçats ; c’est Monsieur de Saint-Nicolas (3) qui lui en a parlé. Selon cela, il importe de l’ôter le plus tôt que vous pourrez. Je ne sais si cet emploi ne surpassera pas les forces de notre sœur Barbe Angiboust (4).
J’espère vous voir, Dieu aidant, demain. Je loue Dieu cependant de ce que vous vous portez bien. Je suis resté fort édifié de cette bonne demoiselle
Lettre 528. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
l). Ce fut alors que sœur Barbe Angiboust alla servir les galériens.
2). Paroisse de Paris.
3). Georges Froger, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. On sait que le clergé de Saint-Nicolas était chargé de l’aumônerie des galériens.
4.) Elle s’y fit remarquer, comme partout, par sa grande charité et son inaltérable patience. Il arrivait que les galériens, mécontents de ce qu’on leur servait, jetaient à terre leur repas. Barbe se baissait alors, ramassait le pain, la viande, et après avoir nettoyé les aliments, les redonnait aux forçats, le visage toujours souriant.
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d’Arras ; quand commencera-t-elle sa retraite ? Elle est fort intérieure. Je ne sais pas si elle aura assez d’activité ; Notre-Seigneur en aura assez pour elle.
529. — A LOUISE DE MARILLAC
[Avril ou mai 1641] (1)
Il me semble, Mademoiselle, que notre chère sœur Marguerite, de Saché, est un peu trop vacillante ou moins déterminée. Vous lui parlerez, et, si vous en restez satisfaite, vous la pourrez admettre. Il est à craindre que, si l’on la refuse, que ce ne lui soit un plus grand sujet de tentation (2). Celle de Liancourt (3) qui a été à Nanteuil doit être différée, si me semble.
J’ai dit à Jeanne (5) qu’elle ne pense point à ce mouchoir pour la coiffe, allant à l’église. Je pense qu’il la faut supporter en cette attache. Elle pourra revenir de cela avec le temps ; il est dommage ; c’est une bonne fille.
A huit heures, je descendrai pour célébrer la sainte messe ; et Dieu sait de quel cœur j’espère la dire pour vous et pour vos filles, et combien affectionnément je me recommande à vos prières et aux leurs.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Lettre 529. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original. Voir note 2.
2). Marguerite de Turenne prit l’habit de Fille de la Charité le jour de la Pentecôte de l’année 1641, ou aux environs de cette fête. (Lettre de sa mère conservée aux arch. des Filles de la Charité)
3). Peut-être Françoise Noret, qui était de Liancourt.
4). Nanteuil-le-Haudoin (Oise). Cette localité avait pour seigneur Charles de Schomberg, duc d’Halwin, pair et maréchal de France.
5) Jeanne Lepeintre.
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530. — A LOUISE DE MARILLAC
Béni soit Dieu, Mademoiselle, de tout ce qu’il lui a plu faire en vous dans votre retraite et de ce qu’il m’a privé de la consolation de vous y voir !
Je me porte assez bien, Dieu merci, et (suis) en état de vous offrir demain à Notre-Seigneur dans le nouvel état extérieur et intérieur auquel le divin amour vous a disposée (1) ; il supplée et fait divinement ce que les hommes ne peuvent faire humainement. Peut-être a-t-il permis exprès que je ne vous aie pas vue pour ne pas mettre ma faux en sa moisson. Je le prie qu’il vous anime tout de son esprit et vos deux filles aussi, ensemble vos malades.
Vous ferez bien de renvoyer cette bonne Angevine au plus tôt après les fêtes. Nous verrons après cela l’ouvrage de Notre-Seigneur en vous ; et le ciel vous regardera demain dans l’habit extérieur de pénitence, qui a longtemps rempli votre esprit et son esprit, par sa miséricorde, en l’amour de laquelle je suis votre…
V. D.
Je me ferai dire ce que vous désirez savoir de M. Le Gras.
Lettre 530. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original,
1). Barbe Bailly dit dans ses notes que Louise de Marillac revêtit l’habit de Fille de la Charité un jour de la Pentecôte et en fut si malade qu’il lui fallut reprendre sa coiffe. La sœur de Geoffre place ce fait en 1639 d’après "plusieurs rapprochements" (lettres de saint Vincent à Louise de Marillac p. 218, note.) Nous ne savons quels rapprochements elle a eus en vue ; mais nous doutons fort qu’avant l’entrée des Filles de la Charité à l’hôpital d’Angers, Louise de Marillac ait eu des Angevines dans sa Communauté. Dans sa correspondance et dans celle de saint Vincent, il n’est jamais question de sœurs angevines avant le 1er décembre 1640.
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20 juillet 1641.
Monsieur
J’ai reçu celle qu’il vous a plu me faire l’honneur de m’écrire, à laquelle je ne vous ai point fait réponse au plus tôt après l’avoir reçue, à cause de l’embarras auquel je me suis trouvé. Votre charité me le pardonnera, s’il lui plaît, et aura agréable que M. Duchesne vous fasse la réponse de vive voix. Il s’en va vous trouver avec M. le doyen de Saint-Frambourg (2) pour l’affaire dont est question. Je vous supplie très humblement, Monsieur, de l’assister de vos bons conseils et de votre protection.
Si vous jugez devant Dieu que notre pauvre et chétive compagnie puisse rendre quelque petit service à sa divine Majesté en votre bonne ville, mondit sieur le doyen et lui vous diront l’état de l’affaire. Et moi je vous supplie d’agréer que je vous renouvelle ici les offres de mon obéissance, qui suis, en l’amour de N.-S., Monsieur…
1) Jean Deslyons, né à Pontoise en 1615, avait pris possession du doyenné et de la théologale de Senlis le 11 septembre 1638, et reçu en Sorbonne, le 5 juin 1640, le bonnet de docteur. Il se laissa entraîner dans les idées jansénistes et y persévéra, malgré les efforts que fit saint Vincent pour le ramener. C’était d’autant plus regrettable qu’il avait de la vertu, une vaste érudition et avait su gagner l’estime de tous ceux qui le connaissaient. Il était passionné pour les anciens usages de l’église, dont il désirait le rétablissement. On lui doit des ouvrages très appréciés. Il mourut à Senlis le 26 mars 1700.
2). Aujourd’hui Villers-Saint-Frambourg Cette paroisse avait pour doyen,
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532. – LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Monsieur
Voilà une lettre de notre bonne sœur de Sedan (1) je vous supplie prendre la peine de la lire et de faire la charité : de lui donner quelque consolation. l’ai tait lecture à nos sœurs de tout ce qui les peut encourager de son exemple Elles me paraissaient comme l’on dit que sont les soldats quand ils entendent alarme principalement ma sœur Henriette. Quoiqu’elle soit en retraite, (elle) aimerait mieux partir aujourd’hui que demain. Si vous jugez à propos que j’écrive à Madame de Bouillon, comme elle le désire, s’il plaît à votre charité m’en avertir ? J’espère que vous me ferez aussi le bien que je vous puisse parler, au moins samedi et dimanche, pour me disposer à commencer ma 51e année, où j’entrerai lundi, jour sainte Claire (2), si Dieu me fait la grâce de vivre.
Monsieur le curé de Saint-Germain-l’Auxerrois m’a envoyé demander si une dame pouvait venir ici faire sa retraite. Je ne sais si ce n’est point chez vous que Monsieur son mari la doit faire. Ce sont personnes, à ce que l’on m’a dit, qui ont été grandement affligées ; mais je ne sais pas leur nom. je lui ai mandé que je lui en rendrais demain réponse après que je vous l’aurais communiquée. S’il vous plaît prendre la peine de m’avertir de ce que je lui manderai et de. vous souvenir que je suis, Monsieur votre très humble et très obligée fille et. servante.
L. DE M.
Ce mercredi 7 août [1641] (3)
Il y a cinq bonnes sœurs à la retraite : Henriette, Marguerite, de Saint-Laurent (4) la parente de M. le curé de la Gève, Claude Lauraine, qui sert les petits enfants (5), et celle d’Angers. Elles pourront vendredi, le matin ou l’après-dînée, faire leur confession, quelques-unes générale et les autres de 4 ou 5 années. Vous ordonnerez si vous plaît, Monsieur, du temps que ce sera.
Suscription : A. Monsieur Monsieur Vincent.
Lettre 532. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Marie Joly.
2) 12 août.
3). Ce fut le 12 août 1641, que Louise de Marillac commença sa cinquante et unième année.
4) Marguerite Lauraine.
533. — A LOUISE DE MARILLAC
[7 août 1641] (1)
Voici deux ou trois mots, pource que je suis pressé. Je suis consolé de ce que sœur Marie vous écrit. Il est dangereux de lui écrire. Attendons un peu jusques à ce que j’aie vu l’aumônier de M. le comte.
Je pense qu’il n’y a point d’inconvénient que vous receviez cette dame, après qu’elle vous aura fait savoir son nom et ses qualités. Je ne sais que c’est de son mari. Il sera difficile que M. Soufliers entende vos filles demain. J’en prierai M. Dehorgny ou quelqu’autre.
Je m’en vas à Nanterre demain au matin, Dieu aidant, et espère être ici de retour dimanche au soir. Après cela nous aurons le bien de vous voir.
Mandez-moi ce que Madame la marquise de Maignelay [dit] (2) touchant une maîtresse d’école pour ce lieu-là.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis votre serviteur très humble.
534. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce mardi matin [1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Lettre 533. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre répond à la précédente, à la suite de laquelle elle est écrite sur l’original.
2) Mot oublié dans l’original.
Lettre 534. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Cette lettre semble devoir être rapprochée de la lettre 537. Elle est du temps où les sœurs avaient encore leur maison-mère à La Chapelle.
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je ne sais que vous dire de la petite Jeanne, (2) sinon qu’il faut lui dire quelque chose de la tentation de ce mouchoir et enfin qu’on y avisera lorsqu’elle sera ici à cette fête (3).
Pour Anne (4) je pense que vous ferez bien de lui écrire un peu cordialement touchant sa tristesse. Et pour Perrette (5), il sera bon, comme je pense, que vous lui écriviez un mot, en attendant que vous la voyiez.
J’espère aller jeudi à La Chapelle, si vous mandez à Madame Caregré, qui est la fille de M. de La Bistrade, qu’elle vous pourra prendre dans son carrosse, et lui pourrez mander que je m’y rendrai entre deux et trois heures du même jour, dont je la mis en doute, qui suis votre très humble serviteur.
V. D.
2). Jeanne Lepeintre.
3). Le costume des premières Filles de la Charité, presque toutes originaires des environs de Paris, fut celui qu’elles portaient quand elles se présentaient à Louise de Marillac pour faire partie de la petite communauté. Celles qui venaient de plus loin s’habillaient, par raison d’uniformité, comme les villageoises de la banlieue parisienne : elles prenaient une robe grise, assez semblable à celle que les sœurs ont encore, un collet, moins long que le collet actuel, et se coiffaient du toquois ou toquet. Les Filles de la Charité étaient et devaient rester, dans la pensée du saint fondateur, des filles de village. Il les voulait séculières et non religieuses, et par suite, il entendait qu’elles fussent habillées comme les "femmes du commun" suivant sa propre expression. Cependant comme le toquois garantissait mal de la température, le saint permit en 1646 aux plus délicates, et en particulier à Jeanne Lepeintre qu’incommodait un mal d’yeux, d’ajouter à leur coiffure, comme le faisaient bon nombre de villageoises, la blanche cornette, morceau de toile sans empois, relevé sur le devant et tombant des deux côtés. L’usage de la Cornette se généralisa, et Edme Jolly, troisième supérieur général, le rendit l’obligatoire en 1685 pour remédier à ce que pouvait avoir de choquant dans une communauté la disparité de coiffure. La cornette commença à s’agrandir dans la seconde moitié du XVIIIe siècle : et au XIXe on permit l’empois, pour lui donner plus de consistance. Louise de Marillac n’était pas habillée comme ses filles Elle portait, avec permission de saint Vincent, le costume en usage parmi les veuves vouées à la piété.
4). Peut-être Anne Hardemont.
5) Probablement Perrette, nièce sœur Henriette Gesseaume.
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535. — A LOUISE DE MARILLAC ce jeudi matin. [Entre juillet et septembre 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Me voici de retour (2), par la grâce de Dieu, lequel je remercie pour votre santé.
Isabelle (3) se porte parfaitement bien du corps ; mais elle n’est pas contente de se voir en une maison où il n’y a point d’observance (4). Sa compagne est une pauvre créature (5) Je ne sais s’il y aurait moyen de lui trouver quelque condition ; elle n’a que quatre ou cinq filles (6) et ne voit point les malades.
Ce qui mortifie de plus Isabelle, notre chère sœur, est qu’elle ne va point aux malades, depuis quelque temps qu’on l’a occupée à l’ameublement de quarante ou cinquante ordinands, dont j’ai averti M. Lambert, à ce qu’il n’en use plus de la sorte. Cette bonne fille semble respirer son retour ici ou à Angers. Elle fera néanmoins par vertu ce qu’on lui ordonnera.
Lettre 535. — L. a. —- Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre se place entre l’arrivée de sœur élisabeth Martin à Richelieu (au plus tôt juillet 1641) et l’achat de la nouvelle maison-mère des sœurs en face de Saint-Lazare (septembre 1641).
2). Saint Vincent rentrait de Richelieu
3). élisabeth Martin.
4). La maison de Richelieu.
5) Peut-être Louise, qui avait été envoyée à Richelieu avec sœur Barbe Angiboust lors de la fondation. "Ma fille, lui écrivait Louise de Marillac en 1639 (lettre 11) faites-vous un peu de violence. Que vous revient-il quand vous faites sans permission des visites ou pèlerinages et que vous voulez en tout vivre selon votre volonté ?.. Je crois que ce qui est cause de la plupart des fautes que vous faites…, c’est que vous avez de l’argent et que vous avez aimé toujours d’en avoir".
6). A son école.
7) Elle était supérieure à Angers avant d’aller à Richelieu.
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Madame la duchesse d’Aiguillon me dit hier que la proposition que Madame de Lamoignon (8) lui a faite de mettre les 45.000 livres à rente et de louer cependant une maison lui revient (9). Nous nous verrons avec les dames officières samedi l’après-dînée, s’il vous plaît leur en donner avis et de différer l’assemblée des filles jusques à la semaine prochaine, à cause de l’embarras que ce retour me donne. Et pour vous, j’aurai le bonheur de vous voir le plus tôt qui se pourra, qui suis v. s.
536. — A LOUISE DE MARILLAC
* De Saint-Lazare, ce mercredi matin [Août ou septembre 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de : Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
8.) Madame de Lamoignon, née Marie de Landes, avait épousé, le 10 juin 1597, Chrétien de Lamoignon, président à mortier au parlement de Paris. De cette union naquirent le célèbre Guillaume de Lamoignon, premier président au même parlement, et Madeleine de Lamoignon, si connue par sa piété et son dévouement envers les malheureux. La mère était, au dire de saint François de Sales lui-même, une des plus saintes femmes de son temps. Elle fut parmi les dames de la Charité, dont elle devint présidente après Madame de Souscarrière, l’une de celles qui seconde le mieux saint Vincent. Son nom mérite de prendre place à côté de ceux de Madame Goussault et de la duchesse d’Aiguillon. "Le Père des pauvres va voir leur Mère" disait-on quand on voyait le saint entrer chez elle. Elle ne manquait jamais d’entendre l’office canonial. Un jour qu’elle s’était évanouie, on s’aperçût qu’elle portait un cilice et une ceinture à pointes de fer aiguës qui la blessait cruellement. Elle mourut le 21 décembre 1651, à l’âge de soixante-quinze ans. Les pauvres de sa paroisse ne permirent pas qu’on transportât son corps à l’église des Cordeliers de Saint-Denis, où était enterré son mari. (Bibl Nat. ff. 32- 785)
9). Pour en faire la maison-mère des Filles de la Charité.
Lettre 536. — L. a. — * Dossier de la Mission, original.
1) Cette lettre précède de très peu de jours l’achat de la nouvelle maison-mère des sœurs près de Saint-Lazare.
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Je pense qu’il est bon de répondre à celle qui vous écrit pour les filles de Saint-Roch, que l’on n’en peut envoyer une seule.
Je dois avoir réponse aujourd’hui de Madame Maretz (2) ; si elle nous veut donner la maison pour douze mille livres, * que nous lui en baillerons six mille comptant et le reste à rente.
Je tâcherai de vous voir, un de ces jours, pour votre communication.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur * (3), votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
* indigne. prêtre. de. la. Mission.
* Suscription ; A Medemoiselle Le Gras.
* 3) Saint Vincent a ajouté ici Monsieur par distraction
537. — A LOUISE DE MARILLAC
[6 ou 7 septembre 1641] (1)
Je suis un peu en peine, Mademoiselle, de votre indisposition. Je vous supplie très humblement de faire votre possible pour us mieux porter. Il faudra donc disposer de ces filles en la manière que vous me marquez, et que vous ou moi (parlions) (2) net à notre sœur Jeanne Lepeintre (3).
Je tâcherai d’aller vous voir demain et vos bonnes filles aussi.
Monsieur le curé de Saint-Germain-en-Laye me dit bien hier du bien de ma sœur Perrette ; mais je ne sais comme cela peut [se faire].
Voilà enfin le contrat de l’achat [de la maison) et l’ar-
2) épouse du Marezt, propriétaire de la maison
lettre 537 — L a — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Voir note 4
2) l’original est abimé en cet endroit et en plusieurs autres
3) A cause de sa manière de se coiffer
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gent donné (4). Mandez-moi, s’il vous plaît, combien de chambres il y a là-dedans. Nous ferons publier l’achat dimanche au prône.
Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
V.D.
538. — A ETIENNE BLATIRON, PRêTRE DE LA MISSION, A ALET
Du 9 septembre 1641.
Mon Dieu ! que mon âme a été consolée de tout ce que M. Dehorgny m’a dit et écrit de vous ! Mais quoi ! j’ai été également affligé de votre indisposition et des peines que vous avez dans quelques rencontres avec la personne que vous savez (l). Au nom de Dieu, Monsieur, ménagez votre pauvre vie ; contentez-vous de la consumer peu
4) L’acte de vente fut passé le 6 septembre 1641 devant Guillaume Le Roux et Etienne Paisant, notaires, entre Jean du Maretz, bourgeois de Paris, et Marie Sadot, sa femme, d’une part, et, d’autre part, la congrégation de la Mission, représentée par Vincent de Paul Antoine Portail, Antoine Lucas, Jean Dehorgny, François Soufliers, Léonard Boucher et René Alméras. Il portait sur "deux maisons attenantes l’une l’autre, assizes aud. faubourg St-Denis vis-à-vis l’église dud. Saint-Lazare, en la grande rue, l’une consistant en une cave, deux salles basses, quatre chambres, dont deux à costé l’une de l’autre au premier estage et les deux autres au dessus lambrissées et un galtas, une estable, une court fermée de murailles et un puis moitoyen estant dans lad. court ; l’autre maison consistant en une salle basse, cuisine attenant, une grande chambre, deux chambres lambrissées et un grenier dessus, couvertes de thuille, une porte cochère servant d’entrée èsd. deux maisons, au bout desquelles deux maisons, du costé après lad. porte cochère est un petit appentil, en forme de pavillon, couvert d’ardoise, deppendant d’icelles maisons, avec le jardin derrière, le tout clos de murs "le saint donna comptant aux vendeurs 6.600 livres et s’engagea à verser chaque année trois cents livres, rente des 5.400 livres qui lui restaient à payer La nouvelle maison des sœurs s’agrandit avec le temps. Saint Vincent la revendit en 1653 à Louise de Marillac. (Arch Nat. S 6.608)
Lettre 538. — Reg. 2 p. 263.
1). Probablement Antoine Lucas.
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à peu pour le divin amour ; elle n’est point vôtre, elle est à l’auteur de la vie, pour l’amour duquel vous la devez conserver jusqu’à ce qu’il la vous demande, si ce n’est que l’occasion se présentât de la donner, comme un bon prêtre, âgé de 80 ans, qu’on vient de martyriser en Angleterre d’un supplice cruel (2). L’on lui a arraché le cœur, à demi étranglé ; et comme on lui dit, avant de l’exécuter, que, s’il voulait renoncer à sa religion, on lui sauverait la vie, il répondit que, s’il en avait mille, il les donnerait toutes très volontiers pour l’amour de Jésus-Christ, pour lequel il mourait. Je vous dis ceci, les larmes aux yeux, en la vue du bonheur de ce saint prêtre et de l’attache qui me reste à ma misérable carcasse.
539. — A SAINTE JEANNE DE CHANTAL
(* 9 juin 16411)
Ma très chère et ma très digne Mère,
J’ai aujourd’hui reçu la lettre que votre bonté m’a écrite, par l’adresse de notre Mère du faubourg (2), pour réponse à laquelle je vous dirai, ma chère Mère, que je rends grâces à Dieu de toutes celles qu’il fait à nos pauvres missionnaires par la communication que votre charité souffre qu’ils lui fassent ; et je le prie qu’il les rende dignes de la continuation de la même grâce, par
2). Guillaume Webster, autrement Ward, mis à mort à Londres le 26 juillet 1641. Sur la mort de cet héroïque martyr, lire l’Histoire de la persécution présente en Angleterre, par le sieur de Marsys, 1646.
Lettre 539. — Procès de béatification de sainte Jeanne de Chantal, partie compulsive, f° 138, copie. * la lettre 539 serait mieux placée à côté de la lettre 530
1). * Date donnée par M. Pémartin (t I, p. 373, l. 330) ; elle correspond parfaitement au contenu. Il est probable que celui-ci l’a lue, sinon sur l’original, du moins sur une copie complète.
2). Anne-Marguerite Guérin (24 mai 1640 - 21 mai 1643). Cette lettre ne nous est pas parvenue.
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le bon usage que je souhaite bien fort qu’ils en fassent. Au nom de Notre-Seigneur, ma digne Mère, continuez leur la même charité.
Je tâcherai de vous obéir à l’égard du faux bourg pour la visite, et j’y mettrai l’ordre que votre charité désire, si vous impétrez de Notre-Seigneur qu’il me fasse part de la fermeté qu’il vous a donnée dans la douceur ! Oh ! que votre bon ange nous aiderait bien pour cela, si vous, ma chère Mère, l’en priez bien !
Notre chère Mère de la ville (3) paraît avoir l’esprit de Dieu dans sa conduite. Notre chère sœur Angélique (4) vit dans ses infirmités avec une humilité et une cordialité pour elle qui m’édifient. Oh ! que je souhaite cette même bénédiction dans tous les ordres et que c’est une harmonie admirable aux yeux de Dieu et de grande édification à ceux qui le voient !
Bon soir, ma chère Mère. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
540. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Monsieur
Le désir que la bonne Mademoiselle Chamillac m’a témoigné que votre charité priât Dieu pour elle, me fait vous supplier très humblement l’assister au plus grand-besoin qu’elle ait jamais eu, qui est son état agonisant, auquel l’on me vient
3). La Mère Louise-Eugenie de Fonteines, élue le 16 mai 1641. Le premier monastère l’eut à sa tête pendant trente-trois ans. Elle le quitta en 1644, pour aller établir la réforme à l’abbaye de la Perrine, près du Mans, revint à Paris, fut priée par l’archevêque de Paris de travailler au règlement de l’abbaye du Port-Royal et mourut à l’âge de quatre-vingt-six ans, le 29 septembre 1694. "Dieu a toujours béni sa conduite et ses entreprises", dit le livre des professions. (Arch. Nat. LL 1718.)
4). Hélène-Angélique Lhuillier.
Lettre 540. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
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de dire qu’elle est. Je crois que je puis dire, que c’est l’amour de Dieu qui l’y a sitôt mise. Je perds beaucoup en cette bonne créature, si ce n’est que ce soit entièrement la très sainte volonté de Dieu, à laquelle je veux être entièrement soumise. C’est en cette vue que je vous supplie très humblement de nous faire la charité que votre bonté nous a faite espérer, en ayant grand besoin. Les occasions qui vous en ont empêché ne manqueront pas de se rencontrer toujours si ce n’est que vous fassiez l’honneur de ne les pas attendre.
Pardonnez moi cette liberté. C’est la crainte que j’ai souvent qu’il y paraisse conduite de la divine Providence qui vous empêche ce bien.
Je supplie Dieu de tout mon cœur nous conserver ce qu’il nous a donné en vous, et suis,. Monsieur votre très obéissante et très obligée servante.
541. — A BERNARD CODOING, SUPéRIEUR, A ANNECY
Paris, 15 septembre 1641.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je rends grâces à Dieu de toutes celles qu’il vous fait, et le prie qu’il bénisse votre chère compagnie, votre personne et vos travaux de plus en plus. Vous assurerez notre très chère et très honorée Mère de Blonay (1) que j’ai adhéré avec respect et entière soumission aux raisons
1) Date marquée au dos de l’original
Lettre 541. — Pémartin, Op. ci. t, t. I, p 375 lettre 333.
1). Marie. Aimée de Blonay, alors supérieure du premier monastère d’Annecy, une des premières filles spirituelles de saint François de Sales, très estimée de ce grand saint et de sainte Chantal Elle mourut en odeur de sainteté le 15 juin 1649. On lui attribue des miracles. (Cf. Année sainte, t. VI, pp. 368-369) Charles-Auguste de Sales, évêque de Genève et neveu de saint François de Sales, a écrit sa vie en 1655.
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qu’elle allègue pour le prompt retour de notre digne Mère (2) et qu’il ne tiendra point à moi que Monseigneur de Genève (3) et elle n’aient la satisfaction qu’ils désirent en cela et en toutes choses. Je la salue avec tout l’humble respect qu’il m’est possible et me recommande à ses saintes prières.
Nous avons baillé trois cents livres pour le quartier d’octobre, cinquante écus à M. Châtillon et les autres cinquante à M. Monnellet, et nous enverrons les autres par l’occasion que vous prescrivez, puisque vous nous mandez que nous en usions de la sorte. !
M.. Dehorgny nous a ravis de consolation en nous rapportant le bon et aimable état de la compagnie et les grands fruits qu’elle fait (4). 0 Monsieur, que je remercie Dieu bien humblement de tout cela et le prie qu’il vous continue la même grâce !
Je persiste toujours en la pensée qu’il n’est pas expédient de recevoir autre que des prêtres ou des personnes qui sont dans les ordres, et non pour leur apprendre les sciences, mais l’usage d’icelles, en la manière qu’on le fait aux ordinands
Ce que vous avez souhaité de Rome est fait, par la grâce de Dieu. Sa Sainteté nous a permis de louer ou d’acheter une maison, d’y demeurer et d’y exercer nos fonctions à l’égard du peuple et des ecclésiastiques, selon notre Institut, à la charge que nous dépendrons du cardinal grand vicaire et du vice-gérant (5), à l’égard de nos fonctions qui regardent le prochain, et, pour la discipline de l. a compagnie, du général d’icelle ; et cette permission est donnée avec témoignage des fruits de
2). Sainte Chantal
3) Juste Guérin.
4). Il venait de faire la visite de la maison d’Annecy.
5). Substitut du cardinal vicaire ; c’était alors Jean-Baptiste Altieri.
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M. Lebreton, que Dieu bénit beaucoup (8). Nous nous disposons à y envoyer deux ou trois personnes de la compagnie, ce mois d’octobre. Je vous prie, Monsieur, de nous aider à remercier Dieu de tout cela.
Je salue très humblement votre chère compagnie et me recommande très humblement à vos prières et aux leurs et suis…
542. — A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare ce mercredi matin. [Entre 1639 et 1641] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici des lettres pour les bonnes filles de Saché (1) Si je le puis, cette après-dînée j’irai à La Chapelle.
Je vois bien par la lettre de M.. le curé (3) combien ces bonnes filles lui touchent au cœur et qu’il est expédient qu’on leur parle parfois ; je le ferai, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.
V. D.
6). Ce document est du 11 juillet. Il a été publié par sauveur Stella dans La Congregazione della Missionne in Italia, Paris, 1884-1899 in-8°, t. I, p.5 d’après le manuscrit des fondations des séminaires conservé à la maison-mère des prêtres de la Mission (f° 100).
Lettre 542. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Petite commune d’Indre-et-Loire près de Chinon. Il s’agit ici non de Filles de la Charité placées à Saché, mais de sœurs originaires de cette localité. Elles étaienl cinq à Paris le 17 septembre 1641 Louise Rideau, Marguerite de Turenne, Perrine, Andrée et Renée.
2. Il nous reste plusieurs lettres de M. de Mondion, curé de Saché. (Arch. des Filles de la Charité). si la lettre dont parle saint Vincent est de ce nombre, ce ne peut être que celle du 17 septembre 1641 Sœur Louise Rideau..
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543. - A LOUISE DE MARILLAC
[1641] (1)
Il est vrai que la bonne Madame Caregré m’a témoigné qu’elle désire que je la voie quelquefois ; mais cela ne veut pas dire que vous ne deviez traiter avec elle comme avec une autre personne, je dis, en tout ; bref lui donner vous-même les exercices, comme si je ne la devais pas voir. Elle vous a une parfaite confiance.
J’ai fait mettre un billet à la sacristie, ce matin, pour faire prier Dieu pour cette bonne enfant. Je vous prie me mander comme elle se porte ce matin. Je prie Notre-Seigneur qu’il la conserve.
Je m’en vas tantôt commencer la visite à Sainte-Marie de la ville, Dieu aidant.
544. — A LOUISE DE MARILLAC
Je vous envoie les résolutions de Madame N., qui sont bonnes ; mais elles me sembleraient encore meilleures si elle descendait un peu au particulier. Il sera bon d’exercer à cela celles qui feront les exercices de la retraite chez vous ; le reste n’est que production de l’esprit, lequel, ayant trouvé quelque facilité et même quelque douceur en la considération d’une vertu, se flatte en la pensée d’être bien vertueux. Néanmoins, pour le devenir solidement, il est expédient de faire des bonnes résolutions de pratique sur les actes particuliers des vertus et être après fidèle à les accomplir. Sans cela, on ne l’est souvent que par imagination.
Lettre 543. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Suivant toute apparence, cette lettre a été écrite peu de temps après la lettre 534
Lettre 544 — Abelly, op cit 1 I, chap XXVI, fin p 122
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5 octobre 1641
Saint Vincent de Paul donne à Antoine Portail des nouvelles de Saint-Lazare et des autres maisons de la compagnie.
546. — A LOUISE DE MARILLAC
Ce dimanche à 4 heures. [Octobre 1641] (1)
Mademoiselle,
J’ai été bien aise du mémoire que vous m’envoyâtes hier au soir touchant la dame des forçats. Il fut hier résolu que je verrais M. Accar (2) pour apprendre plus particulièrement de lui quelles sont les fonctions qu’il prétend en cette dame. J’y ai envoyé M.. Dehorgny et en attends la réponse, et n’y suis pas allé moi-même, à cause que je me suis proposé de faire une petite retraite pour le jubilé, et l’ai commencée aujourd’hui. Je la recommande à vos prières.
J’ai reçu lettre aujourd’hui de Madame la marquise de Maignelay, qui attend les filles. Quand les lui enverrez-vous ? Il faudra faire tenir place au coche de Soissons (3)
J’ai oublié de parler à la jardinière pour votre porte (4) Je lui ferai dire, comme je lui ai mandé ce matin qu’elle
Lettre 545. — L’original, composé de trois pages in-4°, écrites de la main de saint Vincent, a appartenu au marquis de Gerbéviller.
Lettre 546. — L a. — Dossier des Filles de la Charité original.
1) Cette lettre a été écrite pendant une année jubilaire, après l’achat de la nouvelle Maison-mère, entre les fondations de Fontenay et de Nanteuil-le-Haudouin (Oise).
2). Administrateur de la maison des Forçats.
3). Pour les sœurs destinées à Nanteuil-le-Haudouin.
4). La porte de la nouvelle maison-mère de] a rue du Faubourg-Saint-Denis.
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ne donne la chambre qu’elle a vide à personne ; en ce cas, Madame Lhoste s’y pourra mettre.
Un homme de Fontenay (5) me dit hier des merveilles à la louange de vos pauvres filles. Nous parlerons après la retraite de la manière qu’elles feront pour gagner le jubilé (6) et vous aussi, à qui je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.
9 octobre 1641.
Ma chère sœur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous demande pardon de ce que j’ai manqué à vous écrire. Ce n’a pas été faute d’estime et d’affection. Dieu sait que j’en ai pour vous autant qu’il se peut. Mais les embarras où je suis en sont la cause en partie. Aussi n’avais-je pas votre lettre en main, Mademoiselle Le Gras l’ayant gardée longtemps.
Je suis, certes, tout consolé du bien que j’entends dire de vous et de la bénédiction que Dieu donne à votre conduite, dont je le remercie. Plaise à sa divine bonté vous faire la grâce de conserver et d’accroître l’union de nos sœurs, de les encourager à l’observance du petit règlement, à la pratique des vertus, à l’amour de leur vocation et enfin à bien servir Notre-Seigneur en la personne des
5). Fontenay-aux-Roses.
6). Saint Vincent donna aux sœurs, le 15 octobre, la conférence qu’il annonce ici.
Lettre 547. — Manuscrit de la Chambre des Députés, p. 137.
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pauvres ! Pour cela, ma chère sœur, ayez grande confiance en lui ; priez-le qu’il fasse lui-même ces choses, qu’il soit toujours dans votre cœur, dans vos paroles et dans vos actions, et que chacun connaisse que vous êtes sa fille bien-aimée. C’est la grâce que je lui demande.
Je suis, en lui…
548. — NICOLAS PAVILLON, éVêQUE D’ALET, A SAINT VINCENT
D’Alet, ce 20 octobre [1641] (1)
Monsieur,
le commencerai à vous répondre à la lettre que vous m‘avez tait l’honneur de m’écrire, du 9 septembre, par vous supplier très humblement de n’user plus envers moi d’aucune sorte d’excuse pour ne nous pas donner si souvent de vos nouvelles que nous le souhaitons, car je suis très abondamment persuadé que cette privation, qui nous est fort sensible, ne proviendra jamais d’aucun défaut de votre charité en notre endroit, mais plutôt du défaut de loisir de votre part et de ce que le me suis rendu indigne par le passé, ce qui m’oblige à vous demander très humblement pardon, comme d’une infinité d’autres fautes que j’ai accomplies envers vous et à vous supplier de m’assister de vos saintes prières pour mon amendement à l’avenir.
J’ai bien de l’obligation à la charité de ceux qui vous ont rapporté quelque bien de moi et spécialement à. Monseigneur de Bourlemont (2) et Monsieur Perrochel, mais je vous peux assurer que je suis en état, par mes misères et ma fainéantise plus digne de compassion que d’envie. J’espère cependant parmi tout cela que la bonté divine ayant plus à son amour qu’à mes offenses, me fera miséricorde, si vous daignez parfois vous souvenir de moi et la réclamer en ma faveur.
Mon cousin Bourdin ne m’a encore parlé du dessein de sa retraite et moi j’ai cru n’en devoir point commencer le discours, mais attendre qu’il en fasse l’ouverture. pour lui remettre cette affaire à son entière disposition car après tout que suis-je, moi, pour trouver à redire à ce qu’il se délivre
Lettre 548. — L. a — Dossier de la mission, original
1) Voir, note 4
2) Claude d’Anglure, comte de Boulemont
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d’une si longue captivité et de tant de langueurs que je lui donne occasion de souffrir avec moi ?
J’ai bien des remerciements à vous faire du souvenir que vous avez eu de l’affaire de mon père pour en parler à Madame la duchesse (3) espère que, si Dieu ne lui fait recevoir les offres de cette recommandation, qu’il lui donne la force de souffrir et faire un bon usage de cette perte. Cela cependant ne me donnera pas moins de confiance de recourir à ce même crédit que vous avez vers elle pour une entreprise qui regarde ce pauvre et misérable diocèse. J’apprends que Monsieur le maréchal de Brezé (4) vient en Catalogne en qualité de vice-roi. Je souhaiterais que, comme nous aurons l’honneur d’être dans son voisinage, nous en ressentissions aussi les avantages, préservant de gens de guerre les lieux appartenant à l’évêché, ce qui se pourrait espérer par quelque lettre de faveur adressante à lui, que Madame la duchesse nous pourrait envoyer pour lui être rendue, car je vous puis assurer, Monsieur, que nous sommes en danger, si nous ne ressentons quelques effets de la protection divine, d’être bientôt réduits à la mendicité, selon qu’il semble que les affaires de ce pays s’y acheminent, ce qui m’oblige d’y employer votre intercession.
Si je ne craignais vous être trop importun, je vous ferais ressouvenir de l’espérance qu’il vous plut me donner, il y a quelque temps de parler de notre nécessité à Son éminence (5), quand le cas se présenterait de la voir, pour la modération de notre taxe, qui est la plus haute, comme je vois, de la province, car on l’a mise à mille écus, et Monsieur de Narbonne (6) qui a cinq ou six fois autant de revenu de son évêché, n’est qu’à deux mille. Voyez quelle proportion, et en un temps auquel ce diocèse est le plus misérable et affligé non seulement de la province, mais de la France. Oh ! Dieu soit à jamais béni, qui nous donne et nous ôte comme et quand il lui plaît !
Oh ! certes j’estime bien ces Messieurs Blatiron et Lucas, dont j’exerce la charité dans le support de mes infirmités ! Je prie Notre-Seigneur qu’il leur en soit la récompense. Je ne
3). La duchesse d’Aiguillon.
4). Le maréchal Urbain de Maillé, marquis de Brezé, beau-frère de Richelieu, avait fait la campagne du Piémont, commandé en chef l’armée d’Allemagne, rempli les fonctions d’ambassadeur en Suède et en Hollande, gouverné Calais et l’Anjou. Il devint vice-roi de Catalogne en 1641, et mourut le 1er février 1650, dans sa Cinquante-quatrième année.
5) Le cardinal de Richelieu.
6). Claude de Rebé (1628-1659).
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vous dis rien de ce qui les regarde, s’étant chargés eux-mêmes de vous en rendre compte, sinon qu’ils tâchent selon la mesure de la grâce de Dieu et les diverses voies dont il les conduit de sa main à la perfection de leur état. Je ne puis vous exprimer les obligations que je vous ai de vouloir ajouter à ce nombre quelques autres qu’il vous plaît nous préparer, de suffisance et vertu requises à la culture de ce champs. Je suis en quête de quelque lieu commode pour les placer, et, quand tout sera prêt, je le commanderai pour les faire partir.
L’extrême ignorance de ceux qui prétendent aux saints ordres et le peu d’espérance qu’ils acquièrent plus de suffisance à l’avenir m’a obligé de les appeler dans Alet et les tenir autant de temps qu’il en faudra pour leur enseigner ce peu qui est requis afin de les admettre. J’y emploie à cela Monsieur Blatiron et quelque autre ecclésiastique que nous avons en main pour contribuer à ce petit dessein, qui n’est, par manière de dire, qu’un simple essai, lequel je recommande à vos saints sacrifices. Je vous rendrai compte de l’événement.
Je pense vous avoir mandé que j’avais jeté les yeux sur la cure d’Alet, à dessein de l’unir, selon votre bon plaisir, à la Mission, quand elle serait en mon pouvoir. Le moyen de l’y mettre serait d’avoir l’entière disposition de l’archidiaconé. Or, Monsieur de Saint-Martin, à raison d’un indult, y a prétention, et m’a toujours dit qu’il en disposerait à notre avantage. Cependant il m’écrit depuis peu de jours la lettre que je vous envoie, par laquelle il semble demander récompense (7). Un mot de votre bouche à la première remarque le fera expliquer là-dessus. Il est déjà chargé d’une pension vers l’aumônier de M. des Noyers et celui qui… par intention ne voudrait quitter son droit prétendu que pour quelque récompense. Voyez, Monsieur, si bien je pourrais satisfaire à tant de gens Je crains qu’il ait été incité à cette demande non tant par son mouvement que par celui de M. Le Camus. ainsi qu’il me mande. Mon Dieu ! Monsieur, pardonnez-moi tant d’importunités.
Je bénis Dieu de tout mon cœur de tout le progrès qu’il vous a plu me mander de votre chère compagnie et le prie de me rendre participant des précieux services que vous lui rendez pour suppléer à ma négligence, demeurant toujours en son amour, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.
NICOLAS [évêque] d’Alet.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur géné-
7) Récompense, compensation.
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ral de la congrégation des prêtres de la Mission à. Saint-Lazare