Correspondance (page 28)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

717. — FéLIX VIALART, éVêQUE DE CHALONS, A SAINT VINCENT

A Châlons, ce 26 juillet 1644.

Monsieur,

Suivant ce que vous avez désiré, je me suis informé au-

Lettre 716. — Reg. 2, p. 21.

1). François-Antoine Barberini.

Lettre 717. — L. a. — Biblioth. de l’Institut, fonds Godefroy 273,

f° 234-

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tant exactement qu’il m’a été possible, de cette religieuse, et n’en trouvant pas assez d’instruction ici, j’ai envoyé M. Basseline sur les lieux. Voici ce que j’en ai trouvé.

Elle est estimée pour fort exacte et régulière aux observances, de bon jugement et fort intelligente pour la conduite du temporel, à quoi elle a été et est encore employée ; mais elle n’a point été employée à la conduite du spirituel de la maison, n’a point été ni prieure ni maîtresse des novices. Son humeur est réservée et dans le silence et généralement en estime de toutes les filles de ladite maison, qui ont, comme vous savez, envoyé attestation de ses vie et mœurs. On dit qu’un nommé M. de Pernes, autrefois gouverneur de la citadelle de Saintes (1) a donné trois mille écus à l’abbesse d’à présent pour avoir son consentement en faveur de cette religieuse ici qu’on dit aussi ne savoir rien de cela ; mais c’est que ledit sieur de Pernes espère qu’un jour elle considérera sa fille, qui est encore jeune, pour la même place. On la juge indifférente au succès de cet affaire.

Voilà ce que j’en ai pu apprendre, sans découvrir la chose tout à fait. Voilà le courrier qui presse.

Je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

FELIX,

évêque de Châlons.

Je vous suis très obligé des offres que vous fîtes à ma mère (2), il y a quelque temps, de me faire donner un arrêt du Conseil pour les cures qui sont unies. J’accepte, s’il vous plaît, ces offres, et le tiendrai à grâce. Je me restreins maintenant à moins que ne porte l’arrêt obtenu pour le Dauphiné, ainsi que ma mère vous dira et ai jugé le devoir faire ainsi pour maintenant, espérant avec le temps faire le reste.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission.

1). Louis, seigneur de Pernes, baron de Rochefort.

2) Madame de Herse.

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718. — A BERNARD CODOING

De Paris, ce 29 juillet 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Il ne faut point penser à retirer maintenant un sol de la vente de vos coches, mais à tourner toutes vos forces pour en conserver le revenu, à cause des continuelles ventes et reventes qu’on fait de cette nature de bien pour les affaires du roi. Il est nécessaire que je sois toujours à demander notre exemption de la taxe commune et que nous empruntions deux milles livres pour vous acheter la messagerie de Soissons, qui se revend, pour assoupir les procès que vous avez avec les messageries à cause des coches, sur les droits desquels ils diminuent du tiers ou de la moitié ; et qui plus est, il ne faut plus espérer les trois mille livres que vous avez prises trop tôt, sur l’espérance qu’on vous avait donnée de les vous donner.

Mais que ferons-nous ? dites-vous. Nous ferons ce que Notre-Seigneur veut, qui est de nous tenir toujours dans la dépendance de sa Providence, puisqu’il lui plaît ainsi, qui voit que c’est notre mieux. Le prieur des Jacobins réformés de cette ville me dit, ces jours passés, que la désolation de leur maison est arrivée, après qu’ils ont été dans l’état de l’indépendance de la Providence, par celui d’être bien bâtis et assurés de quoi vivre. Au nom de Dieu, Monsieur, laissons-nous à la conduite de l’aimable Providence de Dieu, et nous serons à couvert de

Lettre 718. — L. a. — Original communiqué par M Ie curé de Saint-Vincent-de-Paul à Lyon.

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toutes sortes d’inconvénients que notre empressement nous peut attirer. Nous ne sommes pas assez vertueux pour pouvoir porter le poids de l’abondance et celui de la vertu apostolique, et je crains que nous ne le soyons jamais et que le premier ruine le dernier.

Quant au vœu d’entre les principaux, la raison que vous m’alléguez que sans cela la compagnie se divisera en diverses congrégations ou généralats, je ne sais que vous dire, sinon que les vœux des Carmes déchaussés (1) et ceux des Feuillants (2) n’ont pas empêché la division de leurs généralats d’Espagne et d’Italie, qu’il y a beaucoup de choses à considérer en ce fait, et que je le ferai. Et je vous supplie cependant de mettre votre esprit en repos de ce côté-là. Assurez-vous cependant que j’y penserai et que je ferai l’analyse des avantages et des inconvénients maintes fois en mon esprit pour cela ; que si M. Dehorgny et vous en voulez faire de même, nous les considérerons devant Dieu, en l’amour duquel je suis, à l’un et à l’autre, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Codoing, supérieur des prêtres de la Mission de Rome, à Rome.

1) Clément VIII sépara de la congrégation espagnole les Carmes déchaussés d’Italie et les groupa en congrégation particulière. Le nouvel Institut prit le nom de Saint-Elie et reçut la permission de se répandre dans le monde entier, l’Espagne exceptée.

2). Religieux réformés de l’ordre de Cîteaux. En 1630, Urbain VIII divisa la congrégation en deux : la congrégation italienne, dont les membres prirent le nom de Bernardins réformés, et la congrégation française, qui devint la congrégation de Notre-Dame de Feuillant. Chacune avait son général.

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719. — A LOUIS THIBAULT, SUPéRIEUR, A SAINTES (1)

Paris, ce 3 août 1644.

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous ai écrit, si me semble, depuis peu. Voici ce que j’ajoute à ma précédente.

Touchant M. Guérin, je pense que vous ferez bien et qu’il est nécessaire de lui donner notre frère Jean Bisson (2) ou quelqu’autre pour l’accompagner.

Nous rendrons ici les 50 livres à Monseigneur de Saintes (3) qu’il m’a dit qu’il a données à M. Guérin pour aller aux eaux.

Hélas ! Monsieur, que je suis en peine de la pauvreté en laquelle vous êtes et de ce que nous ne pouvons vous assister d’ici ! Vous honorez les besoins de Notre-Seigneur, et lui vous comblera des trésors éternels, et votre souffrance présente vous méritera l’abondance, que nous avons plus sujet de craindre que la disette. Un bon

Lettre 719. — L. a. Dossier de Turin, original.

1) Louis Thibault était né à Ferrières-Gâtinais le 29 mars 1618 de parents pieux, qui eurent plus tard, après la mort de leur fille, le dessein de quitter le monde pour servir Dieu, le père chez les prêtres de la Mission, la mère chez les Filles de la Charité. Il fut reçu à Saint-Lazare le 21 août 1637 et ordonné prêtre en avril 1642. Quand saint Vincent lui écrivait cette lettre, il dirigeait l’établissement de Saintes. Rappelé à Paris en 1646, il y fit les vœux et s’adonna avec zèle et succès aux travaux des missions. De 1648 à sa mort (février 1655) il fut supérieur de la maison de Saint-Méen. Il avait l’habitude, dans le cours de ses missions, de rechercher les personnes pieuses qui désiraient se détacher du monde, et de les aider dans le choix d’une communauté. La compagnie des Filles de la Charité bénéficia plus particulièrement de son zèle. (Notices, t. III, p. 124-128.)

2). Jean Bisson, frère coadjuteur, le même sans doute qui figure dans le catalogue du personnel sous le nom de René Bisson, était né dans le diocèse de Séez, à la fin de 1600 Reçu dans la congrégation le 5 novembre 1636, il fit les vœux le 18 octobre 1646.

3). Jacques Raoul de la Guibourgère.

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Père réformé (4), dont la maison est néanmoins en grande division, me disait, ces jours passés, me parlant de son affliction : "Hélas ! Monsieur, tandis que nous étions dans l’incommodité, nous servions Dieu en grande paix et dévotion, et maintenant que rien nous manque, nous voilà en division et en désolation".

Je m’en vas dire à M. Portail qu’il vous envoie la montre que vous demandez, et suis à M. Guérin, que j’embrasse, et à vous, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

720. — A BERNARD CODOING, SUPéRIEUR, A ROME

Du 6 août 1644.

Je vois par votre lettre du 10 encore un nouveau dessein d’élever les jeunes enfants jusqu’à l’âge de 18 ans aux lettres humaines et comme vous abandonnez le dessein du séminaire des ecclésiastiques, comme aussi les propositions qui regardent les biens à faire à l’égard de la jeunesse de Catalogne. A quoi je vous dirai, Monsieur, ce que je vous ai dit d’autres fois, que je crains que vous vous pressiez trop en toutes choses. C’est aussi la pensée des externes qui voient vos allures de delà ; et je ne vous cèlerai pas qu’un seigneur de condition me l’a dit lui-même. Et cela se fait, pource que vous vous occupez incessamment des pensées et des moyens de faire progrès, et vous empressez dans

4) Le prieur des Dominicains ou Jacobins réformés de Paris. (Cf. 1. 553.)

Lettre 720. — Reg. 2, p. 227.

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l’exécution. Et quand vous en entreprenez quelqu’une qui ne réussit pas à votre gré, vous parlez de changer, aux premières difficultés qui se présentent. Au nom de Dieu, Monsieur, pensez à ceci et à ce que je vous en ai dit d’autres fois, et ne vous laissez point emporter à l’impétuosité des mouvements de l’esprit. Ce qui nous trompe pour l’ordinaire est l’apparence du bien selon la raison humaine, qui n’atteint jamais ou rarement la divine. Je vous ai dit d’autres fois, Monsieur, que les choses de Dieu se font par elles-mêmes et que la vraie sagesse consiste à suivre la Providence pas à pas. Et assurez-vous de la vérité d’une maxime qui paraît paradoxe, que qui s’empresse recule aux choses de Dieu.

721. — JUSTE GUéRIN, éVêQUE DE GENêVE, A SAINT VINCENT

Août 1644.

Vos missionnaires continuent de plus en plus d’enrichir le paradis des âmes qu’ils mettent en état de salut, leur en enseignant le chemin et leur fournissant les moyens d’y arriver par leurs instructions, catéchismes, exhortations, prédications et administration des sacrements avec la bonne vie qu’ils minent et les bons exemples qu’ils donnent en tous les lieux où ils font leurs missions. Il n’y a qu’une seule chose que je regrette, c’est qu’ils se trouvent en si petit nombre eu égard à la grande étendue de notre diocèse, qui contient cinq cent et quatre-vingt-cinq paroisses. Hélas ! si Notre-Seigneur me faisait la grâce, devant que de mourir, de voir qu’ils eussent parcouru tous les lieux de ce diocèse, je dirais véritablement de tout mon cœur et avec une consolation toute particulière de mon âme : Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace (l).

Lettre 721. — Abelly, op. cit., l. II, chap. 1, sect. II, § 4, 1er éd., p 35-

1) Saint Luc II, 29.

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722. — A BERNARD CODOING, SUPéRIEUR, A ROME

Paris, ce 12 août 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Votre dernière me parle de l’affaire de Babylone et de celui des Indes Orientales (1) et me dit qu’il paraît une claire vocation de Dieu de la compagnie en ces lieux-là. Ce qui nous a retenu pour le premier, c’est ce que vous me dites par quelqu’une de vos dernières, qu’il faut apporter d’abord six mille écus en ce pays-là, à cause de la difficulté qu’il y a de faire tenir de l’argent tous les ans en ce pays-là, et ce que vous me dites par la dernière, que, si l’on va à Goa, l’on pourra faire tenir tous les ans de Lisbonne à Goa et de là à Ispahan. Il reste une autre difficulté, c’est celle de donner de deçà à Monseigneur de Babylone (2) le revenu qu’il tire et qui est destiné pour son évêché. Pourriez-vous point faire faire l’affaire sans cela ?

J’ai obtenu un arrêt du roi, que vos coches ne pourront vous être ôtées qu’en vous remboursant effectivement, ni surchargées de finance avant d’avoir reçu les recommandations que vous nous avez envoyées. Une petite indisposition que j’ai m’ôte le moyen de leur écrire.

Lettre 722. — L. a. — Dossier de la Mission, original.

1). La question de l’évangélisation des Indes orientales était posée depuis plusieurs années. La Propagande avait conçu le dessein d’organiser les Missions d’Extrême-Orient et cherchait les hommes et l’argent nécessaires pour cette entreprise. Le projet était hérissé de difficultés. Il ne devait aboutir qu’en 1658, grâce à la société des Missions-Etrangères Nous voyons par cette lettre et par d’autres que saint Vincent fut sollicité de donner son concours.

2). Le Père Bernard de Sainte-Thérèse.

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Nous avons appris le décès de notre Saint-Père (3) et lui avons fait un service fort solennel. Au nom de Dieu Monsieur, pressez à ce changement l’union du prieuré de M. de Saint-Aignan (4) et, si faire se peut, la confirmation de nos règles, avec révocation de l’attribution qui en a [été] (5) faite à M. de Pa [ris] (6). Je vous enverrai une copie des offices, notamment de celui du général. Il faudra abréger tout cela et n’en prendre que le sens. Ce que vous me dites de la vocation en ces lieux dont je vous ai parlé ci-dessus, me presse, notamment celui des Indes. J’ai pensé à un prêtre et à un clerc pour Portugal (7) ; et peut-être que nous les enverrons à l’occasion de l’ambassadeur qui s’en y va (8).

Mandez-moi le nom de l’évêque nommé pour les Indes, et quand il fait état de partir, et si Goa est son évêché, ou de combien il en sera distant (9).

Je salue M. Dehorgny et votre petite communauté, que j’embrasse, prosterné en esprit à vos pieds et aux leurs, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

3.) Urbain VIII, mort le 29 juillet 1644.

4). Voir lettre 582

5) Mot oublié dans l’original.

6). Jean-François de Gondi.

7). Pour passer de là dans les Indes.

8). Louis de Goth, marquis de Rouillac.

9). Saint Vincent aurait-il en vue Antoine de Jésus-Marie, de l’ordre de Saint-Benoît, nommé évêque de Miliapour le 23 août 1643 ? Goa avait alors un évêque ; c’était le Franciscain François des Martyrs, nommé le 19 mars 1636 ; après sa mort (25 novembre 1652) le siège vaqua pendant vingt-trois ans.

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723. — A LEONOR D’ESTAMPES DE VALENçAY,

ARCHEVêQUE DE REIMS

De Paris, ce 21 septembre 1644.

Monseigneur,

Je vous remercie très humblement de la grâce qu’il vous a plu nous faire, d’avoir égard aux humbles représentations que nous vous avons faites sur le sujet de Sedan (1), et vous demande pardon, avec toute l’humilité

Lettre 723. — L. a. — Arch. dép. des Ardennes, série A, art. 21. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans le Recueil des édits Déclarations, Lettres Patentes et Arrêts du Conseil enregistrés au Parlement de Metz, ensemble des Arrêts de Règlemens rendus par cette Cour, Metz, 1776, in-8, t. II, p. 53.

1) Un écrit de l’archevêque de Reims (Procès-verbal contenant règlement pour les pensions des curés des ville et bailliage de Sedan et le rétablissement de la Religion catholique èsdits lieux dans le Recueil des édits, p. 43), daté du 23 août 1644, nous met au courant des circonstances qui provoquèrent cette lettre ; et une note additionnelle, du 24 septembre, nous apprend ce qui s’ensuivit "Nous avons estimé, dit le prélat, qu’il était expédient d’établir dans cette ville de Sedan un curé et six prêtres, dont l’un sera chargé de faire le catéchisme à la jeunesse, de l’instruire de ce qui est de sa croyance, de l’enseignement à la piété, et pour entretenir, loger et récompenser un prédicateur pendant les Avent et Carême. Et d’autant que ci-devant M Vincent de Paul, supérieur des prêtres de la Mission, en a envoyé pour vaquer aux fonctions de ladite cure, suivant le consentement de M. l’abbé de Mouzon, présentateur de ladite cure, et notre permission, outre le fonds notable que feu, de très heureuse mémoire, Louis le Juste avait donné, par sa piété, tant pour administrer ladite Cure que pour faire les missions, sous notre autorité, où il en serait besoin dans lesdites souverainetés lequel fonds a été laissé entre les mains dudit M Vincent de Paul, que Nous avons estimé, selon qu’il Nous a été rapporté par quelques-uns desdits prêtres de la Mission, pouvoir au moins rapporter deux mille cinq cents livres de rente, Nous leur avons délaissé la portion des dîmes de Sedan et Balam… Mais d’autant que lesdits prêtres de la Mission Nous ont représenté qu’ils ne pouvaient rien résoudre, parce qu’ils ne savaient ce que c’était que le don du roi, ni l’intention dudit M Vincent de Paul, et pour cela qu’ils Nous demandaient du temps pour le pouvoir avertir, Ce que Nous leur avons accordé…" L’archevêque ajoute à la date du 24 septembre : "Et depuis, ledit M Vincent de Paul ayant eu communication de notre procès-verbal et avis desdits prêtres de la Mission, aurait dépêché M Lambert

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et le respect qu’il m’est possible, de ce qu’il y a quelque chose en mon procédé qui vous a déplu, vous protestant, Monseigneur, que ç’a été contre mon intention, qui n’ai jamais eu plus grand désir que celui de vous obéir en toutes choses, m’étant contenté de faire savoir à la reine si elle entendait que ce que le feu roi a donné pour la Mission de Sedan fût employé pour la même fin, sans avoir dit ni fait aucune chose pour arrêter l’expédition des lettres patentes, m’assurant bien que, ce point étant résolu par Sa Majesté, nous pourrions recourir à vous, Monseigneur, avec toute confiance que vous feriez tout ce qui serait raisonnable ; et c’est ce que vous avez fait, à ce que m’a dit Monsieur Lambert (2), lequel je vous en

aux Couteaux, lequel, après avoir été lui-même à Sedan et considéré et examiné toutes choses, et depuis, étant retourné trouver ledit M Vincent de Paul à Paris, pour lui rendre compte, lequel ensuite Nous l’aurait renvoyé, avec pouvoir de traiter avec Nous, comme il appert par la lettre à Nous adressante de Paris, du vingt-un de ce mois, dont la teneur s’ensuit."

Et après avoir reproduit la lettre tout entière, le prélat continue : "En suite de laquelle lettre M Lambert aux Couteaux Nous ayant dit avoir charge dudit M Vincent de Paul et de toute la congrégation de traiter avec Nous et promis faire ratifier ce que Nous ferons avec lui, a été résolu ce qui s’ensuit. Pour entretenir en la ville de Sedan un curé, sept autres prêtres de ladite Mission et deux frères, ensemble un vicaire ou autre prêtre commis de leur part et approuvé de Nous ou de nos grands vicaires pour desservir le secours de Balan desquels huit prêtres quatre au moins demeureront audit Sedan pour y faire les fonctions curiales, prêcher, catéchiser et y faire la Mission ; et les quatre autres, qui seront employés pour faire la mission dans les souverainetés de Sedan, Raucourt et Saint-Manges et autres lieux de notre diocèse, sous notre autorité et notre permission, seront obligés de se rendre, tous ou la plupart d’eux, audit Sedan pour les fêtes de Pâques, Saint-Sacrement, saint Laurent, Notre-Dame de la mi-août et Noël, afin de rendre èsdits jours le service plus solennel. Et sur la remontrance qui Nous a été faite touchant le prédicateur, Nous n’avons pas estimé à propos de les charger du logement, entretien et récompense dudit prédicateur ; et pour cet effet avons ordonné que pour ledit entretien et récompense sera prise la somme de cent soixante livres de rente due par la recette du Domaine sur la terre de Bazeilles plus.."

On trouve diverses pièces concernant cette affaire à la Bibl. Nat. n. a. f. 22. 326, reg., f° 56 et suiv

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voie pour terminer la chose en la forme que vous jugerez convenable, que je ratifierai ici. Commandez donc, Monseigneur, et nous vous obéirons avec toute entière soumission et affection.

Votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

prêtre de la Mission.

724. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

[Entre le 21 septembre et le 13 octobre 1644] (1)

Monsieur,

La conférence que notre bon Dieu a donnée à mon cœur vers votre charité surmonte la crainte que justement je devrais avoir de vous être importune, pour vous supplier très humblement vous souvenir que le temps approche pour l’exécution d’un article contenu sur le petit mémoire que je vous baillai avant partir, et aussi, Monsieur, pour vous ramentevoir (2) le désir de Monsieur Guillou pour l’hôpital où est Madame ma sœur. Je crains qu’il ne s’offense si nous ne lui donnons aucune réponse dans le temps qu’il prétendait avoir des filles, qui est avant la Toussaint.

Permettez-moi, mon très honoré Père, vous demander ce que nous devons espérer de votre retour (3). Oh ! si je vous pouvais faire connaître mes craintes, que je serais soulagée ! Elles se terminent toutes en celle de l’abandon de Dieu, comme je crois beaucoup de fois l’avoir mérité.

Je vous supplie très humblement me permettre de taire le voyage de Chartres en votre absence, pour recommander à la sainte Vierge tous nos besoins et les propositions que je vous

Lettre 724. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). L’année est signalée au dos de l’original ; le contenu de la lettre permet de préciser davantage. (Cf. notes 3 et 4.)

2). Ramentevoir rappeler.

3). Saint Vincent, parti pour Richelieu peu après le 21 septembre 1644 (cf. Lettre 723), était de retour le 13 octobre à Fréneville (cf. lettre 725), où il resta quelques jours avant de rentrer à Paris.

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ai faites (4). Il est bien temps de penser à moi et devant Dieu je vous dis que je crois que le bien de notre petite compagnie y a grand intérêt.

Il vint la semaine passée ici une dame, c’est la veuve d’un gentilhomme nommé Monsieur Sigongne, me dire qu’elle venait voir si elle pouvait servir Dieu avec nous. Elle est encore dans la grande douleur de son mari, qui la détache entièrement de toute chose. Elle n’a point d’enfants. Je ne sais si c’est Dieu qui l’envoie. Elle m’a fait grande compassion, voyant son affection si affligée. Si elle revient, Monsieur, trouveriez-vous bon que nous la retirassions quelque temps, comme pour faire un peu de retraite, qui, selon son besoin, serait plutôt un divertissement ? Il m’a semblé ne devoir pas prendre cette résolution avant vous la communiquer.

Mais enfin notre bon Dieu a permis ce grand voyage sans me donner ce que je lui avais demandé. Je supplie sa bonté vous renvoyer bientôt avec une santé toute renouvelée. Faites-moi la charité de prendre la peine me donner quelque assurance de son état, et que vous me faites toujours l’honneur de croire que notre bon Dieu veut que véritablement je me die, Monsieur, votre très humble et très obligée fille et servante.

L. DE MARILLAC

Permettez-moi, Monsieur, vous présenter les très humbles saluts de vos filles, nos très chères sœurs, lesquelles, aussi bien que moi, ont été bien étonnées de votre éloignement.

Notre sœur Anne de Saint-Paul, est fort malade.

Nous commençons toutes à ressentir qu’il y a bien longtemps que nous n’avons eu le bonheur de nous assembler devant votre charité pour la conférence, que nous attendons d’une affection tout entière, vous demandant pour préparation en toute humilité votre sainte bénédiction.

Il y a neuf mois que cette dame est veuve. Elle est de grande condition.

Vous savez bien que, si votre chemin était la Beauce que je chercherais le temps de votre retour pour faire le voyage que je vous demande. Je vous supplie pardonnez l’importunité que je vous ai tant de fois faite pour ce sujet.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission.

4) Louise de Marillac nous a laissé un court récit de ce qu’elle fit à Chartres, où elle demeure du 14 au 17 octobre. (Lettre de Louise de Marillac, p. 177.)

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725. — A ANTOINE PORTAIL

Richelieu, 5 octobre 1644 (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai été affligé au point que vous pouvez penser de la mort de M. Perdu, et également consolé, voyant de la façon que Notre-Seigneur a disposé de lui. L’on lui a fait un service fort dévot ici, qui a été accompagné de larmes, et la conférence de beaucoup de consolation.

Voici le bail que je vous renvoie signé. Si M. Trobois donnait six cents livres, je l’aimerais mieux, supposé qu’on soit en ces lieux-là. Je ne fais rien faire que de l’agrément de M. Sorus.

Vous ferez bien d’envoyer les 400 livres à Fréneville, si déjà vous ne l’avez fait. Nous les devons au fermier à cause de sa récolte de blé.

Embrassez M. Gallais de ma part. Il me tarde que je l’embrasse.

Si quelque chose presse à me faire savoir, vous l’adresserez à M. le curé de Tours pour me rendre, ou par homme exprès à Fréneville, où je ne pourrai me rendre que le jeudi [13] (3) de ce mois, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Saint-Lazare-lez-Paris.

Lettre-725. — Bibl. Nat. n. a. f. 1473, reg., f° 1695, fac-similé. L’original, tout entier de la main du saint, a appartenu au collectionneur Berthevin.

1). Le dernier chiffre est assez mal reproduit dans le fac-similé : on serait porté à lire 1640 ou 1642 ; mais nous savons que M. Perdu était vivant le 22 novembre 1642. (Cf. 1. 630.) La comparaison de la lettre ci-dessus avec la suivante et la présence de Guillaume Gallais à Paris nous ont fait choisir la date que nous donnons ici.

2). Le fac-similé porte : 15 ; c’est certainement une erreur

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726. — A JEAN DEHORGNY, PRêTRE DE LA MISSION, A ROME

Fréneville, 14 octobre 1644.

Monsieur,

J’ai reçu deux de vos lettres ici, que vous écriviez de La mission d’auprès de Saint-Sauveur (1), à mon retour de Richelieu, d’où je viens faire la visite en assez bonne disposition. Ces deux lettres ne sont pas à moi. Vous écrivez l’une à feu M. Dufour (2)

Monsieur Codoing me demande avec bien de l’humilité d’être déchargé de la supériorité, de sorte que je n’ai pas pu ne lui pas accorder ce qu’il a demandé dans l’esprit qu’il l’a demandé. Je vous prie, Monsieur, de prendre sa place pour quelque temps, quoique je vous aie mandé de vous en revenir. Ce n’est pas que nous

Lettre 726. — Dans son Isographie des hommes célèbres, Paris, 1828-1830, 2 vol. in-4°, t. II, p. 156, Delarue donne le fac-similé du passage de cette lettre compris entre les mots Monsieur Codoing, et s’il lui plaît Le texte du fac-similé diffère fort peu de celui qu’on trouve dans l’ouvrage de M Pémartin, t. I, p. 482, 1. 418. Ce dernier a eu sous les yeux, croyons-nous, l’original, qui a appartenu à M. de Châteaugiron. Aussi suivons-nous son texte avec confiance pour la partie que le fac-similé ne nous fait pas connaître.

1). Jean Dehorgny donnait une mission de trois semaines à Longone, petite bourgade dépendante de l’abbaye de Saint-Sauveur en Sabine. (Cf. Notices, t. I, p. 158.)

2). Antoine Dufour, né à Montdidier, était sous-diacre, quand il fut reçu dans la congrégation de la Mission, le 31 décembre 1639. Il fit les vœux le 29 septembre 1642, fut placé à Sedan, puis mis à la tête du collège des Bons-Enfants, qu’il dirigea de 1643 à 1644. Pendant une maladie, qui semblait n’offrir aucune gravité, il offrit sa vie à Dieu pour conserver celle du saint fondateur, dont l’état inspirait les plus vives inquiétudes. Dieu l’exauça. Son mal s’aggrava, tandis que le saint revenait peu à peu à la santé. Une nuit, raconte Abelly (Op. Cit 1. I, chap. IV, p. 245), trois coups retentirent à la porte de la chambre où reposait le saint. Ceux qui le veillaient allèrent ouvrir Personne n’était là. Saint Vincent comprit. Il fit appeler un clerc et lui dit de réciter une partie de l’office des morts. Antoine Dufour venait d’expirer. Abelly place à tort ce fait en 1645 : il se produisit en 1644, ainsi que le constate Collet, Op. cit t. I, p. 406.

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n’ayons besoin de vous. Notre-Seigneur y pourvoira, s’il lui plaît.

Vous avez peut-être su comme nous avons mis en la place de M. Dufour, qui était à Sedan, qui ne satisfaisait pas, notre frère Damiens (3), qui a grâce de Dieu pour cela, et M. Cuissot pour la conduite du collège (4). Reste à vous dire que je pense qu’il est bon que vous reteniez M. Codoing auprès de vous quelque temps pour vous former un peu aux devoirs de la maison. Nos affaires consistent en l’approbation de nos règles, en la manière que nous tous avons dû nous y donner, et en quantité d’autres petites expéditions, dont nous avons écrit à M. Codoing. Et quand vous serez entré dans les affaires et que vous aurez fait ce que vous et lui aurez pu, il sera bon qu’il vienne visiter nos petites maisons de Marseille et d’Annecy.

M. Dufestel me mande qu’il vous envoie M. Nouelly (5) à son grand regret, qu’il en retirait une grande assistance.

Et voilà, Monsieur, ce que je vous puis dire pour le présent, sinon que j’embrasse toute la compagnie de delà,

3). Gabriel Damiens, né à Bourseville (Somme), entré dans la congrégation de la Mission le 30 mars 1640, à l’âge de dix-neuf ans, reçu aux vœux le 16 octobre 1642, ordonné prêtre en 1646, puis placé aux Bons-Enfants comme professeur de philosophie Son insistance à combattre le jansénisme fut cause que saint Vincent le retira de l’enseignement. Le saint connaissait la jeunesse et sa tendance à prendre fait et cause pour des doctrines que l’on attaque sans garder de mesure.

4). Le séminaire des Bons-Enfants.

5). Boniface Nouelly, né à Collonges (Ain), entra prêtre dans la congrégation de la Mission le 22 novembre 1643, à l’âge de vingt-cinq ans. Il fut placé à Marseille en 1644 et envoyé à Alger en 1646 pour y diriger la nouvelle Mission. Après une année de durs labeurs et de dévouement, il prit au chevet d’un pestiféré les germes de la maladie dont il mourut le 22 juillet 1647. (Notices, t. III, p. 28-34.)

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prosterné en esprit à ses pieds et aux vôtres, qui suis votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Dehorgny, prêtre de la Mission.

727. — A ANTOINE PORTAIL,

De Fréneville, ce 11 octobre 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Me voici arrivé d’hier au soir en assez bonne disposition. Il n’y a que ma défluxion sur les dents qui me tient et diminue néanmoins, par la grâce de Dieu.

Je vous ai écrit de Saint-Dyé (1) comme la reine nous a mis deux mille livres entre les mains pour la noblesse de la Lorraine. C’est un fâcheux rencontre que vous ne l’ayez su. Je pense l’avoir dit à M. Gentil (2), Sans doute que l’on l’aura dit à la reine ; et nous voilà dans quelque sujet de blâme. Et puisque j’avais écrit de cette assemblée (3), vous pouviez bien penser, ou que nous avions reçu de l’argent, ou qu’il le fallait avancer. Je vous prie,

Lettre 727. — L. a. — L’original appartenait en 1913 à M. La Caille, 50, boulevard Malesherbes, Paris.

l). Saint-Dyé-sur-Loire, localité du Loir-et-Cher.

2). Mathurin Gentil, né à Brou (Eure-et-Loir) en mai 1604, entré dans la congrégation de la Mission le 11 novembre 1639, reçu aux vœux le 17 octobre 1642. Il était économe de la maison de Snint-Lazare en 1644 et alla exercer les mêmes fonctions en 1647 au séminaire du Mans. Il mourut dans cette ville le 13 avril 1673, très regretté de tous et en particulier de son supérieur général, qui annonça sa mort à toute la compagnie par une circulaire très élogieuse

3). L’assemblée pour la noblesse lorraine.

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Monsieur, d’envoyer des billets partout, de faire des excuses à la compagnie, quand elle sera à Saint-Lazare, par M. Lambert, et de prendre mille francs du coffre, voire jusques à douze cents, s’il les faut.

Vous avez bien répondu à M. Brisacier (4).

Je suis en quelque perplexité si j’irai à Fontainebleau (5) d’ici. La maladie de Monseigneur le cardinal (6), l’affaire de la Charité (7) et celui-ci de la noblesse de Lorraine semblent le requérir, outre quelqu’autre occasion, comme aussi la mission que la reine avait pensée de faire faire en ce lieu-là (8), J’écris à Monseigneur de Boulogne (9). M. Alméras proposera à l’assemblée (10) la pensée

4). Laurent de Brisacier, né à Blois le 2 août 1609, était le frère du jésuite Jean, qui s’est fait un nom par ses controverses contre les jansénistes, et l’oncle de Jacques-Charles, le futur supérieur des Missions-Etrangères. Il devint doyen de Saint-Sauveur à Blois en 1632 fut précepteur de Louis XIV vers 1649 pendant une absence de M. de Péréfixe, reçut de la cour mission d’aller à Rome pour y négocier diverses affaires et fut chargé par la reine d’accomplir le vœu qu’elie avait fait, pendant une maladie de son fils, si elle obtenait sa guérison de fonder un office solennel tous les ans, le jour de saint Louis, dans l’église de Notre-Dame-de-Lorette. Laurent de Brisacier fut encore conseiller d’Etat. Ses démêlés avec le chapitre de Blois lui valurent plus d’un procès. Il prit une part active à la fondation du séminaire des Missions-Etrangères et mourut à Blois le 15 février 1690 (Cf. Une famille Blésoise, Les de Brisacier, par André Rebsomen dans les Mémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher, 30 juin 1902.)

5). La Cour s’y trouvait.

6). Le cardinal Mazarin.

7). Probablement l’établissement d’une confrérie de la Charité.

8) Devons-nous rapporter à cette mission l’incident dont Abelly nous fait le récit dans son ouvrage, 1 III, chap. XIV, p. 235 ? Pressé par la reine de donner une mission à Fontainebleau, le saint envoya des prêtres de sa congrégation. Il se trouvait qu’un re ! lgieux avait commencé une série de prédications. Pour ne pas le gêner, les missionnaires fixèrent leurs exercices à des heures différentes Malgré cette précaution, le vide se fit autour de sa chaire. Il en conçut de la jalousie et se plaignit amèrement. Le saint l’ayant appris supplia la reine de lui permettre de rappeler ses prêtres, ce qui lui fut accordé.

9). François Perrochel Il n’était pas encore sacré.

10). L’assemblée des mardis.

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de la reine et verra entre ces Messieurs qui seront ceux qui pourront assister à cette mission, si elle se fait, en prendra le nom et les priera de se tenir prêts au cas que la reine soit résolue à cela.

Je salue très humblement M. le prieur (11) et M. Cousin (12) comme aussi la petite compagnie, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Paris.

728. — A ANTOINE PORTAIL, PRêTRE DE LA MISSION,

A SAINT-LAZARE

De Fréneville, ce 21 octobre 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voici Monsieur le curé de Mespuits (1) Je vous prie de lui offrir et de le retirer effectivement chez nous.

Nous nous sommes enfin accordés avec le fermier de Mespuits, par la grâce de Dieu. Nous lui sommes redevables de 368 livres. Nous en avons besoin de 400. Je vous prie de les nous envoyer par Rivet (2), ou quelqu’autre, ou par le messager d’étampes, s’il s’en veut char-

11) Adrien Le Bon, prieur de Saint-Lazare.

12). Claude Cousin, ancien religieux de Saint-Lazare.

Lettre 728. — Dossier de la Mission, copie prise sur l’original chez M. Charavay.

1). Petite commune de Seine-et-Oise.

2). Probablement Jacques Rivet, frère coadjuteur, né à Houdan (Seine-et-Oise) le 11 septembre 1620, entré dans la congrégation de la Mission le 16 décembre 1641, reçu aux vœux le 22 avril 1646.

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ger, avec une lettre adressante à M. du Pred, notre procureur, pour les recevoir et les nous bailler.

J’espère partir demain samedi, ou lundi au plus tard, pour Chartres et de me rendre jeudi, ou vendredi au plus tard, Dieu aidant, à Paris, et fais état de passer chez M. Norais (3), à Saclay (4), pour y voir la ferme qu’il nous offre et que M. le prieur (5) nous conseille avec tant d’affection de prendre (6). Vous ne lui direz pas pourtant ce que je vous dis, que je dois passer. Il se mettrait en peine d’y faire trouver ledit sieur Norais.

J’espère vous renvoyer demain notre frère Jean Le queux (7).

Envoyez-nous M. Gallais annoncer la mission à Fontainebleau le jour de la Toussaint. Il sera à propos qu’il prenne la bénédiction de Monseigneur l’archevêque de Sens (8), s’il est à Paris ou au Lys (9), près de Melun, à un quart de lieue ; et sera bon que vous lui écriviez en mon absence, s’il part le vendredi, et au Père prieur, curé de Fontainebleau, et leur dire l’ordre que j’ai reçu de la reine pour cela, et les prier, en mon absence, de l’agréer.

3) Grand ami de la congrégation de la Mission. Nous trouverons plus loin une belle lettre de saint vincent à M. Norais pour le consoler dans ses épreuves.

4). Près de Palaiseau, en Seine-et-Oise.

5). Adrien Le son.

6) La ferme offerte à saint vincent était située sur le hameau d’Orsigny. Le saint l’accepta par contrat du 22 décembre 1644. (Cf. Arch. Nat. S 6687). Et la posséda en toute tranquillité tant que vécurent M. et Mademoiselle Norais. Mais après la mort des donateurs, les héritiers réclamèrent, intentèrent un procès et obtinrent gain de cause. La ferme redevint en 1684 la propriété des prêtres de la Mission.

7). Né à Châlons-sur-Marne, entré dans la congrégation de la Mission comme frère coadjuteur le 22 juin 1639, à l’âge de dix-neuf ans, reçu aux vœux le 13 novembre 1653.

8). Octave de Saint-Lary de Bellegarde (1621-1646)

9) Aujourd’hui Dammarie-les-Lys. On y voit les ruines d’une ancienne abbaye de religieuses cisterciennes, auxquelles la reine Blanche, mère de saint Louis, avait légué son cœur.

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Vous verrez qui vous pourriez envoyer et s’il sera expédient d’y envoyer Messieurs Boucher et Mollin (10). Je me porte assez bien, Dieu merci, et suis votre serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Nous avons promis une chape neuve de camelot à fleurs pour l’église de Mespuits ; vous la baillerez, s’il vous plaît, à M. le curé.

729. — A LOUISE DE MARILLAC

Jeudi matin. [Après 1638] (1)

Mademoiselle Le Gras est suppliée très humblement de ne point avertir les filles pour l’assemblée de demain, pource que voici que la reine vient de m’envoyer quérir, et qu’il est nécessaire de faire demain celle des officières de l’Hôtel-Dieu.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

10) Jean Mollin, né à Beauvais, entré dans la congrégation de la Mission le 20 juin 1640, à l’âge de vingt ans, reçu aux vœux le 1er novembre 1643, ordonné prêtre en 1644.

Lettre 729. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de Sedan.

1). Avant 1639, les mots "Jeudi matin" seraient à la fin de la lettre, non au début.

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730. — A MONSIEUR CAMPION (1)

[10 novembre 1644] (2)

Très volontiers, Monsieur, je me rendrai samedi prochain au lieu (3) et à l’heure que vous me marquez.

Je suis votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

731. — A JEAN DEHORGNY

De Paris, ce 11 novembre 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous ai écrit il y a huit jours et ne vous dirai rien outre ce que je vous dis pour lors, pource que je n’ai point reçu de vos lettres depuis ce temps-là.

Nous tâchons de faire approuver ici nos règles communes, celles du général, de l’élection et du visiteur. Si nous en venons à bout, in nomine Domini, vous ne laisserez pas de voir de delà ce qui se pourra faire pour cela.

L’on vous a dit comme nous avons substitué notre

Lettre 730. — Dossier de la Mission, copie prise sur l’original chez M. Charavay. Ces lignes étaient écrites de la main du saint au bas de la lettre de M. Campion..

1) Prêtre du collège de Fortet.

2). C’est la date de la lettre de M. campion. saint vincent lui répondit le même jour.

3). Chez M. Quarré, notaire, rue Saint-Jacques. Il s’agissait d’une question d’argent.

Lettre 731. — L. a. — L’original de cette lettre appartient aux Pères jésuites qui le conservent dans la chambre de saint Ignace à Rome.

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frère Damiens à M. Dufour pour les leçons. Vous ne sauriez croire combien Dieu le bénit en cela, puis combien il satisfait les séminaristes (1), qui sont au nombre de 22. M. de Cuissot en renvoya hier deux pour être sortis sans congé.

Monsieur Soufliers est dehors, et Messieurs Buissot et Bastin (2). Messieurs Colée et Durot sont malades.

J’ai prié M. Lambert de renvoyer Messieurs Perceval, Le Noir (3), du Chastel (4) et Le Roy. Nous avons aussi purgé et repurgé notre séminaire de neuf. Il en reste trente, qui font fort bien, par la grâce de Dieu.

Nous avons rappelé M. Gallais de Sedan et y avons envoyé M. Grimal supérieur, avec des personnes que vous ne connaissez pas, qui font fort bien. M. Alain (6) et M. Philmain (7) y étaient déjà.

M. Ozenne a la charge de la maison de Troyes. M. Bourdet (8) est céans, en attendant de l’emploi. Nous lui avons cependant donné charge de veiller sur la sacristie, sur les portiers ; et on le destine à la préfecture de la santé. M. du Coudray est à La Rose. Voilà les petits changements, excepté celui du retour de M. Gilles, qui fait des merveilles en la piété et en la doctrine pour nos écoliers.

1) Les séminaristes des Bons-Enfants.

2) ce nom n’est pas dans le catalogue du personnel

3) Jacques Le Noir, né à Arras, reçu prêtre dans la congrégation de la Mission le 12 mai 1641, à l’âge de vingt-six ans.

4). Pierre du Chastel, né à Courcelles-le-Comte (Pas-de-Calais), reçu prêtre dans la congrégation de la Mission le 9 octobre 1641, à l’âge de vingt-cinq ans, mort en 1648 à Paris.

5). Jean Le Roy, né à Saint-Malo, reçu à Saint-Lazare le 15 décembre 1640.

6). Jean Alain, né à Dreux, entré prêtre à Saint-Lazare le 20 mai 1643, à l’âge de trente et un ans, reçu aux vœux le 20 avril 1646, mort vers le 6 avril 1649.

7). François de Philmain, né à Normandel (Orne), entré diacre à Saint-Lazare le 14 avril 1642, à l’âge de vingt-cinq ans.

8). Précédemment supérieur à Troyes.

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Si vous ne voyez quelque jour pour l’union de la maison de Toul de delà, je pense qu’il vaut mieux de la quitter plus tôt que plus tard (9).

Il nous est impossible de retirer les 3.000 livres que nous avons avancées pour votre maison, dans l’espérance de pareille somme que la reine avait ordonnée pour icelle. Notre incommodité, qui est très grande, nous contraint de les retenir sur ce qu’on vous doit envoyer. Je suis toujours dans l’embarras ; j’espère que je n’y serai pas longtemps. Je célèbre souvent la sainte messe à cette intention et prie que la Providence nous présente l’occasion pour cela.

J’ai prié M. Portail d’écrire partout que les supérieurs ne doivent point voir les lettres des inférieurs qu’ils écrivent au général, ou le général à eux. Je vous prie de le faire entendre et d’en commencer la pratique.

Je suis en peine de ce que vous ne faites point les ordinands, selon l’intention de la fondatrice (10). Il n’y a pas de notre faute ; il faut néanmoins viser là sans intermission, prudemment néanmoins. Les difficultés, d’un autre côté, me paraissent essentielles.

J’embrasse M. Codoing et M. Blatiron et les prie tous deux d’être vos consulteurs, et vous, Monsieur, de leur faire la même prière, et c’est affaire au général à les nommer, ou par lui ou par le visiteur.

Je vous embrasse tous, prosterné en esprit à vos pieds, et suis, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Dehorgny, supérieur des prêtres de la Mission de Rome, à Rome.

9). Nous avons déjà vu que cette maison était disputée à la congrégation de la Mission par l’Ordre du Saint-Esprit.

10) Consignée dans le contrat du 2 mai 1643. (Cf. 1. 660, note 1)

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732. — NICOLAS PAVILLON, éVêQUE D’ALET, A SAINT VINCENT

Monsieur,

Vous agréerez bien que je prenne la confiance de joindre mes prières très humbles à celles de Monsieur d’Angers (1) touchant l’accident arrivé à sa famille car, outre les devoirs de la charité commune en telles occasions, j’ai tant d’obligation à sa personne, par l’édification qu’il donne et le service qu’il rend à ce diocèse, que je ne pourrais, sans notable ingratitude, manquer à lui rendre ce témoignage de ma reconnaissance, non que je croie pouvoir rien ajouter, par la recommandation que je vous fais, Monsieur, à votre charité dans ce rencontre, mais pour ne rien omettre de ce que je pense être de mon devoir.

Je suis en peine si vous avez reçu ma réponse à la proposition de la lettre que vous me faites l’honneur de m’écrire au mois de juillet dernier qui ne portait sinon l’entière soumission de ma personne et de mes petits emplois à ce que vous jugeriez être de la volonté de Dieu en cette occasion et en toute autre.

Pour vous faire part, parmi vos grandes et importantes occupations, de nos petites nouvelles, je vous dirai que nous continuons nos assemblées d’ecclésiastiques du diocèse et des circonvoisins qui le demandent. J’en tiens une présentement d’environ trente prêtres, qui font les exercices spirituels à l’évêché pendant une quinzaine de jours avec beaucoup de fruit et d’édification, en même temps que quelques-uns des ecclésiastiques de la famille parcourent les paroisses du diocèse pour reconnaître en quel état elles sont depuis notre visite que nous achevâmes l’an passé, et si nos ordonnances s’y exécutent. J’implore sur ce petit travail et nos autres menus pro jets l’assistance de vos saintes prières, ne pouvant espérer, sans vous importuner, celle de vos conseils. Votre charité ne refusera pas cette grâce à celui qui, nonobstant tout événement, persévère d’être toujours, Monsieur en l’amour

Lettre 732. — L. a. —- Dossier de la Mission, original.

1) Claude de Rueil, évêque de Bayonne (1622-1626), puis d’Angers 1626-20 janvier 1649)

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du Sauveur et de sa sainte Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.

NICOLAS,

évêque d’Alet.

D’Alet, 18 novembre 1644.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission, à Saint-Lazare, à Paris.

733. — A GUILLAUME DELVILLE (1)

De Paris, ce 20 novembre 1644

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Il n’est pas expédient que vous donniez les fermes de la Chaussée (2), que vous n’ayez pris possession, ni que vous preniez possession, que nous n’ayons résolu la manière avec bon conseil en cette ville, ce que nous ferons avec M. du Fresne dans trois ou quatre jours. Et puis, vous me devez donner avis de ce qu’on vous offre, avant de rien faire. Il sera expédient de faire publier les fermes avant de les donner. Si vous les aviez données avant la prise de possession, vous feriez un acte d’intrusion dans le bénéfice, qui est un défaut pour le faire perdre. Au nom de Dieu, Monsieur, ne vous hâtez pas dans les affaires et ne faites rien d’important sans notre avis. Je serai exact à vous faire réponse ci-après.

Lettre 733. — L. a. — Dossier de la Mission, original.

1). Guillaume Delville, né à Tilloy-lez-Bapaume, aujourd’hui Ligny-Tilloy (Pas-de-Calais), entré prêtre dans la congrégation de la Mission le 19 janvier 1641, à l’âge de trente-trois ans, supérieur à Crécy (1644), à Montmirail 16441646, 16501651), puis retiré à Arras, où il continua de remplir pendant plusieurs années, avec la permission de saint Vincent, ses devoirs de missionnaire. Il mourut dans cette. dernière ville en 1658

2). Au faubourg de Montmirail.

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Ne demandez plus de l’argent à M. Geger. Prenez-en des receveurs de la terre de Montmirail, ou de quelque autre ; nous le rendrons ici à point nommé.

Vous avez raison en ce que vous me dites, qu’il faut aller doucement en ce qui regarde Madame Gomer.

Je vous supplie de saluer et de remercier de ma part M. le prieur (3) de tous les bons accueils qu’il vous fait. Je serai infiniment consolé de le voir, s’il vient en cette ville, de l’honorer et de le servir.

Il faut donc laisser la ferme de Chamblon (4) comme elle est.

Je ne gagnerai rien de parler à la reine de ce que vous me mandez des excès qu’on fait à l’égard des fabriques. L’affaire est faite par le feu roi ; et ceux qui ont le maniement de ces affaires renverseront ce que j’en pourrai dire. J’en dirai néanmoins un mot. Oh ! que la guerre est un grand mal !

Il faut continuer les aumônes qu’on faisait à l’Hôtel-Dieu vers ces enfants de chœur et vers ces bonnes femmes, et l’on verra ; j’en parlerai au R. P. de Gondi.

Nous ne manquons point de prier pour le bon… (5). Si je puis servir sa famille, je le ferai.

Je loue Dieu de tout ce que vous me dites de feu Mademoiselle de Thiercelin.

Béni soit Dieu de ce que la noblesse vous réclame aussi en sa maladie ! C’est un bon œuvre et le plus efficace moyen de coopérer à leur salut. S’ils guérissent, vous leur faites prendre résolution de mieux servir Dieu et prendre une meilleure forme de vivre ; et s’ils meurent.

3). Jean-François Delabarre, prieur de Montmirail (1636-1646)

4) * Hameau de la commune de Montlevon (Aisne)

5). Le nom a été oublié dans l’original, en passant d’une page à l’autre.

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vous les mettez entre les mains de la miséricorde de Notre-Seigneur. Je souhaite bien qu’on fasse de même vers les pauvres, autant que faire se pourra.

Il faut au moins avoir quelque frère avec soi.

Béni soit Dieu, Monsieur, de ce que vous me dites de ces Messieurs les curés qui veulent faire leur retraite chez vous ! O Jésus ! Monsieur, recevez-les et envoyez pendant ce temps-là quelqu’un à leur place, qui y fasse la mission, ou revoie le peuple qui se voudra réconcilier, si la mission s’est faite dans sa paroisse ; ou pour le moins vous y enverrez les dimanches et fêtes, et ces Messieurs pourront prier les curés plus proches d’assister leurs paroissiens aux extrêmes besoins pendant son absence.

Pour le gentilhomme qui a le même dessein, vous en userez, s’il vous plaît, comme nous faisons ici. Je m’en vas dire à Alexandre (6) qu’il vous envoie ce qui est porté par son billet. Que vous dirai-je de la mission de la Beuvardes (7) ? Vous ferez bien de la faire pendant que Monsieur et Madame de Melun y sont. Vous les assurerez que c’est un faux rapport qu’on leur a fait, que j’ai dit que je parlerai de l’inexécution du testament [de] (8) Madame de la Bécherelle à la reine (9). Jamais cette pensée n’est entrée en mon esprit, ni pas une d’impatience, et que je suis leur très humble serviteur, que nous tâcherons de leur envoyer un ecclésiastique à la place de celui qui y est.

Vous a-t-on donné les 50 écus que feu Madame de la Bécherelle vous a légués ?

6). Alexandre Véronne, infirmier de Saint-Lazare.

7). Dans l’Aisne.

8). Le sens exigerait de ; mais l’original porte à.

9) La mission de Beuvardes, fondée par Madame de la Bécherelle le 3 juillet 1643, devait se donner tous les cinq ans.

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L’on m’ôte la plume de la main et me contraint à finir la présente, en me recommandant à vos saintes prières, prosterné en esprit à vos pieds et à ceux de votre compagnie, que je salue ; et vous envoie ce porteur exprès, afin que vous ne bailliez les fermes de la Chaussée et de la Maladrerie qu’après la prise de possession 10 Je suis, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Delville, supérieur des prêtres de la Mission de Montmirail, à Montmirail.

734. — A GUILLAUME DELVILLE

De Saint-Lazare, ce 20 novembre 1644.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Depuis ma dernière écrite, que vous recevrez par ce même porteur, j’ai pensé de vous prier d’aller recevoir les ordres et la bénédiction de Monseigneur de

10). Sur la présentation de Pierre de Gondi, duc de Retz et baron de Montmirail (29 septembre 1643), l’évêque de Troyes avait uni à perpétuité à la congrégation de la Mission, le 20 juin 1644, le prieuré ou Hôtel-Dieu de la Chaussée, au faubourg de Montmirail, dans le diocèse de Troyes, à la charge pour elle d’y entretenir deux prêtres et un frère, qui donneraient des missions partout où l’évêque les enverrait, conserveraient les bâtiments en bon état, acquitteraient toutes les obligations spirituelles et temporelles du prieuré et reconnaîtraient à l’évêque les droits de visite et "supériorité de deux livres cinq deniers par an" (Arch. Nat. S 6708.)

Lettre 734. — L. a. — L’original a été mis en vente chez M. Charavay en 1913 ; c’est là que nous en avons pris copie.

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Soissons (1) et de lui faire entendre la volonté de Monseigneur le duc de Retz, d’unir l’hôpital de la Chaussée à la Mission ; que Monseigneur l’évêque de Troyes (3), duquel dépend originellement l’hôpital, a agréé l’union, à la charge de nous établir dans son (4) diocèse ; que les habitants de Montmirail ont député vers le R. Père de Gondi, pour le prier de ne pas consentir que nous allions demeurer sur ledit diocèse de Troyes et de nous retenir à Montmirail ; que ledit R. Père y a consenti, et moi aussi, au cas que mondit seigneur de Soissons l’ait agréable, et de nous donner effectivement son consentement ; auquel cas nous supplierons très humblement Monseigneur de Troyes de consentir à notre demeure dans Montmirail. Je n’écris point à mondit seigneur de Soissons. J’ai cru qu’il n’aura pas désagréable que vous soyez employé à cela, ni Monsieur Dufour (5) aussi.

Il est survenu une loupe au genou de Monseigneur

1). Simon Le Gras.

2). Pierre de Gondi, duc de Retz et baron de Montmirail, fils aîné du Père de Gondi et ancien élève de saint Vincent.

3). François Malier du Houssaye (1641-1678).

4). L’orignal porte notre.

5) Claude Dufour né à Allanche (Cantal), entra dans la Congrégation peu après son ordination sacerdotale, le 4 mai 1644, à l’âge de vingt-six ans. Il fut d’abord envoyé à Montmirail (1644), puis mis à la tête du séminaire de Saintes (1646-1648). Il était très vertueux, mais d’une vertu austère et peu aimable. La vie de missionnaire était trop douce à ses yeux. Il se persuada que celle de chartreux conviendrait mieux à son amour de la prière et de la mortification. Saint Vincent fut d’un tout autre avis ; et Claude Dufour, toujours docile, abandonna son projet. Pour l’arracher aux tentations de cette nature, le saint mit son nom sur la liste des missionnaires destinés à Madagascar. En attendant le jour de l’embarquement, il l’occupa d’abord à Sedan, puis à Paris, où il lui confia la direction du séminaire interne pendant une absence de M. Alméras, enfin à La Rose, comme supérieur (1654-1655). Les voyages étaient longs à cette époque. M. Dufour partit de Nantes en 1655 et arriva à Madagascar au mois d’août de l’année suivante. Quelques jours après son débarquement, le 18 août, il était emporté par la maladie. (Notices, t III, p. 14-23.)

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l’évêque nommé de Boulogne (6), qui l’aurait empêché de pouvoir faire la mission à Soissons. Nous tâcherons de disposer les choses pour la faire le carême, si mondit seigneur l’a agréable, auquel j’offre mes très humbles et respectueuses soumissions et obéissances (7) avec toute l’humilité et le respect qui m’est possible. Je salue aussi très humblement Monsieur Dufour, ensemble votre petite compagnie, et suis, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Vous prendrez la peine de m’écrire, s’il vous plaît, par la voie de Soissons.

Suscription : A Monsieur Monsieur Delville, supérieur des prêtres de la Mission de Montmirail, à Montmirail.

735. — LOUIS DE MARILLAC A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je suis tout à fait en peine de mon fils, qui est arrivé avec Madame la comtesse de Maure dès samedi. Elle m’a mandé qu’elle lui donna dimanche un billet et qu’il me devait venir treuver, et qu’elle ne sait pas où il pouvait être. Que faut-il que je fasse ? Je ne sais s’il n’a point été aux Bons-Enfants. Y dois-je envoyer ? ou vous, Monsieur, voudriez-vous bien prendre cette peine, je dis, d’y envoyer, et s’informer s’il y a été, ce qu’il y a fait ? Je vous en supplie très humblement, pour l’amour de Dieu. Vous savez que ma douleur et

6.) François Perrochel.

7). Le saint avait ajouté ici les mots et celles de cette petite compagnie, qu’il a ensuite raturés

Lettre 735. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

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mes appréhensions ne sont pas petites et que je suis, Monsieur, votre très obéissante et très obligée fille et servante.

L. DE M.

Ce 2 décembre [1644] (1)

Je ne puis avoir assistance de qui que ce soit au monde et je n’en ai jamais guère eu que de votre charité.

suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

736. — CHARLES-FRANçOIS D’ABRA DE RACONIS, éVêQUE DE LAVAUR (1) A SAINT VINCENT.

[Entre 1643 et 1646] (2)

Depuis hier que j’eus l’honneur de vous entretenir, j’ai vu M. le prince de Condé (3) sur le sujet de Jansénius (4), je l’ai trouvé tout plein de feu et de lumières contre les erreurs de cet auteur. Il m’a extrêmement encouragé à continuer mon tra-

1) Date ajoutée au dos de l’original.

Lettre 736. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. XII, 1er éd., p. 416.

1) Huguenot converti, devenu prédicateur et aumônier du roi, puis professeur de théologie au collège de Navarre, sacré évêque de Lavaur le 22 mai 1639, mort dans son pays natal, à Raconis, dans le diocèse de Chartres, le 16 juillet 1646, après avoir lutté vigoureusement contre le jansénisme.

2). Cette lettre semble devoir être placée au temps où le prince de Condé était membre du conseil de régence.

3). Henri II, prince de Condé, père du grand Condé. "Le prince de Condé, dit le P. Rapin dans ses Mémoires (t. I, p. 40), avait des conférences secrètes et fréquentes avec le nonce du Pape et le chancelier, par l’entremise du P. Vincent, pour chercher ensemble des moyens de détruire ces nouveautés, dont il avait aversion".

4). Corneille Jansen, plus connu sous le nom de Jansénius, né au village d’Acquoy (Hollande) en 1585, vint étudier à Paris en 1604. Il y connut l’abbé de Saint-Cyran, qui lui trouva une place de précepteur chez un conseiller, puis l’amena à Bayonne, où ils lurent ensemble les écrits de saint Augustin. Jansénius revint à Louvain en 1617, y prit le doctorat, fut placé à la tête du collège de Sainte-Pulchérie et reçut en 1630 une chaire d’écriture Sainte à l’université de cette ville. élevé à l’évêché d’Ypres par la faveur de Philippe IV. il fut sacré en 1636. Deux ans après, il mourait de la peste dans des sentiments de soumission au Saint-Siège. On a de lui un livre contre la France, Mars Gallicus, divers commentaires sur la Sainte écriture et des lettres à son ami l’abbé de Saint-Cyran. Le plus im-

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vail et à seconder votre zèle pour la défense de l’église, dont je lui ai parlé bien au long et dont il a été ravi. Il m’a commandé deux choses : la première, de voir M. le Nonce (5) et de lui dire de sa part qu’il serait bien aise de le pouvoir trouver en quelque église pour lui parler de cette affaire et lui montrer la nécessité absolue qu’il y a et pour l’église et pour l’état de répondre à cet auteur ; ce que j’ai exécuté aussitôt, et ai vu M. le nonce, qui est convenu, après un assez long pourparler, que je lui enverrais un catalogue des erreurs de Jansénius qui ont autrefois été condamnées ou par les conciles, ou par les Papes ; ce que j’ai promis de faire. De là je suis retourné chez M. le prince, qui a été extrêmement satisfait de cette résolution et m’a assuré qu’il en représentera hautement l’importance à la reine et à M. le cardinal Mazarin, et m’a renouvelé le second commandement qu’il m’avait fait, qui était de vous assurer de son zèle en cette affaire, afin de l’avancer conjointement avec vous.

737. — A BERNARD CODOING

De Saint-Lazare-lez-Paris, ce 4 janvier 1645.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je viens de recevoir, il y a environ une heure, celle que vous m’avez écrite de l’onze du passé et qui m’a plus consolé que je ne puis dire, pource que c’est vous et que vos lettres font toujours le même effet en moi. Béni soit Dieu de tout ce que vous me dites ! Il est

portant et le plus connu de ses ouvrages est l’Augustinus, qui suscita une violente tempête dans l’église. Cet écrit, publié à Louvain en 1640 et à Rouen en 1652, lui avait demandé vingt ans de travail. L’Augustinus fut censuré par Urbain VIII et plusieurs fois dans la suite.

5). Nicolas Bagni, archevêque d’Athènes, nonce en France du 25 juin 1643 à l’année 1657 créé cardinal du titre de Saint-Eusèbe et évêque de Sinigaglia le 9 avril 1657, mort à Rome le 23 août 1663, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Saint Vincent, avec qui il fut en étroits rapports, n’eut qu’à se louer de sa bienveillance.

Lettre 737. — Recueil du procès de béatification.

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vrai qu’il y avait quelque apparence qu’on ne me souffrirait plus dans l’emploi (1) ; mais mes péchés sont cause qu’on en use autrement et qu’il ne plaît pas à Dieu d’agréer les sacrifices que je lui ai offerts à cet effet ; in nomine Domini, j’espère que l’on s’en lassera. Mais d’aller visiter moi-même les maisons que vous me marquez, je vous dirai que Monsieur le cardinal de La Rochefoucauld m’a fait l’honneur de me dire maintes fois par lui-même qu’il n’est pas expédient, pource que, tandis que je serai par les chemins, ou en quelque maison particulière, les autres en souffriront, pource que je ne recevrai leurs lettres, ni les autres mes réponses de longtemps ; et [on] m’alléguera toujours l’exemple du bon ordre des Chartreux et des Jésuites, qui en usent ainsi. Selon cela, il est à propos que vous me mandiez ce que vous me diriez en présence ; j’y ferai attention.

Assurez-vous en ce que je n’ai point de répugnance du tout à la proposition des Indes, ni au petit séminaire que vous me proposez, les choses étant ainsi que vous me le dites des ordinands. Mais que ferons-nous à ce dernier ? La plupart du revenu vous est donné à cette fin ; et je commence à entrevoir que notre bonne fondatrice en a peine. Vous ne me dites point combien vous en avez par mois ni par semaine ; encore cela conten-

1) Abelly raconte (op cit., 1. I, chap. XXXVII, p. I73) qu’à la suite d’un voyage de quelques jours hors de Paris, le bruit se répandit que le saint, tombé en disgrâce, avait reçu ordre de quitter la cour. Il revint. A un ecclésiastique qui lui disait sa joie d’apprendre que le bruit était faux, il répondit "Ah ! misérable que je suis, je ne suis pas digne de cette grâce." Le voyage dont parle Abelly, ne serait-ce pas celui que le saint fit à Richelieu en octobre 1644 et ne faut-il pas rapprocher ce que dit ici le saint de ce récit de son biographe ? Il est vrai que le bruit de sa disgrâce courut plus d’une fois, en particulier en février 1644, quand il fit donner à Jean-Jacques Olier un bénéfice demandé par Mazarin pour le fils du duc de la Rochefoucault. (Cf. Arch. du minist. des Aff. Etrang., Mémoires et documents, France, vol. 849, f°~ 68 et 75.)

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terait peut-être. Si Monsieur Dehorgny, vous et Monsieur Blatiron étaient de même avis, vous pourriez aussi essayer de Saint… (2).

Je m’en vas donner charge, dès ce soir, qu’on fasse dresser une procuration, que je vous enverrai dans deux jours, portant pouvoir de Monsieur Dehorgny, s’il le trouve bon, et Monsieur Blatiron aussi, d’acheter cet hôtel et d’obliger et hypothéquer vos coches de Soissons, affermées environ deux mille livres, et la portion que vous avez sur celles de Rouen, dont vous retirerez environ six mille livres d’afferme ; car de vous envoyer les six mille livres que vous demandez, il nous est impossible. Nous le ferions de bon cœur, si nous le pouvions. Mais prenez garde si cet hôtel est sis en un endroit bien sain.

Je finis en cet endroit en me recommandant à vos saints sacrifices avec toute l’humilité que je le puis, et à celles 3 de Monsieur Dehorgny et de la communauté, et cela prosterné en esprit à vos pieds à tous.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Codoing, prêtre de la Mission, à Rome.

2) mot illisible sur la copie.

3). Le saint pensait sans doute qu’il avait écrit une ligne plus haut : "en me recommandant à vos prières".

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738. — A GUILLAUME DELVILLE

De Paris, ce 7 février 1645.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

L’occasion de ce bon homme (1) me fait prendre ce moment pour me recommander à vos saintes prières et a celles de la compagnie que vous avez de delà, que j’embrasse, prosterné en esprit à vos pieds et aux siens.

Nous n’avons point encore notre expédition de Monseigneur de Soissons (2). Il m’a fait l’honneur de m’écrire qu’il agréait notre établissement et qu’il ajusterait toutes choses avec ceux que nous enverrions à la mission de Soissons, qui est différée. C’est pourquoi je pense que vous ferez bien de l’aller trouver à Compiègne, où il est, pour recevoir ses commandements sur cela et apprendre les difficultés, s’il en fait, sur notre manière d’agir qu’il désire de nous. Je lui ai envoyé les conditions auxquelles Monseigneur de Meaux (3) nous a reçus dans son diocèse (4) et tous nos autres seigneurs les prélats où nous sommes établis. Vous verrez.

Mandez-moi tout le détail de ce que vous avez fait pour la ferme de la Chaussée, si tout le revenu y est compris et ce qui reste et l’état de votre ferme de Fontaine-Essarts (5). Il me faut écrire souvent sur toutes choses.

Lettre 738. — L. a. — Original chez les prêtres de la Mission de Gênes.

1). Le porteur de la lettre.

2). Simon Le Gras.

3). Dominique Séguier.

4) A Crécy.

5). Louis Toutblanc. secrétaire du duc de Retz avait légué aux prêtres de la Mission les fermes de Fontaine-Essarts et du vieux Moulin par son testament du 12 mai 1644. (Arch. Nat. S 6708)

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Bon jour, Monsieur. Je suis votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Delville, supérieur des prêtres de la Mission de Montmirail, à Montmirail.

739. — A CHARLES DE MONTCHAL, ARCHEVêQUE DE TOULOUSE

De Paris, ce 24 février 1645.

Monseigneur,

Je vous fais ici un renouvellement des offres de mon obéissance avec toute l’humilité et la soumission qui m’est possible, et Dieu sait de quel cœur je le fais.

Ce bon ecclésiastique du collège de Mage persévère toujours, à ce qu’il m’a dit depuis peu, à la proposition qu’il a faite au bon M. Flous, au moyen de quelque chose qu’il s’attend qu’on fera pour lui de decà, et s’offre d’aller de delà quand l’on voudra, et de faire acquiescer cinq ou six collégiats, qui lui ont donné parole de consentir à la chose, et estime que les autres viendront peu à peu. Je vous supplie très humblement, Monseigneur, de me faire mander si La chose est faisable en cette manière, s’il faut que la reconnaissance précède le bienfait, ou au contraire, et comme il s’y faut prendre pour faire réussir l’affaire probablement. Il paraît honnête homme et consciencieux, et est en disposition de s’habituer en cette ville.

Lettre 739. — L. a. — Original aux archives du chapitre de Recanati (Italie).

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Nous avons ici M. l’abbé de Beaulieu (1), frère de feu Monsieur l’évêque de Vabres (2), qui fait grande instance pour avoir l’évêché ; l’on nous en parle diversement ; au nom de Dieu, Monseigneur, faites-moi la grâce de me faire écrire quel il est, s’il est capable et pieux, et s’il a enfin les qualités convenables à cette dignité, et notamment s’il est prêtre ; il dit qu’il l’est, mais quelques-uns qui m’en ont parlé et qui le connaissent n’en savent rien. J’attendrai à prendre résolution sur ce que vous nous ferez la charité de nous en écrire. J’ose prendre la hardiesse de vous supplier très humblement, Monseigneur, de me mander ce que vous en saurez au plus tôt, et de vous assurer que nul le saura jamais de mon coté.

Nous avons ici M. de Campels, il y a longtemps pour Monseigneur de Montauban (3) contre Monseigneur d’Utique (4). Que fera-t-on à cela, Monseigneur ? L’on a étourdi l’affaire ici. Oh ! que je souhaite que vous, Monseigneur, soyez député, pour bien des raisons, notamment pour cet affaire ici. Je leur proposerai, comme j’ai déjà fait à leur partie, de s’en rapporter à vous, Monseigneur, et de ce que le premier de mesdits seigneurs donnera au second, et à quoi il consentira que celui-ci s’emploie dans son diocèse.

Mon Dieu, Monseigneur, que j’ai été affligé de la ma

1.) Jean de la Vallette Cornusson, abbé commendataire de l’abbaye de Beaulieu, en Rouergue, doyen de Varenne, prieur de Parisot. Certains biographes du saint ont prétendu qu’il avait été élève de Vincent de Paul à Buzet vers 1600. La lettre à Charles de Montchal rend cette supposition bien invraisemblable.

2). François de la Vallette, mort le 20 novembre 1644. Il eut pour successeur Isaac Habert. si l’on excepte une période d’une dizaine d’années, le siège de Vabres était resté dans la famille des la Valette depuis 1563

3). Anne de Murviel (1600-1652).

4) Pierre de Bertier, docteur de Sorbonne ancien chanoine et archidiacre de Toulouse, coadjuteur d’Anne de Murviel et plus tard son successeur, sacré en 1636 évêque in partibus d’Utique. Il eut

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ladie de M. votre frère, et que je le suis encore ! Il [est] attendu ici par beaucoup de gens de bien desquels il est le protecteur ; et moi, Monseigneur, je prie Dieu qu’il le nous renvoie bientôt et en bonne santé, et qu’il me fasse digne de la grâce que vous me faites de me souffrir celle de, Monseigneur, votre très humble et obéissant serviteur

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

740. — LE CARDINAL * ANTOINE BERBERINI,

PRéFET DE LA PROPAGANDE, A SAINT VINCENT

Molto Reverendo Signore,

Sapendosi quanto volontieri Vostra Signoria si impieghi per ajuto spirituale del prossimo e particolarmente per istruire quetli che hanno da professare lo stato ecclesiastico nell’ esercizio delle loro funzioni, mi hanno li Signori Cardinali di questa Sacra Congregazione di Propaganda Fede ordinato di esortarla, come faccio con la presente, a nome delle Eminenze loro, e mio proprio, a mandare alcuni de’ suoi operari in Ibernia per rimettere il debito uso delle ceremonie, e de’ riti sacri in questi ecclesiastici, che per essere stato lungo spazio di tempo impedito colà dagli eretici dominanti il pubblico esercizio cattolico, ne sono totalmente ignorenti. L’opera sara’ singolarmente degna di lei, per il frutto che se ne deve sperare in quel regno.

II Signore la prosperi.

Al piacere Vostra Signoria.

Il Cardinale di Sznt’Onofrio.

Di Roma, 25 febbraio 1645.

beaucoup à supporter du vieil évêque de Montauban et songea plus d’une fois à donner sa démission. Quelque temps avant la mort du prélat, il écrivait à Mazarin "sa santé est si bonne et son humeur si mauvaise que je n’ai pas lieu d’espérer ni sa succession, ni mesme ses bonnes grâces. De sorte, Monseigneur, que je ne suis pas seulement sans employ dans mon ministère et sans revenu suffisant à ma condition, mais encore persécuté sans cesse et creu coupable sans raison". (Arch. Nat. KK 1217, p. 207.)

Lettre 740. — Dossier de la Mission, copie.

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TRADUCTION

Sachant avec quel dévouement Notre Seigneurie s’emploie au secours spirituel du prochain et particulièrement à la formation de ceux qui désirent embrasser l’état ecclésiastique, les cardinaux qui font partie de cette Congrégation de la Propagande ont bien voulu me charger de vous supplier, en leur nom et au mien, ainsi que je le fais par la présente, d’envoyer quelques-uns de vos ouvriers en Hibernie pour y enseigner la pratique des cérémonies et des rites sacrés au clergé, qui est dans l’ignorance la plus profonde des rubriques, en raison des empêchements apportés depuis longtemps à l’exercice du culte public par les hérétiques, qui sont les maîtres du pays. C’est là une œuvre particulièrement digne de votre zèle, étant donné les fruits qu’on est en droit d’en espérer dans ce royaume.

Que le Seigneur vous soit propice !

A la disposition de Votre Seigneurie.

Le Cardinal de Saint-Onuphre.

De Rome, ce 25 février 1645.

741. —-JACQUES-RAOUL DE LA GUIBOURGERE, éVêQUE DE SAINTES, A SAINT VINCENT

Mars 1645.

Nos ordinands vont avec une merveilleuse bénédiction, et il y a maintenant autant de presse pour être reçu à ces exercices, qu’il y avait ci-devant de difficulté dans les particuliers pour les y faire entrer.

742. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

[Vers 1645] (1)

Nous avons assez bon nombre de filles, mais je n’en vois

Lettre 741 — Abelly, op cit, 1 II, chap II, V, 1er éd, p 236

Lettre 742 — L a — Dossier des Filles de la Charité, original

1) Il n’est pas fait mention de l’établissement des sœurs à Saint Gervais avant le 24 mars 1646

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point pour le présent d’assez formées pour commencer le service des pauvres de Saint-Gervais (2) (j’entends par elles) car je sais que déjà ils sont servis par d’autres néanmoins si Madame de la Porte nous voulait prêter seulement ma sœur Henriette pour quinze jours, je crois qu’entre ci et ce temps nous en pourrions bailler ; mais il faudrait, je crois, que Monsieur le curé (3) et les dames de Saint-Gervais pensent que nous l’empruntons, à ce que le changement si prompt ne les offensât. S’il m’en venait quelqu’autre en pensée, je vous le manderais.

J’ai de grandes appréhensions du sujet pour lequel j’ai baillé ce papier a votre charité ce matin. Je crains l’esprit et appréhende l’état de l’âme, avec peine de me soumettre, en ce sujet, à la justice éternelle. Pour l’amour de Dieu, je supplie votre charité d’y faire attention et croire que je suis, Monsieur, votre très obéissante et très obligée servante.

743. — NICOLAS PAVILLON, éVêQUE D’ALET, A SAINT VINCENT

Monsieur,

M’entretenant avec Monseigneur l’archevêque de Narbonne durant la tenue des états (2), il me fit l’honneur de me parler de quelques affaires importantes qu’il a avec Madame la duchesse de Guise (3) ; sur quoi, sachant que vous pourriez lui être utile et que vous me fîtes le bien de m’aimer, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de lui offrir toute la créance que votre bonté me peut avoir donnée vers vous. Je m’assure que ce très digne prélat vous est déjà en telle considération qu’il n’est guère besoin que je m’interpose pour vous recom-

2) Paroisse de Paris

3). Charles-François Talon (27 août 1620-25 septembre 1651).

Lettre 743. — L. a. — Dossier de la Mission, original.

1) Claude de Rebé (1628-1659).

2). Les états de * Languedoc.

3). Henriette-Catherine, duchesse de Joyeuse, veuve de Henri de Bourbon, duc de Montpensier et de Charles de Lorraine, duc de Guise, morte à Paris le 25 février 1656, dans sa soixante-douzième année.

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mander ses intérêts et que j’ajoute mes prières aux siennes. Je le fais néanmoins et vous supplie du meilleur de mon cœur de vous employer pour lui en tout ce qui vous sera possible. J’ai tant de témoignages de sa bonté et de l’affection dont il lui plaît honorer, outre ce que je lui dois en qualité de son suffragant, qu’il ne se peut que je ne prenne très grande part en tout ce qui le concerne, et que je ne considère ses affaires comme les miennes plus importantes et que je prendrais le plus à cœur. C’est ainsi, Monsieur, que je vous prie derechef de les affectionner, et vous dirai encore qu’il y va beaucoup de la gloire de Dieu que ses affaires lui succèdent heureusement, et ne servira pas peu à lui faciliter le moyen de l’avancer de plus en plus dans son diocèse et toute la province. J’espère de votre bonté et aussi de votre zèle que vous lui donnerez de bon cœur vos soins, vous assurant qu’outre le service que vous rendrez à Dieu, vous ajouterez beaucoup aux obligations que je vous ai, en qualité, Monsieur, de votre très humble et très obéissant serviteur.

NICOLAS,

[évêque] d’Alet.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission, à St-Lazare.

744. — JEAN-JACQUES OLIER A SAINT VINCENT

[1644 ou 1646] (1)

Qui a Dieu a tout

Monsieur,

Je suis sollicité de deux endroits pour vous écrire : l’une de la part de M. Landas, qui désire que je vous témoigne de la religion de Monsieur son père et sa mère ce que je fais de tout mon cœur, comme ayant connu leur piété particulière ; et, de l’autre part, je suis prié par une demoiselle de Madame la princesse (2) de vous demander une religieuse pour la réforme d’une abbaye dont Monseigneur de Clermont (3)

Lettre 744. — L. a. — Arch. du séminaire de Saint-Sulpice, original

1). Voir note 4.

2). Charlotte-Marguerite de Montmorency, princesse de Condé.

3). Joachim d’Estaing (1614-1650).

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vous écrit, et à moi pour vous en supplier (4). Ce que je fais dedans l’esprit de procurer le bien de la gloire de Dieu partout où il peut être et particulièrement en nos cantons d’Auvergne si délaissés.

Je suis de toute ma volonté, en Notre-Seigneur Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

OLIER,

curé de Saint-Sulpice

Monsieur, j’aurai le bien de vous envoyer ce livre qu’il vous plut me demander dernièrement ; on me l’a promis pour le premier jour.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur des Missions.

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