Correspondance (page 3)
54. — A MONSIEUR DE SAINT-MARTIN (1)
1er septembre 1630.
Saint Vincent prie M. de Saint-Martin de procurer des habits à son frère et à ses neveux et de faire réparer un côté de leur maison, qui menaçait ruine. Il lui dit ensuite, au sujet du neveu récemment parti de Paris (2) que celui-ci a reçu
Lettre 53. — Abelly, Op. cit. III, chap. III, sect. III, p. 23,
1). Abelly se contente de dire que cette lettre a été adressée à une personne pieuse. Le ton et le contenu montrent que cette personne pieuse n’est autre que Louise de Marillac.
2), Voir note 3.
3). Il semble qu’en écrivant ces mots saint Vincent ait eu en vue la vocation de Louise de Marillac.
Lettre 54. — Procès de Béatification, déposition de Jean-Jacques de Castetja, petit-fils de Jean de Saint-Martin et curé de Saint-Paul *- lès-Dax (Landes), qui détenait l’original en 1706.
1) Le chanoine de Saint-Martin était alors à Paris ; il s’agit ici, croyons-nous, de Louis de Saint-Martin, époux de Catherine de Comet.
2). Ce fut ce neveu qui porta la lettre de saint Vincent. Il était venu consulter son oncle sur une promesse de mariage. Abelly donne des détails intéressants sur sa visite (op. cit., t. III, chap. XIII, sect. I p. 208 ; chap. XIX, p. 292) ; on en trouve d’autres dans les dé-
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dix écus, avant de quitter la capitale, et que cet argent venait d’une aumône, non du bien destiné aux missions. Puis il ajoute :
Je vous supplie, Monsieur, si l’humeur prenait à quelqu’autre mien parent de m’en venir voir, de l’en détourner, parce que, n’ayant pas moyen de leur faire du bien, ils prendront beaucoup de peine sans profit.
55. — A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1630] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Ce n’est pas aller sans sujet que d’aller voir une personne de la qualité de celle qui vous demande (2) et qui peut-être a besoin de votre conseil pour se résoudre à quelque chose de bien bon. Allez donc, Mademoiselle, allez, au nom de Notre-Seigneur et avec sa bénédiction. Que si l’occasion de faire quelque chose a l’égard des enfants de ce lieu-là (3) se présente, faites-le avec précaution ; il en faut beaucoup en ce diocèse-là. I.’autorité néanmoins de la dame du lieu sera la vôtre en celle de Notre-Seigneur, en ne faisant pas d’éclat. Pour la communion, je pense que vous ferez bien de
positions au procès de béatification de Jean-Jacques Castetja, Jean de Paul, Charles Le Blanc, Anne Varin et Jacques d’Apremont.
Lettre 55. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre a été écrite à l’époque des vacances, avant l’installation de saint Vincent à Saint-Lazare et alors que Louise de Marillac était à la tête de la Charité de Saint-Nicolas, en 1630 par conséquent, car en septembre et octobre 1631 Louise n’était pas à Paris.
2). Probablement Geneviève d’Attichy, épouse de Scipion d’Aquaviva, duc d’Atri.
3). Probablement Attichy, au diocèse de Soissons, non loin du diocèse de Beauvais.
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vous contenter de ce que vous aviez accoutumé ; et pour Monsieur votre fils, il sera le très bien venu après que les ordinands se seront retirés, d’ici à dix ou onze jours, parce que nous n’avons ni lit ni chambre où le mettre. Ordonnez-lui donc de venir en ce temps-là, s’il vous plaît. Monsieur Dehorgny vous ira parler du jeune homme qu’on désire envoyer céans ; et moi je vous demande pardon si je n’ai l’honneur de vous voir avant votre départ, à cause de l’embarras que nous avons ici. Je vous supplie de me mander si votre Charité (4) est bien riche et si vous avez besoin d’argent, et de croire que, grâces à Dieu, je me porte bien et que je suis votre serviteur.
VINCENT.
Il ne faut pas approcher si près des Charités du diocèse de Beauvais sans les visiter à loisir. Peut-être que Mademoiselle d’Attichy (5) sera bien aise d’aller à la plus proche.
Souscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
4). La Charité de Saint-Nicolas.
5). Valence de Marillac, tante de Louise, épouse d’Octavien Doni, sieur d’Attichy, surintendant des finances, et marraine de Michel, avait eu huit enfants : Achille se fit jésuite ; Louis entra chez les Minimes et devint évêque de Riez (1628), puis d’Autun (1652) Antoine, marquis d’Attichy, fut tué à l’armée en 1637, à l’âge de vingt cinq ans ; Geneviève épousa le duc d’Atri ; Anne devint la femme du comte de Maure ; Henriette entra au Carmel ; Madeleine prit l’habit des Ursulines. Privés de leur père en 1614, de leur mère en 1617, les enfants encore jeunes furent secourus par Louise de Marillac et son mari. (Cf. Lettres de Louise de Marillac, p. 150.)
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56. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je reçus votre dernière samedi passé, en sortant pour m’en aller à Maubuisson (1), et priai Monsieur de la Salle de vous faire réponse. Or, la présente sera pour vous assurer derechef que Monsieur votre fils se porte bien, Monsieur Bourdoise (2) me l’ayant ainsi assuré, et pour vous dire la consolation que je reçois de votre amendement, et que je souhaite bien fort votre parfaite guérison ; mais le moyen, en parlant tant, comme il faut que vous parliez, et avec un air si subtil et votre rhume ! Certes, si vous recouvrez votre parfaite santé, il faudra. bien dire que Dieu vous a guérie. Je m’attends à en avoir aujourd’hui ou demain de plus amples nouvelles. Mademoiselle du Fay vient tout présentement d’envoyer sa servante pour en apprendre, et je veux bien me promettre que nous en aurons de bonnes à lui envoyer.
Je lui communiquai samedi passé ce que vous me
Lettre 56. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Près Pontoise (Seine-et-Oise).
2). Adrien Bourdoise, né le 1er juillet 1584, à Brou (Eure-et-Loir), mort à Paris le 19 juillet 1655, fut l’un des plus zélés réformateurs du clergé au XVII° siècle. Il fonda une communauté de prêtres, les prêtres de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ou les Nicolaïtes, du nom de la paroisse de Paris sur laquelle ils résidaient. Il fit une de ses retraites à Saint-Lazare. Ce fait et le conseil qu’il donna au duc de Liancourt, patron de plusieurs bénéfices, de s’en rapporter au jugement de Vincent de Paul pour le choix des bénéficiers, montrent en quelle haute estime il avait ce dernier. Cette estime, le saint la lui rendait : "O Messieurs, disait-il un jour à ses missionnaires, qu’un bon prêtre est une grande chose ! Que ne peut pas faire un bon ecclésiastique ! Quelle conversion ne peut-il pas procurer ! Voyez Monsieur Bourdoise, cet excellent prêtre, que ne fait-il pas et que ne peut-il pas faire !" (Abelly, op. cit, t. II, chap. V, p. 298.)
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mandez d’elle, dont elle fut bien consolée. Et votre cœur l’est-il pas aussi, Mademoiselle, de voir qu’il a été trouvé digne devant Dieu de souffrir en le servant ? Certes, vous lui devez un remerciement particulier et faire votre possible pour lui demander la grâce d’en faire bon usage.
Vous désirez savoir si vous parlerez à la Charité en corps. Certes, je le voudrais bien ; mais je ne sais s’il est facile et expédient. Cela leur profiterait. Parlez-en à Mademoiselle Champlin et faites ce que Notre-Seigneur vous inspirera.
Je suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce 22 octobre 1630.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Montmirail (3).
57. — A LOUISE DE MARILLAC, A MONTMIRAIL
Ce 19 octobre 1630.
Mademoiselle,
Béni soit Dieu de ce que vous voilà guérie et que la
Il y aurait beaucoup à dire sur les relations de ces deux hommes On peut consulter avec profit une vie manuscrite de M. Bourdoise de 1694 (Bibl. Maz., ms. 2453), pp. 2, 667, 671, 673, l’ouvrage de l’abbé Schoenher, op. cit., t. I, pp. 96, III, 113, 118, 129 ; Le saint abbé Bourdoise, par Jean Darche, Paris, 1883, 2 vol in-8°, t. I, p. 536 ; t. II, pp. 25, 284). Comme toujours, la légende s’est mêlée à l’histoire ; mais ce n’est pas ici le lieu de faire la part de l’une et de l’autre.
3). Au-dessous de l’adresse, Louise de Marillac a écrit elle-même "Villiers-le-Bel". Serait-elle allée en cette localité avant ou après son séjour à Montmirail ? C’est possible.
Lettre 57. — Manuscrit Saint-Paul, p. 9.
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subtilité de cet air-là ne vous nuit point ! Cela étant ainsi, vous continuerez, s’il vous plaît, jusques à ce que vous ayez fait le fruit à peu près que vous avez fait ailleurs. Mais si vous aviez quelque sentiment de rechute, prévenez-le, s’il vous plaît, et vous en revenez. Je laisse tout cela à votre disposition pendant que je m’en vais faire un petit voyage de quinze jours à Beauvais. Proposez à Monsieur le prieur 1, s’il vous plaît, ce que vous me mandez de l’élection des officières.
58. — A LOUISE DE MARILLAC, A BEAUVAIS (l)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Béni soit Dieu de ce que vous voilà arrivée en bonne
1). Très probablement le prieur de Montmirail.
Lettre 58. — L. a. — Original au Mans dans le trésor de l’église Notre-Dame de la Couture.
1). Le saint venait de passer une quinzaine de jours à Beauvais, où il avait pu se rendre compte que la visite de Louise de Marillac serait utile aux confréries de la Charité établies dans cette ville. L’histoire de l’établissement des Charités à Beauvais mérite d’être connue. Avant 1629, on rencontrait partout à Beauvais dans les rues, aux portes des églises, dans les églises même, des troupes de mendiants effrontés qui demandaient ou plutôt exigeaient l’aumône, la menace à la bouche. Augustin Potier, évêque du diocèse, s’inquiéta de cette situation. Il fit dresser la liste de tous les indigents, s’enquit de l’étendue de leurs besoins et pensa qu’il serait utile de créer une caisse, qu’alimenteraient les aumônes et le produit des quêtes, et de constituer un bureau central pour recueillir et répartir les secours. Le 16 avril 1623, il convoqua dans son palais les chanoines, les jurats et les notables de la ville et leur proposa son plan, qui fut adopté. Pour l’exécution, on fit appel à saint Vincent, qui accourut et se mit de suite à l’œuvre. Il monta en chaire, parla des Charités, de leur fonctionnement, de leur utilité et eut bientôt la joie de voir l’œuvre établie dans chacune des dix-huit paroisses. Cela fait, il partagea la ville en quartiers pour faciliter la distribution des aumônes. (Cf.
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santé ! Oh ! ayez bien soin de la conserver pour l’amour de Notre-Seigneur et de ses pauvres membres, et prenez garde de n’en pas faire trop. C’est une ruse du diable, dont il trompe les bonnes âmes, que de les inciter à faire plus qu’elles ne peuvent, afin qu’elles ne puissent rien faire ; et l’esprit de Dieu incite doucement à faire le bien que raisonnablement l’on peut faire, afin que l’on le fasse persévéramment et longuement. Faites donc ainsi, Mademoiselle, et vous agirez selon l’esprit de Dieu.
Or, répondons maintenant à tout ce que vous me mandez. Il me semble qu’il est à propos voirement (2) que Madame la trésorière (3) se décharge de la délivrance du vin et qu’on le baille à quelque autre ; car pour l’hôtellerie, il faudrait payer le huitième. Quelque bonne veuve
Abelly, op. cit., t. I, chap. XXIII, p. 108 ; Delettre, op. cit., t. III, p. 407 ; Réglemens pour la Charité des pauvres malades establie à Beauvais l’onziesme novembre mil six cent trente, Beauvais, 1663, in-18.) Cependant les obstacles ne manquèrent pas. Alphonse Feillet a découvert dans les Archives du Comité d’Histoire de France un projet de réquisitoire dressé par le lieutenant de Beauvais pour se plaindre "que depuis quinze jours environ serait arrivé en cette ville un certain prêtre nommé Vincent, lequel, au mépris de l’autorité royale, aurait, sans en communiquer aux officiers royaux ni. à aucun autre corps de la ville qui y eût intérêt, fait assembler un grand nombre de femmes, auxquelles il avait persuadé de se mettre de la confrérie, à laquelle il donne le nom spéciaux (sic) de Charité et laquelle il désirait ériger pour subvenir et fournir de vivres et autres nécessités aux pauvres malades de ladite ville de Beauvais et aller chaque semaine faire une quête des deniers qu’ils voudraient bailler à cet effet ; ce qui aurait été, depuis, exécuté par ledit Vincent et icelle confrérie érigée, en laquelle il aurait reçu 300 femmes ou environ, lesquelles pour faire leurs exercices et fonctions ci-dessus, s’assemblent souvent, ce qui ne doit pas être toléré". Et le lieutenant de la ville, indigné de l’audace "du prêtre nommé Vincent", requiert qu’une information soit faite et envoyée au procureur général du roi. Grâce au saint homme, la ville fut bientôt complètement transformée.
2). Voirement, vraiment.
3). Les confréries de la Charité avaient à leur tête une supérieure, qu’assistaient une trésorière, une garde-meubles et un procureur.
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de la Basse-Œuvre y pourra bien faire cela, ou de Saint-Sauveur. J’estime donc que cela est nécessaire, afin que la trésorière ait moyen de vaquer à la conduite de l’œuvre, à la réception et congédiement des malades ; car, pour la garde, il n’est nullement à propos qu’elle fasse cela, ni que l’on lui donne six sols par jour. Eh ! bon Dieu ! elle emporterait le plus liquide de la Charité.
Plut à Dieu que la bonne Madame de la Croix pût faire ce que vous lui conseillez ! Cela lui vaudrait bien une bonne religion. Pour les drogues, vous avez bien fait de les délivrer ; mais votre trésorière ne devait pas faire marché ; elle ne sait point où cela va. Il sera bon d’y remédier par le moyen de Monsieur le grand vicaire (5) et l’entremise de Monsieur du Rotoir. Quand Monsieur de Beauvais sera de retour, il sera bon de lui communiquer les choses principales, si vous voyez qu’il l’agrée. Il veut cela quelquefois. Mais, pour prendre la bénédiction de lui, il me semble qu’il n’est pas expédient, pource qu’il est fort éloigné de cérémonie et aime qu’on traite avec lui rondement, et respectueusement néanmoins.
Pour votre logement, si vous l’avez pris chez Monsieur Ricard (6) vous ne sauriez être mieux ; c’est le meilleur et un des plus honnêtes hommes que je connaisse ; et Madame sa femme, que je connais seulement de réputation, fort pieuse. Hélas ! que je pense qu’ils en seront contents l’un et l’autre ! Je souhaite fort que vous y soyez.
Quant au doute de M. du Rotoir, il a raison ; et je pense qu’il sera à propos de mettre dans le règlement que les sœurs du quartier de la Basse-Œuvre assisteront
4.) Nom * d’une paroisse de la ville.
5). Nicolas Lévesque, qui fut dans la suite premier supérieur du séminaire de Beauvais.
6). Raoul Ricard, procureur au présidial Il resta pendant trente ans procureur de la Charité de Beauvais.
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les pauvres qui mourront en la Basse-Œuvre et à Saint-Gilles ; mais, pour les autres quartiers, je pense qu’il suffit que ce soient les dames d’une paroisse qui assistent à l’enterrement des pauvres de leur paroisse seulement, pource que les sœurs du quartier de Saint-Sauveur, de Saint-Etienne et de Saint-Martin ont trop de malades et trop de mourants, pour qu’elles y assistent à tous leurs enterrements, et que les autres paroisses sont des faux-bourgs, qui font chacun un quartier.
Et pour les quêtes, l’on dit, avant de partir, qu’elles mettront autant de jours qu’il faudra pour les faire (7). Je voudrais bien savoir ce qu’elles ont trouvé à chaque quête qui a été faite. Mais il faut noter, touchant ce que j’ai dit de l’enterrement, qu’il faut que Monseigneur prononce là-dessus sa volonté.
Et moi, je vous promets d’écrire à Villepreux pour l’élection de l’officière et de parler au R. P. de Gondy pour avoir du bois pour Montmirail. Je vous promets, de plus, de vous mander la disposition de Monsieur votre fils au prochain voyage, ne l’ayant pu par celui-ci, faute de l’avoir prévu.
Soyez-en cependant en repos et unissez votre esprit aux moqueries, aux mépris et au mauvais traitement que le Fils de Dieu a soufferts, lorsque vous serez honorée et estimée. Certes, Mademoiselle, un esprit vraiment humble s’humilie autant dans les honneurs que dans les mépris et fait comme la mouche à miel qui fait son miel aussi bien de la rosée qui tombe sur l’absinthe que de celle qui tombe sur la rose. J’espère que vous en userez ainsi et que vous m’obtiendrez pardon de notre bonne Mère la supérieure des Ursulines de ce que je m’en vins sans recevoir ses commandements, et que vous assu-
7). Les sœurs quêtaient dans l’église et à domicile. L’argent recueilli était déposé dans un coffre à deux serrures, dont la supérieure avait une clef et la trésorière l’autre.
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rerez Mesdames les officières et Monsieur du Rotoir que je suis à eux et à vous, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Je ne suis pas prêt à partir pour notre grand voyage ; quelques affaires d’importance nous arrêtent ici ; et Monsieur Lucas, qui a été grièvement malade à la mission de Berry 5, s’en revient ici (9).
De Paris, ce 7 décembre 1630.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, au logis de Monsieur du Rotoir, à Beauvais.
Questions (du Cardinal de La Rochefoucauld ?)
Réponses de m. Vincent
Sans date. Vers 1630 ?
Voir le texte à la fin du volume.
59. — A LOUISE DE MARILLAC
[1630 ou 1631] (1)
Je viens de recevoir présentement l’incluse de la bonne Germaine (2), Je vous supplie, Mademoiselle, de lui faire réponse pour nous deux. Mais je vous supplie encore plus humblement que vous m’excusiez de ce que je ne vous
8). Berry-au-Bac, petit village de l’Aisne, arrondissement de Laon.
9). La visite de Louise de Marillac à Beauvais porta des fruits abondants. Les dames vinrent nombreuses à ses entretiens ; les hommes réussirent à l’entendre en se cachant. Quand elle repartit pour Paris, le peuple l’accompagna bien loin sur le chemin, louant et bénissant Dieu de l’avoir envoyée. Gobillon raconte (op. cit., p. 43) qu’un enfant tombé sous les roues de la charrette qui la portait se releva sans mal, grâce à ses prières.
Lettre 59. — L a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Nous lisons dans Abelly (op. cit., t I, chap. XXIII, p. 109) : "La même année et la suivante 1631, cette confrérie (la confrérie de la Charité) fut établie par M. Vincent, avec la permission de M. l’archevêque de Paris et l’agrément de MM. les curés dans les paroisses de Saint-Médéric (Saint-Merry), Saint-Benoît et Saint-Sulpice."
2). Une des filles que Louise de Marillac employait aux écoles. Elle fut longtemps maîtresse à Villepreux, où nous la trouvons encore en 1637.
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suis allé voir, ni prié de venir ici. Le continuel embarras que j’ai m’en empêche.
Nous sommes après à mettre la Charité à Saint Benoît ; mais je ne sais par quel esprit cela se fait que chaque paroisse de Paris veut avoir quelque chose de particulier et ne veulent point avoir rapports avec les autres. C’est quasi leur faire peine que de dire : l’on fait ailleurs comme cela. Ou bien elles veulent faire un salmigondis (3,) en prenant quelque chose de Saint-Sauveur (4) quelqu’autre de Saint-Nicolas, notre paroisse, et quelqu’autre chose de Saint-Eustache (5)
Il sera parlé de vous en l’assemblée de Saint-Benoît. Mademoiselle Tranchot en dit des merveilles. Pensez s’il serait à propos que vous preniez la peine de voir cette bonne demoiselle pour stabil [iser] (6) son esprit, afin qu’elle fortifie les autres. Si vous l’avez vue d’autres fois, cela se pourrait facilement par quelque prétexte que vous pourrez prendre ; car elle ne faudra pas de vous en parler, ni moi d’être, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
Je m’en vas demain à Montreuil (7) et reviendrai le même jour, comme j’espère. Ressouvenez-vous de nous en vos prières. Je vous souhaite le bonsoir.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
3). Salmigondis, mélange de choses disparates.
4.) Nous avons encore le règlement de la confrérie établie sur la paroisse Saint-Sauveur.
5.) A lire Abelly (op. cit., t. I, chap. XXIII, p. 109), on croirait que la confrérie de Saint-Benoît a précédé celle de Saint-Eustache. On voit ici qu’il n’en est rien.
6). Le mot est resté incomplet dans l’original, à la fin d’une ligne.
7). Montreuil-sous-Bois, commune populeuse située aux portes de Paris. Saint Vincent y avait établi, le 1er avril 1627, une confrérie de la Charité, dont on a encore l’acte d’érection.
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30. — A LOUISE DE MARILLAC
[Avant 1634] (1)
Si Germaine a accoutumé de communier, je ne vois point de difficulté que vous ne fassiez de même. Faites le donc, Mademoiselle (2). Que si vous ne pouvez prendre la discipline et si tant est que vous ayez une ceinture de petites rosettes d’argent que Mademoiselle du Fay m’a fait recouvrer d’autres fois, prenez-la, au lieu de la discipline et au lieu de celle de poil de cheval, pource que celles-là échauffent trop (3).
A LOUISE DE MARILLAC
[Mars 1631] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
La lettre de Monsieur votre fils me parait fort judi-
Lettre 60. — Manuscrit Saint-Paul, p. 83.
1). Les conseils donnés à Louise de Marillac nous semblent mieux convenir au temps qui a précédé l’institution des Filles de la Charité.
2). Dans un règlement de vie qui paraît être de 1630 ou 1631, Louise de Marillac s’engage à communier les "jours de dimanche, mardis [ici le manuscrit est déchiré], n’était qu’il vînt des fêtes en la semaine qui" I’"u obligeassent à prendre les autres jours". (Pensées, p. 4.) La fondatrice nous avertissant elle-même ailleurs (Pensées, p. 376) qu’elle avait reçu de son confesseur l’ordre de communier tous les samedis, nous pensons qu’à l’endroit de la déchirure, il y avait et samedis.
3). Le règlement de vie signalé à la note 2 porte ces mots : "e ferai, en esprit de pénitence, deux ou trois fois la discipline, un Pater, honorant J..C., un Ave, honorant la sainte Vierge, et le De Profundis pour les âmes du Purgatoire ; et tous les jours de la sainte communion je porterai, la matinée, la ceinture de pénitence, et je la porterai le vendredi tout le jour." (Pensées, p. 4.) Saint Vincent corrigea le règlement et remplaça la discipline par "une ceinture de petites rosettes d’argent".
Lettre 61. — L..a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre précède de un ou deux jours tout au plus le départ de Louise de Marillac pour Montreuil, où elle était le 31 mars 1631.
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cieuse. Je pense qu’on lui a aidé ; mais, si elle est de son cru, il y a sujet d’espérer qu’il aura du jugement. Je pense qu’il sera bon de différer son retour au vôtre et que vous ne laissiez point de faire votre voyage. Donnez-lui donc terme d’ici à quinze jours et dites-lui que vous l’enverrez quérir quand vous reviendrez (2) et lui mandez que vous avez résolu de le mettre aux Jésuites pensionnaire, afin qu’il étudie (3) ; et sera à propos, à votre retour, d’en parler à ces Pères et de retenir sa place avant qu’il revienne, pour l’envoyer de la communauté (4) aux Jésuites avec sa soutane, sans loger chez vous. Il vous coûtera plus qu’il ne fait ; mais quoi ! il faut croire que celle qui affectionne la sainte pauvreté au souverain degré ne saurait s’appauvrir..
Pour mon voyage, je n’y pense point seulement ; le grand même est interrompu ou notamment différé et je n’en vois point à présent de moindres. Soyez donc en repos de ce côté-là et allez avec la bénédiction de Dieu, que je prie Notre-Seigneur vous donner. Honorez la tranquillité de son âme et celle de sa sainte Mère et soyez bien gaie en votre voyage, puisque vous en avez un grand sujet dans l’occasion en laquelle Notre-Seigneur vous emploie.
Vous pourrez dire, s’il vous plaît, à Monsieur le curé (5) que, s’il lui plaît que vous instruisiez les filles pendant quelques jours que vous serez à Montreuil, que vous le ferez de bon cœur. Il s’est allé devant vous chercher un logement ; descendez cependant et logez-vous à l’hôtel
2). Le petit Michel ne se plaisait pas à Saint-Nicolas, il l’avait écrit à sa mère. Saint Vincent est d’avis qu’il reste au séminaire jusqu’à ce que sa mère soit de retour de Montreuil. (3).
3). Les Jésuites tenaient alors à Paris un célèbre collège, le collège de Clermont, devenu lycée Louis-le-Grand..
4) Le séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet. (5.)
5). Martin Le Marinel, prêtre du diocèse de Coutances, nommé curé de Montreuil en 1627, mort en 1637.
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lerie. Que s’il vous presse d’aller ailleurs, faites-le in nomine Domini. L’hôtellerie où vous serez plus commodément, c’est chez la veuve. Adieu, Mademoiselle, ressouvenez-vous de moi en vos prières, qui suis votre très humble serviteur.
62. — A LOUISE DE MARILLAC, A MONTREUIL
Mandez-moi, je vous supplie, comment vous vous portez et combien vous faites état d’être à Montreuil, et ressouvenez-vous particulièrement de prier Dieu pour moi, qui, me trouvant hier entre l’occasion d’exécuter une promesse que j’avais faite et un acte de charité à l’égard d’une personne qui nous peut faire du bien et du mal, je laissai l’acte de charité pour accomplir ma promesse, dont j’ai beaucoup mécontenté cette personne-là ; ce qui ne me fâche pas tant comme de ce que j’ai suivi mon inclination en faisant comme j’ai fait, et qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
V. DEPAUL.
De Paris, ce dernier de mars 1631.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
63. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Lettre 62. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de la rue Alexandre-Parodi, 10, Paris.
Lettre 63. — L. a. -- Dossier des Filles de la Charité, original.
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Je suis fort consolé d’avoir appris des nouvelles de votre santé et de votre travail, et prie Dieu qu’il bénisse l’un et l’autre de plus en plus et qu’il soit votre consolation lorsque je vous contristerai, comme la semaine passée, et pendant les peines intérieures dont il plaira à Dieu vous affliger.
Je trouve bon tout ce que vous me mandez de la Charité et vous prie de proposer aux sœurs tout ce que vous trouverez à propos pour cela, et de l’arrêter, tant sur ce que vous m’avez écrit, que sur ce qui vous viendra en pensée pour le mieux, et je vous enverrai le règlement en forme entre ci (1) et dimanche.
Pour Monsieur votre fils, soyez en repos (2), Quand vous viendrez, nous en parlerons, et je ferai ce qu’il faudra, et serai, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
V. DEPAUL.
Ce jour saint François de Paule. [2 avril 1631] (3)
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Montreuil.
64. — A LOUISE DE MARILLAC, A MONTREUIL
[Avril 1631] (1)
Béni soit Dieu, Mademoiselle, de la bénédiction et de la santé qu’il vous donne ! Je vous enverrai, par Monsieur le curé ou par quelqu’autre, le règlement de la Charité, que j’ai ajusté à ce qui est convenable à Montreuil.
1). cette lettre est du mercredi.
2.) Voir la lettre 61.
3). Cette lettre a sa place à côté des lettres 62 et 64
Lettre 64. — L. a — Dossier des filles de la Charité, original
1). La comparaison de cette lettre avec la lettre 63 nous montre qu’elle est ici à sa place. Nous pensons qu’elle fut écrite le dimanche suivant 6 avril.
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Vous le verrez ; et s’il y a quelque chose à ôter ou à ajouter, mandez-le-moi, s’il vous plaît.
La quête se fera difficilement par le village (2) ; Dieu y a pourvu par celles de l’église. Il y a sujet d’espérer
le même (3) pour l’avenir. Ils sont moqueurs en ce pays-là, et les femmes pourraient tout quitter. L’action (4) se pourra faire par Monsieur le vicaire, selon le règlement. J’en ai parlé à Monsieur le curé (5), lequel, n’y pouvant aller, vous envoie M. Bécu.
Pour ôter quelqu’une, je pense qu’il vaut mieux tolérer toutes celles qui promettront faire bien leur devoir, et réduire le nombre, par la mort de celles qui décéderont, à soixante. Celles qui seront reçues à la Charité seront censées du Saint-Nom-de-Jésus ; et ne sera point nécessaire d’être de celles-ci pour être de celles-là (6)
Il y a trois choses à faire aujourd’hui : leur proposer le règlement de la part de Monseigneur l’archevêque (7) et de M. le curé, pour procéder à nouvelle élection, et, en troisième lieu, arrêter le nombre de celles qui seront de bonne volonté. Pour le surplus, vous l’introduirez en les revoyant dimanche. Il faudrait retirer parole d’elles de se rassembler ce jour-là, ou bien, pour le moins, les offi-
2). A cause des moqueries, qui auraient pu décourager les quêteuses.
3). Le même résultat.
4). La quête.
5). Martin Le Marinel.
6). Nous lisons dans Pacte d’érection de la Confrérie ", Pour éviter la multiplicité des confréries, avons, du consentement des confrères de la confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, uni et incorporé, unissons et incorporons ladite confrérie de la Charité à celle du Saint-Nom-de-Jésus établie audit Montreuil. "
(7). Jean-François de Gondi, frère de l’ancien général des galères Philippe-Emmanuel de Gondi et premier archevêque de Paris, fit beaucoup pour saint Vincent pendant toute la durée de son épiscopat (1622-1654). Il lui donna la principalité du collège des Bons Enfants, approuva le traité de fondation et les premiers règlements de la congrégation de la Mission, lui permit de s’établir à saint-Lazare, bref le seconda dans toutes les bonnes œuvres. Son nom,
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cières, auxquelles vous inculquerez, s’il vous plaît, leur devoir et celui de la confrérie.
Monsieur votre fils se porte bien, à ce que M. Le Juge (8) m’a mandé, lequel lui a envoyé votre lettre. Soyez donc en repos de ce côté-là. Je parlerai cependant au collège des jésuites pour lui (9). Nous sommes dans l’embarras de nos ordres (10) J’en recommande le succès à vos prières et vous prie d’avoir soin de votre santé.
Mademoiselle Sevin (11) parlait hier de vous aller voir, si elle peut, avec Madame de Châteaufort (12).
65 — A LOUISE DE MARILLAC, A MONTREUIL
Mademoiselle,
Mon petit voyage que j’ai fait aux champs, d’où je revins avant-hier au soir, m’a empêché de vaquer à
comme celui de son frère et de sa belle-sœur, est au premier rang dans la liste des bienfaiteurs de la congrégation de la Mission
8). Thomas Le Juge fut un des principaux auxiliaires de M. Bourdoise. Membre de la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet dès 1621, il devint économe du séminaire le 27 janvier 1647 et fut réélu le 25 juillet 1650. Il mourut aveugle en 1653. (Schoenher, op 4. cit., t. I, p. 182 ; Darche, op. cit., t. I, pp. 433, 479.)
9). Voir la lettre 61.
10). Les exercices des ordinands se donnaient alors aux Bons-Enfants.
11). Mademoiselle Sevin, de son premier nom Marie Véron, était la sœur du savant curé de Charenton, François Véron, très réputé de son temps comme controversiste, et la mère de Gertrude-Elisabeth Sevin, qui venait d’entrer au monastère de la Visitation. Son mari, Jacques Sevin, correcteur en la cour des comptes, était mort en décembre 1615. C’est elle qui fit adopter dans toutes les paroisses de Paris l’usage de la marmite pour la distribution des secours aux pauvres. Sa grande charité et la proximité de son domicile l’avaient mise en rapport avec saint Vincent, qui s’aidait souvent de ses conseils. (Année sainte, t. IV, p. 263-264.)
12). Peut-être Honorée ou Honorade de Forbin, femme du sieur d’Aiguillenqui, seigneur de Châteaufort.
Lettre 65. — Manuscrit Saint-Paul, p. 11. L’original a été mis en vente chez M. Charavay, qui l’annonce en ces termes dans son cata-
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l’affaire de Monsieur votre fils, joint l’occupation des ordinands. L’on m’a dit que Dieu bénit votre travail, dont je le remercie de tout mon cœur, et le prie qu’il vous ramène pleine de santé et de bonnes œuvres l’un des jours de la semaine prochaine que vous jugerez à propos, pour être ici aux offices de la semaine sainte.
De Paris, ce vendredi 11 avril 1631.
66. — A LOUISE DE MARILLAC
[Avril 1631] (1)
J’ai reçu votre lettre de mercredi, Mademoiselle, à mon retour de la mission, d’où je revins le même jour (2) et vous ai fait réponse (3), que j’ai envoyée à Monsieur le curé de Montreuil. Je vous disais par ma lettre comme j’ai assuré une place qu’on m’a promise pour M. votre fils aux pensionnaires. C’est le principal qui me l’a promise et de fort bonne façon. J’ai, de plus, envoyé à
logue : "Lettre autographe signée à Mademoiselle Le Gras à Montreuil. De Paris, ce vendredi 2 avril, 1 page in-4°. Le petit voyage qu’il a fait aux champs, d’où il est revenu avant-hier au soir, l’a empêché de vaquer à l’affaire de Monsieur son fils Il a néanmoins fait retenir parole au R. P. Lateman, principal du collège des jésuites, qu’il le recevra pensionnaire, etc." M. Charavay a mal lu le quantième du mois. Il est impossible que la lettre ait été écrite le 2 avril, car : 1° Nous avons, datée de ce même jour, une lettre qui est antérieure à celle-ci ; 2° le 2 avril 1631 était un mercredi et non un vendredi ; 3° d’après le contenu, la lettre est de la semaine qui précédait la semaine sainte ; or, en 1631 la semaine sainte commençait le 13 avril.
Le 11 avril tombait un vendredi, deux jours avant le dimanche des Rameaux. Cette date semble donc s’imposer.
Lettre 66. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
(1). Cette lettre a été écrite au commencement de la semaine sainte au plus tard le mardi saint 15 avril.
(2). L’absence du saint avait été courte ; il était allé se rendre compte des résultats d’une mission donnée par les siens.
(3)-. C’est la lettre 65, dont nous n’avons donné qu’un fragment.
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Monsieur Yart (4) celle que vous lui écrivez, selon laquelle j’espère que mondit sieur votre fils sera bientôt ici.
Puisqu’il n’a point plu à Dieu que vous ayez fait autre chose pour la Charité, il l’en faut louer et estimer qu’il ne veut point autre chose pour encore. Or, vos filles étant instruites, que reste-t-il à faire et à quoi tiendra-t-il que vous ne reveniez demain ? L’on a bien besoin ici de vous à la Charité de Saint-Sulpice, où l’on y a donné quelque commencement ; mais cela va si mal, à ce qu’on m’a dit, que c’est une pitié. Peut-être que Dieu vous réserve l’occasion d’y travailler.
Je m’en pars aujourd’hui pour aller, si je puis, à six lieues d’ici, d’où j’espère revenir demain ; ce qu’attendant, je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
67. — A LOUISE DE MARILLAC
Samedi, à 9 heures. [Avril 1631 I.]
Mademoiselle,
Je me promettais la consolation de vous aller voir ; mais j’ai été contraint de partir inopinément pour le bois de Vincennes (2) Votre cher cœur me le pardonnera ; et
3). François Wiart ou Wyart, prêtre du séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, né à Marles, au diocèse de Laon, mort en 1661 à Laon, où il travaillait à fonder le séminaire. Il fut économe ou supérieur des Nicolaïtes de 1639 à 1647.
Lettre 67. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette lettre semble écrite avant la reprise des classes, peut-être le premier samedi qui suivit la semaine de Pâques,- c’est-à-dire le 26 avril.
2). Localité de la banlieue-est de Paris.
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au retour, Dieu aidant, nous parlerons de tout, vous disant cependant, par précaution, que je suis bien aise de ce que le petit s’est résolu au collège (3) que, pour la pension, de l’autre (4) il n’y a remède. Il faut entrer par cette porte pour l’accoutumer. Les pensions, à mon avis, sont de deux cents livres pour personne ; et je pense qu’il y en a qui paient plus ; mais je crois qu’il se contentera de cela.
Pour la personne que vous désirez ôter, il n’y a point de danger pour en avoir une selon votre cœur ; mais celle dont vous me parlez ne vous sera pas propre comme je pense. Il vous en faut une toute neuve ou dévote, qui vous honore et craigne, ou qui ait mêmes pensées que vous ; demandez-en une à Dieu. Quant à la saisie dont vous me parlez, il n’y a point d’inconvénient d’en user ainsi que vous me mandez.
Adieu, ma chère fille ; tenez-vous bien gaie. Au retour, nous parlerons de tout ce dessein et de votre voyage des champs. Défendez à votre cœur de murmurer contre le mien de ce que je m’en vas sans vous parler, pource que je n’en savais rien au matin. J’espère vous revoir dans huit ou dix jours, et en attendant, je suis votre serviteur (5)
68. — A ISABELLE DU FAY
[Entre 1626 et 1632] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
3). Au collège de Clermont.
4). De l’autre, d’autre part.
5). La lettre était vraisemblablement signée ; une découpure mal adroite a fait disparaître le bas de l’original.
Lettre 68. — Reg. I, f° 4 Le copiste note que l’écriture de l’original était celle du saint.
1). D’une part, le nom de Mademoiselle du Fay ne paraît dans
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Me voici revenu ; mais en doute s’il ne me faut point retourner aux champs pour sept ou huit jours ; et pource que nous avons quelques affaires qui m’occuperont aujourd’hui et m’empêcheront le bonheur de vous aller voir chez vous, je vous supplie très humblement de me faire la faveur, si vous venez vers ces quartiers environ les deux heures, de m’envoyer quérir chez Mademoiselle Le Gras, et je vous y irai trouver, ou vous supplierai de venir jusques à Sainte-Marie du faubourg, au cas que je ne me puisse rendre chez madite demoiselle à cette heure-là. Vous voyez bien, Mademoiselle, la confiance que j’ai que votre cœur n’a jamais de volonté et qu’il se laisse tourner à toute main. Oh ! heureuse assiette d’un cœur qui est en cet état !
Bonjour, Mademoiselle. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
69. — A LOUISE DE MARILLAC
[Mai 1631] (1)
Ma petite indisposition n’est point ma petite fièvre ordinaire, mais un petit mal de jambe, à cause d’une petite atteinte d’un coup de pied de cheval, et d’une petite tumeur, qui avait commencé huit ou quinze jours auparavant ; ce qui est si peu de chose que, n’était un peu de tendresse qu’il y a en mon fait, je ne laisserais
aucune des lettres qui sont certainement antérieures à 1626, de l’autre, il semble que celle-ci a été écrite avant que saint Vincent se soit transporté à Saint-Lazare (8 janvier 1632).
Lettre 69. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
(1). M. Vincent n’aurait pas attendu plus longtemps pour dire à Louise de Marillac d’envoyer une lettre de remerciements à M. Bourdoise.
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point d’aller par ville. Je vous remercie du soin que vous en avez et vous prie de ne vous en mettre point en peine, pource que ce n’est rien. `
Pour la peine (2) intérieure qui vous a fait retirer de la sainte communion aujourd’hui, vous avez un peu mal fait. Voyez-vous pas bien que c’est une tentation ? et faut-il, en ce cas, donner prise à l’ennemi de la sainte communion ? Pensez-vous devenir plus capable de vous approcher de Dieu en vous en éloignant qu’en vous en approchant ? Oh ! certes, c’est une illusion.
Et pour le petit Michel, n’est-ce pas une autre tentation de vous troubler par l’appréhension de la sujétion qu’il faudra lui rendre ? Oh ! certes, Notre-Seigneur a bien fait de ne vous pas prendre pour sa mère, puisque vous ne pensez pas trouver la volonté de Dieu dans le soin maternel qu’il requiert de vous pour votre fils ; ou peut-être que vous pensez que cela vous empêchera de faire la volonté de Dieu en autre chose ; rien moins encore, pource que la volonté de Dieu ne s’oppose point à la volonté de Dieu. Honorez donc la tranquillité de la sainte Vierge en cas pareil.
Je suis bien aise de ce que vous nous enverrez demain ce bon enfant et de ce qu’il passera la matinée céans. J’espère aussi que vous lui permettrez d’y faire peinture et que vous honorerez la tranquillité de l’âme de Notre-Seigneur par un parfait acquiescement à sa sainte volonté en toutes choses.
Quant à la communauté (3) il sera bon que vous preniez la peine de les remercier bien affectueusement. Mais pour aucun présent, je ne pense pas que vous soyez maintenant si accommodée que vous leur en puissiez
2). Première rédaction : douleur.
3). La communauté des prêtres de Saint-Nicolas-du-Chardonnet Le petit Michel était resté chez eux près de trois ou quatre ans.
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faire beaucoup. Honorez la sainte pauvreté de Notre-Seigneur (4). Et puis rien ne les contentera tant que la reconnaissance de paroles. Et si le petit Michel écrivait une petite lettre de remerciement à M. Bourdoise, il me semble que cela serait bien.
Ressouvenez-vous, s’il vous plaît, de Saint-Sulpice et de moi en vos prières, qui suis votre serviteur.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
70. — A ANTOINE PORTAIL, PRêTRE DE LA MISSION,
AUX CéVENNES
J’espère beaucoup de fruit * de delà de la bonté de Notre-Seigneur, si l’union, la cordialité et le support sont entre vous deux. Au nom de Dieu, Monsieur, que ce soit là votre grand exercice ; et * pource que vous êtes le plus ancien, le second de la compagnie et le supérieur, supportez tout, je dis tout, du bon M. Lucas ; je dis encore tout, de sorte que, vous déposant de la supériorité, ajustez-vous à lui en charité. C’est le moyen par lequel Notre-Seigneur a gagné et dirigé les apôtres et celui seul par lequel vous viendrez à bout de M. Lucas. Selon cela, donnez lieu à son humeur ; ne lui contredites jamais sur l’heure ; mais avertissez-le cordialement et humblement après. Surtout qu’il ne paraisse point aucune
4). Des ratures recouvrent cette phrase et la précédente. La qualité de l’encre permet de croire qu’elles sont de saint Vincent à partir du mot beaucoup.
Lettre 70. — * Reg. 2, p.221
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* scissure entre vous. Vous êtes là sur un théâtre sur lequel un acte d’aigreur est capable de tout gâter. J’espère que vous en userez de la sorte et que Dieu se servira d’un million d’actes de vertu que vous pratiquerez là dedans, comme de base et de fondement au bien que vous devez faire en ce pays-là.
71. — A LOUISE DE MARILLAC
[Avant 1632] (1)
Je vous remercie de l’argent que [vous] m’avez envoyé, Mademoiselle, et vous prie de vous mortifier d’entendre demain la messe ici, parce que je la dirai dès les quatre heures et que vous ne pourriez vous lever à cette heure-là sans vous mettre en danger de retomber.
Quant au reste, je vous prie une fois pour toutes de n’y point penser, jusques à ce que Notre-Seigneur fasse paraître qu’il le veut, qui donne maintenant les sentiments contraires à cela. L’on désire plusieurs bonnes choses d’un désir qui semble être selon Dieu, et néanmoins il ne l’est pas toujours. Ains Dieu permet cela pour la préparation de l’esprit à être selon ce qu’on désire. Saül cherchait une ânesse ; il trouva un royaume ; saint Louis, la conquête de la terre sainte, et il trouva la conquête de soi-même et de la couronne du ciel. Vous cherchez à devenir la servante de ces pauvres filles (2), et Dieu veut que vous soyez la sienne, et peut-être de plus de per-
Lettre 71. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
Il n’est pas facile de bien saisir le sens de cette lettre ; l’interprétation qu’en donne Abelly (t. I, chap. XXIV, p. 113) semble quelque peu contradictoire.
1). Cette lettre a été écrite avant la fondation des Filles de la Charité et l’acquisition du prieuré de Saint-Lazare.
2). Les filles que Louise de Marillac employait à l’instruction des enfants dans les villages et au soin des malades dans les confréries de la Charité.
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sonnes que vous ne le seriez en cette façon ; et quand vous ne seriez que la sienne, n’est-ce pas assez pour Dieu que votre cœur honore la tranquillité de celui de Notre-Seigneur ? Et il sera propre et en état de le servir. Le royaume de Dieu est la paix au Saint-Esprit ; il régnera en vous, si votre cœur est en paix. Soyez-le donc, Mademoiselle, et vous honorerez souverainement le Dieu de paix et de dilection.
Je me recommande à vos prières et vous souhaite le bonsoir avec autant de tendresse de mon cœur que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras
72. — A FRANçOIS DU COUDRAY, PRêTRE DE LA MISSION, A ROME (1)
Du 20 juillet 1631.
Vous voilà donc enfin arrivé à Rome, où est le chef visible de l’église militante, où sont les corps de saint Pierre et de saint Paul et de tant d’autres martyrs et saints personnages, qui ont d’autres fois donné leur sang et employé toute leur vie pour Jésus-Christ. O Monsieur, que vous êtes heureux de marcher par-dessus la terre où ont marché tant de grands et saints personnages ! Cette considération m’émut tellement lorsque je fus à Rome il y a trente ans (2), que, quoique je fusse chargé de péchés,
Lettre 72. — Reg. 2, p. 1.
1). On sait les démarches inutiles que le saint avait faites en 1628 pour obtenir l’approbation de son Institut. Le seul moyen d’aboutir était d’avoir à Rome un procureur chargé de le représenter et de négocier en son nom. François du Coudray fut choisi et partit en mai 1631. Le 12 janvier 1632, la congrégation de la Mission était officiellement reconnue et les faveurs demandées pour elle accordées.
2). Le voyage que saint Vincent fit à Rome en 1607, après sa captivité, n’était pas le premier. Le saint affirme à plusieurs reprises, dans ses conférences aux missionnaires (Conf. du 17 octobre 1659, 2° point) et aux Filles de la Charité (Conf. du 30 mai 1647 et du
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je ne laissai point de m’attendrir, même jusqu’aux larmes, ce me semble. Je pense, Monsieur, que c’est cette même considération qui vous fortifia et conserva la nuit que vous arrivâtes à Rome, là où, après avoir été bien harassé par le chemin de 30 milles que vous fîtes à pied, vous fûtes contraint de coucher sur la dure et de travailler tout le lendemain avec l’ardeur du soleil pour entrer dans la ville. Oh ! que de mérites vous vous êtes acquis par ce moyen !
73. — A FRANçOIS DU COUDRAY, PRêTRE DE LA MISSION, A ROME
1631.
Vous devez faire entendre que le pauvre peuple se damne, faute de savoir les choses nécessaires à salut et faute de se confesser. Que si Sa Sainteté savait cette nécessité, elle n’aurait point de repos qu’elle n’eût fait son possible pour y mettre ordre ; et que c’est la connaissance qu’on en a eue qui a fait ériger la compagnie pour, en quelque façon, y remédier ; que, pour ce faire, il faut vivre en congrégation et observer cinq choses comme fondamentales de ce dessein : 1° de laisser le pouvoir aux évêques d’envoyer les missionnaires [dans) la part de leur diocèse qu’il leur plaira ; 2° que lesdits prêtres soient soumis aux curés où ils iront faire la mission, pendant le temps d’icelle ; 3° qu’ils ne prennent rien de ces pauvres gens, mais qu’ils vivent à leurs dépens ; 4° qu’ils ne prêchent, ni catéchisent, ni confessent dans les villes où il y a archevêché, évêché ou présidial, excepté les ordinands et ceux qui feront les exercices dans la maison ; 5° que le supérieur de la compagnie
19 septembre 1649) avoir vu Clément VIII, qui occupa le Siège de saint Pierre de 1592 à 1605.
Lettre 73. — Reg. 2, p. 1.
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ait l’entière direction d’icelle ; et que ces cinq maximes doivent être comme fondamentales de cette congrégation.
Notez que l’avis de M. Duval (1) est qu’il ne faut point que l’on change rien du tout au dessein dont je vous envoie] es mémoires. Baste pour les paroles ; mais pour la substance, il faut qu’elle demeure entière ; autrement, l’on n’y pourrait rien changer ni ôter qui ne portât un très grand préjudice. Cette pensée est de lui seul, sans que je lui en aie parlé. Tenez-y donc ferme et faites entendre qu’il y a longues années que l’on pense à cela et qu’on en a l’expérience.
74. — A LOUISE DE MARILLAC
[1631] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous êtes une brave femme d’avoir ainsi accommodé règlement de la Charité (2), et je le trouve bien. Pour
1). André Duval, célèbre docteur de Sorbonne, auteur de plusieurs savants ouvrages, ami et conseiller de Vincent de Paul, né à Pontoise le 15 janvier 1564, mort à Paris le 9 septembre 1638. Le saint ne prenait aucune décision importante sans recourir à ses lumières. Il demanda son avis avant d’accepter la maison de Saint-Lazare (Abelly, op. cit., t. I, chap. XXII, p. 97) et d’établir les vœux dans la congrégation de la Mission (lettre du 4 octobre 1647). L’humble docteur s’émut un jour de voir son portrait dans une des salles de Saint-Lazare. Il insista tellement que saint Vincent dut enlever le tableau. (Vie d’André Duval, docteur de Sorbonne, par Robert Duval, son neveu, ms. ; Un confesseur de saint Vincent de Paul, par J. Calvet, dans les Petites Annales de Saint Vincent de Paul, mai 1903, p. 135.)
Lettre 74. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
(1). Cette lettre a été écrite peu de temps après l’établissement de la Charité de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, alors que la peste sévissait à Paris. Ces deux circonstances réunies indiquent clairement l’année 631.
2). La Charité de Saint-Nicolas.
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Monsieur le procureur général (3), je ne sais s’il y a danger de lui dire que c’est la même que j’établis où nous allons faire la mission, et laquelle il m’a témoigné d’autres fois qu’il désirait bien qu’elle fût établie à Paris, et me commanda de conférer des moyens de ce faire avec Monsieur de Saint-Nicolas (4) et feu Monsieur de Saint-Sauveur (5) ; mais cela ne réussit pas.
Vous ne m’avez pas mandé si Monsieur de Saint Nicolas a été à l’évêché.
Je voudrais bien savoir s’il y a de la contagion (6) à l’entour de cette paroisse ou au dedans, et si vos dames (7) craignent.
Je m’en vas boire de l’eau de Monsieur Deure tantôt. Dieu veuille que, si elle me profite, que j’en use bien !
J’oubliais à vous dire de Monsieur le procureur
3). Mathieu Molé, né en 1584, procureur général en 1614, premier président en 1641. Nommé garde des sceaux le 3 avril 1651 démissionnaire le 13, renommé le 9 septembre, il garda sa charge de premier président jusqu’au jour où la reine régente l’appela à la cour hors de Paris. Mathieu Molé mourut le 3 janvier 1656. (Cf. Le Parlement et la Fronde. La vie de Mathieu Molé, Paris, 1859, in-8°.)
4). C’était le doux et zélé Georges Froger, docteur de Sorbonne, curé de Saint-Nicolas depuis 1603. Il dirigea la communauté des Filles de la Croix pendant cinq ans et mourut le 3 septembre 1656.
5). Hollandre, docteur de Sorbonne, qu’avait remplacé, le 5 mai 1628, Jacques Fournier, originaire du Mans.
6). La peste de 1631 causa d’effrayants ravages. Dans une quête faite à domicile pour remédier à la détresse des hôpitaux, on avait eu l’imprudence d’accepter du drap et du linge. Ces dons répartis entre l’Hôtel-Dieu, qui eut les deux tiers, et les hôpitaux des pauvres enfermés, développèrent la contagion. L’hôpital Saint-Louis se remplit de pestiférés ; celui de la Santé leur ouvrit aussi ses portes. En octobre 1631, l’Hôtel-Dieu et les hôpitaux Saint-Louis et Saint-Marcel avaient plus de 2.400 malades. L’Hôtel-Dieu fit un emprunt de 20.000 livres ; l’archevêque de Paris ordonna à ses prêtres de provoquer et de recueillir des secours. Ce fut aux mois de septembre et d‘octobre que le fléau sévit avec le plus de violence. Paris avait déjà été éprouvé par le terrible mal en 1623 et 1625. En 1636 et 1638, la peste fera de nouveau son apparition, mais durera peu et pourra être localisée. (Cf. Michel Félibien, op. cit., t. V, pp. 69, 80, 82.
7). Les dames de la Charité de Saint-Nicolas.
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général que, s’il vous dit qu’il m’en parlera, que vous lui fassiez entendre que je ne sors point. que s’il ne fait point difficulté à la chose, vous n’aurez à faire de lui parler de moi, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT.
75. — A LOUISE DE MARILLAC
[2 septembre 1631] (1)
Ces lignes seront pour vous dire derechef adieu et pour vous prier d’avoir bien soin de votre santé. Pour celle de M. votre fils, ne vous en mettez pas en peine ; nous en avons soin (2). écrivez-nous souvent, s’il vous plaît.
J’écris au R. P. de Gondy qu’il me semble qu’il est bon que vous alliez commencer au Mesnil (3) ; et, selon que la chose réussira, nous aviserons à l’autre lieu, et si je ne vous en adresse point d’autre, celui de Bergier (4) me semble le plus convenable, puis Loisy (5). Monsieur Ferrat, bailli des terres (6), qui se tient à Vertus (7), vous adressera partout. J’écrirai audit sieur Ferrat et à Monsieur le curé du Mesnil. Vous recevrez les lettres vendredi matin à Montmirail. Effacez cependant de votre esprit la raison que vous
Lettre 75. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Cette date est marquée sur la page de l’original laissée en blanc ; son exactitude peut être contestée ; la lettre n’est certainement pas antérieure au 29 août.
2). C’était le temps des vacances.
3.) Le Mesnil-sur-Oger (Marne).
4). Aujourd’hui Bergères-lès-Vertus (Marne).
5). Loisy-en-Brie, où le saint avait prêché une mission en 1626.
6). Bailli des terres du R. P. de Gondi. Le bailli rendait la justice au nom du seigneur.
7). Aujourd’hui chef-lieu de canton de la Marne.
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m’avez alléguée pour laquelle vous allez faire ce voyage. Vous ne sauriez croire que cela a contristé mon cœur. Oh ! non, je ne suis pas fait de la sorte, Dieu merci ; ains Dieu sait ce qu’il m’a donné pour vous, et vous le verrez au ciel.
Je souhaite le bon jour à Mademoiselle du Fay, et à vous, que vous reveniez chargée de mérite et de bonnes œuvres, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.
V.P.
76. — AU CURé DE BERGèRES
Monsieur,
Monseigneur le R. P. de Gondy ayant vu le grand bien que fait Mademoiselle Le Gras à Montmirail et à Villepreux par l’instruction des filles, il a désiré procurer le même bien à celles de votre paroisse et a prié cette bonne demoiselle de prendre la peine de vous aller voir pour cela ; ce que sa charité a agréé. Elle s’en va donc ; et moi je vous supplie très humblement m’assurer que vous, Monsieur, serez bien aise que Notre-Seigneur vous présente cette occasion pour le bien des âmes qu’il vous a commises, et espère que vous, Monsieur, et vos paroissiens en aurez de la consolation, s’il plaît à Dieu lui donner pareille bénédiction chez vous qu’il lui a donnée aux autres lieux où elle a été. Or, afin que votre peuple soit averti du dessein de Monseigneur le R. Père de Gondy, vous aurez agréable, s’il vous plaît, de les avertir au prône et de les exciter à ce qu’ils envoient leurs filles au logis de ladite demoiselle, aux heures qu’elle vous proposera. Elle est aussi fort entendue au fait de la Charité. Je vous supplie, Monsieur, de lui faire voir
Lettre 76. — Manuscrit Saint-Paul, p. 15.
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les femmes de la confrérie et de vous ressouvenir de moi en vos prières, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur….
De Paris, ce 2 septembre 1631.
77. — A LOUISE DE MARILLAC
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Voici des lettres que je vous envoie pour Messieurs les curés de Champagne et pour Monsieur Ferrat. Vous les fermerez, si vous jugez à propos de leur donner, comme je pense qu’il n’y aura point de danger, quoi que le R. P. de Gondy écrive. Il m’a écrit l’affection avec laquelle il vous attendait ; j’espère que vous en serez demeurée satisfaite.
Je persévère toujours à mon opinion, à ce que vous commenciez au Mesnil et de là à Bergier (1), à Loisy, à Soulières (2), à Souderon (3) et à Villeseneux (4), si Monseigneur (5), Monsieur Ferrat ou votre prudence ne jugent qu’il soit mieux de faire autrement.
Je ne vous envoie point d’autre mémoire, ne l’ayant pas jugé nécessaire. L’esprit de Notre-Seigneur sera votre règle et votre adresse. Et moi je me recommande à vos prières pour notre retraite (6) que je m’en vas com-
Lettre 77. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de la rue Gaudissart, 12, à Amiens.
1). Aujourd’hui Bergères.
2). Commune de la Marne.
3). Aujourd’hui Soudron (Marne).
4). Autre commune du même département.
5). Henri Clausse, évêque de Châlons-sur-Marne (1624-1640).
6). Saint Vincent et les membres de sa communauté avaient l’habitude de faire leur retraite annuelle en commun, d’ordinaire en septembre.
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mencer incontinent la présente écrite, étant cependant, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce 2 septembre 1631.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Montmirail.
4 septembre 1631.
Un grand personnage en doctrine et en piété me disait hier qu’il est de l’opinion de saint Thomas : que celui qui ignore le mystère de la Trinité et celui de l’Incarnation, mourant en cet état, meurt en état de damnation, et soutient que c’est le fond de la doctrine chrétienne. Or cela me toucha si fort et me touche encore que j’ai peur d’être damné moi-même, pour n’être incessamment occupé à l’instruction du pauvre peuple. Quel sujet de compassion ! Qui nous excusera devant Dieu de la perte d’un si grand nombre d’hommes qui peuvent être sauvés par le petit secours qu’on leur peut donner ? Plût à Dieu que tant de bons ecclésiastiques qui les peuvent assister parmi le monde, le fissent ! Priez Dieu, Monsieur, qu’il nous fasse la grâce de nous redoubler le zèle du salut de ces pauvres âmes.
79. — SAINTE CHANTAL A SAINT VINCENT
Septembre 1631.
Vous êtes toujours admirable en votre humilité, dont je re-
Lettre 78. — Reg. 2, p. 2.
Lettre 79. — Abelly, op. cit., t. II, chap. VIII, 1ère éd., p. 317.
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çois une très grande et très particulière consolation, mais spécialement de la satisfaction que vous dites avoir reçue en la visite que vous avez faite de notre maison du faubourg. Ma sœur la supérieure (1) m’écrit aussi qu’elle et toutes ses filles en ont reçu un très grand contentement. Dieu soit béni, loué et glorifié de tout et veuille donner à mon très cher Père une grande couronne pour les peines et charités qu’il exerce envers nos bonnes sœurs ! Hélas ! mon très cher Père, que vous m’êtes toujours bon ! Je le connais car cette petite parcelle de larmes que vous avez jetées, voyant en gros nos dernières réponses.
12 septembre 1631.
Nous vivons d’une vie quasi aussi solitaire à Paris que les Chartreux, pource que, ne prêchant ni catéchisant ni confessant à la ville, personne presque n’a à faire à nous, ni nous à personne ; et cette solitude nous fait aspirer au travail de la campagne, et ce travail à la solitude.
81. — A LOUISE DE MARILLAC, A MONTMIRAIL
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Puisque la Providence vous retient à Montmirail, il la faut adorer et faire ce que Dieu vous présente à faire. N’importe que cette personne ait quelque mauvais bruit ;
1. Marie-Jacqueline Favre, qui fut "la première religieuse, la seconde professe et la seconde Mère" de la Visitation (Année Sainte des Religieuses de la Visitation Sainte-Marie, Annecy, 1867-1871, 12 vol. in-8, t. VI, p. 346.) Sa biographie a été publiée dans les Vies des premières Religieuses de la Visitation Sainte-Marie, par la M. de Chaugy, Paris, 1852, 2 vol. in-8, t. I, pp. 3-120.
Lettre 80. — Reg. 2, p. 34.
Lettre 81. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.
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peut-être est-il à faux, ou bien qu’elle s’en sera corrigée. La Madeleine, dès l’instant de sa conversion, fut faite compagne de la Vierge et suivante de Notre-Seigneur. Comme je suis grand pécheur, je ne puis rejeter ceux qui l’ont été, pourvu qu’ils aient bonne volonté. Et puis c’est peut-être Monsieur le prieur (1) qui a suggéré cette pensée au R. P. de Gondy, auquel je ne dirai rien de l’affaire ; car je pense qu’il la fera sans le dire ; sinon vous m’en écrirez, s’il vous plaît.
Pour aller en quelque village d’alentour de Montmirail, ils sont fort écartés. Il n’y a pas apparence d’y rien faire, vu même la saison.
Une indisposition que j’avais lorsque le fils de Madame Rousseau vint céans, ne me permit pas de lui parler ; mais je lui ai fait offrir de le servir et le ferai. Assurez-en la mère, s’il vous plaît.
Et pour M. votre fils, il passa hier la journée céans l’une fort bonne façon. Il se porte bien, Dieu merci. lorsqu’il sera temps, l’on le fera purger. Il est monté la troisième (2), Monsieur Dehorgny vous mande qu’il vous écrit ; mais le peu de temps que nous avons eu pour l’en avertir fera que vous n’aurez point des lettres pour cette fois. Soyez en repos de lui.
Madame Laurent (3) est revenue indisposée de Villepreux, il y a quatre ou cinq jours. M. Belin va faire l’école des filles. Je lui ai mandé qu’il sera relevé dans sept ou huit jours de cette peine et ai parlé à une bonne
1). Jean Josse, né à Château-Thierry vers 1583, prieur de Montmirail de 1620 au 23 septembre 1636, jour de sa mort (Histoire de Montmirail-en-Brie, par l’abbé Boitel, Montmirail, 1862, in-l2, p. 75-)
2). L’année scolaire venait de s’ouvrir au collège de Clermont, où Michel Le Gras, alors âgé de dix-huit ans, était pensionnaire.
3). Dame de Charité. Elle faisait probablement l’école aux filles de Villepreux, à la place de Germaine, qui accompagnait Louise de Marillac dans sa tournée.
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fille, laquelle ne pourra y aller que dans le temps que je dis.
Je ne savais rien des nappes dont vous me parlez. J’en remercierai Mademoiselle du Fay. Pour Mademoiselle Guérin, je m’en vas m’informer si elle nous en a envoyé céans. Elle est venue ce matin me dire adieu, pource qu’elle s’en est allée à Chartres, et m’a dit que c’est à cause de la maladie qui augmente ici. Il y a entre votre logis et céans deux maisons infestées. M. Guérin et son aîné demeurent néanmoins ici.
Mademoiselle du Fay est indisposée le moins du monde. M. de Vincy me vint voir hier et m’assura que ce n’est rien. Je vous dis le même de moi, qui n’ai pas même eu mes petits sentiments (4) il y a deux jours.
Le frère de Germaine est venu aujourd’hui céans ; je lui ai baillé sa lettre et la quenouille ; il s’en va à Villepreux, où il donnera de ses nouvelles.
Comment va la Charité ? Les femmes font-elles bien ? Ont-elles beaucoup de malades et d’argent ? Mademoiselle du Fresne est-elle à Montmirail ? Comment se porte-t-elle ? Je la salue de tout mon cœur et Mademoiselle sa mère aussi. Je ne dis rien de Monsieur du Fresne : car je le pense à la cour ; mais je salue Germaine et vous dirai que la bonne Madame la maréchale de Marillac (5) est fort malade d’un flux de ventre au Roule (6), Honorez la patience de la sainte Vierge
4). Saint Vincent entend parler des frissons de la fièvre, dont il souffrait souvent.
5). Catherine de Médicis, cousine de la reine, épouse du maréchal Louis de Marillac, oncle de Louise. Le maréchal languissait dans les prisons de l’état depuis la fin de 1630, victime des rancunes de Richelieu. On dit que le chagrin contribua beaucoup à la maladie de la maréchale, qui mourut le jour même où saint Vincent écrivait cette lettre. * On trouve le récit circonstancié de cette mort dans une lettre du Père Menant au maréchal (Bibl. nat. fr. 20.150, f. 203)
6). C’était alors un hameau situé hors Paris. Il fut incorpore à la capitale en 1722. (Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par Lebeuf, Paris, 1883-1893, 7 vol. in-8°, t. VI, p. 515.)
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en cela ; offrez-en la douleur à Dieu. Serait-elle pas bienheureuse de laisser cette terre de misère et d’aller jouir de la gloire du ciel ?
Mademoiselle Guérin vous écrit, et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL.
De Paris, ce 13 septembre 1631.
82. — A ISABELLE DU FAY
[1631] (1)
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Vous m’obligez beaucoup, Mademoiselle, de me rendre participant de l’état auquel vous vous trouvez Je vous en remercie et vous prie de bien vous soulager et de vous faire traiter soigneusement pour recouvrer vos forces, et de les bien ménager puis après pour servir Dieu ; car Notre-Seigneur le veut bien ainsi, Mademoiselle, et je vous en prie. O mon Dieu ! que les voies par lesquelles il mène les siens sont admirables et adorables, Mademoiselle ! Certes, rien ne lui coûte pour la sanctification d’une âme. Il livre le corps, l’esprit à la faiblesse pour les fortifier dans le mépris des choses de la terre et dans l’amour de sa Majesté ; il blesse et guérit ; il crucifie en sa croix pour glorifier en sa gloire ; bref, il donne la mort pour faire vivre en l’éternité. Agréons ces apparences de mal pour avoir les véritables biens qu’ils produisent, Mademoiselle, et nous serons bien heureux et en ce monde et en l’autre.
Lettre 82. Reg. I, f° 13 V°. Le copiste note que l’original était en entier de la main du saint.
1). Année pendant laquelle la peste sévit avec intensité à Paris.
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Au reste, je remercie la Mère des filles de l’honneur qu’elle me fait de se ressouvenir de moi, et lui promets de lui faire raison de ses plaintes. O mon Dieu ! que je me promets un bon petit quart d’heure à lui ouïr raconter le procédé de ses filles avec elle et comme la communauté s’est portée (2) ! Mais je désire bien que ce ne soit pas si tôt ; car les maladies croissent ou pour le moins ne diminuent pas. L’on m’a dit aujourd’hui qu’il fut hier tiré trois corps d’une maison proche Mademoiselle Le Gras et qu’il est mort un Père de l’Oratoire à Saint-Jacques (3) et un autre à Notre-Dame-des-Vertus (4).
Je vous souhaite le bonsoir et suis votre serviteur.
VINCENT DEPAUL.