Correspondance (page 31)
801. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[2 mai 1646] (1)
Monsieur.
Je supplie très humblement votre charité se souvenir que les places pur Le Mans sont retenues pour vendredi prochain, et du besoin que nous avons pour cela de la conférence que vous nous avez fait le bien, nous promettre pour demain jeudi (2). Je vous supplie très humblement prendre la peine nous mander le sujet, à ce que nous fassions avertir toutes nos sœurs.
J’ai supputé tout ce que les sœurs des paroisses ont apporté à la maison en l’année 1645. Le tout se monte à l.129 livres 12 sols, et sur cela il y a eu 43 filles à entretenir d’habits et de linge. Je crois qu’il y a bien près de 400 livres de reste pour la maison, ôtée la dépense, sans y comprendre les façons de linge et d’habits qui se font par les sœurs du logis. Je pense, Monsieur, que, si votre charité en dit quelque chose, qu’il sera bon que nos sœurs entendent que ce qu’elles apportent est presque la juste valeur de la dépense et que, les unes apportant plus qu’il ne leur faut, cela supplée à ce que les autres n’apportent pas suffisamment ; car je ne sais si toute la compagnie serait capable d’entendre que leur épargne servit de beaucoup à la maison, à cause du peu de retenue
Lettre 801. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité original
1). Cette lettre a été écrite le mercredi qui précédait le 4 mai, jour du départ des sœurs destinées à l’hôpital du Mans.
2). Cette conférence, si elle a été donnée, n’a pas été Conservée.
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de quelques-unes et de la plupart, qui disent trop librement tout ce qu’elles savent.
Je supplie la bonté de Dieu vous faire bien connaître nos besoins et nos faiblesses, et de moi particulièrement, qui suis, par l’ordre de la conduite de sa sainte providence, Monsieur votre très obéissante fille et très obligée servante.
802. — A LOUISE DE MARILLAC
[2 mai 1646] (1)
Oui-dà, Mademoiselle, je m’en ressouviens bien de l’assemblée de demain chez vous pour les filles qui vont au Mans ; et c’est pour cela que j’ai envoyé prier M. le curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas (2), auquel, comme aux dames officières, j’avais fait espérer que vous les iriez voir demain pour disposer le détail de leur Charité ; et j’ai mandé à ce soir en cette vue à M. le curé que vous n’y pourrez aller demain, mais bien peut-être vendredi.
J’ai fait aussi attention à ce que vous me dites de ce que les filles rapportent, et ai vu l’inconvénient que vous me mandez.
Bon soir, Mademoiselle. Je suis v. s.
V. D.
Lettre 802. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Cette lettre répond à la précédente ; elle a été écrite sur la page restée en blanc de la lettre de Louise de Marillac.
2). Pierre de Pons de la Grange, de Saint-Flour, docteur en droit. Il fut curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris du 24 décembre 1645 à 1649, devint dans la suite directeur aux Missions-Etrangères et mourut le 31 mars 1680
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803. — A ANTOINE PORTAIL
De Paris, ce jeudi, à 10 heures du soir, 3e mai [1646] (1)
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Les sœurs de la Charité par qui je vous écris partent demain matin pour aller au Mans ; et comme je n’ai vu ni reçu votre lettre du 29 que tout maintenant, à neuf heures sonnantes, je ne puis y répondre au long jusqu’après-demain par le messager, qui aussi bien arrivera ou plus tôt, ou quasi en même temps que le coche.
Vous n’attendez que 3 sœurs, mais en voilà 4, que Mademoiselle Le Gras vous envoie (2). Elles m’ont toutes plus consolé que je ne vous puis dire par la bonne disposition qu’elles ont à ce voyage, et j’espère que Dieu donnera bénédiction à leur établissement et leur fera la grâce de bien correspondre à l’affection qu’elles ont maintenant de bien faire. Je ne vous dirai rien pour leur conduite particulière, sinon de leur donner un bon confesseur qui soit bien spirituel, âgé et prudent, qui veuille suivre la manière de les diriger qui leur est propre, laquelle vous lui ferez bien entendre, s’il vous plaît ; et nul que lui ne leur parlera qu’en passant, ni lui-même ailleurs que dans l’église seulement.
Lettre 803. — L s. — Dossier de Turin, original. Le post-scriptum est de la main du saint.
1). La présence d’Antoine Portail au Mans, l’envoi des sœurs dans cette ville et d’autres détails imposent cette date.
2) C’étaient Jeanne Lepeintre, Claude Brigitte, Andrée et peut-être Geneviève. Nous avons encore (Lettres de Louise de Marillac, p. 214) le règlement que la fondatrice leur donna avant leur départ
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Je suis bien aise que le frère Testacy (3) se trouve mieux ; mais, mon Dieu ! que je sens de peine de son voyage, puisqu’il le va faire sans grand besoin et contre l’ordre de la compagnie ! mais enfin, il s’y est résolu ; in nomine Domini, vous le pourrez mener quand et vous à La Rose et là lui donner un compagnon pour aller en son pays, où il ne faut point qu’il demeure davantage de quinze jours. Le frère Rivanaigre (4) pourra donc demeurer à la maison et M. Brin (5) continuer le soin des séminaristes, s’il le peut faire, comme il a commencé.
Je vous ai fait savoir par ma précédente que je n’étais point d’avis d’emprunter si tôt de l’argent à rente, pour ne donner sujet au monde de parler. Mais puisqu’on presse tant pour les rachats, à la bonne heure, vous pourrez prendre de quelqu’un de quoi satisfaire aux nécessités plus pressantes ; mais que ce soit si couvertement qu’il se pourra.
3). Charles Testacy, né à Condom, entré dans la congrégation de la Mission le 27 mars 1643, à l’âge de trente ans, reçu aux vœux le 9 janvier 1646, ordonné prêtre la même année, Supérieur à Cahors (1646-1647), puis placé à la maison de Saintes. "Il paraît homme de bon sens, écrit de lui saint Vincent (1. 870), fidèle à ses pratiques, formé et entendu aux affaires."
4). Pierre Rivanaigre, clerc, né dans l’ancien diocèse de Tournay, reçu dans la congrégation de la Mission le 6 juillet 1644, à l’âge de vingt-trois ans.
5). Gérard Brin, né près de Cashel (Irlande), entré dans la congrégation de la Mission le 14 octobre 1639, à l’âge de vingt et un ans, reçu aux vœux le 2 novembre 1642, ordonné prêtre en 1644. Ce missionnaire fut peut-être le plus complet de tous les Irlandais que saint Vincent reçut dans sa congrégation. Il fut rappelé du Mans dans le courant de l’année 1646 pour être envoyé en Irlande, où il fit, avec plusieurs de ses confrères et compatriotes, un bien immense. Rejeté en France par la persécution, Gérard Brin alla missionner dans le pays natal du saint. Quelque temps après, il était nommé supérieur à La Rose (1652-1654). Il eut la même charge à Troyes de 1657 à 1658, à Meaux de 1658 à 1660, à Toul de 1660 à 1662. Il revint en Irlande en 1663 et y reprit ses travaux apostoliques avec un zèle que l’âge n’avait pas ralenti. Ni la prison, où il resta un mois, ni la maladie, qui le mena deux fois aux portes du tombeau, n’arrêtèrent cet héroïque missionnaire, l’un des plus dignes fils de saint Vincent.
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Il n’est pas à propos que M. Gallais (6) aille prêcher dans les paroisses pour y établir la Chanté. Vous savez comme j’en use à Paris. Je tâche de gagner et d’instruire les dames en particulier. S’il peut faire de même, il fera bien.
Je vous remercie des papiers que vous m’avez envoyés, car vous m’avez fait grand plaisir, et les verrai, s’il plaît à Dieu, demain pour m’en bien consoler. J’ai eu pour ce soir assez de consolation d’avoir vu par votre lettre les fruits que Notre-Seigneur tire de vos travaux et ceux qu’on doit espérer à l’avenir, qui seront plus grands, si l’on a bien de la fidélité. Je prie sa divine bonté de la leur donner tout entière, afin qu’il en soit d’autant plus glorifié, et à vous, Monsieur, de vous départir de plus en plus sa force et son esprit. Je vous recommande à lui fort souvent de toute l’étendue de mon âme, parce que la vôtre m’est très chère et très présente.
J’allais finir ici cette lettre, s’il ne m’eût fallu passer outre, me souvenant des pauvres sœurs d’Angers, pour vous prier de les aller voir en passant. Elles auront grande joie de vous voir et peut-être grand besoin de cette visite. Mademoiselle Le Gras s’y attend, aussi bien qu’à recevoir de bon cœur les deux sœurs que vous nous envoyez. Dieu veuille bien conduire les unes et les autres et me fasse à moi la grâce d’être, autant que je désire, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
M. Gallais pourra faire faire la prédication de la Charité par un autre dans la ville et disposer les dames et
6). Supérieur de la maison du Mans.
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les instruire chez Messieurs les curés. L’on ne fait point de prédication dans Paris pour cela. J’établis avant-hier en cette sorte celle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, faubourg Saint-Jacques.
Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Notre-Dame-de-Coëffort (7), au Mans.
804. — LES ADMINISTRATEURS DE L’HOPITAL DE NANTES
A SAINT VINCENT
Monsieur,
La grandeur de votre charité s’étant répandue par toutes les contrées de la terre et principalement en cette ville, pour laquelle Monsieur d Annemont, aumônier de M. le maréchal de La Meilleraye, nous a assuré que votre zèle était ému à nous prêter secours pour remédier aux désordres qui se commettent dans notre hôpital, au préjudice du soulagement des pauvres, par la négligence et peu de soin des serviteurs qui les environnent, pour lesquels, comme pères de pauvres, nous avons cru être de notre devoir d’implorer, en cette urgente nécessité, votre bonté à nous procurer l’assurance de six de vos Filles de la Charité à gouverner les pauvres de notre hôpital, desquels les plaies et les maux sont autant de bouches qui exigent de votre piété cette favorable assistance de ses filles, que nous recevrons selon leur règle et établissement d’Angers, auquel nous ne trouvons rien à ajouter, quant à leur règle et façon de vivre. Mais pour ce qui est du bien dudit hôpital et direction de ses affaires, [elles] dépendront absolument de nous et autres successivement qui entreront à notre place dans la charge desdits pères des pauvres, même iront aux provisions quotidiennes pour l’épargne du bien dudit hôpital, par l’avis desdits pères des pauvres. Pour la réception desquelles si vous souhaitez quelque traité particulier, nous envoyant le formulaire, avec procure à quelqu’un qui traitera pour vous, nous tâcherons d’effectuer ce que vous saurez souhaiter en
7) église collégiale unie à la congrégation de la Mission.
Lettre 804. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.
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ce rencontre de Monsieur, vos très humbles et très obéissants serviteurs. (1)
J. Fourché, J. Fournier, Léonard,
pères des pauvres.
A Nantes, ce 8e mai 1646.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général de la Mission, à St-Lazare, à Paris.
805. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Avant 1650] (1)
Monsieur,
Mon peu de mémoire m’empêcha hier de vous dire que la petite du Pont avait désiré de vous faire sa confession, lorsqu’elle fit sa petite retraite, et je croyais que c’était aussi pour vous parler au sujet du désir de ses parents ; ce qui m’a fait penser, Monsieur, que, si votre charité lui pouvait parler, qu’elle lui pourra dire pus librement ses pensées, et aussi que vous aurez plus de pouvoir sur son esprit que son frère, que je vous avais proposé, lequel demeure à 4 ou 5 lieues d’ici.
Je supplie très humblement votre charité offrir à notre bon Dieu notre petite neuvaine, qui commence aujourd’hui. Il sait, ce bon Dieu, que je ne veux rien, par sa miséricorde, que sa très sainte volonté, mais que je souhaite que sa puissance ôte tous les empêchements à la parfaite exécution de cette très sainte volonté, par laquelle je suis, Monsieur, votre très obligée servante et humble fille.
L. DE MARILLAC
S’il vus plaît prendre la peine me mander à quelle heure la petite du Pont vous ira treuver ?
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
1) Saint Vincent accueillit favorablement la demande des administrateurs.
Lettre 805. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original
1) Après 1649, la lettre commencerait par les mots : "Mon très honoré Père."
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806. — AU CARDINAL MAZARIN
De Paris, ce 24 mai 1646.
Monseigneur,
Monsieur le grand maître du collège de Navarre (1) m’a dit que Votre éminence avait ordonné à M. Le Tellier (2) que je lui écrive si le sieur de Douay, licencié en théologie, a les qualités qu’il faut pour être principal des philosophes du même collège. Voici, Monseigneur, ce que j’en ai appris, tant du défunt principal que de plusieurs docteurs dignes de foi. Ils disent tous qu’il est fort capable, homme de bien, expérimenté en l’exercice de cette charge, à laquelle le défunt l’avait employé depuis quelques années, qu’il est dans les opinions communes et orthodoxes de l’église et qu’enfin la voix publique dudit collège est que ce jeune homme est, sans contredit, le plus capable de ceux qu’on considère pour cela. Et ce qui confirme davantage ceci, c’est que le défunt principal, qui était un saint homme et qui a fait des merveilles en sa charge, me vint trouver quelques jours avant sa mort et me pria de m’employer vers Votre éminence, à ce
Lettre 806. — L. a. — Original aux Arch. du ministère des Affaires étrangères, correspondance de Rome, t. XCIV, f° 11
1) Sur l’emplacement du collège de Navarre s’élève aujourd’hui l’école polytechnique, qui y a été transférée par décret du 16 juillet 1804.
2). Michel Le Tellier, né le 19 avril 1603, secrétaire d’état de 1643 à 1666, chancelier et garde des sceaux de France de 1677 à 1685, mort le 28 octobre 1685. Durant les troubles de la Fronde, il soutint Mazarin et sa politique "En qualité de conseiller d’état, disait-il un jour, j’ai été à portée d’avoir un grand commerce avec M. Vincent. Il a fait plus de bonnes œuvres en France pour la religion et pour l’église que personne que j’aie connu ; mais j’ai particulièrement remarqué qu’au conseil de conscience, où il était le principal agent, il ne fut jamais question ni de ses intérêts, ni de ceux des maisons ecclésiastiques qu’il avait établies. "(Témoignage de Claude Le Pelletier, 121e témoin au procès de béatification.)
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qu’elle eût agréable de lui donner ce jeune homme pour son coadjuteur, qu’il jugeait devant Dieu le plus capable de continuer le bon ordre qu’il avait mis en sa charge. Et moi, Monseigneur, je prie Notre-Seigneur qu’il sanctifie V. E. et la conserve pour le bien de cet état, qui suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
supérieur indigne de la Mission.
807. — A JEAN MARTIN PRêTRE DE LA MISSION, A GèNES
De Paris, ce 25 mai 1646.
Vincent de Paul rend compte à Jean Martin des travaux des missionnaires Il vient de recevoir dans la compagnie une nouvelle recrue, sur laquelle il fonde les plus grands espoirs.
808. — LOUISE DE MARiLLAC A SAINT VINCENT
[Vers 1646] (1)
Monsieur,
je crois que le droit de Monsieur le maître de l’Hôtel-Dieu du Mans de nommer deux sœurs, et celui des administrateurs pour les autres est cause des désordres qui arrivent au service des pauvres. Ne serait-il point mieux que Monsieur le maître s’offrit de ne point vouloir user de ce droit, ne laissant pas de contribuer la somme accordée, et que Messieurs, sans la vue d’autre droit que de leur administration, voulussent, pour s’acquitter de leur devoir, appeler par eux-mêmes des filles de quelque communauté pour servir les pauvres malades ? Peut-être ne voyez-vous pas l’utilité qui pourrait arriver que deux de nos sœurs demeurassent dans ces désordres.
Lettre 807. — M. Charavay, qui a mis cette lettre en vente, dit dans son catalogue que l’original était signé de la main du saint et comprenait une page in-4° de texte.
Lettre 808. — Dossier de la Mission, copie du XVIIe siècle.
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Je supplie faire connaître à votre charité la sainte volonté de Dieu, à laquelle il a plu prendre notre bonne sœur Marie Despinal à Angers par une heureuse et chrétienne mort, à ce que M. son confesseur nous en mande. Je vous supplie très humblement la faire recommander aux prières de votre sainte compagnie et vous souvenir du besoin de donner bientôt réponse à ces bons Messieurs de Nantes et que je suis, Monsieur, votre très obéissante et très humble servante.
809. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Vers 1646] (1)
Monsieur,
Madame la marquise de Mortemart (2) vient de sortir de céans et m’a dit de vous supplier très humblement, de sa part, de vous souvenir d’un précepteur pour Monsieur son fils (3). Elle a toujours un bon prêtre du Roule (4), qui a commence ses premiers rudiments ; mais elle doute qu’il soit capable et aussi lui témoigne ne le tenir qu’en attendant. Il s’appelle Monsieur Lafons. Elle vous supplie très humblement, s’il y a moyen, vous en faire informer, à ce que, s’il était capable autant qu’un autre, il puisse être mis en délibération avec les autres.
Je remercie très humblement votre charité, qui m’a fait beaucoup de bien. Il me semble que, quand je me laisse ainsi emporter dans mes appréhensions, qui me mettent au même état que de véritables afflictions, que j’ai besoin
1) Année du décès de Sœur Marie Despinal
Lettre 809. — L. a. — Dossier des Filles de. la Charité, original.
1) Voir note 3
2) Diane de Grande Seigne, fille ou seigneur de Marsillac, morte à Poitiers le 11 février 1666). Elle avait épousé Gabriel de Rochechouart, marquis de Mortemart, qui devint pair de France en 1650 par l’érection de son marquisat en duché-pairie, et en 1669 gouverneur de la ville de Paris et de l’Ile-de-France.
3). Louis-Victor de Rochechouart, * plus connu sous le nom de duc de Vivonne, né le 25 août 1636, mort le 15 septembre 1688. Il était frère de Madame de Montespan ; c’est ce qui lui valut, avec la faveur de Louis XIV, les titres de Maréchal de France, de général des galères et de vice-roi de Sicile.
4).* Paroisse de Paris.
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d’être menée un peu rudement. Vous verrez, par la lettre que je vous envoie de mon fils, ma faiblesse d’un coté, et toujours le sujet de ma douleur, qui me fait tant avoir besoin de votre charitable assistance et d’être toujours, Monsieur, votre très obligée fille et très humble servante.
810. — A JEAN MARTIN
De Paris, ce 8è juin 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu votre dernière lettre avec grande consolation, comme toutes les autres ; ce qui sert à tempérer tant soit peu l’appréhension où je suis que les travaux que vous supportez depuis si longtemps ne vous accablent. J’en ai écrit mes petites pensées à M. Blatiron, afin qu’il tâchât de les faire modérer. J’espère qu’il y aura fait attention et que j’aurai bientôt quelque bonne nouvelle sur ce sujet. Dans le doute où j’étais de vous pouvoir écrire, j’ai parlé à M. Blatiron de la santé de Mademoiselle votre mère (1), qui est toujours bonne, et lui ai dit que M. votre frère s’en va à Toulouse avec Mgr l’archevêque pour enseigner le grec à M. son neveu.
A propos de parents, vous ne sauriez croire combien je me console dans la pensée que j’ai que vous êtes dans les sentiments de Notre-Seigneur et que vous dites, comme lui, que ceux-là sont votre mère et vos frères qui font la volonté de Dieu. Son saint nom en soit à jamais glorifié !
Lettre 810. — L.. s. — Dossier de Turin, original
1). Gillette du Noyé, fille de Guillaume du Noyé et de Marie Nubert, libraires à Paris.
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J’ai écrit à Rome, afin que M. Dehorgny vous envoyât cet écolier allemand que vous savez ; je n’en ai pas encore eu de réponse ; mais je l’espère bientôt.
Croyez-moi, Monsieur, j’ai grande compassion de tant de peines (2) que vous avez, et plût à Dieu que vous fussiez dans le repos que je désire ! Jusqu’alors je ne cesserai de prier Notre-Seigneur qu’il soit votre force, votre soulas (3), votre consolation et votre tout ; et moi, toujours en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.
811. — JULIEN GUéRIN, PRêTRE DE LA MISSION A SAINT VINCENT
Tunis. juin 1646.
Deux Anglais se sont convertis à notre sainte foi, qui servent d’exemple à tous les autres catholiques. Il y en a un troisième qui n’a que onze ans, l’un des plus beaux enfants qu’on puisse voir et un des plus fervents qu’on puisse souhaiter, et d’ailleurs grandement dévot à la sainte Vierge, laquelle il invoque continuellement, afin qu’elle lui obtienne la grâce de mourir plutôt que de renier ou offenser Jésus-Christ. Car c’est le dessein de son patron, qui ne le garde que pour lui faire renier la foi chrétienne et qui emploie toutes sortes de moyens pour cela. Si on pouvait nous envoyer deux cents piastres, nous le retirerions de ce danger, et il y aurait sujet d’espérer qu’un jour, avec la grâce de Dieu, ce serait un second Bède, tant il a d’esprit et de vertu, car on ne voit rien en lui qui tienne de l’enfant. Il
2). Peines, fatigues.
3) Soulas, soulagement
Lettre 811. — Abelly, op. cit., 1 II, chap.I, sect. Vll, § 10 1er éd., p. 133
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fit profession de la foi catholique le jeudi de la semaine sainte du carême dernier et communia le même jour ; ce qu’il réitère souvent. Il a déjà été battu deux fois de coups de bâton pour être contraint de renier Jésus-Christ. A la dernière fois, il dit à son patron, pendant qu’il le frappait : "Coupe-moi le col, si tu veux, car je suis chrétien et je ne serai jamais autre." Il m’a plusieurs fois protesté qu’il est résolu de se laisser assommer de coups et de mourir plutôt que de renoncer à Jésus-Christ. Toute sa vie est admirable en un âge si jeune et si tendre. Je puis dire en vérité que c’est un petit temple où repose le Saint-Esprit.
812. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Vers 1646] (1)
Monsieur
Madame de Mortemart ne vous trouvant point m’a chargée de vous dire que celui qui tient la place de précepteur de Monsieur son fils en attendant vous doit aller trouver pour que vous preniez la peine de connaître s’il est capable de cette charge ; mais elle craint qu’il vous die seulement qu’il va apprendre de vous la manière dont il se doit conduire, et ce n’est pas son intention.
Notre pauvre sœur Geneviève est toujours fort malade et moi je suis, Monsieur, votre très obéissante et très obligée fille et servante.
813. — A LOUISE DE MARILLAC
[Juin 1616] (1)
J’ai oublié de faire voir ces lettres (2) à Mademoiselle Le Gras. Elle me mandera, s il lui plaît, si elle fut à An-
Lettre 812. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Cette lettre est à rapprocher de la lettre 800,.
Lettre 813. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1). Voir note 5.
2). Le saint avait joint à sa lettre la supplique que lui adressaient les administrateurs de l’hôpital de Nantes pour avoir des Filles de la Charité.
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gers avec les pères des pauvres (3) à l’introduction des filles dans l’hôpital (4). Elle verra aussi par les lettres de M. Portail comme nos bonnes filles reviennent, dont je suis sensiblement consolé (5).
M. Lambert me vient de dire que le remède à donner à Richelieu presse (6).
Mademoiselle de Lamoignon se chargea hier de vous mander les résolutions des dames (7) sur ce que vous proposez. Il fut entre autres choses ordonné que vous enverrez vos filles au plus tôt faire la visite des enfants (8).
814. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Monsieur,
[Fin juin ou juillet 1646] (1)
Nous sommes pressées d’envoyer ma sœur Guillemine (2) à St-Paul pour tirer ici ma sœur Anne. Si vous aviez le
3). Nom donné aux administrateurs de l’hôpital.
4). L’installation des sœurs à l’hôpital d’Angers avait eu lieu le 1er février 1640, en présence de Louise de Marillac.
5). M. Portail, avouons-le, avait agi avec trop de précipitation en appelant les sœurs au Mans, avant que toutes les difficultés fussent aplanies, et surtout avant d’avoir obtenu que, dans le service de l’hôpital, les sœurs hospitalières ne seraient pas mêlées aux Filles de la Charité. La sœur Lepeintre et ses compagnes attendirent la solution au Mans, pendant une quinzaine de jours, dans une inaction qui dut leur être pénible. Enfin tout fut rompu, et le 1er juin M. Portail annonçait à Louise de Marillac qu’il renvoyait deux sœurs à Paris et faisait partir les deux autres pour Angers. "Enfin, Mademoiselle, voici vos chères filles, qui vont pour vous revoir, selon votre ordre. Je crois qu’elles ne sont pas moins chargées de mérites par leur non-faire que si elles avaient produit des actions héroïques Quand elles n’auraient fait d’autre bien que d’avoir prêché par leur modestie et par leur égalité d’esprit dans les tempêtes, ce n’est pas mal avoir employé le temps et l’argent de leur voyage."
6). La sœur Turgis y fut envoyée quelque temps après en qualité de supérieure.
7). Les dames de la Charité.
8). La visite des enfants trouvés mis en nourrice.
Lettre 814. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1) Voir note 3.
2). Guillemine Chesneau.
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temps de lui dire un mot, nous l’enverrions dès aujourd’hui.
J’avais prié Monsieur Lambert de nous envoyer votre maçon pour lui faire voir le lieu pour faire un parloir, et j’ai oublié à vous dire qu’il se pourrait faire une chambre au dessus, étant aussi bien nécessaire que ledit parloir soit couvert (3). Madame de Liancourt venant céans, à cause qu’elle sait ce que c’est que de bâtir, je lui en parlerai ; elle contribuerait, je crois, aux frais, ayant cette chambre pour le temps de ses petites retraites. Je vous demande pardon de mes importunités et suis Monsieur, votre très obéissante fille et très obligée servante.
29 juin 1646.
Si ce que vous me dites touchant les petites nouvelles de la compagnie ne regarde que les mêmes nouvelles, c’est par oubliance que je ne vous en ai pas fait part, et je vous en demande très humblement pardon ; mais si c’est touchant la conduite de la même compagnie ou de quelques personnes particulières, il n’est pas expédient que j’en écrive, pour beaucoup de raisons. Aussi je pense que vous ne l’entendez pas de la sorte. Assurez-vous, Monsieur, que je ne fais rien qu’avec l’avis des consulteurs que la compagnie m’a donnés, ni sans le recommander à Notre-Seigneur.
J’ai vu par vos lettres que, sans attendre notre ordre, vous avez accepté la chapelle de Plancoët (1), même contre
3). Le projet de construire un parloir fut adopté au conseil du 28 juin 1646. Saint Vincent demanda instamment que le parloir fût sans grille, de peur que les sœurs n’eussent, avec le temps, la pensée de devenir religieuses.
Lettre 815. — Reg. 2, pp. 97 et 127.
1) Aujourd’hui chef-lieu de canton dans les Côtes-du-Nord.
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les raisons que je vous ai mandées pour l’exclusion, qui étaient considérables, notamment celle de ce qu’étant occupés à satisfaire aux dévotions de cette sainte chapelle, nous abandonnons l’intention de Notre-Seigneur sur nous, qui est d’aller chercher à la campagne les pauvres âmes qui recevraient la grâce chez eux et qui ne l’iront pas chercher ailleurs. Je sais bien que vous avez de bonnes raisons pour l’affirmative, notamment celle du changement d’air ; mais il eût bien mieux valu acheter une maison d’un bon air pour s’y aller promener une fois la semaine, que de s’engager à un nouvel établissement, auquel si l’on réussit, vous aurez des travaux inimaginables ; et si l’on ne le fait pas, ce sera un sujet de murmure contre nous ; ou bien il faudra y employer autant que vous aurez d’ouvriers et au delà.
Au nom de Dieu, Monsieur, ne nous hâtons point dans les choses ; allons tout bellement. Je me ressouviens que je vous ai écrit la même chose à Troyes (2) et que vous me l’aviez fait espérer. Assurez-vous que vous ne sauriez alléguer aucune raison que je n’aie vue, et sa réponse, avant que de rien résoudre (3)…
Quant à la visite des maisons de la compagnie, c’est un usage de toute sainte communauté et de l’église même. Si l’on y fait des règles ou des ordonnances, c’est pour remédier aux défauts ; et comme il faut remédier à tous les défauts, il faut aussi autant de règles comme il y a de sortes de défauts. Le moyen de ne pas donner sujet à un visiteur de faire beaucoup de règles, c’est de faire en sorte qu’il rencontre peu de défauts ; et c’est en ce sens que vous avez raison de souhaiter qu’il se fasse peu de règles ; et je suis de même avis ; comme aussi que
2). M.Bourdet avait dirigé la maison de Troyes de 1642 à 1644.
3). Le registre 2 nous donne deux extraits de la lettre du saint. Ici se termine le premier et commence le second.
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le visiteur soit circonspect à ordonner les choses qui regardent l’église et le dehors, positis ponendis. Celui qui est destiné pour cela aura la prudence qu’il faudra, comme je m’assure que vous serez exact à faire observer ses ordres.
816. — A LOUIS THIBAULT, PRêTRE DE LA MISSION
De Paris, ce 4 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je m’attendais plutôt au bonheur de vous voir qu’à celui de vous écrire davantage ; mais puisque les affaires de la Charité vous ont encore arrêté, à la bonne heure ; la joie que j’aurai de vous embrasser sera d’autant plus grade que plus je l’aurai désirée et attendue. Je prie Notre-Seigneur de vous ramener en bonne disposition, et au frère Gondrée (1) pareillement, que je salue avec affection.
Ceux que vous dites nous devoir mener seront bien venus ; mais si vous n’êtes point engagé de parole pour celui qui veut venir au séminaire des ecclésiastiques externes (2) à 200 livres par an, ne le menez pas, s’il vous plaît, pour si peu ; car nous n’en prenons point à moins
Lettre 816. — L. s — Dossier de la Mission, original.
1) Nicolas Gondrée, né à Assigny (Seine-Inférieure), entré sous-diacre dans la congrégation de la Mission le 11 avril 1644, à l’âge de vingt-quatre ans. Il fut ordonné diacre pendant son séminaire, puis envoyé à Saintes. De retour à Paris en 1646, il reçut le sacerdoce et s’offrit en 1648 pour aller prêcher l’évangile aux insulaires de Madagascar, où il arriva le 4 décembre 1648. Dieu se contenta de sa bonne volonté. Il l’appela à lui le 26 mai 1649. Saint Vincent avait une haute opinion de la vertu de M. Gondrée, qu’il tenait pour "un des meilleurs suets de la compagnie".
2). Aux Bons-Enfants.
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de 250 livres. Si vous lui avez promis, in nomine Domini. Il n’y a point de pensions dans Paris moindres que les nôtres, ni où les pensionnaires soient mieux traités ; aussi en ressentons-nous grande incommodité ; Dieu le sait.
Je me réserve à vous témoigner les tendresses de mon cœur pour le vôtre très cher, lorsque vous serez ici, parce que les paroles ne peuvent assez exprimer à mon gré la consolation que je sens d’être tout à vous, en l’amour de Notre-Seigneur, et toujours, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription. Pour rendre à Monsieur Thibault, s’il est encore à Saintes.
817. —-A CLAUDE DUFOUR
De Paris, ce 4 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je rends grâces à sa divine bonté de vous avoir conservé en votre voyage, et à M. des Noyelles (1) aussi, et la supplie de tout mon cœur de vous conserver partout pour sa gloire (2).
Lettre 817. — L. s. — Dossier de la Mission, original.
1) Philippe des Noyelles, né à Arras, entré dans la congrégation de la Mission le 18 janvier 1642, à l’âge de trente-trois ans, reçu aux vœux le 2 juin 1646. Nous verrons plus loin qu’il ne put se faire au caractère de Claude Dufour.
2). Saint Vincent avait d’abord ajouté : et le bien de son église. Réflexion faite, il ratura ces mots.
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Voici la réponse aux demandes de votre lettre :
1° Il ne faut prendre aucun séminariste jusqu’à ce que Monseigneur de Saintes (3) soit de retour, sinon qu’il vous fasse connaître son intention par lettre ou autrement, ainsi qu’il a fait pour celui qui se présente, lequel vous pourrez recevoir, s’il est vrai que M. Thibault en ait eu l’ordre, comme il vous a dit. Et non seulement au regard des séminaristes, mais encore de tous les autres exercices ou fonctions extérieures, vous vous souviendrez, s’il vous plaît, de ne rien entreprendre sans l’avis dudit seigneur, ni sans m’en avoir écrit auparavant.
2° Il n’est point expédient de faire aucune action publique dans l’église (4) parochiale, comme de prêcher, catéchiser ou entendre les confessions (5).
3° J’approuve beaucoup l’établissement de la conférence des ecclésiastiques externes, puisque vous y prévoyez de la facilité ; mais il est à propos que vous en écriviez à mondit seigneur pour avoir son consentement ; car peut-être voudra-t-il être présent et la commencer lui-même.
4° Il sera mieux de porter désormais le bonnet dans la maison que le chapeau, pour garder la conformité, attendu que vous êtes maintenant logés.
5° Si vous jugez que ce ne soit pas assez de donner par semaine cinq sols aux pauvres, vous leur pourrez donner jusqu’à deux sols par jour ; car d’y en employer davantage, ni tant qu’à Sedan, vous ne le pourriez pas.
6° Pour ce qui est de la lampe devant le Saint Sacrement, Jésus, mon Dieu ! il la faut voirement tenir allu-
3) Jacques Raoul de la Guibourgère.
4). Première rédaction : dans votre église.
5) Les mots : si Monsieur le curé ne le désire, qui faisaient suite sur l’original, ont été raturés par le saint.
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mée ; cela est nécessaire, d’autant plus que l’huile est à bon compte.
Je supplie cette lumière du monde d’éclairer de plus en plus votre chère âme pour la conduite et avancement de celles que la divine Providence vous enverra.
Mondit seigneur me parla, ces jours passés, de vous, me témoignant grande satisfaction de savoir que vous aviez été envoyé à Saintes, à cause du bien qu’on lui en a dit (6). Je m’assure que vous trouverez toujours en lui grande bonté, grand support et beaucoup de facilité à traiter d’affaires.
Je salue très humblement toute la compagnie, aux pieds de laquelle et des vôtres, Monsieur, je me prosterne en esprit pour les baiser tous et implorer le secours de vos prières pour moi et pour la compagnie en général, qui va toujours de mieux en mieux, par la grâce de Notre-Seigneur. C’est en lui que je vous offre mon pauvre cœur, qui chérit le vôtre d’une manière que je ne puis vous exprimer et qui me rend pour jamais, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Dufour, prêtre, supérieur de la Mission, à Saintes.
6). Première rédaction : qu’on lui a dit de vous.
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818. — A MESSIEURS DEHERES ET BAUTRU (1)
De Paris, ce 8 juillet 1646.
Monsieur (2),
Encore que je sois privé de l’honneur de vous [connaître], je prends néanmoins la liberté de vous écrire [dans l’intérêt] de la congrégation de la Mission et de vous offrir généralement les services de cette petite compagnie, avec les miens en particulier, vous suppliant, Monsieur, de l’avoir agréable.
L’autorité que le roi vous a donnée, par l’o [racle] de la divine Providence, pour maintenir la sienne parmi ses [sujets] et conserver les droits publics et garantir les particuliers [d’un chacun], fait que nous avons recours à vous, Monsieur, [dans l’occasion] qui se présente, prenant grande confiance dans la charité non commune avec laquelle vous exercez si dignement votre charge.
Nous sommes propriétaires par engagement [des aides] d’Angers, conjointement avec l’Hôtel-Dieu de Paris par la donation que nous en a faite défunt Monsieur le commandeur de Sillery. A présent on nous a avertis que Messieurs les maire (3) et échevins de ladite ville ont fait publier [un bail] à ferme de plusieurs droits sur
Lettre 818. — L. s — Dossier de la Mission, minute. Le document est en mauvais état.
1). Guillaume Bautru, comte de Serrant, conseiller du roi en ses conseils, intendant de justice, police et finances de la généralité de Touraine, membre de l’Académie française, un des hommes les plus spirituels de son temps, auteur de plusieurs pièces de vers, qui eurent de la vogue, et d’une œuvre satirique L’Ambigu. Il avait débuté dans la diplomatie et occupé divers postes d’ambassadeur. Il mourut à Paris le 7 mars 1665 dans sa soixante-dix-neuvième année.
2) Au début et dans le corps de la lettre, le secrétaire avait d’abord écrit Messieurs. Il a substitué partout le singulier au pluriel, sauf, par oubli sans doute, dans la formule finale.
3). Laurent Lanier (1645-1647).
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quantité de marchandises entrant en ladite ville, mais particulièrement d’un [droit] nouveau sur le vin, au préjudice de plusieurs articles du conseil et du bail général desdites aides, qui le défendent expressément (4). Ce qui fait, Monsieur, que nous vous supplions instamment de faire rayer de la pancarte qu’ils ont affichée, l’article qui parle dudit droit nouveau sur le vin ; car s’il y avait lieu de faire de nouvelles impositions sur icelui, quel moyen aurions-nous de conserver cette ferme, puisque même le fermier est contraint de relâcher de ses droits anciens pour faciliter la vente de cette denrée (5) ? En quoi, Monsieur, vous ferez un bien (6) notable non seulement à notre petite compagnie, mais encore aux pauvres dudit Hôtel-Dieu, nous conservant ce que nous avons de plus liquide et de plus assuré et nous garantissant d’un procès que nous serions obligés d’intenter au conseil, en nous opposant à cette entreprise, ce qui nous serait une grande peine.
Vous voyez donc, Monsieur, combien votre protection nous est nécessaire et combien aussi nous serons obligés d’implorer sur vous de plus en plus celle de Notre-Seigneur, lequel je supplie de tout mon cœur de me donner à moi les occasions de vous rendre les effets d’une parfaite obéissance et les témoignages du désir que j’ai d’être inviolablement, en son amour, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
supérieur indigne de la congrégation de la Mission.
Suscription : A MM. Dehères et de Bautru, intendants généraux de la justice en Touraine.
4.) Première rédaction qui défendent expressément de rien imposer sur ledit vin pour quelle raison et occasion que ce soit.
5) Première rédaction du vin.
6). Première rédaction un service.
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819. — A ANTOINE PORTAIL
De Paris, ce 11 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu une de vos lettres de Saint-Méen, écrite sur le point de votre départ, laquelle je n’ai présentement en main. Je me doutais bien de ce que vous m’écrivez de l’état de cette maison, duquel je vous prie de m’envoyer le résultat plus au long.
Pour cette chapelle dont M. Bourdet s’est chargé (1), j’en suis en peine, ne sachant que résoudre sur une chose qui nous sera plus onéreuse qu’utile, ce me semble. Je vous supplie de m’en dire votre sentiment.
M. Brin est ici depuis 15 ou 20 jours. La sainte Providence s’est manifestée en son retour, s’étant servie de lui pour nous rendre M. Coglée, lequel, après avoir passé quelques jours dans le séminaire, a été envoyé à Sedan. M. Codoing est aussi venu du lieu où il était et se porte bien à présent.
La communauté est à cette heure fort ample, par le retour de ceux qui étaient épars çà et là en mission et par le séjour de quelques autres, venus de Crécy, de Sedan, de Montmirail, etc. Aucuns s’exercent à l’étude de la controverse et d’autres à celui des cas de conscience.
Voici cinq quittances à signer pour les rentes du sel. Je vous prie de les renvoyer par le présent ordinaire.
Vous avez demandé, il y a quelque temps, les mémoires de la manière de vie des sœurs de la Charité, qui n’a pu
Lettre 819. — L s — Dossier de la Mission, original.
1) La chapelle de Plancoët.
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vous être envoyée assez à temps à Saint-Méen ; mais je vous l’envoie à présent, après en avoir fait mettre une copie à leur place.
J’attends nouvelles de votre arrivée à Richelieu. Dieu veuille vous y conduire et vous donner une abondante communication de ses grâces pour opérer en ce lieu, comme ailleurs, des fruits d’éternelle bénédiction Amen.
Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Richelieu.
820. — ETIENNE BLATIRON, SUPéRIEUR A GèNES, A SAINT VINCENT juillet 1646.
Nous avons été jusques à dix-huit confesseurs ; il s’est fait plus de trois mille confessions générales et un grand nombre de réconciliations de très grande importance par lesquelles on a terminé des différends qui avaient causé vingt-trois ou vingt-quatre meurtres. La plupart de ceux qui y avaient trempé ayant obtenu le pardon et la paix par écrit des parties offensées, pourront obtenir la grâce du prince et être mis en leur premier état.
821. — ETIENNE BLATIRON, SUPéRIEUR A GèNES, A SAINT VINCENT
[Vers juillet 1646] (1)
Lorsque je vous écrivis l’ordre de nos missions, j’oubliai
Lettre 820. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. I, sect. IV, 1er éd., p. 69.
Lettre 821. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. I, sect. IV, 1ere éd., p. 69.
1) Date donnée par Abelly.
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de vous dire ce que nous faisons pour l’instruction du peuple et pour le soulagement des confesseurs. Nous avons deux jeunes ecclésiastiques, lesquels, hors le temps du catéchisme, enseignent les mystères à tous ceux qui veulent se confesser ; et lorsqu’ils sont suffisamment instruits, ils leur donnent un petit billet imprimé pour cet effet ; et les pénitents le présentent à leur confesseur, lequel par ce moyen est assuré, lorsqu’un pénitent vient faire sa confession, qu’il est suffisamment instruit des vérités chrétiennes ; et ainsi il n’est point en peine de les en interroger ; Ce qui fait que les confesseurs avancent davantage et ne font pas attendre ceux qui sont autour de leurs confessionnaux.
822. — A ANTOINE PORTAIL
De Paris, ce 15 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je vous ai déjà écrit à Richelieu, où je crois que vous êtes meshui (1) arrivé, vous ayant donné avis de la réception de vos deux lettres dernières, l’une de Rennes et l’autre de Saint-Méen, qui ne m’ont pas beaucoup étonné, parce que je me doutais bien de tout ce que vous m’écrivez.
J’espère que vous trouverez en cette nouvelle visite de quoi vous consoler, par le soin que chacun prend de bien faire ; ce qui fait que j’attends un heureux succès de ce que vous y ordonnerez et une exactitude plus ferme à la pratique des règlements. Pour cela je prie Notre-Seigneur de vous communiquer de plus en plus son esprit.
M. Alméras partit hier d’ici pour vous aller joindre à Richelieu ; mais il n’y arrivera pas si tôt, parce qu’il est
Lettre 822 — L. s. — Dossier de la Mission, original.
1) Meshui, aujourd’hui.
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allé auparavant jusqu’à Rennes, au sujet d’un séminaire qu’on veut établir en ce diocèse-là, Madame la duchesse (2) ayant donné à ce dessein une cure qui est venue à vaquer, dépendante de Marmoutiers (3).
Ledit sieur Alméras est parti sans prendre ses lettres ; je vous les envoie, afin de les y remettre, s’il vous plaît, quand il sera arrivé.
Je salue M. Gautier (4) et généralement toute la famille, avec toute l’affection et la tendresse qui me sont possibles ; et mon cœur embrasse le vôtre très cher avec consolation et avec désir d’être ensemblement et inséparablement unis à celui de Notre-Seigneur, en l’amour duquel je suis, en vérité, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Richelieu.
823. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce vendredi [20 juillet 1646] (1)
Monsieur,
Il m’a paru bien nécessaire d’envoyer notre sœur Elisabeth (2) à Saint-Germain-en-Laye pour reconnaître la conduite de notre sœur qui y est, et, par même moyen, elle pourra
2) La duchesse d’Aiguillon. Elle n’a pas fait ce don en tant que duchesse, mais en tant que tante et tutrice de l’abbé commendataire de Marmoutier, Amador-Jean-Baptiste de Vignerod, qui n’avait que 13 ans. Ce que M. Vincent ne dit pas, c’est qu’il avait été constitué son Vicaire Général, et qu’il était donc aussi partie prenante. (B. Koch)
3). La célèbre abbaye de Marmoutiers (Indre-et-Loire) dépendait de la congrégation de Saint-Maur. La cure en question pourrait être Romagné, près de Fougères, dont les dîmes seront affectées effectivement au Grand Séminaire de Rennes, ouvert seulement en 1662. Le 28 juillet 1649, M. Vincent, en tant que Vicaire Général d’Amador Jean Baptiste, abbé de Marmoutier, signe la présentation de Pierre Bouvier de Saint Hilaire à cette cure de Romagné. Est-elle restée sans titulaire durant ces trois ans ? C’est probable, car le nom du prédécessseur est resté en blanc dans l’acte, ce qui n’aurait pas eu lieu si la vacance avait été récente. Le document se trouve aux Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine, G 553, parchemin de 23,5 x 37 cm en moyenne, plié en deux. (B. Koch)
4). Supérieur de la maison de Richelieu.
Lettre 823. — L. a. — Le fac-similé de cette lettre a été publié dans la Revue des Documents Historiques juillet 1873, p. 50
1) Date ajoutée au dos de l’original.
2) Elisabeth Martin.
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aller à Maule (3) et Crespières (4), en étant bien proche. Pour les mêmes raisons, elle pourra savoir la nécessité plus particulière du changement de la sœur Marie, qui est celle que Madame Bouillon demande à être ôtée ; et cela, sans qu’il paraisse autre chose sinon qu’elle aille un peu prendre l’air, car, en effet, elle ayant accoutumé un grand travail, je craindrais qu’elle ne nous demeurât malade quand il faudra partir. Il ne me vint point hier en l’esprit de faire cette proposition à nos sœurs. Je vous supplie très humblement, Monsieur, prendre la peine me mander si vous le treuverez bien ainsi. Elle pourrait aller coucher aujourd’hui à Saint-Germain, et dira à Mademoiselle de Bouillon la réponse, s’il vous plaît, de la prière qu’elle vous a faite d’envoyer là un de vos Messieurs pour faire rendre compte aux trésorières.
Je demande à votre charité la sainte bénédiction pour me préparer à la sainte communion, et suis Monsieur, votre très obligée servante et obéissante fille.
824. — A ANTOINE PORTAIL
De Paris, ce 22 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai reçu votre lettre écrite d’Angers, avec les mémoires de la visite de Saint-Méen et de l’état présent de cette maison, lesquels m’ont donné une très particulière consolation, voyant que vos soins sont bénis de plus en plus de la main paternelle de Dieu. Je lui en rends de tout mon cœur mes très humbles remerciements ; et, selon votre
3). Localité du canton de Meulan (Seine-et-Oise). Les Filles de la Charité y avaient un établissement.
4). Localité du canton de Poissy (Seine-et-Oise). Les Filles de la Charité y avaient un établissement.
Lettre 824. — L a — Dossier de la Mission, original. La dernière phrase du post-scriptum est de la main du saint.
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avis, je me suis en devoir d’écrire à M. Bourdet, sans avoir encore achevé sa lettre (1), ce que j’espère de faire à la première heure de loisir.
Ce que vous m’écrivez aussi des bonnes sœurs d’Angers a de beaucoup augmenté ma consolation ; et je loue cette même bonté de Dieu de vous y avoir fait arriver si à propos.
J’approuve fort les trois petits mots que vous m’avez marqués touchant la faculté des supérieurs particuliers ; et quand vous serez revenu, nous réglerons cela.
Je prie Notre-Seigneur de vous communiquer de plus en plus son esprit pour le répandre aux autres lieux où vous devez aller, à commencer par Richelieu, où j’espère que vous trouverez assez de disposition pour recevoir les grâces que Dieu leur prépare. Vous prendrez la peine de m’en donner des nouvelles, s’il vous plaît. M. Alméras vous y doit aller trouver, et peut-être plus tôt que je ne pensais. Il est parti d’ici pour aller à Rennes, après avoir passé à Angers. Mais comme j’eus avis que l’affaire se pourrait faire sans lui, je lui écrivis qu’en ce cas il pourrait reprendre la route de Richelieu. Je ne sais encore comme il aura fait.
Ce qu’on vous a écrit de M. Brin n’est pas vrai. Il vint du Mans droit ici, où l’expérience nous a fait voir que la seule Providence de Dieu l’a retiré de ce lieu pour nous ramener dans la compagnie M. Coglée, qui en était sorti en revenant de Marseille et qui a été envoyé depuis à Sedan ; et ledit M. Brin vit parmi nous avec grande édification.
M. Codoing se comporte aussi très bien et va tous les jours aux conférences qui se font sur les cas de conscience et sur les controverses ; et en général toute la com-
1) Lettre 825
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pagnie, par la miséricorde de Dieu, va de mieux en mieux, ici et ailleurs, en sorte que je ne reçois plainte d’aucun. Il n’y a que M. Dufestel qui n’est plus des nôtres, et sa séparation s’est faite tout doucement. Il est maintenant doyen de Saint-Omer de Lillers (2). M. Colée s’est retiré aussi à Amiens.
Je salue avec humilité et affection M. Gautier et tous les autres de cette maison. Je les embrasse tous en esprit le plus cordialement qu’il m’est possible, invoquant le secours de leurs prières pour moi et pour toute la compagnie et particulièrement des vôtres, Monsieur, auxquelles j’ai beaucoup de confiance. Je prie Notre-Seigneur de vous conserver et de vous faire participant de ses plus douces consolations pour pouvoir soutenir plus fortement la grandeur de vos travaux.
Je suis, en son amour et en celui de sa glorieuse Mère, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Depuis cette lettre signée, j’ai reçu la vôtre du 17e, à laquelle je ne puis maintenant répondre. Je vous dirai seulement que je trouve fort bon ce que vous désirez mettre dans les règles du supérieur particulier.
Je pense qu’il est nécessaire que vous soyez ici pour les changements à faire dans les règles.
Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Richelieu.
2). Lillers est aujourd’hui chef-lieu de canton dans le Pas-de-Calais.
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825. — A JEAN BOURDET, SUPéRIEUR A SAINT-MéEN
[22 juillet 1616] (1)
Vous me dites, Monsieur, que vous avez toujours, trouvé à redire aux visites qui se font dans la compagnie, et à la manière qu’elles se font. Je vous supplie très humblement, Monsieur, d’agréer que je vous dise les raisons que la compagnie a eues d’en user de la sorte.
La première est que les visites que font ou font faire ceux qui servent le général d’une compagnie, se font à l’instar de l’église, qui a ordonné que tous les évêques visiteraient toutes leurs églises de temps en temps et les feraient visiter tous les ans par leurs archidiacres et plus souvent par leurs doyens ruraux ;
2° Que tous les ordres et communautés bien réglés sont en cette pratique ;
3° Que la plupart reconnaissent, comme les Chartreux, que l’une des principales raisons pour lesquelles ils n’ont point eu besoin de réforme est de ce que cet Ordre est visité tous les ans ;
4° Que l’expérience nous a fait voir qu’une de nos maisons était quasi renversée en sa discipline, et plusieurs quant aux bonnes mœurs, et qu’il n’y a eu qu’une visite qui ait pu remédier à ce malheur-là et y a remédié, en sorte qu’il n’y en a point dans la compagnie qui aille mieux que celle-là ;
5° Que la même expérience nous fait voir que toutes les maisons en profitent, par la grâce de Dieu, plus ou moins, selon que les supérieurs sont plus ou moins fidèles pour observer eux-mêmes et faire observer aux autres les ordonnances que le visiteur a faites ;
Lettre 825 — Reg. 2, p. 95.
1). Voir lettre 824.
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6° Que la plupart des maisons font instance de les envoyer visiter, quand on passe le temps qu’on le doit faire ;
7° Que les supérieurs particuliers demandent les visites, parce que la communauté en général et chacun en particulier s’unissent plus à lui et à ses ordres après la visite qu’auparavant ;
8° Que les communautés respirent après, parce que cela modère la chaleur et fortifie les supérieurs qui n’ont pas assez de force pour réprimer l’audace de quelques uns ; joint d’ailleurs que, s’il y en a quelqu’un dans la communauté qui soit à peine à la plupart, l’on remédie à une partie de sa mauvaise humeur, ou l’on en décharge la communauté, en l’envoyant ailleurs, où peut-être il fera mieux ;
9° Que par le moyen des visites toutes les règles, ou à peu près, sont remises en usage, si elles n’y étaient plus ;
10° Que s’il y avait des inimitiés, la charité est rétablie entre tous les confrères ;
11° Bref, il se peut dire que les visites bien et exactement faites font ce que fait le soleil, c’est d’éclairer ; et les visites font voir toutes les fautes de la communauté à celui qui est là pour y remédier. Le soleil échauffé, et la visite enflamme les personnes visitées à un plus grand amour de Dieu et du prochain et à une plus grande estime de sa vocation et à l’observance des règles. Et comme le soleil répand ses influences sur toutes les créatures, il se peut dire aussi que la visite profite à toute la famille visitée.
Oui, me direz-vous, mais pourtant il me semble que tous ces effets ne paraissent pas partout. Je réponds qu’il est vrai qu’aux maisons où les supérieurs et les inférieurs n’ont pas assez de disposition pour mériter la
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grâce de cette saint action, ; mais que là où les supérieurs ont assez d’humilité et de zèle, la visite y fait des merveilles, ainsi que l’expérience fait voir partout.
Je ne blâme pas les visites, me direz-vous, mais la façon de les faire de quelques-uns de la compagnie. Béni soit Dieu, Monsieur, de ce que vous n’en avez point aux visites, ains seulement à la manière de les faire ! Voyons comme nous y procédons.
L’on commence cette sainte action par une prédication tendante à bien faire cette visite ;
2° Chacun dit en secret au visiteur ses propres fautes, celles de la communauté en général et celles de chaque particulier en qui il en aura remarqué quelques-unes ;
3° Quand chacun a parlé ainsi, le visiteur avertit la communauté au chapitre des fautes qui la regardent, et les particuliers en particulier ;
4° Il fait ensuite les ordonnances nécessaires pour empêcher que l’on ne retombe plus dans les mêmes fautes et pour introduire le bien qu’il faut.
Quel mal y a-t-il en tout cela ? S’il n’y a quelque chose à redire en cette fa, con de faire les visites, vous en trouverez peut-être à l’exécution et aux ordonnances du visiteur ; car pour l’exhortation et avertissements, je m’assure que vous n’y en trouverez pas.
Pour l’exécution ou information secrète, il n’y a communauté où cela ne se pratique de la sorte ; et Nosseigneurs les prélats interrogent publiquement les curés et le peuple réciproquement de leurs défauts. Et pour les ordonnances, les uns et les autres, Nosseigneurs les évêques et les visiteurs des communautés, en font. Et à quoi serviraient les visites sans cela ? Les médecins, après avoir guéri un malade, lui donnent un régime de vivre pour se préserver de retomber dans la même maladie.
Oui, mais ils font quelquefois des ordonnances qui
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diminuent l’autorité d’un supérieur pour élever celle de la communauté, comme celle de donner un admoniteur et des consulteurs à un supérieur, et de ce qu’ils ne choisissent pas eux-mêmes ces officiers-là avec le général ou le visiteur, quand le général ne le peut faire lui-même. Je réponds que, si les supérieurs étaient impeccables et infaillibles en leurs conseils, qu’il ne le faudrait pas faire ; mais qu’étant sujets à pécher et à faire des fautes et n’ayant pas toujours les discernements qu’il faut pour agir sans conseil, il n’est pas juste qu’il soit lui-même sans admoniteur et sans des personnes auxquelles il se conseille. Et le général a lui-même son admoniteur, son confesseur et ses consulteurs, que la compagnie lui a donnés ; et il ne les choisit pas lui-même.
Au reste, Monsieur, j’ai vu les ordonnances que M. Portail a faites chez vous, qui me paraissent très bien, eu égard à l’état de votre maison et des personnes qui la composent. C’est pourquoi je vous supplie, par les entrailles de N.-S. Jésus-Christ, d’entrer non seulement dans les sentiments de l’importance des visites en la manière qu’elles se font, mais aussi d’en observer les ordonnances et de les faire observer exactement ; et assurez-vous, Monsieur, que, si vous le faites, que Dieu bénira et sanctifiera de plus en plus votre conduite.
826. — A GUILLAUME DELVILLE
De Paris, ce jour saint Jacques (1) 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai appris par votre lettre et par celle de M. Rose et
Lettre 826 — L a — Original au grand séminaire de Bernay
1) 25 juillet
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par Janus la peine en laquelle vous, Monsieur, et votre famille vous êtes trouvés dans le rencontre dont vous m’écrivez. Je ne saurais vous exprimer la douleur que mon cœur en a reçue et comme je souhaiterais d’avoir souffert moi-même et tout seul, au lieu de vous, ce que vous et les vôtres avez enduré. Monsieur Codoing, porteur de la présente, vous pourra témoigner combien cela m’a touché. Je l’envoie principalement pour vous assurer que vos peines sont les miennes, et pour vous dire plus en particulier comme je pense devant Dieu que cet affaire se doit terminer. Je vous supplie, Monsieur, de l’agréer et de recevoir ce qu’il vous dira comme venant de la part de celui qui est, plus qu’il ne vous peut exprimer, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission
Suscription : A Monsieur Monsieur Delville, supérieur des prêtres de la Mission de Fontaine-Essarts, à Fontaine-Essarts (2).
827. — A ANTOINE PORTAIL
De Paris, ce 25 juillet 1646.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Me voici sur le point de partir vers Fontainebleau (1)
2) Les prêtres de la Mission, précédemment à Montmirail, s’étaient établis en 1644 à Fontaines-Essarts, dans une maison léguée par Louis Toublanc, secrétaire du duc de Retz
Lettre 827 — L s — Dossier de Turin original
1) La cour se trouvait à Fontainebleau Le saint appelé vraisemblablement par ses fonctions au conseil de conscience
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pour y faire 3 ou 4 jours de demeure. Jugez si j’ai grand loisir de vous écrire. Je le fais pourtant, afin de répondre à ce que vous me mandez par la vôtre du 17.
Je commence par la nouvelle du voyage que Mademoiselle Le Gras va faire à Nantes pour y établir six sœurs que les administrateurs de l’hôpital ont demandées, laquelle doit mener la maîtresse d’école qui enseignait ici (2) pour la laisser à Richelieu à la place de la sœur Marguerite.
Je n’approuve point, non plus que vous, leurs petites façons de s’agencer, et vous ferez bien d’y faire apporter de la modération, surtout au regard du voile qu’elles portent, sinon que cela soit usité parmi les femmes du commun. J’en parlerai avec madite demoiselle Le Gras (3).
Je suis d’avis que vous différiez encore à recevoir les vœux de Messieurs Gobert (4) et Lucas (5).
Pour la façon d’agir que vous demandez en l’endroit de M. du Coudray, je ne puis vous en dire une meilleure que celle de douceur et d’humilité ; mais avec icelles je vous prie de ne rien appréhender. Notre-Seigneur bénira
2). Ce fut la sœur Turgis qui fut placée à Richelieu.
3). Le résultat de la conversation du saint avec Louise de Marillac nous est connu. Cette dernière écrivait à Antoine Portail le 13 août (1. 148) : "Je n’oserais rien vous dire sur cette proposition du petit voile, sinon que je crois que M. Vincent l’appréhende grandement et avec raison, quoique plusieurs fois je lui aie fait la proposition non pas d’un voile (cela est tout à fait à craindre), mais de quelque chose qui peut un peu cacher le visage du grand froid et du grand chaud ; et pour cela nous a permis que les sœurs nouvellement coiffées portassent une cornette de toile blanche sur leur tête dans ces besoins. Mais pour du noir, ô Monsieur ! cela ne me paraît point faisable."
4). Evrard Gobert, né à Vendresse (Ardennes), entré prêtre dans la congrégation de la Mission le 1er juillet 1641, à l’âge de trente-quatre ans.
5). Jacques Lucas, né à La Pernelle (Manche) le 10 avril 1611, ordonné prêtre en 1635, reçu dans la congrégation de la Mission le 10 mars 1638. Il fut supérieur à Luçon (1650-1656) et à la Rose (1662-1668).
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ce que vous y ferez, et j’espère que vous trouverez la même facilité qu’ailleurs pour y introduire les pratiques de la compagnie et en bannir celles qui ne lui sont propres ; et vous pourrez modérer son pouvoir à l’égard du changement d’officiers, comme aux autres supérieurs. Enfin il faut que tout soit uniforme autant qu’il se pourra.
Je n’ai point encore nouvelles du retour du frère Testacy (6).
Le frère Pierre Vas (7) n’arrêta point ici après qu’il m’eût rendu votre lettre.
Je vous ai parlé de M. Brin par mes précédentes. Et maintenant je vous dirai que M. Le Blanc (8) est allé à sa place conduire le séminaire du Mans. M. Cuissot y a été envoyé aussi à la place de M. Alain, que nous rappelons ici. Le frère Nicolas, qui était à Crécy, y est allé pour le soin des affaires, et] le frère François Le Rogueux (9) pour faire le jardin.
[Dès] que nous [aurons] (10) de l’argent, nous enverrons le livre des cérémonies.
6). Voir lettre 803.
7). Frère coadjuteur, reçu à Saint-Lazare le 3 février 1642, à l’âge de dix-sept ans.
8). Georges Le Blanc ou Georges White, né au diocèse de Limerick (Irlande), était prêtre et âgé de trente-sept ans quand il entra dans la congrégation de la Mission, le 7 novembre 1645. Saint Vincent l’envoya en Irlande à la fin de l’année 1646 et le rappela en France en 1648 pour le * placer à Saint-Méen., d’où il le manda à Paris en 1649. Dans la suite nous ne retrouvons plus nulle part le nom de Georges Le Blanc dans la correspondance du saint, au moins avec certitude, car il avait un homonyme. Un Georges Le Blanc, bachelier en théologie, se trouva mêlé en 1651 à l’affaire des étudiants irlandais de la Sorbonne qui signèrent une déclaration contre le jansénisme (Cf. Les relations de saint Vincent de Paul avec l’Irlande par Patrice Boyle dans les Annales de la Congrégations de la Mission, t. LXXII, année 1907, n° 2, p. 190) ; serait-ce lui ?
9) François Le Rogueux, né à Hiesville (Manche), entré dans la congrégation de la Mission le 7 août 1644, à l’âge de seize ans.
10). Texte de l’original : Mais que nous ayons.
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Je ne vous dis rien en particulier sur le désordre que vous me marquez de l’église, mais je vous supplie d’y mettre le remède que vous pourrez et de régler toutes choses selon que Dieu vous l’inspirera.
M. Guérin, de Tunis, travaille toujours avec grande bénédiction. Il a échappé un grand danger à suite de la conversion du fils du roi, qui, s’étant sauvé avec cinq ou six de sa suite, se sont allés faire baptiser en Sicile ; et le pauvre M. Guérin, contraint à demeurer fermé un mois durant, sur le soupçon qu’on avait qu’il y eût contribué, en sorte qu’il attendait d’heure à autre qu’on le vînt prendre pour le faire brûler ; à quoi il était tout résolu ; mais Notre-Seigneur l’a voulu conserver, même l’introduire plus avant que jamais dans les bonnes grâces du roi, qui lui a donné une lettre pour notre roi, que j’ai ici, et ne trouvons personne qui la sache interpréter (11).
M. Nouelly et le frère Barreau (12) sont arrivés à Alger
11) C’est bien Julien Guérin qui avait préparé la conversion de Chéruby, fils d’Hadji-Mohamet, bey de Tunis. Il le recevait chez lui pendant la nuit pour lui apprendre les mystères de la religion Le prince s’enfuit secrètement avec trois esclaves, passa en Sicile et fut baptisé à Palerme. Philippe IV, roi d’Espagne, de qui dépendait cette île, accepta d’être son parrain et lui donna un apanage dans ses états. Le bey, furieux, fit mettre à mort une esclave chrétienne. que, disait-on, Cheruby avait épousée. L’auteur de la notice de M. Guérin déclare (p. 74) que le bey le fit mander, l’interrogea et que l’accusé sut non seulement dissiper, par l’habileté de ses réponses, les soupçons portés sur lui, mais encore gagner les bonnes grâces du bey, qui lui accorda la permission de faire venir d’autres missionnaires. Après quelque temps de séjour en Espagne, Chéruby vint à Rome. Surpris dans un port d’Italie par un corsaire, qu’avait envoyé sa mère, il fut emmené à Tunis. Il montra toujours la plus vive affection pour la religion catholique et pour la France.
12) Jean Barreau, né à Paris, sur la paroisse Saint-Jean-en-Grève, le 26 septembre 1612, quitta l’office d’avocat au Parlement pour entrer, jeune encore, dans l’Ordre des Cisterciens. Quelque temps après, il venait demander à saint Vincent de le recevoir parmi les siens. Il commença son séminaire le 14 mai 1645. A Alger, il fut d’un dévouement sans bornes pour les esclaves. La bonté de son cœur le porta plus d’une fois à s’engager pour des sommes qu’il n’avait pas, ou ne lui appartenaient pas, ce qui lui valut les mauvais
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depuis peu. Le dernier fera l’office de consul pour agir plus librement au reste (13).
On nous en demande encore à Salé, qui est une autre ville de l’Afrique (14), où l’on a permission de prêcher Jésus-Christ. Nous ne savons encore qui choisir pour y aller. Je vous prie de penser devant Dieu qui pourrait
traitements des autorités locales et les réprimandes de saint Vincent. Sur le point de perdre Jacques Lesage, qu’une maladie mortelle emporta le 12 mai 1648, il fit les vœux devant lui, bien qu’il ne fût pas encore délié du vœu simple de religion prononcé chez les Cisterciens. Cette dispense ne fut demandée qu’en 1652, et il put enfin, le 1er novembre 1661, validement cette fois, se donner à Dieu dans la congrégation de la Mission. Il était alors à Paris, où l’avait appelé René Alméras, second supérieur général, et n’avait que les ordres mineurs. Il fut ordonné prêtre en 1662 ou 1663 et passa le reste de sa vie dans la maison de Saint-Lazare, où il remplit l’office de procureur. Il fut même associé en 1672 au procureur général Nicolas Talec. Le 24 mai 1675, au cours d’une grave maladie, il fit son testament auquel il ajouta un codicille le 7 avril 1679. (Arch. Nat. M 213, n° 8.) Il dut mourir peu après, car nous ne retrouvons plus son nom nulle part.
13). Saint Vincent avait acheté le consulat d’Alger à Balthazar de Vias, avec l’aide pécuniaire de la duchesse d’Aiguillon, pour le compte de Lambert aux Couteaux, et le roi s’était empressé de ratifier le contrat. Cette mesure avait le grand avantage d’écarter toute crainte de conflit ou de simple désaccord entre le représentant de la France et les missionnaires, et donnait à ceux-ci un crédit dont la religion ne pouvait que profiter. Toutefois, le saint préféra confier l’office de consul à un simple clerc, pour laisser les prêtres plus libres de prêcher l’évangile ; et peut-être est-ce le motif pour lequel Jean Barreau ne fut appelé au sacerdoce que sur le tard, après son retour d’Alger.
Le consul de France était le protecteur officiel des Français, des juifs étrangers, des Grecs, des Arméniens et de quiconque était originaire d’un pays qui n’avait pas de représentant à Alger. Il défendait leurs droits, prenait en main leurs intérêts, facilitait leur commerce et veillait à la stricte observance des traités. Certains droits lui étaient dus sur toutes les marchandises que leurs vaisseaux apportaient au port d’Alger, où ils ne pouvaient entrer et d’où ils ne pouvaient sortir sans son passeport. Il était juge des différends survenus entre les esclaves ou entre les marchands des diverses nations. Son office était loin, on le voit, d’être une sinécure.
14). Ville du Maroc, sur la côte de l’Océan Atlantique, alors célèbre nid de pirates, aujourd’hui bien déchue de son antique splendeur. La France y entretenait un consul. Le projet du saint n’aboutit pas ; nous dirons plus loin pourquoi. Dès 1643, la Compagnie du Saint
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bien être capable et zélé pour cela, et m’en dire votre sentiment.
Tout le reste d’ici et d’ailleurs va de mieux en mieux, par la grâce de Dieu, en l’amour duquel je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
J’embrasse avec toute la tendresse de mon cœur toute la famille.
Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Richelieu.