Correspondance (page 35)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

897. — A UN PRêTRE DE LA MISSION

De Paris, ce 27 novembre [1646] (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous [pour jamais !]

J’ai été consolé de voir dans votre lettre [que M.] le curé s’est un peu relâché de la réso [lution de] ne point

Lettre 897. — L. s. — Dossier de la Mission, original.

1) Ce qui est dit dans cette lettre de Louis Thibault nous porte à la rapprocher de la lettre 900, qui est du 2 décembre 1646. L’état

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souffrir la communion des en [fants. J’espère] qu’il se rendra tout à fait si v [ous avez soin de lui] représenter : 1° que par nos règles [nous sommes tenus] à cela ; 2° qu’il a été toujours p [ratiqué ainsi en] toutes les missions que nous avons (faites ; 3° que les enfants) sont bien instruits et en état de bien [se préparer à la] communion, laquelle sert par après de dis [position à bien] faire les autres ; 4° que c’est un des princip [aux moyens] que nous ayons pour toucher les personnes plus âgées, qui ont le cœur dur et obstiné, lesquelles se laissent vaincre à cette dévotion des enfants et du soin qu’on prend après eux. Et, à propos de ceci, on me mande de Gênes que Monseigneur le cardinal-archevêque (2) a une telle affection à la communion des enfants qu’il se trouve en la plupart et y pleure de tendresse, comme s’il était lui-même un enfant. Enfin l’expérience que nous avons de la bénédiction que Dieu donne à cette action doit servir de motif à mondit sieur le curé de l’approuver en sa paroisse.

Que s’il dit qu’il veut faire cela lui-même, et que pendant le carême il les instruira pour les faire communier à Pâques, on lui peut répondre qu’il est vrai qu’il s’en acquittera bien mieux que nous, mais que ce que nous en ferons n’empêchera pas qu’il ne fasse alors la même chose. Que s’il craint que nous admettions à la communion des enfants qui ne soient assez instruits et n’aient les autres dispositions nécessaires, vous lui direz, s’il vous plaît, que notre coutume est de les examiner tous [en] la présence de Messieurs les curés, lesquels jugent [eux]-mêmes si on les doit recevoir à ce sacrement ou non, [qu’] ainsi mondit sieur pourra remettre à un

de mutilation de l’original, comparé à celui des originaux des lettres qui précèdent et qui suivent, enlève tout doute.

2) Le cardinal Durazzo

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autre temps [ceux] qu’il n’en trouvera pas capables. Que si enfin il trouve à redire à la solennité de la procession, [on la fera le] plus simplement qu’il se pourra, sans [éclat et s] ans habiller certains enfants en forme [d’anges], comme on a fait en quelques endroits ; (lui résister) en cela ne me semble pas faisable (3).

[Je] vous prie donc de lui bien représenter toutes ces choses, et j’espère qu’il vous donnera toute liberté pour ce regard ; sinon, nous verrons avec la compagnie s’il est expédient de continuer la mission sans ladite communion (4).

Quant aux confessions, il n’y aura rien de perdu à les différer jusqu’à lundi.

Et pour faire durer la mission jusqu’à la fin de l’an, à la bonne heure, on le fera aussi, s’il est nécessaire.

Nous enverrons de l’argent à M. Thibault et le ferons avertir de faire ce que vous dites vers M. Raisin, pour savoir si rien n’a été laissé par mégarde en sa maison.

Puisque vous n’avez point assez de lits, voyez, Monsieur, si vous pourrez en envoyer quelques-uns coucher aux Bons-Enfants.

Nous vous renvoyons notre frère Laisné (5). S’il est inutile, vous le pourrez renvoyer dans deux ou trois jours.

3). L’abbé Villien, le savant professeur à l’Institut catholique de Paris, estime que saint Vincent a le premier introduit l’usage de donner de la solennité à la première communion (La discipline des sacrements dans la Revue du clergé français,1er janvier 1912, t. LXIX, p. 30.)

4). Cette fin de phrase, depuis sinon nous verrons, est de la main du saint.

5). Le catalogue du. personnel signale deux missionnaires du nom de Laisné, Nicolas et Pierre, nés tous deux à Dreux, l’un le 9 novembre 1623, l’autre en 1625, entrés dans la congrégation de la Mission le 24 septembre 1641 et admis. aux vœux le 4 octobre 1643. Pierre reçut tous les ordres sacrés en décembre 1648. C’est de lui probablement qu’il est ici question. Il faisait partie de la maison de Saint-Méen en 1657.

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Nous vous enverrons demain des surplis et des bonnets

Les deux pistoles que vous avez envoyées ont été reçues.

Je salue toute la compagnie et vous particulièrement, étant, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

898. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

[1646] (1)

Monsieur,

Je ne me suis point avisée de vous demander si je communiquerai ceci (2) à nos sœurs, et ne l’ai pas fait. Permettez-moi de dire à votre charité que l’explication portée dans notre règlement de Filles de la Charité me fait désirer la continuation de ce titre, qui est omis, peut-être par mégarde dans le mémoire des termes de l’établissement (3).

Ce terme si absolu de dépendance de Monseigneur (4) ne nous peut-il point nuire à l’avenir, donnant liberté de nous tirer de la direction du supérieur général de la Mission ? N’est-il pas nécessaire, Monsieur, que par cet établissement, votre charité nous soit donnée pour directeur perpétuel. ? Et ces règlements qui nous doivent être donnés, est-ce l’intention de

Lettre 898. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1) Le mot du début "Monsieur" montre que la lettre a été écrite avant 1650. La note 2 permet de préciser l’année.

2). L’acte du 20 novembre 1646, par lequel Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, érigeait en confrérie la compagnie des Filles de la Charité.

3). Le coadjuteur, qui a signé l’acte d’érection, au nom de son oncle l’archevêque de Paris, donne aux sœurs le nom de "servantes des pauvres de la Charité".

4). Le coadjuteur spécifie que la compagnie "demeurera à perpétuité sous l’autorité et dépendance" des archevêques de Paris. Il ajoute qu’il confie et commet à Vincent de Paul "la conduite et direction de la susdite société et confrérie tant qu’il plaira à Dieu de lui conserver la vie"

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Monseigneur que ce soient ceux marqués en suite la requête ? Cela requiert-il un acte à part, ou bien en veut-on former d’autres, puisqu’il en fait mention séparément ?

Au nom de Dieu, Monsieur, ne permettez pas qu’il se passe rien qui donne tant soit peu de jour de tirer la compagnie de la direction que Dieu lui a donnée, car vous êtes assuré que aussitôt ce ne serait plus ce que c’est, et les pauvres malades ne seraient plus secourus ; et ainsi je crois que la volonté de Dieu ne serait plus faite parmi nous, par laquelle j’ai le bien d’être, Monsieur, votre très obéissante fille et très obligée servante (5).

899. — A ANTOINE PORTAIL

De Paris, ce 1er décembre [16461] (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec [vous pour jamais !]

J’ai reçu votre lettre avec grande co[nsolation, voyant] tout ce que vous m’écrivez, et n[e cesse de remercier] Dieu du bon ordre que vous av[ez mis] dans nos maisons. Je prie sa divine [bonté de donner sa] bénédiction pour les m[aisons qui restent à voir] d[ans ce] que vous leur a[llez prescrire. Maintenant], Monsieur, vous voilà donc [prêt à partir, ainsi] que je vois par votre lettre. J’en [ai une consolation] que je ne vous puis exprimer, parce [que vous] êtes attendu ailleurs avec patience et besoin, sur

5) Les craintes de Louise de Marillac n’étaient pas exagérées. Au sortir de la Révolution, les Vicaires généraux de Paris, s’appuyant sur les termes mêmes de l’approbation donnée en 1646 et en 1655, revendiquèrent le droit de diriger la compagnie des Filles de la Charité et provoquèrent un schisme, qui dura des années. L’autorité traditionnelle du supérieur général de la Mission sur les sœurs fut enfin mise hors de discussion, le 25 juin 1882, par cette réponse de Rome : "Nihil esse innovandum quoad regimen enuntiatae associationis Puellarum Charitatis quod per Pontificia indulta Superiori Generali Congregationis Presbyterorum Missionis, vulgo Lazzaristi, a S. Vincentio a Paulo institutae, pertinet"

Lettre 899. — L. s. — Dossier de la Mission, original.

1). Année de la visite de M. Portail à Cahors.

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tout à Rome, où je prie Notre-Seigneur Jésus-Christ de vous conduire et de vous continuer les mêmes grâces, pour ramener les choses au point qu’il les désire, dans ce qui vous reste à faire, comme dans ce que vous avez fait.

M. B[oucher] m’a écrit par deux fois de La Rose les bons sentiments et la reconnaissance que Dieu lui donne. Je vous prie, Monsieur, de me mander si je me dois appuyer là-dessus.

Je n’ai rien à vous dire davantage qu’à vous assurer que tout va bien ici, grâce à Dieu. Je n’ai point d’autres nouvelles à vous donner. Vous saurez seulement que M. Cuissot a la fièvre quarte, et M. Bécu la goutte, et moi la grâce d’être, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT D EPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Cahors.

900. — A LOUIS THIBAULT

De Paris, ce 2 [décembre 1646] (1).

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec [vous pour jamais !]

Nous vous envoyons ce porteur pour ap[prendre de vos nouvelles et vous en donner des nôtres, [qui sont] bonnes, grâces à Dieu. La com[munauté est en bonne] santé, à la réserve de M. [Bécu, qui a la goutte, et de]

Lettre 900. — L. s. — Dossier de la Mission, original

1). Cette lettre doit être rapprochée de la lettre 899.

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M. Cuissot, qui a la fièvre q[uarte. Et vous, allez-vous] bi (en, après) tant de longs tr[avaux ? Peut-être n’êtes-vous pas sans] quelque incommodité ; mais j[e prie Notre-Seigneur] de vous conserver pour sa gloire. Je [le remercie de] la bénédiction avec laquelle vous les a[vez accomplis], dont nous avons été avertis de deçà. Et plaise à sa bonté infinie faire la grâce à tant de pauvres âmes d’en faire usage pour leur salut !

Voici cent livres que nous vous envoyons, tant pour payer ce que vous devez à Villeneuve-Saint-Georges, si d’aventure M. Gentil (2) ne vous a envoyé de quoi pour cela, que pour satisfaire à la dépense et autres dettes que vous avez faites depuis, comme aussi pour vous donner moyen de vous en revenir ; ce que je vous supplie de faire au plus tôt, et tout au plus tard jeudi. C’est assez travaillé pour ce coup ; et puis nous avons affaire de vous ici. Nous enverrons quelqu’autre à Villejuif (3) et la mission d’Orsay (4) se peut remettre à la Noël. Je vous attends donc avec désir de vous embrasser chèrement et avec espérance de vous voir bien reposer après tant de fatigues.

Dieu nous fasse la grâce de nous reposer éternellement en lui, en l’amour duquel je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Thibault, prêtre [de la Mission, à Mont]geron (5).

2) Procureur à la Procureur à la maison-mère.

3). Grosse commune des environs de Paris.

4). Commune de l’arrondissement de Versailles (S.-et-O.).

5). Commune de l’arrondissement de Corbeil (S.-et-O.).

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901. — A JEAN MARTIN

De Paris, ce 7 décembre [1616] (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Vous voilà donc seul, Monsieur, dans votre nouvel emploi. Oh ! que béni soit Dieu de vous avoir donné un moyen si propre de le consulter sur la manière d’avancer en son amour ceux qu’il vous a confiés ! Où le secours des hommes manque, le sien abonde. Et bénie soit à jamais sa bonté tant aimable de vouloir être servi en même temps à la ville et à la campagne par trois personnes seulement, en des affaires si importantes comme sont les siennes ! C’est signe qu’il y veut mettre la main lui-même et faire réussir de leurs travaux des fruits d’éternelle bénédiction.

J’ai l’âme tout attendrie quand je pense à vous et au choix qu’il en a fait, pour vous appliquer, tout jeune que vous êtes, à un si haut ministère que celui de perfectionner des prêtres. Je rends grâces à Notre-Seigneur de vous avoir mérité cette grâce, et le prie de parachever en vous ses desseins éternels. Et vous, Monsieur, humiliez-vous bien fort en vue de la vertu et suffisance qu’il faut avoir pour enseigner les autres et élever les enfants du Roi du ciel en la milice chrétienne ; mais confiez-vous hardiment en celui qui vous a appelé, et vous verrez que tout ira bien. Il semble qu’en ce commencement Dieu vous ait voulu faciliter l’entrée en cette sainte occupation par la disposition qu’il donne à vos séminaristes à la

Lettre 901 — L a — Dossier de Turin, original

1) Ce fut à la fin de l’année 1646 que Jean Martin fut chargé du séminaire

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piété et aux exercices, pour vous obliger à l’entreprendre avec plus de courage. Il faut adorer sa conduite et néanmoins s’attendre à ne trouver pas toujours des personnes si souples et si aisées à gouverner, mais espérer aussi qu’à proportion que les difficultés s’augmenteront, Dieu vous augmentera ses grâces. Et afin, Monsieur, que, de votre part, vous soyez muni de toute sorte d’armes, exercez-vous à la douceur et à la patience, vertus fort propres à vaincre les esprits revêches et durs. Vous pouvez penser si, de mon côté, je ferai instance auprès de Notre-Seigneur pour vous obtenir la plénitude de son esprit. Recommandez-lui, s’il vous plaît, mon âme et rendez l’incluse au frère Sébastien. Je lui écris, selon votre avis, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

902. — A ANTOINE PORTAIL

De Paris, ce 8e décembre (1646) (1).

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous [pour jamais !]

Encore que je sois en doute si celle-ci vous [trouvera] à Cahors ou à La Rose, je ne Laisse pas de [vous écrire] pour me trouver par elle à votre départ [de delà, si] elle vous y rencontre, et v[ous souhaiter pour votre voyage] une [particu] lière protection (de Dieu).

Lettre 902. — L. s. — Dossier de la Mission, original.

1) La date est marquée : au dos de l’original, et le contenu la confirme.

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[J’ai éc]rit à Mars[eille pour annoncer votre arrivée] bien[tôt ; ma]is je pense, M[onsieur, que vous ferez bien] de n’y pas faire la visite jusqu[’à votre retour. Il faut] aller au plus pressé, qui est Rome. Vous [ne vous arrêterez] pas même à Gênes pour cela, vous con[tentant de] voir M. Martin, qui fait le séminaire, et [de dire] un mot à. M. Blatiron et à M. Richard, pour les saluer, au lieu où ils feront la mission, sinon qu’en passant vous les puissiez voir sans détour. Je vous écrirai plus particulièrement entre ci et là.

La prochaine ordination se doit faire à Saint-Lazare ; je la recommande à vos prières, sans oublier ma pauvre âme, ni la compagnie, laquelle va bien, grâces à Dieu. Je suis en grande peine de M. du Chesne, que nous avons envoyé, comme vous savez, à Nantes, pour conduire la mission d’Hibernie ; et depuis trois semaines qu’il est parti, nous ne savons où il est, n’en ayant aucune nouvelle. Dieu nous en veuille donner de bonnes et vous conserver, à vous, Monsieur, pour qui sa divine bonté me donne des sentiments d’affection et d’estime extraordinaires, m’ayant rendu, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Portail, prêtre de la Mission, à Cahors.

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903. — A JACQUES THOLARD

De Saint-Lazare, ce 8 [décembre 1646].

La grâce de No[tre-Seigneur soit avec vous] pour Jamais !

Il faut bien dire, Monsieur, qu’en [infligeant au démon le] mauvais traitement que vous lui fai[tes subir et en lui] faisant la rude guerre que vous lui f[aites] et le ch[assant des âmes qu’il] a révoltées et que vous… (2) Notre[-Seigneur Jésus-Christ bénit] le [secours] que vous rendez [aux âmes qu’il a] rachetées de son sang précieux. [Au nom de Dieu], tenez bon, ne rendez point les armes ; [il y va de la] gloire de Dieu, du salut peut-être d’un million [d’âmes] et de la sanctification de la vôtre. Ressouvenez-vous, Monsieur, que vous avez Dieu avec vous, qu’il combat avec vous et qu’infailliblement vous vaincrez. Il peut aboyer, mais non pas mordre ; il vous peut faire peur, mais non pas du mal ; et de cela je vous en assure devant Dieu, en la présence duquel je vous parle ; je douterais fort autrement de votre salut, ou, pour le moins, que vous vous rendissiez indigne de la couronne que Notre-Seigneur vous va façonnant, tandis que vous travaillez si heureusement pour lui. La confiance en Dieu et l’humilité vous obtiendront la grâce qu’il vous faut pour cela. Que si vous êtes si fort pressé de la tentation, suspendez la confession et appliquez-vous aux accommodements.

Lettre 903 —. — L. a. — Dossier de la Mission, original.

1). Les dégâts faits au document original par l’humidité correspondent trop à ceux dont a souffert la lettre 902, pour qu’il ne soit pas, comme celle-ci, du 8 décembre 1646. C’est, au reste, la conclusion à laquelle conduit l’étude du contenu.

2). Des deux lignes qui suivent dans l’original il ne reste que quelques mots épars, qu’il nous a été impossible de relier ensemble.

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Dites à M. Gentil (3) que je vous ai prié d’en user de la sorte et que, s’il le faut, je vous enverrai un prêtre ou deux des Bons-Enfants pour confesser à votre place. Je vous fais cependant une nouvelle oblation de mon cœur et salue M. Gentil (4) et le reste de la famille, prosterné en esprit à ses pieds et aux vôtres, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Tholard (5), prêtre de la Mission, à Villejuif (6).

904. — A JEAN MARTIN, PRêTRE DE LA MISSION, A GENES

De Paris, ce 14 décembre 1646.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voici une bien petite lettre, mais qui porte à mon cher Monsieur Martin des assurances de la grande affection que Dieu me donne pour lui. Je ne la puis exprimer, et pourtant je la sens vivement au milieu de mon cœur. Celui qui la voit vous, la fasse connaître comme il a fait à moi la bonté de votre âme et les grâces dont il l’a remplie, qui font le sujet de mes plus ordinaires consolations ! Souvent et tout présentement je supplie Notre-Seigneur

3) Mot raturé sur l’original, probablement pour qu’on ne connaisse pas le destinataire de la lettre.

4). Mot raturé sur l’original.

5). Mot raturé sur l’original.

6). Mot raturé sur l’original.

Lettre 904. — L. s. — Dossier de Turin, original.

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qu’il soit tout vôtre, et vous tout sien, qu’il bénisse votre emploi et que votre emploi l’honore et le glorifie en soi et en ces jeunes ecclésiastiques que sa providence vous a confiés, que vos paroles soient autant de semences jetées dans leurs cœurs, qui portent au centuple des fruits de charité et de bon exemple vers les pauvres fidèles, afin qu’ils fassent des œuvres dignes de ce nom. Vous voyez bien, Monsieur, que, si mes désirs sont accomplis, les biens que vous ferez iront à l’infini et dureront après vous. Je l’espère de la bonté de Dieu, qui se veut servir de vous en choses si importantes (1). Et pour cela humiliez-vous et vous confiez en lui.

Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Au bas de la première page : M. Martin.

905. — A BERNARD CODOING, SUPéRIEUR, A SAINT-MEEN

De Paris, ce 15 décembre [1646 (1)]

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit av[ec vous pour jamais !]

J’ai reçu deux de vos lettres, [qui m’ont] tôt fait prendre part aux peines que [vous éprouvez], et m’[ont fait]

1) Le secrétaire avait écrit grandes ; le saint ratura ce mot pour le remplacer de sa propre main par si importantes.

Lettre 905. — L. s. — Dossier de la Mission, original. Le document est en très mauvais état.

1) Cette date s’impose. Ce fut, en effet, à la fin de l’année 1646. que Bernard Codoing devint supérieur de l’établissement de saint Méen et que Ferdinand de Neufville monta, après la mort de son oncle, sur le siège de Saint-Malo.

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prier Notre-[Seigneur qu’il vous fasse la grâce] de [vous en dé]livrer… (2) [J’ai eu l’]occasion [de] lui (3) découvrir les [besoins de la] compagnie. Il m’a promis de lui co [ntinuer la] même assistance que son prédécesseur [et de nous] faire le bien qu’il pourra.

Je lui ai parlé aussi de Plancoët (4). Il veut être sur le lieu avant que de vous accorder la retraite de ceux qui y sont, et doit y aller dans un mois ou six semaines. Cependant, Monsieur, je vous prie d’avoir patience, faisant comme vous pourrez. Il serait pourtant à désirer que vous fissiez continuer les missions et le séminaire en même temps. Je sais bien que vous êtes trop peu ; mais vous pouvez vous allier quelques prêtres, qui vous aideront, quand ce ne serait que pour dire l’office. Je vous ai déjà écrit que nous avions exemple pour cela d’une maison (5) où il n’y a que trois personnes des nôtres, dont l’une conduit le séminaire et les autres sont quasi toujours en mission. Si vous pouviez faire de même, j’en serais consolé. Je remets néanmoins cela à votre discrétion, sachant bien que vous avez incomparablement plus d’affection que moi au bien et avancement du prochain.

Je n’ai pu encore vous envoyer le secours que vous m’avez demandé, tant pource [que nous n’]avons ici plus de monde qu’il nous faut, [que par la crai] nte où j’ai [été que] la tempête [ne revînt. Mainten]ant je su[is tenu] de le différer……. (6) en la bonne volonté qu’il (7) a de nous faire [du bi]en.

2) c’est à peine si nous avons pu saisir quelques mots détachés dans les trois lignes que nous omettons ici.

3) Ferdinand de Neufville, le nouvel évêque de Saint-Malo.

4) Saint Vincent avait vu de mauvais œil l’engagement pris par Jean Bourdet de desservir la chapelle de Plancoët. (cf. I 815) faisait des démarches pour se libérer de cette promesse.

5.) La maison de Gênes.

6) Les deux lignes qui suivent sur l’original sont trop incomplètes pour que nous puissions les reconstituer.

7). Probablement le nouvel évêque de Saint-Malo.

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Adieu, Monsieur ; conservez-vous, je vous en supplie, pour la plus grande gloire de Notre-Seigneur. Je salue très affectueusement votre petite troupe, laquelle je prie sa divine bonté de bénir de ses éternelles bénédictions, et particulièrement votre chère âme, que la mienne embrasse cordialement.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Au bas de la première page : M Codoing.

906. — A LOUIS RIVET, PRêTRE DE LA MISSION A RICHELIEU (1)

De Paris, ce 19e décembre 1646 (2).

Monsieur,

La grâce [de Notre-Seigneur] soit av [ec vous pour jamais !

Il y a] déjà bien des [jours que] j’ai reçu ré [ponse de vous, et je suis] encore plein de la consolation qu’elle m’a [procurée, voyant les sentiments] que vous avez de vous-même, qui sont très nécessaires en [l’emploi] que Dieu vous a donné, en l’absence de M. Gautier (3). Je [suis très reconnaissant] à sa divine bonté des lumières qu’elle vous départ, et la supplie d’accomplir en vous ses desseins éternels. Mais vous savez, Monsieur, que cette

Lettre 906. — Dossier de la Mission, copie du XVIIe siècle.

1) C’est à tort que le registre 2 (p. 107) fail adresser la lettre "à M. Rivet, supérieur à Saintes". Louis Rivet ne fut nommé supérieur à Saintes que plus tard. Il était à Richelieu en 1646.

2) Dans la copie que nous suivons, une déchirure du coin supérieur droit a emporté le dernier chiffre de l’année. La date nous est connue par le registre 2.

3) Supérieur de la maison de Richelieu.

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défiance de vos propres forces doit être le fondement de la confiance que vous devez avoir en Dieu, sans laquelle nous nous trouvons souvent pires que nous ne pensions être ; et avec icelle on fait beaucoup, ou plutôt Dieu fait lui-même ce qu’il prétend de nous. N’arrêtez donc plus votre vue à ce que vous êtes, mais regardez Notre-Seigneur auprès de vous et dans vous, prêt à mettre la main à l’œuvre si tôt que vous aurez recours à lui, et vous verrez que tout ira bien. Pensez-vous que, puisque l’ordre de sa providence vous a établi en cette charge, il ne vous donne pas aussi les grâces convenables pour la bien faire, si, pour son amour, vous l’entreprenez courageusement ? N’en doutez point, Monsieur, non plus que de la sincère affection que mon cœur a pour le vôtre, qui est telle que je ne puis vous l’exprimer. Dieu vous la fasse connaître, s’il lui plaît, et veuille vous remplir de plus en plus de son esprit pour le répandre par vous dans les âmes que vous conduisez, et pour la plus grande sanctification de la vôtre !

J’embrasse en esprit toute la famille et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

907. — A DENIS GAUTIER, SUPéRIEUR, A RICHELIEU

De Paris, ce 23 décembre [1646] (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit a[vec vous pour jamais !]

Je ne sais si cette lettre v[ous arrivera pendant les]

Lettre 907. — L. s. — Dossier de la Mission, original

1) Date ajoutée au dos de l’original et donnée par le registre 2 p. 176) ; elle a disparu de cet endroit par suite des dégâts occasionnés par l’humidité.

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travaux de la mission… (2). [Dieu soit] donc à jamais béni ! [Je le prie que vous soyez de plus en] plus animé de son esprit pour [travailler à sa] gloire.

Votre lettre, que j’ai reçue hier au soir, m’apprend la bénédiction particulière qu’il a plu à Dieu donner à son œuvre, dont je ne puis le remercier assez. Plaise à sa divine miséricorde tirer son remerciement du fruit de cette mission, faisant la grâce à ces pauvres âmes de connaître et de reconnaître ses libéralités, et à nous de lui continuer nos petits services en tout ce qui pourra étendre et affermir l’empire de Jésus-Christ !

La proposition que vous m’avez faite de recevoir à pension des écoliers qui ont dessein sur l’état ecclésiastique, et non d’autres, m’a fait penser que peut-être Dieu se veut servir de nous en votre maison pour donner racine à ces jeunes plantes, et m’a fait désirer à même temps qu’il ait agréable de nous donner grâce pour le faire utilement. Vous pourrez donc en [faire] un essai ; mais que la pension soit de cinquante [écus] ; vous ne pouvez en prendre à meilleur compte, [et en]core moins gratis, crainte d’employer à cela ce [qui est nécessaire] à l’entretien des prêtres destinés [à évangéliser les peu]ples et à [conduire] la cure…. (3).

Je me suis enfin rendu au désir qu’on a de nous avoir à Luçon (4). La prière que Mgr de Luçon (5) et son chapitre

2) La suite manque sur une longueur de quatre lignes.

3) Des sept lignes qui suivaient sur l’original il ne reste plus que des mots isolés sans lien apparent.

4) Dès 1640, quelques prêtres de la Mission s’étaient établis à Luçon sous la direction de Gilbert Cuissot, auquel avait succédé Jacques Chiroye, qui dirigeait encore cette maison le 3 mai 1645. (Cf. 1. 749.) Nous ignorons à la suite de quelles circonstances Jacques Chiroye et les siens abandonnèrent Luçon et se retirèrent à Richelieu. Il est fort probable que cet abandon fut dû à la gêne dans laquelle se trouva la maison à la suite de la perte qu’elle fit, la mort du cardinal-ministre, du revenu des greffes de Loudun qu’elle partageait avec la maison de Richelieu.

5) Pierre Nivelle (1637-1661).

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nous en font, la nouvelle proposition de M. l’archidiacre (6) sont des marques que Dieu le veut, et des moyens qui facilitent l’exécution de cet établissement. Je prie M. Chiroye de s’y en aller, accompagné de quelque frère seulement, pour résoudre avec ces Messieurs ce qu’il faudra ; et, quand il en sera temps, nous enverrons les ouvriers nécessaires. J’ai déjà l’œil sur un de nos prêtres, qui me semble bien propre, et sur deux bons ecclésiastiques du séminaire des Bons-Enfants, qui ont désir d’aller rendre gloire à Dieu, un ou deux ans durant, dans l’exercice de nos fonctions. J’attendrai plutôt les nouvelles du succès du voyage de M. Chiroye. Donnez-lui, s’il vous plaît, ma lettre.

Je trouve raisonnable le soulagement [que Monsieur] Lucas demande, et il y a autant de jus [tice que de charité] de le lui accorder. Je vous supplie donc, [Monsieur, de] le dispenser de toute sorte de travail [et fonction] autre que d’entendre quelques [confessions], les fêtes et les dimanches… (7).

Continuez à M. du C[oudray vos charités]. Vous et la compagnie lui avez [bien servi ; je vous en] remercie. J’ai été bien aise que vous [en usiez] de la sorte. Laissez-lui donc faire ce qu’il voudra ; car j’espère qu’il n’y aura rien à dire en ses déportements. Je lui écris aussi, et, si je puis, j’écrirai à Monsieur Gobert pour lui témoigner la joie que j’ai de sa santé, et combien j’ai été touché de sa

6.) Claude Thouvant, conseiller et aumônier du roi, archidiacre d’aizenay. La discussion de sa proposition devait aboutir au contrat du 7 mars 1647 (Ach. Nat. S 6706,, par lequel il donnait à Jacques Chiroye, supérieur, une somme de 1.800 livres et lui faisait la remise des droits qu’il avait sur l’hôtel de Pont-de-Vie, maison achetée par les prêtres de la Mission en décembre 1641, le tout à condition que lesdits prêtres feraient chaque année une mission de trois semaines dans son archidiaconé.

7). Nous omettons ici quatre lignes de l’original, dont il ne reste plus que quelques mots épars.

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ferveur, le voyant si tôt dans le travail. Dieu le bénisse et lui et toute la compagnie, que j’embrasse en esprit avec beaucoup de tendresse et de consolation, particulièrement votre chère âme, pour laquelle la mienne a des affections que Dieu seul connaît et que je voudrais bien vous faire connaître, en son amour, comme étant en lui, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Nous vous enverrons quelqu’un à la place de M. Chiroye au plus tôt.

Au bas de la première page : M. Gautier.

908. — A JACQUES CHIROYE, PRêTRE DE LA MISSION. A RICHELIEU

De Paris, ce 23 décembre 1646.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec [vous pour jamais !]

Qui ne recevrait chèrement les lettres [que vous écrivez], et qui ne serait consolé de [voir que vous ne cessez de] c[herche]r le salut [des âmes ? Votre zèle] m’[a touché et] produit [en moi une telle joie que je ne puis vous] la [dire. Je ne cesse] de r[emercier Dieu et de lui deman]de[r qu’il] vous [continue les grâces qu’il vous] donne [en l’éta]blissem[ent de Luçon. Ayez confiance], Monsieur ; à la bonne [heure ! vous aller donner] commencement à un œuvre du[quel Notre-Seigneur] veut tirer le salut d’une infinité d’[âmes et] l’entière sanctification de

Lettre 908. — L. s. — Dossier de Ia Mission, original.

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la vôtre. Pendant que vous négocierez cet affaire, nous vous préparerons les ouvriers nécessaires, à savoir un de nos prêtres, que j’ai déjà en vue, avec quelque frère clerc et deux bons ecclésiastiques de notre séminaire des Bons-Enfants, qui veulent passer un ou deux ans au service des pauvres de la campagne et qui vous donneront bien de la satisfaction, comme j’espère. Mais auparavant de vous envoyer personne, vous mettrez, s’il vous plaît, les choses en état, sans toutefois conclure les conditions qui vous seront proposées soit par Mgr l’évêque ou son clergé, soit par M. l’archidiacre, que premièrement je n’en sois averti.

Je prie Notre-Seigneur Jésus-Christ que, puisqu’il a agréable de vous commettre le soin d’un affaire qui le regarde, il vous donne la plénitude de son esprit et de sa conduite pour le traiter à son honneur et en sa vue

Monsieur l’archidiacre [désirerait la] mission tous [les an] s dans son archidiaconé… (1) [Pour le premier], vous pourrez volontiers vous y obliger, [mais] non pas au second, sinon pour deux ou trois villages au plus. Vous m’expliquerez, s’il vous plaît, son intention. Je me donne l’honneur de lui écrire et de lui témoigner notre soumission aux volontés de ces Messieurs et à la sienne, et le ressentiment que j’ai de la grâce qu’il nous présente. Je vous prie de lui en donner toutes les assurances possibles, comme je fais à vous des affections que mon cœur a pour le vôtre. Plaise à Dieu les unir de son amour dans le temps et dans l’éternité ! Je suis en lui, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

1) Suivait ici l’énoncé des désirs de l’archidiacre ; mais il reste si peu de mots en cet endroit de l’original qu’il nous est impossible de reconstituer le texte.

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J’ai différé l’envoi de la lettre à M. l’archidiacre et les autres jusqu’au premier jour que je vous les enverrai à Richelieu ou a Luçon. Vous ne direz point que ces prêtres ne sont pas de la compagnie.

Au bas de la première page : M. Chiroye.

909. — JULIEN GUERIN, PRêTRE DE LA MISSION, A SAINT VINCENT

[Tunis, entre 1645 et mai 1648] (1).

Nous attendons une grande quantité de malades au retour des galères Si ces pauvres gens souffrent de grandes misères dans leurs courses sur la mer, ceux qui sont demeurés ici n’en endurent pas de moindres. on les fait travailler à scier le marbre tous les jours, exposés aux ardeurs du soleil, qui sont telles que je ne les puis mieux comparer qu’à une fournaise ardente. C’est une chose étonnante de voir le travail et la chaleur excessive qu’ils endurent, qui serait capable de faire mourir des chevaux, et néanmoins que ces pauvres chrétiens ne laissent pas de subsister, ne perdant que la peau, qu’ils donnent en proie à ces ardeurs dévorantes. on leur voit tirer la langue comme feraient les pauvres chiens, à cause du chaud insupportable dans lequel il leur faut respirer. Et le jour d’hier, un pauvre esclave fort âgé, se trouvait accablé de mal et n’en pouvant presque plus, demanda congé de se retirer ; mais il n’eut d’autre réponse sinon qu’encore qu’il dut crever sur la pierre, qu’il fallait qu’il travaille. Je vous laisse à penser combien ces cruautés me touchent sensiblement le cœur et me donnent de l’affliction.

Et cependant ces pauvres esclaves souffrent leurs maux avec une patience inconcevable et bénissent Dieu parmi toutes ces cruautés qu’on exerce sur eux ; et je vous puis dire avec vérité que nos Français emportent le dessus en bonté et en vertu sur toutes les autres nations. Nous en avons deux malades à l’extrémité et qui, selon toutes les apparences, n’en peuvent échapper, auxquels nous avons administré tous les

Lettre 909. — Abelly, op cit., 1. II, chap. I, sect. VII, § 7, 1er éd., p. 118

1) Durée du séjour de Julien Guérin à Tunis.

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sacrements. Et la semaine passée, il en mourut deux autres en vrais chrétiens ; et l’on peut dire d’eux que : pretiosa in conspectu Domini mors senctorum ejus. La compassion que je porte à ces pauvres affligés, qui travaillent à scier le marbre, me contraint de leur distribuer une partie des petits rafraîchissements que je leur donnerais s’ils étaient malades, etc. Il y a d’autres esclaves qui ne sont pas si maltraités, dont les uns sont sédentaires dans les maisons de leurs patrons et servent à tout de nuit et de jour, comme à cuire le pain, à faire la lessive, à apprêter le boire et le manger, et autres petits services d’un ménage. Il y en a d’autres que leurs patrons emploient à leurs affaires du dehors. Il y en a encore d’autres qui ont la liberté de travailler pour eux, en donnant à leurs patrons une certaine somme par mois qu’ils tâchent de gagner et d’épargner sur leur petite dépense.

910. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1645 et 1651] (1)

Mademoiselle Le Gras est priée de mander à Mademoiselle de Lamoignon qu’il est nécessaire qu’elle s’en aille prier Madame de Brienne de se trouver à l’assemblée, en laquelle l’on a besoin de son avis et de celui de Madame la duchesse d’Aiguillon aussi ; et pource que la dernière est en affaires qui la pressent aujourd’hui, il faudra pour le moins insister à la première.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : Pour Mademoiselle Le Gras.

Lettre 910. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original. Louise de Marillac remit cette lettre à Mademoiselle de Lamoignon, qui écrivit en marge : "Pour m’en avertir, s’il vous plaît. Je suis toute vôtre. M. de L. Ce mercredi à une heure."

1) Cette lettre semble du temps où Madame de Lamoignon était présidente des dames de la Charité.

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A ETIENNE BLATIRON, SUPéRIEUR, A GêNES

De Paris, ce 28 décembre [1646] (1).

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec [vous pour] jamais !

J’ai reçu votre lettre du […. Je remercie] Dieu de (tout ce) que vous (me marquez au sujet) des (succès que vous]) avez dans vos missions…] (2) ; car, à ce que je vois, (c’est un des plus grands] saints qui soient dans son [église (3). J’ai un] sensible ressentiment de la modération que vous montrez] à l’article de la fondation dont vous me parlez, lequel je vous envoie en la forme qu’il le faudra passer, s’il lui plaît.

J’ai été certes beaucoup consolé d’apprendre le bon ordre du séminaire et le progrès qui s’y fait. C’est une grâce spéciale de Dieu, pour laquelle je prie sa divine bonté de se glorifier elle-même et d’agréer la reconnaissance que je lui en rends, particulièrement de la bonne conduite du bon M. Martin, qui a besoin d’être soutenu et fortifié du Saint-Esprit dans les divers emplois qu’il a. Dieu sait si j’appréhende qu’il succombe sous le faix, aussi bien que vous sous le vôtre.

J’écris par ce même ordinaire à M. Dehorgny de vous envoyer celui que vous demandez, ou un autre qui le vaille sans aucun retardement ; et, pour l’y obliger davantage ; je lui envoie votre lettre, afin que vos raisons le conseillent

Lettre 911. — L. s. — Dossier de la Mission, original.

1) Date ajoutée au dos de l’original ; elle a disparu de cet endroit par suite des dégâts occasionnés par l’humidité.

2) Les quelques mots qui restent sur huit lignes de l’original ne nous permettent pas de reconstituer le texte.

3) Il s’agit fort probablement du cardinal Durazzo.

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sur le besoin qu’il en peut avoir. J’espère qu’il vous donnera contentement.

Je ne sais si vous vous souvenez qu’on a ci-devant donné le prieuré de Saint-Nicolas-de-Champvant, du diocèse de Poitiers, (à la maison de) Richelieu et que les provisions furent expédiées (à Rome pour présent[ement) faire venir ledit [prieuré] à la con[grégation des] prêtres de la [Mission établie à] Ri[chelieu. Il] est nécessaire [que vous en] fassiez [renonciatio]n par devant [notaire] po[ur la remettre entre] les mains de [M….], et un…, suivant [ce qu’] en ont [réglé les] abbés et religieux [de Notre]-Dame-des-Noyers (4), de qui ledit prieuré [dépend], étant à leur nomination, par acte du 6e de novembre dernier, par devant Girard, notaire royal ; laquelle démission vous enverrez, s’il vous plaît, en diligence, à M. Dehorgny, afin que sur icelle et sur la copie dudit consentement que je lui dois envoyer, il obtienne le bref de ladite union.

Je veux croire que cette lettre vous trouvera sur la fin de votre grande mission ; et plaise à Dieu qu’elle vous trouve dans une pleine disposition et dans un heureux succès de vos travaux pour le salut des pauvres que vous instruisez, et la sanctification de votre âme ! Je ne fais pas un moindre souhait pour ces messieurs qui travaillent avec vous, pour lesquels Dieu m’a donné de particulières et tendres affections, voyant leur bonté et le bon exemple qu’ils donnent à toute notre congrégation, à laquelle je fais souvent le récit de leur vertu et de leur zèle. Je vous supplie de les saluer humblement et cordialement de ma part, leur renou[velant les] offres de mon obéissance.

4) Abbaye de Bénédictins réformés de la congrégation de Saint Maur, au diocèse de Tours.

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J’embrasse [aussi] M. Richard et le frère Sébastien et p[rie Notre-Seigneur] de les bénir de plus en plus.

Je suis, [en son amour, Monsieur], votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

4 janvier 1647.

Vous pouvez dire à Monseigneur le cardinal (1) que Mes. seigneurs les prélats sont nos maîtres pour tous nos emplois extérieurs et que nous sommes obligés de leur obéir, comme les serviteurs de l’évangile obéissaient à leur maître : s’ils nous commandent d’aller, nous sommes obligés d’aller ; si de demeurer, nous sommes obligés de demeurer ; si de travailler, nous sommes obligés de le faire ; et si nous y manquons, ils ont droit de nous punir. Bref, nous devons obéissance à Nosseigneurs les évêques en toutes les choses qui regardent nos emplois des missions, des ordinands, etc. ; mais pour la direction spirituelle et domestique, elle est au supérieur général.

913. — ALAIN DE SOLMINHIAC, éVêQUE DE CAHORS,

A SAINT VINCENT

[1647] (1)

le voudrais bien que M. Testacy et les autres de notre séminaire

Lettre 912. — Reg. 2, p. 76.

1) Le cardinal Durazzo, archevêque de Gênes.

Lettre 913. — Archives de l’évêché de Cahors, liasse 5, n° 6, original.

1) La lettre a été écrite pendant que Charles Testacy était supérieur du séminaire de Cahors et peu après le passage en cette ville d’Antoine Portail, qui s’y trouvait en décembre 1646.

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ne vous rompissent pas la tête, comme ils font, pour beaucoup de choses, n’y ayant aucune nécessité. L’intendant de ma maison m’a toujours dit qu’on pouvait nourrir les pensionnaires pour cent livres, et je le crois ainsi. Mais, quand ce ne serait pas, leur ayant fait entendre que c’est une ordonnance synodale faite de l’avis de tout notre synode, il faudrait avoir patience jusqu’au prochain synode pour la changer.

Il y a vingt-cinq braves ecclésiastiques dans notre séminaire, et dans peu de jours ils seront bien près de trente-cinq. C’est pourquoi il est tout à fait nécessaire d’envoyer quelqu’un des vôtres pour aider les autres, et particulièrement pour le chant ; ce qui est nécessaire. J’avais prié M. Portail de vous le dire. J’espère que vous y pourvoirez. Ce qu’attendant, croyez-moi votre très humble serviteur.

ALAIN,

évêque de Cahors.

914. — A JEAN MARTIN

De Paris, ce 11e janvier 1647.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu votre chère lettre d’une affection très sincère et fort tendre pour votre chère âme, qui me paraît de plus en plus bénie et choisie de la main de Dieu pour procurer sa gloire dans celles que vous conduisez, et par elles dans une infinité d’autres, qui le loueront dans le temps et l’éternité. Travaillons donc hardiment et amoureusement pour un si bon Maître que le nôtre ; imitons-le en ses vertus, surtout en son humiliation, en sa douceur et sa patience ; et vous verrez un heureux progrès en votre conduite.

Je vous parle certes avec compassion des grands travaux que vous avez ; mais je me console dans la confiance

Lettre 914. — L. s. — Dossier de Turin, original.

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que j’ai, que Dieu redouble vos forces et conserve votre cœur en paix. C’est la grâce que je lui demande, attendant que le secours qui vous doit venir de Rome soit arrivé. Il y a déjà 15 jours que j’ai prié M. Dehorgny de vous en envoyer quelqu’un en diligence ; et par le prochain ordinaire je vous enverrai les règles de notre séminaire des Bons-Enfants. Il y a longtemps que j’avais donné ce soin-là à quelqu’un. Excusez son oubliance et la mienne.

M. Portail vous ira voir bientôt. Il est déjà à Marseille. Il n’attend qu’une commodité pour partir. M. Alméras ira à Rome avec lui.

Je les recommande à vos prières, et moi avec eux, qui suis de tout mon cœur, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

915. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

Ce mercredi. [Entre 1643 et 1649] (1)

J’ai envoyé votre billet, que l’on a baillé à Madame de Lamoignon, Mlle n’y étant pas ; laquelle dame m’a mandé que le jour de l’assemblée dépendait de vous et que Mlle Viole eut bien désiré que ce pût être vendredi.

Je suis, Monsieur, votre très obéissante fille et servante.

L. DE MARILLAC.

Lettre 915. — L. a. — Original communiqué par M. l’abbé Le Gras, 8, avenue du Parc, Lyon.

1) Avant 1643, Madame de Lamoignon n’était pas encore présidente des dames de la Charité ;. après 1649, Louise de Marillac n’appelait plus saint Vincent "Monsieur" au début de ses lettres.

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916. — A JEAN MARTIN

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Vous me faites un plaisir singulier de me consoler de vos lettres, à cause des effets qu’elles produisent en moi, n’en lisant jamais aucune que je ne sois touché de reconnaissance vers Dieu et de tendresse pour vous voyant les sentiments qu’il vous donne, d’humilité et de confiance, qui font naître la sainte générosité avec laquelle vous soutenez le poids d’un séminaire. Plaise à Dieu, Monsieur, vous fortifier de plus en plus et vous donner la plénitude de son esprit pour animer ce petit corps et le mouler selon les maximes de Jésus-Christ ! Je ne pense jamais à vous, que je ne vous donne à lui, avec actions de grâces pour celles qu’il vous fait. Et si je ne voyais sur vous une particulière assistance de Dieu, je croirais faire un songe quand je me représente qu’un jeune homme comme vous (1) conduit si heureusement l’intérieur et l’extérieur de plusieurs autres. Je prie derechef Notre-Seigneur d’exécuter ses desseins en vous et par vous, et de me faire miséricorde par vos prières.

Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

Lettre 916. — L. s. — Dossier de Turin, original.

1) M. Martin était né le 10 mai 1620 ; il avait donc vingt. sept ans.

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917. — A JEAN MARTIN

De Paris, ce 18 février 1647.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

O Monsieur, que vos lettres me consolent toujours ! Certes, Monsieur, c’est à un point que je ne le vous puis exprimer.

Hélas ! Monsieur, que vous avez raison dans la description que vous me faites de l’état de votre intérieur ! Mais béni soit Dieu du bon usage que vous en faites ! tandis que nous serons dans cette vallée de misère, fussions-nous des saints, nous sentirons toujours ce que vous sentez ; et Dieu le permet afin de nous tenir toujours en haleine dans l’exercice de la sainte mortification et de l’humiliation. Tenons-nous ferme là dedans, et Notre-Seigneur restera vainqueur de nos passions en nous et régnera souverainement en nous et, par nous, dans les âmes au service desquelles sa providence nous a destinés. Tenons-nous donc ferme et marchons toujours dans les voies de Dieu, sans nous y arrêter.

O Monsieur, que dirons-nous de votre saint prélat (1), duquel vous me dites tant de choses ! Certes, j’admire cela et j’espère que, si Notre-Seigneur le conserve dix ans à son église, qu’il renouvellera tout son diocèse, ainsi qu’a fait Monseigneur d’Alet (2),

J’écris à M. Blatiron qu’il est à souhaiter qu’on propose

Lettre 917 — L a — L’original a été donné en 1886 aux prêtres de la Mission de la maison de Chieri par M. Pierre Marietti, en reconnaissance de l’hospitalité reçue chez eux lorsqu’il y fit les exercices spirituels pour se préparer aux ordres sacrés.

1) Le cardinal Durazzo

2) Nicolas Pavillon.

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à ce saint prélat l’établissement des conférences entre Messieurs les curés et autres ecclésiastiques de la campagne. J’espère que, s’il plaît à Notre-Seigneur de continuer sa sainte bénédiction sur les travaux de ce saint prélat, comme il a fait jusques à présent, et notamment à l’égard de ces sortes de conférences que M. Blatiron sait, pour avoir été des premiers qui y ont travaillé, qu’il en réussira de grands biens. Mais quoi ! il faut faire les choses peu à peu. La grâce a ses commencements petits et ses progrès.

Pour la mission dans la ville, vous avez eu raison de lui en dire la manière.

Je vous prie, Monsieur, de lui faire de temps en temps des renouvellements de mon obéissance et de lui demander pour moi sa bénédiction, que je lui demande, prosterné en esprit aux pieds de Son éminence, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

918. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

[Entre 1639 et 1649] (1)

Monsieur,

Je ne vous saurais que dire de ma santé, mais je vous assure que j’ai grand besoin de vous parler au sujet des nécessités de plusieurs filles, avant de penser a aucune chose.

Lettre 918. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1) En 1639, la sœur Bécu était encore vivante (cf. 1 387) ; après 1649, toutes les lettres de Louise de Marillac à saint Vincent commencent par "Mon très honoré Père" et non par "Monsieur",.

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Nous avons ici notre sœur Charlotte bien mal depuis longtemps ; c’est la sœur de ma sœur Geneviève, de l’Hôtel-Dieu qui y servait aussi à la collation. Je crains bien qu’elle ne fasse comme notre défunte sœur Bécu. L’on lui a plusieurs fois ordonné la saignée du pied mais personne n’a pu avoir du sang. Si votre charité nous voulait envoyer ce bon frère Alexandre peut-être en aurait-il. Sa fièvre est d’ordinaire plus grande le soir que le matin.

Nos sœurs qui sont en retraite feront, quand il vous plaira leur confession, qui ne sera pas générale, ni de l’une ni de l’autre

La Lorraine qui vous parla samedi à Hôtel-Dieu, ne trouve point de condition. Il y a bien quinze jours qu’elle est à l’Hôtel-Dieu pour cela. Qu’en ferons-nous ?. Ne lui baillez point d’argent, si vous plaît. J’ai dit à ma sœur Geneviève de lui faire faire ce qu’elle a besoin. Elle ne de manderait pas mieux que de vivre là à ne rien faire et avoir de l’argent.

Je vois tant de désordre partout qu’il me semble que j’en suis accablée ; j’espère pourtant et me veux confier à sa divine Providence avec les saintes Marthe et Marie.

C’est en l’amour du bon Jésus que je suis, Monsieur votre très humble fille et très obligée servante.

919. — A JEAN MARTIN

De Paris, ce dernier de février 1647.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu une lettre de votre part, cette semaine, et non de celle de M. Blatiron, qui, étant absent et dans les grandes occupations où il est, ne peut fournir à tout. Et certes, j’admire votre soin de ce que, dans les embarras d’une maison et d’un séminaire, vous ne manquez pas à me donner cette consolation, qui a été extraordinaire à

Lettre 919. — L. s — Dossier de Turin, original.

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ce coup, en ce qu’elle m’apprend les bénédictions qu’il plaît à Dieu de continuer tant sur les travaux dudit sieur Blatiron que sur sa propre personne, en sorte que ce qui s’opère en lui et par lui semble un petit miracle, et les grâces singulières qu’il plaît à ce même Seigneur de vous faire aussi, bénissant, comme il fait, votre conduite et remplissant votre cher cœur d’une parfaite confiance en son secours, qui est le moyen des moyens pour faire heureusement son œuvre. Vous avez trouvé le secret ; et quiconque n’agira dans cet esprit, quelque capacité qu’il ait, il ne réussira jamais, ni pour lui, ni pour les autres. Tenons-nous donc, Monsieur, tenons-nous ferme à cette chère confiance en Dieu, qui est la force des faibles et l’œil des aveugles. Et, quoique les choses n’aillent pas selon nos vues et nos pensées, ne doutons point que la Providence ne les ramène au point qu’il faut pour notre plus grand bien

Que les discours qu’on vous fera ne vous étonnent nullement. Ce bon ecclésiastique qui a le premier travaillé dans les missions et qui vous a entretenu du dégoût qu’il en a maintenant, ne doit pas mesurer les autres par lui, ni croire qu’ils s’emploient à ce saint exercice pour complaire purement à Mgr le cardinal. Et quand cela serait, Dieu ne laisse pas de tirer sa gloire de ces intentions tortues, et plusieurs âmes en seront sauvées. Que s’ils viennent à discontinuer, comme il arrivera, s’ils ne regardent Dieu, Monseigneur le cardinal reconnaîtra pour lors que, pour faire un solide établissement, il lui faut des personnes qui se soient données à Notre-Seigneur en ces emplois, et non pas des ecclésiastiques du pays, qui ont d’autres prétentions.

Plaise à sa bonté infinie nous faire la grâce que toutes les nôtres tendent à l’avancement de sa gloire et à notre propre anéantissement !

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Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

920. — A FRANçOIS ADHEMAR DE MONTEIL, ARCHEVêQUE D’ARLES

De Paris, ce 29 février (1) 1647.

Monseigneur,

J’ai reçu la lettre dont vous m’avez honoré, avec tout le respect que je dois à un si digne prélat. J’avais déjà su, par la voix publique et par l’un des députés de Marseille, l’heureux succès de votre entremise dans la pacification de cette ville-là, laquelle reconnaît qu’après Dieu elle en a l’obligation à votre prudente conduite. Et pour moi, j’en ai rendu grâces à Notre-Seigneur, ne doutant pas qu’en récompense il ne vous donne la perfection et l’attribut de cette béatitude. Je le prie aussi qu’il vous conserve longues années pour sa gloire et le bien de son église.

Quant à l’abbaye de Saint-Césaire, assurez-vous, Monseigneur, qu’en ce que je pourrai contribuer à votre dessein, je le ferai de tout mon cœur, tant parce que vous me le commandez, qu’à cause de la dévotion que j’ai à ce grand saint Césarius, et que d’ailleurs je sais depuis

Lettre 920. — L. s. — Bibl. mun. d’Arles, ms 142, t. III, original. ce manuscrit vient de la bibliothèque de Laurent Bonnemant, prêtre d’Arles, et a pour titre Actes anciens et modernes concernant l’archevêché d’Arles. 1) Distraction du secrétaire ; c’était vraisemblablement le 1er mars.

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longtemps le besoin de ce monastère, votre prédécesseur y ayant voulu remédier (2). Mais Dieu, par sa mort, vous a réservé l’exécution et le mérite de ce bon œuvre. Plaise à sa bonté infinie accomplir en vous ses desseins éternels ! Je ne devrais vous offrir que mes chétives prières, attendu que c’est tout ce que je puis pour votre service ; néanmoins, Monseigneur, je prends la liberté de vous faire ici un renouvellement des offres de mon obéissance avec toute l’humilité et l’affection que je le puis, dans la confiance que j’ai que vous ne l’aurez pas désagréable, puisque Notre-Seigneur m’a rendu au point que je suis, en son amour, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monseigneur Monseigneur l’archevêque d’Arles, en Arles.

921. — ALAIN DE SOLMINIHAC, éVêQUE DE CAHORS

A SAINT VINCENT

A Mercuès, ce 3 mars 1647.

Monsieur,

J’ai fait la même difficulté que vous de recevoir dans le séminaire ces deux jeunes garçons desquels je vous ai écrit,

2) Pour rétablir la régularité dans le monastère de Saint-Césaire, où s’étaient glissés les plus lamentables abus, Jaubert de Barrault archevêque d’Arles, y avait introduit en 1639 des religieuses de Billom en Auvergne. (Gallia christiana novissima, Arles, Valence, 1901, in-f°, *col. 967, n° 2259, d’après les Arch. des Bouches-du-Rhône, S Césaire d’Arles, Reg. XXXVI, pièce 2.) Mal vues et jalousées par leurs compagnes, persécutées par l’abbesse, qui allait jusqu’à les priver de nourriture, les malheureuses réformatrices n’avaient pu, malgré les remontrances de l’archevêque et la volonté du roi, remédier aux désordres dont elles étaient, tous les jours, les témoins attristés. (Arch. Nat. Ve 187, n° 36.)

Lettre 921. — Arch. de l’évêché de Cahors, cahier, copie.

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et l’avais dit à M. Testacy mais j’ai cru être obligé à vous écrire, remettant tout à votre jugement. Cependant le seigneur du lieu et partie des habitants qui résistaient ont donné les mains Je les entretiendrai dans ce bon dessein, attendant que Dieu nous fasse connaître sa volonté pour avoir un collège dans Cahors, afin d’y élever et instruire les personnes qui se dédient à son service en l’état ecclésiastique, et vous fournisse des moyens pour l’exécuter comme il fera, si c’est sa volonté. Cette fondation de mille écus pour ces deux jeunes hommes est un commencement.

Vous avez bien fait de ne point parler à M. de la Marguerie (1) de ce que je vous ai écrit de son fils (2) puisqu’il est dans l’opinion que vous me mandez.

Le provincial des Capucins n’est pas bien connu de vous. Il ne vous a pas dit les plaintes que les siens me font, non seulement par lettres, mais de vive voix. Je vous envoie une copie de la lettre que le roi m’a écrite sur son sujet, et une autre de Monsieur le nonce, afin que vous les lisiez à quelque heure perdue ; ce qui vous fera connaître cet esprit. Ignorez tout cela, s’il vous plaît et laissez parler le monde. Vous savez ma maxime sur ce sujet, de laquelle je ne me dépars pas.

Je vous prie de vouloir recevoir ces deux bons religieux aux Bons-Enfants en pension, comme les autres pendant qu’ils séjourneront à Paris. Ils s’en vont pour faire juger l’affaire de Sainte-Geneviève, auquel je vous supplie de nous continuer vos assistances. Vous seriez ravi de joie si vous saviez le bien que fait notre séminaire. Le bon M. Testacy en est tout extasié. C’est un fort bon ecclésiastique. le serais bien aise qu’il eut autant d’expérience que de bonté.

Je vous prie, au nom de Dieu, d’avoir pitié des diocèses de Montauban et de Sarlat et du mien, qui souffre de leur désordre. Un mot de recommandation à M. de Morangis pour nos bons religieux leur sera fort utile. Cependant croyez-moi, Monsieur…

ALAIN,

év. de Cahors.

1) Elie Laisné, sieur de la Marguerie.

2) Louis Laisné.

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922. — A JEAN DEHORGNY, SUPéRIEUR, A ROME

Mars 1647.

Dieu vous fournir d’autres ouvriers, quand il en sera temps. Le besoin ne vous en a pas fort pressé jusqu’à maintenant, puisque vous n’avez pas fait d’ordination et que vous en avez passablement pour les missions, quoique non pas à souhait. Nous faisons ici et ailleurs comme nous pouvons. Serait-il raisonnable que nous fussions dans l’abondance des hommes, laquelle les rend inutiles une partie du temps, pendant que Dieu en manque en d’autres lieux où il nous appelle ? Saint Ignace ne fit-il par cent établissements, avant sa mort, de deux ou trois personnes chacun ? Ce n’était pas sans beaucoup d’inconvénients, puisqu’il y envoyait des novices et que parfois il était obligé de les établir supérieurs ; mais ce n’était pas aussi sans fruit ni sans providence. Si nous en avons entrepris quelques-uns, ce n’a pas été, Dieu merci, par aucun désir de nous étendre, sa divine bonté le sait, mais seulement de correspondre à ses desseins. Ce n’a pas été, non plus, de notre choix, ni par notre sollicitation, mais par la seule disposition d’en haut, que notre indifférence nous a donné loisir d’éprouver et de reconnaître.

Qui nous assurera que Dieu ne nous appelle point présentement en Perse ? Il ne le faut pas conjecturer de ce que nos maisons ne sont pas remplies ; car celles qui le sont davantage ne font pas le plus de fruit. N’avons-nous pas occasion de croire plutôt le contraire, même de craindre que Dieu n’abandonne l’Europe à la merci des hérésies qui combattent l’église depuis un siècle et qui

Lettre 922. — Reg. 2, p. 72

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ont fait de si grands ravages qu’elles l’ont réduite comme à un petit point ? Et par un surcroît de malheur, ce qui en reste semble se disposer à une division par les opinions nouvelles qui pullulent tous les jours. Que savons-nous, dis-je, si Dieu ne veut pas transférer la même église chez les infidèles, lesquels gardent peut-être plus d’innocence dans leurs mœurs que la plupart des chrétiens, qui n’ont rien moins à cœur que les saints mystères de notre religion ? Pour moi, je sais que ce sentiment me demeure depuis longtemps. Mais quand Dieu n’aurait pas ce dessein, ne devons-nous pas contribuer à l’extension de l’église ? Oui, sans doute ; et cela étant, en qui réside le pouvoir d’envoyer ad gentes ; ? Il faut que ce soit au pape ou aux conciles ou aux évêques. Or ceux-ci n’ont de juridiction que dans leurs diocèses ; des conciles, il n’en est point en ce temps ; il faut donc que ce soit en la personne du premier. Si donc il a droit de nous envoyer, nous avons aussi obligation d’aller ; autrement, son pouvoir serait vain.

Vous savez, Monsieur, depuis quel temps la Sacrée Congrégation a jeté les yeux sur nous, combien de fois elle nous a fait solliciter, combien peu nous nous sommes hâtés pour ne mêler rien d’humain dans la résolution de cette sainte entreprise ; mais, comme nous sommes de nouveau pressés et par lettres et par Monseigneur le nonce (1), je ne doute plus qu’il n’en faille venir à l’exécution. J’avais disposé pour Babylone M. Féret ; mais Monseigneur de Paris le voulant avoir pour Saint-Nicolas-du-Chardonnet (2), m’a fait plainte de ce que je voulais le lui ôter. Je vous ai mandé que, ne sachant à qui m’adresser hors la compagnie, j’avais pensé à M. Gil

1) Nicolas Bagni.

2) Il occupa cette cure du 7 septembre 1646 au 16 janvier 1676.

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les ; ce qui n’a pas été trouvé convenable. J’en ai sondé d’autres parmi ces Messieurs de notre conférence ; mais je n’en ai trouvé ni d’assez résolus ni d’assez propres. Il me reste seulement à voir M. Brandon ; si celui-ci manque (3), je me vois obligé de rentrer dans la compagnie pour en prendre un. Priez Dieu pour cela, s’il vous plaît Quand le choix sera déterminé dedans ou dehors, je vous en donnerai avis. Cependant j’attendrai le mémoire que M. de Montheron vous a promis au sujet de ce voyage.

Je suis….

923. — A JEAN MARTIN

De Paris, ce 8 mars 1617.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Ce n’est que pour bénir Dieu des bénédictions qu’il donne à votre conduite du séminaire et aux bonnes dispositions de votre âme, qui vous font agir avec tant de confiance en Notre-Seigneur, qu’à la voir dans vos lettres elle me remplit de son odeur. Cette vertu, avec celles d’humilité et de douceur, pratiquées vers ces bons ecclésiastiques, feront des effets admirables dans leurs esprits, parce que Dieu même animera du sien vos exemples et vos paroles, et remplira le vôtre de ses lumières et de sa force ; et enfin il vous comblera de ses consolations éternelles. C’est la prière que je lui fais, prosterné devant lui, et que je lui ferai toute ma vie, tant il vous a rendu

3). Brandon n’accepta pas.

Lettre 923. — L. s. — Dossier de Turin, original.

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cher à ma pauvre âme et tant il m’a fait, en son amour Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, prêtre de la Mission, à Gênes.

8 mars 1647.

Trois de vos lettres me sont arrivées en même temps ; je les ai reçues comme de vous, Monsieur, c’est-à-dire avec joie et consolation, et certes avec reconnaissance envers Dieu de ce qu’il vous conserve parmi tant de travaux et qu’il bénit toujours ces mêmes travaux, nonobstant les empêchements que l’esprit malin s’efforce d’y apporter. Vous pouvez penser si de tout cela j’en remercie souvent son infinie bonté et si, en lui offrant les fruits qu’elle opère par vous, je lui présente aussi les désirs et les affections de votre charitable cœur et même tout ce cher cœur, afin qu’elle le détrempe dans les suavités de son amour ; car, me trouvant rempli de tendresse pour votre personne et d’appréhension qu’elle succombe à ses pénibles emplois, je me trouve aussi sans cesse sollicité d’invoquer sur vous le secours divin, encore que mes péchés me fassent craindre l’inefficacité de mes prières.

Lettre 924. — Reg. 2, p. 198.

1) Le manuscrit d’Avignon donne comme destinataire de celte lettre "M. N., supérieur, à Richelieu" ; mais il est clair que cette désignation provient d’une distraction du copiste, car le registre 2, que suit d’ordinaire le manuscrit d’Avignon, la dit adressée à Etienne Blatiron, supérieur, à Gênes, et plusieurs passages seraient inexplicables, si le destinataire était le supérieur de Richelieu.

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925. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

Ce 10 mars [1647] (1)

Monsieur,

L’embarras auquel vous êtes pour le grand monde qui est chez vous m’empêche de vous envoyer la lettre de Monsieur des Jonchères, en ayant aussi quelques autres à communiquer à votre charité pour en avoir son avis.

Je ne pense pas que ce que mon fils a dit ait été trouvé mauvais n’étant pas, à mon avis, sorti des termes du respect qu’il doit ; mais je crois être tout à fait impossible que l’affaire se fasse sans que votre charité donne son consentement, et je prévois bien que le retardement sera très préjudiciable à mon fils pour plusieurs raisons que je ne puis pas écrire. II faut se résoudre à tous les. événements que j’en appréhende, quoique très fâcheux.

Ce que je vous mandais qui m’avait été dit était pour faire empêcher que l’on ne continuât des invectives et médisances contre les mœurs de ceux de qui la doctrine est soupçonnée, et que l’on avait remarqué que ceux de ce parti avaient protesté en chaire n’y entrer qu’avec esprit d’union et de charité, et ne parlaient aussi qu’en ces termes.

Madame la comtesse de Maure m’a mandé que je prisse soin d’un livre qu’elle vous a envoyé, qui est l’Apologie de Jansénius (2), pour le lui renvoyer. Elle vous envoie aussi celui-ci pour le voir comme elle vous a promis.

Si je pensais vous pouvoir demain parler à quelque heure je vous supplierais très humblement me la donner, pour quelque besoin de notre compagnie, outre celui de Nantes qui est assez grand.

Notre sœur Madeleine (3) est beaucoup mieux, Dieu merci et tout va assez bien à Angers.

Je cause bien des désordres partout. Je crains que votre charité oublie mes besoins, qui me font souhaiter plus que jamais que votre charité croie que je suis, par la volonté de Dieu, Monsieur, votre très obéissante et très obligée fille.

L. DE M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

Lettre 925. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original

1) Date ajoutée au dos de l’original par ie frère Ducournau.

2). Ouvrage publié par Arnauld en 1644.

3) Madeleine Monget, supérieure des sœurs d’Angers

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