Correspondance (page 54)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

2. Epître aux Hébreux VI, 4-6.

3. François Brisjonc n'alla pas à La Rose ; il quitta la Compagnie en ce même mois de juillet. René Alméras le reçut de nouveau le 17 mai 1664.

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leur adresser. Je ne laisserai pas, par le premier courrier, de leur en donner avis et de les prier de les recevoir.

Vous me mandez, à leur sujet, que la vertu de Messieurs Lebas et Dolivet est un peu à charge aux autres, et je le crois ; mais c'est à ceux qui ont moins de régularité, de ponctualité, de ferveur et de sollicitude pour leur propre avancement et celui de leurs frères. Oui, Monsieur, leur zèle et leur exactitude font de la peine à ceux qui n'en ont pas, parce que leur vigilance condamne leur lâcheté. J'avoue que la vertu a deux vices à ses côtés, le défaut et l'excès ; mais l'excès est louable en comparaison du défaut et doit être plus supporté. Job se plaignait à Dieu de la rigueur de ses châtiments. Ses amis, qui avaient été témoins de sa justice, trouvèrent que ses plaintes n'étaient pas convenables à un homme juste ; il leur sembla qu'il y avait de l'excès, et l'en reprirent. Mais Dieu s'en mit en colère ; il fallut que pour l'apaiser ce saint lui offrît des sacrifices pour eux. Sa vertu était si grande et si agréable à Dieu qu'il avait raison de dire ce qu'il disait, et néanmoins ses gens l'en blâmèrent. Et pourquoi ? C'est qu'ils étaient comme ceux qui ont les yeux chassieux ou malades, qui ne peuvent regarder les rayons du soleil sans en être offusqués. De même, ces deux bons missionnaires, portant leur vertu à un degré où les autres ne peuvent atteindre, ceux-ci s'imaginent qu'il y a de l'excès, et devant Dieu il n'y en a pas. Ils trouvent à redire à leur manière d'agir, parce qu'il n'ont pas le courage de les imiter. Dieu nous fasse à tous la grâce de trouver tout bon en Notre-Seigneur de ce qui n'est pas mauvais !

Je vous remercie, Monsieur, de ce que vous êtes venu à Montpellier à la place de M. Get et des choses que vous m'en écrivez, dont je suis consolé, et suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

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2909. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME

De Paris, ce 18 juillet 1659

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 23 juin. Je rends grâces à Dieu de ce que les conditions de notre vœu de pauvreté sont enfin approuvées par vos soins, votre vigilance et la grâce qui vous accompagne (1) Je prie N.-S. qu'il en tire sa gloire et qu'il vous continue et augmente ses bénédictions.

Si la faculté de faire recevoir les ordres ad titulum mensae communis nous est refusée, nous n'en serons pas fort en peine. Il faut vouloir ce que Dieu veut, et rien davantage. Mais, si on nous l'accorde, il est à désirer, Monsieur, que ce soit par un bref séparé, et non conjointement avec les conditions de notre vœu de pauvreté. Notre premier bref des vœux contient deux choses que nous voudrions bien avoir été séparées, pour quelques raisons importantes.

Je suis tout convaincu du besoin que votre maison a d'avoir des ouvriers en grand nombre et qui soient bons ; et si vous ne pouvez en envoyer un à Gênes, à la place de M. Lejuge, il faudra le remplacer d'ailleurs. Nous avons 15 ou 16 écoliers. Quand ils seront au bout de leurs études (2) nous en choisirons quelques-uns des meilleurs pour vous les envoyer, afin de fortifier votre famille.

Tant mieux de ce que l'affaire de Corse tirera de longue.

Lettre 2909. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Le bref pontifical porte la date du 12 août 1659.

2. Première rédaction : dont plusieurs sont au bout de leurs études. La correction est de la main du saint.

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Il y a sujet de louer Dieu du zèle qu'il vous donne pour le salut des peuples de la campagne, et de ce que vos prêtres sont toujours prêts d'y aller et d'y travailler, nonobstant leurs travaux passés, qui ont été (3) longs, et les chaleurs présentes, qui sont à craindre. J'en suis fort consolé, et je prie N.-S. qu'il vous continue la même ardeur, et à eux la même fidélité. Je vous avoue néanmoins, Monsieur, que j'aurais été encore plus aise qu'ils fussent venus à Rome se reposer, plutôt que d'aller au pays de Leonessa (4) où ils sont, tant parce qu'ils peuvent succomber, après avoir tant travaillé, que parce que nous sommes plus obligés à la règle qu'aux œuvres de surérogation. Or, vous savez que nos missions cessent pendant ces trois mois de juillet, août et septembre, qui sont destinés pour nous-mêmes, afin de prendre haleine et reprendre un peu de vigueur. J'espère néanmoins que Dieu sera la force et la vertu de ces bons missionnaires, qu'il bénira leur mission présente et de plus en plus votre bonne conduite.

Je vous remercie des extra tempora que vous nous avez envoyés. Nous tâcherons en cette occasion de nous mettre en possession du privilège de donner dimissoire.

Madame la duchesse d'Aiguillon est fort consolée de savoir que sa messe se dira désormais à Lorette, mais fort surprise du procédé de la personne qui a levé les 1.600 écus (5)

C'est avec une grandissime joie que j'ai appris la grâce que notre Saint-Père a accordée en faveur de la canonisation du grand serviteur de Dieu Mgr de Ge-

3. Première rédaction : qui sont. La correction est de la main du saint.

5. L'abbé Tinti.

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nève (6), qui nous fait espérer celle de le voir bientôt déclaré saint.

Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Au bas de la première page : M. Jolly.

2910. - A GASPARD STELLE, PRêTRE DE LA MISSION,

A GêNES

De Paris, ce 18 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu consolation de la lettre que vous m'avez écrite et de la demande que vous m'avez faite, parce qu'elles partent d'un cœur qui est bien à Dieu, et qui veut que rien ne manque aux services que vous lui rendez. Dieu soit loué, Monsieur, du désir qu'il vous donne d'être un missionnaire accompli et de joindre en vous la science avec la vertu ! Vous avez, grâces à Dieu, travaillé à l'une et à l'autre, et vous êtes en voie de continuer. Vous avez déjà assez pour commencer les fonctions où Dieu vous a appelé ; cela nous a paru ici pendant que vous y avez été, et cela paraît encore à ceux qui vous voient de delà. Le désir d'apprendre est bon, pourvu qu'il soit modéré. La vertu a toujours deux vices à ses côtés, et cette affection de savoir peut être vicieuse

6. Treize années manquaient encore pour compléter les cinquante ans requis par l'Eglise entre la mort d'un serviteur de Dieu et sa béatification. Le Pape avait accordé, le 21 juin, dispense de cette règle.

Lettre 2910. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute de la main du secrétaire.

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ou par le défaut ou par l'excès. La vôtre, grâces à Dieu, ne l'est pas en la première façon ; et afin qu'elle ne le soit pas en la seconde, souvenez-vous de l'avis de saint Paul, qui nous recommande d'être sobres en la science. La médiocrité suffit, et celle que l'on veut avoir au delà est plutôt à craindre qu'à souhaiter par les ouvriers de l'Evangile, parce qu'elle est dangereuse : elle enfle, elle porte à paraître, à s'en faire accroire et enfin à éviter les actions humbles, simples et familières, qui pourtant sont les plus utiles. C'est pourquoi Notre-Seigneur prit des disciples qui n'étaient pas capables d'en faire d'autres.

Assurez-vous, Monsieur, que l'expérience vous apprendra bientôt ce qui vous manque. Si vous n'êtes pas assez instruit pour le présent sur les matières plus difficiles et nécessaires, comme de l'usure, du mariage, etc., on s'en entretient en mission, dans les conversations, où l'on rapporte les opinions communes sur les questions proposées, et dans les intervalles des missions on en fait des conférences, où l'on développe toutes les obscurités. J'écrirai à M. Pesnelle qu'il établisse cet usage de delà, afin que vous puissiez vous former tout à fait par ce moyen-là, et ainsi marcher sûrement au service des âmes.

O Monsieur, que nous sommes obligés à Dieu de nous avoir envoyés, comme il a envoyé son Fils éternel, pour leur salut ! Espérons que, si nous y travaillons dans l'esprit de Notre-Seigneur, il nous donnera les lumières et les grâces qu'il faut pour y réussir. Si vous ne voulez savoir que Jésus-Christ crucifié, si vous ne voulez vivre que de sa vie, ne doutez pas, Monsieur, qu'il ne soit lui-même votre science et votre opération. Continuez de vous abandonner à lui et de vous confier en sa vertu et sa suffisance ; elle vous fera voir qu'il n'y

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a rien au monde de si grand et si désirable que la justification des pécheurs, rien de si saint que d'y être employé, ni rien de si propre pour y faire un heureux progrès, que la manière que Dieu a inspirée à la compagnie, qui a tant de rapport à celle que N.-S. a prise pour illuminer le monde et le gagner à Dieu. Comme donc vous aimez la fin de notre petit Institut, vous en aimez aussi les moyens, qui sont marqués dans nos règles. Et quand vous dites que vous avez quelque dégoût pour nos fonctions, ce n'est qu'un sentiment de la nature, qui craint la confusion qu'elle y pourra trouver si elle ne surpasse ou n'égale les autres en la pratique et le succès. Vous ne devez pas vous arrêter à cela, mais creuser toujours plus avant en l'amour de votre abjection et la tendance aux moindres offices ; car ainsi N.-S. habitera en vous ; il sera comme la vigne, et vous comme le sarment qui porte fruit et qui portera des fruits abondants qui réjouiront le ciel. C'est la prière que je lui fais, qui suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

2911. - A JEAN MARTIN, SUPéRIEUR, A TURIN

De Paris, ce 18 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Quoique je n'aie pas reçu de vos chères lettres, j'ai néanmoins appris que Dieu a singulièrement béni vos travaux en vos dernières missions et que par sa puissante grâce vous avez fait des accommodements en

Lettre 2911. - L. s. - Dossier de Turin, original. Le post-scriptum est de la main du secrétaire.

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grand nombre, et de fort difficiles et considérables. Son saint nom en soit à jamais béni et glorifié, et fasse la grâce à ce peuple que vous avez mis dans le bon chemin, d'y marcher droit par la pratique des bonnes œuvres qui conduisent au ciel, où vous aurez une ample récompense pour toutes celles que vous faites, qui vous mettent en état qu'une infinité d'âmes vous reconnaissent un jour devant Dieu pour leur second rédempteur ! Mais aussi se vérifie-t-il en vous, Monsieur, ce proverbe, qu'on n'a rien sans peine, puisque vous en prenez tant pour réconcilier les hommes à Dieu et entre eux-mêmes. Voire je crains que vous preniez trop sur vous, et que vos fatigues aillent à l'excès ; car on me mande que vous vous êtes trouvé en de grandes faiblesses et abattements. Au nom de Dieu, Monsieur, reposez-vous bien dans cet intervalle et modérez à l'avenir vos travaux. vous exercerez plus de charité en vous conservant pour servir longuement le prochain, qu'en vous consumant bientôt pour le salut de quelques-uns.

C'est tout ce que j'ai à vous dire pour cette heure. Nous nous portons, grâces à Dieu, assez bien de deçà, et toutes choses y vont leur train ordinaire, comme elles font ailleurs en toutes nos maisons.

Mais, à propos de maisons, il faut que je vous dise encore ce mot, que j'ai déjà écrit à quelques autres supérieurs : que c'est l'usage en toutes les communautés, particulièrement en la nôtre, que chaque sujet a la liberté d'écrire au général sans montrer ses lettres à son supérieur particulier, pour beaucoup de raisons, surtout afin qu'il puisse décharger son cœur et trouver quelque soulagement dans les peines intérieures où plusieurs se trouvent. Je ne doute pas que vous ne soyez bien aise que tous ceux de votre famille usent franchement de cette liberté.

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Je les embrasse tous et je suis de tout mon cœur, en. l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Il sera bon, Monsieur, que vous fassiez savoir à toute la compagnie cette pratique.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin.

2912. - A AUBIN GAUTIER, FRèRE DE LA MISSION,

A TURIN

De Paris, ce 18 juillet 1659.

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je vous remercie des bonnes nouvelles que vous m'avez données en me racontant les fruits des missions qui se sont faites de delà. Il paraît que le doigt de Dieu s'y est trouvé, et je veux croire que vos prières, travaux et bons exemples y ont contribué. Dieu vous fasse la grâce, mon cher Frère, de continuer de bien édifier le dedans et le dehors de la famille, en vous tenant toujours bas et toujours uni à N.-S. ! Vous m'avez fait plaisir de me mander les autres choses qui se sont passées, dont je ferai usage, Dieu aidant. Continuez, je vous prie, vos soins et vos services charitables au bon Monsieur Martin dans les missions et ailleurs où il en aura plus de besoin, et ne laissez pas de lui faire des bouillons de chapons pour le nourrir et le soutenir en ses accablements, quand l'assistant le juge à propos, nonobstant que d'autres y trouvent à redire. Vous savez que la conser-

Lettre 2912. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.

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vation de ce bon serviteur de Dieu est importante pour le service des âmes et très chère à la compagnie.

Ne faites nulle difficulté de porter à la poste les lettres qui seront pour. moi, quoique le supérieur ne les ait pas vues ; il sait bien qu'il est loisible à chacun des missionnaires de décharger son cœur dans celui du supérieur général.

Je me recommande à vos prières et à celles de nos frères qui sont avec vous, que je salue cordialement.

Je suis, en N.-S., mon cher Frère, votre très affectionné frère et serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l M.

2913. - A JEAN-JACQUES PLANCHAMP

De Paris, ce 18 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je puis vous assurer que j'ai autant reçu de consolation de votre lettre que j'en ai senti il y a longtemps. Béni soit Dieu, Monsieur, de la fidélité qu'il vous donne pour votre vocation, et des humbles sentiments que vous avez de vous-même ! C'est le moyen d'attirer en vous grâce sur grâce, puisque Dieu la donne aux humbles et aux humbles détachés de la chair et du sang. Les inquiétudes que vous avez à cause des parents sont des marques que vous en avez le cœur éloigné et que vous n'aurez pas difficulté à leur dire pour une bonne fois que vous vous êtes donné à Dieu pour n'avoir plus de commerce au monde. Si vous le faites, Monsieur, il y a

Lettre 2913. - L. s. - Dossier de la Turin, original.

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sujet d'espérer qu'ils vous laisseront servir Dieu en paix, ou que Dieu vous fera la grâce qu'il a faite à quelque personne de la compagnie, qui n'a voulu se mêler des affaires de ses proches, quoiqu'il en ait été souvent importuné.

Je ne laisserai pas de penser à la proposition que vous me faites, et j'entrevois déjà une occasion de vous tirer du lieu où vous êtes, pour vous donner moyen de rendre de bons services à Dieu. Mais il nous faut voir plus clair dans ses desseins et le prier qu'il vous fasse connaître sa sainte volonté. Cependant, Monsieur, tenez-vous toujours indifférent aux lieux et aux emplois. Il faut cela pour être un instrument propre entre les mains de Dieu, comme vous l'êtes, par sa bonté infinie, à laquelle je vous prie de recommander mon âme, qui chérit tendrement la vôtre.

C'est aussi en l'amour de N.-S. que je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Planchamp, prêtre de la Mission, à Turin.

2914. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION,

A SAINT-QUENTIN

De Paris, ce 19 juillet 1659.

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu la vôtre du 14 ; je l'ai fait voir aux dames, qui ont été consolées des choses que vous mandez et du

Lettre 2914. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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bon ordre que vous mettez à la dévotion de N.-D. de Fieulaine (1) Il y a sujet de louer Dieu de vous avoir appliqué à ce bon œuvre après tant d'autres. Plaise à sa divine bonté de vous donner part de plus en plus à son esprit, afin qu'il soit toujours glorifié de vos travaux et de votre conduite ! Je l'en prie de tout mon cœur, qui suis, en son amour, mon cher Frère, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL

i. p. d. l. M.

Mandez-moi si vous connaissez le garçon qui m'a remis l'incluse, et si vous le jugez propre pour nous et bien intentionné.

Au bas de la page : Le frère Jean.

2915. - A ANNE-MARGUERITE GUéRIN, SUPéRIEURE

DU SECOND MONASTèRE DE LA VISITATION, A PARIS

De Saint-Lazare, ce 20 juillet 1659.

Ma chère Sœur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

La lettre que vous m'avez écrite m'a fait prendre part, je dis très sensiblement, à la peine que vous souffrez, et le désir que j'ai que vous en soyez délivrée fait que je prie Notre-Seigneur qu'il ait agréable d'achever bientôt l'affaire dont vous me parlez, en vous découvrant ce bénit endroit où il veut être honoré par votre saint Institut (1). Je n'en approuve pas le retardement,

1. Voir lettre 2872, note 2.

Lettre 2915. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute de la main du secrétaire.

1. Il était question de fonder à Paris un troisième monastère de la Visitation.

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non plus que vous, ma chère Sœur, mais je suis toujours dans le même sentiment touchant la grande maison de la rue Montorgueil. Je ne puis me persuader qu'on doive l'acheter (2), ni en tout, ni en partie : en tout, parce qu'étant d'un prix fort haut, elle serait capable de ruiner la maison où vous êtes ; ni en partie, parce que la seule moitié consommerait tout votre fonds ; ce qui n'est pas expédient ; car il faut qu'il en reste quelque chose pour aider les sœurs de la fondation à se soutenir. Vous me dites qu'il faut peu pour nourrir huit filles. Je pense, ma chère Sœur, qu'à Paris, tout bien compté, il ne faut pas moins de trois mille livres ; où les prendriez-vous?

Vous ajoutez que vous êtes obligée par le contrat d'employer à l'acquisition d'une maison ou place le legs et le don de feu M. et Madame d'Amfreville (3). Mais je réponds qu'il n'y est pas dit que tout sera employé pour le logement seul, mais qu'il faut entendre que cet emploi se fera tout au profit de la fondation. Et c'est l'ordinaire que ceux qui prêtent ou donnent pour faire quelque acquisition veulent qu'il paraisse qu'en effet leur argent a été appliqué à cela. Or, l'intention de ces défunts étant de fonder un monastère de votre Ordre, ils n'ont pas prétendu vous donner un grand logis, et vous laisser dans l'impuissance de l'habiter et de le remplir, comme il arriverait si vous n'aviez pas de quoi vivre.

Vous dites encore qu'il y a des prétendantes qui apporteront leur entretien. Je réponds qu'il faudrait manger leurs dots (4) avant même qu'ils fussent acquis à la communauté.

2. Première rédaction : je ne puis consentir qu'on l'achète.

3. Le legs de M. d'Amfreville, de son vivant second président à mortier au parlement de Rouen, accru par les libéralités de sa femme, formait un fonds de 52 000 livres ; l'achat de la maison située rue Montorgueil en coûta 41 000.

4. Au XVII° siècle, le mot dot s'employait au masculin.

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Quant à la dame qui se veut rendre bienfaitrice, à la bonne heure ; cela viendra en son temps.

J'avoue qu'on peut attendre quelque chose de la Providence ; mais il ne faut pas tenter Dieu, qui, vous ayant donné honnêtement de quoi commencer et soutenir un établissement en observant la règle de la pauvreté religieuse, ne veut pas qu'on fasse une dépense superflue pour se commettre ensuite à sa Providence.

Je ne puis que je ne vous dise ici, ma chère Sœur, que nous voyons à Paris quantité de communautés ruinées, non par faute de la confiance en Dieu, mais pour avoir fait des bâtiments magnifiques, qui non seulement les ont épuisées, mais obligées de s'engager ; et comme l'esprit religieux se doit rapporter à Notre-Seigneur, qui a voulu exercer une extrême pauvreté sur la terre, jusqu'à n'avoir pas une pierre où il pût reposer sa tête, aussi tant plus les personnes religieuses s'en éloignent, tant plus ont-elles de la peine de se maintenir, parce que Dieu n'a pas agréable les beaux édifices, si peu proportionnés à leur profession. Néanmoins ceux qui en ont de tels ne sont pas à blâmer s'ils ont eu de quoi les faire et de quoi subsister, et je ne voudrais vous empêcher d'en faire de même si vos forces présentes le pouvaient permettre. Mais vous pourriez succomber sous le faix d'une maison si chère, et qui sera de grand coût, parce qu'elle est vieille, où il y aura sans cesse à refaire, ainsi que nous l'expérimentons à Saint-Lazare, qui est aussi vieil, où il nous faut presque toujours des maçons, qui nous coûtent plus que ne monteraient les intérêts de l'argent qu'il faudrait pour le bâtir tout à neuf. Quel regret auriez-vous, ma chère Sœur, si, pour avoir fait cette entreprise, votre fondation venait un jour à défaillir, ou votre monastère à s'incommoder, pour n'avoir pas pratiqué en ce jour la sainte pauvreté que vous avez

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vouée, comme, grâces à Dieu, vous l'observez en toute autre chose?

Il vous semble, dites-vous, que vous entendez continuellement les reproches intérieurs que vous fait feu Madame d'Amfreville de ce que ses dernières volontés ne sont pas exécutées. Ce n'est pas elle, ma chère Sœur, qui vous parle ainsi, car elle est en lieu où elle ne veut que ce que Dieu veut, et Dieu ne veut que ce que vous pouvez. Il veut que vous vous contentiez pour le présent d'un logement raisonnable, dont le prix soit médiocre, parce que vous avez de quoi le payer, de quoi l'ajuster et de quoi subvenir aux autres besoins nécessaires. Et il ne veut pas que vous alliez au delà, parce que vous n'en avez pas le moyen et que la pauvreté que vous avez embrassée ne le peut souffrir. Il faut donc choisir un lieu propre à votre dessein et revenant à votre force et à votre condition. Est-il possible qu'il ne s'en soit trouvé un jusqu'à présent, ou qu'il ne se puisse trouver dans une ville si vaste, où il y a tant de sortes de logis? Je ne puis m'imaginer, ma chère Sœur, qu'il ne s'en trouve, si vous le faites chercher (4). C'est ce qu'il faut faire et c'est de quoi je vous prie très humblement, pour accomplir ce bon œuvre que Dieu a commis à vos soins, et qu'il bénira, comme j'espère, par votre bonne conduite, ainsi qu'il a béni tous les autres qui ont passé par vos mains, par la grâce qu'il a mise en vous, qui fait que j'ai une estime toute singulière et une tendresse bien sensible pour votre chère âme ; et c'est dans ce sentiment que je suis, en N.-S....

4. Les conseils du saint ne furent pas suivis, peut-être parce que de nouveaux dons vinrent faciliter l'achat de la maison sur laquelle la sœur Anne-Marguerite Guérin avait jeté les yeux. Les sœurs de la Visitation en prirent possession le 25 juillet 1660.

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2916. - A LOUIS RIVET, SUPéRIEUR, A SAINTES

De Paris, ce 21 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 13. Le neveu de M. Lestradie s'est retiré de Saint-Charles sans dire adieu ; ce fut vendredi qu'il sortit pour ses affaires qu'il disait avoir à la ville, et n'est pas revenu. Je ne l'ai su qu'aujourd'hui, lorsque, voulant savoir de M. votre frère s'ils pourraient le retenir pensionnaire pour 350 livres et l'entretenir de tout, il m'a dit qu'il s'en était allé, et que non seulement ils ne voudraient le garder pour cette somme, mais pour beaucoup davantage, parce que ce n'est pas là leur fait, non plus que le nôtre.

Nous ferons partir dans deux ou 3 jours un visiteur pour Richelieu, qui vous ira voir à Saintes, qui verra M. Fleury et qui le recevra aux vœux, s'il persévère à les vouloir faire.

Comme M. l'archevêque grec qui a passé à Saintes n'y est plus, aussi serait-il inutile de vous rien dire à son sujet.

Je pense que vous avez su que j'ai été incommodé d'un œil assez longtemps ; maintenant j'en suis presque guéri, grâces à Dieu, à qui je recommande votre santé et celle de votre famille, pour les services que vous et elle lui rendez, et pource aussi que je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Lettre 2916. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.

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2917. - LA DUCHESSE D’AIGUILLON A SAINT VINCENT

[Juillet 1659]

Voici la lettre que vous avez désirée de M l'évêque de Poitiers (2) pour M. l'évêque de Cahors (3) et celle qu'écrit M l'abbé de Roquépine (4) qui est celui à qui je me suis adressée pour l'obtenir.

Il faudrait que M. de Cahors partit promptement, car le synode est déjà commencé (5).

Ayez la bonté de me mander si le frère Jean Parre est arrivé, afin que nous allions mercredi à l’assemblée s'il y est

Madame la marquise du Vigean a été fort mal. C'est pourquoi elle ne vous a rien mandé sur votre affaire. Je la recommande à vos saints sacrifices et vous supplie de n'y oublier pas aussi cette misérable pécheresse.

Suscription : A Monsieur Vincent, général des prêtres de la Mission .

2918. - A EDME MENESTRIER, SUPéRIEUR, A AGEN

De Paris, ce 23 juillet 1659.

Monsieur

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 11. Je suis trop embarrassé pour le présent pour vous y pouvoir répondre. Je ne vous écris que pour vous prier de faire tenir l'incluse à M. Chrétien et pour me recommander à vos prières et

Lettre 2917. - L. a. - Dossier de Turin, original.

3. Alain de Solminihac.

4. Charles du Bouzet, sieur de Roquépine, aumônier ordinaire d'Anne d'Autriche de 1648 à 1658.

5. Dans sa conférence du 5 août 1659 aux missionnaires, saint Vincent parle de ce synode et des moyens qu'employa l'évêque de Cahors pour combattre la propagande des huguenots ; à la manière dont il s'exprime, on est porté à croire que la mission continuait encore à cette date.

Lettre 2918. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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à celles de M. Admirault et de nos frères, que j'embrasse, prosterné en esprit à vos pieds, et qui suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

i. p. d. l. M.

Au bas de la page : M. Edme.

2919. - A JEAN MONVOISIN, PRêTRE DE LA MISSION,

A MONTMIRAIL

De Paris, ce 24 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Nous sommes bien affligés de la faiblesse d'esprit du pauvre frère Pinson et de sa sortie. Mon Dieu ! Monsieur, où sera-t-il allé? Il ne s'est pas présenté ici, et, s'il y vient, nous le recevrons avec joie.

Je vous prie de me mander en quels lieux vous allez faire mission, où est-ce que vous avez eu l'honneur de voir Mgr de Soissons (1), qui était avec vous, et ce qui s'est passé en cette entrevue.

Je serai consolé de savoir à l'avenir en quelles paroisses vous travaillerez et comment auront réussi vos missions, comme aussi ce qui arrivera de considérable en votre maison, tant au spirituel qu'au temporel.

Vous savez que l'usage de la compagnie est de ne rien changer dans les familles, ni résoudre aucune chose d'importance, sans l'avis du général ou du visiteur.

A propos du visiteur, j'ai prié M. Berthe, qui est à Sedan, sur le point d'en partir, de vous voir en passant.

Je vous prie de dire à M. Cornuel que, depuis la der-

Lettre 2919. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Jean de Maupeou.

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nière lettre que je lui ai écrite, il n'est rien arrivé en l'affaire de Bétharram. J'attends réponse de Mgr de Lescar (2) sur l'éclaircissement que nous lui avons demandé (3).

Je vous embrasse tous, prosterné en esprit à vos pieds.

Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

2920. - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES

De Paris, ce 25 juillet 1659

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai été fort aise de voir le détail de l'état de votre famille ; je vous en remercie très affectionnément. Vous me l'avez fait d'une si bonne manière qu'il me semble voir les choses comme elles sont. Il y a sujet d'espérer qu'elles iront de bien en mieux par votre sage conduite, qui parait humble, charitable, simple et judicieuse Dieu se trouve toujours dans l'usage de ces vertus, particulièrement des deux premières ; et à proportion que vous tâcherez de les mettre en œuvre, ne doutez pas, Monsieur, que Dieu n'opère en vous et par vous, et que tout ne réussisse à bien.

L'état du corps et de l'esprit de M Caron ne requiert pas seulement qu'on diffère à le recevoir aux vœux, mais il n'est pas expédient qu'il les fasse, ni par conséquent qu'il demeure davantage en la compagnie. Vous pour-

2. Jean du Hault de Sallies.

3. La lettre à l'évêque de Lescar ne parvint pas à son adresse ; le saint ne le sut qu'un an après. (cf. lettre 3191).

Lettre 2920. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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rez donc le prier de se retirer quand il lui plaira, et lui en dire la raison, qui est la crainte qu'il soit pulmonique et hors d'état de s'assujettir à une vie réglée et d'être employé à nos fonctions. Vous lui donnerez quelqu'argent, s'il vous plaît, pour se pourvoir.

Quant au jeune homme de Chiavari qui se plaint de la tête et de l'estomac, il faut lui faire cesser les applications de l'esprit, même de l'oraison ; ou, s'il en fait, que ce soit passivement, recevant ce que Dieu lui donnera, sans qu'il cherche des pensées pour s'exciter aux affections. Il pourra faire quelque acte de foi et quelque préparation simple au commencement, et puis se tenir là, parce que Dieu le veut, comme incapable de méditer et indigne de converser avec sa divine Majesté, sans autre soin que d'éviter de bander sa tête. Il lui pourra arriver beaucoup de distractions, mais n'importe, il ne les ira pas chercher, et, Dieu aidant, il ne s'entretiendra en aucune volontairement. Si le mal était grand, il le faudrait même dispenser de l'oraison quelque temps. Et ce que je dis de lui, je le dis des autres qui pourront tomber dans la même incommodité ; à quoi le directeur du séminaire doit prendre garde, recommandant souvent aux séminaristes et leur enseignant de se rendre intérieurs sans contention d'esprit, de jeter en Dieu de simples regards, sans se concilier sa présence par des efforts sensibles, de s'abandonner à lui sans raisonnement et de s'affectionner aux vertus sans les vouloir pénétrer par la connaissance ou l'imagination.

Le frère Minvielle (1) pourra être admis à faire les vœux à la fin de ses deux années. On ne peut empêcher qu'il n'ait des passions ; mais Dieu lui fera la grâce,

1. Jean Minvielle, né à Peyre (Basses-Pyrénées), entré dans la congrégation de la Mission à Paris le 13 octobre 1657 à l'âge de vingt-sept ans, reçu aux vœux à Gênes le 13 octobre 1659.

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s'il lui plaît, de n'agir pas selon leurs mouvements, par l'attention qu'il fera aux vertus contraires.

C'est en la présence du supérieur que l'on doit faire et renouveler les vœux, ou de celui qu'il députera, et non pas du directeur du séminaire, en tant que directeur. Que si cela a été fait quelquefois en présence du directeur du séminaire de Saint-Lazare, c'est parce que je n'ai pu assister à cette sainte action, ni celui qui me représente ; et, à cause de cela, j'ai prié quelqu'autre de s'y trouver à ma place.

Il est vrai qu'il serait fort bon que le supérieur demeurât toujours à la maison, et vous avez raison de dire que ceux qui en ont le soin en son absence ont peine, à son retour, de se soumettre et de quitter l'habitude qu'ils ont prise de conduire et d'ordonner ; mais aussi, quand le supérieur ne va pas en mission, il en arrive d'autres inconvénients plus considérables et plus à craindre.

Je vous envoie la lettre que M. votre frère m'a écrite en suite de la vôtre, qu'il a reçue. Je lui ai fait réponse que, puisque vous avez tant attendu, vous attendrez encore le temps qu'il demande ; et après lui avoir touché quelque raison pour laquelle vous vous sentez obligé d'entrer en partage, je l'ai assuré que vous avez toujours été dans cette résolution, comme il est vrai que vous me l'avez ainsi écrit de temps en temps. Nous verrons, lorsque M. votre frère qui est en voyage sera de retour, en quelle disposition ils seront. La mienne est d'être dans le temps et dans l'éternité, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Au bas de la première page : A M. Pesnelle.

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2921. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME

De Paris, ce 25 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N- S. soit avec vous pour jamais !

Je ne puis que je ne rende grâces à Dieu de cœur, de bouche et par écrit de ce qu'il a plu à notre Saint-Père le Pape d'approuver les conditions de notre pauvreté et d'accorder pour dix ans à la compagnie la faculté de donner titre à ses sujets qui auront été chassés de leur pays pour la religion, et ce sur la mense commune. Ce sont de nouveaux bienfaits de Dieu, dus à la grâce qu'il a mise en vous, par qui il plaît à sa divine bonté d'en départir plusieurs à la compagnie fort considérables. Je vous remercie très humblement, Monsieur, de ces derniers et des peines que vous y avez prises, et quoique ce privilège soit ainsi limité et restreint, vous avez néanmoins obtenu beaucoup pour un commencement.

J'écris à M Delaforcade qu'il vous envoie les livres de M . Abelly par la poste (1), si déjà il ne les a envoyés par autre voie.

Je vous demande encore huit jours pour vous dire ma pensée sur l'approbation des règles de la confrérie de la Charité, que M. Martin vous a prié de demander. Je désire y penser. Cependant je vous dirai que, comme cette confrérie se répand beaucoup parmi le monde, il semble que Dieu y donnerait encore plus de bénédiction si le règlement en était approuvé par Sa Sainteté.

Je vous prie de nous envoyer un extra tempora pour Nicolaus Arthur, diœcesis Corkagiensis, in Hibernia.

Lettre 2921. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Voit lettre 2900.

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Dieu vous conserve, Monsieur, et vous bénisse abondamment pour le bien de la petite congrégation et la consolation particulière, Monsieur, de votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Au bas de la première page : M. Jolly.

2922. - A LOUIS FOUQUET, éVêQUE D'AGDE (1)

De Paris, ce 26 juillet 1659.

Monseigneur,

Je prenais soin de trouver les ecclésiastiques que vous m'avez commandé de vous envoyer à Vézelay (2) lorsque Madame la présidente Fouquet, votre mère, m'a fait l'honneur de me dire que vous, Monseigneur, en avez trouvé de bons en ce pays-là et que c'était assez de vous envoyer un missionnaire pour les exercer à vos desseins. J'ai dit à madite dame que nous sommes tous à votre service, Monseigneur, prêts à vous obéir partout et à toute heure, mais que je me donnerai la confiance de vous représenter, comme je fais, avec toute la soumission que je le puis, que nous avons pour règle de cesser nos fonctions de la campagne depuis juillet jusqu'en octobre, tant à cause que le pauvre peuple est occupé à la moisson et ensuite à la vendange, que parce que nos ouvriers, qui ont travaillé tout le reste de l'année au salut des âmes, ont besoin de ce temps-là pour délasser

Lettre 2922. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Frère de Nicolas Fouquet, procureur général, et de François Fouquet, archevêque de Narbonne.

2. Dans l'arrondissement d'Avallon (Yonne). Louis Fouquet était abbé de Vézelay.

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leurs corps et leurs esprits fatigués, afin de retourner en mission avec de nouvelles forces depuis la Toussaint jusqu'à la saint Jean ou environ. Si vous avez agréable, Monseigneur, de différer vos missions jusqu'en octobre, nous vous enverrons pour lors le prêtre que vous désirez. Que si vous voulez absolument qu'il se rende au plus tôt auprès de vous, Monseigneur, j'écris à M. Tholard, à Troyes, qu'il se tienne prêt à partir dès que je lui manderai, quoiqu'il ne fasse que de revenir du travail. J'attendrai donc l'honneur de vos commandements, Monseigneur, dans une entière disposition de les accomplir, avec l'aide de Dieu, en cela et en toute autre occasion, comme étant, par sa grâce et votre permission, en son amour, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

2923. - AU FRèRE JEAN PARRE

De Paris, ce 26 juillet 1659

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 21 qui me fut rendue jeudi seulement, et par conséquent trop tard pour en faire la lecture à l'assemblée, laquelle ne vous a rien ordonné de nouveau, parce que vous êtes occupé à ce saint œuvre que Dieu établit, où vous empêchez les superstitions et réglez la dévotion du pauvre peuple. Les dames en sont fort contentes, et moi aussi, et je prie N.-S. qu'il vous donne son esprit pour cela. Je vous prie de me mander

Lettre 2923. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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s’il y a des prêtres pour le service de cette chapelle (1), combien il y en a et quels ils sont, et si Mgr de Noyon (2) y en a envoyé un qui soit comme le trésorier et le chef des autres, parce qu'il m'a fait l'honneur de me commander, il y a quelque temps, de lui chercher un bon ecclésiastique propre pour cela ; et s'il n'en avait plus besoin, je ne m'en mettrais pas en peine.

Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très affectionné frère et serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. de la Mission.

Suscription : A notre frère le frère Jean Parre, de la Mission, à Saint-Quentin.

2924. - A MONSIEUR DE FORGES

De Paris, ce 27 juillet 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je me donne l'honneur de vous écrire la présente pour vous donner des nouvelles de Monsieur Dufaur. Je lui avais donné un prêtre pour le diriger en sa retraite, lequel j'ai été obligé de changer, me semblant qu'il entrait un peu trop dans ses sentiments. Je lui en ai donné un autre, qui vient de me dire qu'il l'a laissé résolu de quitter le vice et d'embrasser le bien. Et parce qu'un empêchement à cela est la façon dont il est vêtu, j'ai promis de lui faire faire une soutane et un manteau long, et d'en répondre pour lui.

2. Henri de Baradat (1626-1660).

Lettre 2924. - L. s. - Dossier de la Mission, duplicata de l'original.

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Reste, Monsieur, à savoir où le mettre. Je me suis donné l'honneur de vous dire que de le retenir céans et lui .donner liberté dans la maison, notre règle nous le défend. Nous en avons une autre au collège des Bons-Enfants qui ne nous permet pas d'y recevoir personne qui ne se veuille assujettir aux exercices du séminaire, qui est une chose qu'il ne veut pas faire, disant qu'il est obligé de vaquer au procès pour lequel Monsieur son oncle l'a envoyé ici. Je ne pense pas, Monsieur, qu'il puisse non plus être reçu au séminaire de Saint-Sulpice, ni en aucun autre, avec cette réserve d'aller et de venir pour un affaire temporel, et laisser là les instruction. ; qu'on y donne, nécessaires aux ecclésiastiques ; car cela serait de mauvais exemple aux autres. Il propose de se mettre dans une maison bourgeoise avec des gens de bien.

J'ai voulu vous rendre compte de ceci, Monsieur, afin que vous ayez agréable de prendre les ordres de Monseigneur le prince (1) sur ce sujet. Et en attendant la grâce de votre réponse, je vous renouvelle les offres de mon très humble service avec le respect et l'affection que je le puis, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

prêtre indigne de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur de Forges, écuyer de Madame la princesse de Conti.

1. Le prince de Conti.

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2925. - A EDME MENESTRIER, SUPéRIEUR, A AGEN

De Paris, ce 27 juillet 1659

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Dieu soit loué de ce que M. Admirault se porte mieux de l'incommodité qu'il a sentie, et je prie sa divine bonté qu'elle l'en délivre tout à fait.

Le frère Didolet nous a toujours paru un bon enfant et tel que vous me l'avez dépeint par votre lettre du 11 Il est vrai qu'il n'a pas beaucoup de forces de corps, mais, si peu qu'il en a, il les y faut ménager et prendre garde que les applications de l'esprit n'altèrent pas sa santé et n'échauffent sa tête et sa poitrine. Recommandez-lui de faire ses oraisons doucement et sans effort, faisant plutôt agir la volonté que l'entendement, et s'élevant à Dieu pendant la journée ; que ce soit par de simples vues, sans se vouloir rendre sensible la présence de Dieu.

Dites-lui qu'il écrive à Mademoiselle sa mère [de lui envoyer un] titre valable [qui puisse lui servir ; l']attestation qu'il [a ne peut lui tenir lieu] de titre, parce qu'elle n'exprime pas ni la consistance, ni la valeur de son bien, ni ne porte affectation spéciale d'un fonds certain sur lequel soit assignée la rente de son titre. Si son frère le Jésuite a été reçu aux ordres sacrés sur une pareille attestation, c'est peut-être qu'il était connu de l'évêque, qui les lui a conférés. S'il n'a point d'autre voie assurée pour écrire que celle de Paris, envoyez-moi sa lettre ; je l'enverrai à Chambéry et en ferai retirer réponse. Le visiteur que nous vous enverrons bientôt, Dieu aidant, le recevra aux v[œux.]

Lettre 2925. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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Je prie N.-S. qu'il ait agréable de pourvoir à vos besoins temporels et de vous continuer et augmenter les grâces de l'esprit. Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Edme.

2926. - A MARIN BAUCHER, FRèRE DE LA MISSION,

A SAINTES

De Paris, ce 27 juillet 1659

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai été consolé de votre lettre et affligé de votre affliction ; mais, comme vous savez, Dieu étant la cause de ces accidents qui nous privent de ce que nous avons de plus cher au monde, nous trouvons aussi en lui le remède à nos douleurs, en nous conformant à sa volonté. C'est en elle, mon cher Frère, que vous aurez cherché le soulagement de votre cœur, oppressé de la perte de votre chère mère, et où sans doute vous trouvez une abondante consolation. Je prie Notre-Seigneur qu'il vous tienne lieu de père et de mère, et qu'il donne le repos éternel à cette bonne défunte, laquelle j'ai fait recommander aux prières de cette communauté ; j'en ai fait mettre de plus un billet à la sacristie et chargé le sacristain de faire célébrer plusieurs messes à son intention.

Nous avons fait tenir vos lettres, et je n'ai pu m'empêcher de vous faire celle-ci, pour rendre grâces à Dieu,

Lettre 2920. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.

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comme je fais, de vous avoir rendu la santé et prévenu d'une grâce particulière pour le servir fidèlement en l'observance des règles, la pratique des vertus, et en vous abandonnant à son adorable providence pour tous les lieux et les emplois où elle aura agréable de vous appeler. A quoi je vous vois disposé par votre lettre, et je le savais déjà par la relation qu'on m'a faite de vous.

Continuez, mon cher Frère, à donner à Dieu toutes les affections de votre cœur, les applications de votre esprit et les œuvres de vos mains, et espérez de grandes bénédictions de sa divine bonté. Demandez-lui miséricorde pour moi, qui suis, en son amour, mon cher Frère, votre très affectionné frère et serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

2927. - A JEAN MARTIN

De Paris, ce premier d'août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Il n'y a que quinze jours que je vous ai écrit. J'ai reçu, depuis, votre chère lettre du 12 juillet, qui m'a confirmé les bonnes nouvelles qu'on m'avait données de votre santé et du succès de vos missions ; en quoi j'admire la bonté de Dieu, qui, après des fatigues capables d'abattre les plus forts, vous a ramené au gîte en bonne disposition, et qui a opéré, par les instruments faibles, des fruits qui surpassent la puissance des hommes, tels que sont la conversion des pécheurs obstinés et la réconciliation des ennemis, et des ennemis si acharnés, en si grand

Lettre 2927. - L. s. - Dossier de Turin, original. Le post-scriptum est de la main du saint.

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nombre, et qui avaient des haines mortelles et invétérées. Il paraît bien, Monsieur, que Notre-Seigneur a travaillé avec vous. Son saint nom en soit à jamais béni ! Je ne puis assez l’en remercier ; c'est pourquoi je le prie qu'il soit lui-même sa louange et son remerciement de toutes les grâces qu'il vous a faites, et par vous au pauvre peuple. O Monsieur, combien lui sommes-nous obligés de nous avoir appelés à son service d'une si bonne manière !

Il faut bénir Dieu de l'opposition qu’on a formée à la poursuite de l'affaire de Saint-Antoine. Comme nous ne désirons que les choses faisables, nous devons agréer cet empêchement. S'il ne vient pas de Dieu, sa providence le saura bien ôter. Il nous doit suffire que ceux qui ont entrepris la chose ne se rebuteront pas, s'ils ne la voient invincible du côté de deçà, sachant l'importance du dessein.

Je suis toujours dans des sentiments de vénération et de reconnaissance pour Monseigneur le marquis, votre fondateur (1), qui ne cesse de vous faire et de vous procurer de nouvelles grâces. En quoi il imite Dieu, qui, depuis qu'il a commencé à faire du bien à une créature, continue de lui en faire toujours jusqu'au bout.

Je rends grâces à Dieu, Monsieur, de ce que Mgr le nonce s'intéresse à l'avancement de l'état ecclésiastique en la science et en la vertu, et de l'honneur que sa charité fait à notre petite compagnie d'estimer qu'elle pourra contribuer à ce bien-là. Dieu lui en fasse la grâce, s'il lui plaît !

Il faut bien remercier M. le prieur de Saint-Joire de la bonté qu'il a de nous vouloir établir en son prieuré-cure, et à la place de douze chanoines réguliers qui y sont, de qui il espère obtenir le consentement, moyen-

1. Le marquis de Pianezze.

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nant une pension pour chacun, et s'offre d'obtenir aussi celui de Messieurs de la Sainte-Chapelle de Thonon, qui confèrent ces prébendes, et d'en faire faire l'union à Rome. C'est nous prévenir de beaucoup d'honneur et de grâce, que nous n'avons jamais mérités, dont je prie N.-S. qu'il soit sa récompense, quand même sa proposition ne réussirait pas, comme il est à craindre, ayant à faire à tant de personnes intéressées. La chose pourrait aussi souffrir difficulté de notre part s'il fallait y envoyer d'abord autant de missionnaires qu'il y a de prébendes, ou que le revenu, après les pensions payées, ne fût pas suffisant pour les y entretenir ; car nous serions bien empêchés de fournir un si grand nombre d'ouvriers et ne pourrions pas aider à les y faire subsister. Vous me mandez que le revenu est petit, mais vous ne me dites pas quel il est. Je vous prie de me mander à quoi monte le revenu du prieuré et de chaque prébende, sur quoi il se prend, quelles sont les charges et à quoi on nous voudrait obliger ; car autrement nous ne pourrions pas prendre de résolution sur cet affaire.

Le repos que vous prenez avec toute la famille est d'autant plus agréable à Dieu qu'il est une préparation au travail. Reposez-vous donc bien, je vous en prie, et, au nom de Dieu, ménagez-vous dans les occasions que vous aurez de prodiguer votre santé. Elle est trop utile aux âmes et trop chère à la compagnie pour n'en procurer pas la conservation. Pour moi, je la demande à Dieu, avec l'augmentation de ses grâces sur votre personne, votre conduite et votre famille, laquelle j'embrasse avec vous de toutes les tendresses de mon cœur, et je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

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Le Révérend Père Général de Saint-Antoine m'a envoyé son grand vicaire pour se plaindre du projet de l'union. Je lui ai dit simplement que j'avais ouï parler de cet affaire, que nous ne recherchons jamais aucun établissement, que je l'assurais qu'on en a gardé la pratique jusques à présent, et que les missionnaires de Turin ne se mêleraient point de cet affaire, ni moi ; mais que nous ne pouvions pas aussi [nous] employer vers les puissances souveraines pour les détourner de faire ce qu'elles estiment avantageux pour le bien de leur Etat. Je dis ceci à l'oreille de M. Martin seulement. Il ajouta que le roi de [France (2) ] a fait un traité de paix d'autres fois avec un duc de Savoie, dans lequel il est porté que Son Altesse Royale ne pouvait désunir les bénéfices de son Etat qui dépendent de Saint-Antoine-de-Viennois, dont le roi est protecteur, sans son consentement, et qu'ils espèrent empêcher celle-ci par ce moyen.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin.

2928. - A FIRMIN GET

De Paris, ce premier d’août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite à votre retour de Marseille, par où j'ai appris ce que vous y avez fait. Je suis bien aise que, des deux clefs du coffre, vous en ayez laissé une à M. Le Vacher (1), et l'autre au frère Louis (2), attendant que M. Delespiney y soit arrivé, le-

2. Louis Sicquard.

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quel partit d'ici, il y a aujourd'hui huit jours, pour aller prendre votre place, avec un autre bon prêtre. J'aurais souhaité que votre voyage se fût différé à son arrivée, parce que vous l'auriez informé de toutes choses et donné connaissance de vos amis et de vos pratiques ; mais, la Providence en ayant ordonné autrement, il faut espérer qu'elle-même lui donnera les instructions nécessaires et que M. Le Vacher lui dira les choses principales, comme je l'en ai prié. Vous ne laisserez pas de lui donner par lettres les avis que vous jugerez à propos pour se bien conduire en ce commencement, tant vers Mgr de Marseille (3) que Messieurs les échevins et les personnes en particulier qui ont charité pour la compagnie et celles avec qui vous avez à faire pour les affaires de Barbarie.

Le prêtre qui accompagne M. Delespiney se nomme M. Cornier (4), qui n'a pas fait son séminaire ; mais c'est un homme de service et un ouvrier presque tout fait.

Je suis en peine des fièvres qui courent à Montpellier. Je vous prie, Monsieur, de vous en garder tant que vous pourrez, et M. Parisy aussi, et d'avoir bien soin de votre conservation. Je la demande à Dieu avec les grâces de son esprit nécessaires au grand et saint emploi que vous avez, pour y faire les fruits que le public s'en attend, particulièrement Monseigneur l'évêque, qui vous a confié ce qu'il a de plus important et de plus précieux en son diocèse, qui est l'éducation de ses ecclésiastiques, d'où dépend la conversion de tout le reste.

3. Etienne de Puget.

4. Charles Cornier, né à Landujan (Ille et-Vilaine) en février 1623, entré dans la congrégation de la Mission le 16 avril 1659, reçu aux vœux à Marseille en 1661, supérieur à Annecy (1679-1682, 1693-1694) et à Narbonne (1682-1689, 1690-1693).

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Je suis, en N.-S., .Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Get, prêtre de la Mission, au séminaire de Montpellier, à Montpellier.

2929. - A EDME JOLLY

De Paris, ce premier d’août 1659.

Monsieur

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 7 juillet, laquelle j'ai envoyée aussitôt à Madame la duchesse d'Aiguillon, à cause de ce que vous me mandez de sa chapelle de Lorette ; et elle ne me l'a pas encore renvoyée. C'est pourquoi je ne vous fais point de réponse exacte, ne me ressouvenant pas de tout ce qu'elle contient.

Vous me parlez du différend des Carmélites (1) ; continuez, s'il vous plaît, de dire au prêtre qui vous en a

Lettre 2929. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Les carmélites de France avaient à leur tête trois supérieurs : Charton, Grandin et de Gamaches. La paix régna jusqu'au jour où, en 1655, les supérieurs prétendirent avoir le droit de faire la visite canonique des couvents de l'ordre. Le nonce, mis au courant de leur projet, s'y opposa. Après quelques hésitations, ils résolurent de passer outre. En avril 1659, Grandin commença la visite du couvent de l'Incarnation à Paris, tandis que Gamaches allait dans le même but à Pontoise et à Saint-Denis. La mère Madeleine de Jésus et la mère Agnès en appelèrent au Souverain Pontife et firent signifier cet appel aux supérieurs par un notaire apostolique. Les visites furent interrompues et les supérieurs promirent d'accepter docilement la décision du Saint-Siège. L'affaire, portée devant la Congrégation des Réguliers, ne traîna pas longtemps. Un décret déclara, le 16 juillet, que seuls les Visiteurs apostoliques avaient le droit de visiter les monastères du Carmel. Le 2 octobre, le Souverain Pontife confirmait le décret du 16 juillet et nommait Visiteurs apostoliques l'abbé de Bérulle, neveu du cardinal de ce nom, et Louis de Chandenier, abbé de Tournus. Quarante couvents

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parlé, que je ne vous ai donné aucun ordre sur cet affaire.

J'ai reçu la copie du bref que vous avez obtenu (2) et l'ai lue avec joie et avec reconnaissance, voyant les grâces que Dieu nous fait par vous. Je vous remercie très humblement des peines que vous y avez prises, et je prie Notre-Seigneur qu'il tire sa gloire de plus en plus de votre conduite et de vos travaux.

Je ne vous dirai autre chose pour le présent, sinon que je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly, supérieur des prêtres de la Mission de Rome, à Rome.

se soumirent ; dix-huit refusèrent de recevoir le bref, sous prétexte qu'on n'avait pas pris leur avis. Les trois supérieurs soutinrent les opposantes et cherchèrent à entraîner saint Vincent dans leur parti. Celui-ci ne cesssa de recommander l'obéissance au Pape. Il mourut avant que l'entente fut rétablie. Alexandre VII dut intervenir de nouveau le 13 janvier 1661. Après la mort de Charton, ses deux collègues Gamaches et Grandin nommèrent eux-mêmes, en l'absence du nonce, un troisième supérieur. Malgré la confirmation donnée par un des vicaires généraux du diocèse, Alexandre VII annula ce choix le 11 avril 1661 et nomma supérieur René Alméras, supérieur des général des prêtres de la Mission. Comme Gamaches et Grandin continuaient leurs visites, le Souverain Pontife els déposa le 26 septembre, ôta également ses pouvoirs à René Alméras et décida que chaque maison se choisirait un supérieur dans les trois ans. (cf. Histoire de la Bienheureuse Marie de l'Incarnation, par J. B. A. Boucher, nouv. éd., Paris, 1854, 2 vol. in-8°, t. II, p. 460 et suiv., d'après Histoire manuscrite de la fondation des Carmélites de France, par la Mère Natalie et la sœur Marie-Thérése, religieuses de ce monastère, 42 vol. in-4°, arch. de l'ancien couvent de la rue de Grenelle, à Paris.)

2. Le bref Alias nos supplicationibus, dont Edme Joly avait pu se procurer une copie avant l'expédition.

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2930. - AU FRèRE JEAN PARRE

De Paris, ce 2 d'août 1659

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je n'ai pas encore reçu votre lettre du dernier ordinaire, où j'espère trouver la réponse à la prière que je vous ai faite de me mander si Monseigneur de Noyon (1) a envoyé un trésorier en sa chapelle de la Paix, à cause que, m'ayant écrit ci-devant de lui en chercher un bon, il ne m'en parle plus ; ce qui me fait croire qu'il n'en a plus besoin.

Je suis fort consolé, et les dames aussi, de la bénédiction que Dieu donne à vos travaux ; et tant elles que moi, avec notre communauté, nous prions Notre-Seigneur qu'il vous remplisse de plus en plus des opérations de son esprit et qu'il vous conserve ; à quoi je vous prie de contribuer de vos soins.

Je suis, en son amour, mon cher Frère, votre très affectionné frère et serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A mon cher frère le frère Jean Parre, de la Mission, à Saint-Quentin.

Lettre 2930. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Henri de Baradat.

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2931. - A JACQUES THOLARD

De Paris, ce 6 d’août 1659 .

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je rends grâces à Dieu de la soumission qu'il vous donne pour son bon plaisir, comme je le vois par votre lettre du dernier de juillet et comme je l'ai souvent expérimenté. Je n’ai pas encore reçu la réponse de Mgr d'Agde, abbé de Vézelay ; sitôt que je la recevrai, je vous ferai savoir s'il faudra aller ou non, si à présent ou une autre fois. Peut-être que ce que je lui ai mandé (1) de notre usage pour la cessation des missions en ce temps ici l'obligera de remettre les siennes à une autre fois ; nous verrons. Que s'il désire de vous avoir, je prie M. Dupuich de vous donner M. Froment pour compagnon, car nous ne pouvons vous envoyer personne de céans.

Vous faites bien, Monsieur, d'agir simplement sur le sujet des confessions, et vous ferez bien de continuer à entendre les personnes qui auront dévotion de se confesser à vous, sans vous exposer au tribunal pour toute sorte de gens (2) si ce n'est pour soulager les autres confesseurs, quand la presse est grande. Vous pourrez avertir d'abord ce bon prélat que vous ne pourrez pas être assidu à ce travail.

Votre bonne sœur est au Nom-de-Jésus avec la tante de M. Gorlidot. Il y a environ trois mois que votre nièce la mena ici à cause de son infirmité. Je m'employai dès

Lettre 2931. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Par la lettre 2922.

2. Nous avons vu plus haut (lettres 424, 477, 495) quels scrupules torturaient Jacques Tholard quand il entendait les confessions.

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lors pour la faire recevoir en une maison de Paris destinée pour les personnes de cette sorte ; mais je n'en pus venir à bout, quoique j'offrisse de recevoir en sa considération quelqu'autre personne qu’on nous voudrait envoyer pour être au Nom-de-Jésus, où nous avons été obligés par ce refus de la mettre elle-même ; ce que j'ai fait, ayant considéré (3) qu'elle serait mieux là qu'ailleurs. Et en effet, Monsieur, elle est bien. Soyez-en en repos ; son mal n'augmente ni diminue ; elle a pourtant de bons intervalles, mais ils ne durent pas. Assurez-vous que nous en aurons soin. Honorons cependant ces paroles de l'Evangile : Et tenuerunt eum, dicentes, quoniam in furorem versus est (4).

Je suis d'avis que vous gardiez tous les livres qui sont en votre sac, jusqu'à ce que la Providence vous ramène à Paris.

Vous m'avez fort consolé par le dégoût que vous témoignez avoir pour toutes les choses qui ne sont ou ne tendent à Dieu, et par les forces de corps qui vous restent après tant de travaux. J'en remercie sa divine bonté et je la prie qu'elle vous continue et augmente les mêmes grâces.

Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Tholard, prêtre de la Mission, à Troyes.

3. Première rédaction : ce que pourtant je n'aurais voulu faire, et que je savais qu'elle serait. La correction est de la main du saint.

4. Evangile de saint Marc II, 21. Cette dernière phrase est de la main du saint. Le texte scripturaire n'est cité qu'à peu près ; voici le texte exact : Exierunt tenere eum ; dicebant enim : quoniam in furorem versus est.

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2932. - AU CHANOINE DE RUMELIN

De Paris, ce 6 d'août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Encore que nous soyons obligés de vous remercier incessamment de la fondation du séminaire de Tréguier, vous nous donnez néanmoins de nouveaux sujets de vous rendre ce devoir par les nouvelles avances que vous faites pour la perfection de ce bon œuvre. Je vous en rends donc mille actions de grâces, Monsieur, avec toute l'humilité et la reconnaissance que je le puis. Et pource que ces bienfaits ne regardent pas seulement notre pauvre et chétive compagnie, mais la pure gloire de Dieu et le service de l'Eglise, que vous procurez avec tant de soin, de dépense et de succès, je prie Notre-Seigneur qu’il en soit lui-même votre remerciement et votre récompense. O Monsieur, que vous aurez un jour de consolation d'avoir embrassé un moyen si efficace pour avancer la sanctification des âmes, qui vous reconnaîtront dans le ciel pour leur second sauveur, et pour attirer de singulières bénédictions de Dieu sur votre noble et vertueuse famille ! Nous aurons à jamais un très grand respect pour vous et pour elle ; et plût à Dieu, Monsieur, que nous fussions dignes de vous servir ! Sa divine bonté sait avec quelle joie et quelle affection nous le ferions, particulièrement moi, qui vous fais un renouvellement des offres de mon obéissance et qui suis, en son amour, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DFPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Lettre 2932. - L. s. - Dossier de la Mission, décalque.

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Suscription : A Monsieur Monsieur de Rumelin, chanoine de Tréguier et fondateur du séminaire, à Tréguier.

2933. - A LOUIS DUPONT, SUPéRIEUR, A TREGUIER

De Paris, ce 6 d'août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 17 juillet. Je loue Dieu de la satisfaction que vous avez donnée à Monsieur de Rumelin, en commençant de vous acquitter des charges de sa fondation avant le temps. Voici une lettre que je me donne l'honneur de lui écrire, en reconnaissance de ses anciens et nouveaux bienfaits. Vous m'avez fait plaisir de m'en faire ressouvenir et de me faire savoir le progrès du séminaire. Plaise à Dieu de le perfectionner en toutes les manières !

M. Dehorgny va partir pour les visites. Il vous ira voir, Dieu aidant. Il vous dira nos petites nouvelles. Je prie N.-S. qu'il continue à bénir votre conduite et votre famille, selon le dessein qu'il a d'en tirer de la gloire.

Voici une lettre de M. Boussordec, en réponse de celle que vous m'avez adressée pour lui faire tenir.

Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission

Au bas de le première page : M. Dupont.

Lettre 2933. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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2934. - A EDME JOLLY

De Paris, ce 8 d'août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu votre lettre du 14 juillet. J'ai fait rendre celles que vous m'avez adressées pour Monsieur l'agent de Gênes (1) et M. Chastellain (2). Le premier est à la suite du roi, qui est allé vers Bordeaux pour conclure la paix avec l'Espagne et pour épouser l'infante (3). Je n'ai jamais vu de gentilhomme de l'âge de mondit sieur l'agent, qui est jeune, mieux fait que lui. C'est un esprit vif et fort sage, adroit et intelligent. J'aurais été grandement consolé de le visiter chez lui, si mes infirmités ne m'avaient empêché de sortir depuis huit ou dix mois. A mon défaut, j'y ai envoyé M. Alméras de fois à autre, qui en est toujours revenu plein d'admiration de son bon et bel esprit. Il ne faut pas s'étonner si Dieu l'a prévenu de beaucoup de dons de grâce et de nature, ayant l'honneur qu'il a d'appartenir à un saint de ce siècle.

Je suis en peine de votre indisposition, mais fort en peine, quoique vous ne m'en disiez presque rien. Je prie N.-S., Monsieur, qu'il vous redonne une parfaite santé pour le bien et la consolation de la compagnie, en laquelle sa divine bonté vous donne tant de bénédiction. Je vous prie de faire, de votre côté, tout ce que vous pourrez pour vous bien porter, et d'aller, toutes choses

Lettre 2934. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

3. Marie-Thérése, fille de Philippe IV, roi d'Espagne.

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cessantes, prendre l'air à Frascati, ou à votre hospice de [Palestrine] (4) et vous y reposer.

La fulmination de Saint-Lazare étant faite, j'en pris hier possession pour la dernière fois. Nous allons faire partir M. Gicquel pour aller travailler à celle de Saint-Pourçain (5).

Nous attendrons en patience que Dieu ait donné un successeur à feu Mgr Galtieri, pour avoir le bref que vous attendez.

Je vous prie de témoigner à M. l'abbé Brisacier beaucoup de respect et de confiance. C'est un homme de mise, qui a charité pour nous. Votre conduite avec lui néanmoins sera assaisonnée toujours d'un grain de sel (6)

Vous avez raison de dire que, si M. Lejuge est mécontent, il ne doit pas être envoyé à Rome. Il est maintenant incommodé, à ce que M. Pesnelle me mande. Nous verrons ce que deviendra sa maladie et quel il sera après la mission de son pays, que M. Pesnelle va faire pour le contenter.

Je prie derechef N.-S. qu'il vous fortifie et sanctifie de plus en plus.

Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly, supérieur des prêtres de la Mission de Rome, à Rome.

4. Mot oublié dans l'original.

5. L'official de Clermont fulmina la bulle d'union le 2 mars 1660 ; le 6, jean Gicquel prenait possession du prieuré au nom de la congrégation de la Mission.

6. Le saint a ajouté cette phrase de sa main.

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2935 - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES

De Paris, ce 8 d’août 1659

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu vos lettres des 15 et 22 juillet. Vous me mandez que, par l'avis de M. Jolly, vous allez faire la mission au pays de M. [Lejuge] (1) et y mener ce bon prêtre ; à la bonne heure, j'en suis bien aise, et vous aurez vu par mes précédentes comme je vous ai prié de le faire ; je souhaitais seulement que ce ne fût pas pendant ce temps ici, destiné pour votre repos. Mais, ayant les raisons que vous me mandez pour ne pas différer, in nomine Domini, mandez-nous, s'il vous plaît, comment vous vous trouverez du travail et des grandes chaleurs. Nous prierons Dieu pour qu'il vous donne des forces pour y résister, à proportion du besoin, qui sera grand.

Il faut se contenter de la bonne volonté de M. Rodolphe-Maria Brignole, puisque Dieu s'en contente, et se soumettre à la Providence dans le retranchement que Messieurs ses parents vous ont fait de la plupart de son aumône.

J'ai été consolé d'apprendre la pensée que Dieu vous a donnée de proposer à votre petite communauté les retraites d'un jour, l'affection qu'elle a eue de les faire et la bénédiction que Dieu y a donnée. Comme Dieu ne dépend pas du temps, il fait quelquefois plus de grâces en un jour qu'en huit, et on profite plus de courtes re-

Lettre 2935. - Gossin, op. cit., p. 469, d'après l'original, communiqué par M. Monmerqué, membre de l'Institut.

1. Diano, au diocèse d'Albenga. Gossin a mu : "au pays de notre juge" ; notre correction s'impose.

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traites que de longue, parce qu'on y a plus d'attrait et moins d'ennui.

On n'a pas mis dans les règles beaucoup de menues pratiques qui s'observent en la compagnie et qu'on doit y observer. L'usage est toujours ici de n'aller point au jardin, hors les heures de la récréation, sans permission. C'est ce que nous recommandons souvent, et que vous devez recommander aussi.

Je veux espérer que la fièvre de M. Lejuge n'aura pas continué, et, s'il a été tout à fait malade, que vous n'aurez pas manqué d'en avoir grand soin, ainsi que nous le devons toujours avoir pour la consolation et le soulagement de nos infirmes. Nous en avons toujours céans quelques-uns ; mais pour le présent nous n'en avons pas qui le soient extraordinairement.

Puisque M. Caron s'en veut aller, il vaut mieux que ce soit pendant son [séminaire] (2) qu'après. Il ne le faut pas néanmoins presser.

Je suis, en Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL

i. p. d. l. M.

Ce bon M. Caron n'a pas procédé de bonne foi, en entrant dans la compagnie à dessein d'en sortir. Sans rien examiner que le fait, [est-il] juste [d'en] sortir (3) ? Il mande à ses parents qu'on lui envoie de l'argent pour s'en retourner. Quelle injustice serait-ce d'avoir constitué la compagnie en tant de dépenses, dans la résolution de la quitter sans sujet ! Je prie Dieu qu'il lui pardonne.

3. Gossin a lu : il est juste sortir.

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2936. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION

A SAINT-QUENTIN

De Paris, ce 9 d’août 1659.

Mon cher Frère,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu vos lettres des 29 juillet et 5 de ce mois. Je ne doute pas que vous n'ayez bien à souffrir, et qu'on ne vous contredise et harcèle. Je prie Notre-Seigneur qu'il soit votre force pour réduire tout à son honneur.

Je n'ai rien à vous dire quant au service que vous rendez à Dieu et à la glorieuse Vierge (1) en la commission que Mgr de Noyon vous a donnée, sinon que vous pouvez encore continuer d'en avoir soin, autant que votre principal emploi vous le permettra, au sujet duquel je vous dirai, comme Mademoiselle Viole vous a déjà écrit, que l'on destine quelque petite chose pour aider quelques pauvres gens à semer quelque petit morceau de terre ; je dis : les plus pauvres, qui sans ce secours ne pourraient pas le faire. On n'a pas pourtant rien de prêt, mais on fera quelque effort pour amasser au moins cent pistoles pour cela, en attendant qu'il soit temps de semer. On vous prie cependant de voir en quels endroits de Champagne et de Picardie il se trouvera de plus pauvres gens qui aient besoin de cette assistance ; je dis : le plus grand besoin. Vous pourriez leur recommander en passant de préparer quelque morceau de terre, de le labourer et fumer, et de prier Dieu qu'il leur envoie quelque semence pour y mettre, et, sans leur rien promettre, leur donner espérance que Dieu y pourvoira.

On voudrait faire aussi que tous les autres pauvres

Lettre 2936. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.

1. A Notre-Dame-de-la-Paix.

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gens qui n'ont pas des terres gagnassent leur vie, tant hommes que femmes, en donnant aux hommes quelques outils pour travailler, et aux filles et femmes des rouets, et de la filasse ou de la laine pour filer, et cela aux plus pauvres seulement. A cette heure que voilà la paix, chacun trouvera à s'occuper, et les soldats ne leur ôtant plus ce qu'ils auront, ils pourront amasser quelque chose et se remettre peu à peu ; et pour cela, l'assemblée a pensé qu'il faut les aider à ce commencement et leur dire qu'il ne faudra plus s'attendre à aucun secours de Paris.

Voyez donc, mon cher Frère, où sont ces pauvres gens qui ont plus de nécessité d'être aidés pour la dernière fois, et ce qu'il faudrait à peu près pour cela, comme aussi pour couvrir les églises découvertes et ruinées, seulement à l'endroit de l'autel, pour y pouvoir dire la sainte messe avec quelque décence ; j'entends les églises où les habitants sont dans l'impuissance de les remettre en cet état, et qui ne dépendent point d'aucun chapitre ou abbaye ou seigneur dîmier, qui sont obligés à les entretenir ; car c'est à eux à faire ces réparations ; et si vous nous mandez quels sont ces patrons bénéficiers et communautés, avec les noms des paroisses où seront telles églises désolées qu'ils sont tenus d'entretenir, on les en fera solliciter.

Tout cela vous obligera d'aller et de venir pour reconnaître où sera la véritable nécessité, pour en envoyer les mémoires, afin qu'on puisse faire quelque petit fonds pour y remédier. On n'a encore presque rien d'assuré, comme je vous ai dit ; mais on fera quelque effort quand vous nous aurez mandé ce qu'il faudra à peu près qui soit absolument nécessaire pour ces trois choses-là : les semences, les outils et les réparations.

Pour votre retraite, quand la pourrez-vous venir faire?

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Est-elle incompatible avec le soin de la chapelle (2) et les autres choses que vous avez à faire, dont je viens de vous parler? Laisserez-vous tout là pour venir vous récolliger, ou si vous remettrez votre retraite jusqu'à ce que tout cela sera fait? Je vous prie de m'en dire votre avis.

Je suis, en l'amour de N.-S., mon cher Frère, votre très humble serviteur.

Au bas de la première page : Le frère Jean.

2937. - A JEAN MONVOISIN, PRêTRE DE LA MISSION,

A MONTMIRAIL

Paris , 11 août 1659.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre du 5, qui répond aux demandes que je vous ai faites par ma précédente, dont je vous remercie. Je n'ai rien à vous dire de nouveau.

Voici une lettre pour M. Berthe, qui arrivera bientôt chez vous, s’il n'y est déjà.

J'embrasse M. Cornuel avec toute la cordialité qui m'est possible. J'attends toujours la dernière réponse de Bétharram.

Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre...

2. De Notre-Dame-de-la-Paix.

Lettre 2937. - Pémartin, op. cit., t. IV, p. 438, l. 1914.

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2938. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR. A ROME

[15 août 1659]

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

Je remercie Dieu, Monsieur, de ce que vous ne vous rebutez pas des surcharges que l'on vous donne et ne voulez point vous épargner quand il y va du salut et du soulagement des pauvres qui ont besoin de quelque dispense de Rome.

Voici un mémoire servant de réponse aux questions que vous me faites touchant l'usage du lait.

Je suis en peine de l'incommodité de M. Le Gouz et néanmoins dans l'espérance qu'il se portera bien et que même il vous soulagera dans les emplois du dehors, nonobstant qu'il vous ait paru peu intérieur. A la vérité, il ne sera peut-être jamais autre qu'il est, mais il ne laissera pas [de vous aider utileme]nt quand il [sera formé], parce qu'il a [le fond de l']âme bon et la volonté portée au bien. Nous avons céans son petit frère, qui est un enfant fort sage et d'espérance (2).

Je ne manquerai pas de recommander à Dieu en mes chétives prières et saints sacrifices le Révérend Père Hilarion. Il me fait trop d'honneur de le désirer, et nous

Lettre 2938. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

1. Cette lettre est au plus tôt du mois de juin, car elle suppose que la lettre 2832, du 25 avril, était arrivée à Rome et la réponse à Paris. Saint Vincent écrivait à Edme Jolly une fois par semaine, pas plus souvent, sauf nécessité ; des lettres qu'il lui adressa en juin, juillet et août 1659, aucune ne nous manque, sauf celle du 15 août ; la lettre ci-dessus est de 1659 et de l'époque des chaleurs. D'où il est permis de conclure qu'elle est fort probablement du 15 août.

2. René Le Gouz, né le 17 septembre 1643 à Saint-Michel-de-Chavaigne (Sarthe), entré dans la congrégation de la Mission le 2 octobre 1658, reçu aux vœux le 1er novembre 1660.

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lui avons trop d'obligation pour manquer de lui obéir en quoi que ce soit.

M. Jaillard, votre cousin, nous a envoyé 450 livres et une lettre qu'il vous écrit pour réponse à la vôtre (3). Si vous destinez cette somme à quelque chose, nous la délivrerons à qui il vous plaira ; sinon, nous vous en rendons très humbles grâces et prions Notre-Seigneur qu'il soit votre récompense ; mais je vous prie, Monsieur, d'en user librement.

Je suis dans l'espérance que la présente vous trouvera à Palestrine ; sinon, je vous prie, Monsieur, de vous y rendre au plus tôt, si le temps de sortir de Rome selon ses observances ordinaires le permet. Il me semble qu'on m'a dit qu'on en peut sortir la nuit sans risque, pourvu qu'on n’y retourne qu'après les pluies. Faites donc, Monsieur, je vous en supplie, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly.

2939. - A JEAN MARTIN

De Paris. ce 15 août 1659.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu la vôtre du second de ce mois, qui m'a beaucoup affligé pour la nouvelle que vous me dites de la retraite de Monsieur Planchamp, et encore plus le procédé de celui qui l'avait accompagné à Fossano (1) Jésus !

1. Ville du Pièmont.

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Monsieur, quel procédé est celui-là et que devons-nous espérer à l'avenir de cette personne-là? De le vous laisser, j'y vois beaucoup d'inconvénient ; je pense qu'il vaudra mieux le faire revenir ; nous prendrons la résolution sur ce que vous nous direz. Cependant je vous prie de l'observer et de lui faire faire retraite pour reconnaître sa faute; nous ferons cependant prier Dieu pour lui.

Monsieur Planchamp demandait qu'on le retirât de Turin, sans m'alléguer beaucoup de raisons pour cela ; je ne sais ce qu'il sera devenu. Il nous faut consoler dans l'espérance qu'il n'arrivera jamais tant de mal en votre famille qu'en celle de Notre-Seigneur.

Je voudrais bien savoir, Monsieur, pourquoi Monseigneur l'archevêque de Turin (2) refusa de bailler les ordres à M. Demortier ; si c'est qu'il ne voulut point pour lors en donner à personne, ou si c'est pour quelque raison particulière qu'il les refusa à ce bon Monsieur.

Reste, Monsieur, à accepter de bonne grâce le sujet de mortification qui nous arrive de cet accident, et cela pour l'amour de Dieu, qui permet que cela arrive de peur que les grandes bénédictions qu'il donne à vos travaux vous élèvent. Allez cependant, Monsieur, votre grand chemin, et ayez confiance que Dieu en tirera de la gloire, et que tout cela se tournera en mieux en tous sens. Et c'est ce que je demande à sa divine Majesté ; et vous embrasse avec toutes les tendresses de mon cœur, et votre chère famille aussi, prosterné en esprit à ses pieds et aux vôtres, qui suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL

i. p. d. l. M.

2. Jules-César Bergera.

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Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, supérieur de la Mission de Turin, à Turin.

2940. - A GUILLAUME DESDAMES

De Paris, ce 15 août 1659

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu celle du dix-huit juillet, par laquelle vous me mandez la grâce que Notre-Seigneur vous a faite par l'incomparable bonté de la reine, qui vous a donné le bénéfice de celui qui vous a précédé à la cure de Sainte-Croix, et auquel Sa Majesté l'avait fait donner ; dont je rends grâces à Dieu et à Sa Majesté, et prie sa divine bonté qu'elle soit la récompense de la reine et qu'il lui impute le mérite des services que cette petite compagnie pourra rendre à Dieu en ce bénéfice et en tous ses emplois, dans le temps et l'éternité.

La pensée de Sa Majesté me semble être celle de Notre-Seigneur, d'employer ce bénéfice à l'entretien d'un séminaire, où les ecclésiastiques qui voudront prendre les ordres, obtenir des bénéfices, ou qui auront besoin de retraite pour se corriger de quelque vice et s'avancer de plus en plus à la vertu, pourront être reçus gratis à proportion du revenu. O Monsieur, que cette pensée me semble avoir les marques d'une pensée de Dieu ! J'espère que, s'il lui plaît de la bénir, qu'elle fera du bien dans la Pologne.

Monseigneur l'évêque de Cahors (1) me fit l'honneur de m'écrire, il y a quelque temps, que son clergé avait

Lettre 2940. - L. s. - Dossier de Cracovie, original.

1. Alain de Solminihac.

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changé de face, et que c’était, Dieu merci, [grâce] à son séminaire, qui est composé d'environ 50 ou 60 ecclésiastiques, où tous ceux qui veulent prendre les ordres sont obligés de passer un an ou dix-huit mois pour se former aux fonctions et à l'esprit ecclésiastique. Il faut donc tendre là, et, à cet effet, vous envoyer pour le moins deux ecclésiastiques sur lesquels j'ai déjà jeté les yeux, et j'espère que Notre-Seigneur bénira leurs petits travaux, et de les faire partir à la première commodité que vous me marquez, comme aussi les Filles de la Charité que Sa Majesté demande.

Vous travaillerez donc, selon cela, aux choses qu'il faudra pour l'union dudit bénéfice.

Si ces 5 ou 6 ecclésiastiques dépendent ad nutum du titulaire dudit bénéfice, comme il semble que vous me dites, l'on pourra remplir ces places des premiers qui seront élevés dans ledit séminaire ; et c'est ce qui ferait voir bientôt en abrégé l'effet d'icelui.

Nous prions Dieu incessamment pour le roi et la reine et pour le royaume, et nous y avons grande obligation, et je puis vous dire grande affection, à ce que Dieu sanctifie Leurs Majestés et bénisse leur royaume.

Nous sommes à présent dans un exercice qui est de rendre tous les prêtres de la compagnie capables de servir indifféremment à la mission et aux séminaires ; et il semble qu'il plaît à Dieu d'y donner sa bénédiction (2).

Nous nous disposons à faire partir des missionnaires pour Madagascar. Je les recommande à vos prières, comme aussi Monsieur Le Vacher, de Tunis, qui est assiégé de la contagion et exposé à un grand danger de sa personne.

2. Le saint venait d'introduire à Saint-Lazare des exercices pratiques sur la théologie morale, l'administration des sacrements, la prédication et le catéchisme.

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Je me suis proposé d'écrire à la reine pour la remercier des biens incomparables qu'elle fait à ses pauvres missionnaires ; mais je ne le pourrai pas à cette fois, à cause de quelque embarras duquel je viens de sortir ; aussi bien ne ferais-je qu'abuser du respect que je dois à Sa Majesté, que je lui témoignerai mieux par le silence que par ma lettre. Je lui fais ici un renouvellement des offres de mon obéissance perpétuelle et vous supplie, Monsieur, de lui témoigner.

Je salue cependant Monsieur Duperroy avec toutes les tendresses de mon cœur et vous embrasse tous les deux, prosterné en esprit à vos pieds, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Desdames, supérieur de la Mission de Varsovie, à Varsovie.

2941. - A FIRMIN GET

De Paris, ce 15 août 1659.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Encore que je n'aie rien à vous dire, ou peu de chose, je ne laisserai pas de vous faire la présente pour vous donner de nos nouvelles et vous en demander des vôtres. Les nôtres sont que, par la grâce de Dieu, nos infirmes se portent mieux ; (2) que nous avons commencé ici un exercice qui tend à rendre capables tous les missionnaires

Lettre 2941. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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des emplois aux séminaires et aux missions indifféremment, nous étant trouvés empêchés jusques à maintenant de trouver des hommes en état de faire l'un et l'autre (1) S'il plaît à Dieu de bénir ce petit commencement, il y a sujet d'espérer que la compagnie sera plus en état de servir à son Eglise. Plût à Dieu, Monsieur, que chacun le fût autant que vous !

Notre frère Get continue toujours à bien étudier sa philosophie, en sorte que l'on dit qu'il est le premier de 17 ou 18 philosophes qui sont dans la classe ; et ainsi nous avons sujet d'espérer que, déficiente uno, non deficiet alter.

Je vous embrasse, vous et Monsieur Parisy, et vous offre tous les jours à Notre-Seigneur. J'espère que vous me faites la même charité, que je vous supplie de me continuer, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Get, prêtre de la Mission, étant de présent au séminaire de Montpellier, à Montpellier.

2942. - A JACQUES PESNELLE

De Paris, ce 15 août 1659

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je loue Dieu de ce que vous avez différé la mission du

1. Voir lettre précédente, note 2.

Lettre 2942. - L. s. - Dossier de la Mission, original.

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lieu de la naissance de Monsieur Lejuge, et [suis] affligé de sa maladie. Je prie Notre-Seigneur qu'il lui redonne sa parfaite santé et l'en fais prier par la famille d‘ici. Je ne vous recommande point le soin de sa personne ; je suis assuré que vous n'y manquez pas. Je vous prie, Monsieur, de le saluer de ma part et de lui dire la peine en laquelle je suis. J'espère que vous donnerez bientôt des nouvelles de sa guérison.

Puisque les Pères jésuites n'enseignent point la scholastique et qu'il y a apparence que vous aurez peu d'écoliers capables de l'apprendre, je suis d'avis que l'on diffère cette leçon-là.

Quand je vous mandai de donner un écu à Monsieur Caron, je m'imaginais que c'était un Italien à qui cet argent suffisait, ne me ressouvenant pas que ledit sieur Caron était un de ceux que nous vous avons envoyés je lui eusse fait donner davantage ; mais puisque cela se rencontre de la sorte, à la bonne heure !

Voilà, Monsieur, tout ce que je vous puis dire pour le présent, sinon que nous avons commencé ici un exercice pour nous façonner tous également à l'exercice de la mission et des séminaires ; s'il plaît à Dieu y donner sa bénédiction, nous espérons qu'il en réussira du bien. Je vous prie de le recommander à Notre-Seigneur, en l'amour duquel je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Pesnelle, supérieur de la Mission de Gênes, à Gênes

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2943. - A éTIENNE DE FLACOURT, A ROUEN

De Paris, ce 18 août 1659

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec nous pour jamais !

Je vous remercie très humblement, Monsieur, de l'honneur que vous me faites de vous ressouvenir de moi. Votre lettre m'a beaucoup plu. Je prie Notre-Seigneur qu’il bénisse l'accommodement auquel vous travaillez.

Notre frère Etienne se dispose à prendre les saints ordres pour les aller exercer à Madagascar, s'il plaît à Dieu. L'intendant de Monsieur le maréchal (1)dit que le vaisseau de ce bon seigneur partira le 24 d'octobre. J'espère en avoir des nouvelles dans peu, au cas qu'il ait agréable que nous soyons du voyage. Sinon, que ferons-nous? Pensez-vous, Monsieur, que Messieurs de la Compagnie (2) fassent le leur? Travaillent-ils à faire le leur? Serez-vous de la partie? En ce cas, quand sera-ce? Je vas bien avant et peut-être trop. Il me suffira que vous me disiez seulement ce qui se peut dire sans rompre le secret, et rien, si vous l'avez agréable.

Il n'y a pas d'apparence au bruit que font courir les Anglais ; ceux qui sont revenus avec eux en sauraient quelque chose et le diraient.

Notre frère Etienne vous envoie un billet et vous

Lettre 2943. - Gossin, op. cit., p. 472, d'après l'original, communiqué par Louis Paris, homme de lettres.

3. La suite manque.

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2944. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

Ce 21 août [1659] (1) ]

Voilà la lettre de Madame de Bouillon que j'ai reçue ce matin J'ai cru lui devoir faire réponse promptement. Je vous l'envoie pour savoir si votre charité treuvera bon que j'en use de la sorte.

La sœur Renée, dont elle parle, est celle du bruit de ce bon ecclésiastique, et que nous avons mandée de venir par deux diverses fois, et celle que madite dame désira que l'on lui laissât, tant qu’elle serait aux champs. S'il plaît à votre charité considérer toutes ces circonstances et que ce que l'on en demande une autre, ce peut être pour la tenir là toujours, comme elle le souhaite. Il y a plus d'un mois que l'on m'avait mandé qu'elle ne bougeait du château, et c'est l'ordinaire de Madame de les y arrêter souvent pour l'entretenir ; et celle-là l'entend.

Nous n'avons nulle connaissance à M. Piètre, de qui les conclusions nous peuvent nuire ou servir beaucoup. Oserions-nous, mon très honoré Père, supplier votre charité de lui envoyer quelqu'un de votre part ? C'est sur les deux heures que l'on s'assemble aujourd'hui pour l'affaire des fontaines (2). L'on m'a dit qu'il pouvait loger vers Saint-Jean (3) ; j’y enverrai le chercher, et de nos sœurs à l'hôtel de ville.

Votre charité s'emploiera, s'il lui plaît, auprès de Notre-Seigneur pour obtenir ce qui nous est nécessaire, nous bénir pour son saint amour, me croyant, mon très honoré Père, votre très humble et obéissante fille et servante.

L. DE MARILLAC.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

Lettre 2944. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.

2. Les sœurs avaient obtenu des échevins, le 19, l'autorisation de conduire dans leur maison l'eau de la ville. (Arch. Nat. Q1 1200) Les travaux durèrent jusqu'à le fin de l'année. (Lettres de Louise de Marillac, l. 634.)

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