Correspondance (page 55)
3. Saint-Jean-en-Grève, église de Paris.
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2945. - A GUILLAUME DESDAMES
De Paris, ce 22 août 1659.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu la vôtre du vingt-quatrième du mois passé, laquelle m'apprend de plus en plus l'incomparable bonté de la reine envers la pauvre petite compagnie, et que ce bénéfice qu'elle a eu agréable de vous donner est de plus grand revenu que ce que vous m'avez mandé par votre dernière. De tout cela j'en remercie Dieu. Je m'en vas me donner l'honneur d'écrire à Sa Majesté pour la remercier de tant de bien qu'elle nous fait et aux pauvres Filles de la Charité.
Nous ne pouvons pas vous envoyer Monsieur Berthe, pource que le voilà qui ne fait que de revenir d'un voyage qu'il vient de faire en Italie, et que, dans douze ou quinze jours, il doit partir d'ici pour Rome ; mais nous vous allons envoyer deux jeunes hommes fort sages et capables, tels que nous avons pensé être propres pour le sujet pour lequel vous les demandez. L'un des deux est prêtre ; pour l'autre, quoiqu'il ne le soit pas encore, néanmoins c'est un jeune homme fort sage et capable, et dont j'espère que vous recevrez satisfaction, aussi bien que du premier. Nous avons pensé vous devoir envoyer des personnes jeunes plutôt que de celles qui sont plus âgées, pource qu'ils apprendront plus facilement et plus promptement la langue.
Il n'y a rien de nouveau ici, depuis ma dernière, qui
Lettre 2945. - L. s. - Dossier de Cracovie, original. Le post-scriptum est de la main du saint.
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mérite de vous être écrit, sinon que Monsieur Boucher (1) est dangereusement malade. Je le recommande à vos prières, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Le jeune homme dont je vous parle est pieux, savant et judicieux, estimé et aimé d'un chacun. Jamais nous n'avons remarqué d'imperfection en lui. L'on le nous demande d'une bonne partie de nos maisons pour le faire enseigner. M. Duperroy l'aura pu connaître. Il se nomme de Marthe, natif de la ville d'Arras. Le prêtre l'est aussi, et savant ; il se nomme Monvoisin (2).
Suscription : A Monsieur Monsieur Desdames, supérieur de la Mission de Varsovie, à Varsovie.
2946. - A JACQUES PESNELLE
De Paris, ce 22e d'août 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Il faut nous conformer à la volonté de Dieu en toutes choses et en particulier en la sortie de M. Caron.
Nous nous sommes donnés à Dieu pour ne prendre aucune part dans toutes ces contestations qui sont aujourd'hui entre tant de si saintes personnes et entre des
1. Léonard Boucher.
2. François Monvoisin, né à Arras en décembre 1634, entré dans la congrégation de la Mission le 15 octobre 1654, reçu aux vœux en 1656, ordonné prêtre en 1659. Il était de la maison de Fontainebleau en 1671.
Lettre 2946. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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corps si considérables dans l'Eglise, et faisons profession de n'avoir céans, ni à lire, tant d'écrits qui s'impriment et qui courent par Paris et même dans les provinces sur ces sujets ; nous nous contentons de prier Dieu qu'il unisse les esprits et les cœurs et mette la paix en son Eglise. Selon cela, vous supplierez très humblement Mgr le vicaire de nous excuser si nous ne vous envoyons tous ces imprimés.
Vous direz, s'il vous plaît, à Monsieur Simon, quand M. Lejuge sera parti, que je le prie de faire l'office d'assistant ; et tant lui que M. Sappia pourront être vos deux consulteurs ; et M. Pinon entrera alors en la direction du séminaire interne.
Nous vous recommanderons aux prières de la compagnie, selon votre désir ; et je prie Notre-Seigneur dès à présent qu'il bénisse de plus en plus votre conduite, qui suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Pesnelle, supérieur des prêtres de la Mission, à Gênes.
2947. - A EDME JOLLY
De Paris, ce 22e d'août 1659 .
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je loue Dieu de ce que vous vous portez un peu mieux, et le prie qu'il vous rétablisse en parfaite santé, et vous prie vous-même, Monsieur, d'y contribuer de votre part
Lettre 2947. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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et de vous servir du carrosse toutes les fois que vous jugerez en avoir besoin.
Je suis tout plein des sentiments de reconnaissance des bontés ordinaires de Mgr le cardinal Durazzo vers la compagnie, et en particulier de celle qu'il a eue depuis peu, de faire l'honneur à ces pauvres missionnaires de Rome de les visiter en leur petite maison. Nous continuerons toujours nos chétives prières pour la prospérité et santé d'un si saint prélat, selon les grandes obligations que nous y avons.
Je rends grâces à Dieu de l'augmentation de votre petit séminaire interne, et le prie qu'il le bénisse de plus en plus et qu'il donne à ces deux nouveaux sujets l'esprit de vrais missionnaires.
Vous ne serez point en peine de recevoir le séminariste dont vous a écrit Monsieur Pesnelle, car il a quitté, depuis, la compagnie tout à fait.
Vous avez bien répondu touchant la maison des RR. PP. de Saint-Antoine en Piémont, car nous ne contribuons rien du tout à cette affaire, qui est entreprise et conduite entièrement par Madame Royale ; et nous n'avons jamais recherché, par la grâce de Dieu, aucun établissement, non plus que celui-ci ; de quoi vous pourrez toujours assurer les Révérends Pères.
Je me recommande à vos prières et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly, supérieur de la Mission, à Rome.
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2948. - A FRANçOIS FEYDIN, PRêTRE DE LA MISSION,
A RICHELIEU
De Paris, ce 24 août 1659.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu deux de vos lettres, qui m'ont extrêmement attendri le cœur, voyant les mouvements apostolique, que Dieu vous donne d'aller annoncer son nom à Madagascar, dont je rends grâces à sa divine bonté, et le prie qu'il soit son remerciement à lui-même de la participation qu'il vous donne à l'amplitude de sa mission sur la terre.
Je suis en doute si déjà je vous ai témoigné la même chose, à cause de l'absence de notre frère Ducournau. Je vous dis donc derechef, Monsieur, que très volontiers j'adore la lumière et l'affection que Dieu vous donne pour le salut de ces pauvres gens, et notamment de ceux que la divine bonté s'est proposé de sauver par vous. Allez donc, Monsieur, allez in nomine Domini. Je prie N.-S. qu'il vous tienne par la main, qu'il vous défende et conserve dans les dangers qui se rencontrent et sur la terre et sur la mer, de sorte que vous arriviez en ce lieu-là en parfaite santé, et qu'il lui plaise, par sa bonté
Lettre 2948. - L. s. - Dossier de la Mission. Le secrétaire a ajouté ces mots sur la partie de la lettre laissée en blanc : "Copie de la lettre écrite par M. Vincent à M. Feydin, prêtre de la Mission, au sujet du voyage de Madagascar, laquelle lettre est écrite de ma main, M. Vincent me l'ayant dictée mot pour mot. M. Feydin étant depuis venu à Saint-Lazare pour obéir à une seconde lettre que M. Vincent lui écrivit de Richelieu, me dit, auparavant son départ pour Madagascar, qu'il la gardait bien chèrement."
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infinie, vous remplir de son esprit, pour le faire connaître et aimer par ce pauvre peuple, qui a tant de disposition à embrasser notre sainte foi.
Notre frère Etienne, que la Providence appelle au sacerdoce et qui a pris aujourd’hui le sous-diaconat et prendra demain le diaconat et dimanche prochain la prêtrise, se dispose à ce grand et bienheureux voyage. J'espère que vous aurez aussi avec vous M. Boussordec qui a tant de zèle pour le salut de ces peuples. Je vois bien la perte que fera la maison de Richelieu d'un si bon serviteur de Dieu ; mais j'espère que celui qui des pierres fait des enfants d'Abraham enverra quelqu'autre en votre place ; mais ceci, je le dis plutôt à M. de Beaumont qu'à vous, et à sa famille, qui sera sans doute beaucoup affligée de votre départ, que je sens moi-même avec tendresse. Allez donc derechef, Monsieur, dans la confiance que celui qui vous appelle aura le même soin de vous que de la prunelle de son œil. Ménagez-vous, ne vous exposez pas à toute sorte de peines et de travail, surtout la première année que vous serez arrivé là, passée laquelle l'on dit que l'on s'y porte parfaitement bien ; et de fait, l'expérience nous a fait voir que ceux qui sont allés au ciel ont anticipé l'heure de leur nouvelle vie, vraisemblablement pour s'être exposés à de trop grands travaux. Si vous trouvez en vie le bon M. Bourdaise, duquel vous représentez en quelque façon l'image, croyez-le bien de ce côté-là comme en toute chose. C'est une personne des plus douces, des plus fortes, des plus sages, des plus zélées et des plus aimables que je connaisse. O Monsieur ! que vous serez consolé de l'embrasser, surtout quand vous verrez en lui des traits de votre visage, de votre douceur, etc. !
Allez donc encore derechef, Monsieur. Je prie N.-S. qu'il vous bénisse. Ressouvenez-vous, s'il vous plaît, en
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vos prières d'un vieillard de 79 ans, chargé de péchés, qui est votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
2949. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce 24 août [1659 ] (1)
Nos deux sœurs, mon très honoré Père, qui ont demandé permission à votre charité de faire les vœux sont sur la cinquième année de leur entrée en la compagnie. L'une s'appelle Pétronille n’est pas ignorante de l'estime qu'elle en doit faire et du sujet L'autre a plus de simplicité et moins de connaissance et même d'intelligence mais aime Dieu et sa vocation (aussi fait la première) en laquelle elles ont toujours été fermes. Elles ont l'approbation de M. Portail. Le nom de cette dernière est Louise.
Mon saint patron me reproche mon infidélité, et pour cela je supplie votre charité de demander pardon à Dieu pour moi et de nouvelles grâces pour l'exécution de sa sainte volonté. Si je le puis, j'assisterai demain avec nos sœurs à la sainte messe pour que ce petit nombre vous représente toute la compagnie, pour que votre charité lui obtienne la grâce de fermeté avec la bénédiction de Notre-Seigneur pour ce sujet.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
Lettre 2949. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
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2950. - A LOUISE-MARIE DE GONZAGUE,
REINE DE POLOCNE
[26] (1) août 1659.
Madame,
Monsieur Desdames me mande par sa dernière lettre que Votre Majesté a donné à sa Mission de Varsovie le bénéfice de Vitkiski, qui est fort considérable, et cela selon sa grâce toute royale, et a désiré que je me donne l'honneur d'en remercier Votre Majesté. Et c'est, Madame, ce que je fais avec toute l'humilité et l'affection qui me sont possibles, et prie Notre-Seigneur qu'il soit lui-même et la récompense et le remerciement de Votre Majesté, pour le bien qu'il y a lieu d'espérer qui en proviendra. Il me mande que le revenu qui en proviendra pourra donner commencement et quelque progrès à un séminaire d'ecclésiastiques, et qu'à cet effet nous lui envoyions deux prêtres ; et c'est, Madame, ce que je ferai par la première commodité.
Il m'a mandé de plus comme Votre Majesté a acheté un grand hôtel pour y faire élever les pauvres filles par celles de la Charité, et que déjà Votre Majesté les y a logées. Mademoiselle Le Gras et moi avons été fort touchés, comme aussi la plupart des filles de cette compagnie, qui se trouvèrent, il y a deux jours, à la conférence que je leur fis (2) où je vis sensiblement la reconnaissance de ces pauvres filles, qui est si grande que j'avoue ne
Lettre 2950. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute dictée par le saint.
1. Cette lettre a suivi de très près la lettre 2945, qui est du 22 août. Elle a été écrite, dit le saint, au surlendemain d'une conférence aux sœurs ; et cette conférence ne peut être que celle du 24.
2. Le résumé de cette conférence ne fait pas mention de ce que saint Vincent dit au sujet de la reine de Pologne.
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les avoir jamais vues si touchées que du récit que je leur fis de la bonté et du support que Votre Majesté a pour elles, et notamment quand je leur dis que Votre Majesté filait et dévidait le fil qu'il faudra pour coudre le linge des pauvres et le leur, qui est un exemple sans exemple en l'Eglise de Dieu. Nous savons bien que l'histoire nous fait voir une princesse qui filait tous les ans le fil qu'il fallait pour ensevelir son corps ; mais je ne me ressouviens point d'avoir lu que la piété d'aucune l'ait portée, comme Votre Majesté, à employer l'ouvrage de ses mains au service des pauvres. Et c'est, Madame, ce que je pense que Notre-Seigneur fait voir aux anges et aux âmes bienheureuses avec admiration, et ce que l'Eglise verra un jour en ce même esprit. Béni soit Dieu, Madame, de ce que les affaires de la guerre, auxquelles Votre Majesté travaille avec tant de succès, n'empêchent point Votre Majesté de s'appliquer de la sorte à édifier l'Eglise de Dieu !
Mademoiselle Le Gras se dispose à envoyer à Votre Majesté, par la première commodité, deux Filles de la Charité. Elle est bien affligée... (3).
2951. - AU FRèRE JEAN PARRE
De Paris, ce 27 août 1659.
Mon cher Frère,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
L'embarras assez grand dans lequel je me trouvai sa-
3. Le secrétaire a mis cette note au bas de la minute : "Cette lettre n'a pas été achevée par M. Vincent, qui en recommença une autre, dont je n'ai point su la teneur, pour l'avoir écrite lui-même de sa propre main."
Lettre 2951. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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medi dernier fut la cause, mon très cher Frère, de ce que je ne vous pus écrire pour vous témoigner la consolation que nous avons reçue de la continuation des bénédictions qu'il plaît à Dieu de donner à vos travaux, de quoi nous rendons grâces à sa divine Majesté, et la prions que, par sa bonté infinie, elle ait agréable de les vous continuer.
L'on a trouvé bon ici, mon cher Frère, tout ce que vous avez fait ; et vous êtes prié de travailler pour les semences et de prendre bien garde, pour la distribution que vous en ferez, que ce ne soit qu'à ceux qui en ont besoin ; cependant mandez-nous tout ce qui se passe à l'égard de la chapelle et tout ce qui s'y fait.
Pour votre retraite, attendu les raisons que vous mandez, il sera donc bon de la remettre jusques au temps que vous me marquez, auquel, comme à toute l'éternité je désire être, en l'amour de Notre-Seigneur, mon cher Frère, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A notre cher frère notre très cher frère Jean Parre, étant de présent pour l'assistance des pauvres à Saint-Quentin.
2952. - A FRANçOIS FOUQUET, ARCHEVêQUE
DE NARBONNE
De Paris, ce 29 d'août 1659.
Monseigneur,
Votre lettre m'a fait admirer le zèle incomparable que Dieu vous donne et les peines excessives que vous pre-
Lettre 2952. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
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nez pour la sanctification de votre diocèse. Il est a souhaiter, Monseigneur, que ce zèle ardent enflamme toutes les âmes qui vous sont commises, et leur exemple tous les peuples voisins. J'ai consolation de vous le dire, parce que j'espère ce bienheureux effet de votre sainte conduite ; mais je pense vous devoir dire aussi, Monseigneur, que je crains également que vous preniez trop sur votre personne sacrée et que le corps ne puisse pas porter longtemps les fatigues que l'esprit lui donne. C'est pourquoi, Monseigneur, j'ose supplier très humblement Votre Grandeur de les modérer. L'esprit malin, qui prévoit la gloire que Dieu tirera de votre chère conservation, ne demande pas mieux que de vous voir trop entreprendre d'abord pour vous voir bientôt abattu. Et quand même Votre Grandeur aurait assez de forces corporelles pour continuer le travail commencé, il aurait aussi assez de malice de se servir de ce même travail pour lasser votre esprit, sachant bien que l'ayant une fois rebuté de vos saintes applications, il lui en ferait regarder d'autres plus agréables et moins utiles, au lieu que, si vous avez agréable d'aller doucement en besogne, vous étendrez bien loin et bien au large les fruits de vos fonctions apostoliques.
Je supplie très humblement Votre Grandeur de pardonner à son vieil et ancien serviteur la liberté qu'il se donne de lui parler ainsi.
Quant au commandement que vous nous faites, Monseigneur, de vous envoyer quelques ouvriers, je l'ai reçu avec respect et soumission. On m'avait déjà demandé quelques prêtres de votre part, mais j'entendais que c'était de ceux de notre Assemblée des mardis. Mais, puisque vous les voulez de notre compagnie, nous tâcherons, Monseigneur, de vous en envoyer deux au temps que vous me faites l'honneur de me marquer.
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Dieu nous rende dignes de vous obéir et de répondre à vos saintes intentions ! Je désire particulièrement cette grâce pour moi, qui suis, en son amour...
2953. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
De Paris, ce 29 août 1659.
Vincent de Paul annonce à Edme Jolly qu'il a reçu sa lettre et l'engage à ménager sa santé. Il est très reconnaissant au cardinal de Gênes de ses innombrables bienfaits. Le désir qu'a ce prélat de procurer une maison à Rome aux prêtres de la Mission et le mal qu'il se donne pour la trouver feront qu’ils le regarderont comme leur double fondateur et le révéreront comme un père et un grand saint.
...Nous attendons le plan du palais que Mgr le cardinal Bagni désire vendre, et de Dieu la grâce de mériter la bienveillance dont il vous honore, et tous ces autres seigneurs les cardinaux qui daignent s'intéresser à votre établissement. J'ai envoyé votre lettre à Madame la duchesse d'Aiguillon, afin qu'elle voie ce que vous avez fait pour sa fondation de Lorette.
2854. - A JEAN MARTIN, SUPéRIEUR, A TURIN
De Paris, ce 29 d'août 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai appris, par votre lettre du 16 la rechute de M. Demortier, qui le met en danger. J'en suis fort en peine, et j'attends en patience l'événement de la maladie. Plaise à Dieu de le guérir ! J'espère que cette visite lui profitera.
Lettre 2953. - Catalogue de M. Charavay. M. Charavay décrit ainsi l'original : "2 pages pleines, petit in-4°, plusieurs piqûres de vers, plusieurs mots de correction autographe, (lettre) incomplète à la fin."
Lettre 2954. - L. s. - Dossier de Turin, original.
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Il y a apparence que ces bons Pères qui traversent la poursuite que l'on fait à Rome en faveur d'un séminaire se maintiendront en leur abbaye (1) Plaise à sa divine providence d'en ordonner pour le mieux, comme aussi du palais d'où vous êtes proche, qui est à la disposition du Pape et duquel Mgr le marquis (2) doit parler à Mgr le nonce, pour représenter à Sa Sainteté le grand bien qu'elle fera de l'appliquer audit séminaire, afin d'y recevoir et instruire les curés et autres ecclésiastiques du pays ! Comme c'est là une œuvre de Dieu, il le faut beaucoup prier pour cela et pour ôter de nous, s'il lui plaît, tout ce qui nous rend indignes de contribuer à ses desseins. Si sa divine bonté se veut servir de nous pour ledit séminaire, nous tâcherons de vous envoyer les hommes qu'il faudra.
Je suis, du cœur que Dieu seul connaît, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Martin.
2955. - A JACQUES PESNELLE
De Paris, ce 29 d'août 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je réponds à la vôtre du 12. Je loue Dieu de vous avoir adressé un juif pour en faire un chrétien, et, comme j'espère, un bon chrétien.
Il est juste de donner à vos juges le temps qu'ils de-
2. Le marquis de Pianezze.
Lettre 2955. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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mandent pour juger votre différend, puisque ce n'est que pour mieux pénétrer la matière et vous rendre justice.
Le détachement que Dieu vous donne des biens de la terre vaut plus que tout ce qu'elle a de précieux. Vous aurez le mérite devant Dieu d'avoir choisi la meilleure part entre vos frères, en le prenant lui seul pour votre héritage ; et cela n'empêchera pas que vous n'ayez aussi votre part en la succession de feu M. votre père. Nous tâcherons d'y résoudre ces bons Messieurs. Dieu vous conserve et bénisse !
Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Pesnelle, supérieur des prêtres de la Mission de Gênes, à Gênes.
2956. - A TOUSSAINT LEBAS, PRêTRE DE LA MISSION,
A AGDE
De Paris, ce 29 d'août 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Puisque Thierry est résolu de se retirer, il vaut mieux que ce soit plus tôt que plus tard, attendu qu'il fait plus de mal que de bien. J'ai déjà prié M. Durand de le renvoyer (1)
Si ce bon garçon Isaac Martin, que vous avez reçu en
Lettre 2956. - L'original a été communiqué par M. Jean Moore, prêtre de la Mission, supérieur de l'établissement de Brooklyn. le post-scriptum est de la main du saint.
1. Le secrétaire avait ajouté ces mots, qui furent ensuite raturés : "Je ne sais pourquoi il ne l'a pas fait."
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qualité de domestique, persévère à bien faire et à vouloir entrer en la compagnie, je consens que M. Durand le reçoive comme frère et qu'il assiste à vos exercices communs et ordinaires, ainsi que nos frères ont accoutumé (2),
Il ne faut nullement souffrir que le frère Lemoyne aille se confesser hors de la maison, à cause des fâcheux inconvénients qui en peuvent arriver. Dites-le, s'il vous plaît, à M. Durand, quand il sera de retour de Narbonne, afin qu'il détourne ce frère de cette fantaisie ; et s'il ne le peut, qu'il me le mande ; je lui en écrirai.
Il est fort vrai, Monsieur, que, si nous sommes fidèles à Dieu, rien ne nous manquera. Si ce bon homme qui veut donner à votre maison dix mille livres de bien, persiste en cette résolution, prenez avis de la manière dont il faudra faire cette donation pour la bien assurer, car elle vous pourrait être contestée.
Je n'écris pas pour cette fois à M. Durand, pour n'avoir rien à lui mander (3), et je vous écris à vous pour répondre à la vôtre du 11e de ce mois et pour me recommander à vos prières et à celles de toute la famille, que j'embrasse, prosterné en esprit à ses pieds.
Je suis en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Si ce bon frère a peine d'aller à quelqu'autre de la maison, qu'il aille à M. Durand.
Au bas de la première page : M. Lebas.
2. Le nom d'Isaac Martin ne se trouve pas sur le catalogue des frères coadjuteurs.
3. Saint Vincent se ravisa, peut-être après avoir reçu, ce jour-là même, une lettre d'Antoine Durand.
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2957. - A ANTOINE DURAND, SUPéRIEUR, A AGDE
De Paris, ce 29 août 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
M. Baillon, que vous me mandez être parti, par votre lettre du 18, n'est pas encore arrivé ici. Nous le recevrons volontiers.
Je vous compatis dans les peines que vous souffrez. Il ne se faut pas étonner des difficultés, et encore moins s'en laisser abattre. On en rencontre partout, particulièrement dans l'emploi où vous êtes. C'est assez que deux hommes habitent ensemble pour se donner de l'exercice, et, quand vous seriez seul, vous vous seriez à charge à vous-même et un sujet de patience ; tant il est vrai que notre vie est misérable et parsemée de croix. Je loue Dieu, Monsieur, du bon usage que vous faites des vôtres, ainsi que je me le persuade. J'ai trop vu de sagesse et de douceur en votre esprit pour douter qu'elles vous manquent en ces rencontres fâcheux. Au reste, vous êtes seul qui m'avez écrit ce qui se passe. Je vous puis assurer que personne ne m'a fait aucune plainte de votre conduite, et que celui que vous me nommez paraît en être satisfait, et non pas mécontent ; continuez d'agir vers lui ainsi que vous me mandez que vous faites.
Il me semble que vous avez bien fait de demander à Mgr de Narbonne (1) une déclaration comme lui-même a fait faire le bâtiment du séminaire en la manière qu'il est, étant évêque et comte d'Agde, afin de vous en servir au besoin. Vous ferez encore bien d'attendre que
Lettre 2957. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. François Fouquet.
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Mgr son successeur (2) soit arrivé, pour résoudre avec Messieurs de la ville les clauses de leur délibération. Il agira doucement avec eux en ce commencement ; et ainsi vous ne devez pas craindre que cela vous attire leur indignation.
Il est tellement vrai qu'il faut des lettres patentes du roi pour affermir votre établissement et pour l'union de vos chapelles, que sans cela vous ne tenez rien. Vous ferez donc bien de travailler à obtenir le consentement des patrons de ces chapelles, s'il y en a, et celui de Messieurs du chapitre, afin que sur iceux Mgr l'évêque fasse l'union desdites chapelles, et que sur cette union nous obtenions du roi lesdites lettres patentes ; et pour faire cela validement, il est nécessaire que mondit seigneur d'Agde ait agréable de faire un nouvel acte d'érection de son séminaire et qu'il en donne la direction perpétuelle à la compagnie, parce que cette perpétuité manque au concordat que feu M. du Chesne fit avec Mgr de Narbonne, pour lors évêque d'Agde. Je vous enverrai une copie d'un de nos autres établissements, pour servir de modèle à mondit seigneur ; et vous pourrez prendre avis de M. Laur pour les formalités qu'il faut observer pour l'union des chapelles.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Durand.
2. Louis Fouquet.
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2958. - A CHARLES BOUSSORDEC, PRêTRE DE LA M1SSION
A LA ROSE
De Paris, ce 3 septembre 1659.
Vincent de Paul approuve les dispositions prises par Charles Boussordec pour mettre ordre à ses petites affaires et le supplie de se rendre au plus tôt à Nantes. M. Boussordec recevra là une plus longue lettre et y trouvera d'autres missionnaires, destinés comme lui à la Mission de Madagascar, ou du moins les verra arriver peu après, Dieu aidant.
...Vous vous équiperez à Nantes et nous prierons N.-S. qu'il vous y conduise heureusement et qu'il vous revête et vous anime de sa grâce et de son esprit. Je suis, en son amour, etc.
2959. - A EDME MENESTRIER, SUPéRIEUR, A AGEN
De Paris, ce 3 de septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je vous envoie la copie d'un consentement ou approbation que vous avez donné à l'union qui a été faite du prieuré de Saint-Pourçain à notre compagnie, à ce que vous ayez agréable de faire un nouvel acte devant le même notaire, ou tel autre qu'il vous plaira, qui contienne les mêmes termes, mais non la même date ; car celui-là est de l'année passée, et celui que je vous demande doit être de la présente (1) Je vous prie de me l'envoyer en diligence, car nous en sommes pressés.
Lettre 2958. - Catalogue de M. Laverdet, janvier 1854, n° 1064. L'original comprenait deux pages in-4°.
Lettre 2959. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. Edme Menestrier avait reçu le prieuré de Saint-Pourçain en commende le 3 octobre 1655.
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Je ne puis vous dire autre chose pour cette fois, sinon que je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
J'ai reçu votre lettre du 22 d'août. Le cousin de M. Fournier sera le bienvenu, s'il vient ici.
Au bas de le page : M. Edme.
2960. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
5 septembre 1659.
J'admire de plus en plus l'infinie bonté de Dieu en celle de Monseigneur le cardinal Durazzo, qui n'a point de circonférence pour nous ; nous sommes l'objet de toutes ses bontés. Nous devons nous humilier beaucoup et nous confondre en vue des obligations éternelles que nous lui avons. J'avoue que c'est tout ce que nous pouvons faire pour ne tomber tout à fait dans l'ingratitude ; et je prie Notre-Seigneur qu'il nous rende moins indignes que nous ne sommes de rendre à Dieu les petits services pour lesquels Son Eminence nous honore de la grâce de sa bienveillance et de ses bienfaits, et qu'enfin sa divine Majesté soit elle-même sa récompense.
Nous attendons la dernière résolution qui sera prise sur le traité du palais que Monseigneur le cardinal Bagni veut vendre.
Lettre 2960. - Reg. 2, p. 248.
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2961. - A FIRMIN GET, SUPéRIEUR, A MONTPELLIER
Paris, 5 septembre 1659.
Je ne doute pas que les affaires ne vous étonnent, tandis que vous n'en avez pas encore la connaissance. Tous les commencements sont un peu étranges, mais il faut avoir patience ; cette nouveauté sera bientôt passée, et peu à peu vous trouverez de la facilité aux choses qui vous paraissent à présent obscures, et Notre-Seigneur, qui vous en a donné le soin, vous donnera aussi l'intelligence requise pour y accomplir sa volonté. Je ne suis en peine que de votre santé ; faites, je vous prie, tout ce que vous pourrez pour vous bien porter.
2962. - A JEAN MARTIN
De Paris, ce 5 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 23 août, et je commence à vous y répondre par où vous finissez. C'est touchant les nouveaux ouvriers que vous demandez, que nous ne pouvons vous envoyer pour le présent, ayant à remplir deux nouveaux établissements (1) et à faire partir quelques prêtres pour Pologne, capables d'enseigner, à cause que depuis peu la reine a donné un bénéfice de 4 ou 5 000 livres de revenu pour un séminaire ; ce qui nous empêchera de vous secourir si tôt. C'est pourquoi je vous prie, Monsieur, d'avoir patience et de ménager les hom-
Lettre 2961. - Manuscrit de Marseille.
Lettre 2962. - L. s. - Dossier de Turin, original.
1. Ceux de Narbonne et de Notre-Dame-de-Bétharram.
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mes que vous avez, comme je sais que vous faites, grâces à Dieu ; dont je suis si consolé que je ne sais comment ce mot m'a échappé. Continuez de les conduire selon votre sagesse et suavité ordinaires.
Il y a sujet de croire que l'inquiétude de M. Dem[ortier] provient de son infirmité corporelle, et qu'à mesure que son corps se rétablira, son esprit se trouvera paisible et content, surtout dans l'occupation que les missions lui vont donner. Que si le contraire arrive, vous pourrez voir avec M. Jolly ou M. Pesnelle d'en faire un échange pour un de leurs prêtres. Je prie Notre-Seigneur, Monsieur, qu'il vous fortifie à la ville et aux champs, pour le corps et pour l'esprit, puisqu'il plaît à Dieu de vous donner de la peine partout et en toutes les manières. C'est ainsi que sa providence traite ceux qu'il aime, particulièrement ceux qui ont le soin des autres, qui portent tout le faix.
Nous avons eu plusieurs malades, et quelques-uns à l'extrémité, qui se portent tous mieux, grâces à Dieu, en qui je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, supérieur des prêtres de la Mission de Turin, à Turin.
2963. - A JACQUES PESNELLE
De Paris, ce 5 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 19 d'août. Les vacances que vous proposez, [c']est une chose fort délicate. Si on les
Lettre 2963. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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accorde à quelques-uns, comme il y a quelquefois raison de le faire, les autres pensent avoir droit de les demander ; et si on les donne une fois, on prétend de continuer toujours, en sorte que c'est ouvrir la porte aux plaintes que de la fermer à cet usage. Nous avons pourtant été obligés de le faire ici, où, du commencement, nous avons permis qu'on allât çà et là se promener pendant plusieurs jours, une fois l'an ; mais nous fûmes obligés de réduire cela à un jour de chaque semaine, auquel on s'allait divertir à une, deux et trois lieues loin. Mais les inconvénients arrivés en l'une et en l'autre manières nous ont contraints de retrancher ces sorties, particulièrement depuis que nous avons fait enfermer quatre-vingts arpents de terre, qui font un espace assez grand pour se récréer. Néanmoins nous avons souffert que les écoliers soient une fois allés passer quelques jours en une de nos fermes ; mais ils s'y comportèrent si mal que je n'ai plus voulu permettre qu'on y soit retourné ; et encore fraîchement qu'on m'a pressé sur cela, j'ai tenu ferme, par la grâce de Dieu. Je ne veux pas dire que ce que nous faisons ici, vous le fassiez de delà. Vous êtes logés trop étroitement pour n'envoyer pas les vôtres prendre un peu au large quelque honnête divertissement. Toutefois, avant de résoudre cette question, je vous prie de me mander comment font les Jésuites, les Pères de l'Oratoire et les Théatins de Gênes, si leurs écoliers ont des vacances et où ils vont. C'est un pas fort glissant que celui-ci. On n'a pas sitôt donné une liberté qu'on en demande une autre ; et vous le voyez en ce qu'ayant donné 15 jours de relâche à vos étudiants, il y en a qui veulent aller à Notre-Dame-de-Savone, et une autre année ils voudront aller à Milan ou ailleurs. Ils tireront cela en coutume, et d'un abus on passera à plusieurs, et enfin au désordre. Voilà où cela va.
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Quant à la difficulté où vous vous trouvez pour le soulagement de M. Simon, je pense que vous ferez bien de le décharger du séminaire interne et de ne lui donner qu'une leçon à faire ; ce sera assez avec l'office d'assistant qu'il doit exercer. Pour l'autre leçon, vous prierez M. Philippe de la faire, et tous deux de ne donner point des écrits ; vous les en prierez même de ma part. Je sais bien qu'il est quelquefois bon et qu'ils auront peine de s'empêcher de donner quelques notes ; mais la suite est à craindre, qui est que peu à peu on en vient à donner des écrits tout entiers, qui, pour bons qu'ils soient, ne valent jamais mieux [que ce] qu'on trouve (1) dans les livres. Il vaut donc mieux qu'ils s'en abstiennent entièrement.
Pour le séminaire interne, je persiste à vous prier d'en donner la direction à M. Pinon, au cas que M. Simon soit de cet avis (2), Cet emploi obligera ledit sieur Pinon de faire plus d'attention sur soi pour bien édifier toute la maison. Les raisons contraires que vous me mandez ne doivent pas empêcher d'en faire un essai ; car nous ne pouvons vous envoyer personne plus propre, ni qui parle italien, comme il est nécessaire.
Je vous ferai savoir au premier jour si vous devez entrer en partage avec Messieurs vos frères, ou vous contenter d'une pension.
Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Pesnelle, supérieur des prêtres de la Mission, à Gênes.
1. Rédaction primitive : ne valent jamais ceux qu'on trouve. Le saint a ajouté de sa main le mot mieux.
2. Rédaction primitive : au cas que M. Simon n'ait pas trop de peine à la quitter. La correction est de la main du saint.
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2964. - A L'OFFICIAL D'ARRAS
De Paris, ce 6 septembre 1659
Monsieur,
Je vous renouvelle ici les offres de mon obéissance et le très humble remerciement de la grâce que vous nous faites de nous considérer dans les occasions. En voici une, Monsieur, qui regarde deux personnes de votre diocèse et de notre compagnie, nommées François Monvoisin et Ignace Boucher, qui sont en âge et en état d'entrer dans les ordres sacrés. Ils ont fort bien étudié tous deux en philosophie et en théologie. Monvoisin n'a encore que la tonsure, mais il est sage et vertueux ; nous n'avons remarqué en lui aucun défaut depuis qu'il est parmi nous. Je vous supplie très humblement de lui accorder un dimissoire ad omnes, et à notre frère Boucher un autre pour les ordres sacrés. Il travaille aussi à la vertu. Il a paru en lui quelque jeunesse (1); mais depuis quelques années il se comporte en sorte qu'il y a sujet d'espérer qu'il sera un bon ecclésiastique, aussi bien que Monvoisin. Si vous avez agréable de leur faire la faveur que je vous demande, je vous supplie très humblement que ce soit au plus tôt, parce qu'il se présente occasion de les employer pour le service de Dieu et le salut des âmes.
J'écris à la sœur Marguerite (2) qui vous rendra la présente, qu'elle les retire de votre secrétaire et paye les droits.
Si nous pouvons vous servir de deçà, Monsieur, en reconnaissance des effets que nous recevons de votre
Lettre 2964. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
2. Marguerite Chétif.
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bonté, ce sera de grand cœur, car c'est ainsi que je suis, Monsieur...
2965. - AU FRèRE JEAN PARRE
De Paris, ce 6 septembre 1659.
Mon cher Frère,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Les dames ne vous ont rien ordonné de nouveau ; elles s'attendent que vous verrez quelques endroits les plus propres et les plus nécessiteux, pour y distribuer quelques semences.
M. Delahaye, doyen de Noyon, a recommandé un pauvre gentilhomme, nommé M. Sablonnière, disant qu'il a été ruiné par le camp volant campé à Miremont (1) qui lui a pris ses bestiaux et ses meubles et dissipé ses blés. Les dames voudraient savoir de vous si cela est vrai, s'il ne reste rien à ce pauvre gentilhomme pour se remettre ni pour subsister, s'il a des enfants et combien. Mandez-nous, s'il vous plaît, tout ce que vous en pourrez apprendre.
Je vous envoie un billet qu'on m'a écrit touchant une chapelle ruinée, que l'on désire que vous fassiez rétablir. Si vous y pouvez quelque chose, à la bonne heure.
Je suis, en N.-S., mon cher Frère, votre très affectionné serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A notre frère le frère Jean Parre, de la congrégation de la Mission, à Saint-Quentin.
Lettre 2965. - L. s. - Dossier de la Mission, copie prise sur l'original chez M. Charavay, qui l'a mise en vente en 1880.
1. Peut-être Miraumont, petite localité de l'arrondissement de Péronne.
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2966. - A MADEMOISELLE DE CHANDENIER
6 septembre 1659.
Mademoiselle de Chandenier est assurée par son serviteur Vincent qu'elle est souveraine et absolue en la maison de Saint-Lazare, et que ce bon ecclésiastique dont elle lui a écrit y sera très bienvenu pour y faire huit jours de retraite. Le reste du temps il pourra le passer au séminaire des Bons-Enfants, parce que nous avons pour règle de ne recevoir céans personne que pour ce temps-là de huit jours. Et encore est-il à désirer qu'il attende jusqu'après l'ordination, qui commencera mercredi prochain et qui occupera pendant dix ou onze jours tous nos lits et notre monde. Si néanmoins il veut assister aux exercices de Messieurs les ordinands, très volontiers nous le recevrons. Ensuite il pourra faire sa retraite ; et, en ce cas, il pourra être ici dix-huit jours.
2967. - A LOUISE DE MARILLAC
[Septembre 1659] (1)
Je prie Mademoiselle Le Gras de me mander sur qui elle jette les yeux particulièrement pour Vaux (2) qui est la maison de M. le procureur général (3) et quand elles pourront être en état de partir. Madame Fouquet presse beaucoup.
Je saurai là où loge M. le procureur du roi de la ville
Lettre 2966. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
Lettre 2967. - Dossier de la Mission, copie.
3. Nicolas Fouquet.
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et le manderai à Mademoiselle Le Gras, ainsi que les placets qu'elle demande. M.. Maillard (4) n'est point céans ; ce sera demain que je lui donnerai les placets.
L'on ne presse point le départ de Narbonne sitôt, qui est à dire, si me semble, de sept ou huit jours (5)
2968. - A JEAN DE FRICOURT,
CLERC DE LA MISSION (1), A SAINTES
De Paris, ce 7 septembre 1659
Mon cher Frère,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Vous me mandez par votre dernière que vous êtes dans le trouble, que vous n'avez affection ni pour le, règles, ni pour les exercices, et que vous espérez que j’y apporterai remède. Je veux bien le faire, mon cher Frère, et je le veux d'autant plus que votre peine m'est fort sensible, à cause de l'estime et de l'affection que j'ai toujours eues pour vous. Mais pour guérir votre mal, il le faut connaître. Pour moi, j'estime que c'est une langueur de la volonté et une paresse de l'esprit pour les choses que Dieu demande de vous. De cela je ne m'en étonne pas, parce que naturellement tous les hommes sont en cet état. Et si vous me demandez : d'où vient donc la différence qui est entre eux, les uns étant fervents et les autres lâches? je réponds que ceux-là passent par-dessus les répugnances de la nature, et que ceux-
4. Procureur de la maison de Saint-Lazare.
5. Les sœurs destinées à Narbonne quittèrent Paris le 12 septembre.
Lettre 2966. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.
1. Jean de Fricourt, né à Nibas (Somme) le 7 mars 1635, entré dans la congrégation de la Mission le 20 juin 1656, reçu aux vœux à Saintes le 20 octobre 1658.
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ci ne s'efforcent pas assez de les surmonter ; que les premiers sont en paix, n'ayant pas le cœur partagé, pour l'avoir donné tout à Dieu, et que les autres sont dans l'inquiétude, à cause que, en voulant aimer Dieu, ils ne laissent pas d'aimer d'autres choses hors de Dieu; et ces choses-là sont les aises du corps, qui rendent l'âme pesante à la pratique des vertus. C'est ce qui engendre et qui nourrit la paresse, qui est le vice des ecclésiastiques. C'est l'état que Dieu a le plus en horreur. Oui, la tiédeur est un état de damnation. O mon cher Frère, que nous avons grand sujet de trembler, vous et moi, sachant que celui-là est maudit qui fait l'œuvre de Dieu négligemment ! Mon Dieu, quelle leçon nous faites-vous par les laboureurs des champs, les artisans des villes et les soldats qui vont à la guerre ! Ils travaillent sans cesse et souffrent beaucoup pour des choses qui périssent avec eux ; et nous, pour nous sauver, pour que Dieu soit honoré et servi sur la terre et que la passion de J.-C. soit efficacement appliquée aux âmes qu'il a créées pour le ciel, nous ne voulons prendre aucune peine, ni vaincre nos mauvaises inclinations ! J'appelle mauvaises toutes celles qui nous détournent des obligations de notre vocation, et cependant cette vocation, nous engageant à la suite de N.-S., nous oblige aussi de renoncer à nous-mêmes, c'est-à-dire à notre volonté, à notre jugement, à nos satisfactions, aux biens, aux parents, etc. ; ce qui se fait par l'observance de nos règles et de nos fonctions ; et alors la fidélité que nous y apporterons nous donnera le repos de l'esprit et la perfection désirée; mais il faut du courage pour frayer les difficultés. Résolvez-vous donc, mon cher Frère, pour une bonne fois de passer par-dessus vos dégoûts ; demandez souvent à Dieu la grâce de lui soumettre la partie inférieure.
Voici le temps des retraites ; j'espère que la vôtre ser-
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vira à vous détacher entièrement des plaisirs de la vie présente et à vous animer de zèle pour parvenir à l'éternelle. Le ciel souffre violence ; il faut combattre pour l'emporter (2) et combattre jusqu'au bout, les sentiments de la chair et du sang. Si vous le faites, mon cher Frère, ce ne sera plus vous qui vivrez, mais J.-C. vivra en vous, comme je l'en prie de tout mon cœur, qui suis, en son amour, mon cher Frère, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
2969. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce mercredi. [Septembre 1659] (1)
Mon très honoré Père,
Je crois qu'il est nécessaire d'envoyer quérir ma sœur Marie-Marthe (2) dès aujourd'hui. une de nos sœurs m'a fait souvenir que les sœurs nommées ne sont point de travail, excepté la sœur Carcireux ; car il est vrai que l'humeur des autres est extrêmement lente, et je craindrais que, l'ouvrage manquant à faire, cela fût cause de bruit, et aussi que, selon la disposition des choses de Cahors, je crois qu'il sera nécessaire d'y envoyer la sœur Carcireux, pour contenter Monseigneur.
Nous aurions besoin, mon très honoré Père, d'un de vos domestiques ou autres pour aller à cheval à Vaux et que notre sœur en partît demain dès la pointe du jour. Cette nécessité me fait vous être importune pour réparer la faute que j'ai faite de n'avoir songé qu'au plus grand besoin qui me paraissait en la disposition des humeurs. Il sera nécessaire que je sache votre résolution pour faire tenir le cheval prêt.
Pardonnez-moi, s'il vous plaît, toutes mes imprudences,
2. Marie-Marthe Trumeau.
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puisque je suis, mon très honoré Père, votre très obéissante et très humble servante.
L. DE MARILLAC.
2970. - A LOUIS RIVET, SUPéRIEUR, A SAINTES
De Paris, ce 9 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu vos lettres des 6 et 20 août, qui ne requièrent pas d'autre réponse que celle que M. de La Noue vous fait touchant le bénéfice de M. Martin, sinon que je vous remercie de la prise de possession et des autres soins que vous en avez pris.
Vous me mandez que le médecin vous presse d'aller prendre des eaux ; si vous ne l'avez fait, je vous prie de le faire, car M. Dehorgny ira en Bretagne avant d'aller chez vous ; il est encore au Mans et pourra être à Richelieu lorsque vous recevrez la présente. Faites, je vous prie, tout ce que vous pourrez pour vous bien porter ; Dieu sera honoré de votre santé, et la compagnie fort consolée.
Nous avons quelques malades. Messieurs Boucher et Perraud l'ont été à l'extrémité ; mais, grâces à Dieu, ils se portent tous mieux.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUT,
i. p. d. l. M.
Lettre 2970. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.
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2971. - A DENIS LAUDIN, SUPéRIEUR, AU MANS
De Paris, ce 10 septembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
La proposition de M. d'Eu dont vous me parlez par votre lettre du 3, me met en peine, car je vois plusieurs difficultés en l'exécution, dont les principales sont : 1° que les habitants de Champfleur (1) perdraient beaucoup si ce bon serviteur de Dieu les quittait ; et comme nous nous sommes donnés à Dieu pour le service de son Eglise, ces âmes-là nous doivent être aussi chères que d'autres, et nous devons faire en sorte que les bons pasteurs gardent leurs paroisses ; 2° il y aurait du vice à donner cette cure à M. Brochard, sachant qu'il ne la veut pas garder ; et puis nous ne savons pas quel serait le prêtre à qui il la remettrait ; et en troisième lieu, M. d'Eu tomberait en la même faute s'il acceptait la cure de Notre-Dame-des-Champs (2) avec dessein de s'en défaire, surtout si c'était pour la résigner à M. Pangois, ne sachant pas si elle serait pour l'oncle ou pour le neveu. Voilà, Monsieur, ce que je vous en puis dire pour le présent. Je penserai encore à cet affaire, et, s'il me vient d'autres pensées, je vous le ferai savoir.
Je consens volontiers que vous acceptiez l'offre que vous fait M. Guy de travailler en vos missions, au moins pour quelque temps, et, selon ce qu'il s'y comportera en ce moment, vous en userez à l'avenir dans le besoin.
Lettre 2971. - L. s. - Dossier de Turin, original.
1. Petite commune de l'arrondissement de Mamers (Sarthe).
2. Notre-Dame-des-Champs fait aujourd'hui partie de la commune de saint-Jean-d'Assé (Sarthe).
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M. Dehorgny m'a écrit de rappeler le frère Taillié et de vous envoyer un autre clerc à sa place. Il nous sera difficile d'en trouver un tel qu'il le marque ; nous ferons néanmoins ce que nous pourrons.
Votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Au bas de la première page : M. Laudin.
2972. - A LOUIS DUPONT, SUPéRIEUR, A TRéGUIER
De Paris, ce 10 septembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 22 d'août. Je m'en vas envoyer présentement à M. Caset, supérieur de notre maison de Toul, celle que vous lui écrivez, et je vous en ferai tenir la réponse sitôt que je l'aurai reçue.
Voici celle que M. l'abbé Brisacier vous fait, que j'ai reçue de Rome, où il est, par le dernier ordinaire.
M. Dehorgny est à présent à Richelieu, comme je crois, ou du moins sur le point de partir du Mans pour y aller, à dessein d'aller ensuite à Saint-Méen et puis à Tréguier.
J'espère que vous préparerez la voie à sa visite et que N.-S. y donnera bénédiction, comme il en donne par sa grâce à votre conduite. Je le prie qu'il vous donne les forces de corps et d'esprit nécessaires pour lui continuer longuement vos bons services.
Lettre 2972. - L. s. - Bibl. publique et universitaire de genève, ms. fr. 202, original.
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Je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Au bas de la première page : M Dupont.
2973. - LOUIS ET CLAUDE DE CHANDENIER,
A SAINT VINCENT
Ce 10 septembre 1659, de Moutiers-Saint-Jean.
Monsieur et très honoré Père,
L'affection que nous savons que vous avez pour nous, nous fait croire que vous aurez consolation d’apprendre que nous sommes arrivés heureusement en ce lieu dimanche passé avec la bonne et agréable compagnie que vous. nous avez donnée, pour en partir, Dieu aidant, demain pour Tournus et continuer ensuite notre pèlerinage que nous espérons de ce bon commencement nous devoir être heureux, par le secours de vos saintes prières, que nous sommes bien assurés ne nous devoir pas manquer
Nous croyons aussi Monsieur et très honoré Père, que vous serez bien aise d'apprendre des nouvelles du Père de Gondi, auquel nous n'avons pas voulu manquer de rendre nos très humbles respects, pour diverses considérations, mais principalement par celle de l'affection que nous savons que vous avez pour sa maison et spécialement pour sa personne. Il a une santé et une vigueur qui n'est point d'un homme de 78 ans, et qui nous dit n'avoir qu’une année moins que vous. Il nous fit l'honneur de nous recevoir comme aussi Messieurs nos chers confrères, avec beaucoup de cordialité et témoignage de joie des petits respects que notre devoir nous avait obligés de lui rendre mais particulièrement de ce que nous lui dîmes de votre santé et de la continuation de vos exercices ordinaires.
Nous supplions la divine bonté, mais d'un cœur dont nous ne pouvons vous exprimer la tendresse qu'il vous conserve heureusement tout le temps que la Sagesse éternelle a destiné vous employer au service de son Eglise. Ce sont les souhaits,
Lettre 2973. - L. a. - Dossier de la Mission, original.
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Monsieur et très honoré Père, de vos très humbles et très obéissants serviteurs et enfants.
CL. DE ROCHECHOUART.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Congrégation de la Mission, à St-Lazare, à Paris.
2974. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
De Paris, ce 12 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je vous envoie la lettre que m'a écrite Madame la duchesse d'Aiguillon touchant sa fondation de Lorette, où vous verrez son intention.
J'ai reçu, avec votre lettre du 18 d'août, le bref touchant les dernières grâces obtenues du Saint-Siège. Dieu en soit loué et soit lui-même votre remerciement pour les peines que vous y avez prises ! Je me donne l'honneur d'en faire les lettres de reconnaissance à Mgr le cardinal Brancaccio et au R. P. Hilarion, à qui après Dieu nous en avons la principale obligation.
J'écris aussi à Messeigneurs les cardinaux Durazzo et Bagni, selon votre avis, et avec grand sentiment des grâces qu'ils nous font au sujet de la maison. Nous attendons que le contrat en soit passé, pour avancer de notre côté ce qu'il faudra.
Nous ferons collationner les copies du bref qui regarde les conditions du vœu de pauvreté, par un notaire apostolique, et en enverrons une en chaque maison, ou
Lettre 2974. - L.s. - Original communiqué par Mademoiselle Reine Dousinelle, de Caestre (Nord).
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par le visiteur, ou bien par les postes, avec une lettre circulaire que je leur ferai pour les disposer à les recevoir. Si vous voulez cependant en donner connaissance à votre famille, faites-le ; cela sera mieux. Je viens de faire réflexion qu'il faut que l'affaire aille régulièrement au parlement avant de distribuer céans (1)
Je n'ai pas oublié d'écrire en Poitou pour informer des fautes que les hérétiques peuvent faire en l'administration du baptême ; mais il m'a échappé de vous en mander la réponse. On m'a écrit de Saintes et de Richelieu, après une exacte diligence pour en savoir la vérité, qu'ils n'y font aucune faute essentielle et qu'ils baptisent validement.
J'écrirai à Cahors ce que vous me mandez touchant l'union de Gignac. Cependant voici une lettre de M. Cuissot et une résignation de la cure de Chavagnac.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
2975. - AU CARDINAL DURAZZO
De Paris, ce 12 septembre 1659.
Monseigneur,
Le supérieur de la maison de Rome m'ayant écrit que Votre Eminence nous continue partout les effets de son incomparable bonté, je lui fis savoir que je n'avais pas de paroles assez énergiques pour exprimer la reconnaissance que j'en ai. Et en effet, Monseigneur, j'ai cru
1. Le saint ne donna connaissance du bref à sa communauté que le 7 novembre.
Lettre 2975. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
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qu'il valait mieux garder un saint silence vers Votre Eminence que de la remercier indignement, que je devais me contenter d'ouvrir mon pauvre cœur à Dieu pour le prier de se donner lui-même la louange due à son infinie bonté pour tant de grâces que la votre nous fait, et en second lieu de s'en rendre aussi lui-même votre récompense.
Mais depuis, ayant su, Monseigneur, la peine que Votre Eminence s'est donnée de traiter d'une maison pour nous, et l'aumône considérable qu'elle nous fait et nous procure pour nous aider à la payer, je ne puis que je ne m'exclame de bonheur par écrit, dans le sentiment de joie et d'admiration d'un tel bienfait, et que je ne die : O Monseigneur, que Votre Eminence nous est bonne, qu'elle est ingénieuse pour nous obliger, abondante en bénédictions pour nous en remplir ! Jamais prélat ne nous a mieux fait connaître la suprême charité de Dieu que la vôtre, Monseigneur, qui est des plus grandes et des plus étendues entre celles que Dieu a suscitées sur la terre pour notre petite compagnie. Que pouvons-nous faire, Monseigneur, que de nous humilier devant Dieu et devant Votre Eminence en vue de notre indignité, que de publier l'excès de votre libéralité et de vos assistances, et prier incessamment N.-S. qu'il conserve longuement Votre Eminence pour le bien de toute l'Eglise, et qu'enfin il soit votre gloire infinie dans toute l'éternité !
C'est dans ce souhait et en son amour que je suis...
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2976. - AU CARDINAL BAGNI
De Paris, ce 12 septembre 1659.
Monseigneur,
Je prie Notre-Seigneur qu'il m'assiste pour faire un digne remerciement à Votre Eminence de la grâce qu'elle nous a faite de nous loger dans Rome et dans sa maison (1) et de nous relâcher une partie de sa juste valeur. De moi je n'ai point de terme qui exprime assez la reconnaissance que j'en ai ; mais j'espère, Monseigneur, que Dieu, pour lequel Votre Eminence nous a fait cette charité, en sera sa grande et éternelle récompense.
Toute notre petite compagnie sera obligée de l'en prier incessamment pour vous, comme elle l'en prie déjà ; et c'est de sa part et de la mienne, Monseigneur, que je renouvelle à Votre Eminence les offres de notre obéissance perpétuelle, priant Dieu que, s'il a agréable de tirer quelque petit service des missionnaires par les bénédictions qu'ils recevront en cette bénite maison, il en attribue le mérite à Votre Eminence, qu'il la conserve longuement au monde pour le bien de toute l'Eglise et pour la consolation particulière, Monseigneur, de son très humble et très obéissant serviteur.
2977. - AU CARDINAL BRANCACCIO
De Paris, ce 12 septembre 1659
Monseigneur,
De tous les biens que Dieu a faits à notre petite com-
Lettre 2976. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
1. Cette maison, située près de la Chambre des Députés, dont elle est aujourd'hui une annexe, a été occupée par les prêtres de la Mission jusqu'en 1913.
Lettre 2977. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
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pagnie, il me semble que celui qui nous est le plus sensible, est de l'avoir prévenue de l'honneur de votre bienveillance, de qui nous recevons tant d'insignes faveurs. Je rends mille actions de grâces à Votre Eminence, Monseigneur, particulièrement des divers brefs que le Saint-Siège nous a accordés par les sages avis et la puissante recommandation de Votre Eminence, qui se plaît à déverser son incomparable bonté vers les personnes les plus indignes, comme nous sommes, qui pourtant, Monseigneur, tâcherons de n'en être jamais ingrates, quoique nous soyons dans l'impuissance de reconnaître tant de grâces singulières que nous en avons reçues. Plaise à Dieu, Monseigneur, pour l'amour duquel Votre Eminence nous les a faites, d'en être son éternelle récompense ! Nous en conserverons la mémoire à jamais, avec un désir inviolable de lui obéir, particulièrement moi, qui suis, par la grâce de Dieu, autant que personne du monde, de Votre Eminence, Monseigneur, le très humble et très obéissant serviteur.
2978. - AU PèRE HILARION (1)
De Paris, ce 12 septembre 1659.
Mon très Révérend Père,
J'apprends quasi par toutes les lettres de M. Jolly que nous contractons tous les jours de nouvelles obligations envers Votre Révérence par les grâces indicibles qu'elle nous fait incessamment, et que depuis peu le Saint-Siège nous a accordé par son moyen deux brefs considérables ; de quoi, mon Révérend Père, je vous remercie avec tout le respect et la reconnaissance pos-
Lettre 2978. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
1. Abbé de Sainte-Croix de Jérusalem.
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sible. Mais pource que je ne suis pas digne de vous faire un remerciement proportionné à tant de bienfaits, je prie N.-S. qu’il en soit lui-même votre rétribution dans le ciel, qu'il conserve Votre Révérence longuement sur la terre et que les grands biens qu'elle y fait aillent croissant, à la gloire de Dieu et à l'édification de toute l'Eglise. Nous prierons Dieu aussi, mon Révérend Père, que, s'il lui plaît de tirer quelque petit service de la compagnie, à cause des assistances continuelles qu'elle reçoit de votre charité, sa divine bonté vous en attribue le mérite, et qu'elle nous fasse la grâce de vous rendre quelque petit service, particulièrement moi, qui vous renouvelle les offres de mon obéissance avec toute l'humilité et la reconnaissance que le peut, en l'amour de N.-S., mon Révérend Père, votre très...
2979. - A FRANçOIS FOUQUET, ARCHEVêQUE
DE NARBONNE
12 septembre 1659.
Monseigneur,
Selon votre commandement, nous faisons partir aujourd'hui trois prêtres et trois Filles de la Charité pour servir à vos saints desseins, qui auront l'honneur d'accompagner la Mère supérieure de Sainte-Marie de Toulouse, votre sœur (1) Le premier de ces prêtres, Monseigneur, se nomme M. des Jardins, qui a déjà été supérieur d'une de nos maisons qui est en Lorraine (3), et qui
Lettre 2979. - Dossier de la Mission, copie prise sur l'original en 1854 chez Laverdet..
1. La Mère Marie-Thérèse Fouquet, professe du premier monastère de Paris, l'aînée des cinq sœurs que l'archevêque de Narbonne avait à la Visitation.
2. La maison de Toul.
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est capable de toutes nos fonctions. Les autres deux n'y sont pas encore assez formés ; c'est pourquoi je mande à M. Durand qu'il les occupe au séminaire et en la paroisse d'Agde, et qu'il vous envoie à leur place Messieurs Lebas et Dolivet, qui sont plus faits pour les missions et qui entendent le langage du pays.
Nous avons fait le mieux que nous avons pu, Monseigneur, pour tâcher de vous donner une entière satisfaction, ainsi que nous y sommes obligés, et à l'égard des hommes et à l'égard des filles ; et néanmoins les uns et les autres auront besoin de la grâce de votre support ; mais aussi, Monseigneur, avons-nous sujet d'espérer qu'avec celle de votre bénédiction ils travailleront tous utilement. Je vous la demande pour eux et pour moi, humblement prosterné en esprit à vos pieds. Il y a une quatrième fille, que nous envoyons à Cahors.
Je prie l'infinie bonté de Dieu, Monseigneur, de vous conserver longuement pour sa gloire. Je suis, en son amour, avec le respect et la reconnaissance que je vous dois, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
2980. - A GUILLAUME DESDAMES, SUPéRIEUR,
A VARSOVIE
De Paris, ce 12 [ septembre ] (1) 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je ne vous écris que pour vous donner de nos nou-
Lettre 2980. - L. s. - Dossier de Cracovie, original. Le post-scriptum est de la main du saint.
1. La phrase "Nous venons d'envoyer trois prêtres et trois Filles
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velles, n'ayant rien à ajouter à mes dernières lettres, quoique j'en aie reçu une de vous par le dernier ordinaire, qui nous parle de la continuation des bontés du roi et de la reine. Dieu soit loué de leur grande piété et des saintes intentions qu'ils ont pour le salut de leurs sujets. Nous avons grande obligation de prier Dieu pour leur conservation et de nous rendre dignes de rendre à Dieu et au public les services qu'ils s'attendent de nous.
Nous n'avons plus de malades qui le soient dangereusement, comme nous en avons eu, et ceux-là se portent mieux, grâces à Dieu, comme Messieurs Boucher, Le Soudier et Perraud. Nous venons d'envoyer trois prêtres et trois Filles de la Charité à Narbonne, à 200 lieues d'ici ; il nous en faut encore pour quelques nouveaux établissements qui se présentent à faire. Quelques-uns se disposent pour le voyage de Madagascar, qui se fera vers la fin de ce mois. On nous demande des ouvriers de tous côtés ; la moisson est grande ; il faut prier Dieu qu'il suscite des hommes apostoliques pour y travailler. Conservez-vous, je vous en prie, pour cette fin, avec le bon M. Duperroy, que je salue cordialement, et qui suis de même, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Un gentilhomme de la reine doit partir à la fin du mois pour aller trouver Sa Majesté. Il me dit que Mademoiselle ..., femme de M...., médecin de Sa Majesté, ne retourne pas avant Pâques à Varsovie, et qu'il y a un
de la Charité à Narbonne" ne permet pas d'accepter comme exacte la date du 12 août marquée en tête de l'original. Les sœurs partirent le 12 septembre, et ce fut ce jour-là que le saint écrivit sa lettre.
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vaisseau de Hambourg qui partira en ce temps-là. Nous tiendrons prêts, pour partir avec lui, deux ou trois jeunes missionnaires pour s'en aller avec lui. La difficulté sera pour les sœurs de la Charité, à cause qu'on dit que la Poméranie est pleine de gens de guerre et qu'il faudra peut-être prendre le chemin de Vienne, et de là à Cracovie. Ce gentilhomme fut pris prisonnier par les Tartares, lorsque le roi mena une armée en personne contre les Cosaques.
Au bas de la première page : M. Desdames.
2981. - A LA PROPAGANDE
[septembre ] 1659 (1)
Eminentissimi e Reverendissimi Signori,
Finalmente dovendo dopo varie dilazioni partire questo autunno navi alla volta dell' isola di San-Lorenzo, vulgo Madagascar, Vincenzo di Paul, superiore generale della congregazione della Missione, oltre ai soggetti per l'avanti offerti a questa Sacra Congregazione offerisce di nuovo all' EE. VV. la persona di Nicolo Estienne, sacerdote della detta congregazione della Missione, accio degnandosi l'EE. VV. di dichiararlo missionario apostolico possa impiegarsi alla coltura di quella vigna grande e bisognosa di molti operaii. E lo riceverà per grazia singolare dall' EE. VV.
Quas Deus, etc.
Suscription : Alla Sacra Congregazione de Propa-
Lettre 2981. - L. non s. - Arch. de la Prop., Africa 16-17, Tunisi, Guinea, n° 254, f° 11, original.
1. Au bas du résumé mis au dos de la supplique se lisent les mots : "Die 23 septembris 1659 S.C. annuit."
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ganda Fide, per Vincenzo di Paul, superiore generale della congregazione della Missione.
TRADUCTION
Eminentissimes et Révérendissimes Seigneurs,
Vincent de Paul, supérieur général de la Congrégation de la Mission, ayant appris qu'un navire doit enfin, après plusieurs délais, partir, cet automne, pour l'île Saint-Laurent vulgairement Madagascar, présente de nouveau à Vos Eminences, outre les sujets précédemment proposés à la Sacrée Congrégation, Nicolas Etienne, prêtre de la congrégation de la Mission, afin que vous veuillez bien le nommer missionnaire apostolique, et ainsi lui donner les moyens de travailler à la culture de cette vigne, dont la grande étendue réclamerait beaucoup d'ouvriers. Et il regardera cette grâce comme une faveur insigne de Vos Eminences.
Que Dieu ait, etc.
Suscription : A la Sacrée Congrégation de la Propagande, pour Vincent de Paul, supérieur général de la congrégation de la Mission.
2982. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
De Paris, ce 19 septembre 1659
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 25 d'août et beaucoup de joie des bonnes relations que vous avez des missions de Leonessa (1) Dieu soit loué des grâces qu'il fait aux ouvriers et au pauvre peuple !
Lettre 2982. - Original à la maison-mère des Sœurs de la Charité de New-York, Mount St-Vincent on Hudson.
1. Petite ville de la province d'Aquila. De ce mot il ne reste plus sur l'original que les deux premières lettres, la cinquième et la sixième. Divers indices et la lettre du 18 juillet 1659 aident à le compléter.
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Je ne puis assez le remercier de ce que vous avez pris possession de la maison de Mgr le cardinal Bagni. Il y a sujet d'espérer que Dieu bénira ceux qui l'habiteront, par le mérite de ce bon seigneur qui vous l'a remise et de celui qui l’a procuré ; j’entends Mgr le cardinal de Gênes qui est admirable en sa bonté, aussi bien qu'en la confiance qu'il a en celle de Dieu. Nous n'avons donc qu'à l'admirer en toutes ses vertus, et à nous confondre de nous en voir tant éloignés, et par conséquent tant indignes de ses bienfaits. Plaise à Notre-Seigneur de couronner sa vie apostolique d'une gloire immortelle et d'être lui-même notre vertu pour répondre aux attentes de ce saint cardinal !
Nous attendons la dernière résolution de Mgr le cardinal Antoine (2) touchant l'exécution de sa fondation qu'il a acceptée pour Lorette, puisqu'il n'a pas voulu se tenir à son dernier sentiment.
Je vous envoie une lettre et un mémoire qui m'ont été adressés par M. Regnoust, docteur, qui a la direction des prêtres du Grand Hôpital (3) pour la réhabilitation d'un apostat qui est revenu à l'Eglise. Je vous prie de vous y employer.
Nous avons céans M. Le Soudier, malade depuis deux mois ; et M. Perraud, l'ayant été aussi à l'extrémité, s'est trouvé mieux pendant quelques jours ; mais l'hydropisie a succédé à la fièvre, en sorte que nous avons sujet de craindre qu'elle nous le ravisse.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly.
19 septembre 1659
Dieu, par sa grâce, veuille conduire M. Le Vacher (1) en Alger et le délivrer de ses peines, qui n'ont d'autre fondement que son imagination !
2984. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION
A SAINT-QUENTIN
De Paris, ce 20 septembre 1659.
Le saint remercie le frère Parre des messes qu'il a fait dire pour ses malades et de la chemise qu'il a envoyée et que. Perraud a revêtue.
...Dieu veuille qu'elle lui profite ! Dieu soit béni des bénédictions qu'il donne à la dévotion de Notre-Dame-de-la-Paix et aux soins que vous en avez !
2985. - A LOUIS RIVET, SUPéRIEUR, A SAINTES
De Paris, ce 21 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 10 J'en ai reçu aussi .de M. Boussordec, qui est arrivé à Nantes. M. de La Noue doit rembourser les frais que vous avez faits pour M. Martin, et pour cela vous lui en enverrez, s'il vous plaît, le mémoire.
Lettre 2983. - Manuscrit de Marseille.
1. Philippe Le Vacher.
Lettre 2984. - L'original, qui comprend une page in-8°, a été mis en vente en 1855. M. Laverdet le signale dans un de ses catalogues.
Lettre 2985. - Dossier de la Mission, copie du XVII° siècle.
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J’ai reçu depuis peu une lettre de M. Daveroult, où son esprit paraît tel que l'on vous l'a dépeint.
Je vous ai mandé, ce me semble, que M. Dehorgny ira en Bretagne en sortant de Richelieu, où il est, et que par conséquent vous ne le verrez pas si tôt à Saintes.
Je rends grâces à Dieu de ce que votre santé est un peu rétablie ; je le prie qu'il vous la redonne entière pour le service de sa gloire.
Nous tâcherons de vous donner un prêtre au lieu du frère clerc ; mais pour le présent nous ne le pouvons, ayant besoin de ceux que nous avons pour d'autres lieux ; mais je dis grand besoin. La moisson est grande et les ouvriers sont en petit nombre.
Vous aurez de delà bientôt un bon docteur qui désire de travailler avec vous aux missions ; c'est M. Boust (1), qui est à M. le duc de la Rochefoucauld (2), Il a voulu que je vous prie, comme je fais, de le recevoir en votre compagnie et en vos emplois, pendant que ses affaires lui permettront d'y vaquer.
Nous avons M. Le Soudier malade depuis deux mois, et M. Perraud aussi ; celui-ci l'est à présent dangereusement d'une hydropisie, qui a succédé à sa fièvre continue. Le reste de cette famille est en assez bon état.
J'embrasse en esprit très affectionnément la vôtre, et je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
1. Boust, docteur en Sorbonne et chanoine de Chartres, accepta une chaire en Sorbonne, où il enseigna avec éclat.
2. François, duc de la Rochefoucauld, prince de Marsillac et gouverneur du Poitou, né le 15 décembre 1613 et mort à Paris le 17 mars 1680, connu surtout par un livre souvent réédité, celui des Réflexions ou sentences et maximes morales. (Paris, 1665, in-12).
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2986. - A JEAN DEHORGNY
De Paris, ce 21 de septembre 1659
Monsieur
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Vous savez que notre petite compagnie a pour règle, aussi bien que toutes les communautés de l'Eglise de Dieu bien réglées, que chacun peut écrire au général sans montrer sa lettre au supérieur particulier d'où il écrit, et que ledit supérieur ne doit pas voir non plus les lettres que ledit général envoie à ceux de cette maison-là. Cependant je suis averti que quelques supérieurs, qui sont peu en nombre, ont quelque peine que cela se fasse ainsi, voulant tout voir et tout savoir ; et qu'ôtant la liberté à ceux qui sont sous eux de décharger leurs cœurs et proposer leurs doutes à celui de qui seul, après Dieu, ils attendent quelque soulagement ou résolution, il arrive de fâcheux inconvénients d'une telle contrainte. C'est pourquoi, Monsieur, je vous prie de recommander à toutes nos familles où vous passerez, et même en plein chapitre, l'observance de cette règle, disant aux inférieurs qu'ils écrivent librement audit général quand besoin sera, et cachettent leurs lettres du sceau de 1a communauté ; et à chaque supérieur, qu'il leur donne des cachets, qu'il nous envoie leurs lettres sans les voir et qu'il leur rende pareillement celles qui seront cachetées du sceau du général, sans les ouvrir. Vous vous informerez exactement en chaque lieu si cela s'y pratique, et demanderez, s'il vous plaît, à chaque missionnaire en particulier s'il est libre dans cet usage, afin de m'en donner avis.
Lettre 2986. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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Je prie Dieu qu'il continue à bénir votre personne et vos visites. Je suis en lui, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Dehorgny, supérieur des prêtres de la Mission des Bons-Enfants, à Richelieu.
2987. - A DOMINIQUE LHUILLIER,
PRêTRE DE LA MISSION, A CRéCY
De Paris, ce 23 septembre 1659 (1)
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 14. J'espère que Dieu ne permettra pas que vous donniez sujet de mécontentement à aucune des personnes que vous me nommez, et que, si elles se mécontentent sans raison de votre procédé, vous profiterez devant Dieu de cette humiliation. Vous avez bien fait d'en parler à Monsieur de Lorthon, et ferez bien de faire ce qu'il vous a dit, qui est de continuer à dire votre messe à l'heure que vous avez accoutumée pour la commodité de Madame de Laval (2), dans l'espérance qu’il vous a donnée que lui et Madame de Lorthon s'accommoderont à cette heure-là. Ils ont trop de respect et de déférence pour madite dame de Laval, qui est la dame lieu pour en user autrement. Si néanmoins, Mon-
Lettre 2987. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
1. Le manuscrit de Marseille cite une phrase de cette lettre, qu'il date du 24 septembre. La lettre aurait-elle été faite le lendemain du jour où fut composée la minute?
2. Marie Séguier, fille du chancelier Séguier, veuve du marquis de Coislin, mariée en secondes noces à Guy de Laval, de la maison de Laval-Montmorency.
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sieur, ils tombaient dans la mésintelligence que vous appréhendez, vous agirez sagement de parler à Madame de Laval, et derechef à M. de Lorthon pour tâcher de les faire convenir de l'heure ; car, ce dernier étant votre fondateur, et l'autre étant ce qu'elle est, vous devez obéir à tous les deux, et par conséquent faire en sorte de ne déplaire à l'un en préférant l'autre.
2988. - A MONSIEUR DESBORDES
De Saint-Lazare. ce 24 septembre 1659.
Monsieur.
La grâce de N.-S. soit avec nous pour jamais !
Il n'y a rien que je ne doive faire de ce que vous me commandez. Je sais que vous ne désirez rien qui ne soit raisonnable ; et pour cela je prends la confiance de vous dire, Monsieur, que la chose que vous me proposez souffre difficulté. Le concile de Trente a défendu aux évêques et aux autres supérieurs des communautés religieuses de ne permettre l'entrée en leurs monastères aux personnes séculières qu'en cas de nécessité (1) Or l'entrée de Madame Collin à Sainte-Marie n'est pas de cette nature.
Je me fais violence à moi-même pour le désir que j'ai de la servir et de vous complaire. Mais vous voyez, Monsieur, qu'il y va de la discipline, en cette occasion, et d'une conséquence dangereuse, car plusieurs dames, sous divers prétextes, nous ayant demandé souvent la même chose, je leur ai fait la même réponse, même à des prin-
Lettre 2988. - L. non s. - Dossier de la Mission, minute.
1. "Dare... tantum episcopus vel superior licentiam debet in casibus necessariis." (Ses. XXV, chap. V.)
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cesses, entre lesquelles il y en a une du sang (2), Si donc je l'avais accordé à une, je ne pourrais pas m'en défendre vers les autres. Je vous supplie, Monsieur, de m'en excuser et de faire mes excuses à Monsieur et à Madame Collin, pour qui j'ai grand respect et grande affection de les servir. Pour vous, Monsieur, vous savez à quel point je suis, en l'amour de N.-S....
2989. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
De Paris, ce 26 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre chère lettre du 1er de septembre. Nous devons trois grands remerciements pour la nouvelle aumône qui vous a été faite pour aider à payer la maison acquise : le premier à Dieu, le second à Mgr le cardinal Durazzo et le troisième au seigneur Emmanuel Brignole, à qui je me donnerai l'honneur d'écrire pour cet effet.
Je suis bien aise de ce que vous avez fait présenter au Pape le livre de M. Abelly (1), et des choses que vous me mandez sur ce sujet. J'ai communiqué votre lettre à M. Abelly, et nous avons estimé que, puisqu'on ne doute pas de delà des opinions qu'il a soutenues, et qu'on s’attache plutôt à la lecture des lois et des canons que des autres matières, particulièrement de celle de ce livre, il servirait de peu de le traduire en latin. C'est pourquoi, Monsieur, il suffira que vous fassiez la distribution des exemplaires que vous avez en notre langue
2. Voir lettre 2237. Mlle de Bouillon, VI, 265,
Lettre 2989. - L. non s. - Dossier de la Mission, original. Le post-scriptum est de la main du saint.
1. Voir lettre 2900. Il s’agit du livre : Deffence de la hiérarchie de l’Eglise et de l’authorité légitime de notre Saint-Père le Pape et de Nosseigneurs les évesques contre la doctrine pernicieuse d’un libelle anonyme
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aux seigneurs qui l'entendent, que vous jugerez plus capables de goûter et de soutenir la doctrine qu'il contient ; et si vous en désirez davantage, nous vous en enverrons.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Je vous prie, Monsieur, de nous donner des nouvelles de la santé de notre Saint-Père, qui nous est si précieuse, et pour laquelle nous prions Dieu incessamment.
Suscription A Monsieur Monsieur Jolly.
2990. - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES
De Paris, ce 26 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre lettre du 9 septembre. Dieu soit loué de ce que la proposition de Corse s'achemine à l'exécution, et cela doucement, sans choquer la compagnie dont vous m'avez parlé ! Si on vous presse, mandez-le-moi, et si on ne vous presse pas, ne pressez pas de votre côté, que pour tenir les choses en état (1), à cause de la difficulté présente où nous sommes d'envoyer les hommes qu'il faut pour cette mission, ceux que nous avons étant engagés ailleurs et nécessaires pour deux nouveaux établissements qu'il nous faut remplir.
Je vous dis la même chose sur ce que vous me demandez un prêtre à la place de M. Lejuge, qui s'en va à
Lettre 2990. - Dossier de la Mission, minute.
1. Rédaction primitive : ne sollicitez point de votre côté à cause. La saint a corrigé de sa main.
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Rome. Je vous prie de faire comme vous pourrez, en attendant que nous soyons en état de vous secourir.
Si M. Philippe, qui doit être régent de vos séminaristes externes, peut aussi être leur préfet, il vaudra mieux lui donner cet office qu'au frère de Lagrange (2).
Vous proposez de donner le soin de la procure pendant les missions à M. Carlo Francisco ; à quoi j'ai bien de la peine de consentir, étant encore du séminaire ; car il vaudrait mieux, et beaucoup mieux, donner cet emploi à un autre qui ait achevé ses deux années. Toutefois, si vous n'avez personne propre qui puisse y vaquer, vous ferez comme vous jugerez à propos.
Messieurs vos frères m'ont fait l'honneur de me venir voir. Ils vous écrivent à peu près les mêmes choses qu'ils m'ont dites et s'offrent de vous donner votre part. Selon cela, vous leur pourrez mander que votre intention est de la... (3).
Au bas de le première page : M. Pesnelle.
2991. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION,
A SAINT-QUENTIN
27 septembre 1659.
Vincent de Paul déclare au frère Jean Parre qu'il n'a rien à lui dire.
...Nous avons M. Soudier malade dangereusement et
2. Robert de Lagrange, né à Lille le 1er novembre 1636, entré dans la congrégation de la Mission le 19 octobre 1655, reçu aux vœux le 19 octobre 1657.
3. La phrase se continuait sur une seconde feuille, que nous n'avons plus.
Au bas de la deuxième page, saint Vincent a, de sa main, écrit les mots : "Répondre que, sa demeure en Italie et ses emplois ne lui permettant pas de se porter sur les lieux, il se contentera d'une telle pension."
Lettre 2991. - Ce résumé d'une page in-8° de texte nous est donné par un catalogue de M. Laverdet, qui a mis l'original en vente.
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M. Perraud aussi. Je les recommande tous deux à vos prières.
2992. - A JEAN DEHORGNY
De Paris, ce 28 septembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Dieu soit loué de votre heureuse arrivée à Richelieu avec M. Le Blanc (1), ainsi que je l'ai apprise par votre lettre du 20, et qu'il a plu à sa divine bonté changer en mieux l'indisposition de Monsieur l'archidiacre, et à sa providence de le faire rencontrer chez nous lorsque le mal le prit, pour nous donner occasion de lui rendre quelque petit service ! J'espère que la maison n'aura rien épargné pour son soulagement et sa consolation.
Nous attendons ici M. Ferot, qui sera le bienvenu ; il faudrait que M. de Beaumont prît la peine de me mander les choses dont je le dois avertir. Nous tâcherons de lui envoyer quelqu'un pour prêcher dans les missions et d'en envoyer un autre au Mans, où vous avez travaillé avec lui. Dieu en soit loué !
Il me semble que je vois et que je touche ce que vous m'avez écrit en particulier d'un chacun. Plaise à Dieu de faire à tous la grâce d'aller de bien en mieux, et à toute la compagnie de croître en nombre et en vertu ! Nous reconnaissons plus que jamais le grand besoin qu'elle a de bons ouvriers et de la grâce de Dieu pour répondre à ses desseins. Priez-le, s'il vous plaît, et le faites prier pour cela.
J'écrirai à M. Laudin qu'il dispose les choses pour l'ordination.
Lettre 2992. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. Georges Le Blanc.
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Nos malades sont en danger ; je veux dire Messieurs Le Soudier et Perraud. Je les recommande à vos prières et je m'y recommande moi-même, qui suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Dehorgny, prêtre de la Mission, à Richelieu.
2993. - A UN JEUNE HOMME DE DAX
29 septembre 1659.
A ce jeune homme, qui lui avait demandé sa protection en mettant en avant des liens de parenté, le saint déclare qu'il fera pour lui ce qu'il ferait pour son propre frère. Il se dit indigne de le compter parmi les membres de sa famille, vu qu'il est "sorti d'un pauvre laboureur" et que son "premier métier a été de garder les bestiaux de son père".
2994. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
[Entre le 12 septembre et le 3 octobre 1659] (1)
Vincent de Paul annonce à M. Jolly qu'il va lui envoyer, pour aider à dresser l'acte d'approbation, le règlement des Filles de la Charité, l'approbation que le cardinal de Retz en fit à Rome, une copie des lettres patentes et de l'enregistrement au Parlement.
Lettre 2993. - Collet, op. cit., t. 2, p. 195.
Lettre 2994. - Dans son catalogue de janvier 1854, M. Laverdet écrit au sujet de cette lettre : "Lettre autographe sans date, demi-page, petit in-4°." C'est à lui que nous empruntons l'analyse et l'extrait ci-dessus.
1. Cette lettre a été écrite peu de jours après le 12 septembre 1659, date du départ des sœurs pour Narbonne, et avant que le saint eût résolu de différer au printemps l'envoi des Filles de la Charité destinées à la Pologne, par suite avant la lettre 2996.
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...Nous venons d'en faire partir quatre, partie pour Narbonne et partie pour Cahors, et dans peu de jours pour la Pologne... M. Etienne se dispose pour Madagascar
2995. - A GABRIEL DELESPINEY
De Paris, ce 3 octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai su que vous avez pris la peine d'aller à Grignan (1) établir la Charité, tout incommodé que vous êtes. Je serais bien marri si cet effort avait augmenté votre mal ; ce qu'à Dieu ne plaise ! Comment vous trouvez-vous depuis ce voyage et comment se porte M. Cornier de sa diarrhée ? J'espère de la bonté de Dieu qu'il l'en aura délivré ; autrement, il faut penser à quelque remède. De le faire revenir ici, la distance des lieux, ni cette sorte d'infirmité, ne le permettent pas. Et puis cette maladie est fréquente de deçà ; nous en avons M. Le Soudier si abattu que nous avons sujet de craindre s'il en relèvera. On dit qu'à la campagne beaucoup de gens en sont atteints. M. Durand me mande qu'il en est de même du côté d'Agde, et que lui-même en a eu sa part. Il ne faut donc pas penser de l'envoyer là. Puisque c'est un mal commun, je pense que le meilleur remède est la patience et le régime. Néanmoins, Monsieur, voyez si l'air des champs lui serait meilleur que celui de la ville. Envoyez-le en quelque paroisse des environs pour y passer quelques jours et voir si son dévoiement cessera. J'ai vu autrefois que les parents de feu M. Tratebas reçurent en
Lettre 2995. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. Canton de la Drôme. C'est là que Madame de Sévigné finit ses jours.
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leur maison M Portail et quelques autres pendant que la peste était à Marseille (2) ; peut-être qu'ils seront bien aises d'exercer à présent la même hospitalité vers M. Cornier, si vous les en priez, en considération de ce cher défunt.
Mgr l'évêque de Pamiers (3) m'a écrit pour un pauvre esclave de son diocèse, qui est à Tripoli, nommé Jean Castres, du lieu de Saurat (4), âgé de 25 ans. Il est détenu, à ce qu'il me marque, au château du gouverneur de Tripoli. Je vous prie, Monsieur, de faire en sorte que quelque marchand de Marseille écrive au consul de ce lieu-là pour en avoir des nouvelles et savoir ce qu'il faut précisément pour le délivrer. Quand vous le saurez, vous me le manderez, s'il vous plaît, ensemble par quel moyen on pourra lui faire tenir l'argent sûrement.
Au nom de Dieu, Monsieur, faites tout votre possible pour vous bien porter.
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Delespiney, supérieur des prêtres de la Mission, à Marseille.
2996. - A NICOLAS DUPERROY
De Paris, ce 3 octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je vous écris un petit mot à la hâte pour vous accuser
4. Localité de l'arrondissement de Foix (Ariège).
Lettre 2996. - L. s. - Dossier de Cracovie, original.
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la réception de votre chère lettre du 15 d'août, qui m’a fort consolé à cause de la candeur de votre aimable cœur, vivement dépeinte en si peu de lignes qu'elle contient. Je rends grâces à Dieu, Monsieur, des sentiments qu'il vous donne et du bénéfice que la reine a mis en vos mains pour donner moyen à la compagnie de servir les peuples, ce qui nous obligera d'envoyer de delà plus de missionnaires que nous n'avions dessein, mais il y a difficulté de les envoyer avant le printemps, ainsi que je l'écris à M. Desdames. Cependant je vous prie d'avoir patience, quoique vous ne fassiez pas le bien que vous voudriez en cette propositure (1), et de considérer que le 'bon Dieu se contente de celui que vous faites ailleurs, en attendant mieux ; que vous n'êtes chargé de ce bénéfice que pour répondre aux desseins que sa divine bonté a sur la compagnie pour l'avancement de sa gloire, et que, s'il était tombé en d'autres mains, il aurait peut-être servi à faire le contraire. Dieu vous a prévenu de trop de grâce pour craindre la tentation dont vous parlez. Vous êtes à Dieu, et Dieu est à vous. Oh ! quel bonheur ! Il comprend tous les bonheurs, en sorte que tout ce qui ne tend pas là n'est que douleur et désolation. Notre-Seigneur, par sa grâce infinie, vous remplira de son esprit pour aider efficacement les âmes à se détacher des créatures et s'unir à leur souverain bien. Oh ! que j'ai de joie, Monsieur, de savoir l'éloignement que vous avez pour le monde et pour les choses du monde qui périssent, pour ne vivre que de la vie de Jésus-Christ, qui pour cela vous a attiré à son service et appelé en Pologne, où j'espère qu'il fera voir de plus en plus que c'est pour y étaler ses divines vertus et y magnifier ses bontés infinies ! Je l'en prie de tout mon cœur,
1. Propositure, charge publique.
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qui suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Duperroy, prêtre de la Mission, à Varsovie.
2997. - JEAN DEHORGNY, A SAINT VINCENT
Monsieur
Je crois que Mademoiselle Le Gras ferait grande charité ; aux malades de cette ville de Richelieu et à nos deux sœurs qui y demeurent, si elle envoyait deux autres sœurs, ou pour le moins une, pour assister tant les malades que lesdites sœurs., car elles sont toutes deux au lit, depuis plus de six semaines, avec la fièvre ; et quoique, depuis cinq ou six jours, ma sœur Perrine se trouve un peu mieux, néanmoins, depuis quatorze mois qu'elle est venue d'Angers, elle n'a quasi pas eu de santé. Voilà pourquoi, si elle pouvait se remettre un peu, il. semble qu'il y aurait nécessité de la retirer d'ici, attendu que les malades demeurent sans assistance, sinon que les dames leur donnent quelque peu d'argent, ou un peu de chair crue, qui sont choses manifestement contre le règlement. J'ai été averti de plusieurs qu'il est besoin que les sœurs qui viendront ici soient un peu entrantes pour exciter les dames à visiter les malades elles-mêmes, afin que, les voyant elles soient incitées à contribuer à la dépense, attendu qu'elles retirent fort peu d'aumônes des quêtes.
Depuis la présente écrite, la fièvre a repris notre sœur Perrine.
Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
DEHORGNY,
indigne prêtre de la Mission.
Ce 3 octobre 1659
Suscription : Pour Monsieur Vincent.
Lettre 2997. - L. a. - Dossier de la Mission, original.
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2998. - A JEAN DEHORGNY, A RICHELIEU
5 d'octobre 1659
Vous m’avez mandé que la maison du Mans a besoin d'un prédicateur pour les missions, d'un autre prêtre pour la procure et un clerc pour les classes ; que la maison de Richelieu a pareillement besoin d un homme fort pour les prédications. M. Berthe, d'un autre côté, nous a dit qu'il nous fallait aussi envoyer deux prêtres à Sedan ; et il se pourra faire que vous trouverez encore d'autres maisons qui demanderont de nouveaux ouvriers. Or, le moyen de subvenir à tout cela? Cela ne se peut. Nous avons fort peu d'hommes faits et avons cependant beaucoup d'ouvrage à faire et de lieux à remplir, même quelques nouveaux établissements. Je vous dis ceci, Monsieur, afin que vous nous épargniez le plus que vous pourrez. Votre grand soin doit aller, dans les visites, à redresser ceux qui s'écartent, à donner du courage aux cœurs faillis ou abattus et de la ferveur aux lâches et tièdes. C'est particulièrement pour cela que vous êtes envoyé, étant nécessaire que tous contribuent de tout leur pouvoir non seulement au bon ordre, mais à l'exercice de nos fonctions en chaque lieu.
Je vous prie d'offrir à Notre-Seigneur un peu de retraite que je fais pour me disposer à la grande, en cas qu'il plaise à Dieu de m'appeler bientôt.
Lettre 2998. - Reg. 2, p. 98.
1. Jean Dehorgny faisait la visite de cet établissement.
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2999. - A LOUISE DE MARILLAC
De Saint-Lazare, ce lundi au soir.[ octobre 1659] (1)]
Vincent de Paul annonce à Louise de Marillac (1) l’arrivée à Narbonne des premières Filles de la. Charité, Françoise Carcireux, Anne Denoual et Marie Chesse (2).
3000. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[octobre 1659] (1)
La sœur Mathurine (2) n'est pas partie ; ce ne sera que pour les premiers jours de la prochaine semaine. Elle témoignait désirer un peu de retraite et faire sa confession et qu'elle serait bien aise que ce fut votre charité qui l'entendit, au cas que ses grandes affaires ne vous incommodent trop, si elle prend de votre temps. S'il vous plaît à votre charité, réponse sur ce point?
Je vous envoie la lettre que je reçus hier de la reine de Pologne et la réponse, que votre charité retiendra, s'il ne faut pas l'envoyer, ou me la renverra s'il vous plaît,. pour la mettre au net.
Voilà aussi une lettre de ma sœur Carcireux, qui vous apprendra des nouvelles de vos Messieurs partis pour Narbonne.
Je vous envoie, mon très honoré Père, le papier dont j'ai parlé à votre charité, [qui] parle des moyens spirituels pour achever l’affermissement de la compagnie des filles de la
Lettre 2999. - Hippolyte Faure, Documents divers sur l'histoire de Narbonne et de ses hospices, Narbonne, 1894, in-8°, p. 116.