Correspondance (page 56)
1. Voir lettre 2979.
2. Baptisée à Laudujan (Ille-et-Vilaine) le 28 octobre 1637, reçue dans la compagnie le 30 septembre 1657, admise aux vœux le 25 mars 1662, placée à la paroisse Saint-Paul, puis à Narbonne, où elle resta seize ans, supérieure à l'hôpital de Gex, envoyée ensuite au Nom-de-Jésus avec le même titre, élue économe à la maison-mère le 7 juin 1677, morte à Gex le 19 avril 1699.
Lettre 3000. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
2. Mathurine Guérin. Elle était envoyée à La Fère pour y diriger l'établissement que les Filles de la Charité avaient en cette ville.
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charité, que je vous prie n'être vu de personne, crainte que l’on s’en moque
Mon pauvre cœur aurait grand besoin que votre charité pût voir sa faiblesse, au sujet de la perte d’une pareille lettre que celle-ci, aussitôt qu’elle a été écrite. Votre charité verrait bien le besoin que j'ai plus grand que jamais, d'avertissement et correction, pour me dire plus véritablement, mon très honoré père, votre très humble et très obéissante fille et servante.
LOUISE DE MARILLAC
Nos 2 sœurs d’Hennebont sont arrivées, Dieu merci.
3001. - A LOUIS DUPONT, SUPéRIEUR, A TRéGUIER
Paris, 8 octobre 1659.
Monsieur,
J'ai reçu deux de vos lettres des 7 et 27 septembre. Je loue Dieu des avances que Monseigneur (1) fait pour l'union des chapelles et pour affermir votre établissement. Ce sont effets de sa grande bonté pour la compagnie et de son zèle admirable pour la perfection de son clergé. Dieu vous fasse la grâce, Monsieur, et à ceux qui travaillent avec vous, de vous tenir bien unis à Notre-Seigneur pour travailler avec lui à cette sainte et importante entreprise, de laquelle dépend la sanctification de tout le diocèse ! Vous n'y pouvez rien sans cet adorable Sauveur ; mais, étant animé de sa vertu, vous y réussirez heureusement. Une chose à laquelle vous devez tendre particulièrement est de détruire ce mauvais esprit de la boisson, qui est une source de désordres parmi les ecclésiastiques ; et pour cela il faut tâcher de les rendre intérieurs et gens d'oraison pour aimer à s'entretenir avec
Lettre 3001. - Pémartin, op. cit., t. 4, p. 483, l. 1957. Une partie de la lettre a été reproduite dans le registre 2, p. 193.
1. Balthazar Grangier de Liverdi.
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Dieu plutôt qu'à chercher les compagnies, et pour s'acquitter de leurs fonctions plutôt qu'à demeurer oisifs.
Il est fort à souhaiter que le séminaire n'ait point de procès avec Messieurs du chapitre, pour les mauvais effets qui en peuvent arriver. L'expédient que Monseigneur propose est fort bon et faisable, si Monsieur l'abbé Brisacier était ici, mais il est à Rome.
J'ai fait tenir à M. Boussordec la lettre que vous m'avez adressée. Il est présentement à Nantes, à dessein de s'embarquer pour Madagascar ; mais, l'embarquement n'étant pas prêt, je lui ai écrit de s'en venir à Richelieu en l'attendant. Il y a un autre vaisseau à Dieppe qui pourra faire voile pour le même voyage vers la fin de ce mois, sur lequel nous ferons passer, Dieu aidant, deux autres prêtres, dont M. Etienne sera l'un.
Je suis très affligé de la peine que vous fait M. L. J'avoue qu'il est un peu difficile à conduire; mais il est vrai aussi qu'il a l'âme bonne et le fonds bon, ce qui mérite qu'on excuse sa timidité et ce qui lui peut manquer d'une prompte et douce soumission. Nous devons tenir pour constant qu'il n'y a point d'homme qui n'ait ses défauts, et je suis celui qui en a davantage ; et quand nous vous enverrions tous les prêtres de céans les uns après les autres, il n'y en aurait pas un en qui vous n'eussiez beaucoup de choses à supporter. Vous devez donc faire en sorte, Monsieur, de gagner celui-là par douceur et par patience. Notre-Seigneur nous a grandement recommandé le support, sachant que, sans lui, l'union ne peut naître ni subsister entre les hommes, tant ils sont misérables ; j'entends l'union fraternelle, qui nous rend agréables à Dieu et forts pour attirer les âmes à son amour. Par la grâce de Dieu, vous avez toujours maintenu et fomenté celle de votre petite famille jusqu'à présent, et j'espère qu'elle ira croissant à l'ave-
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nir par l'onction de votre esprit et de votre sage conduite. J'en prie Notre-Seigneur.
Une partie de notre monde a fait sa retraite et est maintenant en mission ; une autre partie est entrée en solitude, et je suis du nombre. Demandez à Dieu qu'il nous fasse la grâce de produire des fruits dignes de pénitence, qui servent au prochain.
Nous avons Messieurs le Soudier et Perraud bien malades, et ce dernier l'est dangereusement. M des Jardins est allé à Narbonne et a mené à Agde Messieurs Lemerer et Tanguy (3) qui sont bretons.
Je pense que M. Dehorgny est maintenant parti de Richelieu pour aller en Bretagne, où Dieu, par sa bonté infinie, vous continue ses bénédictions, et à tous les vôtres, que j'embrasse cordialement.
J'enverrai à Rome après-demain les lettres de notre frère Butler.
Je suis, en Notre-Seigneur...
3002. - JEAN DEHORGNY, A SAINT VINCENT
A Richelieu le 8e d'octobre 1659
Monsieur,
Nos sœurs de la Charité sont encore malades. Sœur Perrine a parfois quelques intervalles qui font espérer amendement, mais cela ne dure point. Pour sœur Charlotte, il y aura six ans à Noël qu'elle eut une grande maladie ; depuis ce temps-là ,elle n'a pas eu de santé bien bonne ; peut-être que le changement d'air les remettrait. Je crois que Mademoiselle Le Gras ferait un grand bien pour ce lieu ,si elle faisait un effort pour en envoyer deux autres ; car, si l'en n’en envoie qu'une,
2. Gilles Lemerer, né au duicèse de Tréguier le 22 septembre 1633, entré prêtre dans la congrégation de la Mission le 23 octobre 1658, reçu aux vœux à Agde le 14 novembre 1660.
Lettre 3002. - L. a. - Dossier de la Mission, original.
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elle sera assez empêchée à avoir soin des deux sœurs, et ainsi les malades demeureront. Personne ne les visite, et elles ne sont guère aimées. On dit qu'elles n'avaient pas assez de soin des malades et quelles s'en remettaient à ceux de la maison à faire leurs lits. Or quelquefois les dames trouvaient qu'un malade était huit jours sans qu'on lui eût fait son lit. Il est vrai que leur peu de santé : pouvait contribuer à cela. Il est grand besoin que celles qui viendront sachent bien saigner et aient beaucoup de cordialité pour les malades, car c’est ici un des lieux les plus difficiles qui se puisse trouver.
Je prie Notre-Seigneur de nous assister tous., et je suis, en son amour, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
DEHORGNY,
ind. prêtre de la Mission .
Suscription : Pour Monsieur Vincent.
3003. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
11 octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'approuve fort le dessein de ce bon évêque qui veut des ouvriers pour les Indes ; et plût à Dieu que nous fussions dignes de l'aider ! Mais le peu de prêtres que nous avons nous sont demandés de toutes parts.
3004. - A EDME BARRY, SUPéRIEUR,
A NOTRE-DAME-DE-LORM
De Paris, ce 11 octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Lettre 3003. - Collet, op. cit., t. 2, p. 67.
1. Collet dit simplement que la lettre est adressée à un missionnaire en Italie. Le contenu nous porte à croire que ce missionnaire est Edme Jolly.
Lettre 3004. - L. s. - Dossier de Turin, original.
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Je vous envoie la réponse des docteurs de Sorbonne à la difficulté où vous vous trouvez pour les messes.
J'ai oublié de vous dire que nous ne pouvons recevoir en la compagnie une personne qui veut sortir d'une autre bien réglée sans cause légitime. Vous ferez donc bien d'encourager le clerc de la Doctrine Chrétienne dont vous m’avez écrit, à persévérer en cette sainte religion où Dieu l'a appelé.
M. Dehorgny est allé visiter nos maisons de Bretagne ; si Dieu lui donne assez de santé, j'espère qu'il vous ira voir.
Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Barry.
3005. - A GABRIEL DELESPINEY, SUPéRIEUR,
A MARSEILLE
17 octobre 1659
J'espère que vous serez tous bientôt en état de faire quelque mission. Ne craignez pas d'annoncer aux peuples les vérités chrétiennes dans la simplicité de l'Evangile et des premiers ouvriers de l'Eglise. Nous vous avons ouï prêcher et savons que vous procédez à la bonne manière pour toucher les cœurs. La réputation de la compagnie doit être en Jésus-Christ, et le moyen de l'y maintenir est de se conformer à lui et non pas aux grands prédicateurs. Vous aurez bientôt acquis l'intelligence de la langue pour les confessions. Informez-vous bien d'abord des termes dont on exprime communément
Lettre 3005. - Manuscrit de Marseille.
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les péchés plus ordinaires, pour pouvoir entendre et interroger les plus grossiers d'entre le peuple.
3006. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
Du 17 octobre 1659.
On a raison de vous congratuler pour votre maison, non tant pour les raisons que vous me mandez, que pour les moyens dont Dieu s'est servi pour la vous faire avoir, qui sont deux saints cardinaux, qui, ayant en vue l'honneur et le service de Dieu, vous ont voulu mettre en état de les procurer en toutes les manières que la pauvre compagnie le peut et le doit faire. Il nous en faudrait encore deux pareils à eux pour nous aider à les remercier de toutes les grâces qu'ils nous ont faites, et de la façon charmante dont ils prennent plaisir de nous obliger, particulièrement Monseigneur le cardinal Durazzo, qui semble n’avoir d'autre application, et qui, n'ayant que Dieu pour objet de ses actions, n'aura jamais que lui pour son digne remerciement.
3007. - A DOMINIQUE LHUILLIER
De Paris, ce 23 octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Notre frère Claude s'en retourne. Je vous remercie de l'avoir envoyé ici pour un si bon sujet que celui d'y mener un de nos frères malades. M. Maillard lui don-
Lettre 3006. - Reg. 2, p. 248.
Lettre 3007. - L. s. - L'original se trouve chez les Filles de la Charité de Gand, rue de Limbourg, 12.
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nera 135 livres, savoir 125 pour le quartier de votre pensionnaire et dix livres pour ses menues nécessités.
Je suis bien aise que vous ayez reçu les cinquante écus de votre annuel et l'espérance de toucher, à la fin de l'année, de quoi rétablir la famille et les emplois ; et j'en suis d'autant plus aise que c'est Madame de Lorthon qui vous l'a dit.
Pour la fondation de feu M. le procureur du roi, je vous en écrirai une autre fois, et vous m'en ferez ressouvenir, s'il vous plaît. Nous n'avons pas encore résolu de l'accepter. Mandez-moi sur quoi sont assignés les dix écus de rente et s'ils sont bien assurés.
Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Lhuillier, prêtre de la Mission, à Crécy.
3008. - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES
[En 1659 ou 1660] (1)
Vive la justice ! Il faut croire qu'elle se trouve en la perte de votre procès. Le même Dieu qui vous avait donné du bien vous l'a ôté ; son saint nom soit béni ! Ce bien est mal quand il est où Dieu ne le veut pas. Plus nous aurons de rapport à Notre-Seigneur dépouillé, plus aussi nous aurons de part à son esprit. Plus nous cher-
Lettre 3008. - L'Esprit de saint Vincent de Paul par Ansart, p. 134.
1. Cette lettre, dit Ansart, a été écrite quelque temps après les ravages de la peste dans la maison de Gênes, au supérieur de cette maison, au sujet d'un procès très important perdu par l'établissement. Le procès était encore pendant le 29 août 1659. (cf. l. 2955.)
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chons, comme lui, le royaume de Dieu son Père, pour l'établir en nous et en autrui, plus les choses nécessaires à la vie nous seront données. Vivez dans cette confiance, et n'allez pas au devant des années stériles dont vous parlez ; si elles arrivent, ce ne sera point par votre faute, mais par l'ordre de la Providence, dont la conduite est toujours adorable. Laissons-nous donc conduire par notre Père, qui est aux cieux, et tâchons sur la terre à n'avoir qu'un vouloir avec lui.
3009. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
Du 21 octobre 1659.
Nous n'aurons point de peine à n'avoir pas d'église, puisqu’on ne trouve pas bon que nous en ayons. Dieu merci, nous ne voulons que ce qu'il veut, et sachant que sa volonté nous est manifestée par celle de notre Saint-Père le Pape, nous demeurerons paisiblement soumis aux intentions de Sa Sainteté.
3010. - LOUIS ET CLAUDE DE CHANDENIER A SAINT VINCENT
A Turin, ce 24 octobre 1659.
Monsieur et très honoré Père,
Nous avons fait ici plus de séjour que nous ne pensions, cause de l'indisposition de Monsieur Berthe. Nous espérons, Dieu aidant, partir demain en la compagnie d'un seigneur génois de la famille des Spinola (1) pour Milan, où il passe, pour de là s'en aller à Rome y être résident pour sa Républi-
Lettre 3009. - Reg. 2, p. 248.
Lettre 3010. - L. a. - Dossier de la Mission,original.
1. De cette famille étaient sortis deux généraux illustres ; elle donnera dans la suite cinq cardinaux à l'Eglise.
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que. Il. a témoigné en cette cour être fort affectionné à votre maison de Gênes, dont il a dit beaucoup de bien. Nous passerons à Milan la fête de saint Charles, y attendant mondit sieur Berthe, qui nous y viendra trouver, après avoir repris ici assez de forces pour cela, comme nous espérons que Notre-Seigneur lui en fera, et à nous aussi, la grâce.
Je n'ajoute rien, Monsieur et très honoré Père, à ce que je vous dis par la dernière lettre que je me donnai l'honneur de vous écrire, du cordial et charitable traitement que nous avons reçu en cette maison. Je vous dirai seulement, croyant y être obligé, pour la bonne édification qu’il n'a tenu qu'à nous d'y prendre, qu'on y vit comme à St-Lazare, à la réserve d'une seule pratique, qui est que, neuf mois de l'année, tous les missionnaires, tant prêtres que frères, mettent la clef sous la porte, pour aller faire leur moisson des âmes, en sorte qu'on peut dire d'eux, ici encore plus véritablement qu'ailleurs, che sono padri di camera locanda ; ce qui leur sera toujours une qualité plus honorable que toute autre qu'on leur pourrait donner.
Nous avons cru devoir ici saluer Monsieur le marquis de Pianezza, non pas comme premier ministre et grand chambellan de cet Etat, mais comme un seigneur d'éminente piété et le père temporel de cette maison ; ce qu'il nous a témoigné n'avoir pas eu désagréable, avant son départ pour Monaco, où il est allé prendre la fille de ce prince, que son fils doit épouser.
Nous nous prosternons de tout notre cœur à vos pieds pour recevoir en esprit votre sainte bénédiction, et sommes, avec tout le respect que nous devons, Monsieur et très honoré Père, vos très humbles et très obéissants enfants et serviteurs.
L. DE CHANDENIER, indigne prêtre.
Cl.. DE ROCHECHOUART.
Je n'ai pas voulu manquer de me donner l'honneur de vous écrire encore d'ici, car je crains que nous n'en ayons plus l’occasion avant que d'arriver à Rome, s'il plaît à Dieu nous en faire la grâce.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission, à Paris
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3011. - A PIERRE CABEL, SUPéRIEUR, A SEDAN
De Paris, ce 29 d'octobre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je ne puis pas m'offrir à M. Michel d'assister Madame sa mère en ses affaires, n'étant pas en état de m'y employer ; et d'ailleurs M. Michel m'écrit que sa présence y est absolument nécessaire pour empêcher la ruine de cette bonne mère. C'est pourquoi je lui mande qu'il aille donc y mettre ordre pour la dernière fois et qu'il retourne chez vous au plus tôt. Il me mande que vous pourrez cependant vous passer de lui.
Je vous envoie un paquet pour M. Lambin. Je vous prie de le faire rendre exactement à l'un de ceux à qui il est adressé.
Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Je viens de recevoir votre dernière. Pour réponse, je vous dirai que vous avez bien fait de vous excuser du banquet. Je ferai réponse au reste.
Suscription : A Monsieur Monsieur Cabel.
Lettre 3011. - L. s. - L'original est passé par l'étude de M. Charavay, chez qui nous en avons pris copie. Le post-scriptum est de la main du saint.
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3012. - AU MARéCHAL DE LA MEILLERAYE
31 octobre 1659.
Monseigneur,
Je commence la présente par les actions de grâces que je rends à Dieu de ce qu'il vous a tiré de la longue et douloureuse maladie dont sa divine bonté vous a tiré et conservé, pour continuer à étendre son empire parmi les peuples de Madagascar qui ne le connaissaient pas, et le prie que ce soit pour longues années, comme j'espère qu'il fera. Il y a des Pères qui assurent que Dieu prolonge les jours de ceux que sa divine providence emploie aux œuvres extraordinaires qui regardent sa gloire.
De plus, Monseigneur, je remercie Votre Grandeur de la grâce qu'elle nous fait de nous donner part à ce saint emploi. Nous ferons partir trois missionnaires le 4 du mois prochain ; je vous en aurais envoyé un quatrième, Monseigneur, n'était la parole que j'avais donnée d'en donner deux à ces Messieurs (1) qui envoient aussi un vaisseau à Madagascar, tandis qu'on a été en doute si vous, Monseigneur, y enverriez le vôtre pendant votre grande maladie.
L'un de ces prêtres (2) est fils de feu M. Delbène. Dieu lui a inspiré dès son enfance le désir d'employer sa vie en ce saint emploi ; et il y a cinq ou six ans qu'il est entré dans notre chétive compagnie à cet effet. Il est plein de zèle ; et si N.-S. le conserve, il y a sujet d'espérer qu'il lui rendra service en ce pays-là. Les autres deux prêtres sont animés du même esprit, par la grâce de Dieu. M. Le Blanc (3) a quelque empêchement qui ne lui permet
Lettre 3012. - Reg. 1, f° 12, copie prise sur l'original autographe.
3. Charles Le Blanc.
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pas d'être de la partie. Nous envoyons avec ces prêtres un fort bon chirurgien (4) qui est aussi entré parmi nous, Il y a quatre ou cinq ans, à ce dessein ; j'espère, Monseigneur, qu'il ne sera pas inutile sur votre vaisseau et qu'il contribuera au salut du peuple de Madagascar.
Je vous supplie très humblement, Monseigneur, d'ordonner à celui qui commandera votre vaisseau de remettre entre les mains de vos missionnaires à Madagascar les hardes qu'ils apportent.
Reste, Monseigneur, à vous faire un renouvellement des offres de mon obéissance perpétuelle et de celle de cette pauvre et chétive compagnie de la Mission ; je vous supplie très humblement, Monseigneur, de l'avoir agréable et de me souffrir toujours la qualité de, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
3013. - A TOUSSAINT BOURDAISE,
PRêTRE DE LA MISSION, A MADAGASCAR (1)
[Novembre 1659 ] (2)
Je vous dirai d'abord, Monsieur, la juste appréhension où nous sommes que vous ne soyez plus en cette vie mortelle, dans la vue du peu de temps que vos confrères qui vous ont précédé, accompagné et suivi ont. vécu en cette terre ingrate, qui a dévoré tant de bons ouvriers envoyés pour la défricher. Si vous êtes encore
4. Le frère Philippe Patte.
Lettre 3013. - Abelly, op. cit., l. 2, chap. 1, sect. IX, § 7, p. 185.
1. Saint Vincent ignorait encore la mort de ce missionnaire, survenue le 25 juin 1657.
2. Les missionnaires auxquels cette lettre fut confiée quittèrent Paris le 4 novembre 1659.
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vivant, oh ! que notre joie en sera grande lorsque nous en serons assurés ! Vous n'auriez point de peine à le croire de moi, si vous saviez à quel point va l'estime et l'affection que j'ai pour vous, qui est aussi grande qu'aucune personne la puisse avoir pour une autre.
La dernière petite relation que vous nous avez envoyée (3) nous ayant fait voir la vertu de Dieu en vous et espérer un fruit extraordinaire de vos travaux, nous a fait jeter des larmes d'allégresse à votre sujet et de reconnaissance envers la bonté de Dieu, qui a eu des soins admirables sur vous et sur ces peuples, lesquels vous évangélisez, par sa grâce, avec autant de zèle et de prudence de votre part, qu'il paraît de disposition de leur côté pour être faits enfants de Dieu. Mais à même temps nous avons pleuré de votre douleur et de votre perte en la mort de Messieurs Dufour, Prévost et de Belleville, qui trouvèrent leur repos au lieu du travail qu'ils allaient chercher, et qui augmentèrent vos peines lorsque vous en espériez plus de soulagement. Cette séparation si prompte a été toujours, depuis, un glaive de douleur pour votre âme, comme la mort de Messieurs Nacquart, Gondrée et Mousnier l'avait été auparavant. Vous nous avez si bien exprimé votre ressentiment en nous donnant la nouvelle de leur décès, que j'ai été autant attendri de votre extrême affliction, que touché de ces grandes pertes. Il semble, Monsieur, que Dieu vous traite comme il a traité son Fils ; il l'a envoyé au monde établir son Eglise par sa passion ; et il semble qu'il ne veut introduire la foi à Madagascar que par votre souffrance. J'adore ses divines conduites, et je le prie qu'il accomplisse en vous ses desseins. Il en a peut-être de bien particuliers sur votre personne, puisque, entre tant de missionnaires morts, il vous a laissé en vie. Il
3. Le saint a ici en vue les deux lettres du 19 février 1657.
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semble que sa volonté, voulant le bien qu'ils ont désire de faire, n'en a pas voulu empêcher l'effet en les ôtant du monde, mais le produire par vous, en vous y conservant.
Quoi qu'il en soit, Monsieur, nous avons grandement regretté la privation de ces bons serviteurs de Dieu, et nous avons eu grand sujet d'admirer en cette dernière occasion surprenante les ressorts incompréhensibles de sa conduite. Il sait que de bon cœur nous avons baisé la main qui nous a frappés, nous soumettant humblement à ses touches si sensibles, quoique nous ne puissions comprendre les raisons d'une mort si prompte en des hommes qui promettaient beaucoup, au milieu d'un peuple qui demande instruction, et après tant de marques de vocation qui ont paru en eux pour le christianiser.
Cette perte pourtant, non plus que les précédentes, ni les accidents qui sont arrivés depuis, n'ont pas été capables de rien rabattre de notre résolution à vous secourir, ni d'ébranler celle de ces quatre prêtres et un frère qui s'en vont vers vous, lesquels, ayant eu de l'attrait pour votre Mission, nous ont fait de longues instances pour y être envoyés...(4)
Je ne sais qui sera plus consolé à leur arrivée, ou vous, qui les attendez depuis si longtemps, ou eux, qui ont un très grand désir de se voir avec vous. Ils regarderont Notre-Seigneur en vous, et vous en Notre-Seigneur, et, dans cette vue, ils vous obéiront comme à nous-mêmes, moyennant sa grâce. Pour cela, je vous prie de prendre leur direction. J'espère que Dieu bénira votre conduite et leur soumission.
Vous n'auriez pas été si longtemps sans être secouru,
4. Le saint faisait ici l'éloge des missionnaires qu'il envoyait à Madagascar. Abelly a supprimé ce passage.
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si deux embarquements qu'on a faits n'avaient mal réussi. L'un s'est perdu sur la rivière de Nantes, il y avait deux de nos prêtres et un frère, qui furent sauvés par une protection spéciale de Dieu ; et près de cent personnes y périrent. L'autre, étant parti l'année passée, fut pris des Espagnols, et quatre autres de nos prêtres et un frère qui étaient dedans sont revenus. De sorte qu’il n'a pas plu à Dieu qu'aucune aide ni consolation vous soit arrivée de ce côté ici, mais il a voulu qu'elle vous soit venue immédiatement de lui seul ; il a voulu être votre premier et votre second en cet ouvrage apostolique et divin auquel il vous a appliqué pour montrer que l'établissement de la foi est son affaire propre, et non pas l'œuvre des hommes. C'est ainsi qu'il en usa au commencement de l'établissement de l'Eglise universelle choisissant seulement douze apôtres, qui s'en allèrent, séparés par toute la terre, pour y annoncer la venue et la doctrine de leur divin Maître. Mais cette sainte semence ayant commencé de croître, sa providence fit que le nombre des ouvriers s'augmenta, et elle fera aussi que votre Eglise naissante, se multipliant peu à peu, sera pourvue à la fin de prêtres qui subsisteront pour la cultiver et pour l'étendre.
O Monsieur, que vous êtes heureux d'avoir jeté les premiers fondements de ce grand dessein, qui doit envoyer tant d'âmes au ciel, lesquelles n'y entreraient jamais si Dieu ne versait en elles le principe de la vie éternelle par les connaissances et les sacrements que vous leur administrez ! Que puissiez-vous par le secours de sa grâce continuer longtemps ce saint ministère et servir de règle et d'encouragement aux autres missionnaires ! C'est la prière que toute la compagnie lui fait souvent, car elle a une dévotion particulière de recommander à Dieu votre personne et vos emplois, et moi je l'ai très sensible. Mais en vain demanderions-nous à Dieu votre
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conservation, si vous-même n’y coopérez. Je vous prie donc avec toutes les tendresses de mon cœur d'avoir un soin très exact de votre santé et de celle de vos confrères. Vous pouvez juger par votre propre expérience du besoin réciproque que vous avez les uns des autres, et de la nécessité que tout le pays en a. L'appréhension que vous avez eue que nos chers défunts n'aient avancé leur mort par l'excès de leurs travaux vous doit obliger de modérer votre zèle. Il vaut mieux avoir des forces de reste que d'en manquer. Priez Dieu pour notre petite congrégation, car elle a grand besoin d'hommes et de vertu, pour les grandes et diverses moissons que nous voyons à faire de tous côtés, soit parmi les ecclésiastiques, ou parmi les peuples.
Priez aussi Notre-Seigneur pour moi, s'il vous plaît, car je ne la ferai pas longue, à cause de mon âge, qui passe [à] quatre-vingts ans (5), et de mes mauvaises jambes, qui ne me veulent plus porter. Je mourrais content si je savais que vous vivez et quel nombre d'enfants et d'adultes vous avez baptisés ; mais, si je ne le puis apprendre en ce monde, j'espère de le voir devant Dieu, en qui je suis
3014. - A JACOUES PESNELLE
De Paris, ce 7 novembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
5. Saint Vincent n'a certainement pas écrit en novembre 1659 que son âge "passait 80 ans", comme le lui fait dire Abelly ; il savait en effet que sa 80e année commencerait le 24 avril 1660. (cf. lettres 2907 et 2948). Il y a une altération dans le texte que nous donne Abelly, et ce n'est pas la seule sur ce point. L'original ne portait-il pas : "qui passe à quatre-vingt ans"?
Lettre 3014. - L. s. - L'original de cette lettre se trouve à Padoue, dans le trésor de l'église Saint-Antoine.
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Je n'ai rien à dire à votre lettre du 22 octobre, sinon que je prie N.-S. qu'il bénisse vos missions et qu’il vous donne le moyen de les continuer, avec les autres fonctions de la compagnie.
J'ai annoncé à Messieurs vos frères à Rouen vos lettres et votre déclaration.
Messieurs Etienne, Feydin et Daveroult partirent de céans mardi (1) pour aller à Madagascar, avec un frère. Ils se vont embarquer en Bretagne, et deux autres de nos prêtres s'embarqueront bientôt à Dieppe pour la même Mission. Je les recommande tous à vos prières.
Je suis, en N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Pesnelle, supérieur des prêtres de la Mission, à Gênes.
3015. - A LA SŒUR NICOLE HARAN, SUPéRIEURE,
A NANTES
De Paris, ce 8 novembre 1659.
Ma Sœur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Mardi dernier, quatrième de ce mois, partirent d'ici trois de nos prêtres et un frère, qui s'en vont à Nantes et qui pourront vous aller voir à l'hôpital ; c'est pourquoi je vous adresse la lettre que j'écris à Monsieur Etienne, qui a la conduite des autres, pour la lui mettre en main, s'il vous plaît. Ils espèrent de s'embarquer au
1. 4 novembre.
Lettre 3015. - L. s. - Dossier des Filles de la Charité, original.
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port Louis (1), sur un vaisseau qui s'y prépare pour Madagascar. Ils auront besoin de vos prières pour ce voyage, à ce qu'il plaise à Dieu de les conduire à bon port et de bénir leur Mission.
Je vous fais part des miennes, ma Sœur, et à toutes ces bonnes filles qui sont avec vous, demandant à Notre-Seigneur, qui nous a recommandé l'union et le support, qu'il vous fasse la grâce de vous entr'aimer et de vous soulager les unes les autres ; qu'il soit lui-même la force des faibles et la vertu des forts, la prière et l'oraison de celles qui n'en peuvent faire, et que sa divine bonté soit la règle de toutes dans la difficulté que vous trouvez à vous acquitter du petit règlement de vos pratiques en servant tant de malades. O mes Sœurs, que c'est une bonne chose de n'en point faire d'autre que d'exercer la charité ! C'est pratiquer toutes les vertus ensemble et c'est vous faire une même chose avec Jésus-Christ que de coopérer avec lui au salut et à la consolation des pauvres. Si vous connaissiez votre bonheur, tel qu'il est devant Dieu, certes le travail, les contradictions, les douleurs, les amertumes et la morts même vous paraîtraient douces et désirables, comme en effet elles le sont à qui veut se rendre digne des biens éternels de l'autre vie.
Je salue nos chères sœurs et je me recommande à leurs prières. Mademoiselle Le Gras ne se porte pas tout à fait bien ; elle n'est pas néanmoins autrement malade. Elle vous prépare quelque secours, pour le vous envoyer, Dieu aidant, dans douze ou quinze jours. Il est allé de vos sœurs bien loin d'ici ; c'est à Narbonne et à Cahors. On en demande de beaucoup d'endroits ; mais il ne plaît pas à Dieu qu'on en puisse envoyer partout, que peu à peu.
1. Port-Louis, port du Morbihan.
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Je suis, en son amour, ma Sœur, votre très affectionné serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Au bas de la première page : La sœur Nicole Haran.
3016. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce 12 novembre [1659] (1)
Mon très honoré Père.
Ma sœur Noëlle, en la compagnie y a neuf ans, y a autant bien fait que sa simplicité a permis, étant fort craignant Dieu. Elle supplie très humblement votre charité, mon très honoré Père, l’offrir à Notre-Seigneur et lui permettre de faire les vœux demain à la sainte messe. Elle a eu depuis longtemps une charité très particulière pour les petits enfants
Je crois qu’il. faudrait achever aussi demain la résolution pour les sœurs à envoyer. Vous nous ferez avertir s’il vous plaît ; et selon ma confiance ordinaire, je demande à votre charité sa sainte bénédiction, prenant la liberté de me dire, mon très honoré Père, votre plus petite et indigne fille et servante.
L. DE MARILLAC.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
3017. - A LA MèRE MARIE-AGNèS LE ROY
De Saint-Lazare. ce vendredi. [Novembre 1659] (1)
Très volontiers, ma chère Mère, j'approuve vos sor-
Lettre 3016. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité,original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
Lettre 3017. - L. a. - L'original aapartient aux sœurs du second monastère de la Visitation à Paris (110, rue de Vaugirard).
1. Cette lettre a été écrite entre le 20 juillet 1659 (cf. lettre 2915) et le 15 novembre 1659 (cf. lettre 3022), peu avant la Visitation de la sainte Vierge (21 novembre), jour où les Visitandines renouvellent leurs vœux.
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ties et celles de notre chère sœur Guérin avec celles que vous jugerez à propos pour vous accompagner ensemble, ou, en l'absence l’une de l'autre, de vous deux, à l'effet de faire accommoder la maison nouvellement acquise à l'usage de Sainte-Marie (2) ; mais je prie votre charité, ma chère Mère, et notre chère sœur Guérin que ces sorties soient pour les choses nécessaires seulement.
Puisqu'il ne plaît point à Dieu que je sois en état à présent de faire les deux cérémonies, je prie M. Gambart de les faire, et vous donne permission de prendre telle personne qu'il vous plaira pour assister au renouvellement de vos vœux. Peut-être que Monseigneur le coadjuteur de Cahors (3) vous pourra faire cette charité, comme il fit l'année passée à votre maison de la ville, si vous l'en envoyez prier. Il se tient à la rue Michel-le-Comte, non loin des Carmélites de la rue Chapon. Il doit venir dimanche céans. Je me propose de lui en parler, si ma mémoire ne me trompe.
Très volontiers, ma chère Mère, je prierai Dieu pour nos chères sœurs malades et n'oublierai pas notre chère sœur Bouvard (4) laquelle je salue avec beaucoup de tendresse.
Nous avons céans beaucoup de malades ; aussi je les recommande à vos prières et suis votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Suscription : Pour notre chère Mère la supérieure de la Visitation Sainte-Marie du faubourg Saint-Jacques.
2. La maison de la rue Montorgueil, destinée au troisième monastère.
4. Alors à toute extrémité.
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3018. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Novembre 1659] (1)
Je ne sais point, mon très honoré Père, le nom de la demoiselle qui m'a écrit Voilà la réponse en cas que votre charité treuve à propos de l'envoyer. Mais s'il vous plaît de considérer s'il ne serait point nécessaire que vous envoyassiez un de vos Messieurs treuver Monsieur le vicaire pour apprendre le sujet de refus d'entendre les confessions de nos sœurs tant lui que leur confesseur précédent, auquel elles sont retournées, contre l'ordre qui leur avait été donné ; et est à croire que lune des sœurs lui aura dit cette défense.
J'ai parlé : à notre sœur venue de St-Germain-de-l'Auxerrois qui promet bien se conduire selon l’ordre prescrit, et je l’espère, pour plusieurs raisons.
Je vous demande pour l'amour de Notre-Seigneur votre bénédiction pour mes besoins et ceux de toutes et très humblement pardon de mon peu de discrétion, vous ayant tenu trop tard et en tout autre sujet.
Votre très humble fille et servante.
L. D. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
3019. - AU FRèRE JEAN PARRE
[Entre 1657 et 1660] (1)
M[on cher Frère.]La [grâce de N.-S. soit avec] vous pour [jamais !
Cette lettre] n'est que po[ur vous dire que] je n'ai
Lettre 3018. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité,original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
Lettre 3019. - L. s. - Original chez les Filles de la Charité de la rue Percheronne, 2, à Chartres. Le coin supérieur gauche est déchiré.
1. Toutes les lettres du saint au frère Jean Parre, sauf une, ont été écrites entre cees deux dates ; il est probable que celle-ci est de la même époque.
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rien à vous [dire]. Vivez toujours en D[ieu] et conservez-vous pour son service et notre consolation.
Je suis, en son amour, mon cher Frère, votre très affectionné frère et serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Au bas de la page : Le frère Jean Parre.
3020. - A LOUIS DE CHANDENIER,A ROME
De Paris, ce 14 novembre 1659.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec nous pour jamais !
Je vous fais la révérence et à M. du Moutiers-Saint-Jean à Rome, prosterné en esprit à vos pieds et aux siens.
J'ai reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire à votre départ de Turin, et ai été consolé du rencontre que vous avez fait pour vous rendre le jour de saint Charles à Milan.
M. Berthe me mande que sa fièvre est dégénérée en quarte.
Je vous envoie la copie de la lettre que M. le nonce (1) a envoyée à M. l'abbé de Bérulle (2) Ce bon Monsieur, qui est à Rome de la part des Carmélites, vous pourra communiquer le bref que l'on a signifié à l'un de ces Messieurs (3) qui n'a point déclaré s'il appelait ; l'on pense
Lettre 3020. - L. a. - Dossier de la Mission, original.
1. Cœlio Piccolomini (1656-1663).
2. Pierre de Bérulle, neveu du cardinal, abbé de Pontlevoy, visiteur des Carmélites.
3. Un des trois supérieurs des Carmélites.
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que ce sera à Rome, et non au Parlement. Ces bonnes filles sont en grand émoi pour leur cher Père (4).
M. Girard m'écrit la mort de ce bon prieur de Jolly, et qu'il pense qu'il faut donner le titre à un religieux, curé de la paroisse où est situé le prieuré. Je vous supplie très humblement de me mander si Monsieur de Saint-Jean l'agrée. J'ai retenu date en faveur d’un religieux de Saint-Benoît, aumônier de Monseigneur l'archevêque de Toulouse, qui s'en va évêque en Babylone (5), et ce serait pour contribuer à son ministère. Il n'en sait rien. C'est pourquoi je serai en état de faire ce que vous, Monsieur, commanderez. M. du Plessis-Pralus, seigneur de ladite paroisse, y a pourvu, prétendant avoir ce droit comme fondateur du prieuré. Ce sera un procès.
J'attendrai ce que vous, Monsieur, commanderez, et serai, en ce monde et en l'autre, dans une perpétuelle reconnaissance des grands biens que vous, Monsieur, et M. de Saint-Jean avez faits à cette chétive compagnie, qui suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,.
3021. - A GUILLAUME DESDAMES
De Paris, ce 14 novembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Toutes vos lettres me consolent sensiblement, mais
4. Voir lettre 2929, note 1.
5. Placide-Louis Duchemin. Il n'alla jamais au lieu de sa Mission, dont l'administration fut confiée en 1675 à François Picquet, qui lui succédera plus tard sur le siège de Bagdad.
Lettre 3021. - L. s. - Dossier de Cracovie, original.
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votre dernière, du 10 octobre, l'a fait d'une manière particulière pour toutes les bonnes choses que vous me mandez, dont je ne puis assez louer Dieu.
Vous me dites premièrement que les armes du roi font de nouveaux progrès de tous côtés. N'est-ce pas là une nouvelle de grande consolation et digne d'une éternelle reconnaissance vers le Dieu des armées, qui prend la cause de l'Eglise en bénissant les desseins du roi et de la reine de Pologne?
2° Vous me mandez que cette pieuse princesse est résolue de faire le plus de bien qu'elle pourra pendant que Dieu la conserve au monde. O Monsieur, que cette résolution est chrétienne ! Plût à Dieu qu'elle fût dans le cœur de tous les grands et que tous les chrétiens comprissent bien l'obligation qu'ils ont d'aller croissant de vertu en vertu ! Tout s'en va, la mort approche, et il n'y a que les bonnes œuvres qui demeurent.
3° Vous me parlez d'un bon prêtre français qui est chez vous, qui a été aumônier de M. d'Avaugour, qui vous paraît humble et solide et qui a dessein d'entrer parmi nous. A la bonne heure, Monsieur ! S'il nous fait cet honneur de nous voir avec ce dessein, quand il sera de retour ici, nous en aurons grande joie.
Enfin, pour combler celle de mon pauvre cœur, vous m'assurez que M. Duperroy est parfaitement guéri de l'ouverture qu'il avait à la poitrine. Oh ! que Dieu soit loué, Monsieur, d'une telle grâce ! Je l'en remercie avec autant d'amour et de tendresse que j'ai fait longtemps y a d'aucun autre bienfait. Plaise à sa divine bonté de vous conserver, vous et lui, en parfaite santé et dans l'étroite union où, par la vertu du Saint-Esprit, vous vivez ensemble !
Je ferai attention, Dieu aidant, lorsque nous vous enverrons du secours, qui sera au printemps prochain, qu'il y ait un prêtre capable de conduire la paroisse et
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la maison en votre absence, pour vous donner moyen de faire quelque mission avec M. Duperroy et de commencer quelque exercice à l'égard de Messieurs les ecclésiastiques ; mais de vous décharger de la supériorité, c'est à quoi il ne faut pas penser ; je sais bien que vous en seriez content, mais j'espère aussi que le bon Dieu le sera toujours de votre conduite, tandis que vous le laisserez gouverner, comme vous faites.
Nous n'avons rien de nouveau de deçà. La compagnie va son petit train partout, grâces à Dieu, qui, par sa providence adorable, a enfin permis que nous ayons une maison à Rome. Priez-le que ce soit pour le mieux servir, et recommandez-lui tous nos besoins en général et mon âme en particulier, comme je fais souvent la vôtre, qui m'est très chère, et celle de M. Duperroy, que j'embrasse fort tendrement, et qui suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
ind. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Desdames, supérieur des prêtres de la Mission, à Varsovie.
3022. - A LA MèRE MARIE-AGNèS LE ROY
[Novembre 1659] (1)
J'espère que l'estime et l'affection que toute la maison (2) avait pour notre vertueuse défunte (3) lui servira
Lettre 3022. - Année sainte des religieuses de la Visitation Sainte-Marie, t. XI, p. 400.
2. Le second monastère de Paris.
3. La Mère Marie-Augustine Bouvard, décédée au second monastère le 15 novembre 1659, à l'âge de quarante-huit ans, après en avoir passé vingt-huit à la Visitation. On trouve sa notice dans l'Année sainte, t. XI, p. 393-406.
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d'attrait pour embrasser ses vertus : la candeur dont elle a toujours fait profession, l'innocence et l'éloignement dont elle était pénétrée pour le mal, le zèle pour le bien, l'exactitude à la règle, la fidélité aux mouvements intérieurs du Saint-Esprit.
3023. - A UN EVêQUE
[Après le 3 janvier 1656 ] (1)
Je portai un jour à feu M. Molé, qui a été procureur général et premier président, les plaintes de quelques prélats qui avaient été fort malmenés par le parlement, pour avoir voulu remédier aux désordres de quelques prêtres, et qui, se voyant ainsi empêchés, avaient témoigné, les larmes aux yeux, qu'ils étaient résolus de laisser aller les choses à l'abandon. Ce sage magistrat me dit qu'il était vrai que, lorsque les évêques ou les officiaux manquaient aux formalités qui leur étaient prescrites pour l'administration de la justice ecclésiastique, la cour était exacte à corriger leurs abus ; mais, quand ils observaient bien les formalités, qu'elle n'entreprenait rien contre leur procédé. Sur quoi il me donna cet exemple. Nous savons, me dit-il, que Monsieur l'official de Paris est habile en sa charge et qu'il n'y a rien à redire en ses jugements ; c'est pourquoi, lorsqu'on nous apporte des appels comme d'abus des sentences par lui rendues, nous n'en recevons aucun ; et nous en userions de même à l'égard de tous les autres, s'ils se comportaient de la même façon.
Lettre 3023. - Abelly, op. cit., t. 2, chap. XIII, sect. VI, p. 456.
1. Date de la mort de Mathieu Molé.
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3024. - A JEAN MONVOISIN, PRêTRE DE LA MISSION,
A MONTMIRAIL
De Paris, ce 21 novembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je prie M. Cornuel de s'en aller à Troyes en diligence, et vous, Monsieur, de lui trouver un cheval et de lui donner de l'argent pour ce voyage. Si vous êtes au milieu de quelque mission et que vous ne puissiez en sortir sans lui, il pourra rester quelques jours pour vous. en tirer ; mais, au nom de Dieu, ne l'arrêtez point, s'il n'y a nécessité ; car elle est très grande au séminaire des Bons-Enfants, qui s'attendait à lui et qui s'attend à présent à M. de la Brière, qu'il va relever, pour venir soulager M. Wattebled, qui n'en peut plus.
Je vous fais cette lettre exprès et si fort à la hâte que je ne puis répondre à votre dernière ; ce sera une autre fois ; je vous prie seulement de me mander ce que M. le prieur de Saint-Marc a fait à Montmirail dans le peu de temps qu'il y a été. Il se loue fort de vous autres et du traitement cordial que vous lui avez fait
Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Je vous prie, Monsieur, de demander à M. Cornuel. avant qu'il parte, ses bons avis.
Au bas de la première page : M. Monvoisin.
Lettre 3024. - L. s. - Dossier de la Mission, original.Le post-scriptum est de la main du saint.
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3025. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
De Paris, ce 21 novembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je vous écrirai brièvement pour cette fois, parce qu'il est nuit.
J'ai reçu votre lettre du 27 octobre. Je loue Dieu de exercices que vous avez donnés au collège de Prop[aganda] fide et de la bonté de Nosseigneurs à vous employer à l'avancement spirituel de cette maison.
]'ai envoyé à Mgr le Pamiers (1) son perquiratur (2) sans lui dire ce qu'il coûte ; s'il vous le demande, vous pourrez le lui mander.
Je recevrai avec joie le paquet que vous m'avez adressé par un jeune homme de Paris qui vient de Rome.
J'ai fait tenir à M. votre frère la lettre que vous lui avez écrite, avec celle pour M. Jaillard. J'approuve volontiers tout ce que vous trouvez bon de faire.
L'espérance que vous me donnez d'avoir les ordinands à Noël me console. Plaise à Notre-Seigneur de donner son humilité à ceux qui auront le bonheur de leur parler et de les servir, afin qu'elle serve de fondement à ce bon œuvre !
Je rends grâces à Dieu, Monsieur, de votre abandon à sa conduite paternelle. Je suis assuré de votre disposition à la sainte espérance plus que des choses que je vois et que je touche. Je prie N.-S., Monsieur, que son
Lettre 3025. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. François-Etienne Caulet.
2. Voir lettre 2806, VI, 480, note 2. Ordre ou commission que donne le cardinal dataire pour une recherche de dates dans les registres de la Daterie.
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esprit soit tellement vôtre que vous n’ayez jamais d’autres mouvements que les siens.
Je suis obligé de vous importuner encore pour les affaires d'autrui. Il y a un jeune homme en cette paroisse (3) nommé Le Roy, qui a ... épousé une fille, après avoir abusé de la mère. Comme il a su que ce mariage n’était pas valide, il a voulu abandonner sa femme et a découvert à plusieurs personnes son inceste, pensant par cette raison éviter l'obligation qu'il a de valider son mariage ; et même, cela étant venu aux oreilles de son beau-père, il a présenté une requête, afin qu'il eût à faire réparation d'honneur, si ce crime était faux, ou à être puni, s'il était véritable. Sur quoi le juge a ordonné que le jeune homme serait appelé pour répondre à cela. Mais la chose n'a pas passé plus avant, parce qu'il s'est résolu de reconnaître cette fille pour sa femme, et d'habiter avec elle, après qu'il aura fait valider son mariage. Pour cela, Monsieur, il a besoin d'une dispense, que je vous prie de lui obtenir en Pénitencerie, ou autrement, en la manière que vous trouverez, par conseil, que cela se peut (4) La fille se nomme Madeleine Férault, de Paris, qui savait par des conjectures probables que ledit Le Roy avait eu affaire avec sa mère, lorsqu'elle s'abandonna à lui...
Votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Suscription : A Monsieur Monsieur Jolly.
3. La paroisse Saint-Laurent.
4. Ces derniers mots sont de la main du saint, depuis ou autrement.
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3026. - AU MARéCHAL DE LA MEILLERAYE
22 novembre 1659.
Monseigneur,
Soudain après que j'ai reçu la lettre qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire, j'ai envoyé prier M. Cazet de me venir voir, et je l'ai prié de faire mes excuses à Messieurs de sa Compagnie (1) de ce que je ne pouvais leur donner des prêtres de la nôtre, parce que vous Monseigneur, ne trouvez pas bon que je m'étais engagé de leur en donner ; et ajoutai que nous sommes obligés de prendre votre parti, Monseigneur, à cause que nous avons notre confrère M. Bourdaise entre vos mains et les chrétiens pour la conversion desquels il a plu à Dieu se servir de notre chétive compagnie, et lesquels nous sommes obligés d'assister, et pour la profession particulière que j'ai toujours faite d'être votre très humble serviteur, et que je désire continuer jusques à la mort. A quoi il me répondit qu'il en parlerait à Messieurs de sa Compagnie, et qu'il pensait que leur dite Compagne verrait bien que j'ai du en user de la sorte. Selon cela, Monseigneur, vous pouvez voir que nous n'hésitons point à prendre votre parti et à rompre avec ces Messieurs, auxquels je vous donne ma parole, Monseigneur, derechef que je ne leur donnerai point des prêtres, ni de notre compagnie, ni d'ailleurs, et que j'écris à M. Etienne qu'il n'ait point de communication avec eux, ni avec leurs gens (2) Je vous supplie très humblement, Monseigneur, de vous assurer que les choses se-
Lettre 3026. - Reg. 1, f° 13, copie prise sur la minute autographe.
1. La Compagnie des Indes.
2. Le saint tint parole. Il refusa ses missionnaires à Sébastien Cazet ; ce furent des Récollets qu'Etienne de Flacourt amena avec lui de Dieppe le 20 mai 1660.
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ront exécutées, de notre part, ainsi que je vous dis, qui suis, en l'amour de N.-S....
3027. - A NICOLAS éTIENNE, PRêTRE DE LA MISSION,
A NANTES
De Paris, ce 22 novembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu votre chère lettre du 13 Je rends grâces à Dieu de vous avoir heureusement conduits à Nantes et si bien préparés aux adversités, comme il paraît que vous l'êtes, par sa miséricorde. Vous avez raison de dire que le monde et l'enfer sont contraires aux desseins de Dieu, et que c'est une bonne marque pour en bien espérer, quand ils sont traversés. J'ai été consolé de vous voir dans ces sentiments et dans ce bon usage d'une contradiction que vous n'attendiez pas. Il me semble que vous vous y êtes comporté avec la sagesse et la modération que la personne et le sujet le requéraient. Les premières épreuves servent de fondement aux grâces que Dieu fait en d'autres plus grandes ; et ainsi j'espère que, vous étant donnés à Notre-Seigneur pour tout faire et tout souffrir, rien ne sera capable de vous surprendre.
Ayant reçu la dernière lettre que Mgr le maréchal (1) m'a fait l'honneur de m'écrire, j'ai envoyé prier M. Cazet de me venir voir. Je lui ai dit qu'ayant envoyé des prêtres à mondit seigneur pour le voyage de Madagascar, nous ne pouvions pas en donner à Messieurs de la Compagnie (2), et que je le priais de leur en faire mes excuses ; que nous étions obligés de préférer ce bon
Lettre 3027. - L. s. - Dossier de la Mission, minute.
2. La Compagnie des Indes.
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seigneur, à cause qu'il nous a toujours reçus en ses vaisseaux, préférablement à d’autres ; qu'il a un de nos prêtres en sa puissance, et pareillement le petit nombre de catholiques instruits et baptisés par nos missionnaires. Il m'a répondu qu'il en avertira la Compagnie, et moi j'assure mondit seigneur le maréchal, par une lettre que j'envoie à Madame la duchesse d'Aiguillon pour lui faire tenir, que nous ne leur donnerons aucun prêtre de notre congrégation, ni du dehors, pour ne nous lier qu'à Dieu et à lui, et n'avoir affaire avec d'autres.
C'est pourquoi, Monsieur, quand vous serez arrivés à Madagascar, si c'est le bon plaisir de mondit seigneur de vous y faire mener, je vous prie de n'avoir, ni vous, ni les vôtres, aucune communication avec les gens de ces Messieurs, mais de vous attacher de toute votre affection aux intérêts de ce bon seigneur, par l'obligation que nous avons de lui obéir. C'est ce que je lui mande que vous ferez, et vous pourrez le lui confirmer. Je ne pense pas qu'après cette assurance il veuille exiger un serment de fidélité ni de vous, ni des autres. Et s'il le voulait faire, dites-lui qu'étant enfants d’obéissance, il vous suffit de savoir quelle est l'intention de ceux qui vous envoient, pour n'aller jamais au contraire, et que c'est là votre serment.
Pour le transport de vos hardes à La Rochelle, où le navire doit aller, à la bonne heure, faites-le faire, si Mgr vous fait la grâce de vous accorder le passage et qu'il soit nécessaire de vous aller embarquer à La Rochelle. En ce cas, vous me le ferez savoir ; je vous y écrirai plus amplement. Cependant continuez de vous abandonner aux soins amoureux de la Providence et de vous confier à la bonté paternelle de Dieu.
Pour la décharge que vous me demandez du soin de la petite compagnie, je vous prie de n'y pas penser,
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mais d'être caché comme sous les cendres de cette humilité, en l'esprit de N.-S., qui sera lui-même votre direction en cette conduite, votre force en votre faiblesse, votre science en vos doutes et votre vertu en vos besoins. De votre côté, Monsieur, donnez-vous à lui pour n'être à peine à personne, pour traiter un chacun avec douceur et respect, pour user toujours de prières et de parole., aimables, et jamais de mots rudes ou injurieux, rien n'étant si capable de vous concilier les cœurs que cette manière d'agir humble et suave, ni par conséquent de vous faire parvenir à vos fins, qui sont de faire que Dieu soit servi et les âmes sanctifiées.
Je vous embrasse de toutes les tendresses de la mienne, et ces Messieurs avec vous.
Je pense que M. Feydin se veut encore fortifier pour parler en public, au moins pour prêcher; c'est pourquoi vous ferez bien de ne le presser pas sur ce point dans le vaisseau. Pour le catéchisme, vous verrez s'il voudra se hasarder de le faire. Je ne doute pas qu'il n'y réussisse, s'il peut surmonter sa timidité.
Je suis...
3028. - A PIERRE CABEL, SUPéRIEUR, A SEDAN
Paris, 22 novembre 1659.
Monsieur,
La source de l'aumône retranchée n'étant pas tarie, grâce à Dieu, de qui la charité est infinie, j'ai charge de vous prier de prendre deux cents livres pour les mois d'octobre et de novembre, qui s'en vont fâcheux, et d'en tirer une lettre de change sur Mademoiselle Viole, trésorière des dames de la Charité, qui payera cette
Lettre 3028. - Pémartin, op. cit., t;, p. 499, l. 1973.
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somme à lettre vue. Elle est sœur de M. Deffita, avocat au parlement, et loge chez lui, à la rue de la Harpe. On ne veut pas que cette assistance passe davantage par Reims, et pour cela on vous a fait écrire qu'elle était cessée. C'est pourquoi vous ferez bien d'honorer le silence de Notre-Seigneur en cela. Je ne puis pas vous assurer de la continuation, mais voilà la disposition présente. Un moyen pour mériter que Notre-Seigneur nous continue ses bienfaits est de les employer, à mesure que nous les recevons, selon son bon plaisir et pour la plus grande utilité du prochain.
Nous tâcherons de vous décharger bientôt, Dieu aidant, de la personne dont vous me parlez. Il nous faut auparavant trouver un prêtre propre pour vous l'envoyer à sa place.
Le jeune homme converti que vous avez vu naguère à Sedan, vient pour la première fois avec un autre jeune homme aussi nouvellement converti, qui a commencé d'étudier avec succès, et qui est pour servir un jour l'Eglise, aussi bien que l'autre, s'il peut continuer ses études. Il ne sait pas encore assez pour entrer au collège des Trente-Trois (1) et cependant il est obligé de sortir de la maison des nouveaux catholiques, où on a fait un passe-droit, le retenant plus longtemps que la règle ne porte, parce qu'on l'a reconnu gentil garçon, mais on ne peut plus. On lui a dit que la reine a laissé
1. Le séminaire des Trente-Trois était ainsi nommé du nombre des clercs qui s'y préparaient au sacerdoce. Les places se donnaient au concours ; elles étaient réservées à des jeunes gens sans fortune dans lesquels se voyaient des signes sérieux de vocation ecclésiastique. L'œuvre remontait au pauvre prêtre Claude bernard, qui avait tout d'abord rassemblé cinq clercs en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur. Quand les ressources le permirent, ils furent douze, nombre des douze apôtres, puis trente-trois, nombre des années que Notre-Seigneur passa sur terre. Le séminaire fut transféré en 1657 à l'hôtel d'Albiac, rue Montagne-Sainte-Geneviève.
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à Sedan quelques fonds pour en faire de bonnes œuvres et a désiré que je vous prie, comme je fais, de voir s'il pourrait participer à cette charité pour pouvoir subsister quelque temps en l'université.
Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre...
3029. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce 23 novembre [1659] (1)
Monsieur Mercier, prêtre habitué à Saint-Barthélémy (2), confesseur de nos sœurs de l'hôtel-Dieu, a désir d'être du nombre de ceux qui vont à la conférence des mardis et pour cela,. mon très honoré Père, m'est venu prier de vous faire savoir que je le connais y a longtemps, pour l’avoir vu près Monsieur de Villenant, dont Madame sa mère avait estime.
Je crois que vous avez vu la lettre qui me fut hier envoyée d'une dame de St-Cosme (3), qui souhaite une chose assez raisonnable mais le reste contre. Je crois, mon très honoré Père qu'il. sera bon de donner réponse, non par la sœur qui l’a apportée ,si votre charité le juge à propos, la croyant être en partie cause du plus grand bruit quoique au fond, il y a eu un peu de ma négligence et respect humain. Cette fille est celle qui, voulant sortir de la compagnie y a quelque temps, s’humiliant, y demeura. Il est vrai que sa compagne, toute simple, a un peu manqué de prudence, comme je fais souvent des vertus nécessaires pour me pouvoir dire véritablement, mon très honoré Père, votre très humble fille et obéissante servante.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
Lettre 3029. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
3. Paroisse de Paris.
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3030. - A NICOLAS éTIENNE, PRêTRE DE LA MISSION,
A NANTES
De Paris, ce 26 novembre 1659
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je reçus hier au soir votre dernière, écrite de la chambre de Monseigneur le maréchal (1), et un mémoire, qui marque les conditions d'accommodement ; et incontinent après j'envoyai un billet à M. Cazet, par lequel je le priais de venir entendre la sainte messe céans ce matin ; ce qu'il a fait. Je lui ai communiqué votre lettre et le mémoire. Il m'a dit ensuite qu'il est très humble serviteur de Monseigneur le maréchal, qu'il communiquera à la Compagnie (2) les conditions d'accommodement contenues dans le mémoire, qui s'assemblera vendredi prochain ; mais qu'il croit qu'elle ne les accepterait pas, et m'a ajouté ensuite qu'il ne voyait point de moyen plus juste ni plus satisfaisant raisonnablement un chacun que celui qui fut projeté en la présence de mondit seigneur le maréchal (3) et auquel assista Monsieur le premier président (4), et qui ne fut pas pour lors ou depuis agréé par mondit seigneur le maréchal, qui témoigna n'être pas satisfait d'une demande indiscrète d'un de la Compagnie, qui n'en est plus ; que, s'il plaît à mondit seigneur de reprendre ces mêmes moyens d'accommodement et de prier Monsieur le premier président d'achever cette affaire, la Compagnie y pourra entendre. Voilà, Monsieur, ce qu'il m'a dit, en attendant sa der-
Lettre 3030. - Dossier de Turin, copie du XVII° siècle, prise sur l'original, qui était en entier de la main du saint.
4. Guillaume de Lamoignon.
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nière réponse, que me fera ladite Compagnie vendredi ; et m'a ajouté derechef qu’il est très humble serviteur de mondit seigneur le maréchal et qu'en cette qualité il est obligé de lui dire que sa Compagnie n'est pas résolue de se déprendre de son droit et qu'elle procédera néanmoins avec le respect et la révérence qu’elle doit à la grandeur de mondit seigneur le maréchal ; et c'est, Monsieur, ce qui m'afflige, qu'un dessein si considérable à la gloire de Dieu soit traversé par ces fâcheux rencontres, qui se peuvent accommoder facilement et promptement. Je prie Notre-Seigneur qu'il ait agréable de s'entremettre lui-même de cet accommodement.
Je renouvelle ici les offres de mon obéissance perpétuelle et cordiale à mondit seigneur le maréchal, auquel vous direz, s'il vous plaît, que ladite Compagnie a reçu mes excuses et qu'elle cherche des prêtres. Je vous prie de me donner de vos nouvelles par toutes les occasions qui se présenteront.
Je salue très humblement mes très chers confrères et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
3031. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR. A ROME
[Novembre ou décembre 1659] (1)
Je rends grâces à Dieu d'avoir mis les choses au point
Lettre 3031. - Vie manuscrite de Edme Jolly, p. 26. (Arch. de la Mission.)
1. La maison de Rome commença à recevoir des ordinands aux quatre-temps de décembre 1659. Comme il est question pour la première fois de cette œuvre dans la lettre du 21 novembre, celle-ci doit être placée aux environs de cette date. Elle semble postérieure à la lettre 3025.
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qu'elles sont de delà pour les exercices de l'ordination je l'en remercie avec grande tendresse. Il semble que la divine Providence nous veuille donner occasion de lui rendre quelque petit service dans un sujet de cette importance ; mais, comme c'est l’œuvre du Saint-Esprit, il est nécessaire que la compagnie en soit animée et que chaque particulier en soit rempli. C'est à quoi nous devons tous tendre. Nous devons faire en sorte de vivre selon cet esprit et d'agir selon ses opérations, pour mériter la grâce qu'il bénisse nos emplois ; autrement, ce serait abuser le monde. Messieurs Portail, Alméras et moi avons dit la sainte messe pour action de grâces du dessein qu'il a sur votre maison et pour lui recommander ce commencement. Je n'en ai pas encore parlé à la communauté. J'attends l'effet, dont nous n'avons encore que l'espérance. Et parce qu'après Dieu elle est due à vos soins et à la grâce qui est en vous, Monsieur, je vous en remercie de toute l'affection de mon âme, comme de tant d'autres biens que Dieu nous a faits par votre moyen.
3032. - A PHILIPPE PATTE,
FRèRE DE LA MISSION, A NANTES
[Novembre ou décembre 1659] (1)
Je suis fort affligé de savoir que vous aurez des hérétiques dans votre vaisseau et par conséquent beaucoup à souffrir de leur part. Mais enfin Dieu est le maître, et il l'a ainsi permis pour des raisons que nous ne savons pas ; peut-être pour vous obliger d'être plus retenu en leur présence, plus humble et plus dévot envers
Lettre 3032. - Abelly, op. cit., l. 2, chap. 1, sect. 1, § 4, p. 19.
1. L'embarquement des missionnaires destinés à Madagascar se fit en décembre.
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Dieu, et plus charitable envers le prochain, afin qu'ils voient la beauté et la sainteté de notre religion et qu'ils soient par ce moyen excités d'y revenir. Il faudra soigneusement éviter toutes sortes de disputes et d'invectives avec eux, vous montrer patient et débonnaire en leur endroit, lors même qu'ils s'échapperont contre vous, ou contre notre créance et nos pratiques. La vertu est si belle et si aimable qu'ils seront contraints de l'aimer en vous, si vous la pratiquez bien. Il est à souhaiter que, dans les services que vous rendrez à Dieu sur le vaisseau (3) vous ne fassiez point acception de personnes et ne mettiez pas différence qui paraisse entre les catholiques et les huguenots, afin que ceux-ci connaissent que vous les aimez en Dieu. J'espère que vos bons exemples profiteront aux uns et aux autres.
Ayez soin de votre santé, je vous en prie, et de celle de nos missionnaires...
3033. - EDME JOLLY, SUPéRIEUR A ROME,
A SAINT VINCENT
[Novembre ou décembre 1659] (1)
Nous allons nous préparer, selon notre chétiveté, à servir Messieurs les ordinands. Notre confiance est en Dieu, qui se montre d'autant plus l'auteur de cette œuvre, que l'on ne sait comment cette résolution a été prise, ni qui en est le promoteur (2). De sorte que je puis dire que a Domino factum est istud (3) ; et ainsi il y a lieu d'espérer que qui caepit ipse perficiet (4).