Correspondance (page 60)
3. Marie de Médicis.
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1° L'autorité des personnes plus saintes de l'Ordre, comme entre autres la sœur Marguerite du Saint-Sacrement, qui vient de mourir, la Mère Jeanne qui est à Pontoise, qui sont de l'autre côté, ont résisté à leurs demandes et ont jugé et dit que ce sera la perte de leur Ordre. Or, vous savez de quel poids est le sentiment des personnes qui ont l'entrée du cabinet de Dieu et de son oreille.
2° Qu’il n'y a nul péril à maintenir ce premier ordre et manière de conduite établie par le Pape, puisqu’on n'a point vu qu'il se soit détraqué de la perfection de leur Ordre et lnstitut et de l’esprit de sainte Thérèse pendant qu'elles ont été conduites en cette manière, et qu'on peut raisonnablement juger et espérer que c'en sera de même à l'avenir, n'ayant rien de plus clair au contraire, et qu'on n'a pas la même assurance de la nouvelle manière de conduite, puisqu'on n'en a pas l'expérience.
Mais, de plus, il parait du péril de ce côté-là, et grand ; car la conduite étant entre les mains de ces deux abbés qui ont pouvoir de se perpétuer en nommant d'autres à leur volonté, je suppose que celui de ces deux qui reste soit catholique (de quoi toutefois tout le monde n'est assuré et plusieurs en doutent), il en peut nommer un qui sera janséniste, même contre son intention, d autant qu'il ne le connaîtra pas (car je pense que vous n'ignorez pas que aujourd'hui tel ne parait pas tel, imo fort opposé, qui pourtant l'est en effet et d'autant plus dangereux) ; et quand ce ne sera pas lui, ceux qui viendront après lui. Et si le jansénisme entre dans cette maison-là, quelle perte sera-ce pour l'Eglise et quel avantage pour ce parti hérétique-là ! Or, nous ne voyons point ce péril-là de l’autre côté, car ce sont des docteurs de Sorbonne, et de la partie saine et catholique, et très bien opposés à cette hérésie-là ; et il est non seulement probable, mais assuré qu'ils ne nommeront jamais de ceux que, pour leur indignité et corruption, ils ont retranchés de leur corps et qu'ils tiennent comme les ennemis ouverts et mués de l'Eglise et les leurs, si ce n'est qu'ils donnassent de telles assurances de leur pénitence et conversion qu'ils jugeassent qu'il n'y eût plus aucun péril ; ce qui doit avoir lieu non seulement pour le présent, mais aussi pour l’avenir
Un autre inconvénient que l'on y voit est que, dans ce début, les évêques s'entremettront pour en avoir la conduite et vider par là le différend ; et on dit que cela leur appartient de droit en ce cas et que celles du grand couvent semblent y vouloir donner les mains ;du moins on le craint. Or, si cela arrive, jugez quel péril est cet Ordre là, vu l’état
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de plusieurs évêques, comme ceux de Sens (1), de Beauvais (2) et bien d'autres.
Une autre raison est qu’on ne voit nul mal du côté du petit couvent pour ce sujet, nulle apparence, nul sujet de doute ,même un soupçon. Du côté du grand, il n'en est pas de même, car, sans parier des autres, nous ici à Rouen, en la maison de cet Ordre, qui est du côté du grand couvent une supérieure, qui donne bien de l'ombrage, et avec bon fondement, aux bons catholiques, à savoir grande intelligence avec Madame de Longueville, la grande protectrice des jansénistes de votre province et peut-être de toute la France, le même à l'égard des Pères de l’Oratoire et nomination de quelqu’un dont on l’a avertie qu’il y avait péril et qu’on soupçonnait avec sujet. Elle a fait prêcher dernièrement, à la fête du Mont-Carmel, une personne soupçonnée ; et, quand on l'a voulu avertir de ces choses-là, elle s'est cachée et n'a pas voulu souffrir l’avertissement et a fait des menteries, disant que c'était par l'ordre du Père recteur des jésuites. ce qui s’est trouvé faux.
Tout ce qui arrête les gens de bien en cette affaire-là .Monsieur, c'est qu'on dit que vous avez pris le parti du grand couvent. Je veux croire que vous n'y avez vu nul de ces inconvénients, ou que vous en avez vu encore de plus grands de l’autre côté, et des biens de celui-là que nous ne voyons point. Néanmoins, ayant eu communication de ces choses avec quelques gens de bien, bien catholiques, et à qui je crois que Dieu a donné le zèle et la science ou les lumières pour défendre les affaires et les intérêts de sa maison l’Eglise, et ayant en cela suivi leur avis, me confiant en la bonté et vertu que j’ai remarqué que Dieu a mises en vous, j'ai pris la confiance et la liberté, en toute l'humilité, le respect et la simplicité possibles, de vous représenter ces raisons hurluberlu, telles qu’elles sont, afin que vous les examiniez et voyiez si elles ont quelque apparence de raison, et que, si vous le jujez a propos, vous demandiez encore au bon Dieu ce qui en est, et, en tout cas, que vous nous fassiez part des lumières que Dieu vous a données sur cette affaire-là et qui vous ont obligé : à les appuyer de votre approbation (si toutefois cela, car je n’en suis pas assuré, et ne le dis qu'à vous et après ces personnes-là et par leur avis) afin que j'en puisse satisfaire ces personnes-là.
4. Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin (1646-19 septembre 1674).
5. Nicolas Choart de Burenval.
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L'on a jugé que la mort de l'abbé de Chandenier (6) était arrivée par permission divine et afin que vous vissiez vous-même en quel péril était cet Ordre-là dans cette sorte de conduite, comme je l'ai ci-devant exposé en deux raisons.
Ceux a qui Dieu a donné ces lumières-là pensent que le remède à cela serait, supposé qu’on trouve ces raisons-là raisonnables, appuyées de quelques autres encore meilleures que Dieu donnera à ceux qui lui voudront demander lumière là-dessus, de les représenter à Sa Sainteté et la supplier de les examiner, et, si elle le juge ainsi à propos, d'ordonner que les choses demeureront en la première manière ordonnée par ses prédécesseurs ; et on pense qu'il serait bien à propos d'y envoyer exprès une ou plusieurs personnes, capables de bien faire cette négociation ; car, comme j'ai dit, on estime cette affaire-là une des plus importantes qui soit aujourd'hui dans l'Eglise de Dieu.
Un autre remède serait d'en faire tomber la direction aux religieux du même Ordre, aux Carmes déchaussés, plutôt qu'elle vienne aux mains des évêques.
Enfin, Monsieur, me suffise de vous avoir donné à penser là-dessus pour l’Ordre que j’ai dit. Vous examinerez si ces petits avis viennent de Dieu, et, en ce cas ( si vous le jugez à propos), vous lui parlerez vous-même et verrez ce qu'il vous en dira lui-même.
On dit que les poètes ont des licences toutes particulières. J’espère que votre bonté en accordera encore de plus grandes à ma tête, telle que vous la connaissez, qui seront de vous envoyer mes impertinences telles et si mal digérées et en désordre qu'elles soient, avec ces rayures, pâtés, etc., et sans les récrire.
Si vous jugez à propos d'y répondre quelque mot, surtout au second article, touchant ce que je vous ai dit de St-Cyran, vous l'adresserez, s'il vous plaît, en cette ville, chez Monsieur le curé de St-Nicolas. Je n'y serai plus que jusqu'à vendredi prochain ; mais, si vous ne pouvez écrire sitôt, il me fera tenir les vôtres où je serai.
Je suis de tout mon cœur et en tout le respect que je dois, en l'amour de N.-S. J.-C., Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
J. DE BREVEDENT,
prêtre indigne.
Quelques gens de bien m'ont requis de recommander à vos
6. Louis de Chandenier, abbé de Tournus.
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prières une affaire qu'ils estiment d'importance et qui concerne la paix d'une famille, et en cela la gloire de Dieu vous l'aurez donc agréable, s'il vous plaît.
3171. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION,
A REIMS
De Paris, ce 31 juillet 1660.
Mon cher Frère,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu la vôtre du 26 courant. On a payé, à l'ordre de M. de Séraucourt, votre lettre de change de huit cent quarante-huit livres, destinées à la réparation des églises ruinées. J'espère qu'à la première réunion on dira d'envoyer quelqu'autre chose pour cet effet. J'y ferai présenter votre lettre, qui donnera encore motif de parler des missions à faire. Vous pourrez prendre aussi à notre compte, quand il vous plaira, les sommes dont vous. nous écrivez dans un billet à part, c'est-à-dire neuf cent quatre-vingt-quatre livres dix sols d'une part, et quatre-vingt-cinq livres d'autre part, et cinq cents livres d'autre part encore; ce qui fait en tout mille cinq cent soixante-dix livres et non mille six cent trois livres, comme vous m'écrivez Je vous prie de vous rappeler que les neuf cent quatre-vingt-quatre livres dix sols sont pour secourir et soulager les plus pauvres et nécessiteux de la Champagne et de la Picardie. Pour les cinq cents, je vous ferai savoir à quoi elles sont destinées. Les quatre-vingt-cinq livres dix sols sont pour les pauvres prêtres. Je ne vous ai fait mention que de soixante-seize livres
Lettre 3171. - Cette lettre nous est connue par sa traduction italienne, insérée dans un des écrits du procès de Béatification, Summarium Responsivum, p. 54.
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dix sols, mais maintenant j'y ajoute neuf livres que j'ai eues ensuite.
Nous ferons porter aujourd'hui ou demain un ballot d'ornements d'église au coche ou messager de Saint-Quentin ; l'autre ballot n'est pas encore prêt ; ce sera pour une autre fois.
Je reste, en Notre-Seigneur, mon cher Frère, votre très affectionné frère et serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
3172. - M. BOURDET A SAINT VINCENT
De Melun, ce dernier de juillet 1660.
Monsieur et Vénérable Père,
L'honneur que Votre Révérence me fit, vendredi dernier, de votre intention me fait croire que Votre Révérence aura agréable que je lui adresse la présente, pour lui donner avis que je me suis acquitté envers la bonne Mère de Maupeou (1) et envers les deux autres dames oui l'accompagnent, des civilités que Votre Révérence m'ordonna de leur faire. Elles les ont reçues avec joie, et grand respect de moi, me voyant hors d'espérance de pouvoir pour l'avenir faire aucun service dans cette maison, pour le soupçon qu'elles ont de ma personne attendu que, ces bonnes filles ayant été divisées si longtemps, les unes croient que j'ai épousé le parti de Monseigneur de Sens avec trop de passion, bien que je n’aie en tout mon procédé aucun parti que celui de notre bon Jésus. Cela m'oblige à supplier Votre Révérence de me vouloir faire la charité de me donner quelque petit emploi, puisqu'elles ne se veulent plus servir de moi, bien que je les aie servies avec toute sorte de fidélité,. comme Votre Révérence a pu remar-
Lettre 3172. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Sœur Madeleine Maupeou, assistante du premier monastère de Paris, était allée à Melun, accompagnée de la Sœur Elisabeth-Angélique Fouquet, à la demande de Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, archevêque de Sens, pour rétablir l'ordre et l'union chez les Ursulines de cette localité.
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quer par les lettres que je fis voir à Votre Révérence à mes adresses par Monseigneur le nonce.
J’espère de votre charité assistance, vu et considéré les grandissimes peines que je supporte pendant cette désunion de la persécution dans mon bénéfice, qui m'est causée par Monsieur Daisne, me dérobant, s'il faut ainsi parler, par violence mon bénéfice. J’espère de votre bonté, pour l'amour de notre bon Jésus, soulagement dans mes nécessités, qui sont extrêmes, et permission d'oser me dire, tout le reste de mes jours, avec respect, mon vénérable Père, votre très humble et très obéissant serviteur.
BOURDET,
confesseur indigne des Ursulines de Melun.
3173. - JEAN LARMURYE A SAINT VINCENT
De Saint-Léonard (1), le 2 août 1660.
Monsieur,
La confiance que j’ai de votre charité me fait espérer que vous écouterez la très humble prière que je vous fais pour un bon homme, pauvre selon sa condition, unique cousin de feu M. Constantin, chanoine de Luçon, lequel, au sourd bruit du décès de son cousin, se porta à Luçon pour savoir au vrai ce qu'il craignait si fort et apprit de Messieurs les missionnaires que Monsieur Cyroy, absent, avait succédé aux biens du pauvre défunt mais qu'il n'était pas homme à y vouloir profiter ; quand il aurait satisfait à quelques dépenses, il lui remettrait le restant, en faisant valoir sa testation de parent.
Monsieur, vous êtes absolu et charitable, qu'il vous plaise je vous supplie, de vouloir prendre la peine de vouloir faire savoir vos volontés à ces .Messieurs, à ce qu'il leur plaise soulager sa nécessité bien grande, étant chargé de famille comme ces Messieurs ont pu connaître, lui ayant fait grâce de le retirer dans leur maison de Luçon. attendant que M. Cyroy, qui était à la Campagne. fût de retour.. Mais comme il vit qu'il n'avait pas de testation de sa parenté avec le défunt et que ces Messieurs n'ajouteraient pas foi à ce qu'il leur pourrait rapporter, il se retira ; et en prenant
Lettre 3173. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Chef-lieu de canton de la Haute-Vienne.
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congé d'eux, ils lui baillèrent ordre de vous faire écrire touchant ce sujet et vous prier, comme je fais très instamment pour lui, de lui vouloir continuer vos saintes charités, vous assurant, foi de prêtre, qu'elles sont très bien employées et que je n'ai d'autre gloire que de me dire, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
JEAN LARMURYE,
prêtre.
S'il vous plaît me faire l'honneur de votre réponse, vous pourrez faire l'adresse à M. Philippe Michel, marchand de Limoges.
Suscription : A Monsieur Vincent, général des missionnaires, demeurant au faubourg de Saint-Denis, au Lazare, à Paris.
3174. - A RENé ALMERAS, A TOURS
Du 4 août 1660.
J'ai été sensiblement touché de la première nouvelle de votre maladie, craignant que la fièvre ne survînt à votre grand abattement ; mais, voyant par votre second lettre qu'au lieu de cela votre faiblesse est beaucoup diminuée, mon affliction l'est aussi. Dieu en soit loué, Monsieur ! Il n'appartient qu'à lui de mortifier et de vivifier. Je suis fort consolé de vous savoir à l'Oratoire, où vous trouvez la charité comme en son trône royal, qui vous fait ressentir ce qu'elle est, par les douceurs et les assistances que vous recevez de ces bons Pères. Je prie Notre-Seigneur qu'il en soit leur récompense. Vous avez déjà reçu la vie dans leur maison de Bourbon, où vous avez été tenu pour mort, et j'espère que vous recevrez à présent la santé dans celle de Tours, où vous avez déjà trouvé du soulagement. Je me donnerai l'hon-
Lettre 3174. - Reg. 2, p. 268.
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neur, au premier jour, d'en remercier le R. P. Séguenot par une lettre exprès. Cependant ne vous hâtez pas de venir ; attendez que vous ayez des forces assez pour le voyage. Prenez tout l'argent qu'il vous faudra. Je serai plus consolé, à votre retour, que je ne saurais être par quelque autre sujet qui me pourrait survenir ; je demande à Dieu que ce soit au plus tôt et en parfaite santé. Au nom de Dieu, ménagez-la cependant ; n'épargnez rien ; prenez une litière. Je pensais avoir fait une bonne affaire de vous envoyer à Richelieu (1) ; mais jamais plus je ne le ferai, quand vous et moi vivrions 15 et 20 ans en même état.
3175. - AU FRèRE MELCHIOR GAUDOIN, AU MANS (1)
De Paris, ce 4 août 1660
Mon cher Frère,
J'ai reçu votre lettre avec joie, et elle m'a renouvelé les sentiments de tendresse que j'ai toujours eus pour vous. Je rends grâces à Dieu de l'oblation que vous lui voulez faire par les vœux qui sont en usage en la compagnie, et je prie son Saint-Esprit, qui vous en a donné les mouvements, qu'il les accomplisse en vous. Je prie M. Laudin de vous admettre à cette sainte action, qui sera celle de toute votre vie la plus agréable à Dieu, si
1. René Alméras, prêtre de la Mission, avait été envoyé par saint Vincent à Richelieu à l'occasion du passage du roi, qui rentrait à Paris avec ssa jeune épouse.
Lettre 3175. - Pémartin, op. cit., t. IV, p. 584, l. 2058, d'après l'original, mis en vente en janvier 1854 chez M. Laverdet. Le saint, écrit ce dernier, "a voulu tracer, en post-scriptum, cinq petites lignes; mais étant illisibles, il les a biffées lui-même. Sa signature paraît avoir été apposée avec la plus grande difficulté."
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vous la faites en esprit de sacrifice, par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Heureux serez-vous, mon cher Frère, d'être crucifié avec lui pour la gloire de son Père et le salut des peuples, parce que vous régnerez aussi avec lui pendant toute l'éternité ! Amen.
Je vous envoie la reconnaissance que vous avez désirée pour la somme que vous avez laissée entre les mains de M. Maillard.
Je me recommande à vos prières. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre...
3176. - JEAN DE FRICOURT, CLERC DE LA MISSION,
A SAINT VINCENT
A Saintes, ce 4 août 1660.
Monsieur et très honoré Père,
Votre sainte bénédiction !
Monsieur Fleury m'ayant dit qu'il se donnait l’honneur de vous écrire, m'a en même temps donné sujet de penser s'il était à propos que je prisse la même liberté. Il m'a semblé de prime abord que c'était en quelque façon agir contre le respect que je vous dois ; mais, ayant fait réflexion au bon accueil et à l’amour que vous témoignez à toute sorte de personnes, j'ai cru qu'étant votre fils, je devais avoir autant et plus de confiance en votre bonté qu'aucun autre. J’avoue bien, mon très honoré Père, que, si j'avais assez de force sur moi-même pour considérer toujours ma bassesse et mon néant, je n'aurais pas assez de témérité pour me mêler d'écrire à une personne si haute et si sainte, mais je souffrirais volontiers de passer pour un mal avisé, pourvu que j'obtienne ce que je prétends avoir, l'assistance de vos prières, une élévation de votre cœur envers Dieu pour moi, un petit souvenir d'un des plus malheureux enfants que vous ayez conçu en J.-C. et reçu en votre compagnie, en laquelle j'espère, moyennant la grâce
Lettre 3176. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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de Dieu, être toute ma vie, Monsieur et très honoré Père, .votre très humble et très obéissant serviteur
J. DE FRICOURT,
clerc de la Mission
Suscription : A .Monsieur Vincent, supérieur général de la Congrégation de la Mission, aux Bons-Enfants.
3177. - SŒUR JOLLY A SAINT VINCENT
De Paris, ce 5 août 1660
Monsieur.
Très humble et respectueux salut en Notre-Seigneur ! Mon père m'ayant fait rapport de votre avis et sentiments sur notre sortie, j'ai cru que vous trouveriez bon que je vous en rende compte, et vous assurerai, Monsieur, que nous sommes sorties, sans aucune intention de vendre notre maison ; et il aurait été inutile, puisque mon père en avait la charge il y a plus d'un an ; mais le seul motif a été les mortifications continuelles que nous avions des religieuses, pour être à charge à la maison ; et ma sœur, quoique bien intentionnée pour sa vocation, souffrait plus que moi. Et, Monsieur, la communauté ne désirant plus la garder, comment ne la laisser sortir avec son habit de religieuse, n'en ayant point d'autre ? Quand elle en aurait eu, point de retraite, point de quoi subsister. J'ai cru que la nature et la charité m'obligeaient de l'accompagner plutôt qu'une autre et me remettre à la Providence, que j'ai trouvée d'abord par .Madame la duchesse de Noirmoutiers (1). sans l'espérer, par vous, Monsieur, sans le mériter, et dont je suis confuse.
Présentement nous sommes avec notre père, qui la cherchera. Si toutefois. après vous avoir fait connaître nos pures intentions, vous jugez que je doive m'en retourner en ma maison de religion. je n'y manquerai pas, avec résolution, de ma part, de souffrir autant que je le pourrai, et laisserai ma sœur avec son habit de religion,. étant très aise de ne point manquer à ma vocation et de suivre vos bonnes instructions Pour quoi, Monsieur,. j’attendrai en tonte, humilité vos com-
Lettre 3177. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Renée-Julie Aubéry, épouse de Louis de la Trémoille, duc de Noirmoutiers, morte le 20 mars 1679.
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mandements, comme étant en tout respect Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.
Sœur C.N. du St-Sacrement
JOLLY,
r[eligieuse] i[ndigne ] b[énédictine]
Je vous envoie notre obédience, comme mon papa nous a témoigné de vous la renvoyer.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général des prêtres de la Mission, à St-Lazare.
3178. - LE CHANOINE LE MARESCHAL A SAINT VINCENT
[Août 1660] (1)
Mon très Révérend Père,
Le profit que font ceux que vous recevez dans votre maison pour être instruits de l'état ecclésiastique nous a paru si grand lorsqu'ils se sont présentés à nous pour être reçus aux ordres, qu’il me fait vous supplier de vouloir assister ce jeune homme de vos bonnes instructions Il désire faire une retraite de quelques jours pour ensuite venir ici prendre l'ordre de sous-diacre. Ayez cette bonté pour lui, en notre considération d'en vouloir prendre la conduite. Quoique je n'aie pas l'honneur d'être bien connu de vous, je me suis persuadé que vous recevrez favorablement celle-ci, puisque c'est par un motif de charité que je vous l'écris en faveur de ce porteur duquel nous espérons beaucoup, pour le bon naturel qui est en lui.
J'espère dans peu me joindre à Monsieur de Beausse, chanoine en cette église d'Evreux pour faire quelque retraite. Ce me sera une occasion bien avantageuse pour entrer dans l'honneur de votre habitude et vous assurer de vive voix comme je fais présentement que je suis mon très Révérend Père votre très humble et très obéissant serviteur.
LE MARESCHAL,
prêtre, chanoine
et promoteur d'Evreux.
Lettre 3178. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
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Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent supérieur général de la Mission, à St-Lazare au bout du faubourg à Paris.
3179. - MADAME DE FLACOURT (1) A SAINT VINCENT`
[Août 1660.]
Monsieur,
Je vous prie de vouloir bien écrire à Madame d'Aiguillon pour lui demander si elle voudrait bien me faire la faveur de me prêter une chambre chez elle, toute la plus vilaine et la moindre qui soit dans sa maison, pourvu qu'elle soit dessus le jardin ; car c'est que je ne puis dormir dans la maison que nous avons louée. Je suis présentement chez Madame de Brinvilliers ; mais sa belle-sœur vint ces jours-ci, si bien qu'il m'en faut sortir. Je ne demande à Madame d'Aiguillon une chambre que pour trois semaines ou bien un mois. Si vous avez cette bonté pour moi d'en vouloir prier Madame la duchesse vous ferez la plus grande charité du monde car j'ai été six mois sans dormir. Je ne serai que la nuit chez Madame d'Aiguillon et je ne l'incommoderai point, car je serai le jour au logis. Le carrosse me viendra quérir Je n'ai que pour un mois car nous en chercherons partout à vendre ou à louer. Je vous prie de l'en vouloir prier et vous obligerez celle qui est Monsieur votre très humble et très obéissante servante.
M. DE FLACOURT, fille de Madame de Romilly.
Je me recommande aussi à vos bonnes prières pour nos affaires qui ne vont pas fort bien.
Je vous prie le plus tôt que vous pourrez que j'en puisse savoir la réponse, car je suis pressée.
Lettre 3179. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Marie Sublet, épouse de Julien le Bret, seigneur de Flacourt, conseiller au parlement de Paris, morte le 29 juillet 1686.
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3180. - CLAUDE DE POUILLY, MARQUISE D’ESNE,
A SAINT VINCENT
[Août 1660] (1)
La haute réputation en laquelle vous êtes oblige Monsieur le marquis de Pransac (1) et moi de souhaiter que vous nous fassiez la grâce de vouloir recevoir chez vous notre fils aîné âgé de vingt ans lequel par mauvais conseil, lorsque nous étions, Monsieur et moi en ville, a monté par une échelle dans notre appartement et emporté tout l'or et l'argent qu'il a trouvés et, du même temps, a pris toute la vaisselle d'argent dans l'office et s'est absenté de notre maison ; et, depuis sa sortie, plusieurs personnes nous ont donné avis de ses déportements et assuré qu'il est entièrement abandonné et attaché aux bordels (3) et autres débauches, jureur, renieur, bref dans une extrême disgrâce et délaissement de notre doux Sauveur et de sa très auguste Mère, auxquels je l’avais ainsi que tous nos autres enfants, offert et dédié pour leur plus grande gloire et service.
Voyez s'il vous plaît, Monsieur la représentation que je vous fais ici de l'état et de l'âme et de la conscience de ce misérable, et le danger auquel il est de se perdre et de se damner pour une éternité ; et ensuite ayez je vous supplie, très humblement compassion de nous de le voir dans ce péril. Nous sommes après pour le faire attraper
Je vous supplie de me faire l'honneur de me mander si vous nous ferez à nous et à lui, la grâce de le recevoir, et, en ce cas les conditions, savoir combien il vous plaît qu’on vous donne pour sa nourriture et entretien de tout ; et si c'est à l'avance, si c'est par quartier ou autrement, et, s'il vous plaît de m'honorer de votre réponse, Monsieur, d'avoir agréable de la cacheter. J'espère de votre parfaite charité que vous entreprendrez la conversion de ce pécheur.
Je suis avec profond respect,. Monsieur, votre très humble et obéissante servante.
DE POUILLY D’ESNE
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent à St-lazare.
Lettre 3180. - L. a. - Dossier de Turin, original.
3. Lieux de débauche.
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3181. - A DENIS LAUDIN
De Paris, ce 7 d'août 1660
Monsieur
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
J'ai reçu deux de vos lettres, dont la dernière est du 1er de ce mois. Je trouve votre proposition bonne, qu’attendu les infirmités de notre frère de La Pesse, qui l'empêchent de s'appliquer à l'étude et à la régence, vous l'employiez à la procure, laissant néanmoins pour encore le titre de procureur à M. Turpin, pour signer les actes qu'il conviendra faire.
Je désire concerter avec M Dehorgny la résolution à prendre touchant les clefs de votre trésor, dont le frère Jean Proust a souvent à faire. Je ne l'ai encore pu. Je vous ferai réponse une autre fois sur cela, ou je la ferai faire par lui.
J'écris aux frères de La Pesse et Gaudoin touchant les vœux que l'un a faits et que l'autre demande à faire.
Je vous prie de nous mander comment se porte et se comporte le neveu de M. François, qui est un peintre de Paris, s'il est bien sage, s'il étudie bien et s'il est d'espérance.
Il a plu à Dieu de nous ôter un de nos meilleurs frères : c'est Sirven, qui était, à Sedan, la règle vivante de la compagnie, homme sage et intelligent, bienfaisant à tout le monde, qui s'adonnait volontiers au soulagement des pauvres malades et à la consolation des affligés. Toute la ville et les environs le regrettent fort, même les hérétiques, qui étaient édifiés de sa modestie et assistés de sa charité. Nous avons grand sujet de croire que Dieu a couronné son âme dans le ciel, après lui avoir fait la
Lettre 3181. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
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grâce d’exercer sur la terre les œuvres de miséricorde de la manière qu’il a fait. Néanmoins, Monsieur, il ne faut pas laisser de prier pour lui, dans l'incertitude des jugements de Dieu, qui met toute l'Eglise en prières pour les trépassés, même pour les justes.
Nous avons eu plusieurs malades, qui se portent mieux, grâces à Dieu, à la réserve du petit frère Le Gouz, qui est en danger de mort. Ce sera une grande perte, si elle arrive, parce que c'est un des meilleurs esprits du séminaire en tous sens. M. Alméras a été contraint de s'arrêter à Tours en s'en revenant de Richelieu, pour une grande faiblesse où il s'est trouvé, qui nous a mis en grande appréhension, mais par sa dernière lettre il me mande qu'il se remet un peu, grâces à Dieu, en qui je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Si je tarde à vous faire réponse touchant les clefs, vous m'en ferez ressouvenir au plus tôt.
Suscription : A Monsieur Monsieur Laudin, supérieur des prêtres de la Mission, au Mans.
3182. - LA MèRE DE MONLUC A SAINT VINCENT
Le 7 août [1660] (1)
Mon Révérend Père,
Votre extrême bonté dont j’ai beaucoup de lumière me persuade aisément que vous ne désagréeres pas que j’ose vous en demander une marque en faveur de ce saint ecclésiastique qui vous demande votre bénédiction et l'honneur de votre protection, dans le pieux dessein qu'il a d'aller à Rome où il
Lettre 3182. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
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a grand besoin de vos puissantes recommandations. Quand il aura l'avantage d'être connu de Votre Révérence, vous n'aurez pas regret de l'y avoir accordé votre assistance. Il n’a nulle habitude à Paris, n'y ayant jamais été. Il est de très bonne condition quoique son humilité l'engage de paraître le dernier de la taire et de mener une vie apostolique et très pauvre Il. a prêché en cette ville et confessé avec fruit Il sera très obligé à votre charité si vous daignez l'assister et l'y procurer quelque secours de ceux et celles qui font estime des fidèles serviteurs de Dieu, dont il est du nombre. Si je ne savais que [ceux] de mon nom vous sont en estime je n'entreprendrais pas de vous faire pour juge cette très humble recommandation, qui ne vous déplaira pas, tant vous avez de zèle au service de Dieu, que procurez si dignement
Ces pensées me donnent lieu d'espérer que vous exaucerez ma franchise et qu'aussi j'ai une qualité qui m'est toute précieuse, mon Révérend Père, de votre très humble et très obéissante servante
M. DE MONLUC, abbesse de St-Jacques.
3183. - MONTIGNY-SERUYENT A SAINT VINCENT
Ce lundi au soir [1660, vers août] (1)
Mon très Révérend Père
J’ai vu ce soir le Révérend Père Eudes qui, à cause de la grande distance m'a prié de vous témoigner qu'il vous convierait demain mardi après midi faire en sorte que M. Desbordes vienne vous voir pour tâcher comme vous êtes de ses amis de le dissuader d'être contraire à l'établissement des Quinze-Vingts (2), Il se porte contre le Père Eudes avec des transports étranges. Je ne sais pas par quel motif il agit de cette manière. Il me semble qu'il pourrait en user d'une autre
Lettre 3183. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Voir note 2.
2. A la suite de la mission donnée aux Quinze-Vingts par le P. Eudes dans le courant des mois de mai et juin, Auvry, administrateur de l'établissement, avait formé le dessein de confier la direction spirituelle de l'établissement aux disciples du célèbre missionnaire. Ce projet ne put aboutir. (cf. Boulay, op. cit., t. III, p. 375.)
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manière. C’est ce que nous espérons par votre entremise. Il est nécessaire que cela puisse être demain après-midi parce que tous ces Messieurs s'assembleront mercredi pour cette affaire, afin d'en délibérer.
Je suis de tout mon cœur, mon très Révérend Père votre très humble et très obéissant serviteur.
MONTIGNY-SERUYENT
Mondit sieur Desbordes est un des administrateurs de cet hôpital des Quinze-Vingts. Je ferai rendre votre lettre à M. Desbordes de bonne heure.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent à St-Lazare.
3184. LES SŒURS DU PREMIER MONASTèRE
DE LA VISITATION DE PARIS A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
Mon très honoré et très cher Père
Ayant appris comme notre très digne Monsieur l'abbé de Blampignon a reçu un bref de Sa Sainteté pour être visiteur des Révérendes Mères carmélites de France, nous en avons été sensiblement touchées, non pas que nous soyons fâchées qu'il contribue à l'augmentation de la gloire de Dieu par ce bon œuvre, mais dans l'appréhension que nous avons qu’une si grande occupation m’empêche de nous pouvoir continuer ses charitables assistances ; ce qui serait un des plus grands malheurs qui puisse arriver à notre communauté qui, prosternée à vos pieds, mon très honoré Père,. vous vient supplier en toute humilité et avec la plus respectueuse affection qu'il nous est possible, de nous vouloir faire la grâce de nous assister de votre paternelle protection, afin qu'une personne qui nous est si extrêmement utile et nécessaire pour le bien de cette maison et le salut de nos âmes nous soit conservée. Ce sera une obligation immortelle que nous vous aurons, mon très honoré Père, si vous nous procurez ce bonheur, laquelle, jointe avec toutes les autres dont nous vous serons éternellement redevables, nous rendra, jusques aux derniers soupirs de nos vies ,dans un profond respect et une très humble sou-
Lettre 3184. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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mission mon très honoré et très cher Père, vos très humbles et très obéissantes et très obligées filles et servantes en .Notre-Seigneur.
LES SŒURS DE LA COMMUNAUTé
DE LA VISITATION STE-MARIE
D[ieu] s[oit] b[éni] !
De notre monastère de Paris, rue St-Antoine ce 8 août 1660
Suscription : A Monsieur,Monsieur Vincent de Paul, supérieur général des Révérends Pères de la Mission, à St-Lazare.
3185. - LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES
A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
Mon tout unique Père
La sensible affliction où nous sommes causée de la très juste appréhension que la surcharge d’occupation où nous voyons Monsieur l'abbé de Blampignon ne nous prive de la grâce que sa bonté nous a si paternellement faite jusques à présent, nous fait prosterner en toute humilité à vos pieds, mon tout unique Père, pour y implorer votre secours et vous supplier très humblement, avec toute l'affection possible, d'avoir pitié de nous, faisant en sorte que la commission de visiteur général des chères Mères carmélites à notre véritablement bon Monsieur l’abbé de Blampignon ne le nécessite pas de faire des visites hors cette ville, cela ne se pouvant sans un préjudice si grand pour notre communauté que cela ne se peut dire laquelle a plus besoin du charitable secours de ce très honore Père que jamais. C'est pourquoi au nom de Dieu, mon tout unique Père usez de votre paternelle protection en notre faveur sur cet important sujet. Je vous en supplie de tout mon cœur, et vous remercie avec même affectation de la grande charité que votre bonté nous a faite au sujet de notre chère sœur Marie-Euphrosine Renault, qui est à Bayonne laquelle, mon très honoré Père, nous ne saurions assez reconnaître
Je supplie Notre-Seigneur vous récompenser lui-même et
Lettre 3185. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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nous conserver le très uniquement honoré Père qu'il nous a fait la grâce de nous donner. Accordez celle de votre sainte bénédiction mon tout unique Père, à votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.
LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES
DE LA V[ISITATION] SAINTE-M[ARIE]
D[ieu] s[oit] b[éni]
Ce 8 août [1660] (1)
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul général des Missions de France
3186. - EDME PICARDAT (1) A SAINT VINCENT
D'Angers ce 8 août 1660.
Monsieur et cher Père
Votre bénédiction !
Je vous supplie de faire tenir la présente à M. le supérieur de Troyes (2), et supplie aussi votre bonté paternelle, au nom de N-S. J-C. et de la sainte Vierge de me vouloir accorder la grâce de rentrer à la compagnie. Je suis toujours prêt à recevoir vos ordres, et, en attendant nous continuons toujours moi et toute notre compagnie, surtout nos petits pauvres, qui sont environ 90, qui prient tous les jours pour votre santé et pour la chère compagnie, à laquelle je suis et serai toute ma vie en l'amour de N.-S., Monsieur et très cher et honoré Père, votre très humble et très obéissant serviteur et petit fils.
EDME
Je supplie Monsieur Dehorgny de vouloir prendre la peine de me faire un mot de réponse touchant la dernière que je lui ai écrite. Nous prions Dieu pour lui., et lui baise les mains.
1. Cette lettre doit être rapprochée de la lettre 3184.
Lettre 3186. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Né à Rumilly-lès-Vaudes (Aube) le 23 avril 1613, entré dans la congrégation de la Mission, comme frère coadjuteur, le 5 octobre 1639, reçu aux vœux le 1er janvier 1643, sorti peu après.
2. François Dupuich.
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3187. - MADAME POTIER DE LAMOIGNON (1)
A SAINT VINCENT
Monsieur Vincent est très humblement supplié, de la part de Madame la première présidente, de lui vouloir mander si elle pourrait espérer deux filles de la Charité pour mettre à la Charité d’Auteuil. Il est nécessaire que lesdites filles soient capables de montrer à la jeunesse comme à bien prier Dieu à apprendre leur créance, leur catéchisme, à lire et autre chose, s’il se peut parce que dans ledit Auteuil il y a beaucoup de jeunesse qui perdent leur temps faute d'instruction. Cet ouvrage est digne de la piété de mondit sieur Vincent et il obligera bien fort madite dame la première présidente, qui lui donne le bonjour et se recommande à ses prières.
Ce lundi matin, 9 août 1660
Suscription : Pour Monsieur Vincent à St-Lazare.
3188. - PIERRE BAUSSET, PRéVOT DE MARSEILLE,
A SAINT VINCENT
A Marseille, ce 10 août 1660
Monsieur
Dans l'extrême besoin, il faut recourir à ses meilleurs et plus puissants amis entre lesquels Monsieur vous êtes Vous aurez peut-être appris qu'à cause des mouvements de Marseille (1) le roi a envoyé mon frère (2) et mon neveu le lieutenant (3) à Issoudun, en Bercy où ils y sont depuis six mois
Lettre 3187. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Madeleine Potier, fille de Nicolas Potier, seigneur d'Ocquerre et secrétaire d'Etat, nièce de l'ancien évêque de Beauvais, épouse de Guillaume de Lamoignon, premier président, dame de la Charité d'une rare libéralité, fondatrice d'une œuvre d'assistance en faveur des prisonniers, des pauvres honteux et des malades (cf. Bibl. Maz. ms 10694, pièces 91 et 94), morte le 17 octobre 1705, dans sa quatre-vingt-deuxième année.
Lettre 3188. - L. a. - Dossier de Turin, original.
3. Antoine Bausset, lieutenant sénéchal, à Marseille.
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ayant auparavant été détenus prisonniers dans leurs maisons à Marseille l'espace de deux mois. Comme l'opinion publique est que tous les disgraciés recevront par le mariage du roi, les effets de sa clémence, je vous prie Monsieur pour l'amour de J.-C, vouloir nous assister en cette occasion et parler à la reine et à Monseigneur le cardinal (4) pour leur retour. Je vous puis vous assurer que cette absence incommode fort notre maison, qui n'est pas des plus riches, incommode la ville. par le défaut du premier officier de justice contre lequel personne ne se plaint et n’a autre crime que par maxime d'Etat.
DE BAUSSET,
prévôt.
Monsieur, ne sachant l'adresse de M l'évêque du Grand Caire à qui j'écris pour le même sujet je vous prie la lui faire rendre.
3189. - LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES A SAINT VINCENT
Ce 10 août [1660] (1)
Vive Jésus !
Mon tout unique Père
Nous ne saurions assez remercier votre bonté de la charité toute paternelle qu'elle nous fait, laquelle a rempli nos cœurs de joie, aussi bien que de très humble et toute filiale reconnaissance Mon très honoré Père, j'espère que le bon Dieu vous en donnera une grande récompense et qu'il nous fera la grâce de profiter plus que jamais de celle que votre bonté nous procure de notre véritablement bon Monsieur l'abbé de Blampignon
Nous eûmes hier l'honneur de voir Monsieur l'abbé de Benjamin, lequel nous a dit qu’il ne venait plus demander grâce, étant convaincu qu’il fallait faire justice, et passa une lettre de notre très honorée sœur l'assistante (2), par laquelle elle lui mandait qu'étant nécessitée de revenir à la fin de ce mois pour les affaires de notre Institut si l'on ne se dépêchait
2. La sœur Madeleine Maupeou.
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de faire faire l'élection d'une supérieur en la communauté où elle est (3), qu’elle quitterait sans qu’il y en eût une, ou au moins sitôt après l'élection que les affaires de cette chère communauté en pourraient souffrir détriment .Et sur cela Monsieur de Benjamin nous assura qu'il partirait dès aujourd'hui pour aller voir avec notre très chère sœur l'assistante, les choses nécessaires pour faire faire au plus tôt cette élection et nous redonner, à la fin du mois, cette tout chèrement honorée sœur. Il nous proposa de laisser nos deux sœurs, ou au moins une, encore quelque temps ; mais, lui ayant dit les raisons pour lesquelles nous ne croyions pas le faire, il témoigna les recevoir, et ainsi nous espérons tout à fait jouir ici de ces trois chères sœurs avant la fin du mois, s'il plaît à Celui que je supplie nous conserver votre digne et sacrée personne pour sa gloire et le bonheur de celle qui, prosternée en esprit à vos pieds, y demande votre sainte bénédiction pour cette petite communauté, qui vous est si obligée, et aussi, mon tout unique Père, pour votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur
LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES.
de la Visitation Ste-Marie.
D[ieu] s[oit] b[éni] !
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, général des Mission de France.
3190. - ANNE-MARGUERITE GUéRIN A SAINT VINCENT
De notre troisième monastère, ce 10 août [1600] (1)
Mon très uniquement honoré Père,
C'est un petit mot pour donner avis à votre bonté comme nous avons parmi nous d'hier au soir tout tard ma chère sœur Louise-Madeleine Gimat qui est arrivée de Flandre ; et comme son chemin était de passer par devant notre porte. elle a cru qu'elle ne ferait point contre votre intention, ni contre celle de notre chère Mère du faubourg (2) de nous venir
2. Marie-Agnès Le Roy.
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voir ; et nous avons pris votre intention pour demander à notre chère Mère qu’elle nous la laissât pour jusqu'après la Notre-Dame afin qu'elle nous aidât à chanter notre office ce jour-là. Elle et toute notre petite troupe offrent avec moi leurs très humbles respects et obéissances à votre bonté, à qui nous demandons, toutes prosternées, votre sainte bénédiction.
Madame l'abbesse Dupart vous doit demander la permission d'entrer céans, ainsi qu’elle fait à nos deux autres monastères Je crois que vous savez que c'est la fille de Madame Fouquet, laquelle a aussi dessein de vous faire quelque proposition. Ce sont personnes de si grande vertu et exemple que ce que vous leur accorderez sera toujours reçu dans le respect et sou- mission que vous doit celle qui est d’une incomparable affection, pleine de respect, mon très uniquement honoré Père votre très humble et très obéissante et indigne fille et servante en N.-S.
SŒUR ANNE-MARGUERITE GUéRIN
de la Visitation Sainte-Marie.
Dieu soit béni !
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent supérieur général des prêtres de la Mission de St-Lazare.
3191. - A JEAN DU HAUT DE SALIES,
éVêQUE DE LESCAR
11 d'août 1660.
J'ai su que Votre Grandeur n'a pas reçu la lettre que je me suis donné l'honneur de lui écrire l'an passé, en réponse au commandement qu'elle m'avait fait de lui envoyer quatre de nos prêtres pour Bétharram ; mais je ne l'ai appris certainement que depuis peu de jours, que j'en ai été assuré par Monsieur le premier président de Pau (1), pour lequel il y avait une lettre dans le même paquet, qu'il n'a pas non plus reçue Je suis très affligé, Monseigneur, de la peine où vous avez été par la perte de ce paquet et du sujet que vous avez eu de
Lettre 3191. - Reg. 2, p. 89.
1. Thibaut de la Vie.
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douter de mon obéissance. Certes, je serais un ingrat si j'avais manqué de vous la témoigner en cette occasion où votre bonté nous fait la grâce de nous appeler non seulement en votre diocèse, mais en un poste des plus avantageux du royaume, pour y rendre quelque service à Dieu ; de quoi, Monseigneur, nous sommes infiniment obligés à Votre Grandeur.
Il est vrai qu'elle m'en a parlé dans un terme obscur, qui, étant pris au pied de la lettre, nous mettrait hors d'état de nous prévaloir de votre bonne volonté. C'est, Monseigneur, qu'après m'avoir dit que vous avez tiré le consentement de ces Messieurs de Bétharram, vous ajoutez que nos prêtres y seront reçus comme membres dudit corps. Ce qui m'a obligé et m'oblige encore de représenter très humblement à Votre Grandeur que cette proposition d'entrer comme membres de ce corps est incompatible avec ce que nous sommes, qui composons un corps de missionnaires, parce que ceux que nous enverrions ne pourraient pas être en même temps membres de la Mission et membres de la communauté de Bétharram ; il faudrait qu'ils sortissent de l'une pour entrer dans l'autre, puisque ce sont deux corps différents, si ce n'est que des deux on n'en fasse qu'un, qu'on unisse le corps de la Mission à la communauté de Bétharram, ou le corps de Bétharram à la compagnie de la Mission.
Celle-ci, Monseigneur, s'unirait volontiers à l'autre, si elle le pouvait, et elle laisserait la qualité de congrégation de la Mission pour prendre le nom de la communauté de Bétharram. Mais, parce que notre petit Institut est approuvé par les Papes, les rois de France, le parlement de Paris et par d'autres cours souveraines, sous le nom de la Mission, nous ne pouvons pas quitter ce nom-là pour en prendre un autre, sans le consentement de toutes ces puissances et celui de nos bienfai-
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teurs qui ont traité avec nous, qui faisons le corps de la Mission. Et je pense aussi, Monseigneur, que ce n’est pas votre intention que cela se fasse. Nous ne saunons non plus le faire que du consentement des maisons qui composent notre même compagnie, même des personnes ; ce qui est très difficile.
De dire maintenant qu'il n'y aura que ces quatre prêtres qui se détacheront de la Mission pour s'incorporer à la communauté de Bétharram, c'est, .Monseigneur, ce qu'ils ne peuvent faire, s'étant donnés à Dieu pour vivre et pour mourir missionnaires dans la même congrégation de la Mission.
De dire aussi que la communauté de Bétharram, si considérable par son institution, par l'approbation des seigneurs évêques de Lescar, par la sainteté du lieu et par la grâce des miracles qui s'y font, s'unira à notre dite congrégation et qu'elle en prendra le nom, les règles et la manière d'agir, c'est ce que ces Messieurs auraient peine de faire et Votre Grandeur d'approuver, non sans sujet, vu notre chétiveté.
Voici, Monseigneur, comme l'on a procédé à l'union qui a été faite de la maison de Saint-Lazare-lez-Paris à notre congrégation. Il y avait des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et le prieur, de leur consentement, me vint offrir leur maison, dans le collège des Bons-Enfants, où nous demeurions ; ce que nous acceptâmes ; et ayant traité avec eux sous le bon plaisir de Monseigneur l'archevêque, qui en était le collateur, lui-même en fit l'union et nous mit en possession de cette maison et de tous les biens en dépendants, à condition de payer audit prieur et à chacun des religieux la pension dont nous étions convenus, de faire le service divin et d'accomplir toutes les charges, comme aussi qu'il leur serait loisible d'habiter avec nous et de s'en retirer, ainsi que bon leur semblerait ; et, quoique du commencement cette
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union fût traversée par un monastère du même Ordre (2) elle fut néanmoins confirmée par lettres patentes du roi, deux arrêts du parlement et ensuite par notre Saint-Père le Pape.
Il semble donc, .Monseigneur, qu'on pourrait procéder à cette union de Bétharram de cette manière, si on désire de nous y établir solidement.
Peut-être que l'on dira que, supposée ladite union de Bétharram à la .Mission, les exercices de dévotion ne s’y pratiqueront plus comme ils s'y pratiquent à cette heure, et qu'on n'y verra plus que les seules pratiques des autres maisons de la Mission. Mais on répond que les prêtres de la Mission s'obligeront d'exercer audit Bétharram tous les devoirs de piété accoutumés : de dire l'office divin, de maintenir la musique, de recevoir les pèlerins, d'acquitter les fondations et d'entretenir les bâtiments, bref de satisfaire à toutes les obligations, et particulièrement de payer à Messieurs les ecclésiastiques qui nous auront substitués à leurs places telle pension que vous, Monseigneur, ordonnerez. Pour cela, il serait à propos de nous faire voir un état de tout le revenu fixe et casuel et de toutes les charges anciennes et nouvelles qu'on voudra nous imposer.
L'on pourra objecter aussi que, cette union faite, Messieurs les ecclésiastiques de Bétharram qui ne voudront se faire missionnaires, seront obligés de se retirer. Mais cela ne sera pas, car, s'ils veulent demeurer dans la maison et y travailler aux mêmes charges et conditions qu'ils ont fait jusqu'à présent, il leur sera loisible.
L'on pourra finalement objecter que Monseigneur l'évêque n'aura plus l'autorité qu'il avait sur ladite chapelle. A quoi je réponds, Monseigneur, que vous y aurez
2. L'abbaye de saint-Victor.
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toujours le même pouvoir que vous y avez à l'égard du .service divin et l'administration des saints sacrements, et que vous en aurez bien davantage sur lesdits prêtres de la Mission que vous en avez sur ces Messieurs de Bétharram, ni sur aucuns de votre diocèse, parce que les missionnaires se sont donnés à Dieu et à Messeigneurs les prélats pour leur obéir comme les serviteurs de l'Evangile à leur maître, en sorte que, leur disant: "Allez en tel lieu prêcher, catéchiser et faire les autres fonctions de la Mission," ils sont obligés d'y aller, et, quand ils les rappellent, de revenir ; et quand ils leur disent : "Faites cela," ils le doivent faire, selon notre Institut.
Mais, pour le regard de la conduite intérieure des familles et des personnes de notre congrégation, en quelque lieu qu'elles soient, elle demeure à leur supérieur général. C'est à lui à les changer, à les appeler et rappeler d'une maison à une autre, de nommer les supérieurs particuliers et les autres officiers, d'envoyer de temps en temps des visiteurs de sa part en chaque lieu, pour y maintenir la charité et l'observance des règles, recevoir les comptes de la dépense et de la recette, etc. (3)
Voilà, Monseigneur, ce que contenait ma première lettre. Je suis honteux de vous faire une si longue et si ennuyeuse répétition. Le désir que nous avons que toutes choses soient bien éclaircies, pour prévenir les difficultés qui pourraient naître du contraire, m'a obligé de m'étendre de la sorte. Je supplie très humblement Votre Grandeur de ne l'avoir pas désagréable et de croire qu'en quelque manière qu'il lui plaira de recevoir les choses susdites, je serai à jamais...
3. Le projet d'établissement à Bétharram n'aboutit pas.
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3192. - MARIE-AGNèS LE ROY A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
De notre monastère du faubourg, St-Jacques, ce 11 août 1660
Mon très cher et très honoré Père,
J’ai reçu votre lettre, dont je vous remercie très humblement. J'ai été bien consolée de voir votre cœur adouci en mon endroit. Au reste, mon très honoré Père, notre sœur Louise-Madeleine Gimat, qui était à Mons, arriva lundi au soir et alla descendre d'elle-même chez nos sœurs de la rue Montorgueil, où elle est présentement. Je vous avoue que j'ai été un peu surprise qu'elle ait pris cette liberté , cela n'étant pas, comme vous savez, dans l'ordre. Ma sœur, la supérieure la demande pour jusques après la fête de la Vierge, pour leur aider à chanter l'office ; car vous saures que, de toutes celles qu'elles ont choisies, il n'y en a qu'une seule qui ait de la voix. Si elles désiraient de garder tout à fait cette chère sœur, vous y opposeriez-vous? Notre nombre est assez grand pour se passer aisément de cette augmentation, et elles peut-être s'en trouveraient fort bien. Il me semble qu'elle mériterait bien cela, puisqu'elle en a usé comme elle a fait. La communauté de céans en est un peu surprise. C'est seulement pour vous informer de tout ceci que je vous en écris, ne m'étant point chargée de vous demander quoi que ce soit, ayant laissé à ma sœur la supérieure de vous faire sa demande. Et la pensée que je vous propose de l'y laisser, puis qu'elle y est allée descendre, ne vient que de moi, m'ayant semblé qu'elle le mériterait, sinon pour toujours, au moins moins temps.
Je vous supplie très humblement, mon très honoré Père,. que ces petites pensées ne soient que pour vous seul. Vous en voyez bien l’importance, et faites-moi la grâce de faire brûler cette lettre. à laquelle je n'attends nulle réponse, ayant seulement eu dessein de vous dire mes petites pensées, qui s'exprimeraient mieux si l'on pouvait parler ; mais Dieu ne le permet pas.
Je suis, en son amour, mon très honoré Père, votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.
SŒUR MARIE-AGNES LE ROY
Dieu soit Béni !
Lettre 3192. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation de la Mission.
3193. - MARIE-CATHERINE LE GAY A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
Monsieur et très honoré Père,
Plaise à notre doux et divin Sauveur vous donner une longue vie pour le bien et consolation de plusieurs et surtout de nos cœurs, qui le souhaitent dans la très sainte et adorable volonté de Dieu ! A ce que l'on m'a dit, la qualité de votre mal m'a ôté l'espérance de vous revoir en ce monde, qui m'a fait enhardir de ce petit mot pour vous supplier très humblement de me donner votre sainte bénédiction et une petite part en vos saintes prières pour m'obtenir miséricorde de notre bon Sauveur L'extrême obligation que j'ai de si longtemps à votre bonté me fait espérer cette grâce, afin que ce peu de temps que j’ai encore à vivre soit employé mieux que par le passé ; je vous en supplie, Monsieur et très honoré Père, que je remercie très humblement de tant de support et bonté exercée en mon endroit. Dieu, par sa bonté infinie en soit votre récompensé !
Continuez-moi s'il vous plaît, votre souvenir devant cette divine majesté de Notre-Seigneur et sa très auguste Mère, et me permettez, Monsieur et très honoré Père, de me dire en toute humilité et respect, votre très humble, très obligée et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur
SŒUR MARIE-CATHERINE LE GAY,
la novice de la Visitation Ste-Marie.
De notre premier monastère de Paris, ce 12 août 1660.
Dieu soit béni !
Suscription : A Monsieur, Monsieur Vincent de Paul, à St-Lazare
Lettre 3193. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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3194. - LE PèRE CLAUDE SéGUENOT A SAINT VINCENT
A Tours, 12 août [1660] (1)
Monsieur
Je m’estimerais heureux si j'avais rendu quelque service à un de vos enfants et particulièrement à une personne du mérite et du poids de Monsieur d'Alméras Mais ce que nous avons fait pour lui, dans l'occasion qui s'est présentée, est si peu de chose que je ne suis pas moins honteux que surpris de ce que vous m'en témoignez. Ce n'est pas une reconnaissance qui vous soit due, mais c'est une marque et un effet de la tendresse que vous avez pour ceux qui sont sous votre conduite, et de la part que vous prenez dans tout ce qui les regarde S'il est aucunement satisfait de notre simplicité, nous le sommes bien davantage de l'édification que nous avons reçue tant de ses entretiens que de sa vertu Et nous lui avons infiniment plus d'obligation de l’honneur qu'il nous a bien voulu faire, qu’il ne nous en peut avoir de la très petite assistance qu’il a reçue de nous.
Vous verrez par la lettre qu'il vous écrit comme il a pris résolution de s'en retourner à Richelieu, en attendant qu’il soit en état de pouvoir aller à Paris. Je lui enverrai la vôtre, il la recevra samedi.
S'il y a quelqu'autre chose à faire ici pour votre service, ou pour le sien, vous ne sauriez donner les ordres à personne sur qui vous ayez plus de pouvoir que vous en avez sur moi, qui suis avec plus de respect et de sincérité, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
SéGUENOT,
prêtre de l'Oratoire
Suscription : A Monsieur, Monsieur Vincent, supérieur général de la Congrégation de la Mission à Paris.
Lettre 3194. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Cette lettre est à sa place près de la lettre 3195.
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3195. - M. PINON A SAINT VINCENT
A Tours, ce 12 août 1660
Monsieur,
La providence de Dieu ayant permis que M d'Alméras demeurât malade en cette ville, à son retour de Richelieu à fait naître en moi une occasion très avantageuse pour avoir l'honneur de la connaissance d'une personne d'une si haute vertu et sainteté, appuyée sur le fondement des plus grands saints, qui est une profonde humilité. J’ai tâché de lui témoigner, par mes très humbles respects, la très grande obligation que je lui dois et à vous, Monsieur à qui je ne saurais satisfaire, puisqu'elles vont toujours augmentant jusqu'à l'infini, et à cause de la grâce que vous me faites de souffrir mon fils (1) dans votre sainte Compagnie, laquelle je supplie, et de tout mon cœur, Notre-Seigneur d’y continuer à répandre ses saintes bénédictions, comme sur des personnes qui sont si nécessaires dans son Eglise et qui y font tant de bien pour l'avancement de sa plus grande gloire. Néanmoins le contentement que j'ai eu de l'honneur de le voir a été bien partagé en le voyant si mal comme il a été et ne le pouvant soulager, comme je m’y suis obligé, n'ayant jamais voulu me faire l'honneur de prendre mon logis. J'espère, si Dieu lui fait la grâce de revenir à Richelieu. qu'il ne me la déniera pas ainsi, comme il m'a promis
Il vous a donné avis comme il a changé de dessein, et, au lieu de s’en retourner à Paris, voyant les fréquentes faiblesses ou il tombe, a pris résolution de retourner à Richelieu, et est parti du jourd'hui sur un brancard, où j'espère moyennant la grâce de Dieu, qu'il y est arrivé présentement.
Je lui avais fait ouverture d'un dessein que j'avais pour mon fils, votre disciple. qui est que je serais bien aise, si vous le treuvez à propos, Monsieur, de convenir avec vous et lui assurer d'une pension viagère, afin qu'après ma mort, qui est possible bien proche. parce que je suis dans l'année climatérique qui en met grand nombre , au tombeau, il n'y eût point lieu, à cause de son absence si éloignée, de faire sceller et de donner commission à quelqu’un pour faire faire des partages qui pourraient apporter quelque trouble à la famille. Je voudrais lui assigner sur tout mon bien,
Lettre 3195. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Pierre Pinon.
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pendant que Notre-Seigneur lui fera la grâce de demeurer en votre sainte compagnie, deux cents livres, et, en cas qu'il s’en retirât pour cause de quelque infirmité, ou autrement, trois cents livres C'est ce que je peux faire sur le peu de bien que j'ai ; et, si le jugez raisonnable Monsieur, prendre la peine, s'il vous plaît, de lui en faire récrire, afin d'avoir son consentement, ainsi que je fais, avec votre permission Ledit M d'Alméras m'a assuré que je pouvais vous en récrire et qu'il croyait que vous y pouviez entendre
C'est ce qui me fera finir la présente par mes très humbles respects à vous, Monsieur, que je supplie très humblement d'accepter, et mon très humble service, qui vous est acquis, et de toute ma famille, et, avec votre permission, Monsieur, me faire part à vos très saints sacrifices, auxquels je me recommande de tout mon cœur, et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
PINON
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général de Messieurs de la Mission, à St-Lazare.
3196. - JOSEPH BAYN A SAINT VINCENT
Monsieur,
Je fus hier chez Madame la duchesse d'Aiguillon pour avoir la satisfaction de voir quelques singularités que l'on m'a dit y avoir dans sa maison et pour moyenner aussi que, lorsqu'elle entendrait parler de moi, cela lui fit ressouvenir de la lettre qu'elle avait fait espérer. Mais, de bonne fortune, elle se treuva occupée par quelque visite qu'on lui faisait. Cela fut cause qu'on n'osa pas lui demander des clefs, ni parler de moi, de sorte que j'ai déterminé la semaine prochaine d'y aller pour prendre congé. Cela la pourra faire ressouvenir, si jà elle n'y a pourvu
Cependant je vous dirai que, par ma dernière lettre, venue de Marseille, j'ai ordre de mon frère de vous présenter ses humbles saluts et respects, auxquels je prends la liberté de joindre les miens et la qualité, Monsieur, de votre très humble et très obligé serviteur.
JOSEPH BAYN
A Paris, le 12 août 1660
Lettre 3196. - L. a. - Dossier de Turin, original.
- 368 -
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, général de Messieurs les missionnaires, à Paris.
3197. - A EDME JOLLY, SUPéRIEUR, A ROME
Du 13 août 1660.
Je loue Dieu de ce que le dessein qu'on a formé a Rome d'y établir un séminaire pour les missions étrangères soit revenu a vous ; il y a apparence que, si Dieu en veut l'exécution, il se servira de votre famille pour y travailler et qu'il lui donnera sa bénédiction pour cela jamais, humainement parlant, il sera malaisé de trouver des hommes bien propres et bien résolus pour cette vie apostolique. A la vérité, il s'en pourra présenter qui entreront volontiers au séminaire ; mais, pour entreprendre en effet ces missions lointaines avec le détachement et le zèle qu'il faudrait, il s'en trouvera peu.
3198. - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES
Du 13 août 1660
Notre règle, nous ordonnant de faire tous les jours une heure d'oraison mentale, n'excepte pas les jours qu'on repose ; et ainsi, Monsieur, il la faut faire ces jours-là d'une heure entière, de même que si on n'avait pas reposé ; il n'est pas juste de prendre ce repos sur l'action la plus importante du jour. On doit pourtant s'accommoder à la nécessité des affaires. On a quelquefois des choses à expédier qui ne se peuvent remettre, ni compatir avec son heure d'oraison ; à la bonne heure, on a égard à de tels empêchements, après néanmoins
Lettre 3197. - Reg. 2, p. 254.
Lettre 3198. - Reg. 2, p. 215.
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les avoir considérés devant Dieu et trouvés raisonnables ; car Dieu ne nous demande rien qui soit contraire à la raison. Mais, comme cela n'arrive pas toujours, ni à toutes personnes, il est à propos, généralement parlant, de se tenir à la règle, non seulement au sujet de l'oraison, mais il est expédient de consulter la même règle dans tous les doutes et les difficultés qui nous arrivent, pour nous y conformer autant qu'il est possible. Monseigneur le prince de Conti sera un jour notre juge, au moins le mien. Il est admirable en sa fidélité à l'oraison ; il en fait tous les jours deux heures, l'une le matin et l'autre le soir ; et, quelques grandes occupations qu'il ait et quelque monde qui l'environne, il n'y manque jamais. Il est vrai qu'il n'est pas si attaché aux heures, qu'il ne les avance ou ne les retarde, selon l'exigence des affaires. Plaise à Dieu de nous donner cet attrait pour nous unir à Notre-Seigneur, en qui je suis...
3199. - ANNE MARGUERITE GUéRIN A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
De notre troisième monastère de Paris, ce 13 août [1660] (1) ]
Mon très uniquement honoré Père
Nous nous sommes donné l’honneur de vous écrire pour donner avis à votre bonté de l'arrivée de ma chère sœur Louise-Madeleine Gimat, en ce, Monsieur, vous ayant demandé aussi la permission qu’elle pût demeurer jusqu'après le jour de la Notre-Dame, pour nous aider à chanter à la fête de l'Assomption. notre office, étant si peu,, que sa voix nous soulagera beaucoup
Nous venons encore, mon très uniquement honoré Père supplier très humblement votre bonté de donner permission
Lettre 3199. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Cette lettre est à sa place non loin de la lettre 3190.
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à notre chère Mère Dufaux de venir ici pour une petite journée, avec deux ou trois de nos sœurs qu'il lui plaira nous amener pour l'accompagner, son voyage en cette maison nous étant non seulement utile, mais encore nécessaire, afin que sa charité voie un peu les ouvrages des bâtiments qui sont achevés, dont elle a fait le marché et où nous trouvons des difficultés, le maçon n'ayant pas suivi ce qu'il lui avait promis ; et nous serons bien aises que sa charité en soit témoin oculaire ; et nous espérons, mon très uniquement honoré Père, que votre bonté ne nous refusera pas cette grâce comme aussi celle qui nous est tout à fait nécessaire, qui est d avoir une de nos sœurs domestiques pour quelque temps. Nous croyions en venant ici nous en pouvoir passer, mais nous voyons qu'il est du tout impossible de le faire, ne pouvant en dresser d'autres pour la cuisine, ne sachant pas les apprêts ni les ordres que l'on garde dans les religions ; et pas une de nous n'est pas assez savante pour leur apprendre ; et cela, mon très cher Père, nous est si nécessaire que, si nos chères sœurs du faubourg n'étaient pas en pouvoir de cela, nous en sommes dans une si grande nécessité que nous demanderions à votre bonté permission de nous adresser à nos chères sœurs de la ville, savoir si elles ne nous en pourraient point prêter une pour quelque peu de temps ; et notre chère Mère du faubourg (2) nous la pourrait envoyer au plus tôt ou nous l'amener, si elle nous en peut donner une ou bien revenir quérir par même moyen ma chère sœur Louise-Madeleine Gimat
Nous attendrons d'être honoré d'un mot de réponse sur tous ces petits besoins, mais surtout pour une sœur domestique. Si votre bonté en voit l'extrême besoin., je crois que votre extrême bonté ne ferait aucune difficulté de nous l’accorder. C’est la très humble supplication que nous réitérons à votre bonté, et de la part de notre petite communauté, qui avec moi demandons votre sainte bénédiction comme étant, dans tout le respect possible, mon très uniquement honoré, votre très humble, très obéissante et indigne fille et servante en Notre-Seigneur.
SŒUR ANNE-MARGUERITE GUERIN,
de la Visitation Ste Marie.
Dieu soit béni !
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission de St-Lazare.
2. Marie-Agnès Le Roy.
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3200. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION,
A SAINT-QUENTIN
De Paris, ce 14 août 1660
Mon cher Frère,
Nous ferons emballer aujourd'hui, s'il plaît à Dieu, ce que nous avons d'ornements et de linge d'église, afin de l’envoyer par le premier messager ou par le coche, et je vous en adresserai la note Il y a six chasubles, deux aubes, six ciboires d'argent, trois ou quatre nappes d'autel, des voiles, des corporaux et des purificatoires, dont je ne sais pas encore le nombre. Il y aura aussi quelques soutanes usées pour de pauvres prêtres, etc.
3201.- JEAN HUDICOURT A SAINT VINCENT
Monsieur Vincent à votre bonne grâce je me recommande, vous baisant très humblement la main Je ne vous recommande pas mon fils (1), parce que je me contente de croire que vous lui êtes père après notre Dieu ; mais je vous recommande mes deux autres fils, que tous leurs désirs sont de vous venir jeter à vos pieds .Si notre Dieu les appelle à son service tous trois., tous mes désirs seront accomplis. Quand j'ai été à Paris et que j'ai reconnu tant de contentement, entendant le discours de mon fils et tant de consolation, j’ai été de tout satisfait. J'ai bien prévu qu’il a trouvé le chemin du ciel A Dieu [plaise] que ses deux frères avec, la grâce de Dieu et des supérieurs (2) et c'est bon [à] nous de pouvoir faire le même d'eux
Lettre 3201. - Cette lettre nous est connue par sa traduction italienne insérée dans un des écrits du Procès de Béatification, Summarium Responsivum, p. 55.
Lettre 3201. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Charles-François Hudicourt, né à Bapaume (Pas-de-Calais) le 14 juillet 1637, entré dans la congrégation de la Mission le 19 octobre 1655, reçu aux vœux le 21 octobre 1657.
2. Mot illisible dans l'original.
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Ma recommandation à Monsieur Rose et à sa sœur et à tous vos bons amis.
Fait par moi
JEAN HUDICOURT,
maçon de Hamelincourt.
Fait le 14 d’août 1660
Suscription : Soit donné au P... la maison à Paris à Saint-Lazare adressant à Monsieur Vincent.
3202. - PIERRE DE BERTIER, éVêQUE DE MONTAUBAN
A SAINT VINCENT
A Montauban, ce 15 [1660]
Monsieur,
Mon incommodité m'a empêché de faire cette semaine ce qui reste pour l'affaire du séminaire, en ce qui me regarde. J'espère que Dieu me donnera la force, dans deux ou trois jours, de travailler et de mettre la dernière fin à ce que je désire en cette occasion.
Je vous envoie la lettre et je suis toujours de tout mon cœur, Monsieur votre très humble et très affectionné serviteur.
PIERRE,
évêque de Montauban.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent Depaul, général de la .Mission.
3203. - MARTIN HUSSON A SAINT VINCENT
De Montmirail ce 15 août 1660
Monsieur,
N'ayant pu vous aller dire adieu, je vous supplie au moins vouloir en accepter les excuses que je vous fais par la présente et de trouver bon que je vous rende mes devoirs en esprit aux pieds de N.-S,. puisque je n’ai pas pu recevoir en
Lettre 3202. - L. a. - Dossier de Turin, original.
Lettre 3203. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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personne la consolation d'être embrassé de vous à mon départ.
Quant à la rente de St-Lazare., Monseigneur le duc de Noimoutiers l'envoya en cette ville à Monsieur de Soufliers,. son procureur fiscal, qui auparavant mon arrivée mit ès mains des échevins le billet que le bon frère Robineau m'avait fait voir. Ils y trouvèrent la difficulté que je dis au frère Robineau touchant l'aveu que .l'on demande d'eux de l’utile emploi des fruits ; joint que votre déclaration porte fort comment vos Messieurs en ont usé et qu'ayant accepté votre acte purement et simplement sans aucune protestation ils ont suffisamment reconnu que vous avez joui de bonne foi et employé les fruits utilement. Ils disent de même des dépens, qui ne monteraient pas à 30 sols et dont ils ne vous sauraient jamais rien demander, puisqu'ils ne se sont réservé aucunes prétentions contre la Mission Nous sommes en moisson ; et comme il y a deux échevins et un syndic en charge ,il n'a pas été possible jusques à présent de les assembler tous trois.
Une personne de chez Monseigneur de Noirmoutiers m'a prié de m'informer de quelque chose qui s'est passé à Lyon de conséquence ; et comme vous avez la bonté Monsieur de m'adresser à Monsieur Delaforcade, je voudrais bien savoir s'il est encore vivant et résidant à Lyon et si, par votre faveur, je pourrais lui faire tenir une lettre et en recevoir la réponse.
C'est une liberté que j'ose prendre, après tant de grâces dont vous m'avez comblé et qui m'ont rendu en l'amour de N-S., Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.
HUSSON
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général des Prêtres de la Mission à St-Lazare à Paris.
3204. - JACQUES-BéNIGNE BOSSUET A SAINT VINCENT
[15 août 1660] (1)
Monsieur
Mon père m'écrit que par l'ordinaire prochain nous aurons
Lettre 3204. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Les démarches pour la fondation de Metz commencèrent en 1660.
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nouvelle que les choses sont en même état d'être vendues que l'année passée et qu'il n'y aura plus qu'à se défendre du prix (2), il m'écrit aussi qu'il vous adressera peut-être les lettres
Je pars ce soir pour aller à la campagne où je serai trois ou quatre jours Aussitôt après mon retour, j'irai apprendre de vous l'état des choses, pour en rendre compte à la reine, qui m'en fait souvent demander des nouvelles . Si les lettres s'adressent à moi ,je laisserai ordre pour vous les faire rendre
Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
BOSSUET.
Ce saint jour de l'Assomption.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent supérieur général de la Mission.
3205. - FRANCOISE-MARIE SIBOUR A SAINT VINCENT
Vive Jésus !
De notre monastère de Compiègne, ce 17 août 1660
Mon très honoré et très cher Père,
J'ai toujours sujet de croire étant ce que je suis c'est-à-dire si peu considérable, de n'avoir plus aucune place en votre digne souvenir. Agréez donc, mon cher Père, qu'en qualité d'une de vos filles, je vienne, par cette occasion favorable du retour de Monsieur Bertost, vous réitérer les assurances de mes très soumises obéissances et de toutes nos chères sœurs vos filles, qui, avec nous, ont une très humble grâce à vous demander, qui est, mon cher Père de pouvoir mettre sur leur catalogue sœur Marie-Agnès Chevallier avec celles que nous pourrons encore accorder, avec votre
2. L'idée de fonder à Metz un établissement de prêtres de la Mission pour l'instruction du clergé et l'évangélisation des pauvres villageois venait de la reine Anna d'Autriche, qui avait remis à saint Vincent 60 000 livres, destinées moitié à l'achat d'une maison, moitié à l'acquisition d'un fonds de terre. Le père de Jacques-Bénigne Bossuet, conseiller au Parlement de Metz, fit lui-même les recherches.
Lettre 3205. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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agrément, nos chères sœurs de la rue St-Antoine, qui savent bien, par ce que nous avons mandé spécialement à la chère Mère que cette communauté, quoique bonne n'a pourtant point de sujets pour occuper cette place de supérieure et ne peut avoir de secours que celui qu'elle recevra de votre bonté, par le moyen de ces chères sœurs et Mères de Paris, à qui nous nous adressons en toute confiance dans nos besoins, la charité de l’unique Mère qui y est, y pourvoyant, en ce qui est en son pouvoir, avec sa bonté ordinaire.
Je lui avais fait savoir, mon très honoré Père, notre pensée sur le sujet de notre chère sœur G. M. de La Haye qui était, que dans la vertu qu'elle a fait paraître depuis son séjour ici, se comportant avec une humilité et une soumission très remarquables, qui nous donne tout sujet de satisfaction et d'édification à cette communauté, elle pût avoir la consolation d’apprendre que vous êtes satisfait de son procédé et qu'ensuite vous eussiez la bonté de la décharger de toutes les pénitences particulières , celle d'être éloignée de la chère maison de Paris pour le temps qu'il vous plaira me paraissant être assez grande et suffisante pour toutes.
Je vous fais cette proposition, mon très honoré Père, dans la soumission que je sais devoir à votre bonté paternelle, à qui, je demande en tout respect sa sainte bénédiction et la grâce d'être avouée de vous, mon très honoré et très cher Père, pour votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.
SŒUR FRANCOISE-MARIE SIBOUR
de la Visitation Ste-Marie
Dieu soit béni !
Je crois être obligée d'ajouter ceci ,mon cher Père ,que la prière que je fais à votre bonté est à l'insu de notre chère sœur G. M. de La Haye, laquelle ne nous a jamais rien témoigné sur ce sujet.
Suscription : Monsieur Monsieur Vincent de Paul, supérieur général de la Mission à Paris.
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3206. - A RENé ALMéRAS, PRêTRE DE LA MISSION,
A RICHELIEU
Du 18 août 1660.
Vos lettres ne m’ont pas seulement ôté la consolation que j'avais de votre prochaine arrivée, mais m'ont affligé sensiblement, m'apprenant les nouvelles défaillances où vous êtes tombé, qui vous ont éloigné de nous lorsque nous pensions que vous en étiez fort proche. Dieu soit loué, Monsieur, de toutes ses dispositions sur nous ! Certes, j'aurais bien de la peine à les porter si je les regardais hors du bon plaisir divin, qui ordonne tout pour le mieux. Vous avez très bien fait de vous en retourner à Richelieu, où je vous prie, Monsieur, de prendre tout le repos et les soulagements possibles. Toute cette communauté ressent vivement votre mal ; elle redouble ses instances auprès de sa divine bonté pour votre conservation ; et je ne puis vous dire la part que j'y prends ; mais vive la volonté de Dieu !
Pour moi, je suis toujours exercé de mes infirmités et le bon Dieu, qui m'abat, me soutient néanmoins dans l'état misérable auquel je vis.
La compagnie souffre de la privation de votre présence (1)
Lettre 3206. - Reg. 2, p. 269.
1. L'auteur de la vie manuscrite de René Alméras cite la seconde partie de cette lettre. Son texte, assez différent de celui que nous donne le registre 2, mêle à cette lettre des phrases qui se retrouvent dans celle du 4 août.
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3207. - A JEAN PARRE, FRèRE DE LA MISSION,
A SAINT-QUENTIN
De Paris, ce 18 août 1660.
Mon cher Frère,
Je vous ai fait porter par le messager de Saint-Quentin, qui partit lundi dernier de Paris, le ballot d'ornements d'église, des principaux desquels je vous ai adressé la note. Vous ne m'écrivez pas si vous avez reçu l'autre ballot qui vous a été envoyé, par le moyen du coche, il y a trois ou quatre semaines environ. Donnez-moi avis de l'arrivée de l'un et de l'autre.
3208. - M. PESNELLE A SAINT VINCENT
Monsieur ,
Vous m'excuserez sans peine d'avoir tant différé à vous écrire touchant les dernières lettres de mon frère aîné (l) quand vous saurez l'affaire qui m'est survenue, qui est de telle importance que j'ai été obligé d'appeler mon jeune frère mon secours et lui faire précipiter son retour de Paris, afin que nous pussions conjointement poursuivre par les voies de la justice la réparation de l'injure qui nous a été faite.
Nous avions une jeune sœur qui demeurait avec nous, qui s’est tellement laissée surprendre à une affection inconsidérée que, craignant de ne pouvoir faire réussir sa passion contre notre volonté, elle s'est enfin résolue de se marier clandestinement ; ce qu'elle a exécuté avec tant de secret, par la complicité des personnes qui avaient entrepris de la servir dans sa folie, que j'ai aussitôt su son enlèvement que son prétendu mariage. Cet accident ne m'a guère laissé de libéré de penser à d'autres affaires, de sorte que, quoique je me sente très fort obligé été la bonté de mon frère
Lettre 3207. Cette lettre nous est connue par sa traduction italienne insérée dans un des écrits du Procès de Béatification, Summarium Responsivum, p. 55.
Lettre 3208. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Jacques Pesnelle, supérieur à Gênes.
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d'avoir consenti à mes prières, et à votre générosité : de l'avoir incité à nous faire ce bien, néanmoins j'ai différé cinq jours à m’acquitter de la reconnaissance que je dois à vous et à lui. A présent que je suis un peu remis, je n'ai pu me souffrir un plus grand retardement à reconnaître que je vous serai toute ma vie très obligé des offices que vous m'avez faits auprès de mon frère pour l'induire à nous accorder ce que nous avons désiré de lui et dont l'exécution entretiendra l’union et l'ordre dans notre famille. C'est de vous principalement que je veux reconnaître cette importante obligation ,et vous supplie de le confirmer d'autant plus dans la volonté qu'il nous témoigne avoir dans ses lettres auxquelles je ne ferai point de réponse par cet ordinaire parce que nous n'avons pu penser avec assez de maturité à donner la forme convenable à l'acte qu'il veut passer en notre faveur ; mais le délai ne sera que d'une semaine. Cependant je suis pressé de vous envoyer les huit cents livres qu'il m'a mandé vous envoyer, et vous prie que si vous trouvez quelque occasion pour les faire recevoir ici, que vous ne la négligiez point vous assurant que je payerai à lettre lue ; et mon fils qui est prêt de retourner à Paris prendra de vous la quittance que vous nous pourrez donner.
Je suis toujours Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
PESNELLE
A Rouen, le 19 août 1660.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission à St-Lazare faubourg St-Denis à Paris.
3209. - JACQUES-BéNIGNE BOSSUET A SAINT VINCENT
[19 août 1660] (1)
Monsieur,
Mon père m’écrit qu'il vous envoie un ample mémoire de l’état des choses, et me renvoie à vous pour l’apprendre. Si vous pouvez demain faire que M. l’abbé de Chandenier (2) envoie son carrosse du matin, j'irai faire mes dévotions chez
Lettre 3209. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Cette lettre semble être du jeudi qui suivit celle du 15 août.
2. Claude de Chandenier, abbé de Moutiers-Saint-Jean.
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vous et y dire la sainte messe ; après quoi j'aurai l’honneur de vous entretenir pour résoudre ce que j'aurai à dire à la reine, qui me fait souvent demander l’état de l'affaire.
Je suis avec respect, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.
BOSSUET.
Ce jeudi matin.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent supérieur général de la Mission.
3210. - JACQUES-BéNIGNE BOSSUET A SAINT VINCENT
[19 août 1660] (1)
Quand l’homme de Monsieur Vincent est venu, j'envoyais ce billet (2) pour le supplier que je pusse avoir demain s'il se peut le carrosse de M. l'abbé de Chandenier (3), afin d'aller du matin à St-Lazare. Je suis dans la même résolution et je le prie de me procurer ce bien pour avoir l'honneur de l'entretenir .
Je suis avec tout cœur son très obéissant serviteur.
BOSSUET
Ce jeudi à 2 heures.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission .
3211. - BALTHAZAR GRANGIER DE LIVERDI,
éVêQUE DE TRéGUIER, A SAINT VINCENT
Monsieur,
Les instances que Monsieur Dissez me fait de vous prier de le remettre dans votre congrégation et les assurances qu'il me donne que vous n'aurez jamais aucun mécontentement de lui m’ont obligé de vous écrire ce mot. Il reconnaît avoir failli
Lettre 3210. - L. a. - Dossier de Turin, original.
3. Claude de Chandenier.
Lettre 3211. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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par le passé ; mais la connaissance et détestation qu'il a de sa faute lui font prendre confiance de ne plus faillir à l'avenir, s'il a l’honneur d'être remis dans votre compagnie. Je suis aussi ,persuadé, de ma part,. pour les bonnes dispositions que je vois en lui, que vous en aurez satisfaction Aussi cela m'oblige à joindre mes prières aux siennes et pour demander pour lui la grâce qu'il vous demande.
C'est tout le sujet de la présente, et pour vous assurer que je suis, Monsieur, votre très humble et très obligé serviteur.
BALTHAZAR,
évêque de Tréguier.
Ce 19 août [1660]
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, supérieur général de la Mission, à St-Lazare.
3212. - M. D’ABANCOUR A SAINT VINCENT
[août 1600]
Monsieur
Pour répondre à celle qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrire ce 7 août, je vous dirai que les hérétiques ont obtenu un autre arrêt, qui leur donne la liberté de continuer leurs prêches aux environs du lieu qu'il avait commencé à bâtir, non pas à la vérité, de continuer leur bâtiment ; et de plus ont obtenu des défenses contre M. le lieutenant criminel de St-Quentin de connaître davantage de l'affaire de M. Ameline ; et l'arrêt porte que les informations faites contre lesdits hérétiques seront incessamment envoyées à la cour pour y faire droit, de sorte que c'est au parlement maintenant qu'il faut agir contre ces langues envenimées. mais comme M. Ameline qui est la partie, n'a pu se transporter à Paris pour solliciter l’affaire, à moins que les dames de la Charité ne sollicitent son affaire, j’ai crainte que le tour ne demeure et que les hérétiques se comportent comme ils ont toujours fait durant la guerre dans de pareilles rencontres, n'ayant pas encore trouvé de parties assez puissantes pour les pousser à bout dans la justice, qu'ils gagnent souvent à force d'argent qui est bien souvent, dans ce temps malheureux , l’arbitre de la vie et de la
Lettre 3212. - L. a. - Dossier de Turin, original.
1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.
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mort et qui décide une partie des procès quand il est joint à la faveur de puissants amis; ce qui me fait souvent dire que si la religion et la discipline de l'Eglise et le bon ordre de la justice étaient rétablis en France nous aurions tout à espérer des bontés de Dieu dans ce temps de paix.
Frère Jean Parre va aujourd'hui trouver le Père Ameline à Notre-Dame-de-Paix, et s'il est toujours dans la même résolution, nous ferons notre possible pour l'aider dans sa mission Nous eussions souhaité d'avoir de vos nouvelles, Monsieur, plus tôt sur ce sujet, à cause que le temps de la moisson s'avance.
Je prie Notre-Seigneur qu'il vous conserve la santé, Monsieur, qui nous est si nécessaire pour la gloire de Notre-Seigneur et pour le progrès de son service dans l'Eglise.
Je suis très cordialement et très véritablement, avec le respect que je vous dois , Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
D ‘ABANCOUR.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission, à St-Lazare, à Paris.
3213. - A JACQUES PESNELLE, SUPéRIEUR, A GêNES
20 août 1660.
Vous me marquez les raisons que vous avez eues de permettre à M. Simon de donner des écrits, et vous êtes en doute si vous avez mal fait. Oui, Monsieur, vous avez mal fait, non du côté de M. Simon, qui, par la grâce de Dieu, est assez capable pour cela, mais pource que cette façon d'enseigner n'est pas la plus assurée, ni la plus utile, et qu'elle n'a pas été jugée convenable par
Lettre 3213. - Extrait cité dans la lettre circulaire envoyée par Jean Bonnet, supérieur général, le 10 décembre 1727, aux membres de la congrégation de la Mission. Collet rapporte (op. cit., t. II, p. 80) que, dans une lettre datée du 20 août 1660, saint Vincent parle de la maladie de René Alméras ; ce pourrait bien être celle-ci, dont nous ne connaissons qu'un fragment.
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la compagnie, mais bien sujette à divers inconvénients par plusieurs docteurs des plus habiles qui fussent pour lors et qui soient à présent. Ce qui m'oblige de vous dire qu'il vaudrait mieux ne point enseigner la philosophie que de la montrer de cette sorte. De quelque façon que cela se fasse, j'approuve que vous y fassiez étudier pour cette fois seulement les deux séminaristes qui sont sur la fin de leur séminaire.
3214. - MATHURINE GUéRIN A SAINT VINCENT
Monsieur et très honoré Père
Votre bénédiction, s’il vous plaît !
Si je me doutais que vous ayez reçu une lettre que je pris la hardiesse de vous écrire lors de notre arrivée, je n'oserais vous importuner de celle-ci ; mais comme nous n'en avons point eu de réponse ni de celle que nous avons envoyée à Monsieur Dehorgny nous ne savons ce qui en peut-être cause, si ce n'est qu'ayant envoyé nos premières par la voie du seigneur, il les a pu retenir, d'autant que je nommais le lieu d'où nous écrivions ; ce que l'on ne pratique pas. Cela nous a mises en peine, n'entendant point de vos nouvelles, quoique j’en aie demandé très instamment à Monsieur Dehorgny, et son avis touchant quelque chose qui me regarde. Peut-être, Monsieur, que je me plains à tort et que mes demandes ne méritent point de réponse. Cela n'empêche pas que, manquant d'avis, nous sommes nécessitées de faire les choses dans l’incertitude et d'expliquer peut-être mal votre intention, que je voudrais néanmoins pouvoir suivre en toutes choses.
Voilà une lettre pour Madame la présidente Fouquet touchant les affaires de ses pauvres de ce lieu.
Nous n'avons écrit à personne depuis que nous sommes ici, quoique le seigneur ait souvent recommandé à l'homme qui nous a conduites tout ce qui nous regarde.
Il sera difficile de vous pouvoir faire voir, Monsieur, les lettres que nous aurons besoin d’envoyer, puisque tout au contraire, celles qu'on vous adresse sont en hasard d'être lues devant qu'elles vous soient rendues.
Lettre 3214. - L. a. - Dossier de Turin, original.
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Nous avons ici Madame la receveuse, grande amie de Monsieur l'intendant du seigneur, laquelle veut absolument que nous prenions un sien fils,âgé d'environ sept ans à notre école. Je l'ai priée de nous excuser, sur les raisons qui nous empêchent de lui donner cette satisfaction. Elle ne s'est pas contentée. Elle y a employé M. le surintendant, parrain de ce petit enfant, lequel ne nous en à prié qu’à condition que cela se pût. Elle n'est pas encore satisfaite. Elle dit qu'elle nous l'enverra toujours ; ce qu'elle a fait pour un jour par trois fois, se vantant d'obtenir ce que M. l'intendant n'a pu. Je lui ai dit que nous ne pouvions et que,. pour lui montrer que ce n'est pas par mépris, ainsi qu'elle le dit,. que je vous en écrirais. Si nous prenons celui-là, il y en a d'autres qui l'ont déjà demandé pour les leurs., C'est pourquoi, Monsieur, vous en ordonnerez ce qu'il vous plaira. Ce que je demande n'est pas la permission de leur montrer, mais un mot qui leur fasse voir que cela ne se peut.
Vous ne nous avez fait donner aucun ordre, mon très honoré Père, pour le confesseur que nous devions prendre ; nous allons à un bon vieil prêtre, depuis que nous sommes ici, qui s'appelle M. le Promoteur. Je crois, Monsieur, que vous savez que ce lieu ne relève d’aucun évêque, ains du Saint-Père. Mais le mal est que les seigneurs précédents, ayant eu soin de conserver leur temporel, ont négligé le spirituel ; car les premiers d'entre les prêtres ne sauraient montrer leur privilège ; ce qui fait que les plus jeunes ont eu grand' peine d'être admis aux saints ordres, quoiqu'ils eussent un dimissoire de leur official Et il y en a deux, dont l’un confesse nos malades ,que l'on m'a dit n'avoir point permission de pas un évêque de confesser. C'est un prêtre qui m'a donné cet avis, ce semble, par charité, disant que nos malades n'étaient pas en sûreté entre ses mains. J’ai dit cela à quelques-uns de ces .Messieurs, sans nommer de qui je le savais ; et s'est trouvé que ces bons prêtres ne savaient montrer qu'ils aient ce pouvoir légitime Pour cela, Monsieur, la plus grande part des personnes qui sont ici ont scrupule ; et pour nous, si nous savions aussi bien faire de ne nous pas confesser que de le faire à des personnes soupçonnées de n'avoir pas pouvoir de nous absoudre, nous attendrions votre avis à ce sujet.
Quant à ce qui est de nos pauvres, cela m'a un peu mise en peine, d’autant que, ne voulant pas scandaliser celui qui leur administre les sacrements, je me sens obligée au silence, joint qu'il y en a pas en ce lieu où il n'y ait quelque chose qui fait parler le monde.
Je n'ai ouï ces choses pour m’en être informée ; mais Mon-
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sieur, vous savez que l'on sait le mal trop tôt. Il y a seulement un prêtre dans l'île en bonne réputation, qui est à 2 lieues d ici.
Nos deux sœurs prennent liberté, et moi avec elles, de vous saluer très humblement nous recommandant à vos saintes prières, et vous supplie me permettre de me dire avec respect, en l’amour de Jésus crucifié, Monsieur et très honoré Père, votre très humble et très obéissante fille et servante.
SŒUR MATHURINE GUERIN
De B[elle]-Isle, 20 août 1660
Suscription : A monsieur monsieur Vincent général des prêtres de la Mission, dans St-Lazare à Paris.
3215. - THOMAS BAYN A SAINT VINCENT
[Août 1660] (1)
Monsieur
Je suis sensiblement obligé à la charité que vous avez eue de vouloir faire assister mon frère pendant quelques jours qu'il s'est trouvé malade à Paris, en lui baillant un des vôtres pour le soigner. Actuellement je souhaite avec passion que je puisse être si heureux de rencontrer l'occasion pour vous pouvoir rendre service
Cependant, Monsieur, je prie N - S qu'il soit votre récompense et qu'il me fournisse le moyen par lequel je puisse vous faire connaître que je suis sans condition, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
THOMAS BAYN
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général de Messieurs de la Misssion, à St-Lazare, à Paris.
Lettre 3215. - L. a. - Dossier de Turin, original.