Correspondance (page 61)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

1. Date ajoutée au dos de l'original par le frère Ducournau.

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3216. - A RENé ALMéRAS, PRêTRE DE LA MISSION,

A RICHELIEU

Du 22 août 1660.

Votre lettre et celle de notre frère Gautier, qui m’a écrit l'état de votre indisposition, m'ont ôté d'une grande peine par l'espérance qu'elles me donnent de votre prochain rétablissement, fondée sur beaucoup de raisons ; dont je rends grâces à Dieu. Quand sera-ce donc, Monsieur, que nous aurons la consolation entière de vous savoir remis ? Oh ! que je le souhaite ! Oh ! que Dieu nous fera une grande grâce ! Je la lui demande souvent, non seulement pour mon intérêt particulier, qui n'est pas petit, puisque, étant plein d'estime et de tendresse pour vous, je suis le premier qui souffre de votre mal et de votre absence, mais encore pour le bien de la compagnie, laquelle, ayant reçu de vous, par la grâce de Dieu, une grande édification, a encore besoin de votre secours et de vos exemples. Je vous dis ceci, Monsieur, avec sentiment de reconnaissance envers Dieu et envers vous, et je n'en dis pas davantage, parce que cela suffit pour la fin que je prétends, qui est de vous montrer que vous ferez un sacrifice à Dieu de vous conserver et de vous guérir. Je vous en supplie très humblement.

Mais cela dépend-il de moi, me direz-vous? Oui, ce me semble, Monsieur, en tant que cela dépend du repos et des remèdes, qui sont en votre pouvoir, et surtout du bon plaisir de Dieu, qui ne vous refusera pas les forces de corps et d'esprit nécessaires aux desseins qu'il a sur vous dans la compagnie, si vous les lui demandez par son Fils Notre-Seigneur, qui, ayant suscité la même

Lettre 3216. - Reg. 2, p. 269.

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compagnie pour son service, vous y a aussi appelé si utilement par sa grâce. N'épargnez donc rien de ce qui peut contribuer à votre santé et à l'avancement de votre retour, après lequel nous soupirons. Ne vous engagez pourtant pas au voyage, que de l'avis des médecins, particulièrement durant les chaleurs. Nous aurons patience.

3217. - MADAME POTIER DE LAMOIGNON

A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je reçus hier au soir un billet de M. le cure de St-Nicolas-du-Chardonnet, qui me mande que vous aviez eu la bonté de m'accorder deux sœurs de le Charité pour Auteuil, dont je vous en suis bien obligée. Si les femmes vous voyaient, j'aurais l'honneur de vous en aller remercier. M le curé d'Auteuil aura l’honneur de vous voir à ce sujet et prendre vos ordres pour ce qui sera nécessaire pour ces pauvres filles. Je suis bien fâchée de ne pouvoir moi-même les établir, à cause de mon voyage de Bourbon où je vais pour quelqu'incommodité que j’ai ; mais je les mettrai entre les mains de bonnes dames qui en auront soin et d'une Madame Guerrier. qui a le soin de la Charité de St-Barthélémy et des prisonniers, que lesdites sœurs connaissent. Les bons Pères de Sainte-Geneviève, seigneurs d'Auteuil, prennent part à cette bonne œuvre. Madame Chahu les verra aussi quelquefois et prierai Madame Traversay les y mener.

Je me recommande bien à vos bonnes prières pour mon voyage et vous prie de me faire l'honneur de me croire, Monsieur, votre très humble servante.

M. POTIER.

A Paris ce 22 août 1660

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, général des Missionnaires à St-Laurent.

Lettre 3217. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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3218. - LE MARQUIS DE LIONNE A SAINT VINCENT

A Berny (1) , ce 22 août 1660

Je supplie Monsieur Vincent de me faire la grâce de m’envoyer un billet par lequel il ordonne à la Mère supérieure de la Visitation du faubourg St-Jacques (2) de ne faire point de difficulté de me donner mes filles (3) quand on leur demandera de ma part, pour leur faire voir la cérémonie de l’entrée de la reine (4), et je lui en serai très obligé.

C'est son très humble serviteur.

DE LIONNE.

3219. - NICOLAS SEVIN, éVêQUE DE CAHORS,

A SAINT VINCENT

A Mercuès (1), ce 22 août [1660]

Monsieur,

Il m’ennuie bien de ne savoir point de vos nouvelles c'est ce qui me fait vous écrire cette lettre pour vous en demander et pour vous faire ressouvenir de la promesse que vous m'avez faite de ne m'oublier point devant Dieu ni sur la terre ni dans le ciel.

J'espère avec l’aide de Dieu faire bientôt le tour de tout mon diocèse pour en voir tous les ecclésiastiques dans leurs congrégations foraines. J'ai cru n'ayant plus qu'environ six semaines de cette année propres à faire visite que si je la commençais je ne pourrais faire qu'un petit quartier qui ne

Lettre 3218. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Localité englobée aujourd'hui dans la commune de Fresnes (Seine).

2. La Mère Marie-Agnès Le Roy.

3. Elisabeth, plus tard religieuse de la Visitation, et Madeleine, qui épousera, le 10 février 1670, François-Annibal d'Estrées, marquis de Cœuvres, depuis duc et pair de France.

4. Paris s'apprêtait à recevoir pompeusement, le 26 août, Louis XIV et la nouvelle reine Marie-Thérése d'Autriche, infante d'Espagne, qui avaient contracté mariage à Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées) le 9 juin.

Lettre 3219. - L. a. - Dossier de Turin, original.

2. Première année de l'épiscopat de Nicolas Sevin à Cahors.

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me donnerait pas beaucoup de connaissance de mon diocèse, et que le reste m'en serait inconnu, au lieu qu'allant partout comme je le puis pendant ces six semaines, j'en aurai du moins, une connaissance confuse ,et que, voyant tous les prêtres, qui doivent animer tout le reste du diocèse, tout le diocèse en pourrait profiter. Vous voyez combien les prières me sont nécessaires en cette occasion. Je vous supplie donc de n'épargner pas les vôtres ni celles de tous vos Messieurs.

Je vous envoie deux cents petites pilules et souhaite que Dieu y donne sa bénédiction, afin qu'elles contribuent autant à votre santé que je le souhaite.

Au reste, Monsieur, je vous suis bien obligé ,de ce que vous épargnez ma bourse, comme vous l'avez fait au sujet de Monsieur Insinguin (3). Vous en pouvez disposer dans les rencontres que vous jugerez à propos comme de celui qui est tout à fait en Notre-Seigneur Monsieur votre très humble serviteur.

NICOLAS,

é [vêque] de Cahors.

Je fais bailler à Monsieur Cuissot les pilules pour vous les faire tenir par le messager.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent supérieur général de la Mission à Paris.

3220. - AUX SUPéRIEURS

Voir à la fin du volume le texte revu par B. KOCH aux Archives de la Mission,

Je vous prie de conserver dorénavant les lettres que l'on vous écrira et à ceux de votre maison, de quelque part que ce soit, lorsqu'elles contiendront quelque particularité remarquable qui peut être de conséquence, ou qui peut servir d'instruction à l'avenir. Vous n'avez qu'à en faire diverses liasses, selon leur sujet, ou l'année que vous les recevrez, et, ainsi empaquetées, les garder .dans un lieu à ce destiné, où ceux qui viendront après vous puissent avoir recours dans le besoin. Et s'il y en

3. Esclave à Alger.

Lettre 3220. - Archives de la Mission, recueil des circulaires.

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a dans la maison, du temps passé, vous les ramasserez, s'il vous plaît, selon l'ordre susdit.

2° De remarquer le long de l'année les choses plus considérables, tant au spirituel qu'au temporel, qui se passent dans votre maison et dans les missions et autres exercices qui se font hors de la maison, et de les réduire en une lettre après la fête de la saint Jean-Baptiste, auquel temps les missions finissent d'ordinaire, et nous envoyer ladite lettre pour en faire une circulaire, si on le juge à propos.

3° Quand vous aurez quelque prêtre ou clerc ou frère coadjuteur qui n'aura pas achevé la seconde année de probation ou séminaire, vous nous ferez savoir, deux ou trois mois avant la fin de ladite année, l'état ou les dispositions de la personne, afin qu'on vous mande si vous lui ferez faire les vœux après les deux années finies ; et, quand elle les aura faits, vous nous enverrez aussitôt son nom, surnom, etc., dans la manière qui suit :

François, né le ... du mois de ..., en la ville ou bourg ou village de ..., du diocèse de ..., entré en la congrégation à (Paris) le ... du mois de ..., l'an ..., a fait les vœux à (Paris) en la présence de M ... , le ... du mois de ..., l’an ...

S’il a quelque ordre sacré, il est à propos de spécifier quand il l’a reçu ; et si quelqu’un ne sait le jour, par exemple, de sa naissance, qu’il dise le mois ; s’il ne sait ni l’un ni l’autre, qu’il assigne le temps et la saison de l’année qu’il est né ; et ainsi des autres

4° quand vous nous ferez savoir la mort de quelqu’un des nôtres, vous manderez, s’il vous plaît, au même temps ou au plus tôt, ce qui s’est remarqué de plus considérable dans la vie et la maladie de la personne ; et dès à présent je vous prie de demander ceux qui sont morts en votre maison, avec le jour et an de leur décès , etc

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et d'en tenir dorénavant un registre où soit transcrit ce qu'on aura mandé au supérieur général.

3221. - A FRANçOIS PéAN (1)

Du 23 d'août 1660.

Je suis très fâché que nous n’ayons fait usage de la grâce que vous nous avez offerte. La raison est que notre compagnie a été appliquée à ses exercices ordinaires. Et puis chacun se flatte de savoir la méthode de la controverse. Mais j'espère, moyennant la grâce de Dieu, que nous nous prévaudrons quelque jour des lumières particulières que vous avez et que vous communiquez à tout le monde par vos écrits. Je vous renvoie cependant votre apologie et l'ordre des conférences, et je vous renouvelle les offres...

3222. - FRANCOISE CARCIREUX A SAINT VINCENT

Mon très cher et honoré Père

Votre bénédiction !

Monsieur, la confiance entière que j’ai, avec l'amour et la crainte, à l'égard de Monsieur des Jardins, me fait garder le silence longtemps, en sorte que je suis stérile à me donner l'honneur de vous écrire ,parce que sa charité a trouvé bon que nous lui fissions nos communications une fois le mois ; ce que je fais à cœur ouvert grâces à Dieu. Sa charité m'a commandé de me donner cet honneur. J'y acquiesce de tout mon cœur et vous dirai que nous avons bien de la peine à conserver quel-

Lettre 3221. - Reg. 2, p. 83.

1. François Péan est l'auteur de plusieurs ouvrages de controverse, parmi lesquels nous signalerons : Le parfait controversisite ou manière invincible pour convaincre toutes les sortes d'hérétiques, Paris 1650, in-24 ; Méthode facile pour convaincre les hérétiques, ensemble les nullités de la religion prétendue réformée, Paris, 1659. Il avait écrit à saint Vincent pour lui demander de faire une série de conférences à Saint-Lazare sur les matières de controverse.

Lettre 3222. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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ques légères peintures de notre Institut. Il semble que nous jouions à tout rompre. Nous avons des boulevards à soutenir (1) qui ne sont pas petits ; et tous ces orages me semblent venir de ces bonnes demoiselles avec lesquelles nous sommes congrégées, la saur Anne (2) et nous. Nous avons ici pour unique appui et défenseur, après Dieu Monsieur des Jardins de laquelle grâce nous vous avons très grandes obligations, laquelle nous reconnaîtrons. Il nous a dit que vous désire que nous ayons soin des filles que Dieu honorera de la grâce de notre vocation ; nous l'acceptons de bon cœur dans l'espérance que Dieu par nous leur insinuera l'esprit de notre compagnie et que votre bonté ne permettra que ce qui est opposé à cela subsiste. C'est la prière que nous vous faisons, afin d’être toutes, en l’amour de Jésus et de vous, vous assurant toujours de nos très humbles respects et obéissances, toutes, mon très cher Père, vos très humbles et obéissantes servantes et filles indignes en .N -S

FRANCOISE CARCIREUX,

Fille de la Charité.

De Narbonne ce 23 d'août 1660

Nos sœurs font passablement leur devoir et Dieu nous honore de ses saintes bénédictions par l'union qui est entre nous.

La sœur Anne désire faire les vœux ; voilà plusieurs fois qu'elle nous en parle.

Mon très honoré Père, je m'oubliais de vous remercier de nous avoir plusieurs fois de vos chères nouvelles honorées. Ce sont ces sujets d'entretien et des méditations très habiles dont souvent nous nous servons toutes trois, que vos chères lettres. Et comme Monsieur des Jardins, par sa charité, donne à la votre souvent de nos nouvelles, il supplée avec perfection à mes défauts. C'est ce qui fait que je n'ai rien à dire aussi.

Lesdites demoiselles ont tant fait, préoccupées de bonnes raisons à ce qu'elles ont cru, qu'elles nous ont ôté, sinon le tout, du moins une bonne partie de la bonne odeur que Dieu nous avait donnée auprès de Monseigneur et de ses plus proches.

Enfin ce sont deux ligues céans ,et il semble qu’adroitement elles tâchent de fortifier la leur ; et il semble que Monsieur des Jardins, notre très honoré Père, ait eu le don de prophétie pour cela particulièrement.

Dieu soit béni !

1. Boulevards à soutenir, chocs à supporter. Le mot boulevard se disait autrefois pour désigner le terre-plein d'un rempart.

2. Anne Denoual.

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Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission, au Faubourg St-Denis, à St-Lazare, à Paris

3223. - MARIE-AGNèS LE ROY A SAINT VINCENT

C e 23 août 1660.

Vive Jésus !

Mon très cher et très honoré Père,

Je n'ai fait aucune difficulté à Monsieur de Lionne de lui donner ses chères filles, n'en ayant point eu occasion et personne ne nous ayant rien dit de sa part. Si l'on nous en avait parlé, j'aurais représenté que vous l'avez refusé à Madame de Sévigné (1) pour Mademoiselle sa fille (2) ; et cette raison-là m'a fait tenir ferme pour toutes les autres, comme pour les deux filles de Monsieur le premier président (3) et de Monsieur le président Amelot (4) et autres ; et même quant à Madame de Sévigné je lui avais dit que je n'y contribuerais quoi que ce soit pour obtenir cette permission, à cause de la conséquence les unes pour les autres ; car, pour d'autre conséquence, tout le monde dit qu'il n'y en a point pour cette occasion et même l'on nous a voulu amener Monsieur Joly pour nous convaincre là-dessus. Il sera donc tout ce qu'il vous plaira des petites de Lionne ; mais, si celles-là sortent, je crois que vous

Lettre 3223. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Marie de Rabutin, petite fille de sainte Chantal, veuve du marquis de Sévigné, femme douée d'un talent littéraire incomparable. Ses lettres ont immortalisé son nom. (cf. Les grands écrivains de France. Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis, recueillies et annotées par M. Monmerqué, nouv. éd., Paris, Hachete, 1862-1866, 14 vol. in-8°.)

2. Il n'y a donc pas lieu de douter, comme l'a fait Monmerqué (op. cit., t. 1, p. 89), que la fille de Madame de Sévigné, la future comtesse de Grignan, ait été pensionnaire au second monastère de la Visitation.

3. Guillaume de Lamoignon avait alors quatre filles, âgées respectivement de quinze, onze, dix et six ans : Marie épousera le maréchal de Broglie ; Madeleine sera la femme d'Achille de Harlay, premier président au Parlement ; les deux dernières, Marie-Elisabeth et Anne-Elisabeth, deviendront religieuses de la Visitation. Toutes quatre furent pensionnaires au second monastère. Il s'agit ici vraisemblablement des deux aînées.

4. Charles Amelot, seigneur de Gournay, président au grand conseil, mort à Paris le 12 février 1671. Sa fille Catherine épousa, le 28 octobre 1680, Louis-Claude d'Haussonville de Nettancourt.

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ferez bien de l’accorder à toutes les autres, et à Madame de Sévigné pour sa fille, enfin à celles qui ont le petit habit, qui sont huit, à qui on pourra mettre des coiffes et ôter le petit voile, et aussi aux deux autres séculières que nous avons, et la petite de Bouillon (5) si on le demande.

Voyez ,mon très honoré Père, si vous désirez nous faire un mot de réponse là-dessus, ou bien si vous aimez mieux attendre que les parents vous l'aillent demander. Vous nous ordonnerez tout ce qu'il vous plaira la dessus, et j'attendrai vos ordres.

C’est, mon très honoré Père, votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.

SŒUR MARIE-AGNES LE KOY.

Dieu soit béni !

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation de la Mission.

3224. - ANNE DE SAUJON (1) A SAINT VINCENT

Au Luxembourg (2) ce 24 d’août 1660

Monsieur

Bien que je n'aie pas l'honneur d'être fort connue de vous

5. Mauricette-Fébronie de la Tour d'Auvergne, fille de Frédéric-Maurice de la Tour, duc de Bouillon, mariée le 24 avril 1688 à Maximilien, duc de Bavière, frère de l'Electeur, morte sans postérité le 20 juin 1706.

Lettre 3224. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Anne Campet de Saujon, d'abord fille d'honneur, puis dame d'atours de la duchesse d'Orléans, passait pour être très influente sur le duc d'Orléans. En 1649, elle entra au Carmel, d'où elle fut retirée malgré elle et reconduite à la cour. En ne cessant de lui recommander d'attendre patiemment l'heure marquée par Dieu, Jean-Jacques Olier, son directeur, à qui elle manifesta souvent son goût pour le cloître, songeait qu'elle pourrait lui être utile pour une œuvre dont il avait conçu le projet : la formation d'une communauté destinée à recevoir les dames de qualité désireuses de faire une retraite et consacrée à la vie intérieure de Marie. Il s'ouvrit de son dessein à Madame Tronson et à Madame de Saujon et leur conseilla même de s'offrir à Dieu pour cela, le 19 janvier 1654, dans l'église Notre-Dame. Les règles du nouvel Institut étaient faites quand la mort vint enlever le fondateur. M. de Bretonvilliers, à qui il en avait parlé, ne laissa pas tomber le projet. Il réunit en communauté Madame Tronson, Madame de Saujon, Mademoiselle d'Aubrai et d'aut-

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je crois néanmoins que vous aurez assez de bonté pour m'accorder la très humble supplication que je vous fais, qui est de me vouloir mander par ce porteur si les Filles de Sainte-Marie ne présentent pas à Messieurs les évêques leurs supérieurs ; et si cela est, je vous serais encore plus obligée de me faire prêter leur lettre pour un jour ou deux. Vous vous doutez bien, Monsieur, que je vous demande cette grâce pour la seconde œuvre de feu Monsieur l'abbé Olier, laquelle est sur le point de s’éclore, avec l'aide de Dieu (.3) Monsieur de Bretonvilliers (4) et moi allâmes chez vous il y a quelque temps, afin de vous en entretenir ; mais votre indisposition, Monsieur, m'empêcha d'avoir cet honneur. Monsieur de Bretonvilliers, qui vous en parla, me dit que vous approuviez tout à fait cette sainte œuvre ; dont j'eus bien de la joie ; et je ne doute point que du depuis vous ne vous soyez employé auprès de N.-.S pour son acomplissement. Nous avons les lettres et permissions de .Sa .Majesté en la forme qu'il faut, et nous allons avoir celles de Monsieur de Metz (5) qui nous les a promises

Je prends la liberté de vous demander quelque part en vos saintes prières et de vous assurer que je suis avec beaucoup de respect, Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.

ANNE DE SAUJON.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur de St-Lazare, à St-Lazare

tres personnes de qualité dans une maison qu'il leur fit construire rue Garancière. Madame Tronson fut la première supérieure. A sa mort, cette charge fut donnée à Madame de saujon, qui la garda neuf ans. Cassée par l'archevêque à la sute de plaintes malheureusement trop fondées, elle se vengea en obtenant de la cour la suppression de la petite communauté. Jean-Jacques Olier avait recommandé qu'on ne lui donnât jamais le premier rang ; on s'aperçut trop tard que mieux eût valu l'écouter. (cf. Faillon, op. cit., t. II, p. 567-570.)

2. Le palais du Luxembourg à Paris.

3. La communauté des Filles de la Sainte Vierge, dite aussi de l'intérieur de Marie.

4. Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers, né le 22 janvier 1621, curé de saint-Sulpice en 1652, supérieur de Saint-Sulpice en 1657, mort le 13 juin 1676.

5. Henri de Bourbon, duc de Verneuil, évêque de Metz, abbé de Saint-Germain. Aucune communauté ne pouvait s'établir sans sa permission dans le quartier de saint-Germain-des-Prés. Il autorisa celle des Filles de la sainte Vierge par lettres du 30 août.

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3225. - JACQUES CHARTON A SAINT VINCENT

A Poissy, ce 24 août 1660.

Monsieur,

Paix et amour en J.-C. !

Je ne peux croire ce que l'on m’a mandé de Paris, que vous blâmez très souvent Gamaches (1) Grandin (2) et moi au sujet de l’affaire des Carmélites,. qui fait tant de bruit, et d'un jugement émané de Sa Sainteté, sans avoir appelé ni entendu les parties intéressées (3), C'est peut-être, Monsieur, que l'on ne vous a pas dit nos défenses, que des personnes de grande probité et capacité ont approuvées et approuvent continuellement. Je connais trop bien votre inclination, qui est plutôt de compatir à ceux qui sont opprimés.

Il y a une chose en cette affaire qui m'étonne par-dessus toutes les autres, qu'il se soit trouvé des gens de bien qui se rendent conseillers et défenseurs des filles religieuses ,à l'encontre de leurs supérieurs, et qui, pour un point de chicane, on mis en combustion un ordre qui rendait gloire à Dieu, pour l'amour duquel j'espère que vous me conserverez toujours quelque place en votre cœur,. et que, dans les occasions, comme est celle-ci, vous continuerez à me témoigner l'amitié que vous m'avez toujours portée, pour laquelle je suis obligé d'être toute ma vie, .Monsieur, votre très humble serviteur.

J. CHARTON

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission, à St-Lazare, à Paris.

3226. - M. DELAFORCADE A SAINT VINCENT

A Lyon, ce 24 août 1660

Monsieur,

Tout présentement je viens de recevoir celle dont il vous a

Lettre 3225. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Charles de Gamaches, docteur en Sorbonne et chanoine de Notre-Dame de Paris, mort le 27 janvier 1670.

2. Martin Grandin, docteur en Sorbonne et professeur à la faculté de théologie, auteur d'un cours de théologie en 6 volumes, né à Saint-Quentin le 11 novembre 1604, mort en novembre 1691.

3. Voir la lettre 2929, note 1.

Lettre 3226. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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plu m’honorer, en date du 20 du courant, avec icelle une de change de 1.000 livres sur M. Jacques Ceré pour en remettre la valeur à M. Boussordec (1), qui doit arriver bientôt en cette ville pour s'en aller à Annecy. Je ne Manquerai pas de suivre vos ordres, soit pour la lui compter, ou pour la lui : faire payer à Chambéry, ou ailleurs où je trouverai son plus grand avantage et du... (2) en serai avisé.

Je le servirai aussi en tout ce qu’il me sera possible de tout mon cour ; ce que je recevrai à grand honneur, puisqu'il vient de votre part et que je suis, Monsieur, votre très humble affectionné ,obligé et obéissant serviteur.

DELAFORCADE.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission, à St-Lazare , à Paris.

3227. - A MADAME ANNE DE SAUJON

25 août 1660.

Madame,

J'ai reçu votre commandement avec grande affection de vous obéir. Je vous demande pardon de ce que je ne vous fis hier réponse ; je me trouvai trop embarrassé.

Il est vrai, Madame, que quelques maisons de Sainte-Marie présentent à Nosseigneurs les évêques les ecclésiastiques qu'elles désirent pour leurs supérieurs ; mais tous les évêques ne les veulent pas recevoir, prétendant que c'est à eux à les choisir et à les nommer. Je m'en vas écrire à la Mère de la rue Saint-Antoine (1) pour la prier de me mander en vertu de quoi elles pensent avoir ce droit-là, et comment elles en ont usé, et, si elles en ont quelque écrit, de me l'envoyer.

J'ai une grande confusion de l'honneur que vous

1. Saint Vincent venait de le nommer supérieur de la maison d'Annecy.

1. Louise-Eugénie de Fonteines.

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m'avez fait, Madame, d'être venue ici avec M. de Bretonvilliers, et que j'ai été privé de la consolation de vous voir, par mes misères et incommodités ; et je l'ai encore plus grande de la confiance dont vous m'honorez, en étant si indigne que je suis, particulièrement à l'égard d'un œuvre tant important qu'est celui dont vous me faites la grâce de me parler, lequel j'estime, je respecte et je loue comme ayant été inspiré de Dieu à ce saint homme, qui en est l'auteur ; et je prie sa divine bonté qu'elle ait agréable de le bénir, en la vue de tant de bonnes âmes qui y prennent part.

Je m'estimerais bien heureux, Madame, si je pouvais vous complaire en quelque chose; assurez-vous qu'il ne s'en présentera jamais occasion, que je ne tâche de le faire avec toute l'humilité et l'affection que vous doit, en l'amour de N.-S, Madame, votre...

3228. - M ROBINEAU A SAINT VINCENT

Monsieur,

Quoiqu'il semble peu nécessaire d'ajouter quelque chose à la parole de notre cher Monsieur Paul néanmoins, Monsieur, ce sera pour vous saluer très humblement, et vous témoigner dans la faiblesse de ma recommandation, que la personne pour qui il vous va demander moyen de faire une petite retraite chez vous est tenue pour un des plus saints hommes de notre connaissance. Il a dessein de demander à Notre-Seigneur la grâce d'être un véritable ecclésiastique ; et, sans mentir, Monsieur, Dieu y a déjà mis une grande disposition. Je laisse à Monsieur Paul, plus capable d’en juger, de vous en dire son sentiment, et vous demanderai, à mon ordinaire, un peu de part en vos saintes prières, et votre continuelle bénédiction.

Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

ROBINAU

Du jour saint Louis 1660.

Lettre 3228. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des Missions.

3229. - FRANCOIS FOUQUET,

ARCHEVêQUE DE NARBONNE, A SAINT VINCENT

A Cannes , ce 26 août 1660.

Monsieur,

J’attends avec la dernière impatience l'effet de vos promesses touchant les deux missionnaires et le frère que vous m'avez promis dans le mois de septembre. Sur cette assurance , j'ai indiqué mes missions et mes visites au premier d'octobre, ne pouvant faire ni l'un ni l’autre sans ce secours, ayant souffert qu'on ait employé dans d'autres diocèses quelques Doctrinaires (1) qui m'y servaient l’hiver passé, et je l’ai souffert pour plusieurs raisons nécessaires, si bien, Monsieur, que vous jugez bien en quel désordre et confusion je tomberais si vous veniez à me manquer de parole. Je ferai rembourser ce que le voyage aura coûté.

Je ne vous parle point de M. Parisy, parce qu’il nous a donné parole de se rendre ici après les chaleurs.

Je vous prie, Monsieur, d'agréer que je vous témoigne la surprise, ou, pour vous parler plus véritablement, le chagrin que j’ai contre vous des grandes longueurs et difficultés que vous apportez à consentir à l’union que je fais au séminaire de la petite paroisse de la Maiour, après toutes les protestations que je vous ai faites de décharger vos Messieurs de ladite cure, quoiqu'elle ne soit que de deux ou trois cents communiants, tous ayant réitéré plusieurs fois que tous ceux de mon conseil, aussi bien que vos Messieurs sont convaincus que le séminaire, en la manière que je l'ai formé, qui n'est que de prêtres déjà faits, m'est entièrement inutile, si vos Messieurs qui en ont la direction n’ont autorité : dans une paroisse pour y faire exercer les fonctions desdits prêtres, qui sont ou déjà curés ou destinés à l'être, puisque vous savez mieux que moi que la théorie est inutile sans la pratique Cependant ne m'étant jamais figuré que vous dussiez me faire nulle difficulté là-dessus., ne ni en ayant point fait pour Agde. où il y avait beaucoup plus de raison, j'ai acheté une grande maison, et fort chèrement, et fait de très grands frais pour les meubler

Lettre 3229. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Nom donné aux prêtres de la Doctrine Chrétienne, congrégation fondée en 1592 par César de Bus.

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et y établir aussi bien que dans le presbytère de ladite cure de la Maiour, et tout cela très inutilement si nous ne faisons une affaire stable et qui puisse durer après moi, ce qui ne peut-être encore une fois s'ils ne sont les maîtres de la paroisse .

Je croyais vous avoir donné assez de marques de l'affection que j'ai pour votre Institut et de la connaissance que j'en ai, pour vous confier que je ne ferai rien qui puisse préjudicier, et que, si vous n'aviez si bonne opinion de mon jugement, vous l'auriez de celui de tant de personnes capables qui sont avec moi et que vous connaissez, avec lesquels nous avons fait une infinité de conférences sur ce sujet et sur vos craintes, et sommes toujours demeurés d'accord uniformément qu'elles étaient sans fondement et que toute la dépense que j'avais faite était argent perdu sans cela.

Je suis encore résolu de leur acquérir au premier jour une très jolie maison, avec un très beau jardin, sur le bord de l'eau, à un petit quart de lieue de la ville, pour leur servir de lieu de retraite et de récréation, et aux séminaristes et maîtres d'école.

Au nom de Dieu, Monsieur, que celle-ci soit la dernière que je sois obligé de vous écrire sur ce sujet, et me délivrerez du plus grand embarras et chagrin que j'aie présentement dans mon diocèse et qui est si contraire à l'incommodité de ma tête ; sinon, résolvez-vous d'avoir toutes les semaines de plus grandes lettres que celle-ci, de laquelle dépend l'affermissement ou la ruine de tous mes projets, sans quoi je n'ai qu'à m'aller promener jusqu'à Paris et laisser tout là.

Je sais que vous avez présentement chez vous une grande multitude de très bons ouvriers que vous avez rappelés de divers endroits et qu’il ne vous manque que de faire quelqu'effort en ma faveur. Vous en avez déjà fait tant d'autres et m'avez tant témoigné d'amitié ! Cette occasion ici confirmera ou me fera tout oublier.

Je ne vous aurais pas laissé si longtemps en repos sans le voyage que j'ai fait de six semaines en Auvergne au retour duquel je ne doutais point de trouver ici le consentement de ce que je vous ai demandé et que je vous demande avec tant d'instance.

C'est, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

FRANCOIS

arch. de Narbonne

Au nom de Dieu, envoyez à nos Messieurs quelque brave serviteur qui entende les achats ; ceux desquels ils se servent ici, ou manquent de fidélité ou d'intelligence nous achètent

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les choses beaucoup plus qu'elles ne valent outre que leur maison est si sale et en désordre que cela fait mal au cœur d'y entrer. Traitez-nous comme vous avez fait Messieurs de Cahors d'où je viens.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission, à Saint-Lazare, à Paris.

3230. - JOSEPH BAYN A SAINT VINCENT

Monsieur,

Quand je serais capable de m'expliquer, il ne serait pas à mon pouvoir de produire des termes correspondants à mes désirs pour vous remercier du service et de la charité qu'il vous a plu de me faire par le soin que le frère Christophe (1) a pris de ma personne pendant ma maladie. Mais, quoique ses soins soient été extrêmes, je me persuade qu'il faut donner mon soulagement à vos prières, parce que je me flatte de votre tendresse et de votre amour. C'est pourquoi, Monsieur, je vous supplie, au nom de Dieu, de me la continuer et croire que, toute ma vie, je continuerai de me dire, Monsieur, votre très humble et très obligé serviteur

JOSEPH BAYN.

A Paris, le 26 août 1660.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, général de Messieurs de la : Mission à la maison de Saint-Lazare, à Paris.

3231. - M. PESNELLE A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je m'étais disposé de payer à votre ordre la somme de huit

Lettre 3230. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Plusieurs frères coadjuteurs portaient ce nom. Il s'agit ici vraisemblablement de Christophe Gautier, né à Sablonnières (Seine-et-Marne), entré dans la congrégation de la Mission le 16 avril 1655, à l'âge de vingt ans, reçu aux vœux le 29 juin 1657, mort à Sedan le 11 octobre 1671, frère très vertueux, dont René Alméras, supérieur général, fit un bel éloge dans sa circulaire du 23 octobre. (Notices, t. III, p. 349.)

Lettre 3231. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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cents livres suivant que mon frère aîné (1) me l’avait ordonné par ses lettres du 13 juillet ; mais puisque vous n'avez pas été en état de me faire réponse aux lettres que je vous avais écrites sur ce sujet, je vous prierai d'agréer que je diffère ce payement jusqu'à mon retour de la campagne, où mes affaires m'appellent jusqu'à la fin du mois de septembre. Que si pourtant vous désirez ou avez quelque occasion pressante de recevoir cet argent, toutes autres choses négligées, je viendrai a vous pour vous sutisfaire, et j'écrirai dès demain à mon jeune frère de vous aller voir, pour savoir de vous votre résolution, afin qu'il me la fasse savoir an lieu où je serai.

Cependant j'écris a mon frère aîné sur le sujet de ses dernières lettres et le supplie de m'envoyer au plus tôt vos actes en forme de la démission qu'il veut faire en ma faveur. Et parce qu’il me demandait la forme qui y serait plus convenable, je lui envoie un modèle, sur lequel je désirerais bien qu'il me fit dresser son acte.

Je vous supplie, Monsieur, que comme vous avez eu la bonté de vouloir servir de médiateur pour concilier une affaire de cette conséquence entre deux frères, que vous vouliez contribuer à sa conclusion et à son achèvement. Il m'est très important d'avoir cette résolution avant la saint Martin. C'est pourquoi, je vous conjure de joindre vos prières à celles que j'ai faites à mon frère aîné, et d'obtenir de lui qu'il me fasse réponse en diligence. Je vous protestais par mes dernières lettres que je voulais bien reconnaître cette obligation de votre générosité .

Ce seront toujours mes sentiments et d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

PESNELLE .

A Rouen ,ce 26 août 1660

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur de la Mission de Saint-Lazare, au faubourg Saint-Denis, à Paris.

3232. - MAURICE DE LA TOUR D’AUVERGNE

A SAINT VINCENT

[août 1660]

Monsieur

Etant sortie des Filles de Sainte-Marie (2) pour voir l'entrée

1. Cette lettre a suivi de peu de jours la lettre 3223.

2. Le second monastère de la Visitation, où elle était pensionnaire.

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du roi, je vous supplie de me permettre de n’y point rentrer devant que ma sœur de Château-Thierry (3) prenne l'habit, qui sera le jour de la Notre-Dame (4). N'y ayant plus que si peu de temps, je crois que vous ne me refuserez pas cette grâce, étant bien juste que je sois à cette cérémonie.

Je vous supplie donc, Monsieur, d'avoir cette bonté et de me croire, Monsieur, votre très humble et très affectionnée servante.

MAURICE DE LA TOUR D’AUVERGNE

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

3233. - A JEAN MARTIN

De Paris, ce 27 d'août 1660.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu vos lettres du 28 juillet et 14 du courant. Il faut avoir patience dans le retardement d'une maison. Dieu vous la donnera quand il sera temps et lorsque vous aurez assez honoré la pauvreté de N.-S., qui n'en avait point, ni seulement une pierre pour y reposer sa tête. Notre famille de Rome a été dix-huit ou vingt ans logée à louage. Pourvu que la vôtre soit fidèle à ses emplois et à son règlement pour bien établir le royaume de Dieu et sa justice en soi et en autrui, rien ne lui manquera. Mais il faut premièrement travailler à cela, comme vous faites, grâces à Dieu, et, vous confiant en sa providence pour le reste, demeurer en paix. Outre cette raison, vous en avez une autre pour ne vous mettre pas en peine d'un logement : c'est que Mgr le marquis (1) y pense assez pour vous ; et, à ce que vous me

1. Le marquis de Pianezze.

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mandez, il donne la même pensée à d’autres, jusqu'à vouloir céder la qualité de fondateur à qui voudra vous donner plus que lui. J'admire sa grande bonté, et je prie Notre-Seigneur qu'il nous rende moins indignes que nous ne sommes d'en recevoir les effets et de les reconnaître.

Ne craignez pas la fièvre ; il y a grande apparence qu'elle ne s'en est pas allée pour revenir, et que le bon Dieu ne veut pas nous affliger encore de ce côté-là. Les frissons que vous sentez quand il fait un peu froid, ne sont pas des indices du retour de cette fièvre, parce qu'il, ne procèdent pas d'une cause intrinsèque, mais d'un accident extérieur duquel vous êtes plus susceptible par un effet de la fièvre passée, qui vous a affaibli. Je prie Notre-Seigneur qu'il vous rétablisse en vos premières forces pour lui continuer vos services avec autant de vigueur et de fruit que jamais. J'ai bonne espérance qu'il le fera, si vous faites de votre côté ce qui est à désirer pour vous bien porter.

Nous n'avons rien de nouveau. Nos malades se portent mieux, grâces à Dieu, et M. Alméras aussi, qui, étant parti de Richelieu pour s'en revenir ici, a été contraint de s'y faire rapporter depuis Tours, à cause d'une grande faiblesse où il s'est trouvé.

Je suis, en l’amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Suscription : A Monsieur Monsieur Martin, supérieur des prêtres de la Mission, à Turin.

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3234. - ANNE-MARGUERITE GUéRIN A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

De notre troisième monastère de Paris, ce 27 août [1600] (1)

Mon très uniquement honoré Père

Vous venons d’apprendre que toutes les pensionnaires, c'est-à-dire nos petites sœurs et les demoiselles et Madame de Melun (2) sont sorties de notre monastère du faubourg pour l'entrée de la reine et nous doivent venir voir. C'est pourquoi, mon très honoré Père, nous vous supplions très humblement d'avoir la bonté de nous permettre de les faire entrer une fois céans auparavant qu'elles retournent se renfermer. Il y a aussi Madame Canos qui nous a priées de lui octroyer cette grâce-là auparavant qu'elle aille pour toujours se renfermer dans notre susdit monastère, pour y demeurer toujours ; mais, si votre bonté trouve quelque difficulté à ce dernier article je vous supplie s'il se peut, nous permettre pour tout le reste. Ils nous ont mandé qu'ils viendront aujourd'hui ou demain. C'est pourquoi nous supplions très humblement votre bonté nous faire faire présentement réponse et nous donner votre sainte bénédiction, priant Dieu vous conserver dans une aussi parfaite santé, mon très uniquement honoré.

Votre très humble et très obéissante et indigne fille et servante en Notre-Seigneur.

SŒUR ANNE-MARGUERITE GUéRIN

de la Visitation Sainte-Marie

Dieu soit béni !

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission de Saint-Lazare.

Lettre 3234. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Cette lettre est à sa place non loin de la lettre 3223.

2. Ernestine de Ligne-Aremberg, veuve de Guillaume de Melun, prince d'Epinoy, connétable et sénéchal des Flandres.

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3235. - LE PRIEUR DE LA PéROUSE A SAINT VINCENT

Vive Jésus en Marie !

Monsieur,

Je pensais me donner l'honneur de vous aller voir mais le bon Dieu ne m'en a pas donné le temps. Dans la confiance ordinaire que je prends en votre charité je vous demande la continuation de vos prières pour M. le commandeur Alex. La première fois que j'aurai l'honneur de vous voir, je vous entretiendrai de la persécution qu'il a soufferte et souffre encore pour les accès de sa promotion à l'évêché de Genève (1) Je vous supplie de le recommander étroitement à Notre-Seigneur et vous conjure aussi d’employer les prières de votre sainte communauté. Vous ne sauriez croire jusques où est allée la rage et la calomnie de ceux qui le persécutent. L'on m'écrit pourtant que les nouvelles de Rome font espérer qu'il sera préconisé au premier consistoire.

J'ai douze pistoles à faire tenir à M. le chanoine de Montfort à Annecy ; je vous supplie très humblement que je puisse savoir par ce porteur si vous aurez la bonté de me faire la charité de les recevoir ici. C'est pour la même affaire pour laquelle vous m'avez déjà fait la grâce d'en envoyer souvent. Je vous demande, s'il vous plaît, réponse par écrit, de crainte que le secret ne soit éventé, comme j'ai eu nouvelle qu'il est déjà fort soupçonné.

Le porteur de ce billet est un jeune homme de Chambéry, de fort honnête famille, que l'on a pensée de mettre dans le séminaire d'Albiac. Il désirerait auparavant de faire une retraite et me sollicite depuis longtemps pour vous demander la grâce pour lui de permettre que ce soit à Saint-Lazare. Il me paraît tout à fait bien disposé. Et ainsi je prends la liberté de joindre mes prières aux siennes pour vous demander cette cha-

Lettre 3235. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. La nomination de Jean d'Aranthon d'Alex à l'évêché de Genève avait soulevé une opposition qui fut longue à se calmer. Les accusations les plus infamantes lui furent prodiguées, et ses ennemis les portèrent jusqu'à la cour de savoie, au palais du nonce et même à Rome. Fatigué d'avoir à répondre sans cesse aux calomnies débitées contre lui, le commandeur donna sa démission. Le prince la refusa. Enfin la tempête s'apaisa et le prélat fut sacré le 9 octobre 1661. (cf. Innocent Le Masson, op. cit., p. 61-79.)

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rité avec toutes les autres. Si vous y ajoutiez celle de le recevoir avant l'ordination la faveur serait double parce que vous lui donneriez occasion de faire réussir beaucoup plus tôt son entrée dans ce séminaire.

Je ne vous écris jamais et ne vous vois jamais que pour vous demander. Qu'y feriez-vous? C'est un importun que vous vous êtes attiré. Je vous assure qu’il le fait avec beaucoup de respect et beaucoup de confiance, parce que ce sont des affaires qui regardent la gloire de notre bon Maître.

Je vous demande très humblement votre souvenir devant lui et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

DE LA PEROUSE.

A Saint-Sulpice, le 28 août 1660.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, prêtre et supérieur général de la Mission, à Saint-Lazare.

3236. - LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES

A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

Mon tout unique Père,

Voilà ce qui est dans nos constitutions et coutumier qui regarde le choix du Père spirituel, que nous envoyons à votre bonté, mon très honoré Père. Je vous demande bien pardon de ne l'avoir fait plus tôt ; mais le grand tracas du monde qui était à notre tour pour l'entrée de la reine, joint à l'accident arrivé à ma pauvre sœur Marguerite-Dorothée, nous en a empêchées. Cette très chère sœur ayant eu, en suite de sa saignée une fluxion sur le bras, avec des douleurs si violentes que cela faisait pitié, Monsieur Rufin et notre chirurgien ordinaire espèrent que ce ne sera rien ; mais cela ne m'assure pas à cause de ses autres incommodités. Nous vous supplions, mon tout unique Père, de nous faire la charité de la faire recommander aux prières de votre sainte communauté et lui donner aussi part aux vôtres. Je vous demande cette grâce avec même affection que je suis avec respect, mon tout unique Père, votre

Lettre 3236. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur .

LOUISE-EUGENIE DE FONTEINES

D[ieu] s[oit] b[éni] !

Ce 28 août [1660] (1)

3237. - LE PèRE FULGENCE DAUDIGNIER

A SAINT VINCENT

Monsieur,

Un de nos vénérables Pères ayant su que j'avais l'honneur d'être du nombre de vos serviteurs m'a prié de vous recommander, comme je fais de tout mon cœur le présent porteur, qu'il m'a assuré être depuis peu converti à la religion catholique et abandonné de tous ses parents hérétiques. C'est pourquoi, dans cette pressante nécessité, tant du corps que de l'âme ,il est résolu de servir à tout ce qu'on voudra dans quelque maison dévote où il puisse être instruit plus amplement de tout ce qu'un bon catholique doit savoir, en attendant qu'il se soit réconcilié avec ses parents et qu'il soit fortifié dans les vérités de notre religion ; et comme il a oui dire que votre sainte maison était fort propre pour cela, je prends la hardiesse de joindre mes prières aux siennes , en qualité, Monsieur, de votre très humble et très obéissant serviteur

F. FULGENCE DAUDIGNIER

Chartreux indigne

De notre cellule de Saint-Ambroise, ce 28 d'août 1660

Je vous remercie de notre postulant qui fut chez vous en retraite il y a deux mois et dont Monsieur Gicquel fut le directeur. J'espère qu'il sera bientôt chartreux en cette maison.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de l'Ordre des Missionnaires, à Saint-Lazare.

1. Année du mariage de Louis XIV.

Lettre 3237. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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3238. - LE PRIEUR DE LA PéROUSE A SAINT VINCENT

Vive Jésus en Marie !

Monsieur,

J’ai reçu avec beaucoup de reconnaissance le billet dont il vous a plu m'honorer et ferai mon possible pour me donner l'honneur de vous aller porter demain les 12 pistoles pour Annecy. Cependant je prends la liberté de vous écrire ce billet par l'ordre de M. le président de Chamosset. C'est le second président de notre sénat, duquel vous m'avez autrefois parlé et qui m'a témoigné beaucoup d'estime pour vous. Il est maintenant à Paris et m'a dit qu'il voulait vous aller voir ; et cependant il vous conjure de recommander étroitement à N.-S,. une affaire d'une grande conséquence, qui le touche de fort près. Il a beaucoup de confiance en vos prières et ma recommandé de vous les demander.

Je suis avec le respect que je dois Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

DE LA PéROUSE

J'ai reçu aujourd'hui des lettres de Savoie où l'on ne me mande rien de bon des affaires de M. le commandeur Alex. Ainsi je crois que nous avons besoin du crédit de tous nos amis, afin que le bon Dieu ne nous prive pas, par un juste jugement, des grâces que tout ce pauvre diocèse espère de sa promotion .

M du Bazzione conjure de nouveau et sollicite votre charité pour les ouvriers que vous leur avez fait espérer, dont ils ont plus besoin que vous ne le sauriez croire.

Votre très humble et très obéissant serviteur.

DE LA PéROUSE.

A Saint-Sulpice, le 29 août 1660.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, prêtre et supérieur général de la Mission, à Saint-Lazare.

Lettre 3238. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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3239. - LE PRéSIDENT FREMYN A SAINT VINCENT

A Somméricourt (1) le 30 août [1660] (2)

Monsieur,

La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m’écrire le 14 de ce mois me fut seulement rendue vendredi 27, et cela est cause que je n'ai pu vous en rendre plus tôt très humbles grâces et vous témoigner que la déférence que je rends au désir que vous avez que je donne la cure de Pompierre (3) à M. Descroizilles est la moindre chose que je voudrais foire pour votre considération. Mais vous savez, Monsieur qu'il faut pour cela qu'elle soit vacante, et je ne vois pas M. Le Bret disposé à la quitter. Il m'a dit qu'il s'était donné l'honneur de répondre à celle qu'il a reçue de votre part, et qu'il avait des raisons d'honneur et de conscience si pressantes pour ne se pas démettre de ce bénéfice, qu'il s'assure que vous les approuverez lorsqu'il pourra vous les déduire lui-même. Ainsi, Monsieur, nous voyez que ma bonne volonté demeure sans effet, et je crois que Dieu le permet ainsi, parce que cet emploi est au-dessous du mérite dudit sieur Descroizilles.

Je crois que vous aurez appris quelque petit sujet du déplaisir que Mademoiselle Maillet a reçu de Monsieur Caset, et je vous avoue que cela m'a été sensible au dernier point. Ledit sieur Caset a pensé se justifier par une négative ; mais je connais cette demoiselle trop sage pour s'imaginer avoir été offensée en son honneur, quand en effet, elle ne l'a pas été. La satisfaction seule que nous avons, Madame la présidente, et moi dans ce rencontre, est que vous Monsieur et M Demonchy connaissez la vertu de cette fille ; et depuis vingt ans qu'elle est au service de ma femme, je puis dire avec vérité que nous n'avons jamais trouvé à dire à sa conduite., Dieu soit loué de tout !

Je vous demande, s'il vous plaît, Monsieur, la continuation de vos saintes prières et que vous croyiez que je suis très humblement absolument en l'amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

PR[ESIDENT] FREMYN

Lettre 3239. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Localité de l'arrondissement de Chaumont (Haute-Marne).

2. La mention de Michel Caset et de Nicolas Demonchy montre que la lettre est des dernières années de saint Viuncent. Les mots "vendredi 27" ne permettent pas d'en choisir d'autre que l'année 1660.

3. Localité de l'arrondissement de Neufchâteau (Vosges).

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3240. - LE PRIEUR DE LA PéROUSE A SAINT VINCENT

Vive Jésus en Marie !

Monsieur,

La providence de Dieu m’a fait rencontrer dans la rue le bon frère économe. Quelques affaires m'ont rendu incertain si je pourrais avoir aujourd'hui l'honneur de vous voir. je me suis prévalu de la rencontre pour lui confier cinquante écus.

Je vous supplie d'excuser ma liberté et vous assure que je ne laisse pas d'être avec tout le respect, possible Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

DE LA PéOUSE

A Saint-Sulpice, le 30 août

3241. - SŒUR AVOIE VIGNERON A SAINT VINCENT

Vive Jésus, Marie, et Joseph !

A Ussel, ce 30 août 1660

Monsieur et très honoré Père

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais.

C'est en vérité, avec bien de la douleur que j'ai appris par votre lettre le retour de ma sœur Anne (1). Il me serait impossible de vous dire le déplaisir que j'en reçois, car, dès lors qu'elle a commencé à s'y bien accoutumer et qu’elle ne pensait à s'en retourner, au moins tant que de coutume, voilà qu'il s'en faut retourner, après avoir tant souffert de toutes façons. .Vous avons fait toutes les instances possibles pour tâcher de l'obliger à demeurer, jusqu'à ce que nous aurions prié votre charité de nous la vouloir laisser, au moins jusqu'à ce que l'on aurait vu ce que Madame la duchesse (2) a envie de faire pour les pauvres ; car, si elle établissait l'hôpital il n'y a pas de lieu où ma sœur Anne fut plus utile et put faire plus de bien ayant l'esprit content. Mais aussi est-il vrai qu'il n’y en a pas où elle peut être plus misérable, si Madame ne fait

Lettre 3240. - L. a. - Dossier de Turin, original.

Lettre 3241. - L. a. - Dossier de Turin, original.

2. La duchesse de Ventadour.

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pas plus qu'elle a fait jusqu'à présent Je vous prie de considérer un peu le contentement que pourra espérer celle qui viendra, et moi aussi. Ce n'est pas que nous ayons assez de quoi nous employer et de reste ; mais je vous dis, pour être exposée à. tous les murmures et calomnies qu'il nous a fallu souffrir jusqu'à présent par ceux mêmes de qui devions espérer du secours et qui ne voudraient pas avoir contribué un liard de leur bien pour nourrir les pauvres que nous avons en. charge. Tandis que ma sœur Anne a été ici elle leur faisait entendre franchement ce qui était raisonnable et ce qui ne l'était pas. Mais à présent ils pourront agir à leur fantaisie. Je n'ai ni force ni capacité pour leur faire tête. Ce n'est pas que je sois dans l'envie de leur tout abandonner ; non Dieu m'en garde. ! Je tâcherai de leur faire voir les choses le mieux qu'il me sera possible ; et du reste, il en sera ce qu'il plaira à Notre-Seigneur

Si Madame ne met ordre et dit de la façon qu'elle veut qu’on se comporte pour le secours des pauvres tant de l'hôpital que des étrangers, je crois que nous ne pouvons pas moins espérer de peines à l’avenir que par le passé. Dieu soit béni, qui ne nous donnera pas plus de peine que nous en pourrons porter. ! S'il faut se résoudre à souffrir à la bonne heure pourvu que ce soit patiemment et constamment ! Tout irait bien pour nous si ma sœur ne s'en fut retournée qu'avec Madame, ou qu’elle l'eut vue avant que partir de Paris. Elle lui aurait fait entendre ce qui aurait été pour le meilleur ; mais il arrivera qu'ils seront en chemin en même temps. S'il vous plaisait, et à Madame aussi, que je l'allasse voir en Bourbonnais je lui dirais une partie de ce qui nous fait plus de besoin ; car de lui écrire cela ne sert pas de grand'chose On l'a tant fait et avec si peu de satisfaction, que je ne crois pas que cela serve de grand'chose. Dieu veuille qu'à ce coup il en soit autrement et que sa bonté donne à ma sœur Anne des sœurs et des emplois qui lui soient à plus grande satisfaction que je n'ai pas été ! Ils lui condescendront davantage ; mais je ne crois pas pour cela qu'ils aient plus d'amitié et plus de désir de la servir dans ses peines. Je prie Notre-Seigneur la vouloir bien et heureusement conduire.

J'aurais une consolation toute particulière de la savoir bien à son aise et en repos ; mais je ne crois pas que, soit à Paris, soit à Ussel, nous soyons exempts de croix, bien qu'à la vérité elles soient plus sensibles à Ussel qu'à Paris.

J'espère que ma sœur aura bien le souvenir de vous représenter la nécessité qu'il y a que l’on envoie une fille qui soit un peu plus forte que moi et qui sache mieux ce que c'est de. malades ; car ma sœur sait bien que je n'y entends pas grand'

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chose ; car encore qu'il semble n’être pas tant nécessaire il l'est pourtant beaucoup ; et puis il vaut mieux en avoir de reste que d'en manquer. Ce n'est pas comme si l'on n'était qu'à 2 lieues de Paris.

Votre charité nous avait accordé la permission de faire la retraite mais j'ai pas pu la faire avant que ma sœur s'en soit allée J'aurais pourtant été bien consolée de la faire pour la Toussaint, et, si vous le trouvez bon aussi la rénovation des vœux. J'avais cette année passée demandé la même permission ; mais soit que la réponse soit perdue, ou qu'elle ne fut pas faite, je n'en ai rien ouï. C'était à Mademoiselle (3) à qui je l'avais demandé et aussi de la façon qu'il le faut faire.

Je vous supplie aussi d'avoir la bonté de vouloir écrire un mot à M. le curé, qui est notre directeur de ce pays, suivant l’ordre que M. Dehorgny nous en a donné, afin qu’il prenne d'autant plus de soin de nous, afin que tant celle qui viendra que moi nous demeurions sujets à ses conseils, sans rien faire à notre tête. M. Dehorgny connaît son mérite et qu'il n'est pas une personne à nous rien laisser faire qui ne soit entièrement conforme à notre vocation et aux ordres de nos supérieurs.

Je me recommande bien à vos saintes prières et vous prie de me croire de toute l'affection de mon cœur, Monsieur et très honoré Père, votre très humble et très obéissante fille et servante.

S. AVOIE VIGNERON

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

3242. - JACQUES COIGNET A SAINT VINCENT

Monsieur

Je vous prie d’avoir la bonté de recevoir ce Monsieur à faire retraite chez vous le plus tôt que vous pourrez. C'est un de mes frères lequel, ayant fait ses études n'est pas encore déterminé à suivre aucune profession Il souhaite de faire retraite chez vous, afin de connaître la volonté de Dieu et de la suivre, sous la conduite de quelque directeur que vous aurez la bonté de lui donner.

3. Louise de Marillac.

Lettre 3242. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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Je vous en serai infiniment obligé, étant, monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

COIGNET,

curé de Saint-Roch

A Saint-Roch, ce 30 août 1660

3243. - M. LEPRESTRE A SAINT VINCENT

Monsieur,

Après vous avoir salué et rendu mes respects je vous dirai qu’ayant envoyé ma lettre selon votre ordre à Monsieur Charton, qui est présentement malade et qui vous a fait écrire ce billet ci-inclus, que Monsieur de la Moussardière m'a donné ce matin pour vous faire tenir, il ma fait réponse, par Monsieur Grandin, qu'il ne faut pas troubler les consciences et qu'on est soumis à Sa Sainteté (1) ; que si, après avoir été ouïs, elle persiste dans le bref, qu'on le recevra avec totale soumission J'ai vu aussi une fois Monsieur Abelly, qui venait confesser extraordinairement les Carmélites, qui m'assura que je ne devais point faire difficulté de les confesser comme par ci-devant, et qu'il les croyait toutes en bonne conscience.

Je m'essaierai de vous aller voir afin qu'ayez la bonté de m'assurer et de me marquer ma conduite dans tout ceci, car c'est de vous seul, Monsieur, et de lui que je pense que Dieu veut que je la prenne.

S'il plaisait à Notre-Seigneur vous penser à faire écrire quelques moyens d'accommodement en cette affaire vous ,feriez grand service à tout ce saint Ordre Il me semble qu’il y a un certain milieu à trouver qui accoiserait (2) tout, ainsi qu'il est arrivé dans toutes les controverses émues jusques à présent ; ni trop ni trop peu à Messieurs les supérieurs ; ni trop ni trop peu à Messieurs les visiteurs.

Messieurs les supérieurs me semblent si bien intentionnés et dans une possession depuis l’établissement de l'Ordre en France et une si sainte et si entière administration qu'il est pénible de les voir inquiétés sans être ouïs.

Excusez, Monsieur, si je vous mande si librement mes sentiments et me donnez beaucoup à Dieu à ce qu'il dispose

Lettre 3243. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Touchant l'affaire des Carmélites. (Voir lettre 2924, note 1).

2. Accoiser, apaiser.

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toujours de, Monsieur, votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur.

D. LEPRESTRE

Ce dernier août 1660.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, prêtre et supérieur général de la Mission,, à Saint-Lazare.

3244. - JACQUES CHARTON A SAINT VINCENT

[31 août 1660]

Monsieur Vincent est prié de la part de Monsieur le pénitencier l’ancien (2) que la lettre qu'il lui a écrite depuis huit jours (3) ne soit que pour lui ; et s’il trouve bon de la brûler après l'avoir lue, il l'obligera.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur de la Mission, à Saint-Lazare, à Paris.

3245. - M. AUBERT A SAINT VINCENT

Ce mardi matin, 31 août 1660

Monsieur,

Son Altesse Madame de Longueville souhaitant que Messieurs ses enfants (1) reçoivent votre bénédiction ,et eux désirant fort vous voir, j'espère vous les mener après dîner et vous assurer que je suis, avec tout le respect imaginable ,Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

AUBERT.

Suscription : Pour Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission, à Saint-Lazare, faubourg Saint-Denis, à Paris.

Lettre 3244. - Dossier de Turin, original.

1. Ce billet est fort probablement celui qu'annonce la lettre 3243.

3. La lettre 3225.

Lettre 3245. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Charles d'Orléans, comte de Dunois, alors âgé de quatorze ans ; et Charles de Paris, comte de Saint-Paul, enfant de onze ans.

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3246. - ANNE-MARGUERITE GUéRIN A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

De notre troisième monastère de Paris, ce 31 août 1660

Mon très uniquement honoré Père,

Nous envoyons savoir des nouvelles de votre santé et vous demander permission de prendre environ six mille livres en rente, ou moins, si nous pouvons. C'est pour achever de payer nos ouvriers ayant été nécessitées de faire une assez grande dépense pour nous loger, quoique très petitement et selon la simplicité et pauvreté religieuses. Mais c'est qu'il a fallu, selon l'ordre de notre Père du faubourg (1) qui en a fait le marché, bâtir une chapelle ou petite église tout à neuf, un chœur et d'autres petits logements, et avec cela accommoder des galeries de jeux de boules, pour faire tous les offices réguliers et dortoirs. Et bien que cela ne soit que de boue et de crachat, comme l'on dit, si est-ce que cela n’a pas laissé de nous bien coûter, et des autres menues choses de fenêtres et de portes, comme si c'était en un bâtiment de plus grande importance, le principal bâtiment de cette maison s'étant trouvé sur la rue et cour du dehors, qui nous oblige de le louer à des séculiers ,qui nous en rendent six cents livres. Cela a obligé à faire cette dépense. Si l'on nous rachète notre rente de Rouen, ainsi que Messieurs Delahaie, Aubert et Messieurs les héritiers nous le font espérer, étant après pour vendre une terre, pour cela nous aurons de quoi nous acquitter. Bien que ladite rente n'ait commencé à courir que depuis notre achat, ils n'ont pas laissé de nous en payer une demi-année, qu'ils nous ont fait tenir ici à Paris. Il y en a encore un, dont nous attendons la même chose que nous ont fait les deux autres. Nous disons ceci à votre bonté pour vous rendre compte de tout.

J’ai confiance en Dieu que cette œuvre étant purement de lui, il aura soin de la conduire en son progrès, ainsi qu'il a plu à sa divine Providence le faire dans son commencement. Nos chères sœurs qui sont venues ont tant de zèle de nos saintes observances que j'espère en la divine miséricorde que, tachant de chercher le royaume de Dieu et sa justice rien de nécessaire ne nous manquera

Nous supplions aussi très humblement votre bonté nous don-

Lettre 3246. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Marie-Agnès Le Roy.

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ner la permission de renvoyer une sœur domestique qui n’a pas de vocation et, de plus, manque des conditions nécessaires pour s'acquitter de sa charge, et en même temps nous {permettre] d'en prendre une autre en sa place, que nous croyons qui aura ce qui manque à celle-ci, au moins à ce que nous en pouvons juger.

Nous sommes bien marries de vous importuner d’une si longue lettre, mon très honoré Père, crainte que cela ne vous surcharge dans vos continuelles souffrances, priant Dieu de vous augmenter la force et la patience. Ce sont les prières et souhaits que cette petite communauté fait devant Dieu.

Etant toutes prosternées à vos pieds, nous demandons votre sainte bénédiction, en particulier pour la moindre de toutes, qui est, d'une incomparable affection, pleine de véritable respect, mon très uniquement honoré Père, votre très humble et très obéissante et très indigne fille et servante en N.-S.

SŒUR ANNE-MARGUERITE GUéRIN,

de la Visitation Sainte-Marie.

Dieu sait béni !

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des prêtres de la Mission de Saint-Lazare.

3247. - LA BARONNE DE RENTY (1) A SAINT VINCENT

Ce premier septembre [1660]. (2)

Monsieur

La rencontre que je fais de cet ecclésiastique, incertain de ce qu'il doit faire dans l'emploi que Dieu lui présente pour travailler au salut des âmes, m'a donné la pensée de vous l'adresser, sachant les lumières que Dieu vous donne pour déterminer ceux qui vous demandent avis, et quelle charité vous avez pour cela. Je l'ai assuré qu’il pouvait s'assurer de celle que vous auriez pour lui donner votre avis. Je vous en supplie très humblement le trouvant bien intentionné. Il est gentilhomme de bon lieu ; et c'est ce qui me fit craindre pour lui retournant dans son pays Je m'assure de tout quand il suivra

2. Texte de l'original : et qu'en même temps nous permettra.

Lettre 3247. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Elisabeth de Balzac, dame de la Charité, veuve du pieux et charitable Gaston de Renty, seigneur de Landelles.

2. Date marquée au dos de l'original par le frère Ducournau.

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votre conseil, et espère beaucoup si vous me continuez part à votre souvenir devant Dieu.

J’en ai plus de besoin que jamais et suis .Monsieur votre très humble et très obéissante servante.

L. DE BALZAC DE RENTY.

Il faudra, s'il vous plaît, résoudre ce que ce porteur doit faire promptement ,et voir, l'un de ces jours, comme l'on terminera les affaires de feu M de Chodebonne.

Suscription : A Monsieur ,Monsieur Vincent, à Saint-Lazare.

3248. - MADAME POTTIER DE LAMOIGNON

A SAINT VINCENT

Monsieur,

J'avais peine à croire que vous ne fissiez point de difficulté à nous donner des Filles de la Charité pour Auteuil, vu que .M. le curé n'est pas tout à fait conforme à vos sentiments. Mais M. le curé de Saint-Nicolas-du-Chardonneret (1) m'en avait assuré, et que vous n'aviez aucune peine là-dessus. C'est ce qui m'avait obligé de faire en sorte que .M. le curé d'Auteuil vous parlât afin que vous le connussiez, ayant peine à croire que vous ne fissiez point de difficulté. Néanmoins ce serait une grande charité, particulièrement pour l'instruction des enfants auxquels il est fort dangereux qu'ils n’aient autre instruction que celle de M le curé.

J’avais pensé que, pour la confession de ces bonnes filles, vous auriez pu aller à Chaillot qui est tout contre, où on a de bons Pères minimes qui sont là. Et si je n’eusse point été si pressée de partir pour aller à Bourbon prendre des eaux, j'aurais eu l'honneur de vous aller voir et vous dire plus amplement toute chose. Mais je suis obligée de partir aujourd'hui. Cependant j’espère que le bon Dieu vous inspirera ce qui sera plus à sa gloire là-dessus et au bien de ces pauvres gens-là, qui d'ailleurs sont assez bons.

Je recommande mon voyage à vos saintes prières, je vous prie, et à celles de votre communauté et vous prie de me

Lettre 3248. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Hippolyte Féret.

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faire l'honneur de me croire, Monsieur, votre très humble et obéissante servante.

M POTIER,

Ce premier septembre [1660] (2),

3249. - M. PETIT, CURé DE ST-FARGEAU,

A SAINT VINCENT

Monsieur Vincent est très humblement supplié de donner sa dernière résolution, s'il lui plaît d'accepter le legs de trente livres de rente par an, fait par feu mon oncle au profit de Messieurs de la Mission établie à Crécy. Je suis prêt d'en faire la délivrance, en cas d'acceptation. Et quand même l'établissement de Crécy serait transféré à Meaux, ou ailleurs, je consentirai volontiers, en qualité d'exécuteur testamentaire et de légataire universel, que ledit legs soit aussi transféré partout où on le voudra mettre.

Comme aussi il est supplié très humblement de permettre à sœur Jeanne Lepeintre de faire un voyage à Paris pour les affaires de l'hôpital de Saint-Fargeau, et il obligera celui qui est son très humble et très obéissant serviteur.

PETIT.

De Saint-Lazare , ce 1er septembre 1660

Rue des Maçons, au Nom-de-Jésus, près Sorbonne paroisse Saint-Séverin.

3250. - ANNE GABRIELLE DOREAU A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

Monsieur mon très cher Père,

L'affection que vous avez pour notre Ordre et la charité universelle que vous témoignez pour tous les affligés me fait croire que vous aurez la bonté d'agréer que je vous supplie très humblement de vouloir travailler à la délivrance du pauvre jeune homme de cette ville nommé Guillaume Bauvoy

2. Cette lettre est à sa place non loin des lettres 3187 et 3217.

Lettre 3249. - L. a. - Dossier de Turin, original.

Lettre 3250. - L. a. - Dossier de Turin, original.

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peintre frère d'une de nos chères sœurs, qui a été pris par les barbares d'Alger le jour des Innocents dernier, à deux lieues de la Rogue, à l'embouchure du Tage, comme il allait à Lisbonne avec le comte de Seguin, sieur Laudoy, dans un vaisseau appelé le Saint-Etienne, de trente pièces de canon. Après leur prise, ils ont été conduits audit Alger, où ledit Guillaume Bauvoy a conduit sa disgrâce le plus adroitement qu'il a pu. Il est logé chez le consul français, audit Alger, en Barbarie (1),où il s'emploie à peindre dans un nouveau logis que ledit consul fait faire.

Votre Révérence, mon très cher Père, pourra juger par ce que dessus des moyens qu'il faudra tenir pour la délivrance de ce jeune homme, et qu'en lui écrivant et procurant son rachat, il le faut traiter comme pauvre esclave, crainte que l'on en demande quelque grosse rançon, étant nécessaire de le retirer à la plus médiocre composition que l'on pourra ; car encore que Dieu l'ait fait naître d'assez honnête maison, avec un peu de bien, si est-ce pourtant qu'ayant perdu son père depuis plusieurs années,. et sa mère se treuvant dans l'embarras de plusieurs affaires très fâcheuses et qui lui dépensent beaucoup d'argent, elle n'est pas en état de pouvoir fournir une grosse somme

Je me promets de votre prudence et charité, Monsieur Mon très cher Père, qu'elle ménagera si bien cette délivrance que sa mère veuve n'en sera pas trop surchargée. C'est la prière très humble que je vous en fais et sa chère sœur et plusieurs de ses parentes qui sont religieuses céans, qui toutes vous en auront de très grandes obligations. Ce monastère en a de très particulières à la famille de ce cher captif, qui nous témoigne des bontés très grandes et nous assiste avec beaucoup d'affection dans les rencontres ; ce qui nous oblige à de très particulières reconnaissances.

Je vous demande très humblement, mon cher Père, l'assistance de vos saintes prières pour toute cette communauté, qui vous offre ses respects et filiale obéissance et vous souhaite avec moi la persévérance en l'amour sacré, dans lequel je me dis, avec votre permission, Monsieur mon très cher Père, votre très humble et obéissante fille et indigne servante en Nrotre-Seigneur.

SŒUR ANNE-GABRIELLE DOREAU

de la Visitation Sainte-Marie.

De notre monastère de Nevers ce premier septembre 1660.

1. Jean Barreau.

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Dieu soit béni !

Monsieur mon très cher Père, Monsieur de Saulieu, qui vous remettra la présente, satisfera à ce qu'il faudra fournir pour le rachat dudit captif. Je pense que, quand l'on offrirait pour cela deux cents livres, ou, au plus, trois cents livres, ce sera bien honnêtement pour un homme de si petite condition.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, supérieur du séminaire de Saint-Lazare, à Paris.

3251. - LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINE

A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

Mon tout unique Père,

Nos chères sœurs conseillères et nous avec elles ayant su le désir de Mademoiselle Marin d'être religieuse et d'entrer céans, nous croyons avantageux pour la gloire de Dieu de seconder, autant que nous pourrons, son pieux désir et, si votre bonté agrée de nous en donner la permission, de la faire entrer céans. Nous vous demandons aussi celle de prendre le R. Père Castillon (1), et un autre pour être avec lui, tel qu'il se pourra. C'est la grâce que vous demande celle qui est, selon toutes ses obligations, mon tout unique Père, votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.

LOUISE-EUGéNIE DE FONTEINES,

de la Visitation Sainte-Marie.

D[ieu] s[oit] b[éni] !

Ce 2 septembre [1600] (2)

Notre très chère sœur Marguerite-Dorothée se porte bien mieux, Dieu merci, et [est] tout à fait hors de péril.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, général des Missions de France.

Lettre 3251. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. André Castillon, né à Caen le 12 mars 1599, reçu dans la Société de Jésus le 20 mars 1614, mort le 25 mars 1671, après avoir été recteur des maisons de Rennes, Arras, Paris, et provincial de France.

2. Cette lettre est à sa place non loin des lettres 3236 et 3272.

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3252. - SŒUR MADELEINE MAUPEOU A SAINT VINCENT

Ce 2 septembre 1660

Mon très uniquement honoré Père,

Nous avons recours aux prières de votre bonté et de tous ceux de votre sainte communauté pour l'élection d'une supérieure pour cette maison (1) qui se doit faire samedi. Vous savez, mon très honoré Père, combien cela est important pour le soutien de la paix que Dieu y a mise et qu'il y maintient par sa sainte grâce C'est ce qui nous oblige à le recommander très particulièrement à vos charitables prières.

Après qu'elle sera faite, nous aurons encore besoin de faire ici un peu de séjour, pour la consolation de la chère Mère, n’y en ayant aucune céans qui puisse être élevée, qui ne l'appréhende beaucoup. C'est ce qui me fait espérer que Dieu donnera sa. bénédiction.

Ma sœur Fouquet (2) nous a mandé beaucoup de bien d’un bon ecclésiastique qu'elle croit propre pour confesser ces bonnes religieuses. Je la supplie qu'en cas qu'il ne soit pas parti, elle l'envoie à Votre Révérence pour recevoir les saintes instructions que je vous supplie de lui donner, comme vous aviez fait à M. de Monboisin, que votre bonté nous envoya à Caen.

Je demande en toute humilité votre sainte bénédiction pour nos deux chères compagnes, qui se disent vos très obéissantes servantes, et pour moi, qui suis dans un grand respect, mon très Révérend Père, votre très humble et très obéissante fille et servante en Notre-Seigneur.

MADELEINE MAUPEOU,

de la Visitation Sainte-Marie.

D[ieu] s[oit| b[éni] !

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent de Paul, supérieur général de la Mission de France.

Lettre 3252. - L. a. - Dossier de Turin, original.

2. Elisabeth-Angélique Fouquet.

- 422 -

3253. - SŒUR MARTHE DE JéSUS (1) A SAINT VINCENT

Mon très honoré Père,

Très humblement salut en Jésus-Christ

La part que votre très ardente charité vous fait prendre dans les affaires de notre Ordre nous oblige à vous faire savoir qu'il semble que Notre-Seigneur nous veut aider, car voilà un couvent qui avait protesté contre le bref, qui revient. M Giraud à eu l'honneur de vous en dire quelque chose ; mais depuis hier nous en avons des preuves certaines. C'est le couvent de Reims de qui je parle. La Mère prieure (qui n'est point professe de notre couvent, elle l'est de celui d'Angers) à écrit à notre Mère Marie-Madeleine de Jésus (2) qu'elle est dans un très grand trouble et inquiétude de conscience d'être désobéissante au bref du Saint Père, qu'elle veut absolument faire quelque acte qui redéfasse l'opposition qu'elle y a faite, quelle a beaucoup de choses à déclarer là-dessus. La fondatrice dudit couvent, qui se nomme .Mme de Bouvant, a écrit même chose ; et l’une et l'autre s'en sont ouvertes à Mgr l'évêque du Puy (3) qui est tout à fait de notre côté. Ce bon prélat à demandé jour à notre Mère Marie-Madeleine de Jésus pour venir conférer avec elle là-dessus. Nous avons donné avis de cela à Messieurs de Blampignon, de Prières et de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (4). Ils nous ont mandé qu'ils avaient la bénédiction de vous aller voir demain. Nous serons très contentes de ce que vous ordonnerez là-dessus, aussi bien que nous l'avons été de ce que vous avez jugé sur la bonne Madame de Breauté (5) Tout ce qui nous vient de votre part, mon très honoré Père, est reçu de nos Mères et de nous, quoiqu'indignes, avec une si grande vénération, une si grande défé-

Lettre 3253. - L. a. - Dossier de Turin, original.

1. Marthe du Vigean, fille du marquis du Vigean, sous-prieure du carmel de la rue Saint-Jacques, morte le 25 avril 1665, dans la quarantième-quatrième année de son âge et la seizième de sa profession. Saint Vincent lui avait prédit son entrée en religion à un moment où tout semblait devoir la retenir dans le monde. (cf. Collet, op. cit., t. 2, p. 516 ; Victor Cousin, Madame de Longueville, p. 466).

2. Lancry de Bains, prieure du Carmel de la rue Saint-Jacques, morte à Paris en 1679, dans la soixantième année de sa profession.

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