Correspondance (page 64)
11. - CRECY (1641)
Pierre du Chesne (1641) ; Guillaume Delville (1644) ; Guillaume Gallais (1644) ; François Grimal (1645) ; Louis Serre (1646) ; Jean-Baptiste Gilles (1651) ; Jacques Le Soudier (1652) ; Dominique Lhuillier (16541) ; Jacques Chiroye ( 1660) .
12. - MARSEILLE (1643)
François Dufestel (1644) ; Jean Chrétien (1645) ; Pierre Duchesne (1653) ; Firmin Get (1654).
13. - CAHORS (1643)
François Dufestel (1643) ; Guillaume Delattre (1644) ;Charles Testacy (1646) ; Gilbert Cuissot (1647).
14. - SEDAN (1643)
Guillaume Gallais (1643) ; N*** (1644) ; François Grimal (1646) ; Charles Bayart (1648) ; Marc Coglée (1650) ; Jean Martin (1654) ; Marc Coglée (1655) ; Pierre Cabel (1657).
15. - SAINTES (1644)
Louis Thibault (1644) ; Claude Dufour (1646) ; Louis Rivet (1648) ; Pierre Watebled (1650) ;Philippe Vageot (1651) ;Louis Rivet (1656).
1. Dominique Lhuillier administra la maison sans avoir le titre de supérieur ; il n'avait avec lui qu'un frère coadjuteur.
- 519 -
16. - MONTMIRAIL (1644
Guillaume Delville (1644) ; N*** (1616) ; François Grimal (1648) ; Guillaume Cornuel (1649) ; Guillaume Delville (1650) ; Charles Bayart (1651) ; René Champion (1652) ; François Grimal (1654) ; Jacques Le Soudier (1655) ; Nicolas Guillot (1656) ; Guillaume Cornuel (1658) ; Jean Monvoisin (1659).
17. - LE MANS (1645)
Guillaume Gallais (1645) ; Antoine Lucas (1647) ; Jean Gicquel (1651) ; Donat Cruoly (1654) ; Denis Laudin (1657).
18. - SAINT-MéEN (1645)
Jean Bourdet (1645) ; Bernard Codoing (1646) ; Louis Thibault (1648) ; Louis Serre (1655).
19. - SéMINAIRE SAINT-CHARLES A PARIS (1645)
Bernard Codoing (1645) ; N*** (1646) ; François Hourdel (1650) ; Lambert aux Couteaux (1650) ; Jean-Baptiste Le Gros (1651) ; René Alméras (1651) ; Nicolas Gobelet (1653) ; Nicolas Talec (1654).
22. - ALGER(1646)
Louis Nouelly (1646) ; Jacques Le Sage (1648) ; Jean Dieppe (1649) ; Philippe Le Vacher (1550).
23. - IRLANDE ET éCOSSE (1646)
Pierre du Chesne (1646) (2)
2. Pierre du Chesne revint en France en 1648. Nous ne savons si le titre de supérieur passa à quelqu'un d'autre. Du vivant de saint Vincent, surtout après 1652, il y eut peu de missinnaires dans cette Mission, et ils travaillèrent isolément, éloignés les uns des autres.
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24 - ILE DE MADAGASCAR (1648)
Charles Nacquart (1648) ; Jean-François Mousnier (1650) ; Toussaint Bourdaise (1655).
34 - NARBONNE (1659)
Georges des Jardins (1659).
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PREMIER SUPPLEMENT
3297. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
Ce samedi à midi. [mai 1630.]
Il y a un an qu'il n'y a point de procureur à la Charité (1), et néanmoins un bon homme a toujours écrit la recette et dépense et veut bien présentement accepter la charge par élection.
Les sœurs de la Charité se sont un peu refroidies en l'exercice et ont souvent laissé la visite des malades à leur jour, à cause que la trésorière est de si bonne volonté qu'elle fait cuire pour celles qui sont, et aussi que la supérieure et elle se contentaient quelquefois de donner de l'argent aux malades Elles en donnaient aussi à quelques-uns nécessiteux et négligeaient souvent d'avoir de la viande et faisaient passer les malades d'œufs, ou de quelque autre chose qui était à leur goût.
Lesdites sœurs, du moins la plupart laissent la sainte communion des mois et ont besoin d'être excitées par quelque prédication lorsqu'on ira faire l'élection du procureur.
La supérieure se contentait d'avoir le coffre chez elle et avait baillé les deux clefs à la trésorière Elles sont en peine pour la réception des malades et disent qu'il ne fallait point de Charité pour n'y admettre que ceux qui n'ont rien du tout, à cause qu'il y en a très peu ou point de cette sorte et quantité de qui le bien qu'ils ont est si engagé, qu'ils mourraient plutôt de faim que de pouvoir le vendre et s'en aider.
Lettre 3297. - Manuscrit saint Paul, p. 31. Le copiste note que la lettre est une réponse à la lettre 48 et que Louise de Marillac l'a écrite de sa main.
1. La charité de Villepreux.
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3298. - MADADE DE VILLENEUVE A SAINT VINCENT
Vive Jésus crucifié !
Mon Révérend Père,
Avez-vous résolu devant Dieu de laisser périr son œuvre (1) pour l'indignité de celle qui s'y emploie? Si Dieu vous l'inspire et qu’il vous commette pour cela, je m'y veux joindre avec vous. Dès que sa bonté me fit la grâce de la commencer, je fis cette proposition à Votre Révérence de la laisser, si vous me le commandiez, ce que vous ne jugeâtes pas à propos, mais seulement m'ordonnâtes d'apporter quelques circonstances, en travaillant à ce bénit œuvre, que j'ai suivies, par la grâce de Dieu, au pied de la lettre, et qui a entièrement réussi pour son acheminement.
Et nous voilà sur le point de sa perfection et accomplissement. Nous dénierez-vous cette grâce de couronner l'œuvre par votre conseil, comme vous l'avez commencé ? Non, je ne crois pas que vous en ayez le courage. Vous m'avez toujours secouru à point nommé dans mes extrémités corporelles et spirituelles. (1) Dieu vous a fait entrevoir, à vous, l'excès de mes souffrances, comme la volonté de les soulager. Peut-être sera-ce ainsi en cette occasion Venez donc voir, mon très cher Père, si cela est comme je le pense. Et serait-il bien possible que notre bon Dieu m'eût laissé décevoir à mes sens et que je n'eusse pas travaillé à sa gloire par son ordre jusques ici ? Non, je ne le puis croire si vous ne me le dites absolument. après l'avoir bien recommandé à Dieu, au nom duquel je supplie Votre Révérence de venir au plus tôt pour m'assurer de ses saintes volontés et m'aider à les accomplir, à l'exclusion de tout ce qui n'est point lui
C'est le désir inviolable, par la grâce de Dieu, de, mon Révérend Père, votre très humble, obligée et petite servante et fille en Notre-Seigneur.
MARIE LHUILLIER,
de la Société de la Croix
De notre séminaire de Paris, ce 4 février 1648
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur des Révérends Pères de la Mission, à Saint-Lazare.
Lettre 3298. - Copie de cette lettre se trouve dans un des volumes du procès de Béatification de saint Vincent de Paul. (Arch. de la Congr. des Rites).
1. La société des Sœurs de la Croix.
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3299. - lambert aux couteaux,
supérieur a richelieu, a saint vincent
Richelieu, juin [1642] (1)
Nous n'avons que quarante-trois ordinands, dont la modestie commence à donner une merveilleuse édification en sorte que les peuples qui les voient à l'office divin ne peuvent retenir leurs larmes de tendresse, voyant l’ordre, la décence, la dévotion avec laquelle ils y assistent ; si bien qu'il semble à ces bonnes gens de voir, non des hommes, mais des anges de paradis A Dieu seul en soit la gloire, et à M. le cardinal de Richelieu, qui nous a établis ici, le mérite et la récompense, et à nous, la honte et la confusion devant les puissances célestes et terrestres, d'être employés à un si haut ministère !
3300. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[4 juillet 1642] (1)
Monsieur,
Madame Traversay a oublié de vous demander s’il ne faudrait point faire faire un autre arrêt (2) à cause que celui-là n'est que simplement pour les Enfants trouvés et non selon la proposition de Madame la duchesse (3), ; et quoique je lui aie dit que vous l'aviez bien vu, elle vous prie que je lui puisse mander demain matin.
Je vous supplie aussi très humblement que je vous puisse
Lettre 3299. - Abelly, op. cit., l. 2, chap. II, sect. V, 1re éd., p. 234.
1. Texte d'Abelly : 1649. C'est là certainement une faute d'impression, car cet auteur déclare plus loin que l'année suivante était l'année 1643.
Lettre 3300. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Voir notes 2 et 4.
2. Une note ajoutée par Louise de Marillac au dos de l'original nous apprend que l'arrêt obtenu était relatif à la "rente de Gonesse". Par cet arrêt, de juillet 1642, une rente annuelle de 4 000 livres, à prendre sur la châtellenie de Gonesse, était attribuée à l'œuvre des Enfants trouvés. A la demande de la duchesse d'Aiguillon, sur cette somme mille livres furent affectées à l'entretien des sœurs de l'établissement.
3. La duchesse d'Aiguillon.
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parler quelque temps avant que vous partiez (4) ; sans cela, je serais très empêchée
Nous avons ici une sœur presque toute résolue de sortir ; y a plus d'un an qu'elle est céans; je l'ai treuvée ce soir revenue de la maison des Enfants trouvés. Je lui ai conseillé de se confesser demain. S'il se pouvait que ce fait à Monsieur Guérin (5), puisque Monsieur Portail est toujours malade et que ce fut le matin, à cause que je ne vois qu'elle qui puisse aller secourir nos sœurs de Saint-Sulpice, où l'une est, ce m'a-t-on dit, à l'extrémité?
Je me sens un peu surchargée de quantité de difficultés pour les dispositions des esprits de la plupart de toutes nos sœurs. Je vous assure, Monsieur que ce m'est un grand sujet de confusion devant Dieu et devant le monde pour mon insuffisance à aider à bien faire à ces bonnes filles.
Je supplie la bonté de Dieu vous le faire connaître et y pourvoir, et suis, Monsieur votre très humble et très obligée fille et servante.
L. DE M.
Ce vendredi.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
3301. - A LOUISE DE MARILLAC
[4 juillet 1642] (1)
Vous avez raison de mander à Madame Tra[versayl qu'elle fasse comprendre les filles (2) en l'arrêt, selon le désir de Madame d'Aiguillon. Je m'en vas faire dire à M. Guérin qu'il aille confesser cette fille, et vous verrai avant partir
4. Saint Vincent devait aller à Beauvais, où il se trouvait le vendredi 11.
5. Jean Guérin, précédemment en Lorraine.
Lettre 3301. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Cette lettre répond à la lettre précédente, à la suite de laquelle elle a été écrite.
2. Les sœurs employées aux Enfants trouvés.
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3302. - MADAME DE VILLENEUVE A SAINT VINCENT
Vive Jésus crucifié !
Monsieur Mon très honoré Père,
Votre Révérence sait bien que, sachant ses grandes et nécessaires occupations, ce n'est qu'à l'extrémité que j'ai recours à elle pour me soulager ou conseiller en mes affaires qui concernent la gloire de Dieu en cette maison ; mais c’est tout de bon, s'il vous plaît, qu'il faut venir au secours contre les attaques de Satan et de ses suppôts, qui ont juré sa ruine. Je ne sais ce que Dieu veut faire de moi, pauvre roseau agité de vents de persécution, sans que aucun jusques ici l'ait pu renverser, pas même ébranler. Il faut qu'il veuille quelque chose sur ce sujet, que le diable et le monde ne veulent pas ; car sur quoi fondre employer un escadron de gens d'armes pour vaincre un chétif petit soldat, si ce n'est que nul ne peut nuire à celui que Dieu protège et qui ne croit aux causes secondes non plus qu'au diable ? Votre Révérence m'a appris cette leçon depuis environ quatre ans, et je l'ai expérimentée, de sorte que j'en suis maintenant sûre., Dieu me fasse la grâce de le servir selon cette connaissance !
Je demande à Votre Révérence les saints sacrifices et prières, pour la rendre efficace pour l'éternité à sa plus grande gloire et l affermissement de cette maison, si elle est sienne, et je serai, Monsieur mon Révérend Père, Votre très humble et obéissante servante et fille en Notre-Seigneur.
MARIE LHUILLIER
de la Société de la Croix.
De notre séminaire de Paris, le 21 septembre 1648.
Suscription : A Monsieur Vincent, supérieur de la .Mission, à Saint-Lazare.
Lettre 3302. - Copie de cette lettre se trouve dans un des volumes du Procès de Béatification de saint Vincent de Paul. (Arch. de la Congr. des Rites).
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3303. - A GUILLAUME GALLAIS, SUPéRIEUR, A SEDAN
[Vers l643] (1)
Lorsque le roi vous envoya à Sedan, ce fut à condition de ne jamais disputer contre les hérétiques, ni en chaire, ni en particulier, sachant que cela sert de peu et que bien souvent on fait plus de bruit que de fruit. La bonne vie et la bonne odeur des vertus chrétiennes mises en pratique attire les dévoyés au droit chemin et y confirme les catholiques. C'est ainsi que la compagnie doit profiter à la ville de Sedan, en ajoutant aux bons exemples les exercices de nos fonctions, comme d'instruire le peuple selon notre façon ordinaire, de prêcher contre le vice et les mauvaises mœurs, d'établir et persuader les vertus, montrant leur nécessité, leur beauté, leur usage et les moyens de les acquérir. C'est à quoi principalement vous devez travailler. Que si vous désirez parler de quelques point, de controverse, ne le faites point, si l'évangile du jour ne vous y porte ; et alors vous pourrez soutenir et prouver les vérités que les hérétiques combattent, et même répondre à leurs raisons, sans néanmoins les nommer, ni parler d'eux.
3304. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Mai, entre 1640 et 1648] (1)
Monsieur,
Je crois qu'il est très nécessaire que nous étions de bonne heure aujourd'hui cette pauvre demoiselle, qu’il semble que
Lettre 3303. - Abelly, op. cit., l. 2, chap. II, sect. I, § 4, p. 19.
1. Voir lettre 3305, note 1.
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notre bon Dieu veuille sauver, la tirant du plus pitoyable danger pourvu qu’elle ne soit pas abandonnée ; car, si nous la laissons en liberté, elle sera entièrement perdue, pour plusieurs raisons que je dirai à votre charité, quand Dieu me fera la grâce de lui pouvoir parler... (2)
Ce lundi.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent
3305. - A LOUISE DE MARILLAC
[Mai, entre 1646 et 1648] (1)
Je fus hier à la Madeleine. La Mère (2) me refusa tout à fait de recevoir cette créature. Reste à écrire à Madame Traversay et de la prier de s'employer pour la mettre à la Pitié (3). Je ne puis y aller ; nous aurons ce matin céans la procession de Notre-Dame (4), que je dois
2. Seule la première page de la lettre nous a été conservée ; de la seconde il ne reste le premier, ou parfois les deux premiers mots de chaque ligne. On peut constater qu'à la din de la lettre Louise de Marillac appelle saint Vincent "Monsieur", comme au début.
Lettre 3305. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original. Saint Vincent a écrit des mots sur la lettre à laquelle il répond (l. 3304).
1. Cette lettre a été écrite le lundi des Rogations (cf. note 4), après l'établissement des sœurs à Daint-Denis (août 1645), au temps où Louise de Marillac avait l'habitude de dire "Monsieur", à saint Vincent (avant 1650). Ecartons l'année 1649, car le 10 mai 1649, lundi des Rogations, ce dernier n'était pas à Paris. C'est donc le 7 mai 1646, le 27 mai 1647 ou le 18 mai 1648 que se place la lettre ci-dessus. L'année 1648 est celle qui offre laplus grande probabilité, étant donné la maladie de la Mère Hélène-Angélique Lhuillier, qui fut réélue supérieure du premier monastère de Paris le 6 juin 1647 et fut remplacée le 16 mai 1649, avant la fin de son triennat, à cause de son état de santé.
3. Hôpital de Paris.
4. L'église de Saint-Lazare était une des stations fixées pour la procession du lundi des Rogations. L'ancien coutumier (arch. de la Mission) nous a conservé le cérémonial suivi à cette occasion jusqu'à la fin du XVIII° siècle, quand le clergé de Notre-Dame honorait les prêtres de la Mission de sa visite.
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recevoir, et me voici attendu par une personne de condition. Il sera bon que vous lui écriviez. S'il est besoin, M. Lambert l'ira trouver incontinent après dîner, tandis que j'irai jusques à Saint-Denis y voir Hélène-Angélique (5), malade, et pour une chose qui presse et qui ne se peut remettre. Je crains bien que je n'y pourrai pas voir nos chères sœurs de la Charité.
La pensée m'est venue qu'il y peut avoir intelligence entre cette créature et le jeune homme, afin de se rendre plus considérable. Peut-être que c'est un jugement téméraire ; mais le pauvre état où elle est m'en donne du soupçon, si ce n'est qu'elle eût promis au jeune homme qu'elle le ferait riche en Angleterre, et qu'étant venue au fait et au prendre pour partir, elle ait trouvé cette défaite pour s'échapper de lui.
3306. - LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT
[Entre 1643 et 1649] (1)
Monsieur,
Je supplie très humblement votre charité prendre la peine nous mander si ce sera pour demain, après dîner, que j'avertirai nos 4 sœurs. Je me suis oubliée de vous proposer notre sœur Anne, de Saint-Paul (2), de qui je crois. il faut ménager l’esprit, et notre sœur Geneviève (3) de l'Hôtel-Dieu, qui est maintenant céans pour se délasser de la fatigue qu'elle a eue pour les enfants trouvés durant la fin du carême. En ce cas, elles seraient 5 ou 6. Il pourra une autre fois en manquer quelques-unes, et ainsi cela servira que plus de quatre aient eu
5. Hélène-Angélique Lhuillier.
Lettre 3306. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Cette lettre est du temps où Louise de Marillac écrivait "Monsieur", en tête de ses lettres à saint Vincent et où, semble-t-il, Madame de Lamoignon était présidente des dames de la Charité.
2. Paroisse de Paris.
3. Probablement sœur Geneviève Poisson, qui fut longtemps employée aux enfants trouvés.
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l'instruction qu'il plaira à Dieu nous donner par votre charité, de qui je suis, .Monsieur, très humble et très obligée servante.
L. DE MARILLAC.
3307. - A LOUISE DE MARILLAC
[Entre l643 et 1649] (1)
Je ne puis vaquer aujourd'hui à cet affaire, Mademoiselle. Il faut que je vous voie avant de déterminer le nombre. Ce sera demain, Dieu aidant, comme j'espère. Nous avons aujourd'hui l'assemblée des dames chez Madame de Lamoignon.
Je vous souhaite le bon jour et me recommande à vos prières.
3308. - A M HORCHOLLE
De Paris, ce 28 juin 1650
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis un peu tardif en mes réponses, mais je ne l’ai pas été à tâcher de vous servir au sujet de la cure pour laquelle vous m'avez écrit. Je me suis adressé pour cela à une personne qui est grandement affidée à Mgr de Saint-Malo et auquel elle en a parlé ; mais ce bon prélat tient la chose irrésolue ; et ce mien ami m'est venu dire qu'il croit qu'il se soit engagé à un autre ; que néan-
Lettre 3307. - L. a. - Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Cette lettre répond à la précédente, à la suite de laquelle elle est écrite.
Lettre 3308. - L. s. - Original au siège de la Société de saint-Vincent-de-Paul, à Rouen.
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moins il tiendra la main à ce qu'il vous préfère, si tant est que le bénéfice vaque. Il y a bien des jours de cela ; et comme vous ne m'avez point mandé la mort de M. le curé, j estime qu'elle n'est pas arrivée et qu'il faut attendre quelqu'autre occasion.
Je recevrai toujours avec joie celles que j'aurai de vous servir, étant, comme je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, de vous et de mademoiselle votre mère, que je salue très humblement, Monsieur, très humble et obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL
i. p. d. l. M. .
Suscription : A Monsieur Monsieur Horcholle, curé de Neufchâtel, à Neufchâtel.
3209. - A N ***
[1652 ou 1653] (1)
Qu’on a emprunté son nom et fait voir des lettres contrefaites, de la part desquelles les jansénistes virent avantage.
Ecrire à Rome que dans la Bulle du Pape il ne soit parlé du terme de L’Inquisition, ni des peines temporelles, contraires au style de France.
Que Monsieur Hallier et M. Lagault peuvent faire état qu'ils trouveront à leur retour en cette ville la somme de mille livres pour le sujet dont ils ont écrit.
Lui mander la bonne disposition de tout le monde pour se soumettre au jugement de Sa Sainteté, quelque bruit que les jansénistes fassent courir au contraire
Qu'il prenne garde aux personnes auxquelles il écrit, et que ce soit avec précaution.
Qu'il faudra un journal de tout ce qui s'est passé en leur négociation, avec toutes les particularités et circonstances considérables.
Lettre 3309. - Canevas aut. - Dossier de Turin, original.
1. Cette lettre est du temps où MM. Hallier et Lagault se trouvaient à Rome (mai 1652-1653) et précède la publication de la Bulle Cum occasione (21 mai 1653).
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3310. - A LOUIS DE CHANDENIER, ABBé DE TOURNUS
De Paris, ce 26e mars 1655
Monsieur,
C'est un grand cas que je me trouve toujours le même Je ne m'amende pas de mes lourdises et grossièretés. C'était à moi à me donner l'honneur de vous écrire le premier, et néanmoins, Monsieur, vous m'avez prévenu à ma grande confusion. Je vous remercie très humblement d'une telle bonté. J'ai grande joie d'avoir reçu de vos chères nouvelles, et bien de la peine de ce que la personne que vous savez (1)refuse de s'ajuster à la proposition que vous lui avez faite. J'espère de la bonté de Dieu et de la sienne qu'il accordera à la fin ce qu'on s'attend de lui.
Je ferai savoir à la demoiselle la constante et invariable bonté que vous avez de vouloir accomplir le contenu en votre billet. Je ne l'ai encore pu faire et n’ai pas eu seulement l'honneur de la voir depuis votre départ. Il y a un mois que je garde la chambre pour une petite indisposition qui m'est survenue, de laquelle je me trouve mieux, grâces à Dieu ; mais elle ne me permet pas encore de vous écrire de ma main, vous m'en excuserez, s'il vous plaît.
M. de la Rose m'a mandé qu'il a ébauché l'affaire dont est question, et qu'elle se pourra achever lorsque je pourrai aller en ce pays-là, où l'on m’offre de voir celui de qui cela dépend. C'est ce que je tâcherai de faire au plus tôt, et vous en ferai savoir le succès. Je prévois qu’il me payera de quelque raison d'évêché. En
Lettre 3310. - L. s. - Dossier de la Mission, original.
1. Probablement le chevalier de Chandenier, frère de Louis de Chandenier.
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ce cas, Monsieur, je lui dirai votre sentiment, qui est que vous ne croyez pas qu'il y ait vocation d'entrer dans l'épiscopat en donnant pour cela du revenu (.2) Je prie Notre-Seigneur qu'il accomplisse vos saintes intentions en ceci et en toute autre chose.
Cependant, Monsieur, si vous n'aviez emporté mon cœur, je l'envelopperais dans cette lettre pour s'aller prosterner devant le vôtre et vous assurer de la continuation de ses tendresses (3) pour votre chère personne, de laquelle je suis, mais Dieu sait combien, en son amour, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
i. p. d. l. M.
Quid si l'on me dit que, si le roi vous commande de prendre un évêché, qu'en conscience vous serez obligé à lui obéir ? Que répondrai-je à cela(4) ?
Suscription : A Monsieur Monsieur l'abbé de Chandenier.
3311. - JEAN BARREAU, CONSUL DE FRANCE,
A SAINT VINCENT
En Alger, ce 3e avril. 1655.
Monsieur,
Votre bénédiction !
Par les dernières occasions qui sont parties pour Marseille, je me suis donné l'honneur de vous écrire amplement sur tout ce qui s'offrait à la vie ; et comme, depuis ce temps, il n'y a pas grande nouveauté je vous dirai seulement la peine que j'ai en la distribution des deniers que l'on m'a fait tenir pour
2. Premier texte : en donnant pour cela du bénéfice ou du revenu.
4. Ce post-scriptum est de la main du saint.
Lettre 3311. - L. a. - Archives de la Mission, original.
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les esclaves du Havre, chacun voulant qu'il soient appliqués à son rachat. Il y a un vieil esclave, nommé Jean Guillemare, qui court sa 26e année d’esclavitude, pour lequel, Madame la duchesse d'Aiguillon a eu la bonté de me faire écrire qui prétend être préféré Ainsi chacun dit sa raison.
Nous avions eu une pensée, de faire assembler tous ceux du Havre dans notre maison pour savoir comme me comporter au gré d'un chacun. Depuis deux ou trois jours, François Fiquet, jeune garçon, a tourné turc, duquel on spécifie, dans le mémoire des esclaves, que ses père et mère ont quelque peu de bien. Pour sa raison, il dit qu'il s'est fait turc pour faire pénitence de ses péchés Il y en a guère trois ou quatre qui tremblent dans le manche, auxquels j'ai déclaré que j'avais quelques deniers et qu'avec le temps on ferait davantage pour eux ; pour cette raison que je les priais de se donner patience et qu'enfin on ne les laisserait pas en Alger longtemps. Nous ne savons par lequel commencer, ni comment, d'autant que cela donne sujet aux autres de se désespérer. Ainsi vous voyez, Monsieur, que le bien qu'on pense à faire tourne en mal.
Vous me marquez, dans la vôtre du 15 janvier, que l'on fait quelque effort afin de les racheter, sinon tous du moins en partie, et d'une autre part, madite dame nous écrit pour les plus pauvres et ceux qui sont le plus en péril et cependant il n'y a pas à peine pour le rachat de deux. Elle nous écrit aussi de la venue des Pères de la Rédemption et c'est dont nous n'avons aucune nouvelle et où il y a fort peu d'apparence.
Nous n'avons pas encore reçu l’argent que l'on a fait tenir, d'autant que les marchands ne l'ont pas aussi reçu de ceux auxquels ils ont vendu les marchandises quoiqu'il y ait près de six semaines qu'ils sont arrivés en cette ville. Je n’ai pareillement rien encore reçu de toutes les sommes que Monsieur Get leur a consignées.
Par l'arrêt du compte de l'année passée, vous avez vu comme nous sommes courts ou en arrière de six mille et tant de livres Je dois cela à ces pauvres chrétiens esclaves, qui nous ont confié cet argent. Je tremble tous les jours de peur qu’ils ne viennent à me le demander ; auquel cas, je me verrais bien embarrassé Au nom de Dieu, Monsieur, aidez-nous. Je ne doute point que votre bonté ne fasse jusques à l’impossible pour nous tous ; mais je vous supplie de vous ressouvenir que nous courons plus de dangers qu'aucun. Vous avez vu comme on m'a pris de force jusques à 643 piastres sur le rachat de M. Franchiscou, de Marseille. Je veux bien croire qu'il n y a rien à perdre ; mais toujours nous en courons le risque. Je vous assure que je ne fais que pousser le temps par l'épaule,
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comme l’on dit ; et de ce qu’un chrétien me donne aujourd'hui à garder, je l'emploie au payement de celui qui me demande le payement de ce qu’il m'avait donné à garder longtemps auparavant.
Je vous ai donné des nouvelles de tous les esclaves que j'ai pu trouver, comme de Jean Gallienne, de Saint-Valery, qui a écrit à son frère, de Martin Jolly, de Tours, qu’il avait succédé au frère René Duchesne (il est dans notre maison) et qu'il était notre cuisinier ; mais il lui faut plus de trois cent cinquante piastres pour sortir de la galère ; de Jacques Varlet, frère du Barnabite, auquel il a écrit ; son patron l'emploie au métier de tonnelier ; que je ne puis rien avancer contre M. Constans pour lui recommander ce qui est dû à la veuve du capitaine du Creux. Il me le fait toujours espérer au retour de M. son frère, qui est au bastion; mais jamais il ne vient.
Beaucoup de personnes demandent des nouvelles du sieur Agapyt, qui vous avait été recommandé par la duchesse de Mercœur ; mais avec tout cela il ne vient point d'argent. Il y a du danger que tant de recommandations et informations ne viennent à se découvrir et qu'elles ne lui fassent du tort.
J'ai envoyé à M. Blatiron à Gênes une procuration en blanc, pour être remplie de telle personne qu'il jugera à propos, pour poursuivre les sieurs Chehff, pour le payement de ce qu'ils me doivent. On me fait espérer quelque chose, sinon le tout, par quelque accommodement.
Depuis peu de jours est tombé esclave en cette ville le frère de Monseigneur Raggio de Gênes, que la douane a pris et dont elle espère trente mille écus.
Sieur Augustin Sesty est toujours au même état qu'il était, son patron ne voulant rien diminuer des 5 000 piastres quoi que je lui aie pu représenter. Il est à la campagne à une sienne maison. A son retour je le verrai et ferai mon possible pour obtenir la liberté dudit sieur Sesty.
Je n'ai pas encore reçu les 50 piastres que vous avez envoyées pour le sieur Etienne Douxlieux, et ne l'ai pas vu depuis l'arrivée dudit argent, d'autant qu'il était à la mer dont il n'est pas encore revenu. Je prie N.-S. qu'il lui donne même succès comme à Dominique de Campan.
Je ne vous puis donner des nouvelles de Fromentin François, pris avec les officiers de Mgr le cardinal Antoine, n'en ayant rien appris
Monsieur Le Vacher se trouve en bonne santé et consolé de la bénédiction que Notre-Seigneur a donnée à ses travaux depuis le dimanche devant la Passion, qu'il a publié un jubilé au bain du roi, où quantité de chrétiens se sont mis en bon
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état ; et à cette Pâque deux Roux (1) et un luthérien ont fait abjuration de l’hérésie et ont été réunis à l'Eglise catholique en présence de plus de 300 chrétiens, qui fondaient tous en larmes. Mondit sieur Le Vacher dit que jamais il n'a vu une pareille simplicité et candeur que dans ces pauvres Roux, dont l’un n’a pas trente-cinq ans, et l'autre 55 ou 60. A cette Pâque, lui seul a plu entendu de confessions que neuf ou dix prêtres qui sont en Alger.
Pierre Crespin, qui est ce religieux augustin déchaussé, etc., témoigne un grand désir pour son retour en l'Eglise. M. Le Vacher m'a dit qu’il se résout d'écrire à Messieurs de la Sacrée Congrégation pour lui en donner les moyens, et ce par l'entremise de .M. Berthe, auquel il écrit aussi.
Monsieur Le Vacher est quelque peu incommodé. J'espère toutefois que ce ne sera rien. Quant à moi, je suis assez bien du corps, mais mal en l'âme.
En quelque état que je sois, je suis de vous, Monsieur, votre très humble et très obéissant et très affectionné serviteur,
BARREAU,
indigne clerc de la Mission.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Mission, à Paris.
3312. JEAN BARREAU, CONSUL DE FRANCE,
A SAINT VINCENT
[En Alger, 3 juin 1655] (1)
Monsieur,
Votre bénédiction !
...Nous sommes au 5e du mois de juin et pensions que deux vaisseaux qui sont prêts pour Livourne dussent partir la semaine passée ; mais ils ont été retenus à l'occasion des galères qui partirent hier pour aller en course On tient qu'elles se vont joindre à celles de Tunis pour aller prendre un certain lieu en Calabre.
1. Roux, Russes.
Lettre 3312. - L. a. - Archives de la Mission. De cette lettre il ne reste plus qu'une feuille.
1. La comparaison de cette lettre avec la lettre 1845 et les lettres de 1655 à Firmin Get ne laisse pas de doute sur l'année. Le jour et le mois nous sont connus par la première phrase de ce fragment.
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Comme le départ alors était précipité, je n'avais pas eu loisir de vous donner avis de la violence que notre pacha a faite aux Pères de la Merci espagnols, les ayant contraints de prendre deux de ses esclaves pour 4 000 piastres après les avoir brisés de coups de bâton ; sans quoi ils ne pourraient ni eux, ni les esclaves rachetés, partir jamais d'Alger. Et non content de ce, lesdits Pères étant sur leur partance il a fallu qu'ils aient payé encore 300 piastres pour les portes, combien que lesdits Pères eussent convenu avec le pacha que lesdits deux esclaves seraient francs de tous droits. Cet avis est afin que vous avertissiez ce bon Père de la Merci qui doit venir ici pour racheter quelques esclaves, qu'il faut qu'il se résolve de prendre premièrement ceux d'obligation, savoir 4 de la douane, 1 de laga, 4 du pacha, trois ou 4 de quelques officiers, sans plusieurs autres de plusieurs personnes puissantes et qui gouvernent la douane, auxquels s'il ne se résout de donner satisfaction, il est en danger d'être non seulement maltraité, mais nous encore, d'autant que, comme c'est un Père français, ces personnes-là croiront que tout sera en la disposition de M. Le Vacher et de moi, et plus encore si vous nous obligez de le recevoir dans notre maison ; ce qui nous apportera un très grand préjudice, pource que, ces personnes étant tous amis de M. Constans, il ne manquera pas encore, comme il fait en toutes occasions, de nous les mettre sur les bras encore à celle-ci.
De plus, notre pacha tient dans sa maison deux hommes de Marseille qui n'ont rien et néanmoins se sont coupés avec lui, par force et pour éviter davantage de bâton qu'ils n'ont eu, à la somme de 3 200 piastres. Il est très certain qu'il n’attend qu'une pareille occasion pour s'en défaire vu même qu'il a nouvelles qu'il doit venir quelqu'un de France pour racheter des esclaves.
Le R. P. Sébastien (2) qui demeurait autrefois en Alger et dans notre maison, pourra peut-être faire passer ces avis pour suspects et pour empêcher la venue de ce bon religieux. Mais je vous supplie, en ce cas, de les désabuser et de leur faire entendre que c'est la pure vérité et que jamais on n'a vu tant de violence et insolence qu'à présent que ceux d'Alger se fondent sur 36 à 40 vaisseaux qu'ils ont en leurs mains, avec quoi ils font un mépris général de tous les chrétiens du monde, hors des Anglais, qui leur en ont fait voir autant, et de plus puissants.
Notre négoce en ce pays se va perdant tous les jours et autant de barques qui y viennent perdent toutes d'entrée sur
2. Le P. Sébastien Brugière.
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leurs marchandises. Le long séjour mange le reste étant contraints de les vendre à long terme et de prendre de la monnaie où il y a 12 pour cent à perdre ; en sorte que, quand elles s'en retournent, elles s'en vont vides, ou si peu de chose dedans, que cela ne vaut pas la peine d'en parler.
Voici quatre barques parties, qui ne m'ont pas donné trente piastres, l'une portant l'autre, et une dont je n'ai rien reçu ; bien au contraire qu'ils se sont trouvés courts de 500 piastres. Ce sont ceux que j'ai voulu arrêter ; ce que M. Constans a empêché, à ce seul dessein de me décréditer dans Marseille, comme n'ayant pas pouvoir de me faire payer de ce que l'on m'envoie pour rachat d'esclaves, étant jaloux que voici que depuis un an on ne lui a pas envoyé 100 écus pour racheter des esclaves et que l'on m'en a consigné plus de quinze mille, dont j'ai, par la miséricorde de Dieu, donné satisfaction à un chacun. Et ce qui augmente ces dispositions, c'est qu'on lui a ôté des mains certaines affaires pour me les remettre à l'instance même des esclaves, lesquels, voyant qu'il n'agissait pas, ont sollicité les parents à lui ôter la direction de leur rachat et me la remettre. L'affaire de M. Sesty en est une entr'autres, et celle d'un jeune homme de Marseille, fils de M. Féris, intime ami et bienfaiteur de la maison de Marseille. Et combien qu'il ait toujours demeuré dans sa maison néanmoins on ne s'est pas voulu fier de lui, et l'on m'a fait tenir 1 900 piastres, contre les avis qu'il en avait donnés et les supplications que j'avais faites à M. Féris le père et à M. Get encore qu'il fît en sorte que l'on ne me chargeât pas de l'affaire de son fils et que cela me causerait du dommage et n'accommoderait pas l'affaire de son rachat, comme l'événement l'a fait voir puisqu'il a coûté 2 100 piastres. Et du depuis ledit sieur Constans s'est échappé de dire que la défiance de M. Féris le père lui coûte 200 écus davantage, et qu'il a soutenu à ce jeune homme, en présence ledit patron, que M. son père lui avait envoyé 2 000 écus. Voilà où cet homme se porte, sans que je lui en donne sujet. Au reste, je ne puis rien tirer de lui de l'affaire de la veuve du capitaine du Creux de Recouvrance. Il n'use que de remise ; mais je vois qu'il n’a pas dessein de payer. C'est un homme contre lequel la force ni la justice n'ont point de pouvoir, se faisant ami des principaux de la douane en leur procurant des chrétiens de grand rachat, et sollicitant lui-même les esclaves en leur faveur en les intimidant et menaçant.
Je me suis informé d'un nommé Louis Regnard fils de Nicolas Regnard, marchand joaillier à Paris, et Catherine Picaut, que l'on dit être esclave à Tunis, d'où M. Le Vacher nous a envoyé le mémoire ; mais je n'en ai rien su apprendre.
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Il est à croire que, depuis 9 ans que je suis en ce pays, j'en aurais eu des nouvelles s'il y eût été.
J'oubliais à vous donner avis que de la partie des 316 piastres que l’on nous a fait tenir pour les esclaves du Havre je n'en ai reçu que 181 piastres, à cause que celui qui me les devait consigner dit avoir perdu sur sa marchandise et ce qu'il ne peut payer ici se payera à Marseille. Je n'ai pu faire autre chose que mon protêt. C'est pourquoi il vaut mieux payer le nolis (3) et les droits du pacha, que de remettre l'argent entre les mains des marchands ou patrons Encore faut-il bien regarder à qui on le donnera d'autant que tous ceux qui trafiquent ici sont pour la plupart des gens auxquels il ne se faut guère fier
On avait consigné au même deux sacs cachetés pour me consigner. Il a bien eu la hardiesse de les ouvrir et de les employer à l'achat de sa barque. Et puis quand se vient au payement, il m'a dit avoir perdu sur sa marchandise et m'a fait courre sur plusieurs sommes de 500 piastres. M. Constans a empêché que je ne m'en sois fait satisfaire.
Voilà, Monsieur, comme tous les jours il nous vient de nouvelles affaires, qui me sont autant de croix, que j'ai bien de la peine à porter. Je vous supplie de m'obtenir de Notre-Seigneur la grâce d'en faire un bon usage, et, pour cet effet, me recommander aux prières de la Compagnie que j’implore humblement prosterné en esprit à vos pieds.
3313. - JEAN BARREAU, CONSUL DE FRANCE,
A SAINT VINCENT
En Alger, ce 26e juillet 1655.
Monsieur,
Votre bénédiction !
Jamais je ne me suis vu plus embarrassé à l'expédition des barques comme je me suis vu à celle-ci. Et déjà je m'étais vu dans l'impossible de vous pouvoir écrire ; mais Notre-Seigneur a permis que l'arrivée d'un nouveau pacha, qui a fait ce matin son entrée en cette ville, a différé la partance jusques à demain tellement que je dérobe si peu de loisir que j'ai, pour vous rendre mes devoirs et obéissances, comme j'ai fait au public
Et pour vous tirer de peine, je vous confirme ce que je me
3. Noliser, affréter.
Lettre 3313. - L. a. - Archives de la Mission, original.
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suis déjà donné l’honneur de vous écrire par ma précédente, que j'avais été satisfait de M. Franchiscou, de Marseille, des 643 piastres que ses patrons m'avaient pris de force. C’est un coup du ciel sans doute, et que Notre-Seigneur a fait jouer bien à propos d'autant que j'ai été payé de ce que le Contador (1) , auquel j’avais vendu 24 pièces de draps pour le rachat de deux .Messieurs de Saint-Malo, me devait, et dont je n'aurais pu tirer raison de longtemps. Or, à présent il y en a déjà un en liberté.
Je reçois, avec toute l’humilité et soumission que je dois, vos avertissements et exhortations que vous me faites de ne me point attrister et de prendre bon courage. Je n'eus jamais moins d'ennui, ni plus de cœur, pour aller jusques au bout de la carrière qui m'est proposée
L'état de nos affaires va toujours en empirant, d'autant que nous dépensons beaucoup et recevons fort peu. J'avais loué une maison assez raisonnable, de laquelle nous ne payions que 80 piastres, mais les voisins, en ayant eu le vent, ont empêché que nous n’y entrassions point ; et après il n'a plus été temps d'en trouver, d'autant qu'elles étaient toutes retenues, tellement que nous nous voyons obligés dans celle-ci, où nous sommes fort incommodés et dont nous payons 185 piastres de loyer. D'ailleurs, l'arrivée du pacha ne nous accommode pas beaucoup, lui ayant fait des présents à la valeur de 59 piastres
Je ne m'attristerais pas tant de la mort de mon pauvre frère, si Notre-Seigneur lui avait donné, dans cette longue maladie, un moment de temps pour mettre ordre aux affaires de son salut. Que les jugements de Dieu sont redoutables
Monsieur et que c'est une chose horrible de tomber entre les mains de Dieu ! Il me semble que la béatitude des pacifiques se peut appliquer à l'état de nos affaires domestiques. Dieu nous fasse la grâce que, possédant la terre qui leur est promise nous puissions aussi jouir de ce qui est promis aux pauvres d'esprit ! Voilà que depuis dix ans j'ai perdu 13 ou 14 de mes plus proches parents. Dieu soit loué de tout et leur donne le paradis !
Si les vaisseaux d'Alger n'ont pas été au Levant, ce n'a pas été pour la peur qu'ils aient eue du côté que la Gazette dit, puisque au seul bruit de la venue de la milice d'Alger, tout s'évanouit. Ce sont bruits auxquels on ne doit ajouter de foi ; et quand la Gazette débite telles nouvelles, c'est qu'elle ne sait de quoi entretenir le monde, faute de matière.
1. Contador, chef de la comptabilité. Ce mot est emprunté à la langue espagnole.
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Par la vôtre du 24 juin, vous me recommandez Jacques Caudron, de Dieppe Pour savoir ce qu'il lui faudrait, j'ai parlé à lui, et m'a dit qu'avec 300 piastres franches en cette ville il croyait sortir.
Deux cents livres, ni six cents, ne peuvent suffire pour Adrien Launier, la femme duquel a fait deux cents livres à ce que vous marquez. Les hommes ne sont pas ici à si bon marché comme on se l'imagine de delà.
Il y a trop de risée à avancer le rachat de Roger Bourg sur la promesse de ses parents ; ce sera bien le plus sûr qu'ils envoient ici l’argent
Il faut que, par mégarde, on ait oublié un cahier de votre dernière lettre, d'autant qu'après avoir fini et même signé la lettre, la page suivante [a] ces paroles : "son ordinaire et se porte assez bien, Dieu merci, etc." Je ne sais toutefois à quoi cela se rapporte. J'ai un sensible déplaisir de n'avoir pas eu plus de connaissance de la nouvelle que vous aviez dessein de nous mander.
Je loue Dieu de ce qu'il a attiré le bon Guillaume Servin d'Amiens. Je puis dire de lui ce que Notre-Seigneur disait de Nathanaël, et suis ravi de ce que notre frère René Duchesne vous agrée. Je vous puis assurer avec vérité, Monsieur, que ce n'est point l'exemple que je donne qui opère ces conversions ; car je suis plutôt un sujet de scandale ; mais ceux que Dieu a choisis ne lui peuvent manquer.
Je n'ai point entendu dire que M. de Neufchèze ait envoyé quelque chose pour le pauvre Timothée Godeau, qui de huguenot s'est fait catholique et qui, s'il eut voulu retourner à son vomissement, aujourd'hui serait franc
Bien est vrai qu'un Monsieur Simon, de Marseille qui fait les affaires de la religion de Malte, a envoyé en cette ville quelques vieilles sardines toutes pourries et du tabac tout gâché, qui est demeuré ici entre les mains de Monsieur Constans, que l'on m'a dit être destinés pour le rachat d'un nommé Pierre Mercier, de Talmont, et que l'on dit avoir été envoyés par ledit sieur de Neufchèze.
Nous avons reçu avec toutes les tendresses qu'il nous a été possible, le R. P. Sérapion, religieux de la Merci que ses supérieurs avaient envoyé ici pour y résider. Je m'étonne comme ces Pères qui ont si fort pratiqué ce pays ne se souviennent plus de la maxime des turcs qui regardent plutôt aux mains qu'au visage. Il n'a pas été sitôt entré qu'on lui a déjà tiré des estocades (2) du coté de la bourse ; et M. N. ,qui
2. Estocader, porter des coups d'estoc, demander de l'argent, quémander.
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est plutôt procureur des turcs que des chrétiens lui a demandé s'il avait apporté de quoi donner à ceux qui gouvernent, lesquels, ayant entendu qu'il n'y avait rien à profiter, ont prononcé contre lui son arrêt de sortie A son arrivée, tous les Français s'imaginaient déjà être francs ; mais ils ont de beaucoup diminué leur allégresse, voyant que le Père n'avait point apporté d'argent. C'est à quoi ils pensent, plutôt qu'au soulagement spirituel, dont ils ne manquent pas, par la grâce de Dieu. Ce bon Père ne manque pas de bonne volonté ; mais quand elle n'est pas accompagnée d'effets solides, cela leur donne fort peu de consolation. Sa venue en cette ville n'a servi qu'à nous mettre en plus mauvaise estime, à faire donner du bâton à de pauvres esclaves et à en faire, à ce que l'on nous a rapporté en la présence dudit Père, tourner six, en une nuit, de turcs (3), les patrons desquels n'attendaient qu'une rédemption, dont on leur faisait donner espérance. Enfin, après tant d'attente ils ont vu venir ce bon Père sans argent ; cela les a portés au désespoir de faire tourner turcs leurs esclaves.
La première chose que fit M. Constans qui avait les avis de l’arrivée dudit Père ce fut de faire fermer la maison et d'ôter les clefs d'entre les mains des chrétiens et les remettre ès mains des juifs, pour lui en défendre l'entrée, quoique ledit Père lui fut particulièrement recommandé. Ce bon Père néanmoins n'a pas laissé de prendre avis de lui sur le sujet de sa résidence. A quoi il lui a dit qu'il pouvait librement y demeurer et qu'il fallait que la chose fut ainsi par force, quoiqu'il y eût des personnes (parlant de nous) qui s'y opposassent. Par où ledit Père a vu la mauvaise conduite que ledit sieur Constans a pour nous quelque bonne mine qu'il nous fasse ainsi que lui-même nous l'a dit depuis d'autant qu'il nous faisait l'honneur de prendre conseil de nous qui ne lui en donnions autre que de l'aller prendre dudit sieur Constans. Par où ledit Père a vu que nos actions et procédés à son égard ont été fort désintéressés, ou bien partialisés pour lui. Enfin ledit Père, ayant vu le peu d'apparence qu'il y avait de se pouvoir établir ici et maintenir sans faire des présents, et qu'il ne serait considéré ni desdits chrétiens, ni des turcs, s'est résolu de retourner ainsi qu'il est venu. Ce qui nous a affligés véritablement, tant à cause de la perte que faisaient les chrétiens, qu'à cause que l'on ne manquera pas de faire publier que nous avons procuré sa sortie, quoique nous ayons, autant qu'il a été en nous,
3. Jean Barreau veut dire ici que six esclaves chrétiens s'étaient faits turcs.
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procuré sa résidence, qui n'est agréée ni des chrétiens ni des turcs.
Notre nouveau pacha nous promet des merveilles Dieu veuille qu'il soit aussi doux comme il paraît !
Le sieur Le Vacher est en assez bonne disposition et travaille incessamment au secours spirituel et temporel des pauvres esclaves.
Je vous supplie de dire ou faire écrire à M. le curé du Havre que, de l’argent qu'il m'a fait tenir, j'en ai racheté le nommé Nicolas Cotte pour 172 piastres, qui est le prix qu’il coûtait à son patron. Nous le renverrons par la première occasion. J'ai aussi donné à Pierre Bruneau dix-sept piastres qui lui manquaient pour ses portes Il s'en est allé par voie de Livourne et m'a écrit de Gênes qu'il s'était embarqué sur un vaisseau de guerre pour retourner en Flandre et de là au Havres Ces deux chrétiens sont dans le mémoire de mondit sieur le curé.
Je suis après pour traiter d'un nommé Jean Guillemare, qui passe 40 ans d'esclavitude (4). Ainsi nous continuerons à proportion du fonds que l'on nous enverra. A quoi nous travaillerons avec autant de fidélité que j'ai de passion à me dire Monsieur, votre très humble, très obéissant et très affectionné serviteur.
BARREAU
indigne clerc de la Mission.
Madame la duchesse nous écrit qu'elle envoie 450 piastres pour la construction d'un hôpital et tout ce qui sera nécessaire ; mais nous n'avons rien vu de cela, si ce n'est les 1 000 livres que vous nous avez envoyées pour être employées à secourir ceux qui sont plus en danger de renier. Elle prie M. Le Vacher d'y travailler efficacement, et qu'on nous remboursera. Eclaircissez-nous, s'il vous plaît, Monsieur, et nous mandez ce que nous devons faire. Desquelles 1 000 livres on ne nous a envoyé que 316 piastres, sur lesquelles il a fallu lever dix piastres, un réal et six aspres (5) pour cause d'avarie, montant 32 piastres, lesquelles doivent être remboursées à M. Get par les assurances.
J'ai un très sensible déplaisir de la perte inévitable du pauvre Pierre Ribot. Au nom de Dieu, Monsieur, aidez-moi à sauver cette âme. Voici des lettres pour ses parents.
Cette présente barque ne nous a valu que 14 piastres de consulat. (6)
4. Jean Barreau exagère quelque peu, car la lettre 3311 (p. 533) ne parle que de 26 ans.
5. Petite monnaie d'argent.
6. La note suivante a été ajoutée par une autre main à la suite de
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Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la Congrégation de la .Mission, à Paris.
3314. - A JOSEPH BEAULAC, PRêTRE DE LA MISSION (1)
[1656] (2)
...Mon Dieu ! Monsieur, que bienheureux sont ceux qui. se donnent à Dieu de cette sorte pour faire ce que Jésus-Christ a fait, et pratiquer après lui les vertus qu'il a pratiquées : la pauvreté, l'obéissance, l'humilité, la patience, le zèle et les autres vertus ! Car ainsi ils sont les vrais disciples d'un tel Maître ; ils vivent purement de son esprit et répandent, avec l'odeur de sa vie, le mérite de ses actions, pour la sanctification des âmes, pour lesquelles il est mort et ressuscité
3315. - A GABRIEL DELESPINEY, PRêTRE DE LA MISSION,
A MARSEILLE
De Paris, ce 12 septembre 1659.
Monsieur,
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Je suis toujours en grande peine de votre incommo-
la lettre : "Le supérieur de la Mission de Marseille mande, par sa lettre du 3° août, à M. Vincent avoir reçu les sommes envoyées par Madame la duchesse, et qu'à la première occasion il les enverra à Alger."
Lettre 3314. - Cet extrait de lettre est emprunté à un écrit de Joseph Beaulac lui-même, intitulé Mémoire de quelques actions et paroles remarquables de feu Monsieur Vincent. (Arch. de la Mission).
1. Né à Astaffort (Lot-et-Garonne) le 2 août 1611, ordonné prêtre le 23 décembre 1634, admis dans la congrégation de la Mission à Agen le 25 novembre 1648, reçu aux vœux à Montech le 4 février 1656. L'écrit de Joseph Beaulac commence par les mots : "J'ai remarqué en toutes les lettres que j'ai reçues de lui..." Il est bien regrettable que de toutes ces lettres il ne nous reste plus que l'extrait ci-dessus.
2. Cette lettre a été écrite à Joseph Beaulac vraisemblablement à l'occasion des vœux qu'il prononça le 4 février 1656.
Lettre 3315. - L. s. - Dossier de la Mission, original. Le post-scriptum est écrit de la main du saint, sauf la dernière phrase.
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dité. Je prie N.-S. qu'il vous en délivre, et vous d'y faire ce que vous pourrez par le repos et les remèdes. Peut-être que les fraîcheurs de ce mois ici contribueront à vous guérir ; autrement, il faudra aviser ce que nous ferons.
M. Le Vacher (1) me mande, et vous aussi, par vos lettres du 2, qu'il devait partir quatre jours après pour Alger ; ce qui est cause que je ne lui écris pas. Je me contente de prier Notre-Seigneur qu'il le conduise à bon port et qu'il bénisse son voyage.
Je suis bien aise que vous ayez un mémoire des terres de Madame de Vins Si vous pouvez voir M. Le Bégue, qui est un de ces Messieurs les Missionnaires de Provence, lequel demeure à leur maison de Marseille (2), qui est l'un des exécuteurs testamentaires de madite dame, homme fort sage et bon serviteur de Dieu, il vous éclaircira sur les doutes que vous avez. Dites-lui que je vous ai prié de le voir sur cela et de lui faire un renouvellement des offres de mon obéissance.
Pour la rente de cette fondation, vous ne pouvez la demander qu'un an après le décès de la défunte, et encore faut-il avoir commencé auparavant de faire les missions. Il faut donc tâcher d'en faire tout au moins une ou deux au château de Vins, ou ailleurs. Il est vrai que vous me mandez qu'il n'est pas à propos que Messieurs Cornier et Beaure y aillent seuls. C'est pourquoi nous vous enverrons au plus tôt quelqu'un pour y travailler, Dieu aidant.
Dieu soit loué, Monsieur, du témoignage de bienveillance que vous avez reçu de Monseigneur de Marseille