Correspondance (page 65)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

1. Philippe Le Vacher.

2. Première rédaction : un de ces missionnaires qu'on appelle missionnaires de Provence, lequel demeure à Marseille. - Le saint a corrigé de sa main.

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et de ce que vous avez mis Messieurs les ecclésiastiques de la Conférence dans l'usage de parler plusieurs, chaque fois qu'ils s’assemblent, selon la pratique d'ici. Vous avez fort bien fait. Je n'ai jamais su qu'ils fissent autrement.

Je ne suis pas d'avis que vous établissiez M. Cornier procureur pendant son séminaire Vous pouvez bien lui donner l'une des clefs du coffre ou est l'argent de Barbarie, et non pas le soin de la dépense. Si vous pouvez vous donner cette peine en attendant celui que nous vous enverrons, il vaudra mieux.

Nous acquitterons les deux pistoles que vous avez reçues de M. le prieur Bausset. Je les enverrai à M. son frère à Saint-Sulpice, s'il ne les envoie demander dans deux ou trois jours.

Nous envoyons à Agde deux prêtres de notre séminaire, savoir Messieurs Lemerer et Tanguy ; et M. des Jardins s'en va avec eux, pour se rendre à Narbonne, qui prendra en passant Messieurs Le Bas et Dolivet.

Je suis, en l'amour de N.-S., Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

Nous avons envoyé par la même voie trois sœurs de la Charité, dont la nièce de M. Cornier en est une, à Monseigneur l'archevêque de Narbonne, qui les demande il y a longtemps. Mademoiselle Le Gras rend bon témoignage de la nièce de mondit sieur Cornier, lequel je salue avec toutes les tendresses de mon cœur.

M. Le Vacher m'a mandé qu'il s'en allait partir dans quatre ou cinq jours. Je ne lui écris point.

J'écris à M. Huguier qu'il donne 3 livres au nommé Ballagny et 30 sols à du Rosier, forçat.

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3316. - A THOMAS BERTHE

De Paris, ce 21 novembre 1659.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voilà donc enfin votre fièvre quarte qui continue et M. Martin travaillé de la même maladie. Je pense, Monsieur, que vous ne doutez pas que je ne souffre avec vous et que nous ne fassions prier Dieu pour la guérison de tous deux. J'espère, Monsieur, que sa divine bonté écoutera nos clameurs et qu'il vous rendra à tous deux une parfaite santé. Je vous prie, Monsieur, de faire tout ce que vous pourrez pour cela. Il a été un temps que j'en ai été travaillé plusieurs années de suite ; mais une entre les autres, elle me tint deux ou trois mois, et le reste environ un mois. Et tout cela s'en est allé, et me voilà. J'espère que Notre-Seigneur abrégera et adoucira les peines, et c'est ce que nous continuerons à lui demander.

Je m'en vas donner ordre qu'on vous envoie de l'argent. Il n'est pas raisonnable que vous soyez à la charge de la maison où vous êtes.

Nos malades d'ici ne se peuvent ravoir. M. Perraud est le plus en danger. M. Alméras et notre frère Ducournau sont incommodés. Le reste de la Compagnie se porte assez bien.

L'on travaille à la campagne et à disposer les choses pour l’ordination. Messieurs Etienne, Daveroult et Feydin sont partis pour Madagascar, et le frère Patte avec eux.

Lettre 3316. - L. a. - L'original appartient à M. le chanoine Prévost, de Montpellier.

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Et moi, Monsieur, je vous embrasse avec toutes les tendresses de mon cœur, qui suis votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

J'écris, à M. Delaforcade et le prie de vous faire tenir cent écus.

Suscription : A Monsieur Monsieur Berthe, prêtre de la Mission, à Turin.

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(page blanche dans l'édition de Coste)

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SECOND SUPPLEMENT

Ce supplément contient quatre lettres déjà publiées, sous le numéro qu'elles ont ici d'après des copies défectueuses La découverte récente de l'original nous permet de donner le vrai texte des trois premières. La quatrième est ici plus complète et plus exacte.

247. - A LOUISE DE MARILLAC

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Une petite médecine que je pris hier m'empêcha de vous faire réponse. Je vous dirai donc aujourd'hui que, si vous prenez la peine de venir à la chambre de vos filles de Saint-Nicolas demain l'après-dînée, que j'aurai le bonheur de vous y voir, au cas que je ne vous voie pas demain à La Chapelle le matin, ou que je ne vous mande le contraire. C'est pourquoi vous emprunterez l'équipage pour venir, à condition que vous en ayez besoin, dont je vous donnerai avis demain, le plus matin que je pourrai. Et vous prie de me pardonner de ce que je vous parle ainsi en doute ; c'est à cause des diverses occurrences qui arrivent de moments à autres.

Je suis en peine de notre pauvre fille affligée à Saint-Louis (1) et ce que les autres sont devenues ; car elles

Lettre 247. - L. a. - Dossier de la Mission, original.

1. C'est dans cet hôpital qu'étaient portés les pestiférés.

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ne sont point à leur chambre. Je vous prie me mander ce que vous en savez. Nous avons eu un accident quasi semblable à Saint-Lazare (2), où je n'ai point encore été, pour converser sans difficulté avec quelques personnes avec lesquelles j'ai à faire.

Je viens de penser que, si vous pouviez venir demain, sur les neuf heures, à la chambre de vos filles de Saint-Nicolas, que je vous y pourrais voir, et vous y pourriez dîner.

Je vous souhaite cependant le bon jour et suis, en l'amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

V. D.

Du collège des Bons-Enfants, ce 21 octobre 1636.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

348. - A LOUISE DE MARILLAC

[Septembre 1638] (1)

Mademoiselle,

Il faudra donc envoyer quérir dès demain notre sœur Barbe et envoyer quérir dès aujourd'hui Henriette et mettre Nicole à sa place. Mais il sera bon que vous tiriez parole d'elle de revenir toutes fois et quantes qu'on la rappellera. Le voyage de Notre-Dame-des-Vertus (2) lui pourra faire obtenir quelque grâce de Dieu.

Je suis, en son amour, v. s.

524. - A MONSIEUR PERRIQUET

De Paris, ce jour de Pâques (1) 1641.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J'ai reçu la vôtre avec consolation et appris la bénédiction que Notre-Seigneur vous donne, avec admiration. J'en rends grâces très humbles à sa divine Majesté et la prie qu'elle aille sanctifiant votre chère âme de plus en plus.

Il y a longtemps que je pense à ce que vous me faites l'honneur de me proposer, savoir si vous ferez mieux de continuer le service que vous rendez à Dieu en ces quartiers-là, ou de revenir au lieu où il semble que la Providence vous requière ; c'est à votre bénéfice. Or, il faut que je vous die, dans la simplicité de mon cœur, qu'il me semble que vous ferez mieux de demeurer à Bayonne : 1° pource que la même Providence, qui ne se contredit jamais, vous a premièrement appelé à Bayonne ; 2° pource qu'elle vous y bénit supra modum ; 3° pource que je doute que vous ayez ici tant d'efficace qu'a Bayonne ; 4° pource que Notre-Seigneur vous a donné les dispositions qu'il faut pour le servir, sans attente d'autre récompense que celle du ciel ; 5° pource que non seulement je vous crois utile à Monseigneur de Bayonne (2), mais aussi nécessaire, notamment dans l'état auquel il se trouve. Que répondriez-vous à Dieu, Monsieur, si, faute de votre assistance, ce bon prélat abandonnait sa chère épouse, qui vous chérit tant ?

Les chétives pensées que je vous propose et que je

Lettre 524. - L. a. - Dossier de la Mission, original.

2. François Fouquet.

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soumets aux vôtres, je n'oserais les dire qu'à peu d'ecclésiastiques, pource qu'il y en a peu, si me semble, que Dieu ait prévenus de la grâce de ne point regarder les intérêts temporels ; et vous êtes, si me semble, l'un de ceux que j'aie jamais vus le plus en ce désintéressement. Et ce qui me fait penser que je ne me trompe pas, c'est qu'il y a longtemps que j'y pense, et que Monseigneur de Bayonne vous pourra témoigner que, quoi qu'il m'en ait dit, étant de deçà, je ne me pouvais résoudre pour lors à vous dire ce que je vous dis à présent. Et si je vous puis assurer, comme je le fais devant Dieu, que nulle raison humaine me fait vous dire ceci, ains la seule vue de Dieu et du bien de son Eglise. Mais pource que je suis un pauvre laboureur et un porcher, et, qui pis est, le plus abominable et détestable de tous les pécheurs du monde, je vous prie de n'avoir aucun égard à ce que je vous dis, si cela ne vous semble conforme à la volonté de Dieu, en l'amour duquel et celui de sa sainte Mère je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Perriquet, vicaire général de Monseigneur l'évêque de Bayonne, à Bayonne.

631. - A FRANçOIS DUFESTEL

De Bresle, ce 28 novembre 1642.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Vous ne pourrez connaître qu'au ciel la joie que mon

Lettre 631. - L'original, tout entier de l'écriture du saint, a été mis en vente à Londres le 8 mars 1858, puis, en décembre 1865, à

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âme a reçue de votre dernière, par laquelle vous me mandez d'un air si content comme vous avez rendu la lettre que j'envoie à M Guérin pour vous succéder, et l'usage que vous en voulez faire. O Monsieur, que je prie Dieu de bon cœur qu'il vous bénisse et qu'il fasse part à toute la compagnie de la disposition qu'il vous donne, maintenant et toujours !

Que vous dirai-je du séminaire de Belley? Je n'entends pas bien ce que c'est : si c'est que Monseigneur l'évêque ait des hommes propres, qu'il désire que vous eussiez (1) pour cela, ou bien s'il désire établir la petite Compagnie en son diocèse. Je vous supplie [de me dire] lequel est. Si c'est le premier, quand et comment et pour [combien] de temps ; si c'est le second, quand et [ce] qu'il y a de fonds pour le faire ; et je vous supplie cependant, Monsieur...

Je n'ai point donné votre lettre à Madame la duchesse d'Aiguillon... à quoi l'on ne trouverait pas bon que les missionnaires.. attention. Si vous m'écrivez une autre fois, vous ne parlerez point de la ville dont vous m'écriviez, pour tout. Je vous en dirai un jour la raison.

Je pense qu'il est bon que nous ne changions pas le nom que le Saint-Père donne à nos maisons, qui est de la Mission, pour les appeler Séminaires. Je vous supplie, Monsieur, de tenir la main à ce qu'on n'innove aux

Paris par M. Charavay et ensuite par le libraire Miard, qui a permis à M. Rochebilière d'en prendre copie. Cette copie, conservée à la Bibl. nat. (n. a. fr. 22129), est incomplète. Elle va du début aux mots "M. Boucher et le frère...", et de "Je finis la présente" à la fin. M. Charavay a publié dans son catalogue la partie comprise entre les mots "Voici nos petites nouvelles" et "douze en une seule fois". Enfin le registre 2 rerproduit, p. 32, le passage qui s'étend de "Je pense qu'il est bon" à "de n'être pas uniformes", et p. 49, celui qui commence à "Notre-Seigneur a attiré à la Compagnie" pour finir à "aux vignes ou aux maisons". Dans les parties communes, ces différentes textes se complètent les uns les autres, car ils présentent des lacunes.

1. Ne faudrait-il pas plutôt : formiez?

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termes ni aux choses qui se pratiquent en la compagnie, pour conserver l'unité en tout. Il n'est pas imaginable l'inconvénient qu'il y a dans une congrégation de n'être pas uniforme.

Voici nos petites nouvelles. Monsieur du Coudray s'en va en Barbarie pour la délivrance d'environ 80 esclaves, et a dessein de faire la mission parmi les autres, qui sont au nombre de 10 000, qui sont à Alger. S'il est louable, je vous supplie, Monsieur, [de recommander ce] bon œuvre à Dieu et les personnes destinées pour cela, qui sont aussi mondit sieur du Coudray, M. Boucher et le frère ...

Notre-Seigneur a attiré à la compagnie M. Gilles, principal et professeur en philosophie à Lisieux (2), et M. Prévost, qui est, aussi, savant, habile homme dans les affaires, comme aussi quelques autres qui ont rempli la place de ceux qui sont sortis.

Ne vous étonnez plus de ces sorties. Notre-Seigneur fut suivi et abandonné de plusieurs milliers de personnes et réduit à six-vingts fidèles à sa mort. Saint Ignace (Loyola), au commencement de la sainte compagnie que Notre-Seigneur a instituée par lui, en renvoya douze en une seule fois (3) ; et vous savez que nous n'avons point renvoyé aucun de ceux-là qui fût prêtre, ni aucun autre que M. N., auquel j'ai écrit ces jours passés. et l'ai prié de se retirer, pour plusieurs raisons importantes. Dieu sait et a fait connaître aux hommes combien il bénit plus un petit nombre choisi qu'un

2. Au collège de Lisieux à Paris.

3. Louis Gonzalez, provincial du Portugal, renvoya de l'Institut plusieurs de ses confrères qui murmuraient de ce qu'on les employait à bâtir le collège de Coïmbre (Histoire de saint Ignace de Loyola et de la Compagnie de Jésus, par le R. P. Daniel Bartoli, Paris, 1844, 2 vol. in-8°, t. II, p. 85). Saint Vincent ferait-il allusion à ce fait?

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grand, entre lesquels il y en a qui craignent la peine et qui ont des attaches aux femmes, aux vignes ou aux maisons.

Je finis la présente en me recommandant à vos saints sacrifices et à ceux de ces messieurs, lesquels j'embrasse, prosterné en esprit à leurs pieds et aux vôtres, qui suis votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Dufestel, prêtre de la Mission d'Annecy, à Annecy.

ECRITS DE SAINT VINCENT DE PAUL

terminés le 21 Juin 1992.

"La Chesnaye"

Scanner : Sœur Marie-Catherine desmars, f.c.

Correction : Sœur Geneviève RABILLé, f. c.

Cl. LAUTISSIER

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Saint Vincent Archiviste

Circulaire aux supérieurs des maisons

Non datée, mise par M. P. Coste en 1660,

elle est certainement plus ancienne.

Archives C. M. Paris, recueil des circulaires.

Publiée par Pierre Coste, S. V. VIII, 388-390

B. Koch mardi 6 octobre 98

[388]

Je vous prie de conserver dorénavant les lettres que l'on vous écrira et à ceux de votre maison, de quelque part que ce soit, lorsqu'elles contiendront quelque particularité remarquable qui peut être de conséquence, ou qui peut servir d'instruction à l'avenir.

<1°> Vous n'avez qu'à en faire diverses liasses, selon leur sujet, ou l'année que vous les recevrez, et, ainsi empaquetées, les garder .dans un lieu à ce destiné, où ceux qui viendront après vous puissent avoir recours dans le besoin 1. Et s'il y en

[389]

a dans la maison du temps passé, vous les ramasserez, s'il vous plaît, selon l'ordre susdit.

2° De remarquer le long de l'année les choses plus considérables, tant au spirituel qu'au temporel, qui se passent dans votre maison et dans les missions et autres exercices qui se font hors de la maison, et de les réduire en une lettre après la fête de la saint Jean-Baptiste, auquel temps les missions finissent d'ordinaire, et nous envoyer ladite lettre pour en faire une circulaire, si on le juge à propos.

3° Quand vous aurez quelque prêtre ou clerc ou frère coadjuteur qui n'aura pas achevé la seconde année de probation ou séminaire, vous nous ferez savoir, deux ou trois mois avant la fin de ladite année, l'état ou les dispositions de la personne, afin qu'on vous mande si vous lui ferez faire les vœux après les deux années finies; et, quand elle les aura faits, vous nous enverrez aussitôt son nom, surnom, etc., dans la manière qui suit :

François, né le ... du mois de ..., en la ville ou bourg ou village de ..., du diocèse de ..., entré en la congrégation à (Paris) le ... du mois de ..., l'an ..., a fait les vœux à (Paris) en la présence de M ... , le ... du mois de ..., l’an ...

S’il a quelque ordre sacré, il est à propos de spécifier quand il l’a reçu; et si quelqu’un ne sait le jour, par exemple, de sa naissance, qu’il dise le mois; s’il ne sait ni l’un ni l’autre, qu’il assigne le temps et la saison de l’année qu’il est né ; et ainsi des autres.

4° quand vous nous ferez savoir la mort de quelqu’un des nôtres, vous manderez, s’il vous plaît, au même temps ou au plus tôt, ce qui s’est remarqué de plus considérable dans la vie et la maladie de la personne; et dès à présent je vous prie de demander ceux qui sont morts en votre maison, avec le jour et an de leur décès , etc

[390]

et d'en tenir dorénavant un registre où soit transcrit ce qu'on aura mandé au supérieur général.

__________________________________

1. M. Vincent fait simplement appliquer dans la Congrégation ce qui se pratiquait dans les diocèses et les autres Congrégations et Ordres religieux.

Dans les jours qui suivirent le sac de Saint-Lazare, le 13 juillet 1789, les interrogatoires des confrères ont permis de faire un inventaire de ce qui avait disparu, joint à l’inventaire de ce qui put être rassemblé : Archives Nationales, Z 2, 4684, 4691 et M 716. On peut y voir que les directives de M. Vincent avaient été mises en pratique; un directoire très précis avait été coomposé : Règles du Procureur de la Congrégation de la Mission, Arch. Nat. H 5, 3570. Cf. Léon Bizard et Jane Chapon, Histoire de la prison de Saint-Lazare du Moyen-âge à nos jours, chez E. De Boccard, Paris, 1925, pp. 111, et p. 40 de sa présentation dans le Bulletin des Lazaristes de France, février 1998.

La lettera seguente non è riportata interamente nel Coste VIII p. 281ss.

La lettura del testo che mancava non è sicura.

Roberto LOVERA cm, Turin. mai 1999.

3115. — MADAME LE VAYER (1) A SAINT VINCENT

Ce 10 avril 1660

Vive Jésus !

Monsieur,

Comme je sais que vous aimez à exercer votre charité, aussi je prends la liberté de vous donner l’occasion d’en produire un grand effet en mettent en repos le conscience d’une personne de qualité, qui se soumet entièrement à votre sentiment, que je vous supplie de donner sur une difficulté qui lui fait peine, pour laquelle concevoir vous aurez la bonté et la patience

Lettre 3115. — L. s. — Dossier de Turin, original.

1. Renée Le Boindre, veuve de René Le Vayer, lieutenant général du Mans, maître des requêtes d’Anne d’Autriche.

- Coste VIII, 282 -

d’entendre le rapport que je vous en désire faire selon que j’en ai la connaissance et suivant l’instruction que j’en ai reçue. C’est donc une dame considérable pour sa naissance et qui est en estime de vertu et piété, âgée de trente-neuf ans, veuve depuis dix ou onze ans, qui a quitté les compagnies du monde pour s’employer aux exercices de charité et de piété ; en quoi elle est exemplaire à tout le pays. Elle s’est même retirée de la compagnie de Messieurs ses parents, qu’elle ne voit que rarement. Sa plus grande consolation depuis six à sept ans est d’un confesseur et directeur, âgé de trente et cinq ans, sous lequel elle a profité et duquel elle a conçu une grande estime pour sa vertu et mérites, parce qu’il est homme fort retiré du monde, beaucoup spirituel, savant et de bon exemple et qui vit conformément à son état ecclésiastique, autant qu’on le peut le décrire, qui a un grand soin de sa conscience, qui ne lui souffre aucune imperfection et la conduit toujours par ce qui est le plus parfait, et de plus veille sur la conduite de ses enfants, dont l’aîné demeure chez lui, avec grand profit pour la science et pour les moeurs. Tout ce qui est la cause qu’elle aime fort tendrement ce directeur et qu’elle a une grande confiance en lui.

Ce qui lui fait peine est qu’elle craint que cette amitié si tendre et qui est réciproque ne blesse sa conscience et n’empêche sa perfection, par ce qu’elle y remarque quelque chose de trop libre depuis un an… (2)

Texte manquant à la lettre 3115, p. 282, notre 2 ; texte pris sur l’original de Turin.

… lorsqu’après qu’elle eut fait une retraite dans une maison de religieuses où son directeur lui fit faire les exercices spirituels, comme elle vint le voir à son retour pour le remercier, il la reçut avec une si grande joie du profit qu’elle avait fait qu’il lui donna un baiser modeste et sans empressement, ce qui étonna toutefois cette femme un peu et lui causa du scrupule par après et de la crainte de la familiarité, ce qu’elle témoigna à son directeur qui depuis ne lui a point donné de semblable baiser ; mais quatre ou cinq mois après, comme un jour dans la conversation il lui recitait l’état de sa vocation à la prêtrise, elle en conçut une si grande joie que, se regardand l’un l’autre en face, ils ressentirent tous deux une grande douceur et tendresse au cœur qui toutefois surmontait la partie concupiscible, quoiqu’elle fut un peu émue du côté de la femme, ce qui ce passa sans aucun toucher ni caresse sinon de parole tendre comme mon chèr père et ma chère fille, et un jour ou deux après se promenant ensemble ils répétèrent souvent ces mêmes paroles se serrant la main l’un et l’autre ; une autre fois, disant adieu à son directeur qui s’en allait loin aux champs, elle lui témoigna grande tendresse et lui pareillement se baisant la main réciproquement. [2] étant de retour des champs ils firent la même chose s’embrassant sans se baiser ni toucher au visage. Cela lui ayant causé quelque scrupule et l’ayant témoigné à son directeur, ils résolurent de s’absternir de telles caresses, crainte que Dieu n’y fut offensé, parce que les sens se trouvaient émus en ces rencontres ; et depuis elles ont été legères et seulement en quelques doux regards ou se serrant un peu la main d’autant que son directeur la voyant un peu indisposée dans un état qui ne lui permettait pas de s’élever si fortement à Dieu comme auparavant, il ne lui faisait pas un entretien de Dieu si continuel, mais tâchait de lui donner quelque consolation par la douceur de leur amitié et ce modestement en la presence de sa famille lorsqu’elle le priait de la venir voir avec son fils aîné et je croye qu’il lui rendait ces visites par quelque sorte de compassion, parce qu’elle n’avait point de consolation humaine que celle-là. Or, Monsieur, il vous plaira remarquer que dans toutes ces tendresses, ni l’un ni l’autre n’ont jamais ressenti aucun mauvais effet de concupiscence charnelle dans la volonté et que leur esprit est toujours demeuré libre quoiqu’ils ayent ressenti par après quelque peu d’écoulement qui a pu procèder d’infirmité de nature, ce qu’ils ont évité lorsqu’ils ont pu le prevoir ; toutefois elle a reconnu que parmi ces tendresses ses sens ont été souvent émus sans néanmoins grande violence.

Cela lui fait de la peine d’aimer une personne si tendrement ; et de plus, c’est qu’elle a fait souvent des résolutions de se corriger de ces faiblesses, sur le reproche de sa conscience et cependant elle n’a pas été fidèle à fuir les occasions, ou à se retenir dans le particulier de la conversation, quoique pourtant elle ne sent point la passion violente, mais seulement une simple inclination à le voir et s’entretenir avec lui.

Elle a parlé de cela à un prédicateur à ces Pâques. Il lui a conseillé de quitter son directeur, croyant que Dieu demandait cela d’elle. Elle ne sait ce qu’elle doit faire. Son directeur lui promet de ne jamais la toucher et de la conduire avec plus de fermeté. Elle craint sa propre faiblesse, connaissent qu’elle a manqué à ses résolutions. Son directeur lui dit pour l’assurer, que le prédicateur n’y a pas trouvé de péché et qu’il connaît sa simplicité et sincérité et qu’elle ne craigne point pour l’avenir, parce qu’il est résolu et lui promet de ne

2. Les détails qui suivent ces mots sur l’original sont d’ordre trop délicat pour que nous les insérions ici

- Coste VIII, 283 -

lui parler qu’en l’église, ou en présence de personne ; que s’il arrive autrement, elle le quittera. Il lui remontre qu’il lui est utile de demeurer dans la même conduite, parce qu’un autre ne connaîtra que difficilement l’état de sa conscience. Elle voit bien, ou il lui semble qu’il lui est utile en beaucoup de choses de ne changer pas de conduite, ne connaissent aucune personne qui lui fût propre ; et elle craint, et avec raison, d’être à elle-même.

Pour ce qui est de son directeur, elle sait qu’il est homme très pur, qu’il n’a jamais voulu confesser ni diriger une femme en laquelle il avait remarqué une attache mauvaise à sa personne. De plus, elle n’a jamais rien remarqué, soit au confessionnal, soit dehors, qui ne soit saint et d’un conseil qui tend au plus parfait (et de plus, pour ce qui est de la confession, elle n’a jamais ressenti d’émotion des sens ni tendresse, n’ayant vue que de se confesser qu’à Dieu en sa personne).

Néanmoins, ce que le prédicateur lui a dit et conseillé la retient en scrupule ; quoiqu’elle ait quelque peu de défiance du coté du conseil, parce qu’il n’a pas dit la même chose, ni donné le même avis à son directeur, qui le priait instamment de lui dire son sentiment pour le suivre et en profiter de son coté ; car il est, comme elle croit, homme simple et droit, et qui désire suivre le bien, et qui a, en ce rencontre, de véritables sentiments de douter de sa faiblesse et qui désire avec affection d’y apporter remède, car il aime Dieu et le cherche, et il n’y a point de malice. Il est à remarquer qu’il connaît le naturel de cette dame, lequel est un peu fort et qui tend à la dureté et l’insensibilité, lequel défaut est un obstacle au bien qu’elle peut faire. Il lui a laissé ses tendresses pour amollir cette dureté, et ce d’autant plus librement qu’il en connaît l’innocence et la simplicité.

Voilà, Monsieur, le sujet que j’ai à me donner l’honneur de vous écrire, pour vous supplier très humblement de faire la charité à cette dame de lui mettre la conscience en repos, en mandant votre sentiment, auquel elle désire s’arrêter, et se soumet avec confiance, pour l’estime qu’elle a de votre vertu.

Si votre jugement porte qu’elle doit prendre une autre personne pour la conduire, j’ai, en ce cas, encore une demande à vous faire, et à vous faire remarquer que ce directeur est curé de le paroisse où demeure cette dame et qu’il conduit plusieurs personnes de sa paroisse, où il y a personnes de qualité. Il fait même beaucoup de fruit au confessionnal, de sorte qu’elle craint que, comme elle est des plus considérables, elle fasse tort à sa réputation et indispose les autres à

- Coste VIII, 284 -

recevoir le bien de sa conduite et n’oblige a faire quelque jugement au préjudice de son innocence.

Elle vous demande donc, Monsieur, si elle peut aller quelquefois à confesse à lui de temps en temps, afin d’ôter toute occasion de parler. Elle attendra donc la résolution que vous lui donnerez, avec patience, vous suppliant, Monsieur, très humblement de ne la négliger pas.

Je vous demande pardon de vous obliger à lire une si longue lettre ; mais je juge que cette personne n’eut pas été en repos si je ne vous eusse dit le particulier de sa peine. Derechef je vous prie de me pardonner, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et croire que je suis avec tout respect, Monsieur votre très humble et très obéissante et obligée servante.

R. LE BOINDRE,

veuve de feu

M. le lieutenant général du Mans.

Si vous me faites l’honneur de m’écrire, comme je vous en supplie derechef, vous me ferez le grâce de me faire tenir votre lettre par les Pères de la Mission et leur recommander que la lettre me soit rendue sûrement.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général des Prêtres de le Mission, à St-Lazare, à Paris.

SAINT VINCENT DE PAUL

SAINT VINCENT DE PAUL

TOME XV.

Mission et Charité N° 19-20

Janvier/Juin 1970

CORRESPONDANCE

LETTRES INéDITES DE SAINT VINCENT

1. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT

Monsieur,

J’ai été chez vous pour avoir ce bien, vous voir et vous parler de la pension de mon neveu Mathieu Pluyette, boursier de votre Collège (1), mais le saint exercice auquel vous êtes employé m’a ôté ce bien de pouvoir vous rencontrer. J’ai osé vous écrire ce mot par mon homme, bien connu dans le Collège du Cardinal, pour vous prier de me faire tenir ce qui est dû au petit, lequel est au Collège de Senlis. Deux quartiers seraient dus à la St Jean, si vous n’avez baillé quelque chose au Denis (2) sur celui de Noël ; nous tâcherons de vous le faire voir à la St Rémi, pour demeurer à Paris ou tirer de vous un consentement qu’il demeurera à Senlis, ce qui sera, comme je le crois, selon la conscience. Je vous envoie la quittance de ma main, sans spécifier la somme, et le restant à la St Rémi, en recevrai une du petit, ce qu’attendant je demeurerai toujours, Monsieur, votre très humble serviteur.

G. PLUYETTE.

De Fontenay, ce 3 juillet 1629.

Lettre 1. — Lettre signée. Original aux Archives nationales (Paris) M I05 (Collège des Bons-Enfants).

1). Les revenus du Collège des Bons-Enfants, affectés à l’entretien des missionnaires de S. Vincent depuis 1625, étaient grevés par une rente consistant en deux bourses fondées par Jean Pluyette, ex-principal du Collège au XVe siècle, en faveur des membres de la famille Pluyette de préférence. Voir Ch. Pluyette. Un recteur de l’Université de Paris au XVe siècle, Jehan Pluyette et les fondations qu’il institua, Notice biographique et historique, Paris, 1900.

2). Cf. Lettre 7, p. 6.

- 2 -

2. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT

Monsieur,

J’ai su que vous n’aviez pas écrit en votre livre l’argent que vous avez baillé pour la pension de Mathieu Pluyette, votre petit boursier, mon neveu. J’eusse bien désiré pouvoir vous voir pour cela, mais de crainte de ne pas vous rencontrer, j’ai écrit ce mot pour vous dire qu’il y eut un an au commencement de Carême qu’il fut reçu en la bourse, et que l’accord était fait avec le cousin qui céda la place, qu’il ne recevrait rien au terme de Pâques suivant. Toutefois nous n’avons su vous parler touchant ce quartier, car vous n’avez encore baillé pour mon neveu que trois quartiers : St-Jean, celui de St-Rémi et l’autre de Noël, comme vous pouvez le voir par les quittances, et est dû au principal de Senlis ce qui reste, car de mon temps on recevait neuf ou dix livres au terme de Noël plus qu’aux autres, à cause des terres du Mesnil. Ce porteur doit être frère du principal de Senlis, qui demeure chez un orfèvre, afin qu’on ne vous visse à fausse enseigne, qui me mandera ce que vous aurez arrêté touchant cela. J’eusse bien désiré vous voir, mais le Carême me retient. Ce sera, Dieu aidant, après les Pâques, ce qu’attendant je demeurerai, Monsieur, votre humble serviteur.

G. PLUYETTE.

De Fontenay, ce 13 mars 1630.

3. — A LOUISE DE MARILLAC

De Paris, ce samedi 4 (mai 1630).

Mademoiselle,

La grâce de Notre Seigneur soit avec vous pour jamais !

Béni soit Dieu, Mademoiselle, de ce que j’ai plus tôt la nouvelle de votre guérison que de votre maladie ! Et je le prie qu’il vous fortifie entièrement et en façon qu’il se puisse dire un jour de vous

Lettre 2. — Lettre signée.

Original aux Arch. Nat. (Paris) M 105 (Collège des Bons-Enfants).

Lettre 3. — Lettre autographe.

Original au Musée historique de l’Orléanais, à Orléans.

Publié avec la disposition et l’orthographe de l’original dans les Annales C.M. 1947/1948. p. 499 500.

Publié partiellement, d’après le Manuscrit Saint-Paul, dans l’édition Coste, t. I, p. 82-83.

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que ces paroles de la Sainte écriture vous regardent, qui sont : Mulierem fortem quis inveniet ? (1). Vous entendez ce latin ; c’est pourquoi je ne le vous expliquerai point.

Pour le temps que vous dites que les enfants sont à l’école, qui ne suffit pas pour leur pouvoir profiter, et les deux jours encore qu’ils ont de campos, je ne vois point d’inconvénient que vous allongiez un peu ce temps-là et que pour les raisons que vous m’alléguez, vous les occupiez ces deux jours-là, ni que vous tâchiez de faire venir à l’école celles qui n’ont point accoutumé d’y aller. Mais je pense qu’il sera bon de le faire agréer au bon M. Belin (2) et de rendre capables ceux qui en parleront, que vous en usez ainsi pour le peu de temps que vous avez à demeurer, et leur dire que ce n’est pas là une école, mais un exercice de piété pendant quelques jours.

Pour le petit Michel (3), soyez en repos ; il n’y a que deux ou trois jours que je le vis aller à sa leçon et qu’il se portait bien.

J’ai fait tenir votre lettre à Mlle Du Fay (4) et encouragé Mlle Du Fresne (4) d’aller à Villepreux (5), ce qu’elle a toutes les envies du monde de faire. Mais, certes, son indisposition ne lui permettra pas ce contentement qu’elle désire extrêmement. Je la recommande à vos prières, et vous, de bien prendre garde à votre santé et de ne pas trop prendre sur vous, ce que j’ai peur pourtant que vous fassiez, en ne voulant pas prendre le relâche de ces deux jours, ni vous tenir au temps qu’on a accoutumé d’employer à l’école. C’est pourquoi, en cette appréhension, je vous prie de vous contenter, quoi que je vous aie dit ci-dessus, du temps ordinaire. Ce procédé sera plus au gré, comme je pense, du bon M. Belin. Que si vous y voyez un notable détriment, écrivez-m’en, s’il vous plaît, une autre fois, après que vous aurez commencé ; et je retirerai un mot de lettre du P. de Gondi (6) pour son fermier, à ce qu’il exécute son ordonnance au plus tôt.

Finissons ici, l’on me presse un peu. J’achève donc en invoquant l’assistance de Dieu sur vous, la force du corps et la sainte tranquil-

1). Qui peut trouver une femme forte ? (Livre des Proverbes, XXXI, 10).

2). Chapelain des Gondi à Villepreux.

3). Fils de Sainte Louise de Marillac, pour lors étudiant au Séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

4). Mlle Du Fay et Mlle Du Fresne étaient Dames de la Charité.

5). Localité sise en Seine-et-Oise, au Sud-Ouest de Paris.

6). Philippe-Emmanuel de Gondi, ex-général de Galères, prêtre de l’Oratoire depuis 1627 ; il mourra en 1662.

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lité de l’esprit, ce que je lui demande d’aussi bon cœur que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENS DEPAUL.

Mes recommandations à votre hôtesse.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Villepreux.

4. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je vous envoie copie des provisions de mon neveu Mathieu, collationnées par devant le tabellion, comme vous l’avez désiré. Je pense que vous jugez bon qu’il demeure encore quelque temps à Senlis pour ses principes, sur lesquels vous avez pris la peine de l’interroger, de quoi je vous remercie. Il témoigne avoir bonne volonté. Je prie Dieu qu’il puisse seconder le saint désir du fondateur et se rendre capable de servir un jour au public, ce qu’il fera plus saintement, quand il aura eu l’honneur de votre bonne compagnie, de laquelle je ne me priverai pas quand j’irai à Paris, puisque vous me témoignez l’avoir pour agréable, ce qu’attendant je demeurerai, Monsieur votre très humble serviteur.

G. PLUYETTE.

De Fontenay, ce 2 octobre 1630.

5. — A LOUISE DE MARILLAC

(Octobre 1630) (1).

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Ces lignes seront pour vous prier de nous donner de vos nouvelles et pour vous en donner des nôtres et de celles de Germaine (2).

Lettre 4. — Lettre signée.

Original aux Arch. Nat. (Paris) M 105 (Collège des Bons-Enfants).

Lettre 5. — Lettre autographe.

Original à la Maison centrale des Filles de la Charité de Cracovie.

Publié dans les Annales C. M. 1930, p. 685.

I. Date imposée par la présence de M. Du Coudray à Villepreux et la "proposition" de Germaine.

2. Germaine, maîtresse d’école à Villepreux.

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Pour les miennes, elles sont à l’ordinaire, et pour Germaine M. Du Coudray me mande qu’il a commencé à parler d’elle à M. le Curé (3), à M. Belin (4) et au maître d’école (5), et que ni les uns ni les autres ne s’éloignent point de la proposition qu’il leur à faite (6). Nous verrons ce qu’il en sera.

Je pensais que nous pourrions faire la mission à Saint-Cloud (7) ces fêtes (8), mais nous ne le saurions sans grande incommodité. C’est pourquoi nous remettrons à la Saint-Martin.

Cependant, dites-nous, de grâce, que fait votre cœur ? Le mien a été beaucoup occupé, cette matinée, en vous et aux pensées que Notre-Seigneur vous donne.

Je suis, en son amour, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENS DEPAUL.

6. — A LOUISE DE MARILLAC

De Paris, ce vendredi 11 avril 1631.

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Mon petit voyage que j’ai fait aux champs d’où je revins avant hier au soir m’a empêché de vaquer à l’affaire de Monsieur votre fils avec en plus l’occupation des Ordinands qui recommencèrent hier. Or, j’ai néanmoins fait retirer parole du R.P. Lallemant (1), principal du collège des Jésuites, qu’il le recevra pensionnaire et m’en vais

3). Le curé de Villepreux.

4). Chapelain des Gondi, à Villepreux.

5). Le maître d’école de Villepreux.

6). Proposition d’une école à Villepreux pour les petites filles dont Germaine serait chargée.

7). Localité des environs de Paris. 8. Les fêtes de la Toussaint.

Lettre 6. — Lettre autographe.

Original chez les Filles de la Charité de l’Hôtel-Dieu de Narbonne. Publié avec la disposition et l’orthographe de l’original dans les Annales C.M. 1958, p. 625-626.

Publié partiellement d’après le Manuscrit Saint-Paul dans l’édition Coste, t. I, p. 106-107.

1). Jérôme Lallemant (ou Lallemand). né à Paris en 1593, entré dans la Compagnie de Jésus en 1610, mort à Québec en 1665.

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présentement envoyer votre lettre à M. Wiart (2). L’on m’a dit que Dieu bénit votre travail, dont je le remercie de tout mon cœur et le prie qu’il vous ramène pleine de santé et de bonnes œuvres, l’un des jours de la semaine prochaine que vous jugerez à propos pour être ici aux offices de la Semaine Sainte. Je vous envoie une lettre qu’on m’a adressée, mais je n’ai lu que présentement le billet par lequel vous me mandez que j’envoie à Mme Forest (3) un tableau, un pot et un paquet qu’on a envoyé céans, lequel j’étais en peine d’envoyer. Ce sera demain Dieu aidant. Voyez cependant combien je suis indigne d’emploi et de servir ainsi que je dois. Notre-Seigneur me le pardonnera, s’il lui plaît. Je suis en son amour, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

VINCENS DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Le Gras, à Montreuil (4).

7. — LETTRE DE G. PLUYETTE A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je n’ai pas encore rendu réponse à M. du Coudray, qui, en votre nom, m’avait écrit le 22 mars pour savoir quand mon neveu fut reçu boursier ; je vous dis qu’il y eut un an après Noël, et qu’il a l’accord du cousin Denis, qu’il ne recevrait rien du quartier. Je vous ai déjà mandé la même chose de savoir ce qu’il avait baillé pour Mathieu car il en avait quittance ; et pour les terres du Mesnil, je pense que si vous avez pris garde au revenu des boursiers, vous savez qu’ils touchent plus de vingt-six livres aux quartiers. Je sais que de mon temps il y avait plus de revenus, j’ai été étonné quand j’ai su par sa lettre que les terres du Mesnil n’étaient pas aux boursiers car cela est sur le contrat du bien laissé aux boursiers.

Je pensais aller à Paris pour le synode, et avoir le bien de vous voir mais puisqu’il ne se tient pas, et que je crains de ne vous trouver chez

2. François Wiart (ou Wyart), prêtre de la Communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, mort à Laon en 1661.

3). Madame Forest, Dame de la Charité.

4). Montreuil, localité proche de Paris, Sainte Louise de Marillac s’y trouvait en mission de chanté.

Lettre 7. — Lettre signée. Original aux Arch. Nat. (Paris) M 105 (Collège des Bons-Enfants).

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vous à cause de vos saintes occupations, j’ai écrit ce mot pour mon neveu orfèvre, lequel me fera tenir votre réponse, ce qu’attendant je demeurerai, Monsieur, votre très humble serviteur.

G. PLUYETTE.

De Fontenay, de 14 avril (1631).

8. — A LOUISE DE MARILLAC

Ce 15 septembre 1631 (1)

Mademoiselle,

Je reçus hier la vôtre du 23 de ce mois, par laquelle je vois ce que me mandez de cet ecclésiastique. Si monseigneur de Châlons (2) ne vous a envoyée quérir et qu’il soit proche, il me semble que vous feriez bien de l’aller voir et de lui dire, tout simplement et à la bonne foi, pourquoi le R.P. de Gondi vous a priée de prendre la peine d’aller en Champagne, et ce que vous faites. Et offrez-vous à retrancher ce qu’il lui plaira de votre procédé, et à tout quitter, s’il l’a agréable ; c’est là l’esprit de Dieu. Je ne trouve point de bénédiction qu’en cela. Monseigneur de Châlons est un saint personnage, vous devez le regarder comme interprète de la volonté de Dieu, au fait qui se présente. Que s’il trouve bon que vous changiez quelque chose en votre manière de faire, soyez-y exacte, s’il vous plaît ; s’il trouve bon que vous vous en reveniez, faites-le tranquillement et gaiement, puisque vous ferez la volonté de Dieu. Que s’il est éloigné et vous laisse faire, continuez, s’il vous plaît, à enseigner les petites filles. Que s’il s’y rencontre des femmes, à la bonne heure, mais ne faites dire à présent qu’elles le fassent, s’il vous plaît ; mais seulement vous pourrez faire avertir les sœurs de la Charité (3) de vous voir toutes ensemble. Honorez en ce procédé l’humilité du Fils de Dieu dans le sien.

Lettre 8. — Lettre probablement autographe. Original mis en vente chez Charavay, le 28 mars 1874. Publié, sans doute d’après une copie prise alors, dans l’édition Pémartin (1882), t. I, p. 28-29. Publié partiellement, d’après le Manuscrit Saint-Paul dans l’édition Coste, t. I, p. 126-127.

1). Date donnée par Charavay.

2). Henri Clausse de Fleury, évêque de Châlons de 1624 à 1640.

3). Il s’agit de la Confrérie de la Charité.

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Notre Compagnie étant à présent à Bergères (4), il n’est pas expédient, je pense, que vous y alliez. Tenez-vous donc au Mesnil (5), s’il vous plaît, jusqu’à ce que la mission y aille ; alors vous pourrez aller à Bergères et aux autres lieux, et mandez-moi, je vous en prie, le succès de ce que vous aurez fait avec monseigneur de Châlons. Monsieur votre fils s’en retourna hier au collège en parfaite santé. Il étudiait ici six heures par jour par lui-même. Le père principal l’affectionne et se propose de lui donner une chambre pour lui seul ce qui est une faveur non petite. Il était si fait avec nous que, comme je lui dis hier adieu, son cœur s’attendrit très fort. Cela fait voir qu’il est de bon naturel, vous aurez sujet de consolation de ce côté-là. Il faut prier Dieu qu’il lui continue sa grâce. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

9. — LETTRE DEDICATOIRE DE R. DOGNONI A SAINT VINCENT

A Monsieur,

Monsieur

Vincent de Paul,

Supérieur des Prêtres de la Mission de Paris.

Monsieur,

Deux raisons me convient à vous dédier Le Bon Laboureur (2) ; la première est l’action de grâce qui vous est due par tous les bons laboureurs, pour le profit qui leur vient de vos saints exercices, lesquels obligent tous ceux et qui s’en ressentent, et qui en ont quelque connaissance, à bénir Dieu de vous avoir transmis par une métempsycose qui n’appartient qu’à lui, l’esprit, les affections et le dessein avec le nom du grand Patron des missionnaires S. Vincent Ferrier, pour le bien de notre siècle, où les missions apostoliques qu’il institua de son temps sont notoirement plus nécessaires que

4. Paroisse du diocèse de Châlons, actuellement : Bergères-les-Vertus (Marne).

5). Paroisse du diocèse de Châlons, actuellement : Le Mesnil-sur-Oger (Marne).

Lettre 9. — Lettre imprimée en tête du volume Le Bon Laboureur, paru en 1632.

Original perdu.

Publié avec commentaires dans les Annales C. M. 1941-1942, p. 276-279. 1). Richard Dognon, chanoine de Verdun, mort en 1638.

2). Le Bon Laboureur…, deuxième édition, parue en 1632 (l’approbation date de 1630). Ouvrage de plus de 700 pages traitant pratiquement et familièrement des vertus propres aux laboureurs.

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jamais elles ne le furent. Que béni soit Dieu de vous avoir donné cet esprit et l’ardente charité de Jésus-Christ qui vous presse, comme nous le voyons, de courir au secours des âmes qui lui coûtent tout son sang ; et bénis ceux qui pressés par la même charité vous assistent en une entreprise de vraie laborieuse, mais si honorable, et si noble, qu’il n’en est point de plus excellente, puisque c’est celle qui divinise les hommes, qu’elle associe aux travaux du Sauveur, et les fait ses coopérateurs au salut des hommes mêmes pour lesquels il est mort. Hommes entre lesquels je ne doute pas qu’on ne doive considérer tous les premiers nés que le monde n’a daigné quasi regarder, les laboureurs et autres habitants des villages, puisqu’ils ont été singulièrement considérables à Notre Seigneur, qui pour leur témoigner son particulier amour a voulu qu’ils eussent les premiers la nouvelle de sa naissance au monde, comme s’il fût né premièrement pour eux, est allé pendant les années de sa manifestation les chercher çà et là par les villages et bourgades pour leur annoncer le Royaume de Dieu ; et enfin a bien daigné par une prérogative de faveur incomparable se les accompagner aux travaux de sa passion. Car Simon Cyrénéen qui l’aida au port de sa croix était, dit l’évangéliste, un homme qui venait du village ; toutes considérations dignes de ce zèle brûlant que vous avez pour les pauvres villageois : aussi, certes, avez-vous cette consolation et cet avantage en votre dessein, que quoique notre siècle soit indiscrètement critique, et que la plupart du monde aujourd’hui mesurant à son sentiment les projets de la dévotion d’autrui se mêle de censurer tous les établissements nouveaux, soit d’Ordres religieux, soit d’autres Congrégations ou Communautés : la vôtre néanmoins par une certain privilège secret, qui est une manifeste bénédiction de Dieu demeure à couvert de la contradiction des langues, et rencontre une approbation générale, et dans l’esprit et dans la bouche de tous ceux qui savent ce que c’est, qui ont été parfumés de la bonne odeur dont vous embaumez tous les lieux où vous allez, et reconnaissent en l’abondance et suavité de vos fruits, que l’arbre qui les produit ne peut être que grandement bon.

Or, outre cette raison qui est générale, j’en ai une autre qui m’est particulière de vous dédier Le Bon Laboureur : c’est l’accueil que vous lui avez fait à sa première sortie qui l’oblige à se représenter à vous sur le point qu’il est de paraître une seconde fois ; et comme il n’est au monde que pour servir à l’instruction des personnes champêtres, il vient vous offrir tout ce qu’il est, et tout ce qu’il peut, et mendier chez vous le crédit qu’il lui faut pour être utilement employé. Non pas que ci-devant il ait été de relais, car, grâce à Dieu, il a été au-delà des espérances de son auteur, mieux venu partout

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où il s’est présenté qu’il ne méritait ; mais parce que la recommandation qui s’y est vue de votre part jusqu’à présent, lui ayant acquis de la créance, il se persuade que quand il s’avouera désormais pleinement de vous, vous le traiterez tout à fait comme vôtre, et qu’avec une extraordinaire charité vous suppléerez ses défauts qui ne sont que trop fréquents.

Il eût été mieux pour lui qu’avant d’entreprendre l’instruction des autres, il eût pris lui-même ses Institutions chez vous ; mais pour tout dire, il m’est arrivé quelque chose de pareil à ce qui advint autrefois à un grand ecclésiastique d’Espagne, Maître Avila (3), quand il vit la Compagnie de Jésus établie par S. Ignace : Voilà, dit-il, un dessein que j’avais conçu, mais avec tant de confusion que mon esprit n’a pu l’enfanter. Je dis que le même en quelque façon m’est advenu, sans vouloir pour cela entrer en comparaison avec ce grand homme. Et de fait, c’est une vérité que je crois vous avoir autrefois avouée, qu’ayant pensé dès longtemps à contribuer ce que je pourrais au secours des pauvres gens des villages, obligé et par ma naissance, et par ma condition d’ecclésiastique, et par les nécessités que chacun ne voit que trop partout : comme je m’étais mis en devoir de faire réussir ce projet selon ma portée, j’appris heureusement l’Institut de votre Congrégation vouée au salut de ces mêmes personnes pour qui je prétendais travailler, et ce fut cette sympathie d’inclination et de visée à même but qui me fit ardemment rechercher l’honneur de votre connaissance, que je chérirai toute ma vie, et le moyen d’apprendre dans la pratique de vos exercices, où de votre grâce vous me donnâtes autant d’emploi que mon loisir me le permit, à être bon Missionnaire, et qui me fit avouer spécialement que je rencontrais en vos missions ce que j’avais cherché avec tant de peine et que je n’avais point trouvé ailleurs, la vraie façon d’assister utilement les laboureurs. Et n’eût été que le pauvre Bon Laboureur s’était dès lors montré plus qu’à demi, et que son impression était presque achevée, je l’eusse retenu tout à fait, mais jusqu’à ce qu’il eût appris en votre école ce qu’il aurait par après à redire aux gens des villages : toutefois, comme il était fort avancé, je lui permis, parce que vous l’ordonnâtes ainsi, de se laisser voir, à charge que si une autre fois, il repassait sous la presse, vous lui feriez la charité de lui corriger ses défauts ; c’est l’effet de cette promesse qu’il a attendu, et dont vos occupations sérieuses et continuelles, comme je crois, l’ont frustré jusqu’à présent. On ne laisse pas cependant de le presser de se produire encore un coup tel qu’il est, et

3. Le Bienheureux Jean d’Avila, né en 1500, apôtre de l’Andalousie, mort en 1569.

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il le fait pour contenter ceux qui le pressent. Mais ce n’est pas sans prendre vos livrées, afin qu’il ait plus de sujets de se dire vôtre : car il a emprunté de vos missions les règles et l’institution de votre Confrérie de la Charité, pour les publier partout où il se trouvera, comme exercices très propres aux laboureurs, et de piété exemplaire et grandement nécessaire aux villages : avec espérance toujours que vous lui ferez un de ces jours la charité entière et tiendrez coup à votre promesse, afin qu’il paraisse moins défectueux la troisième fois qu’il se montrera, s’il passe si avant ; c’est de quoi je vous supplie, Monsieur, et de me continuer l’honneur de vos bonnes grâces, avec la place que vous m’avez donnée parmi vos missionnaires, et la qualité de, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.

R. DOGNON.

10. — A LA SŒUR HELENE-ANGéLIQUE LHUILLIER (1)

De Saint-Lazare, ce jour des Rameaux, à neuf heures. (2)

Ma très chère Sœur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu votre lettre d’hier avec consolation, et celle de notre digne Mère (3) pour le Visiteur (4), que je tiens aussi très chère, et espère participer au profit que vous faites de la lecture de ces lettres. Je vous remercie de tout cela et vous prie, ma chère sœur, de dire à la bonne fille destinée pour Le Mans (5) de votre grâce ce qu’elle a à faire. Son frère me vient de dire qu’elle est dans une sainte impatience de son bonheur. Et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur et du cœur qu’il sait, ma très chère Sœur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENS DEPAUL.

Prêtre indigne de la Mission.

Lettre 10. — Lettre autographe.

Original aux Archives de la Mission. Publié dans les Annales C.M. 1926, p. 473-474, et 1937, p. 237.

1). Religieuse du premier monastère de la Visitation de Paris. Voir notice dans l’édition Coste, t. I, p. 64 (en note).

2). Très probablement 9 avril 1634.

3). Sainte Jeanne de Chantal.

4). Sur le Visiteur dans l’Ordre de la Visitation, voir dans l’édition Coste, t. I, p. 370 (note 4)

5). La Visitation fut établie au Mans en 1634. Les six premières religieuses y arrivèrent le 22 juillet 1634.

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11. — A M. DE MONTHOLON (1)

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais.

Je suis bien fâché de ce que je n’ai eu le bonheur de me trouver céans lorsque vous nous avez fait l’honneur de venir. J’étais à un petit village près d’ici, mais je suis revenu un quart d’heure après votre départ et ai trouvé Monsieur votre frère (2). Mon Dieu, Monsieur, que je sens la peine que lui et les autres vous donnent. Il m’a conté son affaire (3) et quoi que je lui ai pu dire de la peur que j’ai qu’il n’ait pas bien rencontré, qu’il vous doit croire absolument et suivre le conseil de vos communs parents et quelque chose même de la maison où il s’allie, que je connais (4), je n’ai fait que davantage échauffer sa passion. Je lui avais demandé permission de vous aller voir avec M. le Curé de Saint-Germain (5), mais comme j’ai été à Saint-Merri (6), j’ai été saisi d’une vive appréhension qu’il s’échappât, et m’en suis retourné et l’ai trouvé reposant. C’est pourquoi j’ai pris le temps de vous faire ces lignes pour vous prier de me mander l’ordre selon lequel il vous plaît que je m’y comporte, en attendant que j’aie

Lettre 11. — Lettre autographe. Original mis en vente par la maison Charavay, dont le Catalogue (Autographes et Documents historiques. Ventes des 10 et 11 décembre 1957) donne une photographie du document. Publié dans Les Annales C. M. 1957, p. 674-681 (photographie, transcription avec disposition et orthographe de l’original, commentaire historique).

Date : sans doute décembre 1634 (début du séjour de Jean de Montholon à Saint-Lazare).

1). Guy-François de Montholon, né en 1600 à Paris, avocat au Parlement en 1618, conseiller d’Etat en 1645, mort en 1679.

2). Jean de Montholon, né en 1613, donc âgé alors de vingt et un ans seulement.

3). Voici comment on peut sommairement reconstituer cette affaire : En 1632, Jean de Montholon épouse Jeanne Jeannesson ; l’aîné de la famille (Guy-François, tuteur de ses frères depuis la mort du père en 1632), estimant qu’il y a eu mésalliance, fait annuler le mariage par arrêt du Parlement ; la Sorbonne, consultée par Jean, le déclare valide (1633) ; le 28 septembre 1634, Guy-François obtient une sentence de la Prévôté de Paris l’autorisant à faire enfermer Jean et le 5 décembre 1634, Jean est enfermé au prieuré de Saint-Lazare, où des places étaient réservées aux fils de famille "dévoyés". La lettre publiée ici a trait au début de ce séjour de Jean à Saint-Lazare. En 1635 (après le 28 mars), Jean de Montholon s’évada ; Monsieur Vincent écrivit alors une autre lettre à Guy-François pour présenter ses excuses (lettre publiée dans l’édition Coste, t. I, p. 291-293).

4). Les parents de Jeanne Jeannesson étaient seigneurs de Clichy-la-Garenne ; c’est là sans doute que Monsieur Vincent les a connus, lorsqu’il était cure de cette paroisse.

5). Probablement Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse de Paris.

6). Paroisse de Paris.

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l’honneur de vous voir demain pour vous remercier comme je fais très humblement de l’heureux commencement que vous avez donné à notre défense (7). L’on m’a fait savoir de la part de deux de nos sages que vous avez fait des merveilles. J’espère, Monsieur, que la fin en sera encore plus heureuse et que Notre-Seigneur vous en réserve une grande récompense au Ciel et suis, en son amour, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENS DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur de Montholon, avocat à la Cour.

12. — LETTRE DE M. COLOMBET (1) A SAINT VINCENT

Jésus Maria

Monsieur,

Mlle Lamy (2) estime qu’il n’est pas à propos d’avoir, dans le commencement, deux servantes (3). Il suffit que nous en ayons une bonne pour ne pas faire crier ceux qui se sont imaginé que cela ruinerait la Charité, tant qu’à présent il n’y a que cinq ou six malades ; mais, dans quelque temps, l’affaire étant bien établie, nous y joindrons une compagne suivant vos ordres. S’il y avait moyen de l’avoir promptement, cela nous aiderait beaucoup ; néanmoins, il vaudrait mieux attendre pour en avoir une excellente. S’il est besoin d’envoyer à La Villette (4), je vous supplie d’y envoyer ce garçon et lui commander ce que vous désirez qu’il fasse. Je vous souhaite le bonjour. Je me recommande à vos prières.

7. Depuis l’union du Prieuré de Saint-Lazare à la Congrégation de la Mission (1632) Saint Vincent avait eu à vaincre de nombreuses et tenaces oppositions en particulier devant le Parlement ; l’appui des gens en place était indispensable

Lettre 12. — Lettre autographe.

Original en possession (1931) de M. l’abbé Lorenzo, du clergé de Paris. Publié dans les annales C. M. 1932, p. 5-6.

Date : l’année même où fut établie la Charité de Saint-Germain-l’Auxerrois (1637),

Saint Vincent transmit cette lettre à Sainte Louise de Marillac, en écrivant quelques lignes au-dessous du texte.

1). Curé de Saint-Germain-l’Auxerrois.

2). Dame de la Charité.

3). Servantes des pauvres ou Filles de la Charité.

4). Alors village de la banlieue, aujourd’hui quartier de Paris.

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Nous aurons dimanche prochain M. Pavillon (5) pour faire une prédication de la Charité (6), afin de faire savoir à tout le monde ce que c’est et faire cesser les bruits. Je vous supplie très humblement de recommander instamment l’affaire à Dieu et me mander si vous jugez cette prédication être à propos, et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

COLOMBET.

10 février 1637.

"La quatrième de nos missions se fit il y a quinze jours, dans laquelle il s’est fait plus de deux mille confessions générales, quoique nous ne fussions que six ouvriers, et sur la fin huit ; nous étions accablés de peuple qui y abordait de sept ou huit lieues du pays, nonobstant la rigueur du froid et l’incommodité du lieu, qui est un vrai désert. Ces bonnes gens apportaient leurs provisions pour trois ou quatre jours, et se retiraient dans les granges ; et là on les entendait conférer ensemble de ce qu’ils avaient oui de la prédication et au catéchisme. Et à présent l’on voit ici les paysans et leurs femmes faire la mission eux-mêmes dans leurs familles ; les bergers et les laboureurs chanter les commandements de Dieu dans les champs, et s’interroger les uns les autres de ce qu’ils ont appris pendant la mission. Enfin, la noblesse pour laquelle il semblait que nous ne parlions pas, nous servant d’un langage si grossier comme nous faisons, après s’être acquittée chrétiennement et exemplairement de son devoir, ne nous a pas laissé partir qu’en fondant tout en larmes. Cinq huguenots ont abjuré leur hérésie en cette dernière mission, quatre desquels qui nous fuyaient auparavant sont venus eux-mêmes nous y chercher ; et cela, Messieurs, pour nous apprendre, comme vous me l’avez souvent enseigné, que la conversion des âmes est l’ouvrage de la grâce, auquel nous mettons souvent empêchement par notre propre esprit ; et que Dieu veut toujours opérer, ou dans le néant, ou par le néant ; c’est-à-dire en ceux et par ceux qui reconnaissent et confessent leur impuissance et leur inutilité."

5. Nicolas Pavillon, né à Paris en 1597, nommé en 1637 à l’évêché d’Alet, mort en 1677.

6). Prédication au sujet de la Confrérie de la Charité.

Lettre 13. — Abelly L. La vie du Vénérable serviteur de Dieu, M. Vincent de Paul,1664, II, p. 33-34.

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14. — A LOUISE DE MARILLAC

M. le Curé de Saint-Germain m’a écrit la présente. J’ai baillé un billet à cette bonne fille que vous m’avez adressée à Mme Goussaultl. Monsieur votre fils se porte bien, et moi, je suis votre serviteur

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

15. — A LOUISE DE MARILLAC

La lettre n° 370 de l’édition Coste (t. I, p. 555-556), adressée à Louise de Marillac vers 1638, a été publiée par Coste d’après l’édition Pémartin (1880), t, II, p. 3. Depuis, l’original de cette lettre a été retrouvé (1942) à l’hôpital de Tarbes, desservi par les Filles de la Charité. Le texte conforme à l’original a été publié dans les Annales de la Congrégation de la Mission 1941-1942, p. 559. Les différences avec le texte Pémartin-Coste sont insignifiantes, c’est pourquoi nous n’estimons pas utile de reproduire ici ce texte. Une photographie de cette pièce figure dans les Archives de la Mission.

16. — A FRANçOIS DU FESTEL (1)

De Saint-Lazare, ce 8 mai 1638.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre du 3 mai et vu par icelle : 1° la difficulté de continuer la mission auprès des soldats ; 2° le bruit qui court sur Saint-Lazare ; 3° qu’on trouve à redire de ce qu’on n’a écrit à personne de la ville pour recommander la Compagnie.

Lettre 14. — Lettre autographe, écrite au bas de la lettre de M. Colombet

Original en possession (1931) de M. l’abbé Lorenzo, du clergé de Paris. Publié dans les Annales, C. M., 1932, p. 6.

Date : d’après les données mêmes de la lettre de M. Colombet : l’année même où fut établie la Charité à Saint-Germain-l’Auxerrois (1637).

1). Dame de la Charité.

Lettre 16. — Lettre autographe.

Original chez les Sœurs de la Charité de Besançon, à Besançon. Photocopie de l’original dans les Archives de la Mission.

1). François Du Festel, né à Oisemont (diocèse d’Amiens), reçu dans la Congrégation de la Mission en 1633, prêtre en 1636, supérieur de la maison de Troyes de 1638 à 1642, quitte la Congrégation de la Mission en 1646.

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Or je vous dirai quant au premier qu’il est vraisemblable que l’étonnement du pauvre peuple l’empêcherait de profiter de la mission et qu’il faut attendre avec patience] e temps des ordinands pour y faire les exercices si Monseigneur de Troyes (2) l’agrée, sinon il sera bon d’aller faire la mission aux autres lieux qui dépendent de M. le Commandeur (3), que si tant est que vous fassiez] es ordinands, je vous enverrai M. Baudet (4) que j’ai retenu ici exprès pour cela, mais il m’en faut donner avis avant le temps.

Quant au bruit qui court sur Saint-Lazare, qu’y ferons-nous ? Il faut supporter ces bruits avec patience, Notre-Seigneur les fera évanouir puisqu’il n’y a point de fondement.

Je vous ai écrit le sentiment de M. le Commandeur et du Père de Gondi (5) touchant le troisième point ; il vaut mieux manquer avec le conseil de ces deux bons esprits que de s’ingérer de soi-même ; je leur en parlerai encore une fois et leur communiquerai votre lettre.

Il sera bon que vous me donniez avis de tout ce qui nous regarde, et cela par tous les messagers ; écrivez, s’il vous plaît, à Monseigneur de Troyes touchant les ordinands, non pas comme mettant la chose en doute, mais pour savoir de lui s’il y aura beaucoup d’ordinands.

Le jeune homme qu’il nous a envoyé n’ayant point désir d’être de la Compagnie, et pour ce qu’il y aurait là danger, à ce qu’on craint, qu’il n’indisposât les autres écoliers qui désirent tous être de la Compagnie, nous avons pensé à le mettre au Collège du Cardinal (6) où nous lui paierons la pension bien volontiers et le ferons répéter parfois, de sorte qu’il sera comme s’il était chez nous, n’y ayant qu’une muraille entre ce Collège et le nôtre. Je vous prie, Monsieur,

2. René de Breslay, évêque de Troyes (1604-1641).

3). Noël Brulart de Sillery, chevalier de Malte, commandeur de Troyes, né en 1587. Après avoir exercé diverses charges à la Cour, il reçut le sacerdoce en 1634. Ami de Saint Vincent de Paul et bienfaiteur de la Congrégation de la Mission, il mourut à Paris en 1640.

4). Sans doute, Jacques Boudet, prêtre de la Mission, né à Epinay (diocèse de Paris), entré dans la Congrégation de la Mission en 1634.

5). Philippe-Emmanuel de Gondi, "fondateur" avec sa femme, morte en 1625, de la Congrégation de la Mission. Devenu veuf, il quitta sa charge de Général des Galères de France et entra à l’Oratoire. Bienfaiteur de l’établissement des Missionnaires de Montmirail. Il mourut à Joigny le 29 juin 1662.

6). Collège du Cardinal Lemoine, séparé du Collège des Bons-Enfants par un mur mitoyen.

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de le dire à Monseigneur de Troyes, et que nous aurons soin particulier de lui et de payer sa pension sans qu’il soit besoin qu’il paie autre chose, il suffira qu’on l’entretienne d’habillement.

Je dois partir ce matin pour Brie-Comte-Robert (7) et de là je pourrai aller faire un tour à Fréneville (8), pour être de retour la veille de l’Ascension.

Je salue de tout mon cœur Mrs Du Chesne (9), Savary (10) et notre frère René (11), et suis en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENS DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur Du Festel, prêtre de Mission à Sancey (12).

17. — LETTRE DE G.PLUYETTE A SAINT VINCENT

Monsieur,

Ne pouvant aller à Paris, je vous prie bailler les six… à moi dûs à cause de la bourse de bonne aumône (du) cousin Etienne Pluyette échus le jour de Noël, et m’obligerez, qui suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

G. PLUYETTE.

De Fontenay, ce 25 décembre 1638.

7). Localité de Seine-et-Marne à 30 km de Paris. Les Missionnaires et Saint Vincent lui-même y ont prêché Une mission à prêcher de cinq en cinq ans y a été fondée par le Commandeur de Sillery.

8). Hameau de la commune de Valpuiseaux, en Seine-et-Oise. La Congrégation de la Mission y possédait une ferme où, à plusieurs reprises, Saint Vincent fit des séjours plus ou moins prolonges.

9). Pierre Du Chesne, Prêtre de la Mission, reçu dans la Congrégation de la Mission en 1637, placé peu après au Séminaire de Troyes. Mort à Agde le 3 novembre 1654.

10). Pierre Savary, Prêtre de la Mission, né en 1606 à Neuville-Vitasse (diocèse d’Arras), entré dans la Congrégation de la Mission en 1637, placé au Séminaire de Troyes.

11). Frère coadjuteur de la Mission, non identifié.

12). Localité située près de Troyes, appelée aujourd’hui Saint-Julien, lieu de résidence provisoire des Missionnaires de Troyes.

Lettre 17. — Lettre autographe. Original aux Arch. Nat. (Paris) M. 105 (Collège des Bons-Enfants).

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