Correspondance (page 7)

Vincent de Paul · Lettres

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Correspondance, éd. Coste, tomes I-VIII + XV · 69 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

167. — A LOUISE DE MARILLAC

[Vers 1634] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai vu cette bonne fille Madeleine. Je pense qu’il y aura un peu à travailler à elle, que ses passions sont un peu fortes. Mais quoi ! quand elles ont la force de se surmonter, elles font, après, des merveilles. Vous la recevrez donc, s’il vous plaît ; et je parlerai à Madame la garde des sceaux (2).

Quant à cette bonne fille d’Argenteuil qui est mélancolique, je pense que vous avez raison de faire difficulté de la recevoir ; car c’est un étrange esprit que celui de la mélancolie. Il me semble que vous en avez assez pour quelque temps et que vous les devez fort exercer à lire et à travailler de l’aiguille, afin qu’elles puissent travailler à la campagne.

Je vous attendrai mardi. Bon jour, Mademoiselle. Je suis, Mademoiselle, votre serviteur très humble.

VINCENT DEPAUL

4). La copie porte principal, titre auquel le saint avait droit, mais qu’il ne prend dans aucune de ses lettres ; il est hors de doute que le copiste a mal lu.

Lettre 167. — L. a. — Original à Madrid, dans la maison centrale française des Filles de la Charité.

1) Cette lettre semble écrite dans les commencements de la compagnie des Filles de la Charité et peu après la lettre 161.

2). Madame Séguier.

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Vous renverrez donc la compagne de celle-ci, s’il vous plaît.

168. — A LOUISE DE MARILLAC

[*1635] (1)

Je reçus hier la vôtre, qui m’attendrit un peu le cœur, voyant par icelle la petite indisposition qui vous a obligée à vous mettre au lit à votre arrivée, et prie bien Dieu, Mademoiselle, qu’il vous fortifie pour le pouvoir servir en l’œuvre pour laquelle il vous envoie.

Voici votre règlement de Saint-Nicolas et celui de Saint-Sauveur ; mais servez-vous, s’il vous plaît, à Beauvais de celui de ce lieu-là et tâchez d’y mettre en usage, comme ailleurs, les choses qui n’y sont pas.

169. — A LOUISE DE MARILLAC, A BEAUVAIS * (@)

[1634] (1)

Mademoiselle,

Je vous le disais bien, Mademoiselle, que vous trouveriez de grandes difficultés en l’affaire de Beauvais. Béni soit Dieu de ce que vous l’avez si heureusement acheminée ! Quand s’établit la Charité à Mâcon (2), cha-

Lettre 168. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35.

1). Si, comme il semble, Louise de Marillac reçut les lettres 168 169, 170, 17, 172, 173 et 174 au cours d’un seul et même voyage dans le diocèse de Beauvais, cette date est la seule qui puisse convenir. L’absence de Louise eut lieu vraisemblablement entre les mois d’avril et de juillet

Lettre 169. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35 * Cette lettre se retrouve, reproduite d’après l’original, à la fin du tome XIII, p.833

1). La date du 25 juillet 1635 que donne à cette lettre le manuscrit Saint-Paul a contre elle la lettre 201. Abelly maintient l’année 1635 (op. cit., chap. xv, p. 62) ; Collet a compris qu’elle devait être de 1634 (l. II, p. 105). Elle se rattache aux lettres 168, 170, 171 et suivantes.

2). C’était vers 1620. Le saint passait par Mâcon. Le grand nombre de pauvres le frappa. Il s’aperçut que leur dénuement matériel était

@) VOIR texte complet de l’original en XIII, pp. 833-835.

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cun se moquait de moi et me montrait au doigt par les rues ; et quand la chose fut faite, chacun fondait en larmes de joie ; et les échevins de la ville me firent tant d’honneur au départ que, ne le pouvant porter, je fus contraint de partir en cachette pour éviter cet applaudissement ; et c’est là une des Charités [les] mieux établies. J’espère que la confusion qu’il vous a fallu souffrir au commencement se convertira en consolation, et que l’œuvre en sera plus affermi.

J’approuve ce que vous dites, d’ériger la confrérie et de l’accommoder à l’état des autres du diocèse ; et ai envoyé votre lettre à M. de Beauvais pour cela, à ce matin. Il part dès aujourd’hui et pourra être samedi a Beauvais. Vous lui en parlerez et prendrez garde à vous ménager dans le peu de santé que vous avez. J’ai bien peur que cette grande fatigue ne vous accable.

Je salue de tout mon cœur et suis très humble serviteur de la bonne Madame Villegoubelin, votre bonne et charitable hôtesse, laquelle la Providence a mené à propos à Beauvais pour faire le bien qu’elle y fait. Oh ! que je lui souhaite une meilleure santé et une très longue et heureuse vie ! Ayez soin de la vôtre, Mademoiselle. je le vous dis encore derechef.

peu de chose auprès de leur dénuement spirituel. Il y avait du bien à faire, il s’arrêta. Les hommes et les femmes de la classe aisée, répondent à son appel, s’associèrent en deux confréries distinctes. Aux premiers il confia l’assistance des pauvres ; aux secondes, le soin des malades. L’évêque, les chanoines, le lieutenant général le secondèrent de leur mieux. Un règlement fut fait et appliqué. Le saint donna la première aumône et se retira, salué par la reconnaissance de tous. (Abelly, op. cit., t. I, chap. xv, p. 61 et suiv.)

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170. — A LOUISE DE MARILLAC *

(1634) (1)

Je me sens pressé par l’aumône de Madame la garde des sceaux (2) de faire ce qui se pourra pour établir la Charité dans Saint-Laurent (3) ; mais j’attendrai que vous soyez ici pour y travailler.

J’ai encore votre lettre à Mademoiselle Guérin et ai vu Marguerite (4), de Saint-Paul, qui trouve le fardeau de cette paroisse-là insupportable, à cause de la grandeur d’icelle et de la quantité des malades et que les dames ne vont point.

171. — A LOUISE DE MARILLAC

[*1635] (1)

Je vous remercie de l’avis qu’il vous a plu me donner de l’état de la Charité de Beauvais. M. de Beauvais (2) y doit aller faire la mission au mois d’octobre. Peut-être qu’alors l’on pourra disposer plus de personnes à s’y mettre. Mondit sieur de Beauvais s’en va faire la mission à Liancourt ; peut-être que vous y serez auparavant ; ne vous hâtez pas pourtant pour l’éviter. Suivez l’ordre de la Providence. Oh ! qu’il est bon de se laisser conduire par elle !

Lettre 170. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35. Cette lettre se retrouve, reproduite d’après l’original, à la fin du tome XIII, p. 833

1). La Charité de Saint-Laurent fut fondée en 1634. (Voir lettre 179)

2). Madame Séguier.

3). Nom de la paroisse sur laquelle était située la maison de Saint-Lazare.

4). Fille de la Charité

Lettre 171. — Manuscrit Saint-Paul, p. 36..

1). Voir lettre 168, note 1.

2. Augustin Potier, évêque de Beauvais.

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Ayez bien soin de votre santé et n’épargnez rien pour vous nourrir pendant votre grand travail ; j’ai toujours opinion que vous ne vous nourrissez pas assez.

Je vous supplie de saluer très affectionnément, de ma part, la bonne Mademoiselle du Coudray et toutes les bonnes sœurs de la Charité de Bulles, sans oublier la bonne Mademoiselle Toinette, à Clermont, si le loisir vous permet de la voir.

172. — A LOUISE DE MARILLAC

[*1635] (1)

Je suis bien étonné, Mademoiselle, de ce que vous n’avez reçu deux de mes lettres, dont j’ai baillé l’une à M. le théologal de Beauvais, et je lui ai envoyé l’autre, pour les vous bailler en main propre. Or, il m’a mandé qu’il vous avait envoyé la première, et pour la seconde. que vous étiez déjà partie pour Bulles (2) et qu’il tâcherait de la vous faire tenir. Certes, je ne me puis empêcher de penser je ne sais quoi. Oh bien ! cela n’est rien, il faut acquiescer à tous les rencontres de la Providence.

Pour Gournay (3), si Madame la présidente (4) y est, ce que je ne sais pas, ni ne le puis savoir, il est trop tard d’y envoyer. Je dis donc qu’au cas qu’elle y soit, qu’il lui faudra deux jours pour le moins. Donnez-lui-en autant que vous trouverez bon, s’il vous plaît.

Monsieur de la Salle a vu la femme que Madame de Longuevilles a fait enfermer à Creil selon le désir de

Lettre 172. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Voir lettre 168, note 1.

2). Dans l’Oise

3). Gournay-sur-Aronde (Oise). René de Marillac, cousin germain de Louise de Marillac, avait épousé Marie de Creil, fille du seigneur de Gournay.

4). Probablement la présidente de la Charité.

5). Louise de Bourbon, sœur du dernier comte de Soissons, épouse

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Madame de Liancourt (6). Vous direz, s’il vous plaît, à madite dame qu’il n’a pu tirer autre raison de cette bonne femme sinon qu’elle fera tout ce qu’on voudra, pourvu qu’elle ait liberté, et qu’elle ne retombera plus au mal. Et, pour le regard des enfermés, ledit sieur de la Salle juge que jamais elle n’y entendra.

Je salue très humblement madite dame et suis son serviteur.

J’ai reçu la lettre et les clefs que Madame de Longueville m’a envoyées.

Quant à la peine que vous avez eue, que vous me marquez vers la fin de votre lettre, nous en parlerons.

Je salue Mademoiselle Poulaillon.

Madame la présidente Goussault est de retour depuis deux jours.

Je suis v. s.

V. D.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Liancourt.

de Henri II, duc de Longueville. Elle mourut le 9 septembre 1637 laissant une fille, Marie d’Orléans, demoiselle de Longueville.

6). Jeanne de Schomberg, fille du maréchal Henri de Schomberg, épouse de Roger de Liancourt du Plessis, avait de la piété et des talents. On a d’elle un opuscule intitulé Règlement donné par une dame de haute qualité à Madame*** (la princesse de Marsillac), sa petite-fille, édité par l’abbé Jean-Jacques Boileau, Paris, 1698, in-12. Le château de Liancourt était renommé pour la beauté de ses jardins et ses admirables jets d’eau. C’était une demeure vraiment princière, que connaissait toute la haute société. Madame de Liancourt y reçut plus d’une fois Louise de Marillac, qu’elle appelait sa chère amie. Elle l’aida puissamment dans ses œuvres de charité, seconda le zèle d’Adrien Bourdoise et prit sous sa protection les Filles de la Providence. Pascal, Arnauld, et Le Maistre de Sacy finirent par la gagner complètement au jansénisme elle et son mari. Elle mourut au château de Liancourt le 14 juin 1674, âgée de soixante-quatorze ans. L’abbé Boileau a écrit sa vie en tête de l’opuscule mentionné ci-dessus. On trouve aussi sa notice dans l’ouvrage janséniste de l’abbé Leclerc, Vies intéressantes et édifiantes de religieuses du Port-Royal et de plusieurs personnes qui leur étaient attachées, 1750-1752, 4 vol. in-12, t. I, p. 411 et suiv.

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173. — A LOUISE DE MARILLAC, A LIANCOURT

[*1635] (1)

Béni soit Dieu, Mademoiselle, de la bénédiction qu’il vous a donnée à Beauvais et à Bulles, et plaise à sa bonté la continuer où vous êtes.

La proposition de l’établissement de la Charité me paraît bien ; mais je crains bien que la maison ne la ruine (2). Les sœurs de la Charité se déchargeront dans peu du soin d’aller trouver les malades chez eux et se contenteront d’apporter l’ordinaire à l’Hôtel-Dieu, et les gardes des malades y contribueront pour se décharger de la même peine ; de sorte que les unes et les autres contribuant à ce désordre, il arrivera bientôt. L’expérience que nous en avons à Joigny me le fait craindre avec sujet. Ce qui se peut, quant à présent, est de faire l’établissement et de travailler à avoir des filles. J’approuverais que vous laissassiez Marie pour commencer, n’était le besoin que vous en avez. Si Madame (3) vous pouvait donner quelque personne propre pour cela, ou Mademoiselle Pavillon, vous la pourriez laisser et dresser ici celles que Madame vous pourra donner, ou la sœur de l’écolier que les gardes des malades de Saint-Nicolas entretiennent, qui m’est venue voir et s’est offerte à venir toutes fois et quantes qu’on voudra. Elle me paraît bonne fille. Je vous enverrai Monsieur de la Salle, qui pourra arriver à Liancourt samedi au soir ou dimanche matin. Vous verrez cependant, avec Madame, se qui sera pour le mieux ; mais il ne faut pas

Lettre 173. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Voir lettre 168, note 1.

2). Madame de Liancourt tenait à ce qu’il y eût une maison commune où se ferait la distribution des secours et des remèdes. La visite à domicile en aurait souffert.

3). Madame de Liancourt.

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oublier d’avoir la permission de Monseigneur de Beauvais pour faire l’établissement, si déjà il ne l’a donnée. Que s’il a dit à Madame qu’il le veut bien, c’est assez. Que si Madame n’a point cette permission et qu’elle écrive à Monsieur de Beauvais, et il lui plaît envoyer Monsieur Duchesne (4) pour faire la prédication le dimanche, M. de la Salle fera le reste, et la prédication aussi, au cas que ledit sieur Duchesne ait commencé ses remèdes ; mais pource que M. de la Salle a une espèce de sciatique à la cuisse, qui l’empêche de marcher, Madame lui fera la charité, s’il lui plaît, de lui envoyer un cheval qui soit ici demain au soir.

Quant : à ce qui reste à faire à Beauvais, je pense qu’il est nécessaire que vous y repassiez et qu’y étant vous demandiez à Monsieur le théologal la lettre que je vous écrivis par son adresse dimanche passé, s’il ne la vous a envoyée. Et voilà tout ce que je vous dirai pour le présent, sinon que M.. de la Salle vous portera des nouvelles de M. votre fils.

Je suis cependant en]’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

174. — A LOUISE DE MARILLAC, A LIANCOURT

[*1635] (1)

Mademoiselle,

Je crains la maison (2) si Madame (3) y met à présent les

4. Jérôme Duchesne, archidiacre de Beauvais

Lettre 174. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Voir la lettre 168, note l.

2). Voir la lettre précédente, note 2,

3). La duchesse de Liancourt.

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filles (4). Elle verra dans quelque temps s’il sera expédient qu’elle y fasse transporter les malades. La saison n’est guère aisée pour l’établissement de la Charité en plusieurs endroits. Si Madame ne se contente de Liancourt pour le présent, je pense qu’il n’est pas expédient qu’elle le fasse qu’en deux ou trois villages contigus seulement.

Monseigneur de Beauvais désire que nous parlions à plein fond de l’union de la Charité au Rosaire (5) pour tout son diocèse. Alors Madame pourra établir et unir le Rosaire et la Charité, à l’instar de ce qui aura été résolu. Mondit seigneur me mande que je lui en écrive ma pensée et qu’il en conférera cependant avec le R. P. prieur des Jacobins 6, Peut-être sera-t-il nécessaire de se voir pour cela, pource que les Pères de cette ville en font difficulté.

Tout considéré, je pense qu’il n’est pas expédient que vous retourniez pour le présent à Beauvais. Quand vous aurez fait à Liancourt et, si besoin est, à Gournay, ainsi que Mademoiselle Poulaillon vous y pourra convier, si vous le trouvez bon, un peu de repos sera nécessaire ; et étant ici, l’on travaillera au règlement de Beauvais. Je pense même qu’il n’est pas expédient à présent d’arrêter celui de Liancourt, à cause de cette maison et des filles ; mais baillez-leur l’ordinaire non signé ; car l’expérience fera peut-être voir qu’il faudra ajouter ou diminuer. Notre-Seigneur ayant donné la loi de grâce aux hommes

4). Les filles de bonne volonté qui devaient aider les dames dans leurs œuvres de charité.

5). La confrérie du Rosaire était alors très répandue dans les villes et les villages. Saint Vincent l’avait établie à Clichy quand il en était curé. (Abelly, op. cit., t I, chap. VI, fin, p. 27.)

6). Les religieux de Saint-Dominique, directeurs de la confrérie du Rosaire n’étaient pas en général favorables à l’union de cette confrérie avec d’autres.

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sans l’écrire, faisons ici de même pour quelque temps. Je suis cependant v.s.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

175. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1632 et 16361, probablement le 22 juillet] (2)

Je suis comme vous, Mademoiselle ; il n’y a rien qui me peine plus que l’incertitude ; mais, certes, je désire bien qu’il plaise à Dieu me faire la grâce de me rendre tout indifférent, et à vous aussi. Or sus, nous travaillerons, s’il plaît à Dieu, à nous acquérir cette sainte vertu.

Je fus hier jusques à cinq heures à Saint-Victor (3) avec Monseigneur l’archevêque (4), qui m’avait commandé de m’y rendre ; et à cette heure-là, il me fit monter en carrosse pour aller à la ville avec lui, d’où je m’en vins coucher céans (5) sans aller au collège. Cela est cause que vous n’eûtes point de mes nouvelles. Si tantôt, après-dînée incontinent, vous prenez la peine de vous rendre au collège, nous parlerons de tout, et je serai, en l’amour de Notre-Seigneur, celui de la sainte Vierge et de sainte Madeleine (6), votre serviteur.

Lettre 175. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Cette lettre suit la prise de possession de Saint-Lazare (8 janvier 1632) et précède l’établissement des Filles de la Charité à La Chapelle mai 1636).

2). Voir note 6.

3). A l’abbaye Saint-Victor.

4). Jean-François de Gondi.

5). A Saint-Lazare.

6). ce mot laisse supposer que saint Vincent écrivait sa lettre le 22 juillet, fête de sainte Marie Madeleine.

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176 — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1634 et 1636] (1)

Voilà donc enfin la première victime que Notre-Seigneur a voulu prendre de vos Filles de la Charité (2). Béni en soit-il à jamais ! J’espère, Mademoiselle, qu’elle est très heureuse, puisqu’elle est morte dans l’exercice d’une vertu avec laquelle elle ne s’est pu perdre ; car elle est morte dans l’exercice du divin amour, puisqu’elle est morte dans celui de la charité. Je prie Notre-Seigneur qu’il soit là dedans votre consolation et celle de nos très chères sœurs. Je vous supplie de leur donner à toutes le bon jour de ma part.

Il me semble que c’est beaucoup de différer l’enterrement à demain, attendu que vous n’avez autre chambre pour le (3) mettre et qu’il est à craindre que cela ne soit à trop grand’peine à nos filles malades et à vous. Vous en pourrez dire un mot à Saint-Nicolas (4), si cela se pourrait, ce soir ; sinon, à la bonne heure, vous enverrez le billet comme il est, mais les officières ne se pourront point trouver si matin.

Quant aux habits de la fille, je ne vois pas d’inconvénient qu’on les baille à la mère ; cela n’empêchera pas la charité que vous lui ferez, comme de vingt sols ou demi-écu par mois. Je pense qu’il suffira d’envoyer aux filles et non aux officières des paroisses.

Lettre 176. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Cette lettre a été écrite entre la fondation des Filles de la Charité (29 novembre 1633) et le transfert de leur maison-mère à La Chapelle (mai 1636)

2). Il ne s’agit certainement pas de Marguerite Naseau, morte de la peste à l’hôpital Saint-Louis.

3). Le corps de la défunte.

4). Au curé de Saint-Nicolas.

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Pour le reste qui est à la fin de votre lettre, je le veux bien, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur…

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

25 juillet 1634.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je reçus hier la vôtre du 2 de ce mois, par laquelle [vous] me parliez de Saint-Lazare et comme vous avez mis cet affaire en état. Vous me parlez de plus de la version de la Bible syriaque en latin et du jeune homme maronite, et m’envoyez la copie d’une partie des privilèges qu’avez obtenus. Or, je vous dirai que je vis hier Monsieur l’avocat général Bignon, estimé des plus savants et des plus pieux et des plus capables hommes de sa charge de la chrétienté (1), touchant Saint-Lazare. Son avis est donc que, quoiqu’il ne juge pas nécessaire que nous recourions à Rome, que nous le fassions néanmoins, pour arracher, comme il dit, tous les prétextes que l’on pourrait avoir ci-après de nous inquiéter, mais pourtant qu’il

Lettre 177. — Recueil du procès de béatification.

1). Jérôme Bignon, avocat général au Parlement de Paris, conseiller d’état et bibliothécaire du roi, était, au témoignage de Moreri (Le grand Dictionnaire historique, Paris, 1718, 5 vol. in-f°), "un de ces génies extraordinaires que les derniers siècles peuvent hardiment opposer aux plus grands personnages de l’antiquité". A quatorze ans, il était déjà l’auteur des Discours de la ville de Rome, principales antiquitez et singularitez d’icelle. L’année suivante, paraissait le Traité sommaire touchant l’élection du Pape. Sa grande science juridique en fit le conseiller écouté d’Anne d’Autriche. Il travailla au traité d’alliance avec la Hollande (1649) et au traité conclu avec les villes Hanséatiques (1654). Il mourut le 7 avril 1656, à l’âge de soixante-dix ans.

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faut tâcher d’en avoir le meilleur marché que l’on pourra ; que c’est beaucoup de mille écus ; que vous ferez un effort pour l’avoir le meilleur marché qu’il vous sera possible ; que vous leur fassiez entendre que ce bénéfice ne dépend point du Pape, qu’il n’était point aux religieux de Saint-Augustin ; qu’il est à la ville de Paris et que la collation en a toujours appartenu à l’évêque de Paris ; que les prieurs lui ont rendu compte tous les ans de l’administration du revenu ; que cette administration leur a été baillée il n’y a que cent ou six vingts ans ; que ce bien a été administré auparavant par des prêtres séculiers et quelquefois par des laïques, pource que c’est une maladrerie ; qu’il se trouve qu’il y a environ trois cents ans un évêque de Paris, nommé Fulco (2) ôta cette administration à quelques prêtres séculiers, qui vivaient en commun dans la maison, dont l’un était administrateur, et le donna à d’autres, sans autre autorité que de la sienne ; que Poncher, aussi évêque de Paris (3) l’ôta des mains des prêtres séculiers, qui vivaient aussi en commun et dont l’un était prieur, que l’évêque commettait ad nutum, notez cela, et le mit entre les mains des chanoines réguliers de Saint-Augustin, l’an mil cinq cent dix-sept, et en donna l’administration à l’un d’eux, qu’il nomma prieur, déposable aussi ad nutum, sans autorité du Pape, ni d’autre que de la sienne, non pas même du roi, ni de la cour ; que les provisions de ces prieurs ont toujours été ad nutum, que tous ont

2). Fulco de Chanac, évêque de Paris de 1342 au 25 juillet 1349, jour de sa mort.

3). Etienne de Poncher occupa le siège de Paris de 1503 à 1519. Par acte du 20 février 1518, "il promet, tant pour lui que pour ses successeurs, de nommer audit prieuré et maison hospitalière de Saint. Lazare un religieux de la congrégation dudit Saint-Victor, tant qu’elle sera en réforme, et qu’en cas que ladite réforme vienne à se relâcher, lesdits évêques de Paris rentreront en leurs droits d’y établir, comme auparavant, tels autres ecclésiastiques qu’ils voudront." (Arch. Nat. MM 534.}

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rendu compte à l’évêque de Paris et finalement que jamais aucun prieur n’a pris provision en cour de Rome que celui-ci, pour tâcher de se perpétuer, huit ou dix ans après qu’il a été fait prieur par Monsieur l’évêque de Paris, et vous verrez cela même par ses provisions, dont je vous ai envoyé la date ; que je vous prie de tenir et de bien considérer cette remarque que je vous dis ici, de la nature de Saint-Lazare, et pour le faire considérer aux officiers de cette cour-là ; et, quoique le bénéfice ne dépende point du Pape, néanmoins, par la dévotion que nous avons de ne rien posséder que de son autorité, nous avons désiré en cela et son approbation et sa bénédiction. Monsieur l’avocat général, qui connaît la cour de Rome, pour y avoir été, croit que, si vous représentiez bien tout cela aux officiers, que vous en sortiriez bientôt et à bon marché ; que si, après tout, vous n’en pouvez avoir raison dans un mois après les réceptions des présentes, il est d’avis que cela ne vous empêche pas de vous en revenir ; car la confiance que nous devons avoir à la bonne volonté de Monsieur Marchand, et les recommandations que nous en ferons faire de deçà, nous en feront venir à bout à condition raisonnable, ainsi qu’on fait en choses semblables, à la longue.

C’est pourquoi, Monsieur, je vous supplie très humblement d’en user de la sorte et de ne vous pas arrêter pour cela, non plus qu’à la proposition qu’on vous fait de travailler à la version de la Bible syriaque en latin. Je sais bien que la version servirait à la curiosité de quelques prédicateurs, mais non, comme je pense, au gain des âmes du pauvre peuple, auquel la Providence de Dieu vous a prédestiné de toute l’éternité. Il vous doit suffire, Monsieur, que, par la grâce de Dieu, vous avez employé trois ou quatre ans pour apprendre

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l’hébreu et que vous en savez assez pour soutenir la cause du Fils de Dieu en sa langue originaire et confondre ses ennemis en ce royaume. Représentez-vous donc, Monsieur, qu’il y a des millions d’âmes qui vous tendent les mains et vous disent ainsi : Hélas ! Monsieur du Coudray, qui avez été choisi, de toute l’éternité, par la providence de Dieu pour être notre second rédempteur, ayez pitié de nous, qui croupissons dans l’ignorance des choses nécessaires à notre salut et dans les péchés que nous n’avons jamais osé confesser, et qui, faute de votre secours, serons infailliblement damnés. Représentez-vous de plus, Monsieur, que la compagnie vous dit qu’il y a trois ou quatre ans qu’elle est privée de votre présence, qu’elle commence à s’en ennuyer et que vous êtes des premiers de la compagnie, qu’en cette qualité elle a besoin de vos conseils et de vos exemples. Et écoutez, s’il vous plaît, Monsieur, que mon cœur dit au vôtre qu’il se sent extrêmement pressé du désir de s’en aller travailler et de mourir dans les Cévennes et qu’il s’en ira, si vous ne venez bientôt dans ces montagnes, d’où l’évêque crie au secours et dit que ce pays, qui a été d’autres fois des plus dévôts du royaume, périt maintenant de malfaim de la parole de Dieu ; qu’il n’y a point de village où il n’y ait quelques catholiques parmi les huguenots, excepté cinq ou six ; et il y en a quantité où il n’y a point de prêtres, ni d’églises, qui peut-être attendent leur salut de vous et de moi.

Venez donc, Monsieur, et ne tardez plus, s’il vous plaît, si ce n’est environ à un mois ou six semaines, pour faire des efforts pour l’affaire de Saint-Lazare ; et je vous attendrai, au plus tard, vers la fin de novembre ; et amenez quand et vous, s’il vous plaît, le bon Monsieur Gilioli (4) et ce bon enfant maronite, si vous pensez qu’il

4). Jean Gilioli, prêtre de la Mission, inscrit par distraction au ca-

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désire se donner à Dieu en cette petite compagnie ; et exercez-vous, s’il vous plaît, en venant, à son grec vulgaire, pour l’enseigner ici, si besoin est ; que sait-on ?

Monsieur l’ambassadeur de Turquie (5) m’a fait l’honneur de m’écrire, et réclame des prêtres de Saint-Nicolas et de la Mission et pense qu’ils pourront plus faire de delà que je n’oserais vous dire. Or sus, nous verrons ce qu’il conviendra faire lorsque vous serez de deça, tant en cela qu’en toutes autres choses qui regardent notre affermissement.

Mais, au nom de Dieu, Monsieur, faites votre possible pour obtenir les indulgences que Sa Sainteté a données aux Révérends Pères jésuites et de l’Oratoire, quand ils vont en mission à la campagne. L’indulgence est plénière pour ceux qui assistent à leurs instructions, se confessent et communient avec eux à la campagne. Et plût à Dieu que vous en puissiez aussi obtenir pour] es confréries de la Charité, qui font des merveilles, par la grâce de Dieu ! Nous l’avons établie en plusieurs paroisses de cette ville et en avons fait une depuis peu, composée de cent ou six vingts dames de haute qualité (6) qui visitent tous les jours et assistent, quatre à quatre, huit ou neuf cents pauvres ou malades de gelées, consommés, bouillons, confitures et toutes autres sortes de douceurs, outre leur nourriture ordinaire, que la maison leur fournit, pour disposer ces pauvres gens à faire confession générale de leur vie passée et procurer que ceux qui mourront partent de ce monde en bon état et que ceux qui guériront fassent résolution de ne jamais plus offenser Dieu, de sorte que cela se fait avec une béné-

talogue des frères coadjuteurs, était né à Ferrare vers 1606 et était entré dans la congrégation de la Mission en juillet 1629.

5). Le comte de Marcheville.

6). Les dames de l’Hôtel-Dieu.

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diction particulière de Dieu, et non seulement à Paris, mais aussi aux villages ; et c’est pour cette confrérie de la Charité que Mademoiselle Aubry de Vitry vous demande des indulgences, c’est-à-dire pour les femmes qui sont du corps de la confrérie et pour ceux qui ont soin des aumônes.

Or sus, Monsieur, voilà une longue lettre ; mais quoi ! il n’y a pas de moyen que j’aie quitté la plume plus tôt, tant je me console en vous parlant.

Et il faut que je vous prie encore de nous apporter cinq ou six livres semblables aux trois premiers que vous nous avez envoyés touchant les paroisses de la congrégation des prêtres de l’Assomption de Notre-Dame dans les jésuites de Naples, faite par le P. Savone, jésuite, et s’il y en a quelqu’autre qui nous puisse servir pour les missions et pour nos ordinands.

Au reste, Monsieur de Creil (7) ne m’a point demandé de l’argent. J’attendrai qu’il le fasse, pource que j’y ai déjà envoyé et qu’on ne l’a pas trouvé, et que je crois que, s’il avait reçu l’ordre, qu’il le nous aurait fait demander.

Je suis cependant, en vous priant d’avoir soin de votre santé, dans l’amour de Notre-Seigneur, en l’amour duquel je suis votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

J’oubliais à vous dire que je n’ai point reçu les Bulles et que je loue Dieu de ce que vous les avez fait raccommoder, et en ai une joie que je ne vous puis exprimer.

Suscription : A Monsieur Monsieur du Coudray, prêtre, à Rome.

7). Jean de Creil seigneur de Gournay, secrétaire du roi, père de Madame de Marillac.

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178. — AU PAPE URBAIN VIII

[Entre juillet et novembre 1634] (1)

Beatissime Pater,

Adest in suburbio Sancti-Dionysii civitatis Parisiensis quaedam domus hospitalis Sancti-Lazari, leprosaria nuncupata, ab infrascriptis praeposito et scabims, pro habitatoribus civitatis Parisiensis lepra afflictis alendis curandisque, priscis temporibus instituta et dotata, quae, tractu temporis, prioratus nomen seu denominationem sortita est, et etiam nunc prioratus appellatur, quaeque, prout ejus reditus, ab ipso illius fundationis primordio, a quibusdam presbyteris saecularibus seu regularibus, aut forsan etiam laïcis, a pro tempore existente Episcopo Parisiensi poni et amoveri solitis, administrati fuerunt, donec de anno millesimo quingentesimo decimo tertio aut millesimo quingentesimo decimo quarto bonae memoriae Poncher (2) tunc Episcopus Parisiensis, administrationem hujusmodi canonicis regularibus reformatis Ordinis Sancti-Augustini demandavit, illosque in dictum prioratum introduxit, cum onere horas canonicas in ecclesia ipsius prioratus recitandi et missam cantatam quotidie celebrandi et pauperes leprosos advenientes recipiendi eisque necessaria subministrandi, et, cum hoc, quod is ex dictis religiosis quem dictus et pro tempore existens Episcopus Parisiensis in priorem deputaret, ad ejus nutum prioratus seu domus hospitalis et redituum hujusmodi administrator esset, cum onere

Lettre 178. — Parisien. Bealificationis et Canonizationis Ven. Servi Dei Vincenlii de Paulis. Super dubio : An constet de virtutibus theologalibus… Summarium responsivum, p. 43 et suiv.

1). Cf. lettres 177 et 188.

2). Etienne de Poncher (1503-1519).

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administrationis suae rationem quotannis eidem episcopo reddendi.

Nuper vero Adrianus Le Bon, presbyter ejusdem Ordinis expresse professus, modernus prior seu administrator, ad nutum a bonae memoriae Henrico de Gondy, dum vixit, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinali de Retz nuncupato et Ecclesiae Parisiensis praesule (3), deputatus, et alii ejusdem prioratus seu hospitalis domus religiosi, devoti Sanctitatis Vestrae oratores, considerantes in praesentiarum et a multo jam tempore in dicto prioratu seu leprosaria nullos adfuisse nec adesse leprosos atque ita reditus a fundatoribus relictos destinatis usibus amplius non inservire et operae pretium fore eosdem reditus iis operariis assignare qui, si non corporali, sane animarum lepra afflictis spiritualia pabula et medicamina porrigunt ; inter caetera vero instituta maxime conspicuum esse institutum congregationis presbyterorum Missionis, non ita pridem in civitate Parisiensi apostolica auctoritate erectae, cujus alumni, pro suo proprioet peculiari instituto, instructionem rusticorum in villis et pagis habitantium, in rebus quae ad salutem animarum pertinerent, gratis et amore Dei, laborum suorum mercedem a solo Deo expectantes, sibi proposuerunt; quo in opere exercendo eos tantam tamque sedulam operam indefessis animarum corporumque studiis impendisse et impendere notum est, ut, eorum doctrina, multi in diversis Galliae regionibus atque provinciis, tum vero praecipue in Montis-Albani dioecesi, haeresis labe infecti, ut per Galliam vulgata fama est, abjurata haeresi, catholicam fidem amplexi sint. Atque ita existimantes a fundatorum intentione alienum non fore, si dicti reditus, corporali leprae curan

3). Henri de Gondi, premier cardinal de Retz, occupa le siège de Paris de 1598 à 1622.

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dae destinati, animarum lepram curantibus assignentur, eisque suppetentibus sibi facultatibus corporalia etiam pabula praebituris, cum devoto etiam Sanctitatis Vestrae oratore Vincentio de Paul, ipsius congregationis superiore, nomine ejusdem congregationis stipulante et acceptante, sub Sanctitatis Vestrae et Sedis Apostolicae ac Archiepiscopi Parisiensis beneplacito, contractum inierunt, per quem idem Adrianus, prior seu administrator, et religiosi prioratus seu domus hospitalis hujusmodi pro omni suo jure et interesse consenserunt quod dictus prioratus, una cum ecclesia et aedificiis ac omnibus et singulis suis bonis, juribus, fructibus, pertinentiis et dependentiis, concederetur seu uniretur dictae congregationi, et omni cuicumque juri eis in dicto prioratu seu leprosaria vel ejus administratione competenti cesserunt, cum infradictis tamen conditionibus, reservationibus et pactis, videlicet quod tota habitatio quam in dicto prioratu occupabat dictus Adrianus, prior seu administrator ille, vita illius durante, atque etiam denominatio prioris remaneret, et a dicta habitatione quacumque causa vel occasione amoveri non posset, liberumque ei esset ad ecclesiam prioratus seu domus hospitalis hujusmodi accedere divinisque officiis in suo loco seu sede assistere in capitulo et refectorio, cum ei liberet intervenire, eique reservata intelligeretur, vita sua durante, terra de Rougemont (4) a dicto prioratu seu hospitali domo dependens, cum omnibus ejus pertinentiis, et cum hoc quod presbyteri dictae congregationis eidem Adriano pro sua portione seu loco pensionis, quamdiu vixerit, bis mille et centum libras monetae illarum partium ab omnibus

4). La ferme de Rougemont, située dans la forêt de Bondy * sur la commune de Sevran (Seine-et-Oise) comprenait une grande étendue de bois et de terres cultivées. Adrien Le Bon en fit donation à saint Vincent le 11 février 1645 "pour la bonne amitié et affection" qu’il portait à Messieurs de Saint-Lazare. (Arch. nat., S 6698, pièces 1 et 2.)

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decimis ordinariis et extraordinariis, reparationibus, pensionibus religiosorum et aliis oneribus et impositionibus liberas, annis singulis, in quatuor terminis, nempe *Paschatis Resurrectionis Dominicae, Nativitatis sancti Joannis-Baptistae, sancti Remigii et Nativitatis Domini Nostri Jesu Christi festivitatibus, primo solutionis termino in altera dictarum festivitatum apprehensionem possessionis dicti prioratus seu domus hospitalis per dictos presbyteros immediate sequente, incipientes solvere ; et pro hujusce solutionis securitate, ultra obligationem et hypothecam omnium bonorum et redituum ipsius prioratus seu domus hospitalis aut leprosariae, etiam omnia et singula ejusdem congregationis bona obligare, et praeterea devotus vester Philippus Emmanuel de Gondy, presbyter Oratorii, se fidejussorem praestare et constituere teneretur ; item omnia credita dicti prioratus seu domus hospitalis, omniaque illi debita et usque ad possessionem dictae congregationis debenda in commodum dicti Adriani cederent, ipseque illa a debitoribus exigere et ad hunc effectum omnibus remediis necessariis, etiam sub nomine dictae congregationis, uti posset, dictique presbyteri illi pretium provisionum et munitionum frumenti, vini et lignorum per ipsum pro usu domus ejusdem prioratus seu domus hospitalis provisionaliter emptorum, pro rata parte quae tempore dictae possessionis inibi reperietur, juxta aestimationem a peritis faciendam reficere tenerentur; ipseque Adrianus a redditione residuorum computorum administrationis suae, a tempore quo ei comrnissa fuit usque ad diem dictae possessionis, liberetur, et reciprocc iidem prioratus seu hospitalis domus presbyteri erga ipsum Adrianum, qui prioratum seu domum hospitalis hujusmodi tempore dictae possessionis ab omnibus debitis liberum redderet, exonerati remanerent ; quo vero ad

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reditus seu ccnsus ab ipso Adriano, durante sua administratione, ad favorem prioratus seu domus hospitalis hujusmodi emptos, ipse illis, vita sua durante, gauderet, illis autem post ejus obitum in commodum dictae congregationis cessuris ; et quia pretium affictuum bonorum prioratus seu domus hospitalis hujusmodi et major pars illius censuum et redituum non solvebantur nisi in festis sanctorum Remigii et Martini, et hoc interim pro supportandis illius oneribus tam pro manutentione illius ecclesiae et aedificiorum affletuum, quam etiam pro victu et alimentis religiosorum, dicto Adriano magni sumptus faciendi erant et aes alienum contrahendum, convenerunt quod dictus Adrianus se ad proportionem a se expensorum tempore dictae possessionis super dictis affictibus et censibus praevalere posset. Occurente vero obitu Adriani et religiosorum praedictorum, iidem presbyteri illos, uti suos benefactores, ecclesiasticae sepulturae tradere, et, die obitus dicti Adriani et duobus sequentibus non impeditis, tria sacra, et deinde quolibet anno in perpetuum simili die pro ejus animae refrigerio in ecclesia prioratus seu domus hospita]is hujusmodi unum anniversarium celebrare, et ad similis obligationis memoriam posteritati relinquendam, epitaphium seu monumentum aliquod in dicta ecclesla cum hujus obligationis inscriptione apponere, et duo servitia so]emnia pro fundatoribus, benefactoribus et religiosis, unum videlicet primo die vacante post octavam Epiphaniae et alterum die lunae post festum Sanctissimae Trinitatis ; pro singulis vero religiosis dicti prioratus unum servitium in fine anni cujuslibet illorum obitus celebrare tenerentur; liceret quoque aliis religiosis praedictis in eodem prioratu seu hospitali domo manere et habitare, prout antea fecerunt, donec sub jurisdictione dicti archiepiscopi viverent, et pro sua habi-

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tatione appartamentum super magna via suburbii existens et alia ipsius prioratus seu domus hospitalis loca convenientia occuparent; dormitorium vero et loca clericalia penitus libera eisdem presbyteris relinquerent, dictique presbyteri cuilibet ex dictis religiosis quolibet anno quingentas libras pro eorum victu et vestitu, et cujuslibet eorum vita durante, in praedictis terminis aut alteris, prout eisdem religiosis placeret aut eorum necessitas exigeret, solvere obligati essent; et, pro harum portionum tam Adriani prioris, quam aliorum religiosorum solutionis facilitate, dicti presbyteri religioso receptori (5) continuationem exactionis redituum usque ad pacificam dictae congregationis possessionem permitterent, et ad hunc effectum ei necessariam procurationem concederent. Quod si religiosis praedictis placeret in communi cum dictis presbyteris vivere, id eis liceret, solvendo ex dicta quingentarum librarum summa cuilibet illorum, ut praefertur, solvendo ducentas libras pro cujuslibet eorum victu, reliquis trecentis libris eis pro aliis eorum necessitatibus liberis remanentibus; in casum vero infirmitatis tam Adriani quam religiosorum hujusmodi, in infirmaria communi curari eisque cibus et potus ac medicinae a dictis presbyteris praestari ipsisque de medico, chirurgo et pharmacopola solvendo pro rata temporis ad rationem ducentarum librarum etiam provideri deberet ; liberumque iisdem religiosis esset seorsim et particulariter in dicto prioratu seu domo hospitali vivere aut ad alium regularem locum, de licentia dicti archiepiscopi, absque ulla diminutione dictae summae, se recipere; eveniente vero obitu alicujus ex dictis religiosis, iidem presbyteri ab illius portionis seu pensionis praestatione liberi remanerent, nec in demortui seu demortuorum locum alii religiosi seu novitii reciperentur ;

5). Le receveur était alors Claude Cousin.

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et in casum talis obitus, supellex demortui usibus superstitum religiosorum in dicto prioratu seu hospitali domo personaliter residentium inserviret, illis omnibus, post obitum omnium religiosorum praedictorum, in commodum dictorum presbyterorum cessuris.

Item, statim apprehensa per praedictos presbyteros dicta possessione, ipsi apud dictum prioratum seu hospitalem domum personaliter residere illiusque ecclesiae servire m eaque divino cultui ad Dei gloriam et exonerationem suarum conscientiarum diligenter vacare ac sub inventario omnia ornamenta, reliquias, supellectilia eis a dictis religiosis tradenda et assignanda recipere ; domos, possessiones dicti prioratus seu hospitalis domus manu tenere in eisque reparationes necessarias suis sumptibus, absque ulla dictorum religiosorum contributione, facere; leprosos venientes recipere eisque omnia necessaria, tam spiritualia quam corporalia, subministrare deberent. Si autem presbyteri dictae congregationis, alias quam facto aut culpa dictorum religiosorum, dictum prioratum seu hospitalem domum desererent, occasione solutionum anticipatarum dictis Adriano et aliis religiosis, aut reparationum forsan factarum aut sumptuum quovis alio modo supportatorum, nihil repetere possent ; et in casum desertionis seu discessus hujusmodi, idem contractus nullus nulliusque effectus esset, et iidem religiosi ad sua primaeva jura et privilegia redirent. Quae quidem pacta, conditiones et omnia superius expressa Vincentius, superior praedictus, nomine quo supra, casu quo dictae congregationi idem prioratus cum omnibus suis pertinentiis et dependentiis concedatur, acceptavit illaque adimplere promisit, et alias, prout in contractu seu conventione hujusmodi ac publico desuper confecto instrumento plenius continentur.

Deinde vero devota creatura vestra Joannes Francis-

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cus de Gondy, modernus Archiepiscopus Parisiensis, ad quem, prout æd ejus praedecessores, ut supra dictum est, positio et amotio prioris seu administratoris dicti prioratus seu leprosariae pertinet, provide animadvertens introductionem presbyterorum dictae congregationis in dictum prioratum seu hospitalem domum illiusque ac rerum ejus, proprietatum ac fructuum eidem congregationi concessionem in majorem Dei gloriam et animarum salutem cessuram, de dicto contractu omnibusque in eo contentis plenissime informatus, prioratum seu hospitalem domum hujusmodi, de consensu serenissimi principis Ludovici, Francorum et Navarrae regis christianissimi, et praepositi mereatorum et scabinorum dictae civitatis, ipsius prioratus seu domus hospitalis fundatorum, cum ejus ecclesia omnibusque et singulis illius aedificiis, hortis, bonis, pertinentiis, rebus et fructibus et emolumentis quibuscumque, necnon omnibus et singulis libertatibus, franchisiis et privilegiis ei competentibus, eidem congregationi, cum obligatione paeta et conventiones in dicto contractu contenta observandi, in perpetuum ordinaria sua auctoritate concessit, univit, annexuit et incorporavit, sub infradictis etiam conditionibus, videlicet quod dictus Adrianus etiam deinceps in dictos religiosos superioritatem exerceat ipsique religiosi illi obedientiam quam professi sunt, praestent, quodque pro tempore existens Archiepiscopus Parisiensis in dictum prioratum et presbyteros dictae congregationis inibi pro tempore degentes omnem jusrisdictionem ac jus visitandi in spiritualibus et temporalibus habeat; ipsique presbyteri, quorum unus ab ipsa congregatione in superiorem eligatur, divinum ofi;cium canonicale in choro recitare voce mediata, sine cantu, et januis chori clausis, ac sanctum missae sacri~cium, submissa voce, ne in eorum labore percurrendi pagos ibique

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docendi retardentur celebrare; omnes fundationes dicti prioratus seu domus hospitalis adimplere, leprosos dictae civitatis ejusque suburbiorum excipere in dicto prioratu; duodecim saltem dictae congregationis alumnos, quorum ad minimun octo presbyteri sint, qui in percurrendis pagis Dioecesis Parisiensis, sumptibus ipsius congregationis, occupentur, et in singulis pagis unum vel duos menses, pro locorum necessitate, commorentur, et ibi fidei mysteria doceant, confessiones praecipue generales audiant, auditores in rebus christianis instituant, animas ad dignam sacrosanctae Eucharistiae sumptionem praeparent, pacem inter dissidentes componant ; retinere teneantur, temporibus quibus de more Parisiis conferantur ordines, canditatos ordinum Parisiensis Dioecesis ab archiepiscopo mittendos in dicto prioratu seu domo hospitali, eisque, spatio quindecim dierum ante ipsos dies ordinationum, necessaria ad victum et habitationem apud se subministrent, illos in exercitiis spiritualibus, utpote confessione generali, quotidiano conscientiae examine, meditationibus mutationis status et vitae et eorum quae propria sunt cujusque ordinis et viros ecclesiasticos decent, ac in caeremoniis Ecclesiae rite servandis occupent; hisque supportatis oneribus, quidquid ex fructibus dicti prioratus superfuerit in communes dictae congregationis usus convertant. Quibus mediantibus~ idem Joannes Franciscus archiepiscopus, suo suorumque successorum nominibus, praedictos presbyteros congregationis a redditione computorum et administrationis redituum ipsius prioratus seu domus hospitalis ejusque annexorum et dependentium in perpetuum liberavit et exoneravit, prout in ipsius Joannis Francisci archiepiscopi litteris desuper confectis etiam plenius continetur.

Cum autem, Pater Sancte, praedicta omnia pro majori

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Dei gloria facta fuerint dictique oratores illa pro eorum subsistentia S[anctitatis] V[estrae] et Sedis Apostolicae patrocinio communiri cupiant, supplicant humiliter eidem Sanctitati Vestrae oratores praedicti, quatenus in praemissis opportune providentes eosque specialis gratiae favore prosequentes, contractum inter dictos oratores initum, necnon concessionem seu unionem prioratus seu domus hospitalis hujusmodi, illiusque ecclcsiae, bonorum, rerum, proprietatum et dependentium quorumcumque per dictum Joannem Franciscum archiepiscopum eidem congregationi Missionis, ut praefertur, factam, omniaque et singula in illis dictisque litteris contenta, licita tamen et honesta et inde legitime secuta quaecumque, apostolica auctoritate perpetuo approbare et confirmare, illisque perpetuae et inviolabilis apostolicae firmitatis robur adjicere, ac omnes et singulos tam juris quam facti, et solemnitatum etiam, quantumvis substantialium et de jure requisitarum, defectus, si qui desuper intervenerint, supplere, ipsosque oratores ad contractus hujusmodi et contentorum in eo observationem obligatos esse et ab illis recedere non posse, irritumque decernere nihilominus praevia, quatenus opus sit, et quatenus, ob praedictam introductionem et permanentiam religiosorum dicti Ordinis in prioratu seu domo hospitali hujusmodi illiusque fructuum administrationem, aliqua regularitas inducta sit aut inducta dici vel censeri possit in eo seu in ea omnibusque ejus membris et pertinentiis, non tamen personis dictorum religiosorum praedicti Ordinis, omnisque regularitatis, necnon cujusv;s status, naturae, essentiae, dependentiae et denominationis regularis, ita ut ex nunc deinceps regularia esse desinant suppressione, extinctione illorumque ad statum saecularem reductione, prioratum seu hospitalem domum hujusmodi, qui seu quae titularis ac beneficium ecclesias-

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ticum non est, sed simplex administratio, ad nutum pro tempore existensis Archiepiscopi Parisiensis amovibilis, etiam una cum ejus ecclesia omnibusque illius membris et pertinentiis, ac cum omnibus et singulis oneribus, reservationibus, pactis et conditionibus tam in contractu ac instrumento, quam in litteris dicti Joannis Francisci archiepiscopi contentis, quae, hic pro plene et sufficienter repetitis, Sanctitati Vestrae habere placeat eidem congregationi Missionis, ita quod possessionem illius superiori et presbyteris prioratus seu domus hospitalis hujusmodi, illius ecclesiae ac bonorum, jurium et dependentium quorumque realem et actualem liceret, per se vel alium seu alios ejusdem congregationis nomine seu nominibus, propria auctoritate libere apprehendere, retinere illorumque fructus, reditus, proventus, jura, obventiones et emolumenta quaecumque recipere, exigere, locare, arrendare ; et, supportatis oneribus et adimpletis pactis et conditionibus in contractu et instrumento, necnon dicti Joannis Francisci archiepiscopi litteris praedictis contentis, residuum in communes usus et utilitatem dictae congregationis convertere, dioecesani loci vel cujusvis alterius licentia desuper minime requisita, apostolica auctoritate itidem perpetuo concedere et assignare, seu unire, annectere et incorporare; praesentes quoque et desuper conficiendas litteras sub quibusvis similium vel dissimilium gratiarum revocationibus, suspensionibus, limitationibus aut illis contrariis dispositionibus non comprehendi, sed semper ab illis excipi, et quoties illas revocari, suspendi, limitari aut contra illas aliquid disponi contigerit, toties illas in pristinum et validissimum statum restitutas, repositas et plenarie reintegratas esse et fore, sicque per quoscumque judices, etc. judicari, etc. debere, irritumque, etc. decernere dignemini de gratia spe-

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ciali, non obstantibus praemissis, ac vestra de exprimendo vero valore, ac~ateranensis Concilii novissime celebrati uniones perpetuas, nisi in casibus a jure permissis fieri prohibentis, aliisque constitutionibus et ordinationibus apostolicis, dictorumque domus hospitalis seu prioratus ac Ordinis, etiam juramento, etc., roboratis, statutis, etc., priscis quoque Indultis et Litteris Apostolicis, etc., caeterisque contrariis quibuscumque cum decretis opportunis (6).

TRADUCTION

Très Saint Père,

Au faubourg Saint-Denis de la ville de Paris se trouve la maison hospitalière ou léproserie de Saint-Lazare, ainsi dénommée parce qu’elle a été autrefois fondée et dotée par le prévôt et les échevins pour l’entretien et le soulagement des lépreux de Paris. Elle a pris, avec le temps, le nom de prieuré, qu’elle porte encore. L’administration en fut confiée dès le début à des prêtres séculiers ou réguliers, peut-être même à des laïques, révocables au gré de l’évêque de Paris, puis, en 1513 ou 1514, aux chanoines réguliers de la réforme de Saint-Augustin. En y appelant ces religieux, Poncher, évêque de Paris, d’heureuse mémoire, leur imposa l’obligation de réciter

6). On lit à la suite de la supplique : "Fiat ut petitur. Et cum absolutione a censuris ad effectum, etc., et quod veriores contractus ac instrumenti necnon Joannis-Francisci archiepiscopi Litterarum hu jusmodi tenores, praemissis tamen non contrariis ac fructuum dicti prioratus seu domus hospitalis veri annui valores habeantur pro expressis, seu in toto, vel in parse exprimi possint et de perpetuis de confirmatione, approbatione, adjectione, suppletione, concessione, assignatione, unione, annexione, incorporatione et aliis praemissis latissime existen. et quod praemissorum omnium et singulorum etiam qualitate invocatorum denominatomum, nuncupatorutn aliorumque necessariorum major et verior specificatio et expressio fteri possit in Litteris et committatur Ordinario cum clausula Vocatis, etc., et ad partiam supplicationem et ex voto S. R. F. Cardinalium negotiis regularium praepositorum. "Datum Romae apud S. Petrum, idibus martii, anno duodecimo.

Ce fut donc le 15 mars s635 que la supplique fut agréée. Après ces mots, le copiste a ajouté : "Sumptum ex registro supplicationum apostolicarum. Collationatum per me Franciscum Causeum ejusdem registri magistrum, a tergo, 22 libro, folio 223."

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les heures canoniales dans l’église du prieuré, d’y chanter chaque jour la messe, de recevoir et d’entretenir les lépreux indigents qui se présenteraient. Il décida, en outre, que le prieur serait choisi par lui ou par ses successeurs et aurait, autant que l’évêque le jugerait bon, l’administration du prieuré ou de l’hôpital et de ses revenus et rendrait chaque année compte de sa gestion à l’évêque de Paris.

Récemment Adrien Le Bon, prêtre profès du même Ordre, dernier prieur ou administrateur de Saint-Lazare, nommé par Henri de Gondi, d’heureuse mémoire, évêque de Paris, cardinal de la sainte église Romaine, dit cardinal de Retz, et les autres religieux du même prieuré ou maison hospitalière, tous dévoués serviteurs de Votre Sainteté, considérant que maintenant et depuis longtemps il n’y a pas de lépreux dans ce prieuré ou léproserie, qu’ainsi il est impossible de faire servir les revenus aux fins de la fondation et qu’il convient de les attribuer aux ouvriers qui s’emploient à nourrir et à médicamenter spirituellement les personnes atteintes de la lèpre du péché ; considérant de plus qu’entre les Instituts se recommande tout spécialement l’Institut des prêtres de la Mission érigé à Paris, par autorité apostolique, il y a peu d’années, et que les membres qui le composent ont pour fin spéciale de parcourir les bourgs et les villages, afin d’instruire les habitants des vérités nécessaires au salut, sans demander aucun salaire, attendant de Dieu seul la récompense due à leurs travaux, s’acquittent de leurs fonctions avec tant d’ardeur et de zèle que, grâce à eux, dans diverses régions et provinces de France, au diocèse de Montauban surtout, bon nombre d’hérétiques, ainsi que le bruit s’en est répandu dans le pays. ont abjuré l’hérésie et embrassé la foi catholique, c’est pourquoi les susdits religieux, estimant rester dans l’intention des fondateurs en employant pour la guérison de la lèpre spirituelle et le soulagement corporel de ceux qui en sont affligés, des revenus laissés pour guérir la lèpre corporelle, ont convenu ce qui suit avec Vincent de Paul, humble suppliant de Votre Sainteté, supérieur dudit Institut, stipulant et acceptant au nom de cette même congrégation, sous le bon plaisir de Votre Sainteté, du Siège apostolique et de l’archevêque de Paris.

Adrien Le Bon, prieur ou administrateur de Saint-Lazare, et les religieux du prieuré, agissant dans la mesure de leurs droits, ont accepté l’union à ladite congrégation dudit prieuré avec son église, ses édifices, ses biens, droits, fruits, appartenance, et dépendances, et ont cédé tous leurs droits sur ledit prieuré et son administration aux conditions, réserves et accords que voici :

Le prieur ou administrateur Adrien Le Bon gardera, sa vie

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durant, les appartements qu’il occupe au prieuré ; il ne pourra en être dépossédé pour quelque cause que ce soit, non plus que de sa qualité d’ancien prieur, qu’il retiendra jusqu’à sa mort, avec toute liberté d’aller à l’église, d’assister aux offices et d’y tenir son rang, de même qu’au chapitre et au réfectoire, lorsqu’il voudra s’y rendre. Il se réserve aussi la terre de Rougemont, dépendante dudit prieuré, avec toutes ses appartenances, et une pension de 2.100 livres, exempte des décimes ordinaires et extraordinaires, réparations, pensions des religieux et autres charges et impositions, payable par les prêtres de ladite congrégation à icelui prieur pendant sa vie, chaque année, aux quatre termes accoutumés, c’est-à-dire aux fêtes de Pâques, de saint Jean-Baptiste, de saint Remi et de Noël, le premier d’iceux commençant à celle de ces fêtes qui suivra immédiatement la prise de possession du prieuré par lesdits prêtres. Pour sûreté de laquelle pension non seulement les fruits dudit prieuré y demeureront affectés, mais aussi tout le bien de ladite congrégation, et de plus le dévoué serviteur de Votre Sainteté Philippe-Emmanuel de Gondi, prêtre de l’Oratoire, se constituera caution de ladite pension.

Le prieur revendique pour lui toutes les créances dudit prieuré, tout ce qui lui est dû jusqu’à la prise de possession par ladite congrégation, et se réserve le droit d’user de toutes les voies en tel cas requises, même au nom de ladite congrégation. Lesdits prêtres seront tenus de lui rendre en argent ou en nature, d’après l’estimation des experts, sa quote-part du froment, du vin et du bois qui se trouveront dans le prieuré au moment de la prise de possession.

Pour le reliquat des comptes de son administration, depuis le temps qu’elle lui a été commise jusqu’au jour de ladite possession, le prieur en sera déchargé. Les prêtres de la Mission, de leur côté, seront exonérés vis-à-vis du prieur, qui rendra le prieuré, au temps de ladite possession, quitte de toutes dettes. Pour le regard des rentes constituées pendant le temps d’icelui prieur au profit dudit prieuré, il en jouira sa vie durant et les laissera après sa mort aux prêtres de la Mission.

Et d’autant que le loyer des fermes dudit prieuré et la meilleure partie des cens et rentes dus à icelui ne se paient et délivrent qu’aux jours de saint Remi et de saint Martin, et qu’attendant ledit temps il convient audit sieur prieur d’emprunter pour faire les avances des charges dudit prieuré tant pour l’entretien de l’église, de la maison et fermes en dépendant que pour la nourriture des religieux, il est entendu que ledit Adrien se remboursera sur le loyer des fermes et cens, à proportion de l’avance qu’il pourra avoir faite lors de la prise de possession desdits prêtres de la Mission.

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Advenant le décès dudit sieur Adrien et des religieux susdits, lesdits prêtres de la Mission seront tenus de les faire inhumer comme leurs bienfaiteurs. Ils offriront le saint sacrifice de la messe pour ledit sieur Adrien, le jour de son décès et les deux premiers jours libres. Tous les ans, au jour anniversaire du décès, ils célébreront à perpétuité pour le repos de son âme un service solennel en l’église dudit prieuré : et pour perpétuer le souvenir de cette obligation à la postérité, ils érigeront en ladite église un monument, sur lequel sera une inscription commémorative. En outre, lesdits prêtres seront tenus de faire et célébrer chaque année deux services solennels pour les fondateurs, bienfaiteurs et religieux dudit Saint-Lazare, l’un le premier jour immédiatement vacant après l’octave des Rois, l’autre le lundi après la Trinité, et de faire un service pour les religieux de Saint-Lazare au bout de l’an au décès d’un chacun.

Il sera loisible aux religieux de Saint-Lazare d’habiter le prieuré, comme par le passé, tant qu’ils vivront sous la juridiction de l’archevêque de Paris, d’y occuper les appartements qui donnent sur la grande rue du faubourg et autres endroits convenables audit prieuré. Pour le dortoir et lieux claustraux, ils en laisseront la libre disposition aux prêtres de la Mission.

Ces derniers devront fournir chaque année cinq cents livres aux religieux de Saint-Lazare, tant pour leur vivre que pour leur habillement, aux termes prescrits ou autrement, selon que lesdits religieux le désireront ou en auront besoin. Pour faciliter le paiement des pensions du prieur et des autres religieux, lesdits prêtres consentent que le religieux économe continue de recevoir le revenu du prieuré jusqu’à la paisible possession des prêtres de la Mission ; et, pour ce, ils lui en passeront toutes les procurations nécessaires. Si les religieux désirent vivre en commun avec lesdits prêtres, on retiendra deux cents livres pour leur nourriture sur les cinq cents qui leur sont dues, le surplus les aidant à subvenir à leurs autres nécessités.

En cas de maladie tant du prieur que des autres religieux, ils pourront se faire traiter à l’infirmerie commune, aux dépens desdits prêtres pour les médecins, apothicaires, chirurgiens, remèdes et vivres.

Ces mêmes religieux pourront vivre en particulier dans le prieuré ou en tout autre lieu régulier, avec la permission de l’archevêque, sans que pour cela ladite somme de cinq cents livres cesse de leur être payée. Advenant le décès de l’un d’eux, les prêtres de la Mission seront déchargés du paiement de ladite somme, sans qu’en leur lieu ou place on puisse recevoir ou admettre d’autres religieux, ni des novices. Les meu-

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bles du défunt demeureront au profit et usage des religieux survivants restant audit prieuré, et, après la mort du dernier survivant, au profit et usage des prêtres de la Mission.

Lesdits prêtres, dès l’instant de ladite possession, résideront en personne audit prieuré, desserviront son église, y célébreront dignement le service divin à la gloire de Dieu et décharge de leur conscience, recevront tous les ornements, reliques, meubles, qui seront inventoriés et baillés par lesdits religieux, entretiendront les maisons et fermes dudit prieuré, y feront les réparations nécessaires, à leurs frais, sans y rendre les religieux susdits contribuables en aucune sorte, y hébergeront les lépreux qui se présenteraient et subviendront à tous leurs besoins spirituels et corporels.

Ne pourront lesdits prêtres de la Mission, en cas qu’ils sortent du prieuré de Saint-Lazare, à moins que ce ne soit par le fait et faute desdits religieux, demander aucune chose des avances des deniers qu’ils auront faites auxdits sieurs prieur et religieux, des frais de réparations ou autres dépenses quelconques. Audit cas de sortie, le présent concordat demeurera sans effet et lesdits religieux rentreront en leurs droits et privilèges primitifs.

Ledit supérieur Vincent a accepté et promis, audit nom, de remplir, au cas où le prieuré serait concédé à ladite congrégation avec toutes ses appartenances et dépendances, les conventions, conditions et tout ce que dessus et encore ce qui est marqué avec plus de détails dans un autre contrat de ce genre et dans l’acte public fait ci-dessus.

Ensuite Jean-François de Gondi, archevêque actuel de Paris, dévoué serviteur de Votre Sainteté, auquel appartient, ainsi qu’à ses prédécesseurs, comme il a été dit, le droit de nommer ou de déposer le prieur dudit prieuré, ayant mûrement considéré qu’il était avantageux à la gloire de Dieu et au bien des âmes d’introduire les prêtres de la Mission dans ce prieuré et de le leur donner avec ses biens, dépendances et revenus, connaissant, d’autre part le contrat et toutes ses clauses, vu le consentement du sérénissime prince Louis, roi très chrétien de France et de Navarre, du prévôt des marchands et des échevins de ladite cité, fondateurs du prieuré, en a fait, de son autorité ordinaire, la concession, union et incorporation à la même congrégation avec l’église, tous les bâtiments, biens, jardins, appartenances choses, fruits et émoluments quelconques, sans excepter les libertés, franchises et privilèges attachés au prieuré, pourvu que la même congrégation observe pour toujours le, accords et conventions exprimés dans le contrat. Il y a mis les conditions suivantes :

Le prieur sera, comme par le passé, le supérieur de ses reli-

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gieux, et ceux-ci auront le devoir de lui obéir. L’archevêque de Paris exercera sa juridiction et aura droit de visite, tant pour les affaires spirituelles que pour les temporelles, sur le prieuré et les prêtres de ladite congrégation. Ces prêtres seront soumis à un supérieur choisi par eux, réciteront l’office canonial dans le chœur à voix médiocre, sans chant, les portes du chœur étant fermées, se contenteront de dire des messes basses pour avoir le temps de parcourir les villages et d’y instruire le peuple, rempliront toutes les fondations du prieuré et y recevront les lépreux de la ville et des faubourgs. Les membres de ladite congrégation seront au moins douze, parmi lesquels huit prêtres ou davantage. Ils parcourront, aux frais de la congrégation, les villages du diocèse de Paris, séjourneront dans chacun un ou deux mois suivant le besoin, y enseigneront les mystères de la foi, entendront les confessions, surtout les confessions générales, habitueront leurs auditeurs aux pratiques de la religion chrétienne, les prépareront à la réception de la sainte Eucharistie et réconcilieront les ennemis. Ils logeront et nourriront dans le prieuré, pendant les quinze jours qui précèdent l’ordination, aux époques reçues dans le diocèse de Paris pour la collation des ordres, les ordinands du diocèse que l’archevêque de Paris leur enverra, et ils les prépareront par des exercices spirituels : confession générale, examen de conscience de chaque jour, méditations sur le changement d’état, les prérogatives de chaque ordre ou la vie ecclésiastique, instructions sur l’observance des cérémonies de l’église.

Ces charges supportées, ce qui restera du revenu du prieuré servira aux besoins communs de ladite congrégation. Moyennant quoi, le même archevêque de Paris, agissant en son nom et au nom de ses successeurs, a dispensé et déchargé pour toujours les prêtres de ladite congrégation de la reddition des comptes touchant l’administration des revenus du prieuré, de ses annexes et dépendances, ainsi qu’en témoignent plus amplement les lettres de Jean-François, archevêque. Considérant, très Saint Père, que les conventions susdites tendent à la plus grande gloire de Dieu et que le haut patronage de Votre Sainteté et du Saint-Siège Apostolique contribuera à les rendre plus fermes, lesdits suppliants jugent opportun de vous demander, comme une faveur toute spéciale, que vous veuilliez bien approuver et confirmer pour toujours, de votre autorité apostolique, le contrat passé entre eux, l’union à la congrégation de la Mission du prieuré de Saint-Lazare. avec son église, ses biens, choses, propriétés et dépendances faite. comme il est dit plus haut par Jean-François, archevêque, le contenu de ces lettres et des lettres susdites,

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dans l’ensemble et dans les détails, si toutefois il n’y a rien que d’honnête et qui s’ensuit légitimement. Ils vous prient encore de suppléer, s’il en est besoin, à toutes les irrégularités commises ou à commettre, tant de droit que de fait, même sur des points substantiels et absolument requis en droit ; de déclarer que les suppliants sont tenus à l’observation de ce contrat et de toutes ses clauses ; et d’annuler, autant que de besoin, les contrats précédents, en particulier celui par lequel les religieux dudit Ordre ont été introduits dans le prieuré ou maison hospitalière pour l’administrer, ce qui fait qu’il est ou est censé être, avec ses membres et ses dépendances, un établissement de réguliers. Nous demandons à Votre Sainteté d’avoir agréable que soit dévolu à la congrégation de la Mission, par suppression, extinction et retour à l’état séculier ce prieuré ou cette maison hospitalière, qui n’est pas un bénéfice ecclésiastique, mais une simple administration, révocable au gré de l’archevêque de Paris, avec ses membres, son église, ses dépendances, ses charges, en général et en particulier, en tenant compte des réserves accords et clauses mentionnés tant dans le contrat que dans les lettres de Jean-François, archevêque, et ici pleinement et suffisamment rappelés ; par suite, que le supérieur et les prêtres de ladite congrégation puissent, par eux-mêmes ou par des délégués, au nom de leur Institut, prendre librement et de leur propre autorité possession réelle et actuelle dudit prieuré ou maison hospitalière, de son église, de ses biens, droits et dépendances, quels qu’ils soient ; percevoir, exiger, louer tous fruits, revenus, produits, casuels et émoluments ; et après avoir acquitté les charges imposées par le contrat et les lettres de Jean-François, archevêque, consacrer le restant aux besoins de ladite congrégation, sans qu’il soit nécessaire d’avoir la permission de l’Ordinaire du lieu ou de qui que ce soit. Plaise à Votre Sainteté rendre, de son autorité apostolique, cette union perpétuelle et faire que les lettres d’incorporation ne soient ni révoquées, ni suspendues, en tout ou en partie, par la révocation, suspension, limitation de grâces semblables ou dissemblables, ou par toute autre disposition, mais qu’elles restent toujours valables dans tout leur contenu, etc.

179. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

Monsieur,

Je vous renvoie le règlement de St-Sauveur ; je ne l’avais pas

Lettre 179. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

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vu. Il me semble que que commencement fait dépendre toute la confrérie de Monsieur ce curé. Je ne sais si cela serait à propos. Bien est-il vrai que Messieurs les curés de Beauvais en seraient bien contents ; mais cela les porterait incontinent à ne vouloir plus que personne eut la connaissance de ce qui se passerait à chaque confrérie. Je crois pourtant, Monsieur, qu’il est nécessaire que les officières leur communiquent de la réception des malades, au moins leur disent ceux qu’elles recevront, qu’il soit porté dans le règlement que les voix seront colligées par eux pour l’élection, et que la trésorière rendra ses comptes en sa présence, sans du tout parler de Monsieur le grand vicaire, comme il était porté dans le règlement et que le nombre des dames soit précisé, que les places vacantes seront remplies de celles que la compagnie agréera et, après, présentées à Messieurs les curés pour leur réception et recevoir leur bénédiction.

Pour procureur, je ne sais s’il serait facile d’en mettre un à chaque confrérie, car jamais elles ne s’assujettiront à faire écrire les quêtes par lui. Pour dresser les comptes, je crois que les sœurs le pourront elles-mêmes. Ne reste plus rien à faire pour le procureur, sinon faire exécuter les legs, si aucun y en avait au profit des confréries, et, en ce cas, y a apparence qu’un seul pourrait suffire pour tout. s’entends seulement, Monsieur, pour Beauvais ; car, pour Liancourt, le règlement ordinaire est bon, principalement ce qui recommande l’amitié entre elles et les plus amples, à cause des exercices tant du soir, du matin, que du souvenir de la présence de Dieu la journée, et aussi Monsieur, que les places vacantes soient remplies en la manière ci-dessus. Il y a partout de bons procureurs.

Vous aviserez, s’il vous plaît, Monsieur, si vous ferez quelque article particulier pour cet officier qui demande avec tant d’instance d’être admis pour procurer le bien de la confrérie, et s’il sera porté par le règlement qu’il y aura deux filles nommées par Madame de Liancourt pour être gardes des malades, lesquelles habiteront dans le logis que madite dame donne à cet effet, lesquelles seront obligées à faire et porter les médicaments tant aux malades de Liancourt, que La Bruyère, Cauffry et Rantigny (1), et auront soin de visiter lesdits malades au moins deux fois la semaine et faire tout ce qui sera porté par l’établissement et fondation qui sera fait en ce sujet. La quête se fait, en ces lieux, les dimanches aux maisons et les bonnes fêtes aux églises. Les procureurs tiennent un

1) Petite communes du canton de Liancourt.

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livre et écrivent les recettes de chaque quête, comme aussi la trésorière pareillement. Les coffres ne sont qu’à deux serrures. Je pense qu’il faut dire que lesdites gardes seront du corps de la confrérie.

Je crois, Monsieur, qu’il serait très à propos que dans chaque coffre il y ait un registre comme celui que je vous ai laisse, afin que tout ce qui se passera dans la confrérie y soit trouvé. En tête du livre, je pense qu’il y faut écrire l’établissement, ensuite le règlement, puis le nom des sœurs, puis l’élection du procureur et des officières ; et suivant après, on pourra mettre les nouvelles élections.

Vers la moitié du livre, marquer qu’il y faut écrire les noms des sœurs qui décéderont et de celles qui se mettront à leur place ; et de l’autre côté du livre, les legs pieux et dons extraordinaires ; et en un autre endroit, les meubles qui sont appartenant aux pauvres. Le livre que j’ai apporté est celui de La Bruyère, à cause que l’établissement était entière~nent signé.

Je crois qu’il faut que la supérieure tienne un livre où elle fasse écrire le nom des pauvres malades, le jour de leur réception et de leur mort, ou celui que la Charité laisse de les assister.

Si vous ne m’aviez demandé, Monsieur, de faire ce mémoire, je n’y eusse osé penser. le ne sais comme quoi j’ai tant retardé, sinon que c’est que je sens bien que mon esprit se ralentit fort pour le bien, tant pour l’autrui que pour le particulier de mes exercices.

La bonne sœur Jeanne, de Saint-Benoît (2), vient de m’amener trois filles de Colombes (3), de bien bonne façon, et ont grand désir de servir les pauvres partout où on les voudra envoyer. Je crois qu’elles vous iront trouver un de ces jours.

J’ai bien du regret d’avoir perdu la journée que votre charité me voulait donner ; je crois qu’il y a de ma faute. J’aurais un grand besoin d’avoir quelques jours pour penser un peu à moi pour quelque renouvellement.

Je crois, Monsieur, que, quand il faudra travailler pour l’exercice de la Charité à Saint-Laurent, si vous me voulez faire l’honneur de m’y employer, qu’il sera nécessaire que j’y séjourne quelques jours. Je me pourrais servir de cette occasion, si vous le treuvez à propos ; mais, pour l’amour de Dieu, Monsieur, demandez que sa miséricorde vous fasse connaître mes besoins, autrement je croirais qu’il me veut tout à fait abandonner, puisqu’il permet que vous ayez ce sentiment.

2). Paroisse de Paris.

3). Dans la banlieue de Paris.

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Je vous envoie le mémoire de ce qui fut fait en chaque assemblée de Beauvais. Je crois qu’il sera bon que le règlement que vous ferez dresser soit pour Saint-Sauveur, et l’envoyant, mander qu’elle le baille aux autres pour copier.

Si vous voulez prendre la peine de revoir la lettre que je vous envoyai de Liancourt, vous y trouverez peut-être quelque chose de plus que je ne vous mande. Pardonnez-moi, s’il vous plaît, le mauvais ordre que je tiens ; je voudrais presque m’excuser sur mon peu de mémoire ; mais vous savez telle que je suis et que je serai toujours, Monsieur, votre très humble fille et très obligée servante.

L. DE MARILLAC.

Ce 4 septembre [1634] (4)

Les quêtes se font à Beauvais tous les lundis, mais je crois qu’il serait à propos de faire quêter les bonnes fêtes à l’église. Je pense que, faisant l’établissement incontinent que la mission que Monseigneur de Beauvais y veut faire faire qu’il sera facile d’obtenir tout ce qu’on pourra désirer pour le bien de la confrérie. Je ne me suis point occupée de proposer cette quête.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.

180. — A LOUISE DE MARILLAC

[Vers 1634] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Monsieur de Cordes (2) a désiré que je vous prie, comme

4). Cette lettre a des liens étroits avec les lettres 168, 170, 171, 173 et 174. D’après une note ajoutée anciennement au dos de l’original elle serait de 1627 ; mais cette date est certainement erronée : la confrérie de Saint-Sauveur a été établie plus tard et Louise de Marillac ne commença à s’occuper des Charités que dans le courant de l’année 1629.

Lettre 180. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original

1). Voir note 2.

2). Denis de Cordes, conseiller au Châtelet. C’est à sa prière et à celle de M. Lamy que saint Vincent avait établi la Charité aux Quinze-Vingts, lors de la mission qu’y donnèrent, à la fin de 1633, les

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je fais très humblement, d’avoir agréable d’aller passer la journée de demain aux Quinze-Vingts (3) pour y voir les officières de la Charité, le matin, et tous les jours l’après-dînée. Il pense aussi que la présence de Mademoiselle Poulaillon n’y nuirait pas et que cela encouragerait ces bonnes femmes. Il y a en ce lieu-là quelques pratiques qui ne sont pas ailleurs ; c’est que les malades doivent être reçus par l’ordre de Messieurs les maîtres de cet hôpital, dont Monsieur de Cordes et Monsieur Lamy font partie, et que ledit sieur de Cordes m’a proposé aujourd’hui qu’il y faut désormais recevoir les mieux accommodés d’entre eux qui le demandent et offrent à entretenir la Charité, et qui sont vingt familles ou environ ; mais l’on pense qu’il n’y faut pas recevoir les incurables, comme sont les pulmoniques, goutteux et autres. Il serait bon de proposer à ces bonnes gens donner vingt ou vingt-cinq poules à la Charité, dont le gouvernement pourrait être donné à l’une des sœurs. C’est pour avoir des œufs, qui se vendent bien cher là dedans. Bon jour, Mademoiselle. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

V. D. P.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

membres de la Conférence des mardis. (Cf. Abelly, op. cit., t. I, chap. XXIII fin, p.109.) (L’idée du bon magistrat et la vie et en la mort de M. de Cordes, conseiller au Chastelet de Paris, par A. G [odeau], é [vêque] d [e] G [rasse], Paris, 1645, in-12.

3). Hospice fondé par saint Louis, roi de France, pour trois cents (15 X 20) aveugles pauvres. En 1779, le cardinal de Rohan transféra l’hospice de la rue Saint-Honoré à l’hôtel des Mousquetaires noirs, rue de Charenton, n° 38. L’institution fut supprimée pendant la Révolution et rétablie en 1814.

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181. — A ISABELLE DU FAY

[Entre 1626 et 1635] (1)

Mademoiselle,

Votre entrée à Sainte-Marie est différée jusques à demain. Je vous supplie, Mademoiselle, de remettre votre dévotion jusques-là, ou bien de vous confesser à votre confesseur et aller communier après-demain à la Visitation, pource qu’il faudra que je die demain là la messe entre 7 et 8 ; cela fait, que j’entre dans le monastère, et, devant qu’entrer, l’on fera sortir tout le monde de l’église et fera-t-on fermer la porte ; ce qu’étant ainsi, vous seriez trop pressée. Je vous en donne avis trop tard. Votre charité me le pardonnera ; et moi je serai, en l’amour de N.-S. et de sa sainte Mère, votre…

182. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1634 et 1638] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais ! Je reçus hier votre lettre et votre mémoire du règlement de vos filles, lequel je n’ai point eu encore loisir de lire ; je le ferai au plus tôt qu’il me sera possible. Quant à ce que vous me mandez d’elles, je ne doute pas qu’elles ne soient telles que vous me les décrivez ;

Lettre 181. — Reg. I, f° 68 v°. Le copiste note que l’écriture de l’original était celle de saint Vincent. 1. Même remarque qu’à la lettre 99, note 1.

Lettre 182. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). La lettre a été écrite après l’établissement des Filles de la Charité (29 novembre 1633) et avant le départ de Robert de Sergis pour le midi.

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mais il faut espérer qu’elles se feront et que l’oraison leur fera voir leurs défauts et les encouragera pour les corriger. Il sera bon que vous leur disiez en quoi consistent les solides vertus, notamment celle de la mortification intérieure et extérieure de notre jugement, de notre volonté, des ressouvenirs, du voir, de l’écouter, du parler et des autres sens ; des affections que nous avons aux choses mauvaises, inutiles et même des bonnes, pour l’amour de Notre-Seigneur, qui en a usé de la sorte ; et faudra les fort affermir là-dessus, notamment à la vertu de l’obéissance et à celle de l’indifférence ; mais pource que le tant parler vous nuit, faites-le de temps en temps seulement. Il sera bon que vous leur disiez qu’il faut qu’elles soient aidées à acquérir cette vertu de mortification, et exercées ; et je leur dirai aussi afin qu’elles y soient disposées.

Laissons encore les pratiques du tiers ordre à cette bonne fille qui en est, et faites-lui faire son fait à part le mercredi, s’il vous plaît.

Je voudrais bien que cette veuve de Colombes (2) sût lire, faites-la-nous voir, s’il vous plaît. Mais quoi ! je viens de voir, relisant votre lettre, qu’elle a deux enfants ; et quel moyen de la recevoir, cela étant ?

J’oublie toujours à faire acheter les images de vos filles.

Voici M. de Sergis revenu ; je le ferai faire par lui. Voici quatre lignes pour le fils de M. Gallois (3) au R. P. Faure (4). Je voudrais avoir plus de crédit que j’en ai

2). Commune des environs de Paris.

3). Peut-être le fils de Philippe Gallois, notaire de saint Vincent.

4). Charles Faure, né à Louveciennes, (Seine-et-Oise) le 29 novembre 1594, prit l’habit de chanoine régulier dans l’abbaye de Saint-Vincent de Senlis et fit profession le 1er mars 1615. Les exemples de relâchement qu’il avait sous les yeux ne ralentirent pas son progrès dans la vertu. Sa réputation de sainteté vint jusqu’aux oreilles du roi, qui lui confia la délicate mission d’établir la réforme

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vers lui pour cela. Il verra. Or sus, finissons par la prière que je vous fais d’avoir soin de votre santé. Je suis en cette espérance, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur très humble (5).

183. — A MADAME GOUSSAULT

[1634 ou 1635] (1)

Madame,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je pense qu’il est expédient de prier Madame Fortia (2) de se rendre, à trois heures, à votre assemblée des officières, où je me rendrai pour aviser ce qu’il faudra faire

au monastère de Sainte-Geneviève à Paris. Le succès fut si complet que le cardinal de La Rochefoucauld, pour étendre la réforme, groupa en une congrégation, sous le nom de Congrégation de France, diverses maisons de chanoines réguliers répandues dans toutes les provinces du royaume, les mit sous la dépendance de l’abbaye de Sainte-Geneviève et nomma le Père Faure vicaire général du nouvel Institut. Le Père Faure visita les établissements, y imposa des règlements, fonda des séminaires. La Congrégation de France fut canoniquement érigée par Bulle du 3 février 1634. Le 17 octobre, le chapitre général élisait le Père Faure supérieur général pour une durée de trois ans. Il fut réélu en 1637. Les Constitutions ne permettant pas une troisième élection, il céda sa place en 1640 au Père Boulart, mais garda des pouvoirs si étendus que son successeur ne pouvait rien faire que sur son conseil. Le triennat du Père Boulart terminé, le Père Faure fut mis de nouveau à la tête de la Congrégation de France. Il tomba malade dans l’année et mourut le 4 novembre 1644. Ses relations avec saint Vincent furent plutôt froides et réservées. Il a laissé plusieurs ouvrages ascétiques. (Cf. Lallemand et Chartonnet, op. cit.)

5). Saint Vincent termine sa lettre par les initiales v. s. V. D., sans s’apercevoir que la formule votre serviteur est répétée.

Lettre 183. — L. a. — Original à Marseille chez les Filles de la Charité de la rue Vincent-Leblanc, 22.

1). La lettre a été écrite du vivant de Mademoiselle du Fay (avant 636) et après l’institution des dames de l’Hôtel-Dieu (1634).

2). Probablement Anne de la Barre, veuve de François de Fortia conseiller du roi, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel.

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touchant la difficulté de l’Hôtel-Dieu. Elle a grande connaissance de cette maison-là, a bon esprit et fait le bien qui se peut faire. Vous aurez aussi agréable, Madame, s’il vous plaît, de prier Mademoiselle Poulaillon et Mademoiselle du Fay de s’y rendre et de m’envoyer votre carrosse à la Madeleine environ deux heures et demie. Je vous souhaite cependant le bonjour et suis, Madame, votre serviteur très humble.

Ce lundi, à dix heures.

VINCENT DEPAUL.

Au bas de la première page : Madame Goussault.

184. — A LOUISE DE MARILLAC

[Après 1631] (1)

Mademoiselle,

Voici Mademoiselle Brou (2) trésorière de Saint-Barthélemy (3). Ne pouvant avoir le bien de l’entretenir, pource que je suis pressé, je vous prie de le faire et de la regarder comme une bonne servante de Dieu et digne de quelque bon emploi pour sa gloire.

V. D.

Lettre 184. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Il n’y avait pas de confrérie de la Charité à Saint-Barthélemy avant cette date. (Cf. Abelly, Op. cit., t I, chap. XXIII, p. 103.)

2). Mademoiselle Brou était probablement apparentée à Madame de Brou, qui fit partie de l’association des dames de l’Hôtel-Dieu et appela les Filles de la Charité à Bernay, où elle les entretint de ses largesses. Madame de Brou était cousine de M. de Vincy.

3). Paroisse de Paris.

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185. — A LOUISE DE MARILLAC

[1634 ou 1635] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous à jamais !

Mademoiselle Poulaillon demande la bonne fille. Vous l’enverrez, s’il vous plaît, avec son laquais. Pourra-t-elle aller à pied, ou s’il est à propos que vous lui prêtiez votre petit cheval ? Le premier serait plus édifiant. Il y a neuf lieues d’ici. Si elle ne le peut en un, elle fera le chemin en deux jours. Vous la tiendrez donc prête, s’il vous plaît, pour quand le laquais arrivera. Je prie Notre-Seigneur qu’il bénisse la bonne fille.

Mademoiselle du Fay est grièvement malade. Je ne vous prie pas de l’offrir à Notre-Seigneur. Je m’assure bien que vous le ferez.

Bon jour, Mademoiselle. Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

V. DEPAUL.

Ce mardi au soir.

J’ai fait dire au laquais qu’il vienne demain de matin.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

186. — A LOUISE DE MARILLAC

[Vers 1634] (1)

Je pense, Mademoiselle, qu’il est expédient de faire

Lettre 185. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Date probable de la mort d’Isabelle du Fay, dont saint Vincent annonce ici à Louise de Marillac la grave maladie.

Lettre 186. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original. Cette lettre semble écrite dans les débuts de l’institution des

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revenir cette fille qui est chez Madame de Suivry, et que vous l’envoyiez quérir. Nous verrons cependant ce qu’il faudra faire.

Je m’en vas au collège (2) et tâcherai de voir M. Le Gras.

La bonne sœur Alix vous a amené une fille et parle d’une autre. Avez-vous retenu la première ?

Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.

187. — A LOUISE DE MARILLAC

Mademoiselle,

Votre lettre me paraît bien. Le malin esprit se fourre dans le dessein de l’assistance spirituelle de ces pauvres femmes. M. Chenevis m’en a parlé encore ce matin et dit que les Chevitaines se formalisent fort de cela et dit qu’elles ne sont pas de la communauté. Je vous prie de vous en éclaircir. Le pis qui peut arriver, c’est qu’il faille quitter cela. Si cela est, à la bonne heure. Il faut pourtant doucement reconnaître d’où vient le mal et aviser aux remèdes. Je m’en vas voir Madame la présidente Goussault, à laquelle il ne m’a point paru ce que vous dites, que vous lui parliez trop librement. Soyez toujours bien simple et sincère, et priez Dieu qu’il me donne ces deux vertus.

Je suis, en son amour…

De Saint-Lazare, ce 29 octobre 1634.

Filles de la Charité.

2). Au collège des Bons-Enfants, où était alors Michel Le Gras.

3). Initiales des mots : indigne prêtre de la Mission.

Lettre 187. — Manuscrit Saint-Paul, p. 33.

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188. — A FRANçOIS DU COUDRAY

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre, du huitième octobre, si me semble, par laquelle [vous] me mandez ce que Monsieur Le Bret vous a dit que dom Le Bret, son cousin, lui mande touchant votre retour. Or il faut que je vous die devant Dieu, en la présence duquel je parle, que je ne sais ce que c’est, que je n’ai point dit aucune parole à dom Le Bret, que je sache, qui lui ait donné sujet d’écrire cela, ni rien approchant ; mais que peut-être cela vient de ce qu’on lui a mandé de delà que vous n’aviez plus à faire à Rome et que vous aviez dit que vous deviez partir dans quinze jours. Voilà tout ce que je sais de cela par la conjecture de ce que je vous dis ; car ce bon Père ne m’a rien dit de ce qu’il a écrit.

Quant à ce que vous dites qu’il vous a dit, et devant, de choses dans le même esprit, je vous dirai que, parlant à ce bon Père de nos affaires de Rome, pource que Monsieur Le Bret lui écrit tout ce qui se fait, parlant, dis-je, de notre séjour à Ferrare, je lui témoignai la peine en laquelle j’étais pour cela, sans lui avoir dit autre chose que ce que je pourrais dire en votre présence, sans vous donner sujet d’aucune peine, et qu’il est vrai que ce bon Père, par le zèle qu’il a pour nous, qui est tel que je doute fort que je l’aie si grand pour la Mission que lui, il me dit qu’il voulait écrire à Monsieur son cousin qu’il levât les bulles en votre absence. Or, comme il me dit cela d’un plein abord, je n’y fis pas

Lettre 188. — Recueil du procès de béatification.

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tant d’attention ; mais, ayant repassé cela dans mon esprit, je le fus trouver exprès pour le prier de n’en rien faire, pource que j’avais peur que cela ne vous fît peine, et que je voyais qu’il était expédient que cela se fît par vous. Et néanmoins j’ai su, après, qu’il en avait écrit quelque chose, dont je fus extrêmement fâché.

Voilà, Monsieur, tout ce que je puis dire touchant cela, avec toute la liberté et simplicité qu’il m’est possible. Et n’ayez pas pourtant opinion que ce bon Père ait de vous aucun sentiment que très bon, Dieu merci, et plein d’estime et d’affection, et certes avec sujet. C’est pourquoi je vous supplie très humblement de ne pas donner lieu à aucune pensée contraire à ce que je vous dis, et d’éloigner de vous celles que je vois par la vôtre que vous avez faites de moi et de ce bon Père. Vous savez que la bonté de votre cœur m’a donné, Dieu merci, la liberté de vous parler avec toute confiance et sans vous rien celer ni déguiser ; et me semble que vous avez cru connaître cela jusques à présent par mon procédé avec vous. Jésus, mon Dieu ! serais-je réduit à ce malheur qu’il me fallût faire ou dire quelque chose à votre égard contre la sainte simplicité ! Oh ! Dieu m’en garde, Monsieur, et à l’égard de qui que ce soit ! C’est la vertu que j’aime le plus et à laquelle je fais plus d’attention dans mes actions, si me semble ; et, s’il m’est loisible de le dire, je dirai que cela se fait avec quelque progrès, par la miséricorde de Dieu.

Au nom de Dieu, mon petit Père, rejetez ces pensées comme des tentations que l’esprit malin vous jette dans le vôtre et croyez que mon cœur n’est pas tant le mien que le vôtre, et que vous m’êtes plus que je ne me suis à moi-même à plaisir et consolation, et que c’est cela qui me fait espérer votre retour ; mais je ne désire pas que ce soit pendant le fort de l’hiver et en ce danger,

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mais en la manière dont je vous ai écrit par ma dernière, qui est à dire vers le mois de février ou de mars, si ce n’est que vous vous mettiez sur les galères de France qui doivent apporter le cardinal de Lyon (1) à Rome, qui doit partir vers les avents, auquel cas il serait bon ou de prier Monsieur Gilioli de vous aller trouver à Rome, où de l’aller prendre pour aller attendre les galères à Livourne, qui est le port de mer de Florence.

Je ne vous dis rien de l’affaire de Saint-Lazare, pource que je vous ai déjà mandé que je vous priais de faire signer la supplique par le Pape pour mettre la chose en état d’être faite d’ici à cinquante ans, comme vous nous mandez ; et si la chose se pouvait expédier à quelque bon compte, il faudrait y entendre.

Or sus, voilà donc, Monsieur, tout ce que je vous dirai pour le présent de moi, sinon que je vous salue avec toute la tendresse de mon cœur et que je vous prie d’avoir soin de votre santé, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

De Saint-Lazare, ce 6 novembre 1634.

Suscription : A Monsieur Monsieur du Coudray, prêtre de la Mission, à Rome.

l). Alphonse de Richelieu, frère du cardinal-ministre. Il allait à Rome prêter main forte à l’ambassadeur ordinaire Henri de Noailles, pour obtenir du Pape l’annulation du mariage que Gaston d’Orléans venait de contracter avec Marguerite de Lorraine. La lenteur des négociations finit par impatienter le ministre de Louis XIII, qui écrivait le 3 octobre 1635 : "Il serait important que le roi envoyât à Rome quelque personne de condition en qualité d’ambassadeur extraordinaire qui fût de son naturel agissant plus violemment que M. de Noailles et que le cardinal de Lyon." (Lettres instructions diplomatiques et papiers d’état du cardinal de Richelieu, Paris, 1853-1877, 8 vol. in-4, t. IV, p. 307.)

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7 décembre 1634.

Monsieur,

La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !

M. de la Salle m’a écrit par plusieurs fois l’affection que N.-S. vous a donnée pour notre petite manière de vie et pour lui et pour M. Brunet, et celle avec laquelle vous travaillez au salut du pauvre peuple et pour nous aux occasions. (2) Or, de tout cela, Monsieur, je vous en remercie très humblement et prie N.-S. qu’il soit lui-même votre remerciement et votre récompense et qu’il répande sur vous de plus en plus l’abondance de ses grâces et bénédictions. O Monsieur, que mon cœur est rempli de consolation toutes les fois que ledit sieur de la Salle m’écrit votre

Lettre 189. — Reg. I, f° 14 V°. Le copiste note que l’original était de l’écriture de saint Vincent.

1). Jean de Fonteneil, né à Bordeaux vers 1605, fut l’ami et l’imitateur de saint Vincent. Ses grandes qualités lui firent obtenir les plus hautes dignités du diocèse ; il fut nommé chanoine de Saint-Seurin en juillet 1623, vicaire général archiépiscopal particulier le 1er novembre 1639, vicaire perpétuel de l’église paroissiale de Sainte-Colombe, puis de Saint-Siméon, à Bordeaux, grand archidiacre, chancelier de l’Université de Bordeaux en 1650, vicaire général du diocèse le 10 septembre 1655. Convaincu, comme son ami saint Vincent, du grand bien qu’étaient appelés à faire les séminaires les missions les retraites et les réunions hebdomadaires d’ecclésiastiques pour conférer ensemble sur des questions de théologie, de discipline ou de piété, il fonda à cet effet la congrégation des Missionnaires du clergé, qui dirigea le séminaire des ordinands de Bordeaux, les séminaires d’Aire et de Sarlat et fut mise en possession de la chapelle de Notre-Dame-de-Montuzet, des cures de Saint-Louis-du-Marais et de Saint-Simon-Cardonnat (Gironde). Cette congrégation dura peu. Elle ne survécut que trois ans à son fondateur, qui mourut à Bordeaux le 2 mars 1679. (Cf. Bertrand, Histoire des séminaires de Bordeaux et de Bazas, Bordeaux, 1894, 3 vol., t. I, p. 207 et suiv.)

2). Il n’y avait pas longtemps que Messieurs de la Salle et Brunet travaillaient dans le diocèse de Bordeaux, car le pouvoir d’y prêcher et d’y confesser leur avait été donné le 21 octobre précédent (Bertrand, ibid., p. 215.)

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zèle au salut des âmes, votre assiduité à la conquête d’icelles, la bénédiction que N.-S. vous y donne et la vertu solide qui est en vous ! Certes, Monsieur, tout cela produit en moi une joie que je ne vous puis exprimer et une affection toute particulière à prier Dieu qu’il lui plaise vous continuer et vous augmenter les mêmes grâces.

C’est là, Monsieur, la récompense que vous attendez de nous pour tant et tant d’actes de charité que vous exercez incessamment pour nous de delà. J’y ajoute l’offre que je vous fais, Monsieur, de la petite compagnie et de son service, avec toute l’affection et l’humilité qui m’est possible, et le mien particulièrement, qui me donne la confiance de me recommander à vos saintes prières et qui suis, en l’amour de N.-S., Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

p. d.l. M. i.

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