Analogie de proportion et de proportionnalité

Chapitre 28 : L'analogie de l'être · cours « Métaphysique » · 7 questions

Les deux formes fondamentales de l'analogie métaphysique.

Analogique

Analogia Proportionis

L'analogie de proportion

Lorsqu'on dit que Dieu « est » et qu'une pierre « est », emploie-t-on le mot « être » dans le même sens ? Non, mais pas dans un sens totalement différent non plus. Le mot « être » est un terme analogique. Saint Thomas distingue deux grandes formes d'analogie. L'analogie de proportion (ou d'attribution) : un terme est attribué à plusieurs sujets en raison de leur relation à un analogué premier. « Sain » se dit de l'animal (qui possède la santé), de l'aliment (qui cause la santé), de l'urine (qui en est le signe). L'animal est ici l'analogué premier, c'est-à-dire le sujet auquel le terme s'applique au sens le plus propre. De même, pour le mot « être », l'analogué premier est la substance : l'accident n'est dit « être » que par rapport à la substance dont il dépend.

L'analogie de proportionnalité

La seconde forme est l'analogie de proportionnalité. Ici la ressemblance ne réside plus dans un rapport à un référent unique, mais dans une proportion entre deux rapports : A est à B ce que C est à D. Saint Thomas donne cet exemple lumineux : la vue est à l'œil ce que l'intelligence est à l'âme. La structure est semblable, mais les réalités sont distinctes. C'est précisément cette analogie de proportionnalité que saint Thomas privilégie pour parler de Dieu, car elle préserve la transcendance divine. La bonté est à l'essence divine ce que la bonté est à la créature : proportion semblable, réalité infiniment différente. Dieu n'est pas bon comme l'homme est bon, mais sa bonté est à son être ce que notre bonté est au nôtre.

Entre deux écueils

Sans la doctrine de l'analogie, le discours sur Dieu tomberait dans l'un de deux écueils : soit l'anthropomorphisme, qui réduit Dieu au niveau des créatures en usant des mots dans un sens univoque ; soit le silence total d'un agnosticisme qui déclare tout langage sur Dieu équivoque et donc vain. L'analogie maintient à la fois la communauté et la différence, ouvrant ainsi un chemin de pensée entre le Créateur et ses créatures.

L'être se dit par analogie : proportion (rapport à un référent premier) et proportionnalité (proportion entre deux rapports).

Testez-vous : 7 questions

1. Dans l’analogie de proportion, comment le mot « sain » s’applique-t-il en premier lieu ?

  • À l’urine qui la signifie
  • À l’aliment qui la cause
  • À l’animal qui la possède
  • Au médecin qui soigne
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Réponse : À l’animal qui la possède

Dans l’analogie de proportion, le mot « sain » s’applique proprement et en premier lieu à l’animal, qui possède la santé. L’aliment et l’urine ne sont dits « sains » que par rapport à lui. L’animal est l’analogué premier.

2. Comment appelle-t-on le sujet auquel un terme analogique s’applique au sens le plus propre ?

  • L’analogué premier
  • Le sujet universel
  • Le prédicat propre
  • Le genre suprême
Voir la réponse

Réponse : L’analogué premier

L’analogué premier (primum analogatum) est le sujet auquel le terme analogique s’applique en premier lieu et au sens le plus propre. Pour « être », c’est la substance ; pour « sain », c’est l’animal.

3. Quelle est la structure de l’analogie de proportionnalité ?

  • A est à B ce que C est à D
  • Tout A est B
  • A cause B nécessairement
  • A se réduit à B
Voir la réponse

Réponse : A est à B ce que C est à D

Dans l’analogie de proportionnalité, la ressemblance réside dans une proportion entre deux rapports : A est à B ce que C est à D. Par exemple : la vue est à l’œil ce que l’intelligence est à l’âme.

4. Pourquoi saint Thomas utilise-t-il l’analogie de proportionnalité pour parler de Dieu ?

  • Garder la transcendance
  • Nier toute connaissance
  • Identifier Dieu et créature
  • Démontrer l’existence du mal
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Réponse : Garder la transcendance

L’analogie de proportionnalité permet de parler de Dieu sans le réduire au niveau des créatures (univocité). La bonté est à l’essence divine ce que la bonté est à la créature : proportion semblable, réalité infiniment différente.

5. Pour « être », quel est l’analogué premier selon saint Thomas ?

  • L’accident
  • La relation
  • La substance
  • La quantité
Voir la réponse

Réponse : La substance

Le mot « être » se dit proprement de la substance. L’accident n’est dit « être » que par rapport à la substance dont il dépend. La substance est donc l’analogué premier du terme « être ».

6. Sans la doctrine de l’analogie, dans quel écueil tomberait le discours sur Dieu ?

  • Silence ou anthropomorphisme
  • Évidence des sens
  • Démonstration parfaite
  • Certitude absolue
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Réponse : Silence ou anthropomorphisme

Sans l’analogie, ou bien on réduit Dieu au niveau des créatures (anthropomorphisme, univocité), ou bien on ne peut rien dire de Lui (agnosticisme, équivocité). L’analogie maintient la communauté et la différence.

7. « La vue est à l’œil ce que l’intelligence est à l’âme. » De quelle analogie s’agit-il ?

  • D’équivocité
  • De proportionnalité
  • De proportion
  • D’univocité
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Réponse : De proportionnalité

Cet exemple illustre l’analogie de proportionnalité : la ressemblance réside dans la proportion entre deux rapports (vue/œil = intelligence/âme), non dans un rapport direct à un référent unique.

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Dans ce chapitre : L'analogie de l'être

  1. Analogie de proportion et de proportionnalité
  2. L'analogie dans les noms divins
  3. Univocité, équivocité et analogie
  4. L'analogie de l'être