Chalcédoine (451) et les deux natures
Chalcédoine en 451 : deux natures sans confusion ni séparation, la formule définitive de la foi christologique.
Chalcedoine (451) et les deux natures
Duæ Naturæ Christi
L'erreur d'Eutychès
Vingt ans apres Ephese, un nouveau peril christologique surgit, cette fois du camp alexandrin lui-meme. Un moine de Constantinople nomme Eutyches, disciple zele mais maladroit de Cyrille, pousse la theologie de l'unite du Christ jusqu'a l'erreur inverse du nestorianisme. La ou Nestorius separait les deux natures au point d'en faire deux personnes, Eutyches les confond au point de n'en laisser qu'une seule. Il enseigne que, dans l'Incarnation, la nature humaine du Christ a été absorbee par la nature divine, « comme une goutte de miel dans la mer ». Apres l'union, il n'y aurait plus qu'une seule nature : c'est le monophysisme.
Le Tome de Léon
Le pape saint Léon le Grand, informé de l'affaire, rédige un document doctrinal décisif connu sous le nom de Tome de Léon, adressé au patriarche Flavien de Constantinople. Dans cette lettre magistrale, Léon expose avec une clarté lumineuse la foi de l'Église : le Christ est une seule personne en deux natures, divine et humaine, chacune conservant ses propriétés propres après l'union. Le concile de Chalcédoine, réuni en 451 sous l'impulsion de l'empereur Marcien, rassemble plus de six cents évêques. Lorsque le Tome de Léon est lu en séance, les Pères s'exclament d'une seule voix : « Pierre a parlé par Léon ! », reconnaissance éclatante de l'autorité du Siège de Rome.
Les deux natures
La définition dogmatique qui en résulte demeure le fondement de la christologie catholique : le Christ doit être reconnu en deux natures, « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ». Les deux premiers adverbes visent directement le monophysisme d'Eutychès, qui confondait et changeait les natures. Les deux derniers visent le nestorianisme, qui les divisait et les séparait. Derrière cette formule se trouve un principe patristique essentiel, forgé par saint Grégoire de Nazianze : « ce qui n'est pas assumé n'est pas guéri ». Si le Christ n'avait pas pris une nature humaine réelle et complète, il n'aurait pas pu sauver l'humanité tout entière. La pleine humanité du Christ est donc nécessaire au salut, tout autant que sa pleine divinité.
Le concile de Chalcedoine (451) definit que le Christ subsiste en deux natures « sans confusion, sans changement, sans division, sans separation ».
Testez-vous : 7 questions
1. Quelle hérésie Eutychès professait-il ?
- Le nestorianisme
- L’arianisme
- Le monophysisme
- Le docétisme
Voir la réponse
Réponse : Le monophysisme
Eutyches enseignait que, après l’Incarnation, la nature humaine du Christ a été absorbée par la nature divine, ne laissant qu’une seule nature. C’est l’hérésie du monophysisme, condamnée par le concile de Chalcédoine en 451.
2. Quel document du pape saint Léon le Grand a joué un rôle décisif à Chalcédoine ?
- Le Tome de Léon
- Le décret Lamentabili
- Mystici Corporis
- La bulle Unam Sanctam
Voir la réponse
Réponse : Le Tome de Léon
Le Tome de Léon (Epistula ad Flavianum, 449) expose la doctrine des deux natures du Christ avec une grande clarté. Les Pères du concile de Chalcédoine l’ont acclamé en s’écriant : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ! »
3. Quels sont les quatre adverbes de la définition de Chalcédoine ?
- Sans confusion ni division
- Sans mélange ni absorption
- Sans début, milieu ni fin
- Sans mouvement ni lieu
Voir la réponse
Réponse : Sans confusion ni division
La formule de Chalcédoine reconnaît le Christ « en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ». Les deux premiers visent le monophysisme, les deux derniers le nestorianisme.
4. Quel principe patristique montre que l’humanité du Christ est nécessaire au salut ?
- Non assumé, non guéri
- Hors l’Église, pas de salut
- Où est Pierre, l’Église
- Foi sans œuvres morte
Voir la réponse
Réponse : Non assumé, non guéri
Saint Grégoire de Nazianze a formulé ce principe sotériologique fondamental : « Ce qui n’est pas assumé n’est pas guéri. » Si le Verbe n’a pas véritablement assumé la nature humaine, il n’a pas pu la racheter. C’est l’argument central contre le monophysisme.
5. En quelle année le concile de Chalcédoine s’est-il tenu ?
- 553
- 431
- 325
- 451
Voir la réponse
Réponse : 451
Le concile de Chalcédoine s’est réuni en 451. Avec plus de cinq cents évêques présents, c’est le plus grand concile de l’Antiquité chrétienne. Il a condamné le monophysisme d’Eutyches et défini la doctrine des deux natures du Christ.
6. Quelle acclamation célèbre les Pères ont-ils prononcée en entendant le Tome de Léon ?
- Anathème à Nestorius
- Gloire au Dieu unique
- Le Verbe fait chair
- Pierre parle par Léon
Voir la réponse
Réponse : Pierre parle par Léon
Les Pères conciliaires ont acclamé le Tome de Léon en s’écriant : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ! » Cette acclamation reconnaît l’autorité doctrinale du siège de Rome et la justesse de l’exposé christologique de saint Léon le Grand.
7. « Sans division, sans séparation » dans la formule de Chalcédoine visent quelle hérésie ?
- L’arianisme
- Le nestorianisme
- Le pélagianisme
- Le monophysisme
Voir la réponse
Réponse : Le nestorianisme
Les adverbes « sans division, sans séparation » visent le nestorianisme, qui tendait à séparer les deux natures au point d’en faire deux sujets distincts. Les adverbes « sans confusion, sans changement » visent, eux, le monophysisme d’Eutyches.
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Les conciles christologiques
- Nicée (325) et la consubstantialite
- Éphèse (431) et la Théotokos
- Chalcédoine (451) et les deux natures