La communication des idiomes
Ce qui est dit de l'une des natures peut être attribué à la Personne : la communication des idiomes expliquée.
Communicatio Idiomatum
Un échange des propriétés
Peut-on dire que « Dieu est mort sur la Croix » ? Cette affirmation paraît scandaleuse : comment l'Immortel pourrait-il mourir ? Pourtant l'Église l'affirme sans hésiter, et c'est l'une des conséquences les plus profondes de l'union hypostatique. Ce principe théologique s'appelle la communication des idiomes (communicatio idiomatum) : les propriétés de chaque nature peuvent être attribuées à l'unique Personne du Christ. La communicatio idiomatum signifie littéralement l'échange des propriétés entre les deux natures au profit de l'unique Personne divine.
Le combat contre Nestorius
Le champion de cette doctrine est saint Cyrille d'Alexandrie, qui mena le combat contre Nestorius au Ve siècle. Nestorius, patriarche de Constantinople, refusait d'appeler Marie « Mère de Dieu » (Theotokos), préférant le titre de « mère du Christ » (Christotokos). En séparant les deux natures au point de nier leur communication réelle, il compromettait l'unité même de la Personne du Christ. Le Concile d'Éphèse, en 431, condamna cette erreur et proclama solennellement que Marie est véritablement Theotokos, puisqu'elle a enfanté la Personne du Verbe incarné, et non un simple homme auquel Dieu serait uni de l'extérieur.
Concret et abstrait
Il faut cependant user de cette communication avec précision. On dit correctement « Dieu a souffert » ou « Dieu est mort », car on attribue une propriété humaine à la Personne concrète du Verbe. Mais on ne dit pas « la divinité a souffert », car cela reviendrait à attribuer la souffrance à la nature divine abstraite, qui demeure en elle-même impassible. Saint Thomas d'Aquin traite systématiquement de cette distinction dans la Somme théologique, Tertia Pars, question 16, où il distingue les attributions concrètes, qui sont correctes, des attributions abstraites, qui sont incorrectes.
Une valeur infinie pour le salut
Pourquoi cette doctrine est-elle si importante pour le salut ? Parce qu'elle garantit que c'est véritablement Dieu en personne qui a souffert, est mort et nous a rachetés, non un intermédiaire, non un simple prophète. Notre Rédemption est l'oeuvre du Verbe incarné lui-même, ce qui lui confère une valeur proprement infinie, capable d'expier les péchés de toute l'humanité.
On peut dire que Dieu est mort sur la Croix, car c'est la Personne divine du Verbe qui est morte selon sa nature humaine.
Testez-vous : 7 questions
1. Que signifie communicatio idiomatum ?
- Division de la Personne
- Fusion des natures
- Création de l’âme
- Échange des propriétés
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Réponse : Échange des propriétés
La communicatio idiomatum (communication des idiomes) signifie que les propriétés de chaque nature du Christ peuvent être attribuées à l’unique Personne du Verbe. On peut ainsi dire « Dieu a souffert » ou « cet homme est tout-puissant ».
2. Peut-on dire « Dieu est mort sur la Croix » ?
- C’est hérétique
- En privé seul
- C’est correct
- Au figuré seul
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Réponse : C’est correct
Oui, car c’est la Personne divine du Verbe qui est morte, selon sa nature humaine. La communication des idiomes permet d’attribuer à la Personne ce qui relève de l’une ou l’autre nature.
3. Quel docteur est le champion de la communication des idiomes ?
- Augustin d’Hippone
- Cyrille d’Alexandrie
- Jérôme de Stridon
- Grégoire de Nazianze
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Réponse : Cyrille d’Alexandrie
Saint Cyrille d’Alexandrie a mené le combat contre Nestorius pour défendre la communication des idiomes. C’est lui qui a montré que Marie est véritablement Theotokos (Mère de Dieu), car elle a enfanté la Personne du Verbe incarné.
4. Que refusait Nestorius de dire ?
- Jésus est le Messie
- Dieu est né de Marie
- Marie est vierge
- Le Christ a souffert
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Réponse : Dieu est né de Marie
Nestorius refusait d’appeler Marie « Mère de Dieu » (Theotokos), préférant « mère du Christ » (Christotokos). Il séparait les deux natures au point de nier la communication des idiomes. Le Concile d’Éphèse (431) condamna cette erreur.
5. Peut-on dire « la divinité a souffert » ?
- Correct, mais rare
- En poésie seule
- C’est correct
- C’est incorrect
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Réponse : C’est incorrect
La communication des idiomes attribue les propriétés à la Personne, non d’une nature à l’autre. On dit « Dieu a souffert » (Personne concrète), mais pas « la divinité a souffert » (nature abstraite). La nature divine reste impassible en elle-même.
6. Où saint Thomas traite-t-il de la communication des idiomes ?
- De Veritate, q. 1
- Somme, Ia, q. 1
- Somme contre les Gentils, livre IV
- Somme, IIIa, q. 16
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Réponse : Somme, IIIa, q. 16
Saint Thomas d’Aquin traite systématiquement de la communication des idiomes dans la Somme théologique, Tertia Pars, question 16. Il y distingue les attributions concrètes (correctes) des attributions abstraites (incorrectes).
7. Pourquoi la communication des idiomes est-elle si importante pour le salut ?
- Elle est facultative
- Dieu lui-même nous sauve
- Elle simplifie la foi
- Elle est purement verbale
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Réponse : Dieu lui-même nous sauve
La communication des idiomes exprime que c’est véritablement Dieu en personne qui a souffert, est mort et nous a sauvés, non un intermédiaire. Notre Rédemption est l’oeuvre du Verbe incarné lui-même, ce qui lui donne une valeur infinie.
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Dans ce chapitre : L'Incarnation et l'union hypostatique
- Le mystère de l'Incarnation
- Vrai Dieu et vrai homme
- La communication des idiomes