La démocratie contre le bien commun

Chapitre 3 : La Modernité · cours « Philosophie Politique » · 11 questions

Tocqueville, Bodin et le cercle vicieux démocratique

Jean Bodin

Democratia contra Bonum Commune

L'obéissance dégradée

Tocqueville reconnaît que sous la monarchie il y avait « une sorte d'obéissance inconnue » : les sujets obéissaient par amour. Le lien entre le roi et ses sujets procédait d'un attachement personnel et libre, semblable à celui d'un fils pour son père. En démocratie, en revanche, l'obéissance devient servile : on obéit par intérêt, non par honneur. Tocqueville observe ainsi que le roi chrétien inspirait une obéissance par amour et respect, tandis que le régime démocratique, fondé sur le nombre et l'opinion, engendre une soumission dégradée, privée de toute noblesse intérieure.

Le serment du prince

Jean Bodin rappelle avec solennité : « Il n'y a crime plus détestable en un prince que le parjure. » Le roi jure devant Dieu au moment de son sacre : rompre ce serment, c'est offenser Dieu lui-même. La parole donnée engage l'honneur sacré du pouvoir. En démocratie, les promesses non tenues sont devenues la norme, signe de dégradation morale que Bodin avait par avance dénoncée.

Gouverner vers le bien

Saint Thomas d'Aquin, reprenant Aristote, enseigne que l'office de celui qui gouverne est de conduire la communauté à sa fin, c'est-à-dire au bien commun et à la vie vertueuse. Gouverner, c'est conduire le peuple vers la vertu, vers le bien véritable, non vers la satisfaction des instincts. La politique traditionnelle, fondée sur la philosophie chrétienne, ordonne ainsi tout gouvernement au bien commun, non à la conquête du nombre.

La vertu du gouvernant

Confucius, dans le Ta Hio (la Grande Étude), affirme que le fondement du bon gouvernement est de « corriger sa personne ». Le prince doit se perfectionner lui-même avant de prétendre gouverner les autres. On ne peut conduire au bien sans l'incarner soi-même. Cette exigence confucéenne rejoint l'intuition chrétienne : la vertu personnelle du gouvernant est la condition première de la justice politique.

Le comte de Chambord fonde la monarchie sur la vertu du gouvernant, sur la loi naturelle et la tradition. Le roi doit gouverner selon la justice et la loi de Dieu, non selon l'opinion ou la force. La vertu est la condition du bon gouvernement, et la monarchie chrétienne se distingue précisément par cet enracinement dans un ordre moral supérieur à la volonté humaine.

Tocqueville, Bodin, Confucius : la monarchie suscite l'amour, la démocratie une obéissance servile.

Testez-vous : 11 questions

1. Selon Tocqueville, comment obéissait-on sous la monarchie ?

  • par peur
  • par intérêt
  • par amour
  • par contrainte religieuse
Voir la réponse

Réponse : par amour

Tocqueville reconnaît qu’il y avait sous l’ancien régime « une sorte d’obéissance inconnue » : les sujets obéissaient par amour et respect pour leur roi, comme des enfants pour un bon père.

2. Selon saint Thomas d’Aquin, quel est le but du gouvernement ?

  • Conserver le pouvoir
  • Imiter les empires païens
  • Conduire à la vertu
  • Satisfaire le peuple
Voir la réponse

Réponse : Conduire à la vertu

Saint Thomas enseigne que gouverner, c’est conduire le peuple vers la vertu, c’est-à-dire vers le bien véritable, non vers la satisfaction des instincts.

3. Que demande Confucius au prince avant de gouverner ?

  • Se perfectionner
  • Consulter le peuple
  • Régner sans vertu
  • Conquérir le nombre
Voir la réponse

Réponse : Se perfectionner

Confucius exige du prince qu’il se perfectionne d’abord lui-même. On ne peut conduire les autres au bien sans l’incarner soi-même.

4. Selon Tocqueville, comment obéit-on en démocratie ?

  • Par amour du prince
  • Par vertu civique
  • De façon servile
  • Avec joie et liberté
Voir la réponse

Réponse : De façon servile

Tocqueville observait qu’en monarchie l’obéissance procédait de l’amour, tandis qu’en démocratie elle devient servile : on obéit par intérêt, non par honneur.

5. Pourquoi Jean Bodin condamne-t-il le parjure du prince ?

  • c’est une vertu
  • c’est inévitable
  • c’est le pire des crimes
  • c’est un péché véniel
Voir la réponse

Réponse : c’est le pire des crimes

Bodin enseigne qu’« il n’y a crime plus détestable en un prince que le parjure ». En démocratie, les promesses non tenues sont devenues la norme : signe de dégradation morale.

6. Sur quoi le comte de Chambord fonde-t-il la monarchie ?

  • Sur la force militaire
  • Sur la volonté du peuple
  • Sur l’hérédité du sang
  • Sur la vertu du gouvernant
Voir la réponse

Réponse : Sur la vertu du gouvernant

Le comte de Chambord conçoit une monarchie fondée sur la vertu : le roi doit gouverner selon la justice et la loi de Dieu, non selon l’opinion ou la force. La vertu est la condition du bon gouvernement.

7. Selon Tocqueville, quelle obéissance le roi chrétien inspire-t-il ?

  • Une obéissance par crainte
  • Une obéissance forcée
  • Une obéissance par amour
  • Une obéissance par intérêt
Voir la réponse

Réponse : Une obéissance par amour

Tocqueville distingue l’obéissance par amour, propre à la monarchie chrétienne, de l’obéissance servile. Le sujet obéit au roi comme un fils à son père, par respect et affection, non par peur.

8. La politique traditionnelle ordonne le gouvernement à quoi ?

  • À la réélection
  • À la majorité
  • Au plaisir du roi
  • Au bien commun
Voir la réponse

Réponse : Au bien commun

La politique traditionnelle, fondée sur la philosophie chrétienne, ordonne le gouvernement au bien commun et à la vertu, non à la conquête du nombre.

9. Selon Jean Bodin, quel est le pire crime d’un prince ?

  • Le parjure royal
  • La guerre injuste
  • L’impôt excessif
  • La pratique idolâtre
Voir la réponse

Réponse : Le parjure royal

Jean Bodin enseigne que le parjure (trahir sa parole et ses serments) est le pire crime d’un prince. Le roi jure devant Dieu : rompre ce serment, c’est offenser Dieu lui-même.

10. Selon saint Thomas reprenant Aristote, quel est l’office de celui qui gouverne ?

  • Conduire à sa fin
  • Imposer sa volonté
  • Plaire au peuple
  • Vivre dans le luxe
Voir la réponse

Réponse : Conduire à sa fin

Selon saint Thomas reprenant Aristote, l’office du gouvernant est de conduire la communauté à sa fin, c’est-à-dire au bien commun et à la vie vertueuse.

11. Pour Confucius dans le Ta Hio, quel est le fondement du bon gouvernement ?

  • Conquérir des terres
  • Corriger sa personne
  • Régner par la peur
  • Augmenter les impôts
Voir la réponse

Réponse : Corriger sa personne

Pour Confucius dans le Ta Hio (Grande Étude), le fondement du bon gouvernement est de « corriger sa personne ». Le prince doit d’abord se réformer lui-même avant de prétendre gouverner les autres.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : La Modernité

  1. La rupture moderne
  2. Aristophane et la démagogie
  3. La démocratie contre le bien commun
  4. Frêche et le cycle électoral
  5. Georges Frêche : leçon de démocratie