Le Symbole de Nicée-Constantinople

Chapitre 34 : Le Concile de Constantinople (381) · cours « Patristique » · 6 questions

Le Credo que récite l'Église universelle : ses origines, ses ajouts décisifs sur le Saint-Esprit et l'Église.

Credo de Nicée-Constantinople

Symbolum Nicaeno-Constantinopolitanum

Le Credo de l'Église

Le Symbole de Nicee-Constantinople est le Credo que recite l'Église universelle a chaque célébration eucharistique dominicale. Son histoire est celle de la maturation dogmatique de la foi chretienne face aux heresies trinitaires du IVe siecle. Comprendre ce Symbole, c'est toucher au coeur de la confession de foi chretienne.

Nicee et l'arianisme

En 325, le concile de Nicee avait produit un premier Symbole pour condamner l'arianisme. Ce texte affirmait que le Fils est « de meme substance » (homoousios) que le Pere, vrai Dieu de vrai Dieu, engendre non pas cree. Mais le Symbole de Nicee etait bref sur le Saint-Esprit : il se contentait de dire « et nous croyons au Saint-Esprit ».

Les Cappadociens et Constantinople

Apres Nicee, une nouvelle heresie surgit : les pneumatomaques, aussi appeles macedoniens. Ils acceptaient la divinite du Fils mais niaient celle du Saint-Esprit, le reduisant a une créature superieure. L'empereur Theodose Ier convoqua alors le concile de Constantinople en 381 pour repondre a cette erreur et completer l'oeuvre doctrinale de Nicee. L'armature theologique avait été preparee par saint Basile de Cesaree dans son traite Sur le Saint-Esprit, redige en 375, ou il demontrait que l'Esprit recoit les memes predicats divins que le Pere et le Fils. Basile mourut en janvier 379, sans voir le concile, mais son ami Gregoire de Nazianze et son frère Gregoire de Nysse porterent son heritage. Ces trois theologiens (Basile, Gregoire de Nazianze et Gregoire de Nysse) sont connus sous le nom de trois Cappadociens et ont joue un role decisif dans la formulation de la theologie trinitaire orthodoxe.

Le Symbole de 381 et le Filioque

Le Symbole de 381 proclame le Saint-Esprit « Seigneur » (Kyrios), titre divin par excellence, « vivifiant », « qui procede du Pere », et surtout « adore et glorifie avec le Pere et le Fils ». Il confesse egalement l'Église « une, sainte, catholique et apostolique » : quatre notes ou marques de l'Église que la theologie ulterieure developpera abondamment. Plus tard, l'Occident ajoutera unilateralement « et du Fils » (Filioque) a la formule sur la procession du Saint-Esprit. Cet ajout sera l'une des causes doctrinales du grand schisme de 1054 entre Orient et Occident.

Le Credo de 381 affirme la divinité du Saint-Esprit : Seigneur, vivifiant, adoré et glorifié avec le Père et le Fils.

Testez-vous : 6 questions

1. Quelle hérésie niait la divinité du Saint-Esprit tout en acceptant celle du Fils ?

  • Les pneumatomaques
  • Les ariens
  • Les docètes
  • Les nestoriens
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Réponse : Les pneumatomaques

Les pneumatomaques (ou macédoniens) reconnaissaient la divinité du Fils mais niaient celle du Saint-Esprit, le réduisant à une créature supérieure. Le concile de Constantinople (381) répondit à cette erreur.

2. Quel empereur convoqua le concile de Constantinople en 381 ?

  • Théodose Ier
  • Constantin
  • Valentinien
  • Gratien
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Réponse : Théodose Ier

L’empereur Théodose Ier convoqua le concile de Constantinople en 381 pour répondre à l’hérésie pneumatomaque et compléter l’oeuvre doctrinale de Nicée.

3. Quel titre divin le Symbole attribue-t-il au Saint-Esprit ?

  • Seigneur et vivificateur
  • Juge des vivants
  • Rédempteur du monde
  • Créateur du ciel
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Réponse : Seigneur et vivificateur

Le Symbole proclame le Saint-Esprit « Seigneur » (Kyrios), titre divin par excellence. Avec « vivifiant » et « adoré et glorifié avec le Père et le Fils », il affirme sans ambiguïté sa divinité.

4. Quel Père de l’Église a écrit le traité Sur le Saint-Esprit (375), fondement théologique du concile ?

  • Saint Ambroise
  • Saint Hilaire de Poitiers
  • Saint Athanase
  • Saint Basile de Césarée
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Réponse : Saint Basile de Césarée

Saint Basile de Césarée, mort en janvier 379, avait fourni l’armature théologique dans son traité Sur le Saint-Esprit (375), démontrant que l’Esprit reçoit les mêmes prédicats divins que le Père et le Fils.

5. Quelles sont les quatre notes de l’Église confessées dans le Symbole de Nicée-Constantinople ?

  • Une, sainte, catholique, apostolique
  • Militante, souffrante, élue, triomphante
  • Visible, invisible, céleste, terrestre
  • Sainte, romaine, universelle, ancienne
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Réponse : Une, sainte, catholique, apostolique

Le Symbole confesse l’Église « une, sainte, catholique et apostolique ». Ces quatre notes (ou marques) de l’Église seront abondamment développées par la théologie ultérieure.

6. Quel ajout occidental au Symbole sera l’une des causes du schisme de 1054 ?

  • Le consubstantiel
  • Le Filioque
  • L’homoousios
  • Le Theotokos
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Réponse : Le Filioque

L’Occident ajoutera « et du Fils » (Filioque) à la formule sur la procession du Saint-Esprit. Cet ajout unilatéral sera l’une des causes doctrinales du schisme de 1054 entre Orient et Occident.

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Dans ce chapitre : Le Concile de Constantinople (381)

  1. Le Credo complété
  2. La divinité du Saint-Esprit
  3. Le Symbole de Nicée-Constantinople
  4. Le Saint-Esprit et le Credo de 381