Le temps et l'éternité
Ce qui passe et ce qui demeure : deux mesures radicalement différentes de la durée.
Tempus et Æternitas
Les trois mesures de la durée
Le temps, l'éternité et l'aevum sont les trois mesures de la durée dans la métaphysique classique.
Les définitions classiques
Aristote définit le temps : « le nombre du mouvement selon l'avant et l'après » (Physique, IV). Boèce donne la définition classique de l'éternité : « la possession simultanée et parfaite d'une vie sans terme » (interminabilis vitae tota simul et perfecta possessio).
L'éternel présent
En Dieu, il n'y a aucune succession : pas de passé, pas de futur, seulement un éternel présent (nunc stans).
Aeternitas est interminabilis vitae tota simul et perfecta possessio (Boèce, Consolation de Philosophie V)
Testez-vous : 5 questions
1. Selon Boèce, qu’est-ce que l’éternité ?
- Vie sans terme, tout entière
- Absence de tout mouvement
- Absence de tout changement
- Durée infiniment longue
Voir la réponse
Réponse : Vie sans terme, tout entière
Boèce définit l’éternité comme « interminabilis vitae tota simul et perfecta possessio », la possession simultanée et parfaite d’une vie sans terme. Il n’y a en Dieu aucune succession, seulement un éternel présent.
2. Pourquoi l’éternité est-elle propre à Dieu seul selon saint Thomas ?
- Seul l’immuable possède tout
- Sa volonté ne change pas
- Il existe depuis toujours
- Il a quitté le temps créé
Voir la réponse
Réponse : Seul l’immuable possède tout
L’éternité requiert l’absence totale de succession, donc l’immutabilité absolue. Seul Dieu, Acte pur sans changement, possède sa vie tout entière à la fois (tota simul). Toute créature, même spirituelle, comporte quelque succession.
3. Pourquoi les anges ne sont-ils ni dans le temps ni dans l’éternité ?
- Commencement, sans mouvement
- Mi-temps, mi-éternité
- Hors de toute durée
- Mesurés par temps divin
Voir la réponse
Réponse : Commencement, sans mouvement
Les anges ont un commencement (donc ne sont pas éternels au sens strict) mais ne subissent pas le mouvement continu des corps (donc ne sont pas dans le temps). Leurs opérations intellectuelles comportent toutefois une certaine succession, d’où l’aevum comme mesure intermédiaire.
4. Si le temps est le nombre du mouvement, peut-il exister sans une âme pour le mesurer selon Aristote ?
- Même sans esprit
- S’il est circulaire
- Il faut une âme
- C’est un fait physique
Voir la réponse
Réponse : Il faut une âme
Aristote lie le temps à la fois au mouvement et à l’intellect qui le mesure. Le temps comme « nombre du mouvement » requiert un sujet qui numère les phases successives. Sans cette âme, le mouvement existerait mais le temps ne serait qu’en puissance.
5. Comment saint Thomas concilie-t-il l’affirmation que Dieu est « au-dessus du temps » avec sa relation aux événements temporels ?
- Tout en son éternel présent
- Perçoit le temps lentement
- Entre dans le temps en acte
- Ignore l’événement temporel
Voir la réponse
Réponse : Tout en son éternel présent
Dieu n’est pas « avant » le temps comme un moment antérieur : Il est au-dessus du temps, contenant passé, présent et futur dans son unique éternel présent. Il connaît et gouverne tous les événements temporels sans subir la succession. Sa providence embrasse toute l’histoire en un seul regard.
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Le temps et l'éternité
- Le temps et l'éternité
- Le temps comme mesure du mouvement
- L'aevum des anges
- L'éternité divine : tota simul