Le Tome de Léon et la formule chalcédonienne

Chapitre 42 : Le Concile de Chalcédoine (451) · cours « Patristique » · 7 questions

La lettre dogmatique du pape Léon le Grand qui a fondé la christologie chalcédonienne.

Saint Léon le Grand

Tomus Leonis

Le Tome à Flavien

Le Tome à Flavien du pape saint Léon le Grand est l'un des documents les plus importants de l'histoire du dogme. Cette lettre dogmatique, envoyée en 449 au patriarche Flavien de Constantinople, expose avec clarté la doctrine des deux natures du Christ.

Pierre a parlé par Léon

Léon y affirme que chaque nature conserve ses propriétés propres dans l'union : la nature divine accomplit les miracles, la nature humaine souffre et meurt. Mais c'est une seule et même personne qui agit dans les deux natures. Lorsque ce texte fut lu devant les Pères assemblés au concile de Chalcédoine en 451, ceux-ci s'écrièrent d'une seule voix : « Pierre a parlé par Léon ! » Ils reconnaissaient ainsi que la voix du pape portait l'autorité même de l'apôtre Pierre et du Siège de Rome.

Les quatre adverbes négatifs

Le concile de Chalcédoine rassembla environ six cents évêques, le plus grand nombre de tous les conciles de l'antiquité chrétienne. L'impératrice Pulchérie et l'empereur Marcien en favorisèrent la convocation, soucieux de rétablir l'unité doctrinale après les troubles du « brigandage d'Éphèse » de 449. Les Pères conciliaires élaborèrent une formule christologique dont le cœur est constitué de quatre adverbes négatifs : le Christ est reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. Ces quatre adverbes tracent un chemin de crête entre les hérésies opposées. « Sans confusion » et « sans changement » s'opposent directement au monophysisme d'Eutychès, qui prétendait que les deux natures se fondaient en une seule après l'union. « Sans division » et « sans séparation » s'opposent au nestorianisme, qui séparait tellement les natures qu'il en faisait presque deux personnes distinctes.

La double consubstantialité et la rupture

La formule proclame également la double consubstantialité du Christ : il est consubstantiel au Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l'humanité. Vrai Dieu et vrai homme, il possède intégralement les deux natures en une seule personne divine. Toutes les Églises n'acceptèrent pas cette définition. Les Églises copte, éthiopienne, arménienne et syriaque refusèrent Chalcédoine, demeurant attachées à une formule monophysite. Cette rupture donna naissance aux Églises dites préchalcédoniennes ou non chalcédoniennes, séparées de la communion romaine et byzantine jusqu'à nos jours.

Deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation

Testez-vous : 7 questions

1. Que s’écrièrent les Pères à la lecture du Tome de Léon ?

  • Anathème à Nestorius !
  • Gloire à Dieu très haut !
  • Le Christ règne en vainqueur
  • Pierre a parlé par Léon !
Voir la réponse

Réponse : Pierre a parlé par Léon !

Les Pères s’écrièrent : Pierre a parlé par Léon !, reconnaissant l’autorité du Siège de Rome.

2. Combien d’adverbes négatifs composent le cœur de la formule chalcédonienne ?

  • Deux
  • Six
  • Quatre
  • Trois
Voir la réponse

Réponse : Quatre

Les quatre adverbes sont : sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation.

3. Contre quelle hérésie « sans confusion » est-il dirigé ?

  • Le pélagianisme
  • Le nestorianisme
  • L’arianisme
  • Le monophysisme
Voir la réponse

Réponse : Le monophysisme

Sans confusion et sans changement s’opposent au monophysisme qui confondait les deux natures.

4. Combien d’évêques participèrent au concile de Chalcédoine ?

  • 150
  • 300
  • 1000
  • 600
Voir la réponse

Réponse : 600

Environ 600 évêques participèrent, le plus grand nombre de tous les conciles anciens.

5. Quelle impératrice favorisa la convocation de Chalcédoine ?

  • Hélène
  • Théodora
  • Pulchérie
  • Eudoxie
Voir la réponse

Réponse : Pulchérie

L’impératrice Pulchérie et l’empereur Marcien convoquèrent le concile.

6. Quelles Églises refusèrent Chalcédoine ?

  • Coptes, Arméniens, Syriaques
  • Les Églises latines
  • Les Églises byzantines
  • Les Églises nestoriennes
Voir la réponse

Réponse : Coptes, Arméniens, Syriaques

Les Églises dites monophysites refusèrent Chalcédoine.

7. Qu’est-ce que la « double consubstantialité » du Christ ?

  • Au Père et à nous
  • Deux substances
  • Deux volontés opposées
  • Deux personnes divines
Voir la réponse

Réponse : Au Père et à nous

Le Christ est consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel à nous selon l’humanité.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Le Concile de Chalcédoine (451)

  1. Deux natures, une personne
  2. Le Tome de Léon et la formule chalcédonienne
  3. Le Tome de Léon et la définition chalcédonienne