Les circonstances de l'acte moral : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi (I-II, q. 7)
Qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi.
Circumstantiae actus moralis
Les sept circonstances
La moralité d'un acte ne dépend pas seulement de son objet : les circonstances qui l'entourent modifient son caractère moral. Saint Thomas, reprenant Aristote (qui traite des circonstances de l'acte volontaire au livre III de l'Éthique à Nicomaque) et Cicéron, énumère sept circonstances principales résumées par le vers mnémotechnique : « Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando » : qui agit, quoi, où, par quels moyens, pourquoi, comment, quand. La question 7 de la Prima Secundae examine comment ces circonstances constituent des « accidents » de l'acte moral : elles ne changent pas l'espèce de l'acte (son objet le détermine), mais elles peuvent l'aggraver ou le diminuer. Ainsi, voler dans une église (ubi) est plus grave que voler dans un marché, car la circonstance du lieu sacré ajoute un sacrilège au vol.
La primauté du pourquoi
Parmi les sept circonstances, la plus importante est le « pourquoi » (cur), c'est-à-dire la fin que l'agent poursuit, car elle peut changer l'espèce morale de l'acte tout entier. Un soldat qui tue un ennemi au combat accomplit un acte licite en soi, mais s'il agit par haine personnelle, la circonstance du « pourquoi » vicie son acte et le rend moralement mauvais. L'intention de l'agent est donc décisive dans le jugement moral.
L'objet déterminant
Toutefois, aucune circonstance, si favorable soit-elle, ne peut jamais rendre bon un acte dont l'objet est intrinsèquement mauvais. Le mensonge, le blasphème, l'adultère demeurent des actes mauvais quelles que soient les circonstances qui les entourent, car l'objet moral est toujours déterminant en dernier ressort.
La circonstance la plus importante est le « pourquoi » (cur), car la fin de l'agent peut changer l'espèce morale de l'acte.
Testez-vous : 8 questions
1. Combien de circonstances de l’acte moral la tradition scolastique énumère-t-elle classiquement ?
- Trois
- Cinq
- Dix
- Sept
Voir la réponse
Réponse : Sept
La tradition scolastique énumère sept circonstances de l’acte moral : qui, quoi, où, par quels moyens, pourquoi, comment, quand.
2. Selon saint Thomas, les circonstances sont-elles de l’essence de l’acte moral ou de ses accidents ?
- De ses accidents
- De sa fin seule
- Elles sont la matière
- De son essence
Voir la réponse
Réponse : De ses accidents
Les circonstances sont des accidents de l’acte moral, non son essence, mais elles peuvent en modifier la gravité.
3. Quel vers mnémotechnique résume les sept circonstances de l’acte moral ?
- Credo, spero, amo...
- Esse, vivere, agere
- Fides, spes, caritas
- Quis, quid, ubi...
Voir la réponse
Réponse : Quis, quid, ubi...
Le vers « Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando » résume les sept circonstances de l’acte moral.
4. Selon saint Thomas, quelle circonstance est la plus importante car elle peut changer l’espèce morale de l’acte ?
- Le quand (quando)
- Le pourquoi (cur)
- Le où (ubi)
- Le comment (quomodo)
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Réponse : Le pourquoi (cur)
Le « pourquoi » (cur) est la circonstance la plus importante car l’intention peut changer l’espèce morale de l’acte.
5. Voler un objet sacré dans une église est plus grave que voler un objet ordinaire. Quelle circonstance aggrave ici le péché ?
- L’agent (quis)
- Le lieu (ubi)
- La manière (quomodo)
- Le temps (quando)
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Réponse : Le lieu (ubi)
Le lieu sacré (ubi) aggrave le péché de vol : c’est un sacrilège qui offense la sainteté du lieu consacré.
6. Selon saint Thomas, une circonstance peut-elle rendre bon un acte dont l’objet est intrinsèquement mauvais ?
- Jamais
- Toujours
- Selon la personne
- Parfois, si grave
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Réponse : Jamais
Aucune circonstance ne peut rendre bon un acte intrinsèquement mauvais : l’objet moral est déterminant.
7. Aristote traite des circonstances de l’acte volontaire dans quel livre de l’Éthique à Nicomaque ?
- Livre I
- Livre VIII
- Livre X
- Livre III
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Réponse : Livre III
Aristote traite les circonstances de l’acte volontaire au livre III de l’Éthique à Nicomaque, en distinguant ce qu’on ignore, ce qu’on subit et ce qu’on choisit. Thomas les reprend sous les chefs classiques : qui, quoi, où, par quels moyens, pourquoi, comment, quand.
8. Un soldat tue un ennemi au combat (acte licite), mais le fait par haine personnelle. Quelle circonstance vicie son acte ?
- Le quand (quando)
- Le pourquoi (cur)
- Le quoi (quid)
- Le où (ubi)
Voir la réponse
Réponse : Le pourquoi (cur)
La circonstance du « pourquoi » (cur) vicie l’acte : l’intention de haine rend mauvais un acte par ailleurs licite.
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