Les ennemis de la philosophie
Scepticisme, relativisme, positivisme : les erreurs qui menacent la quête philosophique.
Hostes Philosophiae
Les adversaires intérieurs
La philosophie a toujours eu ses adversaires, non pas ceux qui la critiquent de l'extérieur, mais ceux qui, de l'intérieur même de la raison, sapent la possibilité même de connaître la vérité. Ces « ennemis de la philosophie » sont des attitudes intellectuelles qui, si on les pousse à leur terme, rendent toute quête philosophique impossible.
Scepticisme et relativisme
Le scepticisme radical nie la capacité de la raison humaine à atteindre quelque vérité que ce soit. Mais il se détruit lui-même : affirmer avec certitude qu'on ne peut rien savoir, c'est déjà savoir quelque chose avec certitude. Le relativisme, quant à lui, pose comme universellement vrai que rien n'est universellement vrai : contradiction manifeste. Le sophiste grec Protagoras en fut le champion avec sa formule célèbre : « L'homme est la mesure de toutes choses ». Platon lui répondait dans le Théétète que cette proposition, si elle est vraie, ne vaut que pour Protagoras lui-même.
Le positivisme
Le positivisme, théorisé par Auguste Comte, enseigne que l'humanité progresse à travers trois stades : le stade théologique (explication par les dieux), le stade métaphysique (explication par les causes abstraites), et le stade positif (explication par les lois scientifiques expérimentales). Seule la science expérimentale serait légitime. Mais cette affirmation elle-même n'est pas une proposition scientifique expérimentale : c'est une proposition philosophique. Le positivisme se réfute donc en s'énonçant.
Nominalisme et réponse réaliste
Enfin, le nominalisme, dont Guillaume d'Ockham fut le principal représentant, affirme que les concepts universels ne sont que des noms (nomina), des étiquettes commodes sans fondement réel dans les choses. La tradition réaliste d'Aristote et de saint Thomas répond que les universaux ont un fondement dans les choses : il y a bien quelque chose de commun entre les individus d'une même espèce, que l'intellect abstrait de l'expérience sensible. La philosophie réaliste maintient ainsi que la vérité est accessible à la raison humaine.
Scepticisme, relativisme, positivisme, nominalisme : quatre erreurs qui se réfutent elles-mêmes.
Testez-vous : 8 questions
1. Pourquoi le scepticisme radical se détruit-il lui-même ?
- Il affirme ne rien savoir
- Il accepte les principes
- Il refuse la métaphysique
- Il ne vise que les sens
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Réponse : Il affirme ne rien savoir
Le scepticisme radical est auto-réfutant : affirmer avec certitude qu’on ne peut rien savoir, c’est déjà savoir quelque chose avec certitude, ce qui contredit la thèse.
2. Quel sophiste grec affirmait que « l’homme est la mesure de toutes choses » ?
- Gorgias
- Protagoras
- Thrasymaque
- Hippias
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Réponse : Protagoras
Protagoras affirmait que l’homme est la mesure de toutes choses. Platon lui répondait dans le Théétète que cette proposition, si elle est vraie, ne vaut que pour Protagoras lui-même.
3. Pourquoi le relativisme est-il auto-réfutant ?
- Absolutiser le non-absolu
- Il accepte la certitude
- Il nie le langage
- Il nie le monde extérieur
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Réponse : Absolutiser le non-absolu
Le relativisme se veut universellement vrai : il prétend valoir pour tous. Mais il affirme que rien n’est universellement vrai. Il se contredit donc lui-même.
4. Selon Auguste Comte, quels sont les trois stades de l’humanité ?
- Sensible, mental, spirituel
- Religion, abstrait, science
- Primitif, classique, moderne
- Mythe, raison, mystique
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Réponse : Religion, abstrait, science
Auguste Comte enseignait que l’humanité passe par trois stades : théologique (explication par les dieux), métaphysique (explication par les causes abstraites), positif (explication par les lois scientifiques expérimentales).
5. Pourquoi le positivisme se réfute-t-il en s’énonçant ?
- Son axiome est invérifiable
- Il accepte la métaphysique
- Il se fonde sur la foi
- Il refuse la logique
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Réponse : Son axiome est invérifiable
Le positivisme affirme que seule la science expérimentale est légitime. Mais cette affirmation elle-même n’est pas une proposition scientifique expérimentale : c’est une proposition philosophique. Il se réfute donc en s’énonçant.
6. Qu’affirme le nominalisme au sujet des concepts universels ?
- De simples noms sans réel
- Des réalités séparées
- Des créations divines
- Des intuitions innées
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Réponse : De simples noms sans réel
Le nominaliste (comme Guillaume d’Ockham) affirme que les concepts universels ne sont que des noms (nomina), des étiquettes commodes sans fondement réel dans les choses.
7. Que répond la tradition réaliste (Aristote, saint Thomas) au nominalisme ?
- Fondés dans les choses
- Pures conventions sociales
- Universaux inconnaissables
- Existent séparés des choses
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Réponse : Fondés dans les choses
La tradition réaliste répond que les universaux ont un fondement dans les choses : il y a bien quelque chose de commun entre les individus d’une même espèce, que l’intellect abstrait de l’expérience sensible.
8. Le ____ est l’ennemi de la philosophie qui nie la capacité de la raison à atteindre la vérité.
- scepticisme
- rationalisme
- réalisme
- idéalisme
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Réponse : scepticisme
Le scepticisme est l’ennemi de la philosophie car il nie la capacité de la raison humaine à atteindre la vérité. Il suspend tout jugement et considère que la certitude est impossible. La philosophie réaliste affirme au contraire que la vérité est accessible.
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