Les voyelles et la vocalisation
Le système vocalique araméen et les signes de vocalisation massorétique appliqués aux textes bibliques.
Vocales et Vocalisatio
Une écriture sans voyelles
Comme l'hébreu, l'araméen s'écrivait à l'origine sans voyelles : seules les consonnes étaient notées. La prononciation se transmettait oralement, de maître à disciple. Les voyelles n'ont été ajoutées que tardivement, par des systèmes de points et de traits placés au-dessus ou en dessous des consonnes. Pour l'araméen biblique, c'est le système massorétique tibérien qui est utilisé, le même que pour l'hébreu. Les massorètes de Tibériade ont fixé cette vocalisation entre le VIe et le Xe siècle de notre ère.
Longues, brèves et le qamats
Ce système distingue trois catégories de voyelles. Les voyelles longues sont au nombre de cinq : le qamats note un a long, le tseré un é long, le hireq gadol un i long, le holem un o long et le shureq un u long. En miroir, cinq voyelles brèves leur répondent : le patah pour le a bref, le ségol pour le è bref, le hireq qatan pour le i bref, le qamats hatuf pour le o bref et le qibbuts pour le u bref. Le qamats mérite une attention particulière car il peut noter deux sons différents selon le contexte syllabique : un a long (qamats gadol) ou un o bref (qamats hatuf).
Les voyelles ultra-brèves
Il existe aussi trois voyelles ultra-brèves, appelées hateph. Elles apparaissent exclusivement sous les consonnes gutturales, qui refusent le shewa simple. Ce sont le hateph patah, le hateph ségol et le hateph qamats. Les gutturales exercent ainsi une influence notable sur la vocalisation des mots araméens.
Matres lectionis et patah furtif
Pour aider à repérer certaines voyelles longues dans le texte consonantique, l'araméen recourt aux matres lectionis, littéralement « mères de lecture ». Le yod sert de support pour le i long, le waw pour le o long et le u long, et le hé en position finale pour le a long. Ces consonnes ne se prononcent pas elles-mêmes mais signalent la voyelle qu'elles portent. Enfin, le patah furtif est un a très bref qui se glisse juste avant une consonne gutturale finale. On l'écrit sous la consonne, mais on le prononce avant elle, comme dans le mot rouah (esprit). Sans le système massorétique, nous ne saurions pas comment les Juifs de l'Antiquité lisaient les Écritures en araméen : cette œuvre de notation est un trésor inestimable pour la compréhension du texte sacré.
L'araméen biblique utilise le système massorétique tibérien : cinq voyelles longues, cinq brèves, trois ultra-brèves.
Testez-vous : 8 questions
1. Quel système de vocalisation est utilisé pour l’araméen biblique ?
- Le palestinien
- Le babylonien
- Le samaritain
- Le tibérien
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Réponse : Le tibérien
L’araméen biblique utilise le système de vocalisation massorétique tibérien, le même que pour l’hébreu. Ce sont les massorètes de Tibériade qui l’ont fixé entre le VIe et le Xe siècle.
2. Combien de voyelles longues possède le système de vocalisation araméen ?
- Trois
- Cinq
- Sept
- Quatre
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Réponse : Cinq
Les voyelles longues sont cinq : qamats (a long), tseré (é long), hireq gadol (i long), holem (o long) et shureq (u long). Elles structurent la prononciation.
3. Les voyelles ultra-brèves (hateph) apparaissent sous les consonnes ____.
- gutturales
- emphatiques
- finales
- sifflantes
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Réponse : gutturales
Les trois hateph sont des voyelles ultra-brèves qui apparaissent sous les gutturales : hateph patah (ֲ), hateph ségol (ֱ) et hateph qamats (ֳ). Les gutturales refusent le šewa simple.
4. Le qamats (ָ) peut noter deux sons différents : un a long et un o bref.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Vrai
Le qamats (ָ) peut noter un a long (qamats gadol) ou un o bref (qamats hatuf). Le contexte syllabique permet de les distinguer.
5. Quelle consonne sert de mater lectionis pour le i long ?
- Le hé (ה)
- Le waw (ו)
- Le yod (י)
- L’aleph (א)
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Réponse : Le yod (י)
Les matres lectionis aident à noter les voyelles longues : le yod (י) pour le i long, le waw (ו) pour le o et u longs, et le hé (ה) final pour le a long.
6. Comment appelle-t-on le a très bref qui se glisse avant une gutturale finale ?
- Le šewa
- Le patah furtif
- Le ségol
- Le hireq
Voir la réponse
Réponse : Le patah furtif
Le patah furtif est un a très bref qui se glisse avant une gutturale finale. On l’écrit sous la consonne mais on le prononce avant elle : rouah (esprit).
7. Combien de voyelles brèves le système araméen possède-t-il ?
- Trois
- Cinq
- Quatre
- Sept
Voir la réponse
Réponse : Cinq
Les voyelles brèves sont cinq : patah (a bref), ségol (è bref), hireq qatan (i bref), qamats hatuf (o bref) et qibbuts (u bref).
8. Sans le système massorétique, nous ne saurions pas comment lire les Écritures en araméen.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Vrai
Le système massorétique a préservé la prononciation exacte du texte sacré. Sans lui, nous ne saurions pas comment les Juifs de l’Antiquité lisaient les Écritures en araméen.
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Dans ce chapitre : Phonétique et écriture
- Les consonnes araméennes
- Les voyelles et la vocalisation
- Les begadkefat en araméen
- Le šewa et les syllabes