Le šewa et les syllabes

Chapitre 7 : Phonétique et écriture · cours « Araméen Biblique » · 16 questions

Le shewa mobile et le shewa quiescent : comprendre la structure syllabique de l'araméen.

Araméen

Sewa et Syllabae

Le šewa et ses deux valeurs

Le šewa (ְ) est un signe de vocalisation représenté par deux points verticaux placés sous une consonne. Il a deux valeurs très différentes. Le šewa mobile (prononcé) est une voyelle ultra-brève, un « e » muet rapide, qui permet de prononcer une consonne qui autrement resterait muette. Le šewa quiescent (silencieux) ne se prononce pas : il indique simplement que la consonne ferme une syllabe. Pour savoir si un šewa est mobile ou quiescent, il faut connaître la règle des syllabes.

La structure syllabique

La structure syllabique est la clef de la lecture. Une syllabe ouverte se termine par une voyelle (ma-, le-, di-) et porte généralement une voyelle longue ou moyenne. Une syllabe fermée se termine par une consonne (mal-, qat-, bar-) : en position non accentuée, elle porte une voyelle brève. Le šewa est quiescent après une syllabe ouverte et en fin de mot. Sous les consonnes gutturales, le šewa simple est remplacé par un hateph (hateph patah ֲ, hateph ségol ֱ ou hateph qamats ֳ), car les gutturales refusent le šewa ordinaire.

L'araméen biblique

Au-delà de l'hébreu, la Bible contient aussi des passages en araméen biblique, notamment dans le livre de Daniel. L'araméen biblique est une langue oxytone : l'accent tonique tombe généralement sur la dernière syllabe, à la différence de l'hébreu qui accentue souvent l'avant-dernière. L'un des traits les plus caractéristiques de l'araméen est l'état emphatique, formé en ajoutant un -a final au nom : ainsi מֶלֶךְ (melek, roi) devient מַלְכָּא (malka, le roi), et אָב (av, père) devient אַבָּא (abba, le père), le mot même que Jésus utilise pour s'adresser à Dieu Son Père (Mc 14,36).

Vocabulaire fondamental

Parmi le vocabulaire fondamental de l'araméen biblique, retenons :

Enfin, la particule relative דִּי (di, qui, que, de) remplace l'hébreu אֲשֶׁר (asher) et constitue l'un des marqueurs les plus typiques de l'araméen.

Le Dieu des cieux

Le nom le plus fréquent de l'araméen biblique est מֶלֶךְ (melek, roi).

  • Le mot אֱלָהּ (elah) signifie « Dieu ». Au pluriel, il devient אֱלָהִין (elahin, des dieux), et à l'état emphatique אֱלָהַיָּא (elahayya, les dieux).
  • Le mot שְׁמַיָּא (shemayya) signifie « le ciel » ou « les cieux ».

Ces deux mots forment un couple fondamental dans Daniel : « le Dieu des cieux » (אֱלָהּ שְׁמַיָּא).

Le šewa mobile se prononce, le šewa quiescent est silencieux ; la clef est la structure des syllabes.

Testez-vous : 16 questions

1. Quelle est la forme emphatique du mot melek (roi) en araméen ?

  • Melakim
  • Malki
  • Malka
  • Malko
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Réponse : Malka

מֶלֶךְ (melek) signifie « roi ». À l’état emphatique, il devient מַלְכָּא (malka, le roi). C’est le mot le plus fréquent de l’araméen biblique.

2. Combien de valeurs différentes le šewa peut-il avoir ?

  • Une seule
  • Deux
  • Trois
  • Quatre
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Réponse : Deux

Le šewa (ְ) a deux valeurs : mobile (prononcé, un « e » ultra-bref) ou quiescent (silencieux, fermant la syllabe). Le contexte syllabique permet de les distinguer.

3. Le šewa mobile se prononce comme un « e » muet très rapide.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Vrai

Le šewa mobile se prononce comme un « e » muet très rapide. Il est mobile en début de mot et après une syllabe fermée, permettant de prononcer certains groupes de consonnes.

4. Que signifie le mot araméen אֱלָהּ (elah) ?

  • Ange
  • Prophète
  • Roi
  • Dieu
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Réponse : Dieu

אֱלָהּ (elah) signifie « Dieu » en araméen. C’est la forme araméenne de l’hébreu Elohim. On retrouve cette racine dans l’arabe Allah.

5. Comment dit-on « le ciel » en araméen biblique ?

  • Elah
  • Shemayya
  • Ar'a
  • Malka
Voir la réponse

Réponse : Shemayya

שְׁמַיָּא (shemayya) signifie « le ciel » ou « les cieux ». Dans Daniel, « le Dieu des cieux » se dit אֱלָהּ שְׁמַיָּא (elah shemayya).

6. Le šewa est quiescent (silencieux) quand il apparaît après une syllabe ____.

  • ouverte
  • fermée
  • longue
  • brève
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Réponse : ouverte

Le šewa quiescent ne se prononce pas. Il apparaît après une syllabe ouverte et en fin de mot. Il indique que la consonne ferme la syllabe.

7. Le mot araméen pour « fils » est ____, que l’on retrouve dans Barnabé et Barthélemy.

  • bar
  • ben
  • av
  • rav
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Réponse : bar

בַּר (bar) signifie « fils » en araméen (l’hébreu dit ben). On le retrouve dans Barnabé (fils de consolation), Barthélemy (fils de Tolomaï), Barabbas (fils du père).

8. Comment se termine une syllabe ouverte ?

  • Par un šewa
  • Par une consonne
  • Par une voyelle
  • Par un accent
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Réponse : Par une voyelle

Une syllabe ouverte se termine par une voyelle (ma-, le-, di-). Elle porte généralement une voyelle longue ou moyenne.

9. En syllabe fermée non accentuée, la voyelle est généralement ____.

  • brève
  • longue
  • muette
  • nasale
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Réponse : brève

Une syllabe fermée se termine par une consonne (mal-, qat-, bar-). En position non accentuée, elle porte une voyelle brève.

10. Le mot « abba » est l’état emphatique de quel mot araméen ?

  • Rav (grand)
  • Av (père)
  • Am (peuple)
  • Bar (fils)
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Réponse : Av (père)

אַבָּא (abba) signifie « le père » : c’est l’état emphatique de אָב (av, père). C’est le mot que Jésus utilise pour s’adresser à Dieu Son Père (Mc 14,36).

11. Le titre « rabbin » vient du mot araméen rav qui signifie ____.

  • grand
  • saint
  • savant
  • juste
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Réponse : grand

רַב (rav) signifie « grand » ou « chef ». C’est l’origine du titre « rabbin » (rabbi, mon maître). Dans Daniel, le « chef des eunuques » est rav sarisin.

12. Par quoi le šewa simple est-il remplacé sous les gutturales ?

  • Un accent
  • Un dageš
  • Un hateph
  • Un maqqef
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Réponse : Un hateph

Sous les gutturales, le šewa simple est remplacé par un hateph : hateph patah (ֲ), hateph ségol (ֱ) ou hateph qamats (ֳ). Les gutturales refusent le šewa simple.

13. Sur quelle syllabe tombe généralement l’accent tonique en araméen biblique ?

  • La première
  • La troisième
  • La dernière
  • L’avant-dernière
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Réponse : La dernière

L’accent tonique tombe généralement sur la dernière syllabe en araméen biblique (langue oxytone). Cela diffère de l’hébreu où l’accent est souvent sur l’avant-dernière syllabe.

14. Quelle particule relative est caractéristique de l’araméen, à la place de l’hébreu asher ?

  • Al
  • Di
  • El
  • Ki
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Réponse : Di

דִּי (di) est la particule relative araméenne, signifiant « qui, que, de ». L’hébreu utilise אֲשֶׁר (asher) à la place. C’est l’un des marqueurs les plus caractéristiques de l’araméen.

15. Que signifie le mot araméen אַרְעָא (ar'a) ?

  • La terre
  • Le feu
  • Le ciel
  • La mer
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Réponse : La terre

אַרְעָא (ar'a) signifie « la terre ». Avec שְׁמַיָּא (shemayya, les cieux), il forme le couple « ciel et terre » dans la confession de foi de Daniel.

16. L’araméen biblique est une langue oxytone, c’est-à-dire que l’accent tombe sur la dernière syllabe.

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Vrai

L’araméen biblique est effectivement oxytone : l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe. Comprendre cela est essentiel pour lire correctement les textes bibliques araméens.

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Dans ce chapitre : Phonétique et écriture

  1. Les consonnes araméennes
  2. Les voyelles et la vocalisation
  3. Les begadkefat en araméen
  4. Le šewa et les syllabes