Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 10)
placez sur les charbons pour qu’il chauffe ; ayez un bois d’une aune de longueur, qui soit rond au bout par lequel on le tient à la main , et à l’autre, plat et large de quatre doigts; que là il y ait une entaille transversale jusqu’au milieu selon la largeur du fer. Dans cette entaille vous placerez le fer chaud et fermé sur lui-même; en cet état , vous le tiendrez par la partie supérieure , la main légèrement pliée , pour que de la partie inférieure il repose sur la terre : prenant une petite cuiller en fer, chauffée,
ferrea calefacta , hauri liquefactum plumbum et funde in fermai. Et statim depone patellam super ignem ut semper calida sit, ejectumque ferrum a ligno super terram aperi cum cultello, et eiciens calamum rursumclaude etrepone in lignum. Si autem non possit plumbum ferro funditus influere, calefacto melius fërro iterum funde ; sicque temperabis donec plénum fiat, quia , si æqualiter temperatum fuerit, in uno calore plus quam quadraginta calamos fundere poteris.
Si vous n’avez pas de fer, cherchez un bois de sapin ou autre qui puisse être fendu droit, de la longueur, de la largeur et de l’épaisseur déjà indiquées. Après l’avoir fendu, arrondissez-le extérieurement.
Deinde ordinabis duo signa parvula exterius in utraque utriusque ligni fronte, secundum quod volueris calamum esse latum in medio, accipiensque filum lineum retortum et gracile, madefac illud in rubeo colore, disjunctisque lignis super unam partem interius appone ipsum filum a signo, quod incidisti superius, usque ad signum inferius, ita ut fîrmiter extendatur, et adjungens illi alterum lignum fortiter comprime, ita ut cum separaveris, color in utrisque partibus appareat. Ejectumque filum et rursum colore madidum affige in alterum signum, iterumque super pone alterum lignum et comprime. Cumque in utrisque partibus color apparuerit, incide cultello calamum, quam latum et profundum volueris, sic tamen ut incisura finem non pertranseat, sed superius, ubi infundi debet, foramen habeat. Quo facto ligna conjunge, ligans cum corriga a summo usque deorsum, et tenens cum ligno infunde plumbum, solutaque corriga eice calamum. Rursumque ligans et infundens, hoc tam diu faciès,
Vous marquerez deux petits signes à l’extérieur, à chaque bout de chacun des deux bois, selon la largeur que vous voudrez donner au milieu des verges. Prenant du fil de lin retors et fin, trempez-le dans de la couleur rouge; séparant les bois, appliquez ce fil sur une des faces intérieures, depuis le signe marqué à l’extrémité supérieure jusqu’à celui de l’autre extrémité, en sorte qu’il soit fortement tendu; puis, appliquant l’autre bois , comprimez avec force de façon que, quand vous aurez séparé, la couleur paraisse sur les deux morceaux. Enlevez le fil, trempez-le derechef
dans la couleur, imprimez sur l’autre signe, replacez l’autre bois, et serrez. Lorsque la couleur aura paru dans les deux morceaux, faites avec un couteau le creux de la largeur et de la profondeur que vous voudrez, en sorte cependant que la rainure ne traverse pas le bout, et qu’en haut, par où l’on doit verser, il y ait une ouverture. Gela fait, joignez les bois, liant avec une courroie du haut en bas. Tenant avec un autre bois, versez le plomb et déliant la courroie, ôtez la verge : de nouveau liez , versez et continuez cela jusqu’à ce que la brûlure arrive à la fin de la
donec ustura usque in finem incisuræ perveniat; sicque postea leviter, quoties et quantum volueris, infundere poteris. Cumque tibi suffîeere calamos videris, incide lignum duobus digitis latum et tam spissum sicut calamus latus est interius, dividens illud in medio ita, ut in una fronte integrum sit et in altéra incisum ubi calamus inferatur. Quem impositum incide cum cultello ex utraque parte, et plana et rade sicut placuerit.
Ces choses ainsi exécutées, prenez de l’étain pur et mêlez-y un cinquième de plomb, fondez dans le fer ou le bois décrit ci-dessus, autant de verges que vous voudrez, avec lesquelles vous souderez votre travail. Ayez aussi quarante clous de la longueur d’un doigt, qui soient à l’un des bouts pointus et ronds, à l’autre carrés et tout à fait recourbés de
ita ut foramen appareat in medio. Deinde accipe vitrum pictum et coctum et pone secundum ordinem in altéra parte tabulæ ubi nulla pictura est. Post hæc toile caput unius imaginis, et circumvolvens illud plumbo repone diligenter in suo loco, et circumfîge ei très clavos cum malleo ad hoc opus apto, adjungens ei pectus et brachia ac reliqua vestiinenta : et quamcumque partem stabilieris, confirma eam exterius clavis , ne moveatur a suo loco. Tune habeas ferrum solidatorium, quod sit longum et gracile, in summitate vero grossum ac rotundum, et in summo ipsius rotunditatis deductum et gracile, limatum et superstannatum, ponaturque in ignem. Intérim accipe calamos stanneos quos fudisti, et perfunde eos cera ex utraque parte, et radens plumbum in superficie per omnia loca, quæ solidanda sunt. Accepto ferro calido appone ei stagnum, in quocumque loco duæ partes plumbi conveniunt, et cum ferro linies donec sibi adhæreant. Statutis vero imaginibus eodem modo ordinabis campos cujuscumque coloris volueris , et sic particulatim compones fenestram. Perfecta vero fenestra et in uno latere solidata, convermanière à laisser paraître une ouverture au milieu. Prenez le verre peint et cuit, mettez-le en ordre sur l’autre partie de la table où il n’y a aucun dessin. Après cela, enveloppant de plomb la tête d’une image, mettez-la soigneusement à sa place et fichez à divers points de sa circonférence trois clous avec un marteau propre à cette opération. Joignez-y la poitrine, les bras et autres parties vêtues : tout ce que vous attacherez, affermissez - le extérieurement avec des clous, de peur de déplacement. Ayez alors un fer à souder qui soit long, mince, gros et rond au bout, puis à l’extrémité de la rondeur, aminci, effilé, limé et recouvert d’étain, et mettezle au feu. Cependant prenez les verges d’étain que vous avez fondues, couvrez-les de cire des deux côtés, raclant le plomb à la superficie à tous les endroits qui doivent être soudés. Avec le fer chaud, mettez de l’étain partout où deux morceaux de plomb se rencontrent, vous promènerez le fer jusqu’à ce qu’ils adhèrent entre eux. Les images posées, vous arrangerez de la même façon les champs de la couleur que vous voudrez : vous composerez ainsi la fenêtre partie par partie. Lorsqu’elle est achesam in aliud simili modo radendo et solidando confirmabis per omnia.
Dans les figures des fenêtres , si sur les croix, sur les livres ou sur les ornements des draperies, vous voulez faire sur le verre peint des pierres
précieuses d’une autre couleur, sans plomb, par exemple des hyacinthes et des émeraudes, vous procédérez ainsi. Quand vous aurez disposé à leurs places des croix dans les gloires, ou un livre, ou des ornements au bord des vêtements, les choses qui en peinture se font d’or ou d’orpin, dans les fenêtres doivent se faire en verre jaune clair. Lorsqu’elles seront peintes suivant les règles de l’atelier, préparez les places où vous voudrez poser des pierres ; et prenant des parcelles de saphir clair, formez( ii3 )
ticulis saphiri clari , forma inde iacinctos secundum quantitatem locorum suorum, et ex viridi vitro smaragdos, et sic âge ut inter duos iacinctos semper smaragdus stet. Quibus diligenter in suis locis conjunctis et stabilitis, densum colorem trahe pirca eos cum pincello, ita ut inter duo vitra nihil fluat, sicque cum reliquis partibus in furno coque et adhærebunt sibi ita ut nunquam cadant.
Si vous voulez construire de simples fenêtres, tracez d’abord la mesure de la longueur et de la largeur sur une table de bois ; ensuite dessinez des nœuds et autres choses qu’il vous plaira : disposant les couleurs à placer , taillez le verre et joignez -le par la groisure. Au moyen de clous entourez de plomb , soudez des deux côtés, placez autour des bois assujettis par des clous et attachez où vous voudrez.
Si forte vas vitreum cujuscumque generis cadit aut percutitur, ita ut frangatur vel findatur, hoc modo reparetur. Toile cineres et cribra eos diligenter macerans cum aqua , et inde impie vas fractum et pone ad solem ut siccetur. Cumque omnino cineres sicci fuerint, adjunge vasi partem fractam, cavens ne in junctura quicquam cinerum vel aliquid sordis remaneat , et accipe saphirum ac viride vitrum quod a calore flammæ levissime liquéfiât, terens diligenter cum aqua super lapidem porfiriticum, et cum pincello linies super fracturant subtilem tractum. Deinde pone super tabulam ferream , et eleva vas aliquantulum ex ea parte ubi fractura est, ut flamma super eam æqualiter transeat, sicque mitte in furnum fenestrarum, supponens ligna faginea sicca et ignem paulatim , donec vas calescat et cineres in eo , statimque auge ignem ut flamma crescat. Cumque videris quod vix ruSi par hasard un vase de verre , de quelque genre que ce soit , tombe ou bien est heurté , en sorte qu’il se brise ou se fende, voici la manière de le réparer. Ayez des cendres tamisées soigneusement et pétries avec de l’eau ; remplissez-en le vase cassé et le mettez au soleil pour qu’il sèche. Quand les cendres seront entièrement sèches, réunissez au vase la partie cassée , vous gardant de laisser ni cendres ni ordures dans la jointure ; prenez du saphir et du verre vert, qui
se liquéfie légèrement par la chaleur de la flamme , broyez soigneusement avec de l’eau sur une pierre de porphyre ; et avec le pinceau vous en étendrez sur la fracture un trait fin. Ensuite posez sur la table de fer, élevez un peu le vase du côté où est la fracture, afin que la flamme passe également dessus : dans cet état, mettez dans le fourneau des fenêtres, plaçant dessous des bois de hêtre secs et du feu graduellement jusqu’à ce que le vase s’échauffe ainsi que les cendres qu’il contient; aussitôt augmentez le feu pour que la flamme s’accroisse. Lorsque vous verrez qu’il commence à rougir,
bescat, ejectis lignis obstrue diligenter os fornacis et foramen superius, donec penitus refrigeretur. Ablato vase eice cineres absque aqua, sicque lavabis illud et habebis ad quos usus volueris.
Avec le verre, on fait aussi des anneaux de cette façon. Bâtissez un
petit fourneau d’après le procédé indiqué ; ensuite procurez-vous des cendres, du sel, de la poussière de cuivre et du plomb. Ces choses rassemblées , peignez séparément les couleurs de verre que vous voudrez ; mettant dessous du bois et du feu , faites cuire. Cependant , procurezvous un bois de la longueur d’un palme et de la grosseur d’un doigt : au tiers placez une roulette en bois de la largeur d’une paume , de façon que vous teniez dans votre main les deux tiers du bois , que la roulette se trouve au-dessus de votre main fori5.
manum jaceat firmiter ligno conjuncta, et tertia pars ligni super rotulam emineat. Quod lignum in summitate gracile incidatur, et ita in ferro jungatur sicut jungitur hasta in lancea ; quod ferrum habeat longitudinem unius pedis; cui lignum ita inseratur, ut in junctura æquale sit ligno, et ab ipso loco gracilius sit eductum usque in finem, ubi omnino sit acutum. Et juxta fenestram fornacis in dextra parte, hoc est in sinistra tua, stet lignum grossitudine brachii unius in terra fossum , et pertingens usque ad summitatem fenestræ ; in sinistra vero fornacis, hoc est in dextra tua, juxta ipsam fenestram , stet fossula in argilla facta. Deinde cocto vitro, accipe lignum cum rotula et ferro, quod vocatur veru, et pone summitatem ej us in vas vitri , modicumque quod ei adhæserit extrahens punge fortiter in lignum , ut vitrum transforetur, statimque calefac in flamma et percute ferrum super lignum bis , ut vitrum dilatetur, atque cum festinatione volve manum tuam cum eodem ferro , ut anulus in rotundum amplificetur ; et ita volvendo fac eum descend ere usque ad rotement unie au bois et que le tiers de celui-ci s’élève au-dessus de la roulette. Il faut que ce bois soit aminci à l’extrémité et engagé dans un fer, comme une lance dans sa pique; que ce fer ait la longueur d’un pied; qu’il emboite le bois de telle sorte qu’égal à ce dernier au point de jonction , depuis ce point il aille en s’effilant jusqu’au bout, où il soit tout à fait aigu. Près de la fenêtre du fourneau , à sa droite c’est-à-dire à votre gauche, sera un bois de la grosseur d’un bras, planté en terre et atteignant le haut de la fenêtre ; à gauche du fourneau c’est-à-dire à votre droite, près de la fenêtre,
il y aura une petite fosse creusée dans la terre. Le verre étant cuit, prenez le bois avec la roulette et le fer appelé broche , placez - en l’extrémité dans le vase du verre; enlevant le peu qui s’y sera attaché , enfoncez avec force la pointe dans le bois, pour que le verre soit perforé ; aussitôt chauffez à la flamme, frappez * deux fois le fer sur le bois pour que le verre se dilate, tournez rapidement votre main avec ce fer , afin que l’anneau s’agrandisse en rond. Tournant ainsi, faites-le descendre jusqu’à la roulette pour qu’il devienne uni. Jetez-le aussitôt dans la petite fosse : opérez de même autant
tulam , ut æqualis fiat. Quo statim ejecto in fossulam , eodem modo operare quantum velis. Quod si volueris anulos aliis coloribus variare , cum acceperis vitrum et transpunxeris cum gracili ferro, eice de alio vase alterius coloris vitrum, in modum fili circumdans eo vitrum anuli, deinde calefactum in fiamma, sicut superius, simili modo perfice. Potes etiam super anulum alterius generis vitrum ponere sicut gemmam , et calefac, in fiamma ut adhæreat.
Le grand prophète David, que Dieu dans sa prescience prédestina avant le commencement des siècles; que, pour sa simplicité et son humilité intérieures , il choisit selon son cœur, qu’il plaça comme prince à la tête de son peuple chéri; qu’il fortifia de son esprit divin , pour soutenir avec noblesse et prudence la splendeur d’une
telle royauté, David, se recueillant de toute la force de son âme dans l’amour de son créateur, entre autres paroles , exhala celles - ci : Seigneur , j’ai aimé la beauté de votre maison. Bien qu un homme d’une autorité si grande, d’une intelligence si vaste, ne pût entendre par là que l’habitation de la cour céleste , où Dieu au
qua Deus hymnicis choris angelorum inæstimabili præsidet claritate, quam ipse totis visceribus anhelabat, dicens : Unam petii a Domino , hanc requiram, ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitœ meœ ; sive receptaculum devoti pectoris et purissimi cordis, cui vere Deus inhabitat, cujus hospitis desiderio idem flagrans orat : Spiritum rectum innova in visceribus meis, Domine : tamen ornatum materialis domus Dei , quæ locus est orationis, constat eum concupivisse. Nam pene omnes impensas domus, cujus ipse auctor fieri ardentissime ' desiderio concupivit, sed pro humani sanguinis licet hostilis2 crebra tamen effusione non nierait, in auro, argento, ære et ferro, Salomon filio delegavit. Legerat namque in Exodo , Dominum Moysi de constractione tabernaculi mandatum dedisse , et operum magistros ex nomine elegisse , eosque spiritu sapientiæ et intelligentiæ et scientiæ in omni doctrina implesse ad excogitandum et faciendum
milieu de sa gloire ineffable préside aux chœurs harmonieux des anges et vers laquelle lui-même il aspirait de toutes ses entrailles, s’écriant : J’ai demandé une seule chose au Seigneur , je la rechercherai, c’est d’habiter dans sa maison tous les jours de ma vie; ou qu’il voulût parler de la retraite d’une âme fidèle, d’un cœur sans tache, en qui Dieu demeure véritablement, divine hospitalité dont le brûlant désir lui dictait encore cette prière : Seigneur, renouvelez l’esprit de droiture au dedans de moi : néanmoins il est incontestable qu’il désira l’ornement du temple matériel de Dieu , qui est le lieu de la
prière. En effet, les dépenses de ce temple dont il souhaita si ardemment de devenir l’auteur, mais qu’il ne mérita point d’entreprendre à cause de la fréquente effusion du sang humain, quoique versé à la guerre, or, argent, airain, fer, il légua presque tout à son fils Salomon. 11 avait lu dans l’Exode que Dieu donna des ordres à Moïse pour la construction du tabernacle , qu’il désigna par leurs noms les maîtres de l’œuvre, qu’il les remplit du souffle de la sagesse, de l’intelligence , de la science dans tout ce qu’ils devaient connaître pour imaginer et exécuter les travaux d’or,
opus in auro et argento et ære, gemmis, ligno, et universi generis arte, noveratque pia consicleratione Deum hujusmodi ornatu delectari , quem construi disponebat magisterio et auctoritate Spiritus sancti , credebatque absque ejus instinctu nihil hujusmodi quemquam posse moliri. Quapropter, Fili dilectissime, non cuncteris, sed plena fide crede , spiritum Dei cor tuum implesse, cuin ejus ornasti domum tanto décoré, tantaque operum varietate; et ne forte diffidas, pandam evidenti ratione, quicquid discere , intelligere, vel excogitare possis artium, septiformis spiritus gratiam tibi ministrare. Per spiritum sapientiæ cognoscis a Deo cuncta creata procedere , et sine ipso nihil esse ; per spiritum intellectus cepisti capacitatem ingenii, quo ordine, qua varietate , qua mensura valeas insistere diverso operi tuo ; per spiritum consilii talentum a Deo tibi coneessum non abscondis, sed cum humilitate palam operando et docendo , cognoscere cupientibus fideliter ostendis; per spiritum fortitudinis omnem segnitiei torporem excutis , et quicquid non lento conamine
d’argent , d’airain , de pierreries , de bois, de toute espèce d’art. Il avait compris par une pieuse réflexion que Dieu se plaisait à un ornement dont il confiait l’exécution aux enseignements et à l’autorité du Saint-Esprit : il pensait que sans son inspiration personne ne pouvait rien élaborer de ce genre. Ainsi, mon fils bien aimé, n’hésite pas, crois fermement que l’esprit de Dieu a rempli ton cœur quand tu as orné son sanctuaire de tant d’embellissements, de si riches travaux. Afin de t’encourager , je te découvrirai par des raisons évidentes que tout ce que tu peux étudier, comprendre ou méditer dans les arts, découle pour toi des sept dons de l’Esprit Saint. Par l’esprit de sagesse, tu connais que toutes les choses créées procèdent de Dieu, que sans lui il n’y a rien; par l’esprit d’intelligence, tu as acquis la faculté d’invention, l’ordre, la variété, la proportion que tu dois rechercher dans tes différentes œuvres; par l’esprit de conseil, tu n’enfouis pas le talent que tu as reçu de Dieu, mais travaillant et enseignant au grand jour avec humilité, tu le montres fidèlement à ceux qui désirent le connaître; par l’esprit de force, tu secoues tout engourdissement denonincipis, plenis viribus ad effectum perducis; per spiritum scientiæ tibi concessum, ex abundanti corde dominaris ingenio, et quo perfecte abundas plenæ mentis audacia uteris in publico ; per spiritum pietatis, quid, cui, quando, quantum vel qu aliter operis, et ne surrepat avaritiæ seu cupiditatis vitium, mercedis pretium pia consideratione moderaris ; per spiritum timoris Domini te nihil ex te posse considéras , nihil inconcessum a Deo te habere seu velle cogitas, sed eredendo, confitendo et gratias agendo, quicquid nosti , vel es , aut esse potes , divinæ misericordiæ répétas. His virtutum stipulationibus animatus , carissime Fili , domum Dei , fiducialiter aggressus, tanto lepore decorasti, et laquearia seu parietes diverso opéré , diversisque coloribus distinguer paradysi Dei speciem floribus variis vernantem, gramine foliisque virentem , et sanctorum animas diversi meriti coronis foventem, quodammodo aspicientibus ostendisti, quodque creatorem Deum in creatura laudant, et mirabilem in operibus
chalance et , sans rien entreprendre avec des essais paresseux , tu mènes vigoureusement tout à exécution; par l’esprit de science qui te fut accordé, ton génie déborde et domine, tu en répands en toute confiance sur le public les trésors et les perfections; par l’esprit de piété, tu diriges, dans ta religieuse appréciation , l’espèce , le but, le temps, la quantité ou la nature du travail, même le taux du salaire, de peur de laisser accès au démon de l’avarice ou de la cupidité ; par l’esprit de la crainte du Seigneur, tu reconnais que tu ne peux rien par toi , tu penses que , sans la permission de Dieu , tu n’as ni volonté ni pouvoir, mais croyant, confessant, rendant grâces, tu reportes à sa miséricorde tout ce que tu as appris, tout ce que tu es , tout ce que tu peux être. Animé par les espérances de ces vertus, ô mon cher fils, tu t’es approché avec foi de la maison de Dieu , tu l’as décbrée avec magnificence : parsemant les plafonds ou les murs de travaux divers, de diverses couleurs, tu as en quelque sorte exposé aux regards une image du paradis , et son printemps diapré de fleurs, verdoyant de gazons et de feuillages , et ses immortelles légions de Saints, et les couronnes qui les distinguent; tu as forcé la créature à louer Dieu son créateur , à le proclamer admirable dans ses œuvres. L’œil de l’homme
suis prædicant, effecisti. Nec enim perpendere humanus oculus, cui operi primum aciem infiget; si respicit laquearia, vernant quasi pallia; si considérât parietes, est paradysi species; si luminis abundantiam ex fenestris intuetur, inestimabilem vitri decorem et operis pretiosissimi varietatem miratur. Quod si forte Dominicæ Passionis effigiem liniamentis expressam conspicatur fidelis anima, compungitur; si quanta sancti pertulerint in suis corporibus cruciamina, quantaque vitæ æternæ perceperint præmia conspicit , vitæ melioris observantiam accipit ; si quanta sint in cœlis gaudia, quantaque in tartareis flammis cruciamenta intuetur, spe de suis bonis actibus animatur, et de peccatorum suorum consideratione formidine concutitur. Age ergo nunc, vir bone, felix apud Deum et homines in bac vita , felicior in futura, cujus labore et studio Deo tôt exliibentur holocausta , ampliori deinceps accendere sollertia, et quæ adhuc desunt in utensiliis domus Domini , ad explendum aggredere toto mentis conamine , sine quibus divina mysteria et officiorum ministeria non valent consistere. Sunt enim, hæc : Calices, Candelabra, Thune sait où d’abord il fixera sa vue : s’il l’élève vers les plafonds , ils fleurissent comme de brillantes draperies ; s’il considère les murailles, c’est un tableau du ciel; s’il contemple les flots de lumière versés par les fenêtres , il admire l’inestimable éclat du verre, la variété du travail le plus précieux.