Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 9)
ronds des images, des animaux ou des oiseaux d’un travail varié; ils les enduisent du verre très-brillant dont nous avons parlé. Ensuite, prenant du verre blanc, du rouge et du vert, en usage dans les incrustations, ils broient sur une pierre de porphyre chacun de ces verres à part avec de l’eau, ils en peignent de petites fleurs , des nœuds et autres petits ornements, à leur choix, avec un travail de différentes couleurs entre les ronds et les nœuds, et la broderie autour du bord; et cela, d une épaisseur moyenne , cuisant dans le fourneau d’après les procédés déjà indiqués. Ils font aussi des coupes de
quoque scyphos ex purpura sive levi saphiro, et fialas mediocriter extento collo circumdantes filis ex albo vitro factis, ex eodem ansas imponentes. Ex aliis etiam coloribus variant diversa opéra sua pro libitu suo.
Ils font, de la même manière que le verre à vitre, des feuilles d’un verre
blanc, brillant, de l’épaisseur d’un doigt. Ils les coupent avec un fer chaud en petits morceaux carrés, les couvrent, d’un côté, de feuille d'or, puis d’une couche de verre très-brillant, broyé comme plus haut; ils les rejoignent ensemble sur une table de fer, dont nous parlerons un peu plus bas , couverte de chaux ou de cendres, et les cuisent dans le fourneau du verre à vitre comme ci-dessus. Cette espèce de verre, entremêlée à la mosaïque, y produit un très-bel effet.
Ils font aussi des coupes, des navettes et autres vases d’argile, qu’ils peignent de cette manière. Ils prennent des couleurs de toute espèce, ils broient avec de l’eau chacune séparément ; à chaque couleur, ils mêlent un cinquième de verre de même couleur, broyé à part avec de l’eau; ils en peignent des cercles, des arcs, des carrés, et, dans ces figures, des animaux, des
oiseaux, des feuillages ou toute autre chose , à volonté. Après avoir ainsi orné les vases de peintures , ils les mettent dans le fourneau du verre à vitre, y allumant un feu de bois de hêtre sec jusqu’à ce que , environnés par les flammes, ils soient chauffés au blanc. Alors ils retirent le bois et bouchent le fourneau. Ils peuvent aussi à volonté décorer cà et là les mêmes vases avec de la feuille d’or ou de la poudre d’or et d’argent, de la façon déjà indiquée.
Lorsque vous voudrez composer des fenêtres de verre, d’abord faites une table de bois unie, assez longue et assez large pour que vous puissiez y travailler deux panneaux de chaque fenêtre ; prenant de la craie et la raclant avec un couteau par toute la table, aspergez d’eau partout, et frottez partout avec un linge. Quand cela sera sec, prenez mesure de la longueur et de la largeur du panneau de
la fenêtre, marquez-la sur la table à la règle et au compas, avec du plomb ou de l’étain. Si vous voulez y faire un bord, tracez-le avec la largeur et l’ornement que vous jugerez convenables. Cela fait, tracez les images en aussi grand nombre que vous voudrez, d’abord avec du plomb ou de l’étain, ensuite avec de la couleur rouge ou de la noire, faisant tous les traits avec soin; car il faudra, lorsque vous aurez peint le verre, faire rencontrer les ombres et la lumière selon le plan de la table. Disposant les
rietates vestimentorum, nota uniuscujusque colorem in suo loco, et aliud quodcumque pingere volueris, littera colorem signabis. Post hæc accipe vasculum plumbeum, et mittens in eo cretam cum aqua tritam , fac tibi pincellos duos vel très ex pilo, videlicet de cauda mardi , sive grisii , vel spirioli , aut catti , sive de coma asini; et accipe unam partem vitri cujuscumque generis volueris, quæ ex omni parte major sit loco in quo ponenda est, adhibens eam campo ipsius loci , et sicut consideraveris tractus in tabula per medium vitrum, ita pertrahe cum creta super vitrum exteriores tractus tantum, et si vitrum illud densum fuerit sic ut non possis perspicere tractus qui sunt in tabula, accipiens album vitrum pertrahe super eum , utique cum siccum fuerit pone densum vitrum super album elevans contra lucem , et sicut perspexeris, ita pertrahe. Eodem modo designabis omnia généra vitri sive in facie, sive in vestimentis, in manibus, in pedibus, in limbo, vel in quocumque loco colores ponere volueris.
différentes draperies, marquez la couleur de chacune à sa place; et toute autre chose que vous vous proposez de peindre, indiquez- en la couleur par une lettre. Après cela, prenant un petit vase de plomb , et y mettant de la craie broyée dans de l’eau , faites-vous deux ou trois pinceaux de poil, savoir de queue de martre, ou de vair, ou d’écureuil, ou de chat, ou de crinière d’âne; prenez un morceau de verre de l’espèce que vous voudrez, plus grand partout que l’espace qu’il doit occuper, le plaçant à plat sur cet espace. Alors, comme vous verrez les
traits sur la table à travers le verre, tracez-y ainsi avec de la craie les traits extérieurs seulement; et si le verre est épais au point que vous ne puissiez apercevoir à travers les traits qui sont sur la table, prenant du verre blanc , tracez-les dessus; quand il sera sec, appliquez le verre épais contre le blanc , et , élevant à la lumière , calquez-les comme vous les verrez. Vous marquerez de même tous les genres de verre , soit pour les figures , soit pour les draperies, les mains, les pieds, la bordure, ou tout ce que vous voudrez colorier.
Vous ferez chauffer au foyer le fer à couper. Il devra être mince partout, mais plus gros au bout. Quand il sera rouge, appliquez-en le gros bout sur le verre que vous voudrez diviser, et bientôt apparaîtra un commencement de fêlure. Si le verre résiste, humectez-le de salive avec votre doigt à l’endroit où vous aviez placé le fer,
il se fendra aussitôt. Selon que vous voudrez couper, promenez le fer, et la fissure suivra. Toutes les parties ainsi divisées, prenez le grésoir : ce fer sera de la longueur d’un palme et recourbé à chaque tête ; avec lui vous égaliserez et joindrez tous les morceaux, chacun à sa place. Ces choses ainsi disposées, prenez la couleur avec laquelle vous devez peindre le verre; elle se compose de la manière suivante.
Prenez du cuivre mince battu , brûlez-le dans un petit vase de fer, jusqu’à ce qu’il soit réduit en poudre, puis des parcelles de verre vert et de saphir grec, broyés l’un après l’autre entre deux pierres de porphyre; mêlez ces trois choses ensemble de façon que le cuivre y soit à la dose d’un tiers, le
vert d’un tiers et le saphir d’un tiers. Vous broierez le tout soigneusement sur la même pierre, avec du vin ou de l’urine, et, mettant dans un vase de fer ou de plomb , peignez le verre en suivant scrupuleusement les traits qui sont sur la table. Si vous voulez faire des lettres sur le verre, vous couvrirez les morceaux entièrement de couleur et vous écrirez avec la queue du pinceau.
Vous pourrez faire, si vous le voulez ici , les ombres et les lumières des draperies, comme dans la peinture, de la manière suivante. Après avoir fait les traits dans les draperies avec la couleur indiquée plus haut , étendezla au moyen du pinceau, de façon que le verre devienne transparent à la partie où vous avez coutume de placer la lumière dans la peinture; que le
même trait soit épais d’une part et léger de l’autre, puis plus léger encore , et tellement distinct, qu’il semble que trois couleurs aient été appliquées. Vous devez observer le même procédé au-dessous des sourcils, autour des yeux, des narines et du menton, autour des visages de jeunes gens, autour des pieds nus, des mains et des autres membres du corps nu. Que ce genre de peinture soit nuancé de diverses couleurs.
Il faut aussi un certain ornement sur le verre, savoir dans les draperies, dans les sièges et dans les champs, sur le saphir, le vert, le blanc et le pourpre clair. Lorsque vous aurez fait les premières ombres dans les draperies de ce genre, et qu’ elles seront sèches, couvrez tout ce qui reste de verre d’une couleur légère, qui ne soit ni aussi foncée que la seconde ombre, ni aussi claire que la troisième , mais qui tienne le milieu entre les deux.
Cela sec, avec la queue du pinceau, de chaque côté de vos premières ombres, faites des traits fins, de sorte qu’entre ces traits et les premières ombres de cette légère couleur il reste des traits délicats. Dans le reste , faites des cercles et des rameaux, et dedans des fleurs et des feuilles de la même façon que dans les lettres peintes. Pour les champs qui se couvrent de couleurs dans les lettres, vous devez, sur le verre, les peindre avec des rameaux très-délicats. Vous pouvez aussi introduire quelquefois dans les cercles de petits animaux, de peimagines inserere. Eodem modo faciès campos ex albo clarissimo, cujus campi imagines vesties cum saphiro, viridi, purpura, et rubicundo. In campis vero saphiri et viridis 1 coloris eodem modo depictis, et rubicundi non picti , faciès vestimenta ex albo clarissimo, quo vestimenti genere nullum speciosius est. Ex supra dictis tribus coloribus pinges in limbis ramos et folia , flores et nodos, ordine quo supra; et uteris eisdem in vultibus imaginum et manibus ac pedibus et in nudis membris per omnia pro eo colore, qui in præcedenti libro dicitur pose. Croceo vitro non multum uteris in vestimentis nisi in coronis et in eis locis ubi aurum ponendum esset in pictura. His omnibus compactis ac depictis coquendum est vitrum et color confirmandus in furno quem compones hoc modo.
tits oiseaux, des insectes et des images nues. Vous ferez de la même manière les champs de blanc très-clair; vous en revêtirez les images de saphir, de vert, de pourpre et de rouge. Pour les champs de saphir et de vert pareillement peints , et de rouge sans dessins, vous y ferez les draperies de blanc très-clair : il n’y a pas d’espèce de draperies plus belle que celle-là. Avec les trois couleurs déjà désignées, vous peindrez, dans les bordures, des rameaux, des feuilles, des fleurs et des nœuds d’après le procédé indiqué.
Vous vous en servirez aussi partout dans les visages, les mains, les pieds et les membres nus des images, au lieu de la couleur qui, au livre précédent, est appelée posch. Vous ferez rarement usage du vert jaune dans les draperies , si ce n’est pour les couronnes et les endroits où l’on placerait de l’or en peinture. Toutes ces choses composées et coloriées, il reste à affermir la couleur, en cuisant le verre dans un four que vous fabriquerez ainsi.
Prenez des baguettes flexibles et les plantez en terre, dans un angle de maison, par les deux bouts, également, en forme d’arcs. Ces arcs doivent être hauts d’un pied et demi , larges d’autant, et longs d’un peu plus de deux pieds. Vous pétrirez fortement de l’argile, avec de l’eau et du fumier de cheval , à la proportion de trois quarts d’argile sur un quart de fumier. Ce mélange bien pétri, vous y mêlerez du foin sec , en faisant des
tourteaux longs , et vous couvrirez la voûte des baguettes intérieurement et extérieurement, de l’épaisseur du poing. Au milieu de la partie supérieure, vous laisserez une ouverture ronde pour pouvoir introduire votre main. Vous fabriquerez aussi trois barres de fer de la grosseur d’un doigt, assez longues pour traverser la largeur du four, et percées à chaque bout de trois trous , afin que vous puissiez, quand vous voudrez, les placer ou les retirer. Alors vous mettrez dans le four du feu et du bois jusqu’à ce qu il soit sec.
Cependant, faites-vous une table de fer à la mesure de l’intérieur du four, diminuant deux doigts sur la longueur et deux sur la largeur; vous y tamiserez de la chaux vive sèche ou des cendres, de l’épaisseur d’une paille; vous les arrangerez avec un bois lisse, afin qu’elles tiennent solidement. Cette même table aura une queue en fer pour la porter, l’introduire ou la retirer.Vous y placerez le verre, soigneusement peint et uni , de manière que sur la partie extérieure, vers la queue, soient le vert et le saphir, sur la partie intérieure le blanc, le jaune et le pourpre, résistant davantage au feu. Alors, introduisant les barres, vous mettrez la table dessus. Vous prendrez du bois de hêtre bien séché à la fumée, vous allumerez dans le fourneau un feu modéré, ensuite plus fort, avec grande précaution. Lorsque vous verrez la flamme ressortir, monter, des deux côtés, entre le four et la table, et . couvrir le verre en passant
donec modice candescat, et statim eiciens ligna obstrues os fornacis diligenter, ac superius foramen per quod fumus exibat usque dum per se refrigeret. Ad hoc valet calx et cinis super tabulam, ut servet vitrum, ne super nudum ferrum a calore confringatur. Ejecto autem vitro proba , si possis cum ungue tuo colorem erodere; si non, sufficit ei, si autem, iterum repone. Tali modo partibus omnibus coctis, repone super tabulam singulas in suo loco , deinde funde calamos ex puro plumbo hoc modo.
Fabriquez deux fers qui aient deux doigts de largeur, un d’épaisseur et une aune de longueur. Vous les assemblerez à l’une des extrémités en mai4
Hos copulabis in una summitate in modum cardinum ut sibi adhæreant, et uno clavo firmentur, ita ut possint claudi et aperiri, et in altero capite faciès eos aliquantulum latiores et tenuiores ita, ut cum clauduntur, sit quasi initium foraminis interius, et exteriores costæ æqualiter procédant ; sicque conjunges eos cum runcina et lima, ut nihil luminis inter eos perspicere possis. Post hæc separabis eos ab invicem , acceptaque régula faciès in medio unius partis duas lineas, et e contra in medio alterius duas, a summo usque deorsum parva latitudine, et fodies, ferro fossorio, quo candelabra fodiuntur ac cetera fusilia, quam profunde volueris, et rade interius inter duas régulas modicum in utroque ferro, ut cum plumbum in eis fuderis, una pars fiat. Os vero, in quod funditur, ita ordinabis, ut una pars ferri jungatur in alteram , ne possit in fundendo vacillare.
nière de gonds pour qu’ils se tiennent ensemble, assujettis par un clou, afin de pouvoir s’ouvrir et se fermer. A l’autre tête, vous les ferez un peu plus larges et plus minces , de façon que, lorsqu’ils sont fermés, il y ait comme un commencement de cavité intérieure, et que les côtés extérieurs s’avancent également : vous les joindrez au moyen du rabot et de la lime, si bien que vous ne puissiez apercevoir de lumière entre eux. Après cela, vous les séparerez l’un de l’autre, et prenant une règle, vous tracerez deux lignes au milieu de l’un des morceaux, puis deux au milieu de l’autre sur la
place correspondante, du haut jusqu’en bas , de peu de largeur. Vous creuserez avec le fer dont on se sert pour creuser les chandeliers et autres ouvrages en métal fondu , aussi profondément que vous voudrez : vous raclerez un peu intérieurement entre les lignes faites à la règle dans les deux branches, afin que, quand vous y aurez coulé le plomb, il n’y ait qu’une partie. Quant à l’ouverture ou l’on verse, vous l’arrangerez de sorte que l’une des pièces de fer s’adapte à l’autre, afin que pendant la fusion elle ne puisse vaciller.
Faites un foyer pour y fondre du plomb , et dans ce foyer, une fosse où vous placerez un grand vase en terre. Vous l’enduirez à l’intérieur et à l’extérieur d’argile pétrie avec du fumier, afin de lui donner de la solidité; dessus, vous allumerez un grand feu. Quand il sera sec, placez du plomb sur le feu au milieu du vase en sorte qu’il coule au fond lorsqu’il sera fondu. Alors, ouvrant le fer creux,