Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 12)

Théophile (moine) · Arts visuels

Texte français, domaine public · Source : archive.org — trad. l'Escalopier 1843 (OCR) · 21 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

latiores, una parte aeuti, parvi et magni , quorum aliqui recurvi, pro libitu secundum modum operis. Fiunt etiam ferri eodem modo formati , sed obtusi ad poliendum opus.

On fait aussi des fers pour dessiner les images, les oiseaux, les animaux ou les Heurs qui se gravent sur l’or,

l’argent, le cuivre : ces fers sont longs d’un palme, à la partie supérieure larges et garnis d’une tête ; à la partie inférieure effilés, ronds, minces, triangulaires , carrés , recourbés , selon qu’exige la variété du travail que l’on se propose : ils doivent supporter le marteau. On fait encore un fer formé de la même manière mais effilé au bout , auquel est un trou pratique par un autre fer plus fin , et limé autour. Lorsqu’on le frappe sur l’or, l’argent ou le cuivre doré, on voit apparaître comme un cercle très-délicat.

On fait aussi des fers à couper de grandeur telle qu’en les tenant à pleine main , ils s’élèvent au-dessus larges et unis, et excèdent le dessous, larges , minces et aigus. On en a beaucoup , de grands et de petits : on s’en sert pour couper l’or, l’argent ou le cuivre épais.

Il y a aussi des fers minces , étroitpercés , dans lesquels on fait la tête des clous, grands, moyens, petits.

Il y a aussi des moules en fer longs, ronds, carrés , dans lesquels on fond l’or, l’argent ou le cuivre. Il y a encore des compas en fer composés de deux pièces , grands et plus petits, à branches droites ou recourbées.

On fait les limes en acier pur, grandes et moyennes, carrées, à trois côtes, rondes : d’autres aussi , plus fortes du milieu, de fer doux en dedans , au dehors recouvertes d’acier. Après les avoir battues selon la grandeur que désire leur donner l’ouvrier, on les égalise sur le rabot , dans cet état on les taille avec un marteau à

runcinam, sicque inciduntur cum malleo ex utraque parte acuto. Inciduntur etiam aliæ cum ferro incisorio, de quo supra diximus ; cum quibus æquari debet opus , quod cum aliis grossioribus prælimatum fuerit. Cum ex omni parte incisæ fuerint, fac temperamentum eorum hoc modo.

raclez-la , mèlez-y un tiers de sel, et broyez fortement. Mettez ensuite la lime au feu , lorsqu’elle sera chauffée au blanc, vous la saupoudrerez partout de cette préparation, vous approcherez des charbons bien ardents , vous soufflerez vivement de toutes parts , pour que la trempe ne tombe pas. Enlevant aussitôt , éteignez également dans l’eau, retirez, puis vous sécherez sur le feu. Vous tremperez ainsi toutes celles qui sont d’acier.

Faciès et parvulas similiter quadras , semirotundas , triangulas , tenues ex molli ferro , easque sic temperabis. Cum incisæ fuerint cum malleo , sive cum incisorio ferro , aut cum cultello, unges eas veteri aruina porci , et circumdabis coriolis ex hircino corio incisis, ligabisque filo lino1. Posthæc cooperies eas argilla macerata singulariter, caudasque nudas dimittes. Cumque siccatæ fuerint, mittes in ignem, et sufflabis fortiter, comburaturque corium, et cum festinatione extrahens ab argilla extingues æqualiter in aqua , extractasque siccabis ad ignem.

Les fers à creuser se trempent de cette manière. Après les avoir limés et adaptés à leurs manches, on en met l’extrémité au feu; aussitôt qu’elle

et mox ut cœperit candescere, extrahitur et in aqua extinguitur.

On fait de la manière suivante une autre trempe des instruments en fer avec lesquels on coupe le verre et les pierres tendres. Prenez un bouc de trois ans , attachez-le dans une étable durant trois jours sans nourriture;

le quatrième, donnez-lui de la fougère à manger et rien autre. Quand il s’en sera nourri deux jours , la nuit suivante enfermez -le dans un tonneau qui ait à la partie inférieure des trous , sous lesquels vous placez un autre vase intact qui recevra son urine. Après en avoir ainsi recueilli suffisamment pendant deux ou trois nuits, lâchez le bouc , et trempez vos instruments dans cette urine. L’urine d’un petit enfant roux donne aussi au fer une trempe plus ferme que l’eau pure.

Toutes ces choses sous la main, ayez de l’argile blanche bien triturée; prenant de vieux vases qui ont déjà contenu de l’or ou de l’argent, brisezles en morceaux : si vous n’en avez pas, prenez des têts de pot blanc, placez -les sur des charbons jusqu’à ce qu’ils s’embrasent, et s’ils ne se résolvent pas , laissez refroidir pour

broyer l’un après l’autre. Mettez ensuite deux parties d’argile triturée et une de têts cuits, mêlez avec de l’eau tiède; pétrissez fortement, et de cela fabriquez des creusets grands et petits dans lesquels vous fondrez l’or ou l’argent. Puis tandis qu’ils sèchent , prenant une balance, pesez l’or ou l’argent que vous voulez mettre en œuvre. Si l’argent n’est pas pur , purifiez-le de cette manière.

Tamisez des cendres , les mêlant d’eau; prenez un vase en terre éprouvé au feu , assez grand pour que vous pensiez pouvoir y fondre l’argent à purifier, sans qu’il se répande; inettez-y les cendres , légères au milieu , épaisses autour du bord , et séchez aux charbons. Cela étant sec, éloignez un peu les charbons du fourneau , posez le vase avec les cendres sous l’ouverture devant le fourneau , à la

portée du vent du soufflet ; et plaçant des charbons dessus , soufflez jusqu’à ce qu’ils s’enflamment. Mettez l’argent et par-dessus un peu de plomb ; jetant des charbons dessus , fondez. Ayez près de vous une baguette coupée à une haie et séchée au vent avec laquelle vous découvrirez soigneusement , et enlevez de l’argent tout ce que vous y verrez surnager de scorie ; puis y approchant un tison c’est-à-dire un bois brûlé par le feu, vous soufflerez doucement à longs traits. Lorsque vous aurez par ce procédé rejeté le

tractu. Cumque plumbum hoc facto ejeceris, si videris argentum nondum purum esse, rursum pone plumbum, superpositisque carbonibus fac sicut prius. Quod si videris argentum ebullire et exsilire , scito stagnum vel aurichalcum ei admixtum , et confringe particulam vitri minute, et proice super argentum, plumbumque adde, appositisque carbonibus fortiter suffla. Deinde respice sicut prius , et cum virgula aufer immunditiam vitri et plumbi, superpositoque titione fac sicut prius, et hoc tamdiu donec purum fiat.

Cette purification terminée, si vous voulez fabriquer un calice , partagez l’argent en deux parties égales, conservez la moitié pour faire le pied et la patène; avec l’autre vous ferez la

tenæ partem; verbi gratia , si marca argenti fuerit, adde medietatem, pondus duodecim nummorum, quos postea inde limabis et rades ut reddas suæ parti. Quod si plus fuerit argenti vel minus, secundum suam quantitatem addes, et post hæe unicuique parti suum pondus reddes.

Ces choses ainsi préparées , mettez l’argent dans l’un des creusets ; lorsqu’il sera liquéfié, jetez dessus un peu de sel, versez aussitôt dans un moule rond chauffé sur le feu et dans lequel il y ait de la cire fondue. S’il arrive par quelque négligence que l’argent ne soit pas sain, refondez jusqu’à ce quil soit irréprochable. Ensuite faites une préparation de lie claire et de sel , où vous éteindrez l’argent chaque fois que vous l’aurez recuit.

Après avoir commencé à battre , cherchez-en le milieu , marquez le centre au compas et autour de lui vous ferez une queue carrée dans laquelle vous devrez engager le pied. Lorsqu’il aura été aminci au point de pouvoir être plié à la main, tracez au compas des cercles à l’intérieur depuis le centre jusqu’au milieu , et à l’extérieur depuis le milieu jusqu’au bord. Battez avec un marteau rond l’intérieur suivant les cercles pour qu’il

prenne par là de la profondeur , et l’extérieur avec un moyen sur une enclume ronde suivant les cercles jusqu’au bord, afin qu’il en devienne plus étroit : faites cela jusqu’à ce que vous obteniez une forme et un développement-proportionnés à la quantité d’argent. Cela fait , limez à l’intérieur et à l’extérieur également ainsi qu’autour du bord pour unir partout. Comme plus haut , divisez en deux la moitié du résidu de l'argent, retranchez de l’une des portions un poids de six écus que vous ajoutez à l’autre dont vous ferez le pied, et que

et suæ parti reddes. Sicque funde et percute pedem sicut vas, usque dum attenuetur, excepto quod caudam non faciès in eo. Quo attenuato profunditatem dabis ei cum malleo rotundo interius et exterius, incipiesque nodum facere cum mediocri malleo super rotundam incudem, et inde super longam ex utraque parte, donec collum tam gracile faciès sicut volueris; hoc diligenter procurans , ne plus in uno loco percutias quam in altero , ne forte nodus se in aliquam jjartem inclinet, sed in medio stet, ex omni parte æque spissus et æque latus. Deinde pone eum super carbones, et impie cera, et cum refrigerata fuerit, tene ipsum pedem in sinistra manu, et in dextera ferrum unum ductile ac tenue; et fac puerum sedere juxta te, qui percutiat cum parvulo malleo super ferrum in quocunque loco illud posueris, et inde designabis anulum , qui inter nodum et pedem in circuitu debet esse. Quo designato effunde ceram et recocto pede iterum impie, ut anulum profundius percutias sicut prius; sicque facias donec eum æqualiter cum suis granis præparabis. Deinde lima

plus tard vous ôterez en limant , pour le rendre à sa part. Alors fondez et battez le pied comme la coupe jusqu’à ce qu’il soit aminci, excepté que vous n’y ferez point de queue. L’ayant aminci , vous lui donnerez la profondeur à l’intérieur et à l’extérieur avec un marteau rond ; vous commencerez à faire le nœud avec un marteau moyen sur une enclume ronde, puis sur une allongée des deux côtés , jusqu’à ce que vous ayez un col aussi fin que vous voudrez ; veillant bien à ne pas battre plus un endroit qu’un autre, de peur que par hasard le nœud n’incline d’un côté , mais de sorte qu’il se tienne bien au milieu, partout également épais et également large. Placez-le sur les charbons, emplissez de cire, quand elle sera refroidie, tenez le pied de la main gauche, et de la droite un fer ductile et ténu ; faites asseoir auprès de vous un enfant qui frappe avec un petit marteau sur le fer partout où vous l’aurez posé : vous tracerez l’anneau qui doit être à la circonférence entre le nœud et le pied. Après l’avoir marqué versez la cire et ayant recuit le pied, emplissez de nouveau, afin de frapper l’anneau plus profondément comme auparavant : vous ferez de même jusqu’à ce que vous le prépariez également avec ses grains. Limez et raclez le nœud ainsi que le

nodum et rade, et circa pedem interius et exterius , et oram ejus ; sicque faciès in medio nodi foramen quadrangulum secundum quantitatem caudæ superioris vasis, et in eo pones spissam partent argenti, rotundam, eodem modo perforatam. Faciès quoque anulum singulariter, qui stare debet inter nodum et vas superius , eadem quantitate et specie sicut est ille , quem ductili ferro formasti sub nodo, et accipiens ferrum obtusum fabricabis 1 illud super cotem æqualem , deinde super lignum quercineum , imposito ei carbone trito, et cum eo polies ipsum vas interius et exterius, nodum et pedem et anulum, sicque fricabis cum panno et creta subtiliter rasa , donec omnino lucidum fiat opus. His ita peractis finde caudam vasis in quatuor usque in medium cum lima tenue , et eversa illud super incudem rotundam ita ut æqualiter, et in dextera ferrum ductile mitte in nodum et fac superius percuti cum malleo mediocri donec configes fortiter. Postea funde argentum, quod limasti et rasisti cum eo quod residuum est, et

tour du pied à l’intérieur et à l’extérieur, et son bord ; vous ferez au milieu du nœud une ouverture quadrangulaire selon la proportion de la queue du vase supérieur; vous y placerez un morceau d’argent épais, rond , perforé de même. Vous ferez aussi à part l’anneau qui doit s’ajuster entre le nœud et la partie supérieure du vase , avec les mêmes quantité et forme que celui que vous avez fabriqué sous le nœud à l’aide du fer ductile; prenant un fer émoussé , vous le façonnerez sur une pierre unie , ensuite sur un bois de chêne , après y avoir mis du charbon

pilé, vous polirez le vase à l’intérieur et à l’extérieur, le nœud, le pied, l’anneau ; vous frotterez ainsi avec un linge et de la craie finement pulvérisée jusqu’à ce que le travail devienne toutà-fait brillant. Ces choses achevées, fendez la queue du vase en quatre jusqu’au milieu, avec une lime fine , renversez-le sur une enclume ronde d’une manière égale , de la main droite mettez dans le nœud le fer ductile, et faites battre par-dessus avec un marteau moyen jusqu’à ce que vous l’enfonciez solidement. Fondez l’argent que vous avez limé et raclé avec celui qui

percute rotulam cum circino æquatam tantæ latitudinis quanta est altitudo calicis a pede inferius usque ad oram superius , et modice amplius, et sic percute cavum inferius secundum latitudinem vasis superius, ita ut æqualiter in eo possit jacere. Et si volueris, fac circulos duos interius cum circino, et pertrahe cum subula obtusa in medio similitudinem agni , sive dexteram quasi de cœlo descend entem et signantem , et litteras inter illos duos circulos, atque cum ferro fossorio subtiliter fode, poliens ad effectum sicut calicem.

Tous les livres