Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 13)
Si vous voulez fabriquer un grand calice en argent , de quatre, de six ou de dix marcs, d’abord vous éprouverez et purifierez au feu tout l’argent , ensuite vous diviserez d’après le pro( i5o )
accipe duos ferros æque longos et latos , ad mensuram palmi , et sicut festuca spissos , æqualiter percussos et sanos et ad runcinam diligenter æquatos ; inter quos faciès corrigiam ferream æqualiter percussam ac mediocriter spissam, quam complicabis in modum circuli ea amplitudine , ut tibi videatur quod possit impleri illo argento , quod in eo fundere vis. Et cum plicaveris , non conjunges capita, sed modice separabis, ut foramen appareat, per quod infundere possis. Hune circulum aptabis inter duos ferros æqualiter ita, ut capita ipsius extra ferros parum appareant , et constringes eos tribus curvis ferris fortibus in tribus locis, videlicet inferius et ex utraque parte juxta foramen, sieque linies argillam maceratam circa circulum inter ferros et circa foramen abundanter. Quam formam , cum siccata fuerit , calefacies , et liquefactum argentum infunde. Omne argentum et aurum quod tali modo funditur, nisi contingat ex magna negligentia , semper est sanum ad operandum in eo quodeumque volueris. Circulos autem secundum quantitatem, quam infundere
cédé déjà indiqué. Prenez deux fers égaux en longueur et en largeur à la mesure d’un palme, épais comme une paille, également battus et sans défauts, soigneusemen t polis au rabot : vous ferez entre eux une attache en fer, uniformément battue et médiocrement épaisse , que vous entrelacerez en manière de cercle , de grandeur à vous paraître pouvoir être remplie par cet argent que vous voulez y fondre. Après avoir replié , vous ne joindrez pas les bouts, mais vous séparerez un peu afin de laisser une ouverture par où vous puissiez verser. Vous adapterez ce
cercle entre les deux fers également de façon que ses bouts ressortent un peu hors des fers, vous les attacherez à trois fers recourbés forts en trois endroits, savoir : à la partie inférieure et de chaque côté près de l’ouverture; vous enduirez d’argile pétrie le tour du cercle entre les fers et auprès de l’ouverture en abondance. Lorsque cette forme sera sèche, vous la chaufferez et y verserez l’argent fondu. Tout argent et or fondu ainsi, à moins d’une grave négligence, est toujours bon à quelque travail que vous vouliez. Vous mesurerez les cercles selon la quantité que
volueris, mensurabis, et faciès majores et minores, fusum vero argentum, postquam percusseris ut supra, et vasi formam dederis, impie illud cera et percute in ventre, si volueris costas æquales sive rotundas , quæ stent in circuitu sicut cochlearia , quod opus utrumque magnum ornatum dat calici. Quas costas si volueris cum nigello parare , hoc procura ut argentum spissius sit, et sic âge ut una costa deauretur et altéra denigretur, quas semper oportet pares esse. Quas cum percusseris , lima æqualiter et rades in illis, quas denigrare volueris, pertrahe folia græca et fode grosso tractu, camposque eodem fodies gracilibus circulis et subtili opéré, deinde compone nigellum hoc modo.
vous voudrez couler , vous en ferez de grands et de petits. Quand vous aurez battu comme ci-dessus l’argent fondu, et que vous aurez donné la forme au vase , remplissez-le de cire et battez sur le ventre, selon que vous désirerez des côtes planes ou rondes , qui se tiennent autour comme des cuillers : ces deux genres de travail donnent un grand ornement au calice. Si vous voulez enrichir ces côtes de niello ,
ayez soin que l’argent soit plus épais, et faites de manière qu’une côte soit dorée et l’autre niellée : il faut toujours qu’elles soient pareilles. Les ayant battues , limez également et raclez celles que vous voulez nieller ; tracez-y des feuillages grecs et creusez à gros traits ; vous creuserez aussi les champs en cercles déliés et de travail délicat : composez ensuite le niello de cette manière.
Prenez de l’argent pur et divisez-le en deux àpoids égal, y ajoutant un tiers de cuivre pur. Quand vous aurez mis le tout dans un creuset à fondre, pesez autant de plomb que pèse la moitié du cuivre mêlé à l’argent; prenant du soufre jaune cassez-le menu , jetez le plomb et une partie de ce soufre sur un petit vase de cuivre et le reste du soufre dans l’autre creuset à fondre. Lorsque vous aurez fondu l’argent
avec le cuivre, remuez également avec un charbon; aussitôt versez-y le plomb et le soufre du petit vase de cuivre, derechef mêlez fortement avec le charbon, et transvasez en hâte dans l’autre creuset à fondre sur le soufre que vous y avez mis. Déposant le petit vase avec lequel vous aviez versé, prenez celui dans lequel vous avez versé, et mettez au feu jusqu’à liquéfaction; remuant de nouveau coulez dans un moule en fer. Avant que cela ne se refroidisse , battez un peu , chauffez modérément , battez encore ; vous
calefac modicum, rursumque percute, sicque faciès donec omnino attenuetur. Natura enim nigelli talis est, ut si frigidum percutitur, statim liquescit, frangitur et resilit, nec debet sic calefieri, ut rubescat , quia statim liquescit et fluit in cineres. Attenuatum vero nigellum mitte in vasculum profundum et spissum , et superfundens aquam, confringens cum malleo rotundo, donec minutissimum fiat , ejectumque inde sicca, etquod minutum est mitte in pennam anseris atque obstrue, quod vero grossius est, mitte in vas et comminue , rursumque siccatum mitte in alteram pennam.
Lorsque vous aurez rempli plusieurs plumes, ayez de la gomme appelée harabas , broyez-en une parcelle avec de l’eau dans le même vase, de manière
eodem vase ita , ut ex ea aqua vix turbida fiat , et locum queni volueris denigrare cum ipsa aqua fac humidum prius, accipiensque pennam cum levi ferro excute tritum nigellum super eum diligenter douée totum cooperias, sicque peromnia faciès. Deinde compone carbones copiose accensos, et in eos missum vas diligenter cooperi sic, ut super nigellum nullus carbo ponatur, ne cadat. Gumque liquefactum fuerit, tene vas cum forcipe, et verte ex omni parte , qua fluere videris, et ita convertendo cave ne in terram nigellum cadat. Quod si primo calore non fuerit plénum per omnia , denuo fac humidum, et superpone ut prius, et cave diligenter ne plus opus sit.
que l’eau en devienne à peine trouble ; avec cette eau humectez d’abord la place que vous voudrez nieller ; et prenant une des plumes à l’aide d’un fer léger faites-y tomber avec soin le niello broyé jusqu’à ce que vous couvriez entièrement : vous ferez ainsi partout. Réunissez en abondance des charbons allumés , après y avoir mis le vase avec précaution couvrez-le de sorte qu’aucun charbon ne touche le niello
qu’il ferait tomber. Lorsqu’il sera liquéfié, tenez le vase avec des tenailles et tournez de tous les côtés où vous verrez couler , mais en tournant ainsi prenez garde que le niello ne tombe à terre. Si après ce premier feu tout n’est pas rempli , humectez de nouveau, replacez comme auparavant, et prenez bien garde qu’il n’y ait plus besoin de recommencer
Si vous voulez appliquer des oreilles à un calice, sitôt que vous aurez battu et raclé, avant d’y faire aucun autre travail, prenant de la cire , formez-en des oreilles et modeiez-y des dragons, des animaux, des oiseaux, ou des feuillages de quelque façon que vous voudrez. Au haut de chaque oreille placez un peu de cire arrondie comme une chandelle effilée de la longueur du petit doigt, mais un peu plus grosse
au sommet ; cette cire s’appelle l’entonnoir : vous la souderez avec un fer chaud. Prenez de l’argile fortement pétrie, couvrez soigneusement les deux oreilles l’une après l’autre , de manière que tous les creux du modèle soient remplis. Quand elles seront sèches, couvrez de nouveau soigneusement partout, excepté le sommet de l’entonnoir, et vous ferez de même une troisième fois. Mettez ensuite ces formes près des charbons ; lorsqu’elles seront chaudes , vous verserez la cire. Après cette opération, placez-les tout
foramina1 per quæ cera exiit inferius, et sine donec candescatsicut carbones , statimque liquefac argentum , addens ei modicum deauricalco Hispanico, utverbi gratia, si fuerit argenti dimidia marca, pondus duorum nummorum, si vero plus aut minus, e contra ; et eiciens formas ab igné siste eas firmiter, et infunde in eodem loco, unde ceram effudisti. Cumque refrigerata fuerint, aufer argillam , et cum lima et ferris fossoriis adjunge eas in suis locis et subjuncturis ; faciès duo foramina longa , unum superius et aliud inferius , quæ foris non appareant, in quibus junges singillatim duos clavos latos, quos faciès transire vas per duo foramina ex utraque parte superius et inferius , et conliges eos interius atque solidabis hoc modo.
à fait au feu, tournant en bas les ouvertures par lesquelles la cire est sortie, et laissez jusqu’à ce que cela devienne brûlant comme les charbons. Aussitôt fondez l’argent, y ajoutant un peu d’auricalque d’Espagne, comme par exemple , s’il y a un demi-marc d’argent , le poids de deux écus ; s’il y a plus ou moins, en suivant la proportion : retirez les formes du feu , affermissez-les solidement, et coulez à la même place d’où vous avez versé la
cire. Lorsque le tout sera refroidi, enlevez l’argile , avec la lime et les fers à creuser ajustez à leurs places et jointures. Vous ferez deux longues ouvertures l’une au-dessus et l’autre audessous , qui ne paraissent pas en dehors , dans lesquelles vous adapteriez un à un deux larges clous que vous ferez traverser le vase par les deux ouvertures des deux côtés en haut et en bas; vous les ficherez à l’intérieur et les souderez de cette manière.
Pesez deux parties d’argent pur et une troisième de cuivre rouge , mêlez, limez fin dans un vase propre , et mettez dans une plume. Prenez de la pierre de vin qui s’amasse intérieurement autour des vases où séjourne long-temps d’excellent vin, liez-en des parcelles dans un linge, et mettez au feu afin qu elle brûle jusqu’à ce que aucune fumée ne s’en échappe. Ayant retiré du feu et laissé refroidir, soufflez les cendres du linge, et broyez le
produit dans un vase de cuivre avec un marteau rond , y mêlant de l’eau et du sel pour qu’il soit épais comme de la lie : avec un bois mince vous en enduirez le tour des clous à l intérieur et à l’extérieur ; vous ferez tomber dessus à l’aide d’un petit fer de l’argent limé, et vous ferez sécher. Vous mettrez par-dessus une nouvelle couche du mélange plus épaisse que la première, vous exposerez au feu, ayant approché des charbons vous couvrirez avec soin , vous soufflerez doucement à longue haleine, jusqu’à ce que la soudure soit suffisamment liquide ;
vas ab igné et modice refrigeratum lavabis, et1 si firmi sunt clavi; sin autem, rursum fac eis, sicut prius. Cumque firmi fuerint, elima eos interius et rade æqualiter, ut millus eonsiderare queat in quo loco steterint , appositasque 2 exterius auriculas rursum diligenter adjunge. Deinde fac per medium auricularum contra clavos subtilia foramina , et in eodem loco ultra clavos similiter, in quibus eos confîges omni opéré consummato , sic ut nemo percipiat qualiter adhæreant. Post liæc sculpe et fode ipsas auriculas studiose cum limis et ferramentis, et si quid volueris in eis denigrare , hoc modo faciès.
Lorsque vous aurez mêlé et fondu le niello , vous en prendrez une partie et
et percuties quadrangulam, longam et gracilem. Deinde accipe auriculam cum foreipe, et calefac in igné donec rubescat, et cum altero foreipe longo et gracili tene nigellum et frica super omnia Ioca, quæ denigrare volueris, donec tractus omnes pleni sint ; ablatumque ab igné cum lima æquali diligenter plana, donec argentum sic appareat, ut vix tractus considerare possis, et sic cum rasorio ferro lima, rugas diligenter erade , et quod reliquum est deaurabis. Quod deauratum hoc modo compones.
Prenez de l’or quel qu’il soit et battez jusqu’à ce qu’il devienne une lame fine de la largeur de trois doigts et d’autant de longueur que possible. Coupez des morceaux qui soient également longs et larges, vous les join( l6o )
eas1 pariter atque perfora per omnia cum rasorio ferro tenui. Postea accipe duas testas ollæ igné probatas tantæ magnitudinis ut aurum in eis possit jacere , et frange tegulam minutatim , sive argillam fornacis arsam et rubicundam , eamque comminutam pondéra in duas partes æquales, et adde ei tertiam partem salis eodem pondéré , quæ modice aspersa cum urina commisceatur ita , ut non adhæreant sibi , sed vix madida sint , et mitte inde parum super urinam testam juxta latitudinem auri, deinde ipsius auri unam partem, rursumque confectionem , et iterum aurum quod semper confectionem ita cooperiat, ne aurum auro tangatur, sicque impie testam usque ad summum, et desuper cooperi cum altéra testa , quas diligenter circumlinies argilla mixta et macerata , ponesque ad ignem , ut siccetur. Intérim compone furnum ex lapidibus et argilla , altitudine duorum pedum, et latitudine pedis et dimidii, inferius latum, superius vero strictum, ubi foramen sit in medio, in quo eminebunt très
drez ensemble uniformément et les percerez partout avec un fer tranchant mince. Prenez deux vases en terre éprouvés au feu, assez grands pour que l’or puisse y tenir; cassez menu de la tuile ou de l’argile à four brûlée et rouge; après l’avoir écrasée pesez-la en deux parties égales , et ajoutezen du même poids une troisième de sel, qui, un peu arrosée d’urine, soit mêlée au reste de sorte que ces matières n’adhèrent pas entre elles, mais soient à peine humides. Mettez un peu sur l’ urine de la terre cuite proportionnellement à la largeur de l’or, ensuite un morceau de cet or, encore du mélange, et derechef de l’or qui toujours couvre le mélange pour que l’or ne soit point en contact avec l’or : remplissez ainsi le vase jusqu’au haut; couvrez par-dessus avec un autre têt; vous les entourerez soigneusement
d’une couche d’argile mêlée et pétrie, et vous placerez au feu pour faire sécher. Pendant ce temps, bâtissez un fourneau de pierres et d’argile, de deux pieds de hauteur, d’un pied et demi de largeur, large en bas, étroit en Ijaut , où dans le milieu sera une ouverture; là s’élèveront trois pierres
lapides longiores et duri , qui possint flammam diu sustinere , super quos pones testas cum auro, et cooperies cum aliis testis abundanter. Deinde supporte ignem et ligna, et cave ne deficiat ignis copiosus per spatium diei et noctis. Mane vero eiciens aurum, rursum funde, percute et impone furno sicut prius. Iterum autem post diem et noctem aufer, et admiscens ei modicum rubri cupri, funde sicut prius, et repone super furnum. Cumque tertio deposueris , lava diligenter et sicca ; sic ponderans vide quantum desit, deinde complica etserva.
Si l’or que vous voulez cuire est en petite quantité , battez-le et disposezle dans les vases comme auparavant. Prenez un pot de terre neuf, ouvrez au fond un trou et quatre autour des parois ; faites en argile un petit vase