Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 14)

Théophile (moine) · Arts visuels

Texte français, domaine public · Source : archive.org — trad. l'Escalopier 1843 (OCR) · 21 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

in argilla breve vasculum cum tribus pedibus sic ab invicem separatis , ut possint stare super foramen , quod est in fundo ollæ; super quod cum siccatum fuerit pones testas cum auro et elevabis ollam super très lapides a se aliquantulum remotos æque spissos , et inmitte carbones ardentes, deinde extinctos, sicque quoties descenderint superpone frigidos, et nunquam patieris testas nudas esse ab igné. ïnterdum vero cum gracili ligno per foramina inmisso move carbones , et inferius similiter, ut cineres exeant et ventus aditus habeat. Sicque faciès cum carbonibus in olla , sicut superius cum lignis in furno.

avec trois pieds séparés l’un de l’autre pour pouvoir se tenir sur l’ouverture qui est au fond du pot : là-dessus , après avoir séché, vous placerez, les vases avec l’or , vous élèverez le pot sur trois pierres un peu écartées entre elles et également épaisses ; mettez-y des charbons ardents, puis d’autres éteints, et ainsi à mesure qu’ils descendront remettez-en de froids par-dessus,

sans jamais laisser les vases dégarnis de feu. De temps en temps avec un petit bois introduit par les ouvertures remuez les charbons , et en dessous semblablement , afin que les cendres sortent et que l’air ait accès : vous ferez avec les charbons dans le pot de terre comme précédemment avec le bois dans le fourneau.

Après l’ avoir cuit complètement, si vous voulez le moudre, mettez-en dans une balance le poids de huit écus , pesez huit fois autant de vif-argent , que vous ajouterez aussitôt , frottez pour qu’il devienne blanc , et écrasez par parties. Prenez un petit vase de ceux dans lesquels on dépose l or ou l’argent et qui néanmoins pour cette opération doit être plus épais que ceux-là; mettez au feu jusqu’à ce

qu’il soit brûlant : ayez aussi pareillement au feu un fer effilé, recourbé, emmanché par un bout, ayant à l’autre un nœud rond; quand l’un et l’autre seront chauffés, tenez avec des tenailles le petit vase sur une écuelle large , sèche ; versez-y le vif-argent et l’or; hâtez-vous au moyen du fer recourbé et chaud de le frotter et de le moudre, jusqu’à ce que vous ne sentiez plus dans le petit vase rien que du liquide , sur-le-champ versez dans de l’eau. Ayant jeté cette eau, prenez l or dans votre main gauche , lavez avec soin ,

et si est, pone super pannum lineum mundum , et jacta hae et illac, donec siccetur aqua.

Si la nature de l’or est telle que vous ne puissiez le moudre ainsi , prenez une pierre sableuse, carrée et unie; au milieu faites un creux de la largeur

de trois doigts et de semblable profondeur. Préparez une pierre plus dure que celle-là , de dimension à pouvoir être tournée dans cette cavité, de longueur à s’engager et s’assujettir dans un bois, lequel, de trois aunes, à la partie inférieure où sera jointe la pierre , aura la grosseur de la jambe. Au-dessus de cette pierre, à la hauteur d’un demi -pied, on percera le bois auquel on en joindra un autre mince large de deux mains, terminé par une queue qui traverse l’ouverture du bois Ions. Sur le bois mince on liera une

snperque1 tenue lignum ligetur lapis magiiitudinis unius peclis, a quo lapide sursum fiat lignum gracile et rotunde incisum atque planum , ita ut inter manus possit volvi. His ita compositis pone majorem lapidem in pelvim, sive in vas ligneum æquale, et vide ut lapis firmiter jàceat, et vas firmiter stet. Cumque aurum cum vivo argento in foramen ejus miseris, et sabulum desuper atque aquam, impone lapidem minorem, qui ligno junctus est, tenensque in superiori parte ipsum lignum, converte modicum inter manus tuas, et mox impulsu illius lapidis, qui ügatus est inferius, circumferetur, sicque circumferendo mole per très vel quatuor lioras. Interdum vero respice et proba digito, et rursum inmitte sabulum cum aqua. Cumque girando et regirando ipsum sabulum cœperit ebullire et per lapidem diffundi, cum ligno gracili longo et tenue recollige semper et in foramen repone , ne forte aurum cum sabulo egeratur 2 et non molatur. Quod cum pleniter molitum fuerit, eiciatur et lavetur et siccetur

pierre de la grandeur d’un pied ; de cette pierre en haut on fera le bois fin , taillé en rond, et uni de manière à ce qu’il puisse être tourné entre les mains. Ces choses disposées, placez la plus grande pierre dans un bassin ou dans un vase en bois plat; ayez soin que la pierre soit posée solidement et que le vase se tienne ferme. Lorsque vous aurez mis l’or avec le vif-argent dans le creux, puis par-dessus du sable et de l’eau, placez dedans la petite pierre qui est jointe au bois ; tenant ce bois à la partie supérieure, tournez un peu entre vos mains, et bientôt par l'impulsion de la pierre qui a été attachée inférieurement, il suivra la rotation : par ce mouvement vous moudrez ainsi durant trois ou quatre heures. De temps en temps examinez et éprouvez du doigt , derechef ajoutez du sable et de l’eau. Lorsque en tournant et retournant le sable commencera à bouillonner et à se répandre sur la pierre , avec un petit bois long et mince ramassez toujours , replacez dans le creux , de peur qu’avec le sable l’or ne soit jeté dehors et ne soit point moulu. Quand il le sera complètement, on le retirera, on lavera, on fera sécher comme plus

ut supra, ponaturque super libram. Si vero quicquam defuerit, laventur soldes qui fluunt ex lapide, et sic invenitur, quia idcirco idem lapis in vase ponitur. Hoc modo etiam argentum purum tenuissime percussum et vivo argento admixtum moli débet, quia in calido vasculo cum calido ferro moli non valet. Sic autem commisceatur ut vivi argenti sint quinque pondéra, et sextum sit argentum purum.

Vous pouvez encore moudre l’or plus facilement de la manière suivante. Prenez un grand vase en terre éprouvé au feu , placez aux charbons jusqu’à ce qu’ils s’enflamment tout à fait , mettez-y l’or mêlé au vif-argent et cassé menu ; tenant avec des tenailles , agitez la main également : bientôt vous verrez comment l’or se liquéfie et se mêle au vif - argent. Aussitôt

aquam atque lava et sicca ut supra. Hoc omnino cave , ne jejunus molas aut deaures, quia fœtor vivi argenti magnum periculum est jejuno stomacho et infîrmitates diversas générât, contra quas uti debes ziduar et baca lauri , pipere et allio atque vino. Posthæc appende ipsam deauraturam in statera, et divide in duo, et medietatem ejus rursum in duo, donec invenias singulos denarios, et mitte eos sigillatim in pennas anseris, ut scias quantum unicuique loco deaurando superponas. Deinde percute partem cupri rubri in similitudinem fossorii ferri et infige manubrio, summitatemque ejus lima et rade rotundam et aliquantum tenuem, quam fricabis cum vivo argento donec alba fiat, et inde possis deaurare. Postea faciès confectionem ad innovandum opus deaurandum hoc modo.

qu’il sera parfaitement liquide, versez dans de l’eau , lavez et séchez comme plus haut. Evitez surtout de moudre ou de dorer à jeun , parce que les exhalaisons du vif-argent sont un grand danger pour un estomac vide et engendrent diverses infirmités contre lesquelles vous devez faire usage de zédoaire et de baie de laurier, de poivre, d’ail et de vin. Pesez la dorure dans une balance, divisez en deux, et la moitié encore en deux, jusqu’à ce que vous trouviez un denier par chaque;

mettez-les séparément dans des plumes d’oie , afin de savoir combien vous employez à dorer chaque place. Battez ensuite une portion de cuivre rouge en forme de fer à creuser , emmanchez-la, limez et raclez son extrémité ronde et un peu effilée, vous la frotterez avec le vif-argent jusqu’à ce qu’elle devienne blanche, et pourrez vous en servir pour dorer. Après cela vous ferez ainsi une préparation propre à rafraîchir le travail qui doit être doré.

Prenez de la pierre de vin dont nous avons déjà parlé, et broyez avec soin sur une pierre sèche , vous y ajouterez un tiers de sel ; mettez dans un grand vase en terre , y versant l’eau dans laquelle vous avez jeté l’or nouvellement moulu; joignant un peu de vif-argent, placez sur les charbons jusqu’à ce que cela chauffe , et remuez avec un bois. Ayez aussi des soies de porc de la grosseur de trois ou quatre

doigts attachées à un fer au milieu , deux paquets propres, pour laver l’or et l’argent, deux pour dorer, l’un sec et l’autre mouillé. Toutes ces choses disposées dans cet ordre , prenez en main les oreilles d’argent , trempez dans la préparation chaude une petite toile de lin pliée , avec laquelle vous frotterez toutes les places que vous voulez y dorer. Quand elles commenceront à se raviver, chauffez sur les charbons ; avec les soies imbibées de la préparation frottez fortement jusqu’à ce que tous les creux soient blancs

argento fiant albæ, interdum calefaciendo et interdum fricando, et ubi cum setis non potueris pertingere, cum cupro deauratorio et ligno gracili fricabis, faciens hoc super scutellam deauratoriam ligneam, quæ sit ad modicum opus tornatilis et capax, et ad magnum quadra, cava et æqualis. Deinde super ipsam scutellam incide deauraturam cum cultello minutatim , et cum cupro deauratorio pone diligenter per omnia , et humidis setis æqua, atque cum forcipe longo et gracili in anteriori parte duobus panniculis involuto levabis, et pones super carbones donec calefiat , et setis rursum æquabis, sicque tamdiu faciès usque dum aurum per omnia adhæreat. Secundo incide aurum et cum cupro superpone, atque cum igné et setis fac sicut prius. Tertio vero similiter faciès. Cumque tertia vice aurum cœperit siccari , cum siccis setis fricabis diligenter per omnia , rursumque calefacies , et iterum fricabis, donec incipiat pallescere. Si vero ex neglegentia contigerit, ut aliqua macula appareat in argento, ubi aurum tenue sit et inæqualiter positum, cum cupro superpone,

de vif-argent , tantôt chauffant , tantôt frottant ; où les soies ne pourront atteindre , vous frotterez avec le cuivre à dorer et un bois mince , faisant cela sur une écuelle en bois destinée à la dorure et qui pour un ouvrage peu considérable sera tournée et large, pour un grand carrée, creuse et plate. Sur cette écuelle coupez la dorure en petits morceaux avec un couteau, au moyen du cuivre à dorer posez soigneusement partout, étendez avec les soies humides ; à l’aide de tenailles longues et fines enveloppées de deux petits linges à la partie antérieure vous lèverez et mettrez sur les charbons jusqu’à ce

que cela soit chaud; de nouveau vous étendrez avec les soies , et ferez ainsi jusqu’à ce que l’or adhère partout. Une seconde fois coupez de l’or, appliquez au moyen de l’instrument en cuivre, puis avec le feu et les soies faites comme auparavant. Vous ferez de même une troisième fois. Quand alors la dorure commencera à sécher, avec les soies sèches vous frotterez attentivement partout, vous chaufferez derechef, vous frotterez encore jusqu’à ce qu’elle commence à pâlir. S’il arrivait par négligence que quelque tache parût sur l’argent où l’or serait mince et posé inégalement, remettez-en avec

et cum siccis setis æqua , donec per omnia æquale sit. Quod cum videris, mitte in aquam et mundis setis lava, rursumque ponens super carbones tamdiu calefac, donec omnino croceum fiat.

pliant de façon que les plis soient à la longueur du petit doigt; quand ils seront quadruples, liez-les avec un fil de lin, pour qu’ils soient comme un seul tout. Faites-en quatre , cinq ou six , de telle sorte que l’un ait trois plis, un autre quatre, un troisième cinq, et ainsi en montant jusqu’à huit. Les ayant attachés chacun séparément, faites un petit trou dans un bois où vous placerez un de ces petits paquets, versez-y du plomb afin que , lorsqu’il sera froid et que vous aurez retiré, vos plis adhèrent entre eux comme

modo fac singulis partibus singulos nodos plumbeos, et incidens plicaturas omnes in altéra parte, et lima et rade summitates earum , ut rotundæ fiant et œquales ; cum quibus quasi scalpendo polieris. Pone super carbones donec calefactæ in fulvum colorem convertantur, et perdant claritatem, quam poliendo acceperant, extinctasque in aqua rursum diligenter scalpendo polies, donec eximium fulgorem accipiant, sicque colorabis eas tali confectione.

Prenez du noir ; dans un vase en terre propre et éprouvé au feu, placez sur les charbons jusqu’à ce qu’il se liquéfie entièrement et se durcisse. Ensuite ôtez du vase, mettez sous ces charbons, couvrez soigneusement, acque cooperi diligenter, atque cum folle suffla, donec comburatur et in rubeum colorem convertatur. Statim ablatum ab igné cum refrigeratum fuerit, tere in scutella lignea cum malleo ferreo , addens ei tertiam partem salis , temperansque cum vino sive urina, rursum fortiter tere, donec spissum fiat sicut fex. Ex hac confectione cum penna cooperi quod deauratum est, sic ut nihil auri appareat, et pone super carbones , donec exsiccetur, et fumus ex omni parte modicum appareat, et mox auferens ab igné mitte in aquam, lavans diligenter cum setisporci mundis, rursumque siccabis super carbones , involve panno mundo donec refrigeretur.

quæ nigello denigrata sunt, cum ferro rasorio. Post hæc habeas lapidem nigrum et mollem , qui leviter possit incidi et pene cum ungue radi , et cum illo fricabis nigellum cum saliva madefactum diligenter ac æqualiter per omnia, donee omnes tractus aperte videantur et omnino æquum sit. Habeas etiam lignum de arbore tilia , grossitudine et longitudine majoris digiti , siccum et æqualiter incisum ; super quod pones pulverem ilium humidum , qui procedit de lapide et saliva in fricando , et cum ipso ligno ac eodem pulvere diutissime fricabis nigellum, et leviter semperque adde salivam ut humidum sit, donec lucidum fiat per omnia. Deinde toile sepum de auriculæ tuæ foramine, et cum exterseris nigellum lineo panno subtili , per omnia finies , et cum eorio fiircino sive cervino leniter fricabis, donec omnino clarum fiat.

raclez soigneusement avec un fer à couper toutes les places qui ont été noircies de niello. Ayez une pierre noire et tendre qui puisse être aisément taillée et presque grattée avec l’ongle; vous en frotterez le niello humecté de salive avec soin et également partout , jusqu’à ce que tous les traits s’aperçoivent clairement, et que tout soit égalisé. Ayez aussi un morceau de bois de tilleul de la grosseur et de la longueur du grand doigt, sec et taillé à plat, sur lequel vous placerez de la poussière humide produite par le frottement de la pierre et de la salive ; avec ce bois et cette poussière vous frotterez longtemps le niello ; légèrement et toujours vous ajouterez de la salive pour maintenir humide, jusqu’à un brillant complet. Prenez de la matière dans le trou de votre oreille, et après avoir essuyé le niello avec une fine toile de lin, vous en appliquerez partout; avec un cuir de bouc ou de cerf vous frotterez doucement afin d’obtenir un éclat parfait.

Tali modo auriculis pleniter perfectis, accipe vas calicis, cujus costas superms denigrasti dimidias, et illas, quas inter has absque nigello reliquisti, lima æqualiter et rade, ac pertrahe in eis opus quodcunque volueris, sic tamen ut aliquantulum discrepat1 ab opéré nigelli, atque cum fossorio ferro gracili subtiliter fode. Post hæc deaurabis eas , totumque vas interius et exterius excepto nigello, et polies atque colorabis si eut auriculas. Deinde cooperies et circumligabis rotundam incudem cum pergamena æquali, supra quæ pones vas, quod teneat puer ante te sedens utrisque manibus, coaptans unamquamque costam incudi æqualiter, secundum quod ei jusseris. Intérim toile ferrum gracile , quod foramen habet in cuspide, cujus percussura subtilissimum circulum fac, et cum illo implebis omnes campos in deauratis

Ayant ainsi entièrement achevé les oreilles, prenez la coupe du calice dont vous avez déjà niellé la moitié des cotes; et celles qu’ alternativement vous avez laissées sans niello, limezles également, raclez, tracez-y tel travail que vous voudrez, de façon cependant qu’il diffère un peu de celui du niello, et avec un fer fin à creuser fouillez délicatement. Vous les dorerez ensuite ainsi que tout l’intérieur et l’extérieur de la coupe, excepté le niello, vous polirez et colorerez comme les oreilles. Vous couvrirez et envelopperez une enclume ronde de parchemin uni; là-dessus vous placerez la coupe que tiendra à deux mains un enfant assis devant vous , appuyant chaque côte sur l’enclume également selon que vous lui aurez ordonné. Cependant prenez un fer effilé, perforé à la pointe, dont la pi'ession vous produira un cercle très-fin ; avec lui vous remplirez tous les champs dans les côtes dorées, frappant doucement dessus

costis , desuper cum malleo leniter percutiendo , et opéré punctorum unumquemque circulum alteri ordinatim conjungendo. Quo expleto mitte vas super carbones, donec illæ percussuræ interius fulvum colorem recipiant , nigellumque limabis et polies sicut superius. Deinde conjunge auriculas unamquamque in suo loco, et trans foramina, quæ in eis sunt, confige eas aureis clavis cum gracili ferreo malleo desuper feriendo , et altero ferro subposito donec firmiter stent, et rade diligenter atque poli cum obtuso ferro ipsas percussuras , ut nemo percipere possit, quali ter adhæreant.

Post hæc sume quartam partem argenti , addens ei quicquid a vase limasti et rasisti; funde ordine quo supra; unde faciès

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