Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 15)
avec un marteau , et joignant symétriquement par un travail de points chaque cercle à un autre. Cela terminé , mettez la coupe sur les charbons jusqu’à ce que vos gravures prennent intérieurement une couleur jaune, vous limerez et polirez le niello comme précédemment. Assemblez les oreilles chacune à sa place, à travers les trous qui y sont, assujettissez-les par des clous d’or, frappant dessus avec un marteau léger en fer, et soutenant en dessous avec un autre fer jusqu’à ce quelles soient solides; raclez soigneusement et polissez avec un fer émousse les endroits frappés, afin que personne ne puisse reconnaître la jonction.
Après cela prenez un quart d’argent, y ajoutant tout ce que vous avez limé et raclé de la coupe, fondez d’après le procédé indiqué plus haut; vous
pedem cum nodo sicut pedem minoris calicis, excepto quod in hoc majori formabis costas a latitadine pedis inferius ascendentes usque ad nodum , quas dimidias denigrabis, et alias fodies et deaurabis atque modis omnibus decorabis sicut in vase. Quo perfecto anulum quoque, qui ponendus est inter vas et nodum, deaurahis atque conjunges, et configes sicut minorem calicem.
Tout ce qui restera d’argent, fondezle pour en faire la patène. Après l’avoir amincie, tracez-y dans le milieu un cercle selon la largeur du calice, et dessous ce cercle, mesurez huit espaces également divisés , dans chacun tracez un demi-cercle de façon qu’il y ait comme huit arcs que vous battrez avec un marteau rond jusqu’à ce qu’ils deviennent creux ; plus bas au repoussé
gulos inter ipsos arcus, et limbum circa eos latitudine minoris ungulæ, qui superemineat æqualitatem totius patenæ; quem fodies subtiliter et denigrabis, reliquamque patenam deaurabis, et polies utrumque sicut superius.
Vous ferez aussi au calice un chalumeau de cette manière. Fabriquez un fer de la longueur d’un palme et quatre doigts , très-effilé à l’un des bouts, et de là grossissant graduellement jusqu’à l’autre qui sera comme une paille; que ce fer soit rond et limé avec égalité. Après avoir aminci de l’argent pur, rouiez-le autour de ce fer , unissan t les extrémités également au moyen d’un fil; retirez le fer, mettez au feu et soudez. Ayant replacé le fer, battez au marteau uniformément partout jusqu’à ce que la jointure disparaisse. Faites à part un
nodam singulariter rotundum et cavum, sive quadrangulum et solidum , et fac in eo foramen, per quod inmittatur fîstula ab inferiori parte , usque pene ad summum , sicque ejecto ferro rursum solidabis per omnia. Cumque firmum fuerit, denuo imposito percuties undique a nodo deorsum donec æqualis fiat et rigida , et a nodo sursum. Ea parte, quæ latior et grossior est, impone tenue ferrum1, latum secundum amplitudinem fistulæ, atque cum malleolo percute incudem, ita ut foramen superius sit quadrum et tenue , quod a nodo sursum super calicem eminere debet, et ore teneri , inferius vero sit rotundum et gracile. Quo facto , si volueris, nodum cum nigello variare poteris, et reliquam fistulam ordine quo supra deaurabis. Hoc omnino cave , ut omne argentum spissum quod deaurare volueris, sive in calice seu in scypho, vel in scutella aut ampulla, fortiter radas, quia in percutiendo ab igné et malîeo cutem ex se trahit, quæ si abrasa non fuerit, cum deauratur et super ignem fréquenter et diu colo’ Ed. tenue, et ferrum.
nœud rond et creux, ou carré et massif, pratiquez-y un trou pour introduire le chalumeau par la partie inférieure, presque jusqu’en haut; et ayant ôté le fer de nouveau vous souderez partout. Lorsque ce sera solide , le remettant derechef vous battrez de tout côté depuis le nœud en bas pour unir et dresser, et depuis le nœud en haut. Dans la partie la plus large et la plus grosse, introduisez un fer mince d’une largeur proportionnée à la capacité du chalumeau, avec un petit marteau battez à l’enclume de manière à rendre carré et fin le trou supérieur, qui depuis le nœud doit s’élever en
haut du calice, et être tenu à la bouche; mais que le bas soit rond et délicat. Cela fait , si vous voulez , vous pourrez enrichir le nœud de niello , vous dorerez le reste du chalumeau d’après le procédé déjà employé. Faites bien attention à racler fortement tout argent épais que vous voudrez dorer dans un calice, un vase, une coupe ou un flacon, parce que dans la percussion il se forme sous l’action de la chaleur et du marteau une pellicule qui , si elle n’est enlevée, lorsque l’on dore et que l’on colore en mettant souvent et longtemps sur le feu, s’élève par places en petites ves( l79 )
ratur, elevantur per loca subtiles vesicæ, quæ eum franguntur apparet argentum, et opus deturpatur, liée potest emendari nisi deauratura omnino eradatur, et denuo deaurabis.
Auri multa sunt généra, ex quibus præcipuum nascitur in terra Evilat , quam Gyon fluvius circuit secundum Genesin, Cujns venas , cum sub terra invenerint viri hujus artis periti , effodiunt, et igné purificatum atque camino probatum in usus suos redigunt.
' In ind. cap. male Evigilat . Ed. Evilat, ut Septnaginta ’EüiXoct, sed S. Hieronymus in Vulgata ex Hebræo nS’in aspirale Hevilath, Geues. II, n. Fluvii nomen v. 1 3, item aspirate Gelion, Græc.is interpretibus
L’or d’Arabie est encore fort précieux et d’un rouge excellent : on le retrouve fréquemment employé dans les vases très - anciens ; les ouvriers modernes en pratiquent l imitation en mêlant avec de l’or pâle un cinquième de cuivre rouge , et ils causent beaucoup d’erreurs. On peut se précautionner contre cette ruse de cette manière : que l’on mette au feu , si l’or
est pur , il ne perd pas son éclat ; mais s’il est mélangé , il le perd entièrement.
Il y a aussi un or appelé Espagnol, qui se compose de cuivre rouge , de poudre de basilic, de sang humain et de vinaigre. Les Gentils dont
aceto. Gentiles enim, quorum peritia in hac arte probabilis est, créant sibi basiliscos hoc modo. Habent sub terra domum superius et inferius et ex omni parte lapidibus, cum duabus fenestellis tam brevibus, ut vix aliquid appareat per eas; in quam 1 ponunt duos gallos veteres duodecim aut quindecim annorum , et dant eis sufficienter cibum. Qui cum ingrassati fuerint, ex calore pinguedinis conveniunt inter se et ponunt ova. Quibus positis eieiuntur galli et immittuntur bufones, qui ova foveant, quibus datur panis in cibum. Fotis autem ovis egrediuntur pull i masculi sicut pulli gallinarum, quibus post dies septem crescunt eaudæ serpentium , statimque , si non esset pavimenturn domus lapideum , terram intrarent. Quod caventes eorum magistri habent vasa ænea rotunda , magnæ amplitudinis , ex omni parte perforata, quorum ora sunt constricta, quibus imponunt ipsos pullos et obstruunt ora cupreis cooperculis atque sub terram infodiunt, et ingrediente subtili terra per foramina nutriuntur
l’habileté dans cet art est probable, se font des basilics de cette manière. Ils ont sous terre une chambre dont le baut, le bas et toutes les parties sont en pierres, avec deux petites fenêtres si étroites qu’à peine on voit quelque chose à travers. Ils y mettent deux vieux coqs de douze ou quinze ans, et leur donnent suffisamment à manger. Ceux-ci, quand ils sont engraissés, par la chaleur de leur embonpoint s’accouplent et pondent des œufs. Alors on ôte les coqs , et l’on met, pour couver les œufs, des crapauds, on leur donne du pain en nourriture. Les œufs couvés, il en sort des poulets mâles comme les poussins des poules, auxquels au bout de sept jours croissent des queues de serpents; aussitôt, si la chambre n’avait un pavé en pierxe, ils entreraient dans la terre. Pour prévenir cela, ceux qui les élèvent ont des vases d’airain ronds, de grande capacité, perforés de toutes parts, dont les orifices sont resserrés , y placent ces poulets, bouchent les ouvertures avec des couvercles en cuivre, les enfouissent sous la terre; et ils se nourrissent six mois de terre fine qui pénètre par les trous. Après
sex mensibus. Post hæc discooperiunt1 et copiosum ignemapponunt, donec bestiæ interius omnino comburantur. Quo facto cum refrigeratum fuerit , eiciunt et diligenter terunt , addentes ei tertiam partem sanguinis hominis rulî, qui sanguis exsiecatus tritus erit. Hæc duo composita temperantur aceto acri 2 in vase mundo ; deinde accipiunt tenuissimas tabulas rubei cupri purissimi , et super eas liniunt banc confectionem ex utraque parte atque mittunt in ignem. Cumque canduerint, extrahunt et in eadem confectione extingunt et lavant, sicque tamdiu faciunt donec ipsa confectio cuprum transmordeat , et inde pondus et col o rem auri suscipiat. Hoc aurum omnibus operibus aptum est.
Il y a de l’or de sable que 1 on rencontre sur les rivages du Rhin de cette
modo. Fodiuntur arenæ in locis illis , ubi spes reperiendi fuerit , et ponuntur super ligneas tabulas. Deinde superfunditur aqua fréquenter et diligenter, effluentibusque arenis remanet aurum subtilissimum , quod singulariter in vasculo ponitur. Cumque vasdimidium fuerit, imponitur vivum argentum, et manu fortiter fricatur, donec omnino commisceatur, sicque positum subtile extorquetui vivum argentum ; quod vero remanserit ponitur in vas fusorium et funditur.
Quelle que soit donc l’espèce d’orque vous ayez, si vous voulez en faire un calice et l’orner de pierreries, de cabochons , de perles , procédez de cette manière. D’abord éprouvez si chaque partie d’or peut être battue au marteau sans se fendre; tout ce qui ne se fend pas , mettez-le à part , et ce qui se fend , d’un autre
ut coquatur. Deinde accipe partem lateris cocti, et secundum quantitatem auri coquendi, fodi in ea fossulam, quæ illud capere possit; et si non habeas laterem, in lapide sabuleo item1 quadro, facta fossula curn ferro, mitte in carbones et suffla. Cumque canduerit, impone aurum, superjectisque carbonibus suffla diutissirne atque ejectum percute cum malleo ; si non frangitur, sufficit ei; si vero frangitur, super alium iterum repone, et hoc tamdiu faciès , donec percussum non frangatur. Quod si modice finditur, funde illud cum sulphure, et sic emendabitur. Quo facto aurum omne pariter funde, et in unam massam2 rédigé, atque super stateram eo modo , quo argentum superius divisisti , divide , parique ordine secundum formam quam volueris , sicque ut prolibuerit auriculas formabis. Quod si opéré gemmato facere volueris, percute per duas partes auri tantum , ut vestigium ungulæ possit ei3 leniter imprimi, et eas incide ea forma, qua volueris auriculas habere, quæ partes utræque ad unam pertinent auriculam.
côté pour le cuire. Prenez un morceau de brique cuite, selon la quantité d’or à cuire , creusez-y une cavité qui puisse le contenir; si vous n’avez pas de brique , ayant fait avec un fer une cavité dans une pierre sableuse aussi carrée, mettez aux charbons et soufflez. Lorsqu’elle sera chauffée, placez l’or, ajoutez des charbons, soufflez longtemps, retirez, battez au marteau : s’il ne se casse pas, cela lui suffit; s’il se casse , remettez sur un autre, vous ferez cela jusqu’à ce qu’il ne se brise plus sous la percussion. S’il se fend un peu, fondez-le avec du soufre , et il se bonifiera. Cela fait , fondez tout l’or à la fois et réduisez en un seul lingot ; divisez sur une balance de la manière dont ci-dessus vous avez divisé l’argent , d’après les mêmes procédés selon la forme que vous voudrez, et comme il vous plaira vous ferez les oreilles. Si vous voulez les orner d’un travail de pierreries , battez deux parties d’or tellement que la marque de l’ongle puisse s’y imprimer légèrement, taillez-les de la forme dont vous voulez avoir les oreilles : ces parties appartiennent l’une et l’autre à une seule oreille.
Composez la soudure de cette manière : prenez des cendres de hêtre , faites-en une lessive que vous coulerez une seconde fois à travers les mêmes cendres , afin quelle épaississe. Remettez dans la marmite, cuisez jusqu’à réduction au tiers , ajoutez-y un peu de savon et de vieille graisse de porc. Lorsque ce sera froid et reposé , passez soigneusement à travers un linge , et mettez dans un vase en cuivre clos
de toute part, à l’exception d’un petit trou s’élevant à la partie supérieure , rond , qui puisse être bouché avec le doigt. Après cela, humectez d’eau un morceau de cuivre mince, vous frotterez de sel le dessus des deux côtés, vous mettrez au feu; quand il sera chauffé éteignez dans un bassin propre d’eau pure , où vous conserverez tout le cuivre brûlé. Derechef frottez du sel sur le cuivre, faites comme auparavant, et cela jusqu’à ce qu’il suffise. Versez l’eau, faitez sécher la poussière dans le vase en cuivre, broyez-la
cum ferreo malleo donec tenuissimus fiat , ponensque super carbones rursum combure , atque ut prius tere. Cumque imposueris smigma, commisce diligenter, ponensque super prunas pariter combure ac denuo tere. Postea ex anteriori vase funde laxivam in illud , in quo est pulvis , et commisce atque fac bullire diu , et cum frigidum fuerit refunde simul cum pulvere ubi prius erat, ubi etiam quatuor particulas cupri imponas , per quas commisceatur pulvis per omnia quoties movere volueris. Hac confectione solidatur aurum et argentum; sed in solidando auro commoveatur pulvis, ut supra dietum est , in argento vero solidando non moveatur.
dans le même vase avec un marteau de fer jusqu’à ce quelle devienne très- fine; replaçant sur les charbons, brûlez et triturez comme précédemment. Après avoir ajouté le savon, mêlez soigneusement , placez sur la braise , brûlez pareillement et broyez encore. Ensuite versez la lessive du premier vase dans celui où est la poussière , mêlez, faites bouillir longtemps , et quand ce sera
froid, reversez en même temps avec la poussière où c’était d’abord , en y ajoutant aussi quatre morceaux de cuivre, au moyen desquels la poussière sera mêlée partout toutes les fois que vous voudrez remuer. Par cette préparation on soude l’or et l’argent; mais en soudant l’or, il faut agiter la poussière comme il a été dit ci-dessus, et non dans la soudure de l’argent.
Ces choses ainsi préparées, prenez les deux morceaux d’or dont vous avez formé l’oreille, placez-les devant vous ; établissez-y les pierres précieuses que vous voudrez appliquer, ainsi que les perles, chacune à sa place. Battez de l’or, long et effilé, tirez-en des fils gros, moyens et fins; limez-les avec le fer indiqué, de manière qu’il s’y forme des grains. Les ayant recuits, les pierreries posées et attachées une à une, vous adapterez avec des tenailles légères un bout du plus gros fil autour du bord de l’oreille, à la superficie dans ces deux morceaux; avec des tenailles tranchantes vous ferez autour des entailles très-fines pour assurer les fils et les empêcher de tomber, en attendant qu’ils soient soudés. Ayez une portion d’or mince, égalisée avec un maillet de bois, rangez-y en ordre beaucoup de fils moyens, de sorte qu’ils ne se touchent pas , mais qu il y ait entre eux des espaces ; à leurs extrémités seront pratiquées dans l’or mince de petites incisions par lesquelles on les fixera.
Acceptoque vasculo in quo est solidatura, concute fortiter, ut commisceatur pulvis, et cum penna gracili linies ipsam solidaturam super aurum illud et super fila diligenter per omnia , mittesque in ignem atque sufflabis ore et folle, donec videas ipsam solidaturam ita circumquaque discurrere, quasi aqua perfundatur. Et mox asperges aqua modiee atque eicies, et diligenter lavabis , rursumque linies solidaturam ac sicut prius solidabis , donec omnia fila firmiter stent. Post hæc incide per particulas quasi eorrigias ita , ut unaquæque corrigia habeat fîlum unum , quas statim complicabis et faciès inde domunculas, quibus lapides claudantur, minores et majores ad mensuram uniuscujusque, ordinabisque eas in suis locis. Habebis quoque farinam de simila frumenti sive siliginis , quam miscebis in aqua parvulo vasculo , et pones super carbones, ut parum calefiat; in quam tinges modice domunculas illas, unamquamque in inferiorem partem, sicque stabilies in suo loco. Omnibus vero stabilitis pone super carbones partem auri super quam stabilisti, donec exsiccetur huPrenant le petit vase où est la soudure , secouez fortement pour que la poussière soit mêlée ; avec une plume légère , vous étendrez la soudure sur cet or et sur les fils soigneusement partout ; vous mettrez au feu , vous soufflerez avec la bouche et le soufflet jusqu’à ce que vous voyiez la soudure se répandre de toutes parts, comme si l’on versait de l’eau. Aussitôt vous arroserez un peu d’eau, vous ôterez, vous laverez soigneusement; vous remettrez de la soudure et vous souderez comme auparavant, jusqu’à ce que tous les fils tiennent solidement. Coupez par petites bandes comme des courroies , de façon que chacune ait son fil ; vous les entrelacerez, vous en ferez des chatons pour enchâsser les pierres, grands et petits à la mesure de chacune, et vous les disposerez à leurs places. Vous aurez de la fleur de farine de froment ou de seigle que vous délayerez avec de l’eau dans un petit vase, vous poserez sur les charbons pour qu elle chauffe un peu ; vous y tremperez modérément vos chatons, chacun à la partie inférieure, et vous les fixerez à leur place. Alors mettez sur les charbons le morceau d’or sur lequel vous avez