Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 19)
vasque in suo loco repone. Et mox calaminam ut prius importe, cupruraque quod ef'fudisti , quantum capere possit superpone. Eoque ut prius liquefacto commove et calaminam repone, atque effuso cupro repie et sine liquefieri. Sic singulis vasis facito. Cumque per omnia penitus fuerit liquefactum atque diutissime commotum , effunde ut prius , et serva donec opus habueris. Hæc commixtio vocatur æs, unde caldaria, lebetes et pelves funduntur, sed non potest deaurari, quando ante commixtionem cuprum non fuit penitus a plumbo purgatum. Deinde facturus auricalcum , quod possit deaurari , sic incipe.
Prenez un vase en fer de la grandeur que vous voudrez, enduisez-le en deeam interius et exterius argilla fortiter macerata et mixta, et diligenter exsicca. Deinde pone eam ante fornacem ferrarii super carbones , ita ut cum folles flaverint , ventus partim intus partim superius procédât et non inferius. Et circumpositis minutis carbonibus, æqualiter impone cuprum, etsuperadde carbonum congeriem. Quod cum diu sufflando fuerit liquefactum, discooperi 1 et mox minutam carbonum favillam super illud proice, et cum gracili ligno et sicco quasi miscendo commove, videbisque statim plumbum combustum ipsi favillæ quasi gluten adhærere. Quo ejecto iterum carbones superpone, et ut primo diu sufflans, rursumque discooperi2, et tune fac ut ante fecisti. Quod tam diu faciès donec plumbum omnino exeoquendo eicias. Deinde infunde super infusorium, quod ad hoc aptaveris, et sic probabis si bene purum sit. Tene illud cum forcipe prius quam refrigeretur, sed ita candens, et percute grandi malleo super incudem fortiter, et si frangitur aut finditur, denuo oportebit te illud liquefieri sicut
dans et en dehors d’argile fortement pétrie et mêlée, faites sécher avec soin. Placez-le devant une forge sur des charbons , de façon que , quand les soufflets seront en mouvement, le vent aille en partie dedans , en partie audessus , et non au-dessous. Ayant entouré de petits charbons , mettez du cuivre également, et ajoutez par-dessus un monceau de charbons. Lorsqu’en soufflant longtemps il se sera liquéfié, découvrez , jetez aussitôt dessus de la cendre fine de charbons, avec un bois mince et sec remuez comme en mêlant, et vous verrez bientôt le plomb
brûlé s’attacher à la cendre commeune colle. L’ayant jeté , remettez des charbons dessus 5 soufflez longtemps comme en premier lieu , découvrez de nouveau ; faites alors comme vous avez déjà fait : et cela jusqu’à ce que par la cuisson vous retiriez tout le plomb. Yersez sur le moule que vous aurez préparé à cet effet, vous éprouverez s’il est bien pur de cette manière. Tenez-le avec des tenailles avant qu’il refroidisse , mais brûlant tel qu’il est, battez fortement avec un gros marteau sur une enclume ; s’il se casse ou se fend, il vous
prius. Si vero sanum permanserit, refrigerabis in aqua, et aliud eodein modo coques. Hoc cuprum vôcatur torridum. Ex lioc cupro quicquid facere volueris ductili opéré, in imaginibus, bestiis et avibus, in thuribulis et diversis vasis, in limbis tabularum, in fiiis et catenis, ad deaurandum operari poteris. Ex hoc cupro perfice auricalcum cum adjectione calaminæ, eodem modo quo superius æs caldariorum composuisti. Quod cum quater aut quinquies recoxeris in vasculis furno impositis, quicquid exinde in diversorum operum varietate fuderis, optime deaurare poteris.
Donc, pour dorer un encensoir d’auricalque, faites de la même manière que ci-dessus vous avez doré les oreilles du calice d’argent, mais avec, plus
cautela , quia argentum et simplex cuprum facilius deaurari possunt quam auricalcum. Debet enim morosius et diligentius invivari et spissius deaurari, et frequentius lavari, et diutius siccari. Quod cum coeperit croceum colorem trahere, si videris albas maculas inde exire , ut nolit æqualiter siccari , hæc est culpa calaminæ, quod non fuit æqualiter commixta, sive plumbi, quod cuprum non fuit purgatum et excoctum, quod sic emendabis. Toile smigma et pone in vaseulum mundum, et infunde ei aquam, et digitis tuis quasi lavando commisce diligenter, donec fiat quasi fex cerevisiæ, atque cum setis porci linies illud æqualiter per omnia super deauratum thuribulum. Deinde pone super carbones , et tam diu calefac , donec confectio ilia incipiat nigrescere , et sic elevans cum forcipe per omnia diligenter asperges 1 aqua , sicque lavabis , et cum filis ex auricalco , sicut supra dictum est, polies. Quo facto rursum circumfricabis cum confectione vinei lapidis , et vivo argento , et denuo deaurabis
de précaution, parce que l’argent et le cuivre simple peuvent plus facilement se dorer que l’auricalque. Il doit en effet être ravivé avec plus d’exactitude et de soin, doré plus épais, lavé plus fréquemment , séché plus longtemps. Lorsqu’il aura commencé à prendre une couleur jaune, si l’apparition de taches blanches montre qu’il ne veut pas se sécher uniformément, cela provient de la calamine qui n’a pas été également mélangée, ou du plomb, parce que le cuivre n’a point été purifié et cuit : vous y remédierez ainsi. Mettez du savon dans un vase propre, versez-y de l’eau; avec vos doigts mêlez soigneusement comme en lavant, jusqu’à ce que cela ressemble à de la lie de cervoise ; au moyen de soies de porc, vous l’étendrez également sur tout l’encensoir doré. Placez sur les charbons, chauffez, jusqu’à ce que cette préparation commence à noircir ; enlevant alors avec des tenailles, vous arroserez partout soigneusement d’eau , vous laverez , et avec des fils d’auricalque, comme il a été dit plus haut, vous polirez. Cela fait, vous frotterez derechef avec la composition de pierre de vin et du vif-argent; vous
propter calorem carbonum , qui sæpius in illud mittuntur, ne forte, si tenue deauratum fuerit, ipsum aurum comburatur, sicque iterum polies cum filis , ac denuo super carbones ponens diutius calefacies, donec rubeum colorem trahat, et mox refrigerabis in aqua, et cum ferris æqualibus et ad hoc aptis polies, sicque cum atramento combusto incolorabis , ut prædiximus.
Si quelquefois vous avez cassé des vases de cuivre ou d’argent dorés , ou tout autre travail, par le procédé suivant vous pourrez en dégager l’or. Prenez les os d’un animal quelconque, que vous aurez trouvés dans la rue, brûlez ; lorsqu’ils seront refroidis, triturez, mêlez un tiers de cendres de figuier, et faites des vases comme nous avons indiqué dans la purification de l’argent : vous sécherez au feu ou au so( a3o )
cupro diligenter abrades, et ipsam rasuram complicabis in plumbo tenue percusso , atque una ex testis illis coram fornace prunis imposita, jam calefactam ipsam complicaturam plumbi cum rasura impones, et superjeetis carbonibus conllabis. Cumque liquefactum fuerit, eo modo quo solet argentum purificari , interdum prunas amovendo et plumbum addendo , interdum retegendo et morose flando combures, donec cupro penitus absumpto , purum aurum appareat.
Quand vous aurez raclé l ’or de 1 argent, replacez cette même raclure dans un petit vase où l’on a coutume de fondre l’or et l’argent, appliquez dessus une petite toile de lin , de peur que quelque chose n’en soit chassé par
vento follis, atque coram fornace ponens liquefac, et mox fragmina sulphuris impone, secundum quantitatem ipsius rasuræ, et cum carbone gracili diligenter commove, donec fumus ejus cesset ; statim infunde in ferrum infusorium. Deinde super incudem leviter percute, ne forte quid inde résiliât illius nigri , quod sulphur combussit, quia ipsum est argentum. Non enim sulphur auri quicquam consumit, sed solum argentum, quod taliter ab auro separat, quodque diligenter servabis. Rursumque in eodem vasculo sicut prius liquefac ipsum aurum et adice sulphur. Quo commoto atque effuso , quod nigrum fuerit frange etserva, sicque faciès donec aurum purum appareat. Deinde omne illud nigrum, quod servasti diligenter, compone super testam compositam ex osse et cinere , et adice plumbum , sicque combure, ut recipias argentum tuum. Quod si ad usum nigelli servare volueris, prius quam combures, adde ei cuprum et plumbum secundum mensuram superius memoratam , et confonde cum sul pliure.
lèvent du soufflet; devant le fourneau fondez, ajoutez des morceaux de soufre en proportion de la quantité de raclure ; avec un petit charbon remuez attentivement, jusqu’à ce que sa fumée cesse : aussitôt versez dans un moule en fer. Ensuite sur une enclume battez légèrement, de peur que par hasard il ne se détache quelque chose de ce noir que le soufre a brûlé, car cela même est l’argent. Le soufre en effet ne consume rien de l’or, mais l’argent seul , qu’il sépare ainsi de l’or, et que vous garderez soigneusement. Derechef dans le même petit
vase comme auparavant fondez 1 or , ajoutez du soufre : ayant remué et coulé , cassez, puis conservez ce qui sera noir, vous ferez ainsi jusqu’à ce que l’or se montre pur. Tout ce nonque vous avez conservé avec soin, rassemblez-le sur un vase composé d’os et de cendres, ajoutez du plomb, brûlez alors, afin de recouvrer votre argent. Si vous voulez le garder pour l’employer en niello, avant de brûler, ajoutez-y du cuivre et du plomb dans la proportion mentionnée plus haut, et mélangez de soufre.
Du cuivre indiqué ci-dessus , qu’on appelle rouge , faites-vous amincir des lames de la longueur et de la largeur que vous voulez. Quand vous les aurez taillées et ajustées à votre ouvrage, tracez-y de petites fleurs, de petits animaux, ou autre chose qu’il vous plaira, fouillez avec un léger fer à creuser. Prenez de l’huile qui se fait de graine de lin, avec votre doigt vous en appliquerez partout une couche fine, vous
l’égaliserez au moyen d’une plume d’oie, et tenant avec des tenailles vous placerez sur des charbons ardents. Lorsque ce sera modérément échauffé, et l’huile liquéfiée , de nouveau vous étendrez à la plume, vous replacerez sur les charbons ; vous continuerez jusqu’à ce que ce soit sec. Si vous voyez que tout l’est également, mettez sur les charbons vivement embrasés, et laissez jusqu’à ce que la fumée cesse entièrement. S’il est assez noir, c’est bien; sinon , avec la plume vous l’enduirez encore chaud de très-peu
que denuo conflatis carbonibus superpone, faciens sicut prius, Cumque refrigeratum fuerit, non in aqua sed per se, cum ferris rasorns valde acutis rade diligenter flosculos, ita ut campi remaneant nigri. Si vero litteræ f'uerint, in tuo sit arbitratu , utrum eas volueris esse nigras an deauratas. Cum vero lamina diligenter lasa fueiit, statim invivabis eam cum confectione vinicii lapidis et vivo argento , et mox deaurabis, deauratamque non exstingues in aqua , sed per se refrigerabitur, jjoliesque sicut supra dictum est, et eodem modo colorabis.
Amincissez-vous des feuilles du même cuivre que plus haut , mais plus épaisses; y ayant tracé ce que vous voudrez vous creuserez, comme ci3o
Deinde habeas ferros graciles et latiores, secundum quantitatem camporum , qui sint1 in una summitate tenues et acuti, in altéra obtusi, qui vocantur meizeL; ponensque laminam super incudem, campos omnes perforabis, cuin supradictis ferris percutiens cuni malleo. Cumque omnes campi tali modo fuerint perforati , cum limis parvulis æquabis eos per omnia usque ad tractos. Quo facto deaurabis et polies laminam , ut supra.
Eodem modo fîunt tabulæ , et laminæ argenteæ super libros cum imaginibus , floribus atque bestiolis et avibus , ex quibus pars deauratur, videlicet coronæ imaginum et capilli atque vestimenta per loca , atque pars remanet argentea. Fiunt etiam et2 laminæ cupreæ et fodiuntur, et denigrantur ac raduntur; deinde in patellam liquefacto stagno mittuntur, ut rasuræ albæ fiant, quasi deargentatæ sint. Ex his ligantur catbedræ pictæ, et sedilia, atque lecti; ornantur etiam libri pauperum.
dessus. Ayez des fers étroits et de plus larges , selon la quantité des champs , qui soient à un bout minces et aigus , à l’autre obtus; on les appelle meizeL Plaçant la lame sur une enclume, vous percerez tous les champs avec les fers indiqués en frappant au marteau. Lorsque tous les champs auront été perforés de cette façon, au moyen de petites limes vous les égaliserez partout jusqu’aux traits : cela fait, vous dorerez, vous polirez la lame, comme plus haut.
De la même manière se font les tables, les lames d’argent sur les livres
avec des images, des fleurs , des animaux, des oiseaux; une partie en est dorée, savoir, les couronnes des images , les cheveux , les vêtements par places; une partie reste d’argent. On fait aussi des lames en cuivre , on les creuse, on les noircit, on les racle ; on les met ensuite dans un vase contenant de l’étain fondu, pour que les raclures deviennent blanches, comme si elles étaient argentées. Elles servent à consolider les sièges peints , les chaises , les lits, à orner encore les livres des pauvres.
On fait des lames de cuivre de la manière précédente, on les creuse d’un travail délicat d’images , de fleurs ou d’animaux , on dispose le travail de sorte que les champs soient petits, on les nettoie au sable fin, avec les outils nécessaires on les polit et on les colore. On pointe à l’aide d’un poinçon qui se fabrique de cette manière. On fait d’acier un instrument long de la mesure du doigt, effilé à un bout, plus
gros à l’autre. Après l’avoir à la partie plus fine également limé, avec un fer très-fin et un petit marteau, on ouvre au milieu un petit trou, autour duquel on lime attentivement, jusqu’à ce que le bord en devienne également aigu à l’entour, de façon que partout où il est frappé apparaisse un très-petit cercle. Ce fer, chauffé à peine au blanc, sera trempé dans fi eau. Tenez-le de la main gauche, et de la droite un petit marteau ; devant vous faites asseoir un enfant qui tienne la lame sur une enclume, et l’applique
laminant teneat super incudem , et aptet in locis illis in quibus percussurus es, sicque mediocriter percutiens super ferrum cum malleolo impie campum u nu m subtilissimis cireulis quanto propius possis conjungere unum alteri. Impletis campis omnibus in huncmodum pone laminam ipsam super prunas candentes, donee percussiones illæ fulvum colorem recipiant.
Battez une feuille d'or ou d’argent d’autant de longueur et de largeur que vous voulez pour relever les images. Cet or ou cet argent, quand vous l’aurez d’abord fondu, attentivement raclant autour et creusant examinez-le , de peur qu’il ne s’y trouve quelque vessie ou gerçure, qui souvent sont la suite de l’incurie , de la négligence , de l’ignorance , ou de l’inhabileté du fondeur , quand on coule soit trop chaud, soit trop à la hâte, soit trop
aut nimis productim effunditur. Cumque considerate et caute fuderis, si hujusmodi vitium in eo deprehenderis , cum ferro ad hoc apto diligenter effodies , si possis. Quod si tantæ profunditatis vesica sive fissura fuerit, ut effodere non possis, rursumque oportebit te fundere , et tamdiu donec sanum sit. Quod cum fuerit, provide, ut incudes et mallei tui omnino æquales et politi sint, cum quibus operari debes, et omni diligentia procura, ut tabula aurea vel argentea ita æqualiter ex omni parte attenuetur, ut in nullo loco spissius sit quam in alio. Cumque sic attenuata fuerit utunguibus1 impressis vix ex altéra parte appareat, et omnino sanissima, statim pertrahe imagines quot volueris secundum libitum tuum. Pertrahes autem in ea parte, quæ sanior et decorior videtur, leniter tamen et sic ex altéra parte modice appareat. Deinde cum curvo ferro bene polito fricabis leniter caput imprimis , quod altius 2 debet esse , sicque convertens tabulam in recta parte fricabis circa caput cum ferro æquali et polito , ita
< Ed. unguis. — 2 Ed. vitiose alterius , quod in mss. ita exprimituv altus, vel a/t’ius.