Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 20)

Théophile (moine) · Arts visuels

Texte français, domaine public · Source : archive.org — trad. l'Escalopier 1843 (OCR) · 21 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

lentement. Lorsque vous aurez fondu avec prudence et précaution , si vous y découvrez un vice de ce genre, avec un fer propre à cela vous extirperez soigneusement, si vous pouvez. Si ia vessie ou la gerçure est de telle profondeur que vous ne puissiez l’enlever, il vous faudra fondre derechef, et jusqu’à ce que la chose soit sans défaut. Alors , assurez-vous que vos enclumes, que vos marteaux, avec lesquels vous devez opérer, sont tout à fait unis et polis, ayez grand soin que la feuille d’or ou d’argent soit également partout amincie à tel point qu’en

aucun endroit elle ne soit plus épaisse qu’en un autre. Quand elle F aura été assez pour que l’impression des ongles la laisse paraître à peine de l'autre côté , quand elle sera parfaite , tracez-y autant d’images que vous voudrez , à votre choix. Vous tracerez toutefois sur la partie qui vous semble en meilleur état et la plus belle, doucement néanmoins, de façon que cela paraisse un peu de l’autre côté. Avec un fer courbe bien poli vous frotterez légèrement en premier lieu la tête, qui doit ressortir le plus; retournant la feuille, vous frotterez à l’endroit autour

ut caput descendat , caput elevetur, et statim cirea ipsum caput cum malleo mediocri super incudem percuties leniter, sicque coram fornace superpositis carbonibus in ipso loco recoques, donec candescat. Qno facto et tabula per se refrigerata , iterum in infer iore parte cum curvo ferro fricabis ieniter et diligenter fossam capitis interius , convertensque tabulam in superiori parte denuo cum atquali ferro fricabis, et depones eampum ut monticuîum capitis elevetur, rursumque cum malleo mediocri circa ipsum leniter pereutiens, appositis carbonibus recoques; sicsæpe faciès diligenter elevando interius et exterius , et crebro percutiendo , totiensque recoquendo donec monticulus ille ducatur ad altitudinem trium digitorum aut quatuor, sive plus vel minus secundum quantitatem imaginum. Si autem ipsum aurum vel argentum adhuc aliquantum spissius est, poteris interius cum longo malleo et gracili percutere et attenuare, si opus fuerit. Quod si duo capita, vel tria seu plura in tabula esse debeant,

de la tête avec un fer uni et poli, de sorte que la tête descende et s’élève alternativement ; aussitôt à l’entour avec un marteau moyen vous battrez doucement sur l’enclume; et devant le fourneau ayant garni de charbons , vous recuirez à cet endroit jusqu’à ce qu’il blanchisse. Cela fait, la feuille s’étant refroidie d’elle-même , de nouveau à la partie de dessous avec le fer courbé vous frotterez doucement et soigneusement le creux de la tête à l’intérieur; tournant la feuille du côté de .dessus , vous frotterez derechef avec un fer uni, vous abaisserez le champ pour que le relief de la tête s’élève ; battant

encore doucement autour avecun marteau moyen, vous recuirez aux charbons ; vous répéterez souvent cette opération avec soin mettant en saillie en dedans et en dehors , battant fréquemment, recuisant autant de fois qu’il en faudra pour que la bosse soit amenée à la hauteur de trois ou quatre doigts, ou plus ou moins selon la quantité des images. Si l’or ou l’argent est encore un peu trop épais , vous pourrez intérieurement avec un marteau long et effilé battre et amincir, si besoin est. Si deux, ou trois, ou plusieurs têtes doivent être dans une feuille , autour de chacune vous decirca imumquodque ita faeere debes sicut dixi , usque ad altitudinem quantam volueris. Deinde cum pertractorio ferro désigna corpus vei corpora imaginum , et ita deducendo et interdum percutiendo elevabis ea , quantum libuerit ; hoc tamen procurans ut caput semper altius sit. Post hæc designabis nares et oeulorum supercilia , os et aures, capillos et oculos, manus et brachia, cæterasque1 vestimentorum timbras, scabella et pedes, et sic interius cum minoribus curvis ferris elevabis leniter et diligenter, summopere cavens ut non rumpatur opus aut perforetur. Quod si ex ignorantia vel negligentia contigerit, hoc modo solidari debet. Toile ipsius auri vel argenti modicum, et admisce tertiam partem cupri, f'undensque pariter limabis subtiliter, combustoque vinicio 2 lapide , et addito sale commiscebis aqua, ex quo tenuiter liniens, fracturæ 3 supersparge limaturam. Qua siccata denuo confectionem superlinies spissius, et sic inferius et superius admotis carbonibus leniter flabis, donec videas

1 Legendum fortasse cœteraque, vest. — 2 Ed. vitiose mcinioque.. — 3 Ed. fracturant.

vez faire comme j’ai dit, jusqu’à la hauteur que vous voudrez. A l’aide du fer à tracer dessinez le corps ou les corps des images; étirant ainsi et parfois battant vous les élèverez à votre gré, vous aurez soin cependant que la tête ressorte toujours. Après cela, vous dessinerez les narines, les sourcils des yeux, la bouche, les oreilles, les cheveux, les yeux, les mains, les bras, puis les ombres des vêtements, les escabelles et les pieds; en dedans, au moyen de petits fers recourbés vous élèverez doucement et avec attention, prenant bien garde que le travail ne se brise ou ne se perce. Si cela arrivait par ignorance ou négligence , on doit souder de cette manière. Prenez un peu de cet or ou de cet argent, mêlez-y un tiers de cuivre, fondez ensemble, limez fin ; brûlant de la pierre de vin et ajoutant du sel vous mélangerez d eau , vous en étendrez une couche légère et vous répandrez la limaille sur la cassure. Cela sec, vous remettrez une couche plus épaisse ; vous garnirez de charbons dessus et

dessous, vous soufflerez doucement, jusqu’à ce que vous voyiez la soudure couler de côté et d’autre. Ce que

solidaturam diffluere. Quod videns statim asperge leniter aqua, et si firmum fuerit, bene ; sin autem , denuo similiter fac usque dum firmum fiat. Si autem fractura lata fuerit, diligenter conjunge ei particulam ejusdem auri vel argenti æqualiter tenuem, quanti soîidabis eodem modo , donec ex omni parte adhæreat. Cumque elevatura imaginum perducta fuerit usque ad subtiles tractus , si aurum fuerit , statim faciès eos et polies diligenter, atque colorabis cum atramento usque ad ruborem combusto, et sale , ut supra in opéré calicis. Si vero argentea fuerit tabula, et volueris in ipsis imaginibus deaurare coronas, capillos et barbas, et partes vestimentorum , hoc oportet fieri prius , quam subtiles tractus fiant, hoc modo. Compone duas partes argillæ simplices, subtiliter tritæ , et tertiam salis, et in vasculo commisce cum fece cerevisiæ mediocriter spissæ, qua confectione cooperies omne argentum quod volueris ut album remaneat, et quod deauratum est, maneat intectum. Quod cum siccaveris super prunas , deaurabis loca singula diligenter sine aqua , deaurataque lavabis et polita incolorabis. Deinde cum carbonibus

voyant, aussitôt arrosez légèrement d’eau : si cela est solide, c’est bien; sinon, recommencez jusqu’à solidité. Mais si la cassure est large, réunissez-y avec soin un morceau du même or ou argent également mince, que vous souderez de même, jusqu’à ce qu’il adhère de toute part. Lorsque le relief des images aura été conduit jusqu’aux traits délicats, si c’est de l’or, aussitôt vous les ferez et polirez soigneusement, vous les colorerez avec du noir brûlé jusqu’au rouge et du sel, comme plus haut dans la fabrication du calice. Si la feuille est d’argent, si vous voulez dans ces images dorer les couronnes, les cheveux, les barbes , des parties de vêtements , il faut que cela se fasse, avant que les traits délicats ne soient faits, de cette façon. Préparez deux parties d’argile pure bien broyée et une troisième de sel, mêlez dans un petit vase avec de la lie de cervoise médiocrement épaisse. De cette préparation vous couvrirez tout l’argent que vous voudrez, afin qu’il reste blanc, et que ce qui est doré demeure découvert. Quand vous aurez séché sur la braise, vous dorerez chaque place avec soin sans eau, vous laverez vos dorures, vous colorerez après avoir poli. Avec

subtiliter tritis et lignis gracilibus et grossioribus fricabis diligenter, donec per omnia æque clarum sit. Post hæc et in auro et argento fac subtiles tractus, quos et faciendo pariter polies, donec ad perfectionem perduces. Cum vero tabulas illas aureas vel argenteas pleniter elevatas atque politas configere volueris, toile ceram et liquefac in vase fictili vel cupreo, atque commisee ei tegulam subtiliter tritam sive sabulum, ita ut sint hujus duæ partes et ceræ tertia. Quod cum pariter liquefactum fuerit, cum cocbleari ligneo fortiter commovebis, et inde implebis omnes imagines in auro et argento, sive cupro, vel quodeunque in his elevatum fuerit, et refrigeratum confige ubi velis. In cupreis vero tabulis eodem modo attenuatis simile opus fit, sed majori virium instantia et diligentia, quo durioris naturæ est. Quod opus cum pervenerit ad subtiles tractus , debet in exteriori parte purgari cum laneo panno et sabnlo , donec nigra cutis auferatur, et sic deaurari atque poliri, perfectis tractibus incolorari, et prædicta confectione impleri.

des charbons pulvérisés et des bois petits et plus gros vous frotterez soigneusement, jusqu’à ce que ce soit partout également brillant. Après cela, sur l’or et l’argent faites aussi des traits fins , que vous polirez en même temps, jusqu’à ce que vous ayez atteint la perfection. Lorsque vous voudrez attacher ces feuilles d’or ou d’argent pleinement rehaussées et polies, fondez de la cire dans un vase d’argile ou de cuivre, mèlez-y de la tuile bien triturée ou du sable , de sorte qu’il y en ait deux parties sur une troisième de cire. Après fusion complète, avec une cuiller de bois vous remuerez fortement; vous en couvrirez toutes les images sur or, argent, ou cuivre, ou toutes leurs parties relevées; ayant laissé refroidir, attachez où vous voulez. Sur des feuilles de cuivre amincies de même se fait un semblable ouvrage, mais avec d’autant plus de forces et d’attention, que ce métal est de nature plus dure. Ce travail, quand il est parvenu aux traits délicats , doit à la partie extérieure être nettoyé avec une étoffe de laine et du sable, jusqu’à ce que la peau noire soit enlevée ; ensuite doré, poli , et les traits achevés coloré, enfin couvert de la composition déjà décrite.

On fabrique des fers épais d’un doigt, larges de trois et de quatre, de la longueur d’un pied, qui doivent être sans défauts, au point qu’il n’y ait aucune tache, aucune gerçure au côté supérieur. On y grave à l’imitation des sceaux des bordures étroites et de plus larges, dans lesquelles soient des fleurs, des animaux , des petits oiseaux , ou des dragons enchaînés par le cou et la queue 5 on ne les grave pas trop profondément, mais modérément et avec

précaution. Ensuite vous amincirez de l’argent beaucoup plus que pour le travail en bosse de la longueur que vous voudrez , vous nettoierez avec des charbons pulvérisés et un linge , vous polirez avec de la craie raclée par-dessus. Gela fait , joignez l’argent à une bordure quelconque ; plaçant le fer sur une enclume de sorte que la gravure soit en dessus, et y appliquant l’argent dessus placez du plomb épais ; vous frapperez fort avec un marteau , de façon que le plomb pénètre l’argent mince sur la gravure si vigoureusement, que tous les traits y paraissent

pleniter appareant. Quocl si lamina longior fuerit, trahe eam de loco ad locuin, et conjunctam ferro cum forcipe æqualiter tene, ut una parte percussa , alia percutiatur, sicque fiat donec lamina tota impleatur. Hoc opus satis utile est circa limbos in fabricandis tabulis altarium, in pulpitis, in sanctorum corporum scriniis, in libris et in quibuscunque locis opus fuerit, quando elevatura décora est et subtilis, et leviter fit. Fit etiam in cupro hujusmodi opus quod simili modo attenuatur, purgatur et deauratur atque politur, quod ferro superpositum, ita ut deauratura vertatur ad ferrum, plumbo superposito percutitur donec tractus appareant. Sculpitur quoque in ferro , modo supradicto , imago crucifixi Domini, quæ cum argento vel cupro deaurato impingitur, et fabricantur inde phylacteria, item1 capsellæ reliquiarum et scriniola Sanctorum. Fit etiam sculptura imaginis Agni Dei in ferro, et imagines quatuor evangelistarum , quibus auro vel argento impressis ornantur scyphi ligni pretiosi , stante rotula agni in

pleinement. Si la lame est trop longue, tirez-la de place en place , avec des tenailles tenez-la également jointe au fer, afin que, une partie ayant été frappée , une autre le soit , et ainsi de suite jusqu’à ce que toute la lame soit remplie. Ce travail est assez utile autour des bordures dans la fabrication des tables d’autels , les pupitres , les châsses des corps saints , les livres et partout où il est besoin , quand le relief est beau , fin , délicat. On fait en cuivre un travail de ce genre , que de même on amincit , on nettoie , on dore, on polit; étendu sur le fer de

manière que la dorure soit tournée vers celui-ci, en appliquant du plomb dessus , on frappe jusqu’à ce que les traits paraissent. On grave aussi sur le fer, suivant le mode déjà indiqué, l’image du Seigneur crucifié, dont on prend l’empreinte avec de l’argent ou du cuivre doré : on en fabrique des reliquaires , de petites châsses et des coffrets de Saints. On grave encore sur le fer l’image de l’Agneau de Dieu, celles des quatre évangélistes, dont les empreintes en or ou en argent ornent les vases de bois précieux; le disque de l’agneau étant au milieu du vase, les

medio scyphi , quatuor evangelistis in modum crucis in circuitu , et procedentibus quatuor limbis ab agno usque ad quatuor evangelistas ; fiunt imagines pisciculorum et avium atque bestiarum , quæ fîguntur per reliquum scyphi campum , præbentes ornatum multum ; fit etiam imago Majestatis eodem modo, aliæque imagines, cujusque formæ sive 1 sexus, quæ impressæ auro vel argento seu cupro deaurato, pluriinum decoris præstant locis, quibus imponuntur, propter sui subtilitatem et operositatem ; fiunt et imagines regum et equitum eodem opéré in ferro, ex quibus auricalco Hispanico impressis ornantur pelves, quibus aqua in manibus funditur, eodem modo quo ornantur scyphi auro et argento cum suis limbis ejusdem metalli , in quibus stant bestiolæ vel aves et flosculi, qui tamen non fîguntur2, sed stagno solidantur.

■ Ed. sit. — 2 Correctio editoris Guelph. Codex tamen configuntur.

quatre évangélistes à l’entour disposés en croix, et les quatre bordures s’étendant de l’agneau aux quatre évangélistes. On fait des images de petits poissons, d’oiseaux, d’animaux, que l’on fixe au reste du champ du vase, et qui l’ornent beaucoup. On fait de même l’image de la Divinité glorieuse et d’autres images, de quelque forme ou genre que ce soit; lesquelles imprimées sur or , argent , ou cuivre doré décorent infiniment les endroits où on les applique , à cause

de leur délicatesse et de leur travail. On fait sur le fer , par le même procédé , des figures de rois et de cavaliers qui, imprimées sur de l’auricalque d’Espagne, embellissent les bassins où l’on verse de l’eau sur les mains, de la même manière dont on orne les vases d’or et d’argent avec leurs bordures de même métal, sur lesquels se voient de petits animaux, des oiseaux, de petites fleurs, que l’on n’attache pas cependant, mais que l’on soude à l’étain.

Fiunt autem clavi ferrei longitudine unius digiti, in una summitate grossiores, in altéra graciliores, in qua etiam chalybe solidandi sunt, quorum unus limetur quadrangulus , alius triangulus, tertius rotundus, secundum convenientem grossitudinem. Deinde sculpantur in eis flosculi eodem modo, quo supra, ita ut ora ferri circa flosculum acuta fiat \ Cumque valde attenuatum fuerit argentum sive cuprum deauratum , vel auricalcum in superiori parte, polies, sieut supra ; in inferiori superstagnes valde tenue cum f’erro , quo fenestræ solidantur, ponesque plumbum spissuin super incudem et desuper argentum2, sive cuprum deauratum , ita ut deauratura superius sit , et stagnum inlerius sit; sumptoque uno ex ferris, quale velis, junge sculpturam ad argentum, percutiesque cum malleo ita ut sculptura appareat,

On fabrique des clous en fer, de la longueur d’un doigt, plus gros à un bout, plus effilés à l’autre, où l’on doit les souder à l’acier; on en limera un carré, un autre triangulaire , un troisième rond, selon la grosseur convenable. Ensuite on y gravera de petites fleurs de la même manière que plus haut, de façon que le bord du fer autour de la fleur devienne aigu. Lorsque 1 argent, le cuivre doré, ou l’auricalque aura été bien aminci à la partie supérieure , vous polirez comme ci-dessus; à l’inférieure vous étamerez très-légèrement au moyen du fer qui sert à souder les fenêtres , vous placerez sui l’enclume du plomb épais et par-dessus l’argent , ou le cuivre doré , de sorte que la dorure soit dessus , l’étain dessous. Prenant un des fers , celui que vous voulez, joignez la gravure à l’argent , vous battrez au marteau, de façon que la gravure paraisse,

et cum acuta ora fer ri in circuitu incidatur. Quod cum per totum argentum feceris, serva tibi flosculos omnes, quia illi erunt capita clavorum, quorum caudas hoc modo faciès. Commisce duas partes stagni , et tertiam plumbi , et percute illud gracile et longum , deinde pertrahe per foramina ferri , in quo fila trahuntur, ita ut longissimum fdum fiat, et non gracile nimis fiat, sed médiocre. Post hæe factibi ferrum gracile, longitudine pedis unius dimidii , quod in una summitate sit modice latum, ad mensuram unguis, et mediocriter cavum, et altéra summitas infigatur ligneo manubrio. Deinde sedens juxta fornacem ad hoc opus aptam , ante quam stet vasculum cupreum cum cera liquefacta , tenensque sinistra manu1 illius gracilis ferri in latiori parte calefacti, in dextra vero filum stagneum quasi globum involutum, cujus caput faciès in cera liquefacta humidum, ponensque super unum ex flosculis, in ea ubi stagnum est, ita ut hæreat, levabis, et pones in fossulam ferri candentis, tenebisque donec liquéfiât ,

et soit avec le bord aigu du fer taillée à la circonférence. Quand vous aurez fait cela à tout l’argent, conservezvous tous les fleurons, parce qu’ils seront les têtes des clous, dont vous ferez ainsi les queues. Mêlez ensemble deux parties d’étain sur une troisième de plomb , battez mince et long; tirez par les trous des filières, de façon qu’il se forme un fil très-long , sans être trop fin , mais moyen. Faites-vous un fer effilé de la longueur d’un demi-pied, qui soit à un bout un peu large, de la grandeur de l’ongle, médiocrement creux, à l’autre emmanché d’un bois. Assis auprès d’un fourneau propre à ce travail, devant lequel soit placé un vase en cuivre avec de la cire liquide, tenant de la main gauche le manche de ce fer effilé chauffé à la partie la plus large, de la droite le fil d’étain roulé en peloton, dont vous humecterez le bout dans la cire fondue, plaçant dessus une des petites fleurs, dans la partie où est l’étain, de façon qu’il y ait adhérence , vous enleverez, vous placerez dans le creux du fer chauffé, vous tiendrez jusqu’à fusion; aussitôt vous éloignerez l’un et l’autre du feu ,

statimque removebis utrumque ab igné, incidesque filum ciMi forcipe secundum longitudinem quam vis habere caudam clavi. Sicque faciès donec expendas in hujusmodi clavis argentuin illud cuprumque deauratum. Cumque clavorum copiam habueris, et eos configere volueris in corrigiis ascensoriis sellæ equi, sive circa capitium freni, primum cum subula fac foramina , et sic impone clavos ordinatim, ita ut sint très aurei , très argentei, rursumque très aurei, et simili modo per totum. Si vero duos ordines vel très habere volueris, pone semper unum argenteum, et alterum aureum per omnia, sicque ponens corrigiam cum capitibus super tabulam ligneam æqualem, confige caudas cum mediocri malleo. Fiunt etiam eodem modo clavi ex auricalco, sed spissiores, quorum eaudæ cupreæ solidantur interius stagno puro eodem modo. His configuntur vaginæ cultellorum, et coria super libros, multaque hujusmodi.

vous couperez le fil avec des tenailles selon la longueur dont vous voulez avoir la queue du clou. Vous continuerez jusqu’à ce que vous employiez en clous de ce genre cet argent et ce cuivre doré. Lorsque vous aurez une provision de clous , que vous voudrez les attacher aux courroies des étriers d’une selle de cheval, ou autour de la têtière du frein , d’abord avec une alêne percez des trous, posez les clous dans un ordre tel qu’il y en ait trois d’or, trois d’argent, derechef trois d’or, et semblablement partout. Si vous voulez avoir deux ou trois rangs, placez toujours un d’argent, un autre d’or partout; mettant la courroie avec les têtes sur une table en bois unie, enfoncez les queues à l’aide d’un marteau moyen. On fait de même des clous d’auricalque, mais plus épais, dont les queues en cuivre se soudent intérieurement à l’étain pur de la même manière. On s’en sert pour les gaines de couteaux, les cuirs sur les livres , et beaucoup de choses de ce genre.

On purifie de l’argent du poids de douze écus, on le bat étroit de la longueur de la moitié du petit doigt; ensuite on bat de l’or cuit du poids d’un écu, de mêmes largeur et longueur, on réunit ces deux métaux avec la soudure d’or prescrite, jusqu’à ce qu’ils adhèrent tout à fait entre eux ; on les battra ensemble jusqu’à ce qu’on obtienne une lame très-mince. Ce produit ressemble à de l’argent doré d’un côté, et on ne pourrait avec deux ou trois écus d’or dorer d’une manière si brillante une lame aussi longue . De cette lame se font les bordures imprimées au fer d’après le procédé précédent. On en taille aussi d’étroites courroies, dont on recouvre au rouet le fil de soie, pour en tisser les franges d’or à l’usage des pauvres, de la même façon qu’en or pur chez les riches.

Battez une feuille de cuivre d’autant de largeur et de longueur que vous voudrez, épaisse à pouvoir à peine se plier, exempte de toute gerçure et tache ; tracez-y l’image qui vous conviendra. Battez à la place de la tête une cavité avec un marteau moyen arrondi dans la partie inférieure, à la partie supérieure avec un léger marteau à l’ entour; vous recuirez sur la braise. Ayant laissé refroidir naturellement, vous ferez par toute l’image avec des marteaux comme vous avez fait sur le cuivre mince avec les fers recourbés et unis, étendant toujours des deux côtés avec soin et recuisant souvent. Lorsque vous aurez donné à l’image le relief que vous voudrez , prenez des fers longs de la mesure d’un palme, plus gros à un bout, sur lesquels on puisse frapper au marteau , à l’autre bout plus effilés, fins, ronds, pointus, que vous aurez préparés pour ce travail. Ayant assis devant vous un enfant exercé à cet art , tenez de la main

îmjus artis docto , tene sinistra manu tabulam , et dextera ferros puero desuper feriente cum mediocri malleo, designabis oculos et nares, capillos et manuum digitos, pedum articulos, et omnes tractus vestimentorum in superiori parte, ita ut interius appareant, ubi etiam cum eisdem ferris percuties, ut exterius eleventur tractus. Quod cum tam diu feceris donec omnino formetur, cum ferris fossoriis et rasoriis fodies circa oculos et nares, os et mentum et aures, designabisque capillos et omnes subtiles tractus vestimentorum, etungues manuum et pedum. Quo facto, si volueris coronas imaginum ornare gemmis , electro atque margaritis , statim operare singulas partes in auro cum fdis et solidatura, sicut superius in opéré calicis, et adjungens unamquamque loco suo, fac foramina, per quæ configi debent, videlicet sub majoribus gemmis, et in cupro æqualiter; sicque deaurabis tabulam et polies eam in primis cum fîlis ex auricalco sicut supra, deinde cum ferris æqualibus; sicque colorabis et configes

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