Schedula diversarum artium (Essai sur divers arts) (page 3)
noir extérieur. Il ne peut jamais y avoir plus de douze de ces traits dans chaque couleur; et si vous en voulez ce nombre, disposez les nuances de manière à placer au huitième rang la couleur simple ; si vous en voulez neuf, au sixième; au cinquième , si vous en voulez huit ou sept ; au quatrième , si vous en voulez six ; si c’est cinq , au troisième ; si c’est quatre ou trois , n’y mettez rien de simple; mais regardez comme simple ce qui devait être appliqué d’abord, en y mêlant de l’ombre jusqu’à l’autre noir. Ainsi se font les trônes ronds et carrés, les traits autour des bordures ,
les tiges d’arbres avec les rameaux, les colonnes, les tours circulaires, les sièges et tout ce à quoi vous désirez donner une apparence de rondeur. On lait encore de même les arcs au-dessus des colonnes dans les maisons , mais d’une seule couleur, pour que la partie intérieure soit blanche et la partie extérieure noire. Les tours se font avec de l’ocre, de telle sorte qu’au milieu soit un trait blanc, et que de chaque côté se déploie une ocre tout à fait pâle, prenant peu à peu la couleur jaune-safran, jusqu’à l’antépénultieme trait, auquel on mêlera un peu de rouge ; en( 3o )
dicum rubeum 1 ; deinde modice amplius , sic tamen ut nec simplex ogra nec simplex rubeum appareat. Eodem modo et eadem mixtura fiunt turres et columnæ ex nigro et albo2. Stipites arborum commiscentur3 ex viridi et ogra, addito modico nigro et succo. Quo colore pinguntur etiam4 terra et montes. Fiunt etiam terra et montes ex viridi et albo sine succo , ita ut interius sit pallidum , et exterius trahat umbras mixtas cum modico nigro. Omnes colores, qui aliis supponuntur5 inmuro, calce misceantur propter firmitatem6. Sub lazur et sub menesch et sub viridi ponatur veneda ; sub cenobrio rubeum ; sub ogra et folio iidem colores calce 7 mixti.
1 rubeï R. — 2 albo et nigro R. — 3 misceantur R. — 4 etiam pinguntur R. pingitur etiam C. C. el
ed. G. In C. C. sequentia verba et montes. Fiunt etiam terra et montes delevit librarius. — 5 superponuntur ed. R — 6 fortitudinem R. — 7 calce omittunt R.
suite un peu plus , de manière cependant que ni l’ocre , ni le rouge ne se montrent purs. On fait de la même manière et avec le même mélange de noir et de blanc les tours et les colonnes. Les tiges d’arbres se composent de vert et d’ocre, en y ajoutant un peu de noir et de succus. On peint encore avec cette couleur la terre et les montagnes. On les fait aussi de vert et de blanc sans succus , de façon que l’intérieur en soit
pâle, et que l’extérieur porte des ombres mêlées d’une petite quantité de noir. Toutes les couleurs qui en supportent d’autres sur un mur doivent être mélangées de chaux pour plus de solidité. Sous l’azur, sous le menesch , et sous le vert, mettez de la veneda; sous le cinabre, du rouge; sous l’ocre et le folium, les mêmes couleurs mêlées de chaux.
Les tables d’autels ou de portes se fabriquent ainsi. On joint d’abord des planches avec soin, pièce à pièce, et à l’aide de l’instrument à joindre dont se servent les tonneliers ou les menuisiers. Il faut les assujettir au moyen de la colle de fromage qui se fait de cette manière. On coupe très-menu du fromage de vache mou , on le lave à l’eau
chaude dans un mortier avec un pilon, jusqu’à ce que l’eau qu’on y verse à plusieurs reprises en sorte pure. On met ensuite ce même fromage, comprimé à la main, dans de l’eau froide jusqu à ce qu’il se durcisse. On le broie bien menu sur une table de bois uni, avec un autre morceau de bois. Dans cet état on doit le remettre dans le mortier pour l’y broyer soigneusement avec le pilon, après avoir ajouté de 1 eau melée avec de la chaux vive, jusqu’à ce quil devienne épais, comme du marc. Lestatine tabulæ compaginatæ, postquam siccantur, ita sibi inhærent1, ut nec humore nec calore disjungi possint. Postmodum æquari debent planatorio ferro2, quod curvum et interius acutum habet duo manubria, ut ex3 utraque manu trahatur, unde raduntur tabulæ, ostia, et scuta, donec omnino fiant plana. Inde cooperiantur corio crudo equi , sive asini , sive bovis 4 , quod aqua madefactum , mox ut pili erasi 5 fuerint, aqua aliquantum6 extorqueatur, et ita humidum cum glutinecasei superponatur 7.
Après l’avoir soigneusement desséché, faites d’autre colle de cette manière. Prenez des rognures de ce même cuir pareillement desséchées , taillez[et sunt etiam bonæ incisuræ aliorum pergamenorum 'J, et accipiens cornua cervi minuta tim confracta malleo ferrarii [vel rasuram aut limaturam ipsorum2] super incudem, compone in ollam novam , donec sit dimidia , et impie eam aqua , sicque adhibe ignem donec excoquatur tertia pars ejusdem aquæ , sic tamen ut non bulliat3; et ita probabis : fac digitos tuos liumidos eadem aqua, et cum refrigerati fuerint4, si sibi adhærent, bonum est gluten; sin autem, tamdiu coque donec sibi adhæreant. Deinde effunde ipsum gluten in vas mundum , et rursum5 impie ollam aqua, et coque sicut prius, sicque faciasusque quater.
1 Ex C. R. — 2 Ex C. R., qui ita pergit : et super easdem incisuras compone et mille in ollam. — 3 m non bulliat scripsimus ex C. L. et C. C. In ed. G. ut conbulliat. Ed. R. et combulliat. Plane aliter C. R. tertia pars ipsius aquæ minuatur, et cum bulliat, hoc modo probabis, quando scire volueris, si salis sit coda : fac. — 4 refrigerata fuerit ed. R. Deinde adhœreant C. R. — 5 rursum omittunt R.
les en petits morceaux; les rognures d’autre parchemin sont également bonnes. Prenez des cornes de cerf, broyées menu avec un marteau de forgeron sur une enclume , ou de la raclure , ou de la limaille de ces cornes. Mettez dans une marmite neuve , jusqu’à ce qu’elle soit à moitié pleine ; remplissez-la d’eau , etchauffez, jusqu’à ce que l’eau soit réduite d’un tiers, sans
toutefois faire bouillir. Vous l’éprouvei'ez ainsi : trempez vos doigts dans cette eau ; si, lorsqu’ils seront refroidis, ils adhèrent entre eux , la colle est bonne; sinon, faites cuire jusqu’à ce qu’ils adhèrent. Versez cette colle dans un vase propre , remplissez une seconde fois la marmite d’eau, faites cuire comme en premier lieu , et cela jusqu’à quatre fois.
Prenez du plâtre brûlé comme de la chaux, ou de la craie avec laquelle on blanchit les peaux ; broyez soigneusement sur une pierre avec de l’eau. Mettez dans un vase de terre cuite, puis y versant la colle de peau, placez-la sur des charbons pour qu’elle devienne liquide ; dans cet état , vous en donnerez avec le pinceau une couche trèslégère au cuir. Lorsqu’il sera sec , vous
en donnerez une autre un peu plus épaisse, et une troisième au besoin. Quand il sera parfaitement sec, polissez en raclant avec un fer ; prenez ensuite de l’herbe appelée prêle, qui croît en forme de jonc et est noueuse : elle doit avoir été cueillie en été et séchée au soleil. Vous en frotterez l’objet blanchi jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement uni et brillant. Si vous n’avez pas de cuir pour couvrir les tables , couvrez-les de la même manière avec une toile de lin ou de chanvre neuve
glutine cooperiantur cum panno mediocri novo lini vel canabi '.]
Si vous voulez peindre des portes en rouge , ou leur donner une autre couleur, employez de T huile de lin que
vous ferez ainsi. Prenez de la graine de lin que vous sécherez dans une poêle, sur le feu , sans eau ; mettez-la dans un mortier, et triturez-la avec le pdon en poudre très-fine ; puis , la remettant dans la poêle et y versant un peu d’eau , vous ferez ainsi chauffer fortement. Après cela, enveloppez-la dans un linge neuf ; placez-la dans un pressoir où l’on extrait habituellement l’huile d’olive , de noix ou de pavot ; et exprimez de la même manière l’huile
modo etiam istud 1 exprimatur 2. Cum hoc oleo tere minium sive cenobrium [aut quem alium colorem vis 3] super lapidem sine aqua , et cum 4 pincello linies super ostia , vel tabulas , quas rubricare 5 volueris , et ad solem siccabis. Deinde iterum linies, et rursum siccabis6. Ad ultimum vero superlinies ei gluten quod vernition dicitur, quodque hoc modo conficitur7.
Mettez de l’huile de lin dans un petit pot neuf ; ajoutez de la gomme arabique appelée fornis , broyée très-menu : cette gomme ressemble à de l’encens fort clair; mais quand on la casse, elle produit un éclat plus brillant. Après avoir placé sur des charbons, cuisez soigneusement , sans faire bouillir , jusqu’à réduction d’un tiers. Mettezcave a flamma , quia perieulosum est nimis, et difficile' exstinguitur si accendatur. Hoc glutine omnis pictura superlinita lucida fit et décora, ac omnino durabilis. Si vero defuerit corium ad cooperiendas tabulas , eodem modo et eodem glutine cooperiantur cum panno mediocri novo i 2.
Item alto modo. Compone quatuor [vel très3] lapides, qui possint ignem sustinere, ita ut non résiliant [et boni sunt lateres4] , et super ipsos pone ollam rudem 5, et in eam mitte supra dictum gummi fornis, quod Romane6 glassa dicitur, [aliter Arabicum ,7] et super os hujus ollæ pone ollulam8 minorem , quæ habeat in fundo modicum foramen, et circumlinies ei pastam, ita ut niliil spiraminis inter ipsas ollas exeat. Deinde suppone ignem diligenter, donec ipsum gummi liquéfiât9. Habebis etiam ferrum gracile et 10 manubrio imposition , unde commovebis ipsum gummi ", et cum quo " sentire possis ut omnino liquidum
i difficiliter C. R. — 2 Hoc comma, Si veto ... novo , non legitur in C. R. Habet mediocri et novo C. C.,
in quo sequentia usque ad finem capitis non leguntur. — 8 Ex R. — 4 Ex C. R. — 5 novam C. R. — 6 romani ed. R. romano C. R. Deinde vocatur R. — 7 Ex C. R. — 8 ollam R. — 9 Veiba Deinde ... liquéfiât
omissa in ed. R. Deinde C. R. habeas. — «° et omittunt R. — 11 commovebis per ipsum foramen idem
vous en garde contre la flamme ; car cela est fort dangereux, et la préparation s’éteint difficilement si elle vient à prendre feu. Toute peinture enduite de ce vernis devient éclatante, belle et tout à fait durable. Si l’on n’a pas de cuir pour couvrir les tables , on doit les couvrir de la même manière et avec la même colle, en employant un linge neuf de force moyenne.
Autre méthode. Disposez trois ou quatre pierres capables de supporter le feu sans se briser : on peut aussi employer des briques. Sur ces pierres
mettez un pot neuf , versez-y de la gomme fornis indiquée plus haut , appelée chez les Romains glassa , autrement gomme arabique: A l’ouverture de ce pot superposez un pot plus petit, ayant au fond un petit trou ; vous luterez avec de la pâte, pour qu’il ne reste entre eux aucun vide. Placez avec soin du feu sous l’appareil, jusqu’à ce que cette gomme se liquéfie. Vous aurez aussi un fer mince adapté à un manche , qui vous servira à remuer la gomme et à reconnaître le moment de la parfaite liquéfaction. Ayez un troisième
fiat. Habeas quoque ollam tertiam juxta1 super carbones positam, in qua sit oleum fini" calidum ; et cum gummi penitus liquidum fuerit, ita ut extracto ferro quasi filum trahatur, infunde ei oleum calidum et ferro commove, et sic insimul3 coque ut non bulliat, et interdum extrahe ferrum, et fini modice super lignum sive super lapident, ut probes densitatem4 ejus. Et hoc caveas in pondéré, ut sint duæ partes olei, et tertia gummi. Cumque ad libitum tuum coxeris 5 diligenter, ab igné removens et disco operiens refrigerari sine.
Les selles de cheval, les litières à huit porteurs, les pliants, les escabelac scabella et cætera , quæ sculpuntur, et non possunt corio vel panno cooperiri , mox ut [ea feceris et ’] raseris ferro , fricabis asperella, sicque bisJ dealbabis , et cum sicca fuerint, [adhuc ea cum ferro radendo adæquabis et 3J rursum asperella [fricabis et4] planabis. Posthæc in [stylo5] circino et régula6 metire , et dispone opus tuum , videlicet imagines aut bestias , vel 7 aves et folia, sive quodcunque pertrahere8 volueris. Quo facto si decorare volueris9 opus tuum, auri petulam impones, quam tali modo faciès.
bis eam ex utraque parte cum rubeo colore, qui comburitur ex ogra , minutissime trito et sicco , et polies eam 1 dente castoris sive ursi , vel apri , diligentissime , donec lucida fiat , et idem color ipsa fricatione [et poiitione2] adhæreat. Deinde incide forcipe3 ipsam pergamenam per partes quadras ad latitudinem quatuor digitorum , æqualiter latas et longas. Postmodum faciès eadem mensura ex pergameno vituli 4 quasi marsupium , et fortiter consues , ita amplum , ut’ multas partes rubricatæ pergamenæ possis imponere. Quo facto , toile aurum [vel argentum 5] purum et fac illud attenuari malleo super incudem æqualem diligentissime ita, ut nulla sit in eo fractura , et incide illud per quadras6 partes ad mensuram duorum digitorum. Deinde mittes in illud marsupium unam partem rubricatæ7 pergamenæ , et supra8 eam unam partem auri [vel argenti9] in medio , sicque pergamenam et rursus aurum [seu argentum] ; atque ita faciès donec impleatur marsupium , et aurum [seu argentum] semper