Stromates — Livre VII

Clément d'Alexandrie · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — stromates7/71/72.htm — trad. de Genoude 1839 · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Le véritable Gnostique est un sincère adorateur de Dieu ; c'est injustement que les incrédules l'accusent d'atheisme ou d'impiété.

Le moment est venu de montrer aux Grecs qu'il n'y a de solidement religieux que le Gnostique, afin que les philosophes, connaissant une fois le véritable Chrétien, d'une part, condamnent leur ignorance, persuadés que l'acharnement avec lequel ils poursuivent un nom est sans aucun motif, et de l'autre, confessent qu'ils flétrissent injustement du nom d'athées ceux qui honorent le vrai Dieu. En face des philosophes, il faut apporter des raisons d'une évidence humaine, afin qu'exercés par leurs propres doctrines, ils soient à même de comprendre, quoiqu'ils ne se soient pas encore rendus dignes de participer à la faculté de croire. Nous laisserons de côté pour le moment les oracles prophétiques, remettant l'usage des Écritures à un temps plus opportun. Nous indiquerons sommairement ce qu'elles signifient, quand nous décrirons le Christianisme, afin de ne point interrompre l'enchainement du discours, si nous faisions marcher concurremment l'Écriture et les raisonnements, destinés à ceux qui ne comprennent pas encore le sens des textes sacrés. Mais après que nous aurons montré le sens de l'Écriture, nous fournirons à des cœurs qui croient une ample moisson de témoignages. Que si nos paroles semblaient à quelques esprits vulgaires différentes de l'Écriture du Seigneur, qu'ils le sachent, 582 nos discours tirent de là leur force et leur vie; et, fournis par les livres saints, ils en prennent l'esprit à défaut de la lettre. Il arrive souvent qu'une discussion trop exacte et hors de saison passe avec justice pour superflue : de même, ne pu donner un seul moment d'attention à ce qui est fondamental, attesterait non moins d'incurie que d'indigence. Mais ils sont vraiment « heureux, ceux qui interrogent les commandements du Seigneur et qui le cherchent de tout leur cœur. » Or, la loi et les prophètes rendent témoignage à notre Seigneur.

Notre dessein est donc de prouver que le Gnostique seul possède la sainteté, que seul il rend au Dieu véritable le culte qui convient à sa grandeur. De ce qu'il rend à Dieu le culte qui appartient à sa majesté, il suit infailliblement qu'il aime Dieu, qu'il est aimé de Dieu. Tout ce qui excelle, il le considère comme honorable à proportion de son excellence et de sa dignité. Parmi les objets sensibles, il se dit qu'il faut honorer le magistrat, ceux de qui on tient la vie, et en général tout vieillard. Parmi les doctrines, ses respects s'adressent à la philosophie la plus ancienne, et à la prophétie qui a l'antériorité. Parmi les choses qui ne sont perceptibles qu'à l'intelligence, il vénère avant tout l'être qui est le premier du côté de la génération, principe éternel, que les temps n'ont jamais vu commencer, et auquel commence tout ce qui est, je veux dire le Fils, de la bouche duquel ii nous faut apprendre lu cause qui a devancé toutes les autres. Quelle est-elle ? Le Père de tous le êtres, cause à la fois la plus ancienne et la plus bienfaisante, celle dont le langage humain ne peut transmettre le nom, mais qu'il faut adorer avec un profond silence, dans les anéantissements du respect et de l'admiration. Le mystère de son essence est énoncé par le Seigneur dans la mesure où peuvent le porter les disciples de la foi : il est conçu par ceux que le Seigneur a prédestinés à la connaissance et « dont l'intelligence « est exercée à comprendre, » selon le langage de l'apôtre.

Le culte, rendu à Dieu par le Gnostique, consiste donc dans le soin assidu de son âme, et sa constante occupation de tout ce 583 qui concerne Dieu, soutenu par une indéfectible charité. Quant aux services que l'on rend aux hommes, les uns ont pour but leur amélioration, les autres, un ministère d'assistance et de soulagement. La médecine, par exemple, guérit le corps; la philosophie réforme les âmes. Dans la seconde espèce, les enfants prêtent secours à leurs parents, les sujets aux princes et aux magistrats. Il en va de même dans l'Église. Les prêtres (1) sont les représentants du culte qui rend meilleur : les soins et l'assistance sont dévolus aux diacres. Les anges servent Dieu par ce double ministère dans le gouvernement des choses terrestres. Le Gnostique, lui aussi, sert Dieu et découvre aux hommes les sublimes spéculations par lesquelles ils peuvent devenir meilleurs, lorsqu'il est appelé à les enseigner et à les réformer. Point de piété, ni de respect pour Dieu ailleurs que dans le fidèle qui sert Dieu avec gloire et d'une manière irréprochable dans les choses d'ici-bas. De même que la meilleure de toutes les cultures est celle qui, profitable aux hommes par l'industrie et la science du laboureur, produit les moissons et les échanges du commerce ; de même la piété du Gnostique, concentrant en elle-même les fruits de ceux qui ont cru par son ministère, recueille de sou habileté les plus riches de tous les trésors, lorsqu'elle conduit à la connaissance et au salut un grand nombre de ses frères. S'il est vrai que la théoprépie soit une disposition habituelle qui rend à Dieu le culte en harmonie avec sa majesté, le Chrétien qui l'adore ainsi est seul l'ami de Dieu. L'ami de Dieu, c'est l'homme instruit de ce qui convient, et qui sait, au point de vue de la théorie et de la pratique, de quelle vie doit vivre celui qui sera Dieu dans l'avenir, et dans le présent s'assimile à Dieu.

Par la même raison, le Gnostique aimera Dieu par-dessus tout. Honorer son père, c'est aimer son père : de même honorer Dieu, c'est aimer Dieu. La faculté gnostique nous paraît 584 conséquemment renfermer trois effets : d'abord elle connaît le fond des choses ; secondement elle accomplit ce qu'ordonné le Verbe; en troisième lieu, elle est capable de transmettre, par un enseignement conforme à la dignité de Dieu, les mystères de la vérité. Maintenant, je le demande, à quel titre transformer en athée l'homme qui croit à l'existence du Tout-Puissant et a reçu de la bouche même du Fils incréé du Tout-Puissant la science des divins mystères? Un athée est un impie qui nie l'existence de Dieu. Ne le travestissez pas davantage en superstitieux ! Le superstitieux craint les démons, place au rang des dieux tous les êtres, le bois, la pierre, et réduit à la servitude de la peur (2) l'esprit et l'homme qui vit de la raison.

Le Fils de Dieu est établi par son Père chef et modérateur de tout ce qui existe. Il prend soin des hommes et opère leur salut.

Le premier degré de la foi, c'est de connaître Dieu; puis, après la confiance que l'on a placée dans la doctrine du Sauveur, il faut répudier toute injustice, et penser que cela est conforme à la connaissance de Dieu. Envisagé sons cet aspect, l'homme qui rend à Dieu le culte le plus pur est quelque chose d'honorable ici-bas . Honorable est aussi dans le ciel l'ange qui, par le privilège du séjour qu'il habite et de sa pureté, participe à la vie éternelle et bienheureuse. Mais la plus parfaite, la plus sainte, la plus éminente, la plus souveraine, la plus royale, la plus bienfaisante de toutes les natures, est celle du Fils de Dieu, la plus rapprochée (3) de la nature du Tout-Puis- 585 sant. Voilà quelle est la plus haute supériorité, celle qui ordonne toutes choses d'après la volonté de son père, et gouverne sagement l'univers, opérant tout ce qu'elle exécute avec une puissance qui ne connait ni la fatigue, ni l'épuisement, parce qu'elle agit dans la contemplation des lois les plus mystérieuses. Le Fils de Dieu, en effet, ne s'éloigne jamais de son centre d'observation, indivisible, étranger à tout partage, n'ayant pas besoin de se transporter d'un lieu dans un autre, mais constamment partout sans être contenu nulle part, toute intelligence, toute lumière paternelle, tout œil, voyant tout, entendant tout, connaissant tout, scrutant les puissances par sa puissance. La milice des anges et des dieux lui obéit respectueusement, à lui, Verbe paternel, qui n'a pris la dispensation de toutes choses que pour complaire à celui qui lui a tout subordonné. Voilà pourquoi tous les hommes sont à lui; les uns, parce qu'ils le connaissent déjà; les autres, quoiqu'ils ne le connaissent pas encore ; ceux-ci à titre d'amis, ceux-là comme fidèles serviteurs, d'autres en simples serviteurs.

Tel est le maitre qui forme par les mystères le Gnostique véritable, par la bonne espérance le simple fidèle, par les corrections de la discipline aidée d'une opération efficace, l'homme dont le cœur est dur. Par lui enfin se manifeste la Providence en public, en particulier, en tous lieux. Il est le Fils de Dieu, il est notre Sauveur, il est notre maître.

De là vient que, maître des Grecs et des Barbares sans exception, il persuade ceux qui veulent se laisser persuader. Pourquoi employer la contrainte vis-à-vis de celui qui peut recevoir le salut de ses mains par la détermination volontaire de son choix et l'accomplissement de ce qu'il demande pour la réalisation de la promesse ? C'est lui qui donne la sagesse aux Grecs par les anges inférieurs. Car un décret divin et antique a distribué les anges entre les nations. » Mais l'héritage du Seigneur est l'opinion de ceux qui croient. De deux choses l'une, ou le Seigneur ne prend pas soin de tous les hommes, ce qui arriverait ou par impuissance, horrible blasphème qui prête à Dieu notre faiblesse ! ou parce qu'avec la faculté de le faire, 586 il ne le voudrait pas, ce qui exclut la bonté. On ne dira pas non plus que la mollesse l'enchaîne dans les délices : la mollesse à qui daigna revêtir par amour pour nous les infirmités de notre chair ! Ou bien, il faut confesser qu'il prend soin de tous, ce qui est conforme à son essence, puisqu'il est le Seigneur de tous. De plus, il est le Sauveur des hommes et non pas le Sauveur de ceux-ci, à l'exclusion de ceux-là. Il a réparti, suivant l'aptitude de chacun, le don de sa grâce sur les Grecs et sur te Barbares, sur les fidèles et sur les élus, qu'il avait prédestina d'avance parmi les uns et les autres, mais qu'il appela sous ses étendards au temps marqué.

Dira-t-on qu'il envie à quelque la faveur de l'adoption ? Mais tous ont été conviés par lui indistinctement ; les honneurs les plus grands, il les mesure air l'énergie de la foi. Qu'il soit entravé dans ses desseins par une force étrangère, on ne peut le soutenir. Maître de toutes choses, il accomplit la volonté du Père, auquel appartiennent la bouté et la toute-puissance. D'ailleurs l'envie ne peut s'attaquer au Seigneur, qui est impassible et naquit sans avoir de commencement ; et puis, les choses de la terre sont elles de nature à exciter l'envie du Seigneur? Il y en a un autre qui jalouse l'homme, et dans lequel fermentent toutes les passions.

Soutiendrez-vous que le Seigneur refuse le salut au genre humain par ignorance et faute de savoir comment sa bonté doit prendre soin de chacun? Nouvelle absurdité. L'ignorance ne peut être imputée à un Dieu qui, avant le berceau du monde, était le conseiller de son Père : c'est lui qui, sous le non de Sagesse faisait les délices du Tout-Puissant (4).

Le Fils te Dieu, en effet, c'est la force du Père, c'est-à-dire son Verbe et sa sagesse, antérieure à tout ce qui a été engendré. On peut donc, dans toute la rigueur du mot, l'appeler le maître de ceux qui ont été formés par lui. Mais peut-être qu'il se laisser détourner par l'attrait du plaisir? Comment le supposer de celui qui, ayant revêtu notre chair passible de sa nature, la façonne par ses enseignements à la plus complète impassibilité ? Mais à 567 quel titre serait-il donc Sauveur et Seigneur, s'il n'était le Sauveur et le Seigneur de tous ? Oui, Sauveur pour tous ceux qui ont cru, parce qu'ils ont voulu connaitre ! Seigneur, pour ceux qui ne croient pas, jusqu'au jour où, capables de le confesser, ils recevront de lui un bienfait spécial et approprié à leur situation ! Chaque opération du Seigneur remonte au Tout-Puissant, et le Fils lui-même est pour ainsi dire, une opération du Père. Le Sauveur ne haïra donc jamais les hommes, lui qui, entrainé par un amour suréminent pour les hommes, sans dédain pour la faiblesse de notre chair, en a revêtu les infirmités pour venir sauver tous les hommes sans distinction ; la foi est le patrimoine commun de tous ceux qui veulent l'embrasser. Il n'est point à craindre que jamais il néglige l'œuvre qui lui appartient. Ne savez-vous pas qu'à l'homme seul entre toutes les créatures sorties des mains divines a été donné le privilège de l'intelligence? D'autre administration qui soit meilleure que l'administration établie, et ou règne un plus harmonieux accord, il n'y eu aura jamais pour Dieu. Il convient donc éternellement à l'être dont l'essence est supérieure de gouverner l'être inférieur, et l'empire appartient de droit à qui peut l'exercer glorieusement.

Or, qui commande et préside dans la réalité ? Le Verbe divin et sa providence, qui a les yeux ouverts sur toutes les parties de l'ensemble, et ne dédaigne le soin d'aucune créature qui lui appartient. Les hommes qui ont voulu lui appartenir et devenir ses amis, sont ceux qui reçoivent l'initiation par la foi. Le Fils, conformément à la volonté du Père Tout-Puissant, est le premier principe de tout bien, le premier auteur du mouvement, puissance inintelligible à l'entendement humain. En effet, il n'a point paru ce qu'il était véritablement a ceux qui ne pouvaient comprendre, à cause de l'infirmité de la chair. Mais voilà qu'il revêt une chair sensible : il vient montrer aux hommes qu'ils ont assez de force pour être à même d'obéir aux commandements.

Comme il est la vertu de son Père, il exécute sans peine tout ce qu'il a résolu, présent aux plus minces détails de son gouvernement, sans permettre à 600 un seul d'échapper à sa vigilance. Supposez que cela put être, comment dire alors que le tout a été règle par la sagesse ? Un témoignage, si je ne me trompe, de la plus haute puissance, c'est une intervention attentive dans toutes les parties du gouvernement, depuis la plus élevée jusqu'à la plus humble, qui remonte à ce premier modérateur de toutes choses, auquel la volonté du Père a commis la conservation de l'univers, par une hiérarchie de chefs subordonnés les uns aux autres, jusqu'à ce que l'on arrive de degrés en degrés au pontife suprême. Principe dominateur et unique, exécuteur, comme nous l'avons dit, de la volonté paternelle, de lui relèvent les puissances du premier, du second et du troisième ordre. Puis, aux derniers confins du monde visible ont été placées les bienheureuses légions des anges, échelonnées de degrés en degrés jusqu'à nous, dans une hiérarchie mutuelle, conservées elles-mêmes par un seul, et veillant par un seul à notre conservation.

Les plus petites parties du fer obéissent à l'attraction de l'aimant qui circule à travers les nombreux anneaux du métal. De même, les hommes vertueux, attirés par le souffle divin, s'unissent aux premiers tabernacles, et ainsi de suite jusqu'aux derniers. Mais ceux qui sont méchants parce qu'ils ne veulent pas faire effort sur eux-mêmes, conduits à des dispositions mauvaises par suite de leur intempérance, impuissants désormais à se soutenir, abandonnés par la main qui les soutenait, flottent ça et là, emportés par la tourmente des passions, et tombent enfin à terre. Une loi fut établie dès l'origine : tout homme est libre d'embrasser la vertu. Voilà pourquoi les commandements qui, dans la loi et avant la loi, n'avaient pas été donnés pour les justes, « la loi n'a pas été portée pour le juste » proposèrent pour récompense de la libre détermination, l'héritage du bonheur et de la vie éternelle. A l'homme qui se complairait flans le vice, ils permirent de vivre avec les objets de sa prédilection. Mais à l'âme qui travaille tous les jours à devenir meilleure par l'acquisition de la vertu, «t l'accroissement de la justice, ils destinèrent le meilleur de tous les tabernacles, salaire bien légitime. Ne monte-t-elle pas de 589 progrès en progrès jusqu'à l'impassibilité elle-même, pour entrer dans l'âge de perfection, c'est-à-dire, dans ce que la connaissance et l'héritage ont de plus éminent ?

Ces salutaires révolutions sont différenciées d'après l'ordre dans lequel elles s'accomplissent, par des temps, des lieux, des dignités, des connaissances, des héritages et des ministères appropriés à chacune d'elles, jusqu'à ce que vienne la transcendante et indéfectible contemplation du Seigneur. Ce qui est aimable de sa nature attire à la contemplation de son essence quiconque livre toutes les facultés de son être à la contemplation, par amour pour la connaissance. De là vient que le Seigneur, puisant à une source unique, a donné des commandements primitifs, puis des commandements postérieurs, ne voulant pas que ceux qui avaient précédé la loi vécussent sans règle fixe, ni que les peuples étrangers à la philosophie barbare s'emportassent à tous les excès, sans frein pour les retenir. Aux uns donc les préceptes ; aux autres la philosophie. Par là, il fermait la porte à l'incrédulité jusqu'à son avènement, époque où quiconque ne croit pas demeure sans excuse. Que le point de départ soit grec ou barbare, n'importe, il conduit à la perfection qui vient de la foi. Mais qu'un membre de la gentilité, franchissant la philosophie grecque qui a brillé la première, embrasse tout à coup la véritable doctrine, si grossier qu'on le suppose, il laisse les autres à un immense intervalle derrière lui puisqu'il a choisi par la foi la route abrégée du salut et de la perfection.

Tout ce qui n'entravait pas l'exercice du libre arbitre, est devenu par le Seigneur l'auxiliaire de la vertu, afin que, d'une façon ou d'une autre, les hommes, au regard court et débile, pussent entrevoir dans l'Être unique et tout-puissant un Dieu plein de miséricorde, qui nous sauve d'âge en âge par l'intermédiaire de son Fils. Mais il n'est en aucune manière le principe du mal. Le plan de la création, dans son ensemble comme dans ses détails, a été combiné pour le salut universel par celui qui est le maitre universel.

La fonction de la justice, qui opère le salut, consiste donc à conduire, dans la mesure du possible, chaque être à ce qui lui 590 est le meilleur : les créatures les moins relevées sont ordonné» conformément à leurs mœurs, par rapport au salut et a la permanence des créatures supérieures. Dès ce moment, tout et qui est doué de vertu, se transforme en mieux, parce qu'il possède en soi-même, la cause de sa transformation, c'est-à-dire la vérité qu'il a embrassée, et que l'âme était à même d'embrasser jusque là. Mais grâce à la bonté du juge suprême qui observe toutes nos actions, des châtiments infligés soit par k ministère de ses anges, soit par la si unifient ion de différente sentences non exécutées, soit. par des jugements dont l'effet à déjà commencé, contraignent à la pénitence ceux qui se repentent de leurs prévarications.

Le Gnostique travaille de toutes ses forces à ressembler à Dieu et à son Fils.

Je laisse de côté tout le reste, me bornant à glorifier le Seigneur. Disons-le cependant. Les âmes véritablement gnostiques qui, par l'excellence de la contemplation, surpassent le régime et les habitudes de la sainte hiérarchie; ces âmes auxquelles les tabernacles des dieux sont départis une fois que leur sainteté les a inscrites parmi les saints, et que, transportées tout entières d'un lieu où l'on arrive tout entier, elles passent de séjours fortunés en séjours plus fortunés ; ces âmes qui, au lieu de contempler l'essence divine à travers les ombres, et dans un miroir, accueillies au banquet de l'immortalité, et nourries de la bienheureuse vision qui ne peut rassasier l'amour surnaturel, se repaissent, de voluptés qui ne finiront jamais; ces âmes demeurent, s'il m'est permis de parler ainsi, honorées pour toujours de l'identité de nature avec celui qui possède toutes les perfections. Voilà qu'elle est la contemplation intuitive de ceux qui ont le cœur pur; voilà conséquemment qu'elle est l'opération du l'homme consommé dans la connaissance. Il a commerce avec Dieu au moyen du 591 grand Pontife, en s'assimilant au Seigneur autant qu'il le peut par les hommages d'une piété qui, en honorant Dieu, tend au salut des hommes par l'exercice du saint ministère, par la propagation de la doctrine, et enfin, par l'accomplissement des bonnes œuvres.

Ouvrage de lui-même, le Gnostique se fonde et s'édifie de ses propres mains. Il fait plus; il orne de vertus les disciples qui l'écoutent, devenu semblable à Dieu; c'est-à-dire que, vivant avec Dieu dans un commerce dont les passions humaines ne sauraient l'arracher, il assimile, dans la mesure de ses forces, à l'impassibilité par essence l'impassibilité qui est chez lui le fruit de la lutte et de l'exercice. La bénignité, la mansuétude, et une grande piété envers Dieu, sont, à mon avis, les règles de l'assimilation gnostique, « sacrifice d'excellente odeur, » puisque, selon l'Écriture, un cœur sans orgueil » et la science véritable, sont l'holocauste chéri de Dieu, que lui offre tout homme qui s'élève à la sainteté, et s'illumine jusqu'à consommer cette union où l'œil ne peut plus rien discerner ! En effet, réduire son propre corps en captivité, mourir à soi-même, en tuant le vieil homme qui nous corrompt par les désirs, et en suscitant des antiques habitudes de la mort l'homme nouveau, l'Évangile et l'apôtre nous l'ordonnent, après que nous avons déposé le fardeau du péché et les troubles de l'âme. C'était là ce qu'insinuait secrètement la loi quand elle enjoignait d'enlever le pécheur du milieu du peuple, et de le faire passer de la mort à la vie, c'est-à-dire, à l'impassibilité qui vient de la foi. Cette vérité ne fut point comprise par les docteurs de la loi. Ils en interprétèrent les prescriptions comme si elle avait pour but de susciter leurs rivalités et leurs débats : par là même ils fournirent des prétextes à ceux qui veulent la calomnier sans la connaître. Voilà pourquoi nous faisons sagement de ne point sacrifier à Dieu, auquel rien ne manque et qui a tout donné aux hommes. Mais nous glorifions celui qui s'est sacrifié pour nous, en nous sacrifiant nous-mêmes à l'être auquel rien ne manque, précisément parce qu'il a tout en abondance, à l'être 592 impassible ;

précisément en vertu de cette même impassibilité. Dieu, en effet, n'est réjoui que de notre salut.

Oui, c'est à bon droit que nous n'offrons point de sacrifices à l'être sur lequel le plaisir n'a aucune prise. Le parfum de la victime, toujours arrêté dans les régions inférieures, ne parvient que difficilement aux nuages les plus rapprochés de nous, si tant est qu'il y parvienne. Dieu n'a donc pas besoin de nos offrandes (5), et ne se laisse point charmer par le plaisir. Que lui font les richesses et les trésors de la terre? Il possède en lui-même tous les trésors, et il prodigue à la créature indigente l'abondance de ses largesses. N'allez pas croire non plus qu'on se le rend favorable par des oblations, par des offrandes, par des honneurs, ni qu'on l'amorce par rien de semblable. Il ne se manifeste qu'aux hommes vertueux qui n'ont jamais trahi la justice par la violence des menaces ou par la séduction des promesses. Quelques esprits, fermant les yeux à la liberté humaine qui, dans les déterminations morales, ne peut être ployée sous le joug de la servitude, ont supporté avec impatience les excès d'une grossière et inhabile injustice, et se sont écriés qu'il n'y avait point de Dieu (6). Par une opinion à peu près la même, des hommes plongés dans les désordres de l'intempérance, ou bien, travaillés par des souffrances aiguës, ou bien atteints par des catastrophes soudaines, et des revers de fortune, ne croient plus à l'existence d'un Dieu, ou n'admettent qu'un Dieu dont les regards ne s'étendent pas à toutes les créatures. D'autres s'imaginent que les dieux de leurs pensées peuvent être apaisés par des sacrifices et des offrandes jusqu'à devenir les complices de leurs passions, et ils refusent de 593 reconnaitre qu'il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu véritable, identique avec la vérité, la justice et la bonté.

Notre Gnostique est donc pieux : il prend soin de lui-même, ensuite du prochain, à l'amendement progressif duquel il concourt de toutes ses forces. Un fils n'est-il pas les délices d'un bon père, quand il travaille à devenir bon et semblable à son père ? j'en dis autant du sujet vis-à-vis du prince. Croire et obéir, sont deux choses en notre pouvoir. Qu'on ne vienne pas nous dire étourdiment que la perversité de la matière, les mouvements inconsidérés de l'ignorance, et les nécessités aveugles dans l'absence du savoir sont le principe du mal ! Le Gnostique commence par vaincre au moyen de la discipline ces bêtes féroces. Après le triomphe, il fait du bien, dans la mesure de ses forces, à tous ceux qui donnent les mains à son assistance. Est-il revêtu de l'autorité ? nouveau Moïse, il marchera, pour le salut commun, à la tête du peuple qu'il a mission de conduire, et il adoucira les natures sauvages et infidèles, distribuant aux meilleurs et aux plus vertueux, des récompenses, aux méchants des supplices dans la mesure qu'avoué la raison pour l'amendement du coupable. L'âme du juste, en effet, est comme une image et une ressemblance de la Divinité. Disons-mieux. L'obéissance aux préceptes l'a convertie en un sanctuaire où vient habiter réellement le chef des mortels et des immortels, le roi et le créateur de tout ce qui est bon, la loi véritable, le précepte, le Verbe éternel, enfin l'unique sauveur de chacun en particulier et de tous en général. Oui, c'est le Fils unique, c'est la splendeur du monarque universel, la gloire du Père Tout-Puissant, qui imprime à son image, dans l'âme du Gnostique, la contemplation parfaite. Par là, le Gnostique devient une troisième image divine qui, autant que cela est possible, s'assimile à la cause seconde, à la vie véritable, par laquelle nous vivons de la vie réelle, en reproduisant nous-mêmes le 594 Gnostique tel que nous le décrivons, consolidé dans tout ce qui est permanent et immuable.

Maitre de lui-même et de ce qui relève de lui, affermi dans l'immuable compréhension de la science divine, le Gnostique s'approche de la vérité avec un cœur pur. En effet, la connaissance et la compréhension des objets perceptibles à l'intelligence peut être appelée justement la science immuable. Une de ses parties, celle qui s'occupe des choses divines, a pour fonction d'envisager quelle est la cause première, quel est le principe « par lequel tout a été fait et sans lequel rien n'a été fait ; » quelles sont les essences qui pénètrent et celles qui contiennent, celles qui s'unissent et celles qui se divisent, quels sont le rang, la vertu, le ministère de chacune d'elles. Dans les choses humaines, elle se demande : qu'est-ce que l'homme ? quelle est la fin conforme ou contradictoire à sa nature ? Comment doit-il se gouverner? comment faut-il qu'il souffre? quels sont ses vertus et ses vices ? où sont les biens, les maux, les objets qui tiennent le milieu ? qu'est-ce que la prudence, le courage, la tempérance? qu'est-ce que la justice, vertu qui surpasse toutes les autres? La prudence et la justice servent au Gnostique à l'acquisition de la sagesse. Par le courage, non content de résister aux coups de l'adversité, il fait face au plaisir, à la convoitise, à la souffrance, à la colère, en un mot, à tout ce qui peut maitriser l'âme par la violence ou par la séduction. Nous n'avons point à supporter uniquement le vice et le mal, mais encore tout ce qui peut inspirer la crainte. La douleur est un agent destiné à guérir, à instruire, à corriger : il réforme les mœurs au profit de l'homme.

Le courage a plusieurs nuances, telles que la tolérance, l'élévation de l'âme, la force du cœur, la libéralité, la magnificence. De là vient que le Gnostique ne s'affecte en rien de la censure du vulgaire, et ne se soumet ni aux opinions ni aux flatteries du dehors. S'agit-il de supporter la douleur et le travail? soit qu'il accomplisse le devoir, soit qu'il oppose au malheur une constance inébranlable, c'est toujours véritablement un homme, quand les autres ne sont que des enfants. En outre, fidèle à la prudence, qui ne l'abandonne jamais, il vit avec modéra- 596 tion dans le repos de l'âme, accueillant ce qui lui est prescrit comme la chose qui lui convient le mieux, répudiant comme ennemi de sa nature tout ce qui traîne après soi la honte, se conduisant avec décence et pureté, au souvenir qu'il est pur et très-pur, étranger enfin à tout ce qui peut souiller l'âme. Il nage dans l'opulence, parce qu'il ne désire rien, n'ayant que des besoins peu nombreux, et parce qu'avec la connaissance il possède la plénitude des richesses. Le premier caractère de sa justice, c'est d'aimer ceux qui sont de même origine que lui, de vivre et de commercer avec eux, sur la terre aussi bien que dans le ciel. Voilà pourquoi il donne volontiers lorsqu'il possède ; humain et miséricordieux pour la personne, il hait d'une haine parfaite le méchant et le péché.

Il faut donc apprendre à être fidèle à soi-même et au prochain et à se conformer aux préceptes. On est le serviteur de Dieu quand on se soumet volontairement à la loi ; mais purifier son cœur, non plus en vertu du commandement, mais par amour pour la connaissance, voilà dans quelles conditions ou devient l'ami de Dieu. Nous ne naissons point naturellement vertueux, et la vertu, quand nous sommes nés, ne se développe point en nous à la manière de nos organes, sans notre concours : s'il en allait ainsi, notre volonté et notre mérite n'y seraient pour rien. La vertu ne ressemble point non plus au langage que l'habitude et les événements forment de jour en jour ; ce mode de propagation est à peu près celui du vice. Il en est de même de la connaissance. Elle n'est le fruit d'aucun art, soit qu'il se propose le gain pour objet, soit qu'il ait pour but le soin du corps. Ne demandez pas non plus aux sciences libérales leur assistance. C'est les traiter magnifiquement, que de leur reconnaître la possibilité de préparer notre âme et d'en aiguiser l'intelligence. Sans doute les lois civiles peu veut réprimer les délits ; mais tous ces raisonnements, laborieusement combinés pour opérer la persuasion, s'arrêtent à la surface et ne produisent jamais la permanence inébranlable et scientifique de la vérité. Nous l'avons dit, la philosophie grecque est pour l'âme une purgation préliminaire et une intro-596 duction préparatoire à l'admission de la foi. La vérité vient ensuite édifier la connaissance sur ces fondements.

Voilà le véritable athlète qui reçoit la couronne dans le grand cirque ; c'est-à-dire, sur la scène magnifique du monde, après avoir remporté la victoire sur toutes les perturbations de l'âme. L'ordonnateur des jeux publics est le Dieu tout-puissant ; son fils unique distribue les récompenses ; pour spectateurs, nous avons les anges et les dieux (8).

Quant à la matière du combat, elle est multiple et constante. En effet, nom n'avons point « à lutter seulement contre la chair et le sang, » mais contre les puissances spirituelles qui, par notre chair, soulèvent les tempêtes des passions. Le Chrétien qui sera sorti victorieux de ces grands combats, et aura renversé à ses pieds le tentateur occupé à nous susciter des luttes, est déjà en possession de l'immortalité, puisque dans la justice de ses jugements la sentence divine ne peut mentir. Le théâtre tout entier a été convié au spectacle ; mais il n'y a que les athlètes qui descendent dans l'arène ; parmi les athlètes, le vainqueur est celui qui a été le plus fidèle aux leçons du gymnasiarque (9).

N'est-il pas vrai que Dieu a suspendu au bout de la carrière les mêmes récompenses pour tous, et que le blâme de la défaite ne peut retomber sur lui ? Qui mérite la miséricorde obtient la miséricorde ; et lu plus brave est celui qui a le plus de volonté ! Nous n'avons reçu l'intelligence que pour savoir ce que nous avons à faire, et ce précepte : Connais-toi toi-même, signifie en cette occurrence : sachez quelle est votre fin dernière. Or, nous avons été placés dans ce monde pour embrasser volontairement la fidélité aux préceptes, si nous voulons parvenir au salut : rigoureuse et inflexible nécessité par laquelle il n'est pas permis d'échapper à Dieu.

Le devoir de l'homme, c'est donc d'obéir au Dieu qui a promulgué différents degrés de salut par l'exécution de ses commandements. Nous disposons Dieu à nous être favorable par l'aveu de ses bienfaits ; car la munificence du bienfaiteur a devancé notre gratitude. Avons-nous embrassé volontairement le précepte avec toutes les considérations nécessaires, l'avons-nous observé dans sa rigueur, nous sommes fidèles ; mais si notre reconnaissance monte vers Dieu par la charité pour le remercier, autant qu'il est eu nous, des bienfaits que nous en avons reçus, nous obtenons le titre d'amis. Il n'est pas pour l'homme de meilleure action de grâces envers son Créateur, que d'accomplir ce qui est le meilleur devant Dieu. En effet, le maitre et le Sauveur accueille les progrès dans le bien et l'amélioration que l'homme s'impose, pour lui plaire et le remercier, comme si l'avantage lui revenait à lui-même, comme si c'était un tribut qui lui profite. Au contraire, les fidèles éprouvent-ils au dehors quelque dommage, ou quelque offense, il se regarde comme outragé par l'ingratitude dans leur personne ; le mépris qu'on leur témoigne, il le prend pour lui, et leur honte est la sienne. Quel autre déshonneur, je le demande, pourrait atteindre Dieu ? C'est pourquoi l'action de grâces humaine ne peut jamais égaler l'importance et la dignité du salut, si nous la comparons avec les libéralités du Seigneur. Dans l'ordre civil, faire tort à la propriété, c'est nuire au maitre ; insulter au soldat, c'est outrager le général. Il en est de même du Seigneur. Vous vous attaquez à ceux qui lui sont consacrés : vous l'avez méprisé personnellement. Regardez le soleil. Ses rayons n'éclairent pas seulement le ciel ; il répand sa lumière sur l'universalité des êtres, sur la terre, sur la mer. Pas une ouverture où il ne pénètre ; pas de lieu si secret dans l'intérieur des maisons qu'il n'éclaire. La lumière du Verbe n'est pas moins universelle : vous ne trouverez pas un seul point de la vie humaine, si imperceptible qu'il soit, sur lequel ne s'épanchent les rayons de ses clartés.

Les païens ont imaginé des dieux semblables à eux-mêmes, pour la forme extérieure et les mouvements intérieurs de l'âme : de là l'origine et le berceau de toute superstition.

Les Grecs, peu contents d'attribuer aux dieux la forme « l'homme, les assujettissent aussi à nos passions. Chaque peuple leur prête sa ressemblance personnelle. « Les Éthiopiens, dit Xénophane, les représentent avec un visage noir et un nez camard ; les Thraces leur donnent des yeux azurés, et une figure qui tire sur le rouge. » De même les fabricateurs de dieux leur supposent une âme semblable à la leur. Interrogez le Barbare : ses dieux ont des mœurs sauvages et brutales ; le Grec, ses dieux sont plus civilises, mais accessibles néanmoins à toutes nos passions. Qu'arrive-t-il de là ? que nécessairement les méchants conçoivent de la Divinité des opinions mauvaises; les hommes vertueux, de vertueuses opinions. Voilà pourquoi le Chrétien, dont l'âme est royale et versée dans la gnon, aussi fidèle adorateur de Dieu qu'il est éloigné de tonte superstition, croit fermement qu'il n'existe qu'un seul Dieu, digne d'adorations, vénérable, magnifique, bienfaisant, auteur suprême de tous les biens, mais étranger à tous les maux.

Nous avons convaincu suffisamment les Grecs d'idolâtré dans l'ouvrage que nous avons appelé Exhortation, où nous avons cité de nombreux témoignages qui allaient à notre but. Nous ne voulons point revenir sur une démonstration évidente. Mais, puisque notre sujet nous ramène à cette question, il nom suffira, pour éclaircir la discussion présente, de choisir dans la foule de nos autorités une ou deux preuves pour attester qu'assimiler Dieu aux hommes les plus pervers, c'est faire acte d'impiété. Dans la pensée de ces profanateurs, de deux choses l'une : ou les dieux sont outragés par les hommes, et dès lors l'offensé paraît manifestement inférieur à l'homme qui l'of-599 fense; ou bien ils ne ressentent en aucune façon l'outrage. Dans cette hypothèse, pourquoi sont-ils transportés d'indignation, pareils à une vieille femme prête à s'irriter et incapable de retenir sa colère. N'est-ce point ainsi que Diane se venge d'Œnée sur le peuple des Etoliens ? Quoi ! Diane, tu étais déesse et tu n'as point songé que l'action d'Œnée, simple oubli, ou bien légère inadvertance, dans la pensée qu'il avait déjà sacrifié en ton honneur, n'était point un mépris pour ta personne ? Mais que Latone (10) plaide sa cause devant Minerve, qui lai reproche d'être accouchée dans son temple, elle lui dit avec un grand sens :

« Si tu aperçois des dépouilles à demi-brisées, que la main du vainqueur a dérobées aux morts sur le champ de bataille, ce spectacle charme tes regards, au lieu de les révolter. Mais que j'accouche dans ton sanctuaire, ta colère éclate... Et cependant, si les animaux mettent bas dans les temples, la profanation disparait (11). »

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