L'Année liturgique — La Septuagésime (t. 4)
E Temps de la Septuagésime comprend la durée des trois semaines qui précèdent immédiatement le Carême. Il forme une des divisions principales de r Année liturgique, et il est trois sections hebdomadaires, dont la première porte seulement le nom de Septuagésime, la seconde celui de Sexagésime, et entin la troisième celui de Quinquagésime.
On voit, dès le premier abord, que ces
partage
2 Le Temps de la Septuagésime.
noms expriment une relation numérique avec le naoî Qiiadragésime, dont notre mot Carême est dérivé. Or, le mot Quadragésime signine la série des quarante jours qu'il faut traverser pour arriver à la grande fête de Pâques. Les mots Quinquagesime, Sexagésime et Septuagésime nous montrent cette solennité dans un lointain plus prolongé ; mais elle n'en est pas moins le grand objet qui commence à préoccuper la sainte Eglise, et qu'elle propose à ses enfants comme le but vers lecjuel désormais doivent tendre tous leurs désirs et tous leurs efforts.
Or, la fête de Pâques exige pour préparation quarante jours de recueillement et de pénitence ; cette sainte carrière est l'un des principaux incidents de l'Année liturgique, et le plus puissa-nt moyen qu'emploie TEglise pour raviver dans le cœur et dans l'esprit des lîdèles le sentiment de leur vocation. Il est du plus haut intérêt pour eux de ne pas laisser s'écouler cette période de grâces, sans en avoir profité pour le renouvellement de leur vie tout entière. Il était donc convenable de les préparer à ce temps de salut, qui est lui-même une préparation, afin que les bruits du monde s'éteignant peu à peu dans leurs cœurs, ils fussent plus attentifs à l'avertissement solennel que l'Eglise leur doit faire, en imposant la cendre siir leurs fronts, à l'ouverture de la sainte Quarantaine.
Ce prélude aux saintes tristesses du Carême n'était pas en usase aux premiers siècles du christianisme ; l'institution parait en avoir commencé dans les Eglises d'Orient. La coumrr.ê de cel^^e de Constantinople étant de ne
Historique du Ternes de la Septuagésime. 3
pas jeûner le samedi, elle commence le jeûne rigoureux dès notre lundi de Quinquagésime, et s'y prépare progressivement dans" les semaines précédentes en la manière que nous ferons connaître en son lieu.
D'autres Eglises orientales, signalées par Ratramne dans sa Controverse avec les Grecs i, se trouvaient amenées par la coutume de ne pas jeûner non plus le jeudi à ouvrir l'observance quadragésimale neuf semaines avant Pâques. En cette manière même, elles n'avaient que trente-six jours de jeûne ainsi que les Grecs. Mais primitivement l'Occident lui-même ne dépassait pas ce nombre, qui formait pour Dieu, dit encore saint Grégoire le Grand, la dîme de l'année 2. Un passage de saint Maxime de Turin nous montre qu'au v^ siècle, l'addition des quatre jours qui précèdent aujourd'hui le premier Dimanche de Carême, était seulement le fait de la dévotion de quelques-uns, et non une coutume générale ^.
C'est donc postérieurement que les derniers .jours de la semaine de Quinquagésime, à partir du Mercredi appelé des Cendres, ont été ajoutés au Carême, atin de compléter le nombre de quarante jours de jeûne. Il est certain toutefois que déjà, au ix^ siècle, cet usage avait force de loi généralement dans l'Eglise latine. Amalaire, qui décrit en détail la Liturgie de ce siècle, nous assure que le jeûne commençait bien dès lors quatre jours
l . Ratramn. Contra GraEcorum oçposita, Lib. IV, cap. IV. — 2. Grec. Homil. xvi in Evangel. —
4 Le Temps de la Septuagésime.
avant le premier Dimanche de Carême. Cette disposition se trouve confirmée dans le même siècle par les conciles de Meaux et de Soissons. Déjà tous les manuscrits du Sacramentaire grégorien sont unanimes à désigner ce Mercredi par les mots bi capite jejiinii, c'est-à-dire commencement du jeûne. Toutefois, dans son respect pour la forme du service divin établie primitivement, l'Eglise n'a admis aucun changement considérable dans ses Ofifices, durant ces quatre jours. Elle garde le rite de la semaine de Quinquagésime jusqu'aux Vêpres du samedi, auxquelles commence le rite quadragésimal.
Au xii^ siècle, Pierre de Blois exprimait ainsi la pratique de son temps : « Tous les « religieux commencent le Carême à la Sep« tuagésime. les Grecs à la Sexagésime, les « Ecclésiastiques à la Quinquagésime ; enfin, « toute Tarmée des chrétiens qui milite sur « la terre, le Mercredi suivant '. » On voit par ce passage que le clergé séculier était astreint au jeûne quadragésimal quelques jours avant les simples fidèles. Cette abstinence ne commençait toutefois que le lundi, ainsi qu'il parait par la Vie de saint Udalric, évêque d'Augsbourg, qui a été écrite au X* siècle. Le concile de Clermont, présidé par Urbain II en iog5, contient un décret qui sanctionne l'obligation pour les Clercs de s'abstenir de viande à partir de la Quinquagésime. Ce dimanche était appelé Dominica carnis privii, et encore Garnis privium sacerdotiim ; mais il faut entendre cette appellaSerm. xiii.
Historique du Temps de la Septuagésime. 5
tion en ce sens qu'on y proclamait l'abstinence comme devant commencer le lendemain. Nous observerons un usage analogue dans l'Eglise grecque pour les trois dimanches qui précèdent le Carême. Au xiii^ siècle, les Clercs étai-ent encore obligés à ces deux jours de surérogation. comme on le voit par un concile d'Angers, qui frappe de suspense les prêtres qui ne commenceraient pas le Carême le lundi de Quinquagésime. Cet usage cessa néanmoins peu après ; le clersé séculier et les moines eux-mêmes, dès le xv^ siècle, commençaient le jeûne quadragésimal le Mercredi des Cendres avec tous les fidèles.
On sait que la Liturgie gallicane avait conservé plusieurs usages des Eglises d'Orient, auxquelles elle devait en partie son origine, et ce ne fut pas sans difficulté qu'on parvint à introduire dans les Gaules l'abstinence et le jeûne du samedi. Avant que nos Eglises eussent adopté sur ce point la coutume romaine, elles se trouvaient, comme celles de l'Orient, dans la nécessité d'anticiper le jeûne du Carême. Le premier concile d'Orléans, tenu au commencement du vi' siècle, ordonne aux fidèles d'observer avant Pâques Quadragésime et non Quinquagésime, afin, dit le Canon, de maintenir l'unité des usages. Vers la fin de ce siècle, le quatrième concile tenu dans la même ville répète la même défense, et en explique les intentions par l'injonction qu'il fait de jeûner les samedis de Carême. Déjà le premier et le second conciles d'Orange, en 5ii et 341. avaient attaqué le même abus, en défendant pareillement d'obliger les fidèles à commencer le jeûne dès
ç Le Temps de la Septuagésime.
la Quinquagésime. L'introduction de la Liturgie Romaine en France, par les soins de Pépin et de Charlemagne, acheva détablir chez nous l'usage de considérer le samedi comme un jour de pénitence ; et, comme on vient de le voir, l'anticipation du Carême au lundi de Quinquagésime ne fut plus pratiquée que par le clergé. Au xiii^ siècle, de toutes les Eglises du patriarcat d'Occident, il n'y avait plus que celles de Pologne qui fussent dans l'usage de commencer le'Carême avant l'Eglise Romaine ; elles l'ouvraient au lundi de "Septuagésime, par suite de leurs relations avec les'rites des Eglises orientales. Cette coutume fut abolie en 1248 par Innocent IV.
Mais si l'Eglise Romaine, au moyen d'une anticipation de quatre jours seulement, parvint à compléter d'une manière précise la sainte Quarantaine que le Sauveur lui-même avait inaugurée par son exemple, en même temps qu'elle maintenait son antique usage de considérer le samedi comme un jour propre aux exercices de la pénitence, elle emprunta volontiers à l'Eglise grecque l'usage de prévenir, par les saintes tristesses de la Liturgie, durant trois semaines entières, l'ouverture du Carême. On voit par Amalaire que. dès le commencement du ix^ siècle, on suspendait déjà YAUehiia et le Gloria in excelsis. à la Septuagésime. Les moines se conformèrent à cet usage, quoique la Règle de saint Benoît exprimât'une disposition contraire. Enfin Je règlement du Pape Alexandre II, dans la seconde moitié du xi^ siècle, établit partout l'uniform.ité, en prescrivant la suspension
Historique du Temps de la Septuagésime. 7
absolue de VAllehiia aux Vêpres du samedi qui précède le Dimanche de Septuagésime. Ce Pontife ne faisait que renouveler une disposition déjà sanctionnée par saint Léon IX, et consignée au Corps du Droit '.
C'est ainsi que cette importante période de l'Année liturgique, après divers essais, finit par s'établir sur le Cycle, où elle ligure depuis plus de mille ans/ Le nom qu'on lui a donne exprime, ainsi que nous l'avons dit, une relation numérique avec le Carême ; mais il n'y a en réalité que soixante-trois jours du Dimanche de Septuagésime à Pâques. Une intention mystérieuse a présidé à cette dénomination ; nous en parlerons au chapitre suivant. Le premier Dimanche de Carême portant le nom de Quadragésime, on est remonté en rétrogradant jusqu'aux trois Dimanches qui précèdent, en gardant l'ordre par dizaine, de quarante à soixante-dix.
Le temps de la Septuagésime étant fondé sur l'époque de la Pâque, il est, par là même, sujet au retard ou à l'anticipation, selon le mouvement de cette grande Fête. On appelle le 18 janvier et le 22 février Clefs de la Septuagésime, parce que le Dimanche qui porte ce nom ne peut pas remonter plus haut que la première de ces deux époques, ni descendre plus bas que la seconde.
I. Cap. Hi duo, De consec. Dist. I.
E temps OÙ nous entrons renferme de profonds mystères; mais ces mystères ne sont point propres seulement aux trois semaines que nous devons traverser pour arriver à la sainte Quarantaine ; ils s'étendent sur toute la période de temps qui nous sépare de la grande fête de Pâques.
Le nombre septénaire est le fondement de ces mystères. Nous avons vu comment la sainte Eglise avait été en travail pour la partie du Cycle que nous parcourons présentement. Aujourd'hui, elle en est en possession, et elle nous invite à méditer les enseignements renfermés sous les symboles qui nous y sont proposés. Mais il est nécessaire de reprendre la doctrine de plus haut. Saint Augustin nous servira d'introducteur à tant de merveilleux secrets. « Il y a deux temps, « dit ce grand Docteur dans son Enarration
Mystique du Temps de la Septuagésime. g
« sur le Psaume cxlviii : l'un, celui qui s'é« coule maintenant dans les tentations et les « tribulations de cette vie ; l'autre, celui qui « doit se passer dans une sécurité et dans c( une allégresse éternelles. Ces deux temps, « nous les célébrons, le premier avant' la « Pdque, le second après la Pdque. Le temps « avant la Pdque exprime les angoisses de « la vie présente; celui que nous célébrons « après la Paque signifie la béatitude que « nous goûterons un jour. Voilà pourquoi « nous passons le premier de ces deux temps « dans le jeûne et la prière, tandis que le « second est consacré aux cantiques de joie ; « et, pendant sa durée, le jeûne est sus« pendu. »
L'Eglise, interprète des saintes Ecritures, nous signale deux lieux différents qui sont en rapport direct avec les deux temps dont parle saint Augustin : ces deux lieux sont Babylone et Jérusalem. Babylone est le symbole de ce monde de péché, au milieu duquel le chrétien doit passer le temps de l'épreuve ; Jérusalem est la patrie céleste au sein de laquelle il se reposera de tous ses combats. Le peuple d'Israël, dont toute l'histoire n'est qu'une grande figure de l'humanité, fut littéralement exilé de Jérusalem et retenu captif à Babylone.
Or, cette captivité loin de Sion dura soixante-dix ans ; et c'est pour exprimer ce mystère que, selon Alcuin, Amalaire, Yves de Chartres, et généralement tous les princes de la Liturgie, l'Eglise a définitivement fixé le nombre septuagénaire pour les jours de l'expiation, prenant, selon l'usage des sain10 Le Temps de la Septuagésime.
tes Ecritures, le nombre ébauché pour le nombre parfait.
La durée du monde lui-même, comme portent les antiques traditions chrétiennes, se partage aussi selon le septénaire. La race humaine doit traverser sept âges avant le lever du jour de la vie éternelle. Le premier âge s'est étendu depuis la création d'Adam jusqu'à Noé ; le second depuis Noé et le renouvellement qui suit le déluge jusqu'à la vocation d'Abraham; le troisième commence à cette première ébauche du peupie de Dieu, et va jusqu'à Moïse par les mains duquel le Seigneur donna la loi; le quatrième s'étend de Moïse à David, en qui la royauté commence dans la maison de Juda; le cinquième embrasse la série des siècles depuis le règne de David jusqu'à la captivité des Juifs à Babylone, le sixième est la période qui s'écoula dépuis le retour de la captivité jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. Vient enfin le septième âge, qui s'est ouvert à l'apparition miséricordieuse du Soleil de justice, et doit durer jusqu'à l'avènement redoutable du Juge des vivants et des morts. Telles sont les sept grandes fractions des temps, après lesquelles il n'y a plus que l'éternité.
Pour encourager nos cœurs au milieu des combats dont la route est semée, l'Eglise, qui luit comme un flambeau au milieu des ombres de ce séjour terrestre, nous montre un autre septénaire qui doit faire suite à celui que nous allons traverser. Après la Septuagésime de tristesse, la radieuse Pâque viendra avec ses sept semaines d'allégresse nous apporter un avant-goût des consolaMystique du Temps de la Septuagésime. 1 1
lions et des délices du Ciel. Après avoir jeûné avec le Christ et compati à ses souffrances, le jour viendra où nous ressusciterons avec lui, où nos cœurs le suivront au plus haut des cieux ; et, peu après, nous sentirons descendre en nous l'Esprit divin avec ses sept dons. Or, ainsi que le remarquent les mystiques interprètes des rites de l'Eglise, la célébration de tant de merveilles ne nous demandera pas moins de sept semaines entières, de Pâques à la Pentecôte.
Après avoir jeté un regard d'espérance sur cet avenir consolateur qui nous attend, et qui pourtant n'est que la figure de cet autre avenir que le Seigneur nous prépare dans les splendeurs de son éternité, il nous faut revenir aux réalités présentes. Que sommesnous ici-bas ? exilés, captifs, en proie à tous les périls que Babylone recèle. Si nous aimons la patrie, si nous avons à cœur de la revoir, nous devons rompre avec les faux attraits de cette perfide étrangère, et repousser loin de nous la coupe dont elle enivre un grand nombre de nos frères de captivité. Elle nous convie à ses jeux et à ses ris ; mais nos harpes doivent demeurer suspendues aux saules des rives de son fleuve maudit, jusqu'au signal qui nous sera donné de rentrer dans Jérusalem 1, Elle voudrait nous engager à faire du moins entendre les chants de Sion dans sa profane enceinte, comme si notre cœur pouvait être à Taise loin de la patrie, et quand nous savons qu'un exil éternel peut être la
12 Le Temps de la Septimgésime.
peine de notre infidélité ; mais « comment « pourrions-nous chanter les cantiques du Sei« gneur dans une terre étrangère i ? >y
Tels sont les sentiments que la sainte Eglise cherche à nous inspirer durant ces longs jours de deuil, en appelant notre attention sur les dangers qui nous environnent, et au dedans de nous-mêmes et de la part des créatures. Dans tout le reste de l'année, elle nous provoque à répéter le chant du ciel, le divin ^//e/zi/a / et voilà qu'aujourd'hui elle met la main sur notre bouche pour arrêter ce cri d"allégresse qui ne doit pas retentir dans Babylone. « Nous sommes en voyage, « loin du Seigneur -' » ; gardons nos cantiques pour le moment où nous arriverons près de lui. Nous sommes pécheurs, et trop souvent complices des profanes qui nous environnent ; purihons-nous par le repentir ; car il est écrit que « la louange du Seigneur perd « toute sa beauté dans la bouche du pé« cheur 2 ».
Le trait le plus caractéristique de la sainte carrière où nous entrons est donc la suspension rigoureuse de V Alléluia, qui ne doit plus se faire entendre sur la terre jusqu'au moment où, ayant participé à la mort du Christ, ayant été ensevelis avec lui, nous ressusciterons avec lui pour une vie nouvelle ^.
Le beau cantique des Anges, Gloire à Dieu au plus haut des deux, que nous avons fait retentir chaque dimanche, depuis la naissance
I. Psalm. cxxxvi. —2. II Cor. v, 6.-3. Eccli. xv, 9.
— 4. Coloss. II, 12.
Mystique du Temps de la Septuagésime. 1 3
du Rédempteur, nous est enlevé en même temps ; il ne nous sera permis de le répéter que les jours où l'on célébrera sur la semaine quelque fête en l'honneur des Saints. L'Office de la nuit, le dimanche, va perdre aussi jusqu'à la Pâque son magnifique Hymne Ambrosien, Te Deum laudamus. Lorsque le Sacrifice sera achevé, le diacre ne congédiera plus l'assemblée des fidèles par ces solennelles paroles : Ite^ Missa est ; il invitera seulement le peuple chrétien à continuer sa prière dans le silence, en bénissant le Dieu de miséricorde, qui a daigné ne pas nous rejeter, malgré nos iniquités.
Après le Graduel de la Messe, à l'endroit où V Alléluia, \.v OIS fois répété, préparait nos cœurs à s'ouvrir pour écouter la voix du Seigneur lui-même, dans la lecture de son saint Evangile, nous entendrons l'expressive mélodie du Trait, qui rendra les sentiments de repentir, d'instante supplication, d'humble confiance, qui doivent être les nôtres en ces jours.
Afin que nos yeux aussi soient avertis que la période où nous entrons est un temps de deuil et de tristesse, la sainte Eglise revêtira, le Dimanche et les jours où elle n'aura pas à fêter quelque Saint, la sombre couleur violette. Elle laisse cependant encore, jusqu'au Mercredi des Cendres, le diacre se parer de la dalmatique et le sous-diacre de la tunique ; mais, à partir de ce jour, ils devront déposer ces vêtements de joie, en attendant que l'austère Quarantaine, qui doit s'ouvrir alors, inspire à la sainte Eglise d'exprimer de plus en plus ses tristesses, par la
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suppression de tout ce qui ressentirait encore en quelque chose la pompe dont elle aimait, en d'autres temps, à environner les autels du Dieu qu'elle adore.
[es joies du temps de Noël semblent avoir fui loin de nous. A peine avons-nous pu jouir quarante jours de l'allégresse que nous avait apportée la naissance de l'Emmanuel, et déjà le ciel de la sainte Eglise s'est assombri, et on nous annonce que bientôt il apparaitra couvert de teintes plus lugubres encore. Avons-nous donc perdu pour jamais celui
3ue nous attendîmes avec tant d'anxiétés et 'espérances durant les semaines mélancoliques de l'Avent ; et celui qui se montra enfin à nous comme le Soleil de justice, at-il donc détourné sa course, pour la diriger Ipin d'une terre coupable ?
R-assurons-nous. Le Fils de Dieu, le fils de Marie, ne nous a point quittés. Le Verbe s'est fait chair, et c'est afin d'habiter parmi nous. Une gloire plus grande encore que celle de sa naissance au milieu des concerts angei6 Le Temps de la Septuagésime.
liques, lui est réservée, et nous devons la partager avec lui. Mais cette gloire, il doit Tacheter au prix de mille souffrances : il ne l'obtiendra que par la plus cruelle et la plus ignominieuse des morts ; et, si nous voulons avoir part au triomphe de sa Résurrection, il nous faut le suivre dans la voie douloureuse qu'il arrose de ses larmes et qu'il teint de son sang.
Bientôt la voix sévère et maternelle de l'Eglise se fera entendre pour nous convier à la pénitence quadragésimale ; mais, auparavant, dans le cours rapide des trois semaines de préparation à ce laborieux baptême, elle veut que nous nous arrêtions à sonder la profondeur des plaies que le péché a faites à nos âmes. Rien n'égale, sans doute, les charmes et la douceur de l'Enfant qui nous est né ; mais les leçons d'humilité et de simplicité qu'il nous a données ne suffisent plus aux besoins de nos âmes. Cette victime de la plus redoutable justice a crû rapidement ; déjà l'autel sur lequel on l'immolera se dresse ; et comme c'est pour nous qu'elle y doit expirer, le temps presse de nous demander compte à nous-mêmes des obligations que nous avons contractées envers cette justice qui s'apprête à sacrifier l'innocent à la place des coupables.
Le mystère d'un Dieu qui daigne s'incarner pour les hommes a ouvert pour nous les sentiers de la Vie illionmative ; mais nos yeux sont appelés à contempler une lumière plus vive encore. Que notre cœur ne se trouble pas ; les divines merveilles de Bethléhem seront dépassées au jour de la victoire
Pratique du Temps de la Septuagésime. ij
de l'Emmanuel ; mais notre œil, s'il veut contempler ces merveilles, a besoin de s'épurer, en plongeant sans faiblesse son regard jusqu'au fond de l'abîme de nos misères. La lumière de Dieu ne nous sera pas refusée pour accomplir cette oeuvre de justice ; et si notis parvenons à nous connaître nousmêmes, à nous rendre compte de la profondeur de la chute originelle, à apprécier la malice de nos fautes"^ personnelles , à comprendre, du moin; en quelque degré, l'immense miséricorde du Seigneur envers nous, c'est alors que nous serons préparés aux salutaires expiations qui nous attendent, aux joies ineffables qui doivent les suivre.
Le temps où nous entrons est donc consacré aux plus graves pensées, et nous ne saurions mieux exprimer les sentiments que l'Eglise attend du chrétien dans cette partie de Tannée, qu'en traduisant ici quelques traits de l'éloquente exhortation que, dans le xi« siècle, le grand Yves de Chartres adressait à son peuple, à l'ouverture de la Septuagésime. « L'Apôtre l'a dit : Toute créa« ture gémit, et elle est dans les douleurs de « l'enfantement . Nous-mêmes, qui avons les « prémices de l'Esprit, nous gémissons aussi, « attendant l'adoption des enfants et le rachat '( de notre corps ^. Cette créature qui gémit, « c'est l'âme retirée de la corruption cm pé« ché, et qui, déplorant son sort d'être assu« jettie encore à tant de vanités, souffre les « douleurs de l'enfantement, aussi longtemps « qu'elle est éloignée de la patrie. C'est le
i8 Le Temps de la Septuagésime.
« cri du Psalmiste : Hélas ! pourquoi mon <( exil se prolonge-t~il ' ? L'Apôtre lui-même, « qui avait reçu TEsprit-Saint, étant l'un des « premiers membres de l'Eglise, dans son « anxiété de recevoir en effet l'adoption des (' enfants que déjà il possédait en espérance, « disait • Je voudrais tnourir et être avec « Jésus-Christ -. Nous devons donc durant
0 ces jours, plus encore qu'en tout autre
« temps, nous livrer aux gémissements et « aux larmes, pour mériter,"par l'amertume (i et les lamentations de notre cœur, de re« tourner dans cette patrie dont nous exi« lèrent ces joies qui donnent la mort. Pleu« rons donc durant le voyage pour nous « réjouir au terme; parcourons l'arène de la « vie présente, de manière à saisir au bout t< le prix de l'appel céleste. Ne soyons pas ces « voyageurs insensés qui oublient leur pa« trie, s'attachent au lieu de l'exil et restent « en route. Ne soyons pas ces malades « insensibles qui ne savent pas chercher le « remède à leurs maux. On désespère de la vie '( de celui qui n'a pas conscience de son mal. « Courons au médecin du salut éternel. « Découvrons-lui nos blessures; faisons-lui « entendre ce cri intime : Aye^ pitié de tnoi, c( Seigneur, car je suis infirme : guérisse:^- « ynoi. Seigneur, car tous mes os sont ébran<i lés'i. C'est alors que notre médecin nous
V pardonnera nos iniquités, qu'il guérira
■^ toutes nos langueurs, qu'il comblera tous « nos désirs pour'le bien. » Comme on le voit, le chrétien au temps de
I. Psalm. cxis. — 2. Philip, i, 23. — 3. Psalm. vi.
Pratique du Temps de la Septitagésime. ig
la Septuagésime, s'il veut entrer dans l'esprit de r'E^lise, doit faire trêve à cette fausse sécurité, à ce contentement de soi qui s'établissent trop souvent au fond des âmes molles et tièdes, et n'y produisent que la stérilité. Heureux encore lorsque ces dispositions n'amènent pas insensiblement l'extinction du véritable sens chrétien ! Celui qui se croit dispensé de cette vigilance continuelle tant recommandée par le Sauveur i, est déjà sous la main de l'ennemi ; celui qui ne sent le besoin d'aucun combat , d'aucune lutte pour se maintenir et pour cheminer dans le bien, à moins d'avoir été honoré d'un privilège aussi rare que dangereux, doit craindre de ne pas être dans la voie de ce royaume de Dieu qui ne s'enlève cjue de vive force - ; celui qui oublie les pèches que la miséricorde de Dieu lui a pardonnes, doit redouter d'être le jouet d'une illusion périlleuse 3. Rendons gloire à Dieu dans ces jours que nous allons consacrer à la courageuse contemplation de nos misères, et venons puisser, dans la connaissance de nous-mêmes, des motifs nouveaux d'espérer en celui que nos faiblesses et nos fautes n'ont point empêché de s'abaisser jusqu'à nous, pour nous relever jusqu'à lui.
I. Marc, xiii, Sy. — 2. Matth. xi, 12. — 3. EcclL
;erere mei, Deus. secundum magnam misericordiam tuam.
lu temps de la Septuagésime, le chrétien, à son réveil, s'unira à la sainte Eglise qui, dès le point du jour, commence la psalmodie des Laudes par ces paroles du Roi-Prophète :
AYEZ pitié de moi, ô Dieu, selon votre grande miséricorde.
Il adorera profondément cette Majesté que le pécheur devrait craindre, et qu'il offense cependant avec tant d'audace et d'ingratitude, et il accomplira sous cette impression les premiers actes intérieurs et extérieurs de religion q^ui doivent ouvrir sa journée. Le moment étant venu de faire la Prière du Matin, il pourra puiser en cette manière, dans les prières de l'Eglise elle-même, la forme de ses sentiments.
Prière du Matin.
'abord, la louange très sainte Trinité.
ENissoKs Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit :
^. Louons-le et exaltonsle dans tous les siècles.
f. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
^. Comme il était au commencement . maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
et l'adoration à la
Jlj trem et Filium, cum Sancto Spiritu.
B. Laudemus et superexaltemus eum insaîcula.
y. Gloria Patri. et Filio. et Spiritui Sancto ;
^. Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in ssecula sœculorum. Amen.
Puis, la louange à Jésus-Christ, notre Sauveur :
i 'NJ ous vous adorons, ô ^'IN Christ 1 et nous vous bénissons,
^. De ce que. par votre sainte Croix, vous avez racheté le monde.
^' A Christe, et benedicimus tibi.
E. Quia per sanctam Crucem tuam redemisti mundum.
Ensuite rinvocation au Saint-Esprit
VEXEZ, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.
VENI, Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium. et tui amoris in eis iornem accende.
Après ces actes fondamentaux, on récitera l'Oraison Dominicale, demandant àDieu qu'il daigne se souvenir de ses miséricordes, et pardonner nos offenses, nous aider dans les tentations et dans les périls dont notre condition est semée, et enfin nous délivrer du mal, en effaçant en nous jusqu'aux dernières
2 2 Le Temps de la Septuagésime.
traces du péché qui est le mal de Dieu, et qui entraîne après lui le souverain mal de l'homme.
l'oraison dominicale.
NOTRE Père qui êtes aux cieux. que votre Nom soit sanctiSé ; que votre règne arrive : que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonnez-nous nos offenses , comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laisse^ pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.
On adressera ensuite la Salutation Angélique à Marie, en lui rappelant avec amour et confiance qu'elle est le Refuge assuré des pécheurs qui l'implorent.
PATER noster, qui es in cœlis, sanctificetur Nomen tuum : adveniat regnum tuum :fiat volunta? tua sicut in coelo, et in terra.
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie : et dimitte nobis débita nostra. sicut et nosdimittimus debitoribus nostris : et ne nos inducas in tentationem : sed libéra nos a malo. Amen.
AVE. Maria, gratia plena, Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus. et benedictus fructus ventris tui, Jésus.
Sancta Maria, Mater Dei. ora pro nobis peccatoribus. nunc et in hora mortis nostrae. Amen.
JE vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à 1 heure de notre mort. Ainsi soit-il.
Il convient de réciter ensuite le Symbole
Prière du Matin.
de la Foi, qui contient les dogmes que nous devons croire, et en particulie'r celui qui doit remplir nos cœurs d'espérance, le dogme de la remission des péchés. Animons-nous à mériter, par notre retour sincère et le renouvellement de notre vie, que le Sauveur, après la sainte Quarantaine à laquelle nous nous préparons dé)à, nous dise aussi ces paroles si douces au cœur de l'homme repentant : Alle^, vos péchés vous sont remis.
JE crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la \'ierge Marie, a souffert sous PoncePilate. a été crucifié, est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers : le troisième jour, est ressuscité des morts : est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu, le Père lout-puissant ; d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit. la sainte Eglise Catholique, la communion des Saints, la rémission des pèches, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il.
CREDO in Deum, Patrem omnipotentem, creatorem cœli et terrae.
Et in Jesum Christum Filium ejus unicum. Dominum nostrum • qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine. passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepultus : descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis : ascendit ad coelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis : inde venturus est judicare vivos et mortuos.
Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam Catholicam,
Sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen.
Après la Profession de Foi, on s'efforcera
Le Temps de la Septuagésime.
d'entrer dans les sentiments de regret et de componction au souvenir des péchés qu'on a commis, et on récitera un des sept Psaumes de la Pénitence., en plaçant le premier au Dimanche, le second au lundi, et ainsi de suite Ces admirables cantiques, qui ont servi d'expression aux douleurs de David après son péché, ne sauraient être trop familiers au chrétien dans le temps de la Septuagésime. Nous les avons placés à la fin de ce volume.
Puis, on confessera humblement ses péchés, en se servant pour cela de la formule générale usitée dans l'Eglise :
CONFITEOR Deo omnipotenti. beatae Marise semper Virgini. beato Michaeli Archangelo, beato Johanni Baptistas, sanctis Apostolis Petro et Paulo. et omnibus Sanctis. quia peccavi ni-* mis, cogitatione. verbo. et opère : mea culpa. mea culpa , mea rtaxima culpa.
Ideo precor beaîam Mariam semper Virginem. beatum Michaelem Archangelum , beatum Johannem Baptistam , sanctos Apostolos Petrum et Paulum, et omnes Sanctos, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.
Misereatur nostri omJE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, et à tous les Saints, que j'ai beaucoup péché, an pensées, en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute.
C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les Apôtres saint Pierre et saint Paul, et tous les Saints, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Que le Dieu tout-puissant
Prière du Matin.
ait pitié de nous, qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Ainsi soit-il.
Que le Dieu tout-puissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit-il.
nipotens Deus, et dimissis peccatis nostris, perducat nos ad vitam seternam. Amen.
Indulgentiam. absolutionem. et remissionem peccatorum nostrorum t ribuat nobis omnipotens et misericors Dominus. Amen.
Ici, on pourra faire la Méditation, si Ton est dans l'usage de ce saint exercice. Elle doit principalement porter, au temps de la Septuagésime, sur l'état auquel l'homme s'est trouvé réduit après son péché ; sur la nécessité de combattre sans relâche une nature corrompue, dont les penchants et les entraînements ne vont qu'à nous perdre ; sur la gravité du pèche actuel, les biens dont il prive rhomme, et les châtiments qu'il amène à sa suite ; sur l'ineffable bonté de Dieu qui vient lui-même offrir la réconciliation au pécheur, et qui fera succéder aux saintes tristesses du temps présent et aux expiations qui doivent s'y joindre, une joie sans mélange, une douce paix et tout le bonheur d'une vie renouvelée en Jésus-Christ.
La Méditation étant achevée, et même dans le cas où l'on eût été empêché de la faire, on demandera à Dieu par les prières suivantes la grâce d'éviter toute sorte de péchés durant la journée qui commence, disant, toujours avec l'Eglise :
EIGNEUR, exaucez tna prière ;
OMiNE , exaudi o ra t io n e m
Le Temps de la Septuagésime.
^. Et clamor meus ad te veniat.
B?. Et que mon cri vienne jusqu'à vous.
parr^OMiNE. Deus omni■^ potens, qui ad principium hujus diei nos pervenire fecisti, tua nos hodie salva virtute, ut in hac die ad nuUum declinemus peccatum ; sed semper ad tuam justitiam faciendam nostra procédant eloquia, dirigantur cogitationes et opéra. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sascula saeculorum. Amen.
SEIGNEUR Dieu tout-puissant, qui nous avez fait parvenir au commencement de ce jour, sauvez-nous aujourd'hui par votre puissance, afin que, durant le cours de cette journée, nous ne nous laissions aller à aucun péché; mais que nos paroles, nos pensées et nos œuvres tendent toujours à l'accomplissement de votre justice. Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
On implorera ensuite le secours diA^in pour bien faire toutes les actions de la journée, disant trois fois :
in adjutorium meum
tende.
1^. Domine, ad adjuvandum me festina.
f. Deus. in adjutorium meum intende.
B?. Domine, ad adjuvandum me festina.
f. Deus. inadjutorium meum intende.
R|. Domine, ad adjuvandum me festina.
^ /^ Dieu, venez à mon '• \J aide !
if. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
f. O Dieu, venez à mon aide !
^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
f. O Dieu, venez à mon aide !
^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Prière du Soir.
DAIGNEZ, Seigneur Dieu, Roi du ciel et de la terre, diriger, sanctifier, conduire et gouverner, en ce jour, nos cœurs et nos corps, nos sentiments, nos discours et nos actes, suivant votre loi et les œuvres de vos préceptes ; afin que, ici-bas. et dans léternité, nous méritions, par votre secours, ô Sauveur du monde. d"ètre sauvés et affranchis ; vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. "Bf. Ainsi soit-il.
pviRIGERE et sanctifi-L^ care, regere et gubernare dignare. Domine Deus. Rex cœli et terrae. hodie corda et corpora nostra, sensus, sermones et actus nostros. in lege tua. et in operibus mandatorum tuorum : ut hic et in aeternum, te auxiliante. salvi et liberi esse mereamur, Salvator mundi. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum.
^. Amen.
Dans le cours de la journée, il sera convenable de s'occuper des lectures et prières qui sont assignées ci-après au Propre du Temps et au Propre- des Saints. Le soir étant arrivé, on pourra faire la Prière en la manière suivante.
APRÈS le signe de la Croix, adorons la Majesté divine qui a daigné nous conserver pendant cette journée, et multiplier sur nous, a chaque heure, ses grâces et sa protection. On pourra ernprunter, à cet etfet. l'Hymne suivante que l'Eglise chante à l'Office du soir.
E soleil a disparu avec ses feux: Lumière éternelle.
JAM sol recedit igneus ; TuLuxperennis, Unitas,
2 s.
Le Temps de la Septuagésime.
Nostris, beata Trinitas, Infunde lumen cordibus.
Te mane laudum carmine, Te deprecamur vespere : Digneris, ut te supplices Laudemus inter cœlites.
Patri simulque Filio, Tibique.Sancte Spiritus, Sicut fuit, sit jugiter Ssclum per omnegloria.
Amen.
y. Vespertina oratio ascendat ad te. Domine.
^. Et descendat super nos misericordia tua.
Unité divine, Trinité bienheureuse, répandez vos clartés dans nos cœurs.
Dès le matin, nous vous offrons nos louanges ; le soir, nous vous adressons encore le tribut de nos prières ; daignez nous admettre à vous louer un jour parmi les habitants des cieux.
Gloire soit à jamais, comme elle fut toujours, au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint 1 Amen.
y. Que notre prière du soir monte vers vous. Seigneur,
^. Et que votre miséricorde descende sur nous.
Après cette Hymne, on récitera l'Oraison Dominicale, la Salutation Angélique et le Symbole des Apôtres, en la manière qui a été marquée ci-dessus pour la Prière du matin.
On fera ensuite l'Examen de conscience, en repassant dans son esprit toutes les fautes de la journée, reconnaissant combien le péché nous rend indignes des desseins de Dieu sur nous, et prenant la résolution ferme de l'éviter à l'avenir, d'en faire pénitence et d'en fuir les occasions.
L'examen étant terminé, on récitera le Confiteor avec une componction sincère, et l'on ajoutera un acte explicite de contrition, pour lequel on pourra se servir de cette forPrière du Soir. 2 g
mule que nous empruntons à la Doctrine Chrétienne ou Catéchisme du Vénérable Cardinal Bellarmin :
MON Dieu, je suis grandement affligé de vous avoir offensé, et je me repens de tout mon cœur de mes péchés : je les hais et les déteste au-dessus de tout autre mal, parce que. en péchant, non seulement j'ai perdu le Paradis et mérité l'Enfer, mais bien plus encore parce que je vous ai offensée. Bonté infinie, digne d'être aimée par-dessus toutes choses. Je fais un ferme propos de ne jamais plus vous offenser à l'avenir, moyennant votre divine grâce, et de fuir l'occasion du péché.
On pourra ajouter les Actes de Foi, d'Espérance et de Charité, à la récitation desquels Benoît XI\' a attaché sept ans et sept quarantaines d'indulgence pour chaque fois.
ON Dieu, je crois fermement tout ce que la sainte L Eglise Catholique-Apostolique-Romaine m'ordonne de croire, parce que vous le lui avez révélé, vous qui êtes la Vérité même.
MON Dieu, connaissant cjue vous êtes tout-puissant, infiniment bon et miséricordieux, j'espère que, par les mérites de la Passion et de la mort de Jésus-Christ, notre Sauveur, vous me donnerez la vie éternelle, que vous avez promise à quiconque fera les œuvres d'un bon Chrétien, comme je me propose de faire avec votre secours. •
ON Dieu, connaissant que vous êtes le souverain Bien, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses ; je suis disposé à tout perdre plutôt que
3o Le Temps de la Septiiagésime.
de vous offenser : et aussi, pour votre amour, j'aime et veux aimer mon prochain comme moi-même.
On s'adressera ensuite à la très sainte Vierge, récitant en son honneur l'Antienne que l'Eglise lui consacre depuis la fête de la Puritication jusqu'à Pâques.
AVE Regina ccelorum, Ave Domina Angelorum : Salve radix, salve porta. Ex qua mundo lux est
orta ; Gaude. Virgo gloriosa, Super omnes speciosa : Vale. o valde décora. Et pro nobis Christum exora. y. Dignare me laudare te. Virgo sacrata;
^. Da mihi virtutem contra hostes tuos.
SALUT, Reine des cieux! Salut, Souveraine des
Anges ! Salut. Tige féconde ! Salut, Porte du ciel, par laquelle la lumière s'est levée sur le monde! Jouissez de vos honneurs. 6 Vierge glorieuse, qui l'emportez sur toutes en beauté ! Adieu, ô toute belle, et implorez le Christ en notre faveur.
j^.Souffrez, ô Vierge sainte, que je célèbre vos louanges;
]^. Donnez-moi courage contre vos ennemis.
DAIGNEZ, Ô Dieu plein de miséricorde, venir au secours de notre fragilité, afin que nous qui célébrons la mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous puissions, à laide de son intercession, nous affranchir des liens de nos iniquités. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Il est convenable d'ajouter ici les Litanies de la sainte \'ierge, à la récitation desquelles
CONCEDE , misericors Deus. fragilitati nostrse praesidium : ut, qui sanctae Dei Genitricis memoriamagimus, intercessionis ejus auxilio, a nostris iniquitatibus resurgamus. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Prière du Soir.
3i
les souverains Pontifes ont accordé trois cents jours d'indulgence pour chaque fois.
SEIGNEUR, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Dieu Père, du haut descieux. ayez pitié de nous.
Dieu Fils, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Dieu Saint-Esprit, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez, etc.
Sainte Vierge des vierges.
Mère du Christ.
Mère de la divine grâce.
Mère très pure.
Mère très chaste.
Mère inviolable.
Mère sans tache.
Mère aimable.
Mère admirable.
Mère du bon conseil
Mère du Créateur.
Mère du Sauveur.
Vierge très prudente.
Vierge digne de tout honneur.
Vierge digne de toute louange.
Vierge puissante.
TRIE, eleison.
Christe, eleison. Kyrie, eleison. Christe, audi nos. Christe, exaudi nos. Pater de cœlis, Deus,
miserere nobis. Fili, Redemptor mundi,
Deus, miserere nobis. Spiritus Sancte, Deus,
miserere nobis. Sancta Trinitas, unus
Deus, miserere nobis. Sancta Maria, ora pro
nobis. Sancta Dei Genitrîx, ora,
etc. Sancta Virgo virginum. Mater Christi. Mater divinae gratiae. Mater purissima. Mater castîssima. Mater inviolata. Mater intemerata. Mater amabilis Mater admirabilis. Mater boni consilii. Mater Creatoris. Mater Salvatoris. Virgo prudentissima. Virgo veneranda.
Virgo prsdicanda.
Virgo potens.
Le Temps de la Septuagésime.
Virgo clemens.
Virgo fidelis.
Spéculum justitiae.
Sedes Sapientiae.
Causa nostrae lastitiae.
Vas spirituale.
Vas honorabile.
Vas insigne devotionis.
Rosa mystica.
Turris Davidica.
Turris eburnea.
Domus aurea
Fœderis arca.
Janua cœli.
Stella matutina.
Salus infirmorum.
Refugium peccatorum.
Consolatrix afflictorum.
Auxilium Christianorum.
Regina Angelorum.
Regina Patriarcharum.
Regina Prophetarum.
Regina Apostolorum.
Regina Martyrum.
Regina Confessorum.
Regina Virginum.
Regina Sanctorum omnium.
Regina sine labe originali concepta.
Regina sacratissimi Rosarii.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis. Domine. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos. Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
\'ierge clémente.
Vierge fidèle.
Miroir de justice.
Siège de la Sagesse.
Cause de notre joie.
Vase spirituel.
Vase honorable.
Vase insigne de dévotion.
Rose mystique.
Tour de David.
Tour d'ivoire.
Maison d'or.
Arche d'alliance.
Porte du ciel.
Etoile du matin.
Salut des infirmes.
Refuge des pécheurs.
Consolatrice des affligés.
Secours des Chrétiens.
Reine des Anges. Reine des Patriarches. Reine des Prophètes. Reine des Apôtres. Reine des Martvrs. Reine des Confesseurs. Reine des Vierges. Reine de tous les Saints.
Reine conçue sans la tache
originelle. Reine du très saint Rosaire.
Agneau de Dieu, quiôtezles péchés du monde, pardonnez-nous. Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exauceznous. Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Prière du Soir.
T. Priez pour nous, sainte Mc,re de Dieu ;
^. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
t. Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix ;
%. Ut digni eflBciamur promissionibus Ghristi.
C EIGNEUR Dieu, daignez ac^ corder à nous vos serviteurs, la grâce de jouir constamment de la santé de l'âme et du corps ; et, par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge, délivrez-nous de la tristesse du temps présent, et faites-nous jouir de l'éternelle félicité. Par JésusChrist notre Seigneur. Amen.
/'^ONCEDE nos famulos ^-^ tuos, quaesumus Domine Deus. perpétua mentis et corporis sanitate gaudere : et gloriosa beatae Mariaesemper virginis intercessione, a praesenti liberari tristitia. et aeterna perfrui laetitia. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
On s'adressera ensuite aux saints Anges, dont la protection nous est si nécessaire à toute heure, et surtout au milieu des ténèbres de la nuit, en disant avec l'Eglise :
SAINTS Anges , nos diens. défendez-nous le combat, afin que nous périssions pas au jour jugement redoutable.
f. Dieu a commandé à Anges.
"Bf.. De vous garder d toutes vos voies.
prlaos
du
SANCTI Angeli, custodes nostri, defendite nos in praslio. ut non pereamus in tremendo judicio.
f. Angelis suis Deus mandavit de te.
Vf. Ut custodiant te in omnibus viis tuis.
ODiEU qui. par une providence ineffable, daignez commettre vos saints Anges à notre garde, accordez à vos humbles serviteurs
EUS , qui ineffabili providentia sanctos Angelos tuos ad nostram custodiam mittere dignaris : largire supplici34 Le Temps de la Septuagésime.
bus tuis, et eorum semper protectione defendi, et Eeterna societate gaudere. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
d'être sans cesse défendus par leur protection et de jouir éternellement de leur société. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.
Puis on implorera, toujours avec l'Eglise, le suffrage des Saints par la prière suivante:
omnes , intercedere dignemini pro nostra omniumque salute. f. Laetamini in Domino et exsultate, justi ;
^. Et gloriamini, omnes recti corde.
Ant. s
AINTS de Dieu , daignez tous intercéder pour notre salut et celui de tous.
J. Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, et tressaillez d'allégresse ;
^. Et vous qui avez le cœur droit, glorifiez-vous en lui. .
P ROTEGE. Domine, po-^ *■ pulum tuum , et Apostolorum tuorum Pétri et Pauli. et aliorum Apostolorum patrocinio confidentem , perpétua defensione conserva.
OMNES Sancti tui. quaesumus Domine, nos ubique adjuvent ; ut dum eorcm mérita recolimus. patrocinia sentiamus : et pacem tuam nostris concède temporibus, et ab Ecclesia tua cunctam repelle nequitiam : iter. actus. et voluntates nostras, et omnium famulorum tuorum, in salutis tuae prosperitate dispone :
P ROTÉGEZ, Seigneur, votre '- peuple, et pour la confiance qu'il a en l'intercession de vos Apôtres Pierre et Paul et des autres Apôtres, daignez le conserver par une assistance continuelle.
QUE tous vos Saints, nous vous en supplions, Seigneur, nous aident en toute rencontre ; afin que, honorant leurs mérites, nous ressentions leur patronage. Accordez votre paix en nos jours ; éloignez de votre Eglise toute sorte de malice: conduisez nos voies, nos actions et nos volontés, et celles de tous vos serviteurs, dans la prospérité du salut que
Prière du Soi
vous nous préparez ; donnez les biens célestes pour récompense à nos bienfaiteurs, et accordez à tous les fidèles défunts le repos éternel. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
benefactoribus nostris sempiterna bona rétribue : et omnibus fidelibus defunctis requiem aeternam concède. Per Christum Dorainum nostrum. Amen.
On pourra faire ici une mention spéciale des Saints auxquels on aurait une dévotion particulière, comme des saints Patrons et autres, et aussi de ceux dont l'Eglise fait l'Office ou la Mémoire ce jour-là.
Après quoi on s'occupera des besoins de l'Eglise souffrante, demandant à Dieu pour les âmes du Purgatoire un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix, et récitant à cet effet les prières accoutumées. PS.A.U.ME cxxix.
Du fond de l'abîme, j'ai crié vers vous. Seigneur : Seigneur, écoutez ma voi.x.
Que vos oreilles soient attentives aux accents de ma supplication. ^
Si vous recherchez les iniquités. Seigneur : Seigneur, qui pourra subsister ?
Mais, parce que la miséricorde est avec vous, et à cause de votre loi, je vous ai attendu. Seigneur.
Mon àme a attendu avec confiance la parole du Seigneur, mon àme a espéré en lui.
Du point du jour à l'arrivée de la nuit, Israël doit espérer dans le Seigneur.
DE profundis clamavi ad te, Domine : ' Domine , e.xaudi vocem meam.
Fiant aures tuas intendentes : ' in vocem deprecationis meae.
Si iniquitates observaveris. Domine : * Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est : * et propter legem tuam sustinui te. Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus : ' speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noctem : * speret Israël in Domino.
Le Temps de la Septuagésime.
Quia apiid Dominum misericordia : * et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël : * ex omnibus iniqu'itatibus ejus.
Requiem îeternam dona eis. Domine ' et lux perpétua luceat eis.
y. A porta inferi.
K- Erue, Domine, animas eorum.
f . Requiescant in pace.
fi. Amen.
y Domine . exaudi orationem meam :
^. Et clamor meus ad te veniat.
Car dans le Seigneur est la miséricorde, et en lui une abondante rédemption.
Et lui-même rachètera Israël de toutes ses iniquités.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.
t. Des portes de l'enfer,
1^. Arrachez leurs âmes, Seigneur.
f. Qu'ils reposent en paix.
^. Amen.
t. Seigneur, exaucez ma prière ;
^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
FIDELIUM Deus omnium Conditor et Redemptor. animabus famulorum famularumque tuarum. remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut indulgentiam. quam semper optaverunt, p i i s supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in ssecula saeculorum. Amen.
ODiEU , Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés ; afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours ; vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.
C'est ici le lieu de prier en particulier pour les âmes des défunts qui nous intéressent particulièrement ; après quoi on demandera à Dieu son secours pour traverser sans danger les périls de la nuit. On dira donc encore avec l'Eglise :
Prière du Soir.
gneur , durant la veille ; gardez-nous durant le sommeil • afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
y. Daignez. Seigneur, durant cette nuit,
^. Nous garder de tout péché.
f. Ayez pitié de nous. Seigneur !'
^. Ayez pitié de nous.
f. Que votre miséricorde soit sur nous, Seigneur 1
^. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
]^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
^ ■ ■ O D o m i n e ,
vigilantes ; custodi nos
dormientes ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.
t. Dignare, Domine, nocte ista,
^. Sine peccato nos custodire.
y. Miserere nostri, Domine.
^. Miserere nostri.
f. Fiat misericordia tua. Domine, super nos,
^. Quemadmodum speravimus in te.
f. Domine , exaudi orationem meam ;
Vf. Et clamor meus ad te veniat.
VISITEZ, s'il vous plaît. Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de Tennemi ; que vos saints Anges y habitent , qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du SaintEsprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
VISITA, quaesumus Domine, habitationem istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea. qui nos in pace custodiant. et benedictio tua sit super nos semper Per Dominum nostrum Jesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et régnât inunitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecuia saeculorum. Amen.
Enfin, pour terminer la journée en la manière qu'on l'a commencée, on adressera
Le Temps de la Septuagésime.
encore au Seigneur les paroles du Roi-Prophète :
;erere mei. Deus, secundum magnam misericordiam tuam.
AYEZ pitié de moi. ô mon . Dieu, selon votre grande miséricorde.
»^îl
E chrétien, dans les jours de la Septuagésime, s'il sait entrer ^■;t'S^^ dans l'esprit de l'Eglise, voit C^^^^O croître en lui ce sentiment de ^^^^ la crainte de Dieu, qui, selon le
Psalmiste, est « le commencement de la sagesse ». La vue de sa misère originelle, le souvenir de ses péchés, l'atten^te des jugements de Dieu, l'arrachent à la mollesse dans laquelle il a trop longtemps vécu. Il lui faut donc un refuge, un secours puissant et salutaire qui ranime en son cœur cette espérance chrétienne, sans laquelle il ne peut être enfant de Dieu. Il lui faut plus encore : il a besoin d'une Victime de propitiation qui apaise en sa faveur la colère céleste, d'un Sacrifice au moven duquel il puisse désarmer ce bras red'outable qu'il sent levé contre ses iniquités. Cette Victime est prête, ce Sacrifice d'un
40 Le Temps de la Septuagésime.
mérite infini est mis à notre disposition U" Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde est encore sur cette terre. Sa naissance nous a comblés de bonheur; les joies que nous avons goûtées près de son berceau, et qui tout à coup ont fait place à d'austères pensées, renaîtront plus vives au jour de son triomphe ; mais en attendant ce jour fortuné qui nous ramènera près de lui purifiés et animés d'une nouvelle vie, nous pouvons toujours compter sur ses mérites pour opérer la régénération de nos âmes Lors donc que nous voulons présenter à Dieu le sacrifice de notre cœur contrit et humilié, si nous voulons le rendre plus acceptable, approchonsnous de l'autel, et supplions la Mctime qui s"y offre pour nous, de joindre ses mérites iîifinis à nos faibles œuvres. Quand nous sortirons de la maison de Dieu, le poids de nos péchés sera déjà grandement allégé, la confiance en la divine miséricorde aura pris un nouvel accroissement ; et. renouvelé par la componction, l'am.our s'élèvera vers Dieu plus fort et plus sincère.
Nous allons maintenant essayer de réduire à la pratique ces sentiments, dans une explication des Mystères de la sainte Messe, nous etforçant d'initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d'Actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les paroles et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre.
Aux trois Simanches de Septuagésime, de Sexagésime et de Quinquagésime, la Messe est toujours célébrée selon le rite sévère du
T^ Messe.
temps où nous sommes. Ces dimanches ne céderaient ia place qu'au Patron ou à la Dédicace de l'Eglise dans laquelle on célèbre. La prérogative "du Mercredi des Cendres est plus inviolable encore : la Messe de cette Férié n'est jamais omise. Hors ces quatre jours, il se rencontre, dans le temps de la Septuagésime, un nombre assez considérable de Fêtes en l'honneur des Saints. L'Eglise alors dépose ses couleurs de deuil, et célèbre le saint Sacrifice à la mémoire de ces amis de Dieu.
Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'eau bénite, et en beaucoup d'Eglises, la Procession, devront d'abord intéresser la piété.
Pendant l'Aspersion, nous demanderons avec David, dont l'Eglise emprunte les parole^, que nos âmes, purifiées par Vhysope de l'humilité, redeviennent plus Dlanches que la neige.
VOUS m'arroserez , Seigneur, avec l'hysope. et je serai purifié ; -«O"^ "^^ ^^~ verez, et je deviendrai plus blanc que la neige.
Ps. O Dieu, ayez pitié de moi, selon votre grande miséricorde. Gloire au Père. Vous m'arroserez.
'f. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde ;
^. Et donnez-nous le Salut que vous nous avez préparé.
ASPERGES me, Domine, hyssopo, et mundabor : lavabis me, et super nivem dealbabor.
Ps. Miserere mei , Deus, secundum magnam misericordiam tuam. Gloria Patri. Asperges me.
f. Ostende nobis. Domine , misericordiam tuam ;
^. Et Salutare tuum da nobis.
Le Temps de la Septuagésime.
V. Domine, exaudi orat->'nem meam :
^. Et clamor meus ad te veniat.
y. Dominas vobiscum ;
fî. Et cum spiritu tuo.
EXAUDI nos . Domine sancte. Pater omnipotens, aeterne Deus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis. qui custodiat . foveat^ protegat. visitet, atque defendat omnes habitantes in hoc habitaculo. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
La Procession nous montre l'Eglise qui se met en marche pour aller au-devant du Seigneur. Suivons-la avec empressement, et souvenons-nous qu'il est écrit que « le Seigneur est plein de bonté pour l'âme qui le cherche sincèrement i w.
Enfin, le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre est au pied de l'autel, Dieu est attentif, les Anges adorent, toute l'Eglise est unie au Prêtre qui n'a qu'un même sacerdoce, une même action avec Jésus-Christ, le souverain Prêtre. Faisons avec lui le signe de la Croix.
I. Thren.
y. Seigneur, exaucez ma prière ;
P^. Et que mon cri monte ; jusqu'à vous.
f. Le Seigneur soit avec vous :
pj. Et avec votre esprit.
EXAL"CEZ-Nous , Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, et daignez envoyer du ciel votre saint Ange qui garde, protège, visite et défende tous ceux qui sont rassemblés en ce lieu. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
La Messe.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
Je m'unis. 6 mon Dieu ! à votre sainte Eglise qui tressaille dans l'espoir de contempler bientôt dans les splendeurs de sa résurrection Jésus-Christ votre Fils , l'Autel véritable.
Comme elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.
C'est en vous que j'ai mis mon espérance ; et cependant je me sens triste et inquiet, à cause des embûches qui me sont tendues.
Faites-moi donc voir, lorsque mon cœur en sera digne, celui qui est la Lumière et la Vérité : c est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.
Il est le médiateur, l'autel vivant ; je m'approcherai de lui. et je serai dans la joie.
Quand je l'aurai vu, je chanterai avec allégresse, O mon àme 1 ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.
Espère en lui ; bientôt il se montrera en toi, vainqueur de cette mort qu'il aura subie en ta place, et tu ressusciteras avec lui.
IN nomine Patris , et Filii . et Spiritus Sancti. Amen.
y. Introibo ad altare Dei,
^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
Judica me . Deus , ei discerne causam meam de gente non sancta • ab homine iniquo et doloso erue me.
Quia tu es, Deus. fortitudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo, dum afBigit me inimicus ?
Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in raontem sanctum tuum, et in tabernacula tua.
Et introibo ad altare Dei : ad Deum qui laeti6cat juventutem meam.
Confitebor tibi in cithara Deus. Deus meus : quare tristis es. anima mea ? et quare conturbas me ?
Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei, et Deus meus.
Le Temps de la Septuag-ésime.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculoruiû. A- men.
J. Introibo ad altare Dei,
^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
J. Adjutorium nostrum in nomine Domini,
fi. Qui fecit cœlum et terram.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
Comme il était au- commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Je vais donc mapprocher de l'autel de Dieu, et sentir la présence de celui qui veut rajeunir mon âme.
Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.
Cette pensée, qu'il va paraître devant le Seigneur, fait naître dans l'âme du Prêtre un vif 'sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d'une telle grâce. Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur qu'il daigne lui faire miséricorde ; car le Prêtre est'votre père ; il' est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.
Faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour avec contrition :
CONFITEOR Deo omnipotenti. beatœ Mariae semper Virgini. beato Michaeli Archangelo. beato Johanni Baptistae. sanctis Apostolis Petro et Paulo. omnibus Sanctis, et tibi. Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opère :
JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous , mon Père . que j"ai beaucoup péché en pensées, en paroles et en œuvres : par
La Messe.
ma faute, par ma faute, par ma très grande faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste. les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints. et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
mea culpa, mea culpa. mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem. beatum .Michaelem Archangelum, beatum Johannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et te, Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.
Recevez avec reconnaissance le souhait paternel du Prêtre qui vous dit :
UE le Dieu toutpuissant ait pitié de vous, qu'il vous remette vos péchés et vous conduise à la vie éternelle.
^. Amen.
y. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémission de nos péchés.
Vf. Amen.
vestri omnîpotens Deus, et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam aeternam.
"Bf. Amen.
f. Indulgentiam. absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum. tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus
BJ. Amen
Relevez maintenant la tète, et appelez le secours divin pour vous approcher de JésusChnst.
f O Dieu, d'un seul regard vous nous donnerez la vie ;
'Bf. Et votre peuple se réjouira en vous.
i. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde ;
f. Deus. tu conversus vivificabis nos ;
^. Et plebs tua Isetabltur in te.
^. Ostende nobis. Domine , misericordiam tuam ;
4^ Le Temps de la Septuagésime.
ic. Et Saluiare tuum da nobis.
y. Domine , exaudi orationera meam ;
K. Et clamor meus ad te veniat.
^. Et donnez-nous de connaître et d'aimer le Sauveur que vous nous avez envoyé.
f. Seigneur, exaucez ma prière ;
^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
Le Prêtre vous salue, en vous quittant, pour monter à l'autel.
y. Dominus vobiscum ;
f. Le Seigneur soit avec vous ;
Répondez-lu-i avec révérence :
â. Et cum spiritu tuo. | :ç. Et avec votre esprit.
Il monte les degrés, et arrive au Saint des Saints. Demandez pour lui et pour vous la délivrance des péchés.
AUFER a nobis. quaïsumus Domine, iniquitates nostras ; ut ad Sancta Sanctorum puris mereamur mentibus introire. PerChristum Dominum nostrum. Amen.
FAITES disparaître de nos cœurs, ô mon Dieu ! toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.
Quand le Prêtre baise l'autel par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :
ORAMLS te. Domine, per mérita Sanctorum tuorum quorum reliquiae hic sunt. et omnium Sanctorum. ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.
GÉNÉREUX soldats de Jésus-Christ . qui avez mêlé votre sang au sien, faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.
La Messe.
Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel avec pompe, et cette fumée qui s'exhale de toutes les parties de l'autel signifie la prière de l'Eglise qui s'adresse à JésusChrist, et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la majesté de son Père.
Le Prêtre dit ensuite l'Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d'ouverture dans lequel l'Eglise laisse s'échapper tout d'abord les sentiments qui l'animent.
Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore, car ils demandent miséricorde. En les proférant, l'Eglise s'unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l'Autel du ciel, qui est le même que celui de la terrre.
Au Père
' EIGNEUR, ayez pitié ! ^ Seigneur, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
" YRIE, eleison, k. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
A u Fils :
Christ, ayez pitié ! Christ, ayez pitié ! Christ ayez pitié !
Christe, eleison. Christe, eleison. Christe, eleison
Au Saint-Esprit :
Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié Seigneur, ayez pitié
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Ainsi que nous l'avons exposé plus haut, l'Eglise s'interdit, au Temps de la Septuagésime, l'Hymne céleste que les Anges entonnèrent sur le berceau du Messie. Cependant, si elle doit célébrer la fête d'un Saint, elle
Le Temps de la Septuagésime.
reprend, pour ce jour-là, ce beau cantique dont le début semble plutôt convenir au ciel qu'à la terre. La seconde partie est plus en rapport avec .les besoins et les craintes de l'homme pécheur. Nous y rappelons au Fils éternel du Père qu'il est aussi VAgyieau, qu'il est descendu pour effacer nos péchés. Nous le supplions d'avoir pitié de nous, d'écouter notre humble prière. Insistons sur ces sentiments qui conviennent si particulièrement au temps où nous sommes.
GLOIRE à Dieu au plus haut des cieus, et. sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté.
Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions, nous vous rendons grâces, à cause de votre grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi céleste. Dieu Père tout-puissant !
GLORIA in excelsis Deo. et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te : benedicimus te : adoramus te : glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus Rex cœ- lestis. Deus Pater omnipotens.
Domine. Fili unigenite. Jesu Christe.
Domine Deus. Agnus Dei. Filius Patris.
Qui toUis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Qui sedes ad dexteram Patris. miserere nobis.
Quoniam tu solus Sanctus, tu solus DomiSeigneur Jésus-Christ , Fils unique !
Seigneur Dieu. Agneau de Dieu. Fils du Père T
Vous qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Vous qui ôtez les péchés du monde, recevez notre humble prière.
Vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous.
Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur,
.4 la Messe.
vous êtes le seul Très-Haut, ô Jésus-Christ ! avec le SaintEsprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.
nus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in g'cria Dei Patris. Amen.
Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s'assurer de la continuation de son attention religieuse à l'Action sublime qui se prépare.
Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps," ou au Propre des Saints, et surtout en répondant Amen avec le ministre qui sert la Messe.
On lira ensuite TEpître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres, ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament. En faisant cette lecture, on demandera à Dieu de protiter des enseignements qu'elle renferme.
Le Graduel est un intermède entre la lecture de l'Epître et celle de l'Evangile. Il remet sous nos yeux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer, et s'élever plus avant dans les hauteurs du mystère.
Dans les autres temps de l'année, l'Eglise fait ici retentir le divin Alléluia ; mais elle a suspendu cette marque suprême de son allégresse, jusqu'à ce que son Epoux ait traversé la mer d'amertume où nos péchés Tont submergé. En place, elle fait entendre quel5o Le Temps de la Septuagésime.
ques versets des Psaumes en rapport avec l'ensemble des prières de chaque Messe : ce chant s'appelle le Trait; nous en avons parlé ailleurs.
Si c"est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère, qui consistée annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre ; et l'ayant obtenue, il se rend bientôt au lieu d'où il doit chanter l'Evangile. A la Messe basse, le Prêtre le lit lui-même.
Pour préparation à le bien entendre, on
Êeut dire en union avec le Prêtre et avec le liacre :
MUXDA cor meum ac labia mea. oranifotens Deus, qui labia saiae Prophetœ calcule mundasti ignito : ita me tua grata miseratione dignare mundare , ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare. Per Christum Dominum nostrum. A.men. Dominus sit in corde meo, et in labiis meis , ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum: In nomine Patris. et Filii , et Spiritus Sancti. Amen.
SEIGNEUR . purifiez mes oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle, et que je la conserve dans mon cœur ; par Jésus-Christ votre Fils, notre SeigneurAmen.
Donnez à vos ministres la grâce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau , nous nous réunissions tous en vous à jamais.
On se tiendra debout, par respect, pendant la lecture de l'Evangile ; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paLa Messe.
rôles du Prêtre ou du Diacre, Que le cœur donc soit prêt, et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit : « Mon âme s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le bien-aimé me parlait. » Mais tous n'ont pas cet amour. Disons-lui du moins, avec l'humble soumission de Samuel : « Parlez, Seigneur ; votre serviteur écoute. »
Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La Foi est le don suprême de Dieu. C'est par elle que nous percevons oc la lumière qui luit au milieu des ténèbres, et que les ténèbres de Vincrédulité n'ont point comprise )). La foi seule nous apprend ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons. Seule, elle nous enseigne la voie pour retourner à Dieu, quand nous nous sommes écartés de lui. Aimonscette foi par laquelle nous serons sauvés, si nous la fécondons par les œuvres; et disons avec l'Eglise Catholique :
J£ crois en un seul Dieu. le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles.
Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu ; qui est né du Père avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; qui n'a pas été fait, mais engendré, consubstantiel au Père, par qui toutes choses ont été faites. Qui est descendu
CREDO in unum Deum, Patrem omnipotentem . factorem cœli et terrae . visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum. Et ex Pâtre natum ante omnia saecula. Deum de Dec. lumen de lumine. Deum verum de Deo vero. Genitum. non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt.
52 Le Temps de la Septuagésime.
Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : et homo FACTUS EST. Crucifixus etiam pro nobissubPontio Pilato, passus. et sepultus est. Et resurrexit tertia die , secundum Scripturas. Et ascendit in cœlum . sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem : qui ex Pâtre Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur. et conglorificatur : qui locutus est per Prophetac. Et Unam, Sanctam, Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confite or unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et expecto resurrectionemmortuorum, etvitam venturi sa?culi. Amen.
des cieux pour nous autres hommes, et pour notre salut ; et qui a pris chair de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit ; et qui s'est fait homme. Qui a été aussi crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; qui a souffert, qui a été mis dans le sépulcre ; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Et qui est monté au ciel, qui est assis à la droite du Père, et qui viendra encore avec gloire pour juger les vivants et les morts ; et dont le règne n'aura point de fin.
Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du Fils ; qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Eglise qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Je confesse qu'il y a un Baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.
Le cœur du Prêtre et celui du peuple doivent maintenant être prêts; il est temps de préparer TolFrande elle-même. Nous entrons dans cette seconde partie de la sainte Messe qui est appelée Oblation, et qui fait suite à celle qu'on désigne sous le nom de
La Messe.
Messe des Catéchumènes, parce qu'elle était autrefois la seule à laquelle les aspirants au Baptême eussent le droit de prendre part.
Voici donc que le pain et le vin vont être offerts à Dieu, comme les plus nobles éléments de la création matérielle, puisqu'ils sont destinés à la nourriture de l'homme; mais ce n'est là qu'une figure grossière de leur destination dans le Sacrifice chrétien. Leur substance va bientôt s'évanouir; il n'en demeurera plus que les apparences. Heureuses créatures qui cèdent la place au Créateur ! Nous aussi nous sommes appelés à éprouver une ineffable transformation, lorsque, comme dit i'Apôtre, « ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie ». En attendant, offrons-nous à Dieu pendant que le pain et le vin lui seront présentés; et rendons gloire à celui qui, en prenant notre nature humaine, nous a rendus participants de la nature divine.
Le Prêtre salue encore le peuple, pour l'avertir d'être de plus en plus attentif. Lisons avec lui l'Offertoire, et quand il présentée Dieu l'Hostie, joignons-nous à lui et disons ;
TOUT ce que nous avons, Seigneur, vient de vous et est à vous : il est donc juste que nous vous le rendions. Mais combien vous êtes admirable dans les inventions de votre puissante charité ! Ce pain que nous vous offrons va bientôt céder la place à votre sacré Corps : recevez, dans une même oblaSUSCIPE, sancte Pater, omnipoiens aeterne Deus , hanc immaculatam hostiam. quam ego indignus famulus tuus offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis , et pro omnibus circumstantibus , sed et
Le Temps de la Septuagésime.
pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis : utmihi et illis proficiat ad salutem in vitam œternam. Amen.
tion . nos cœurs qui voudraient vivre de vous, et non plus d'eux-mêmes.
Quand le Prêtre met dans le calice le vin auquel il mêle ensuite un peu d'eau, afin de représenter l'union de la nature divine à la nature humaine dans la personne de THomme-Dieu, pensez au divin mystère de rjncarnation, principe de notre salut et de nos espérances, et dites :
DEL'S qui humanae substantiae dignitatem
SEIGNEUR, qui êtes la véritable Vigne , et dont le sang , comme un vin généreux, s'est épanché sous le pressoir de la Croix, vous daignez unir votre nature divine à notre faible humanité figurée ici par cette goutte d'eau ; venez nous faire participants de votre divinité, en vous manifestant en nous par votre douce et puissante visite.
mirabiliter condidisti. et mirabilius reformasti : da nobis per hujus aquae et vini mysterium. ejus divinitatis esse consortes. qui humanitatis nostrœ fieri dignatus est particeps . Jésus Christus . Filius tuus . Dominus noster. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus. per omnia sœcula sasculorum. Amen.
Le Prêtre offre ensuite le mélange de vin et d'eau, priant Dieu d'avoir pour agréable cette oblation dont la figure va bientôt se transformer en réalité ; pendant ce temps, dites en union avec lui ;
OFFERIMUS tibi, Domine, calicem salutaris, tuam deprecantes
AGRÉEZ ces dons, souverain Créateur de toutes choses ; qu'ils soient ainsi préLa Messe.
parés pour la divine transformation qui, de cette simEle offrande de créatures, va lire l'instrument du salut du monde.
clementiam : ut in conspectu divinae Majestatis tuae. pro nostra et totius mundi salute, cura odore suavitatis ascendat. Amen.
Puis le Prêtre s'incline, après avoir élevé les dons, humilions-nous avec lui, et disons:
SI nous avons la hardiesse d'approcher de votre autel, Seigneur, ce n'est pas que nous puissions oublier ce que nons sommes. Faitesnous miséricorde, afin que nous puissions paraître en la présence de votre Fils, qui est notre Hostie salutaire.
IN spiritu humilitatis, et in animo contrito suscipiamur a te. Domine : et sic fiât sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi. Domine Deus.
Invoquons ensuite l'Esprit-Saint, dont l'opération va bientôt produire sur l'autel la présence du Fils de Dieu, comme elle la produisit au sein de la Vierge Marie, dans le divin mystère de l'Incarnation.
VENEZ, Esprit divin, fécon- -ir E N i , Sanctificatoi
der cette offrande qui V omnipotens, œterne
est sur l'autel, et produire Deus , et benedic hoc
en nos cœurs celui que nos sacrificium tuo sancto
cœurs attendent. Nomini praeparatum.
Si c'est une Messe solennelle, le Prêtre, avant de passer outre, prend pour la seconde fois l'encensoir. Il encense le pain et le vin qui viennent d'être offerts, et ensuite l'autel lui-même, afin que la prière des fidèles, signifiée par la fumée de ce parfum, devienne de plus en plus ardente, à mesure que le moment solennel approche davantage.
56 Le Temps de la Septuagésime.
Mais la pensée de son indignité se ranime plus forte encore au cœur du Prêtre. La confession publique qu'il a faite au pied de l'autel ne suffit plus à sa componction. A Tautel même, il donne en présence du peuple un témoignage solennel du pressant besoin qu'il éprouve de se purifier à l'approche de Dieu : il lave ses miains. Or, les mains signifient les œuvres; et le Prêtre, s'il porte en"iui-même, comme Prêtre, le caractère de Jésus-Christ, est un homme par les œuvres. Que les fidèles s'humilient en contemplant ainsi l'humilité de leur Père , et disent comme lui :
LAVABO inter innocentes manus meas et circumdabo altare tuum, Domine.
Ut audiam vocem laudis : et enarrem universa mirabilia tua.
Domine, diiexi decorem domus tuae : et locum habitationis glorias tuae.
Ne perdas cum impiis. Deus, animam meam : et cum viris sanguinum v:- tam meam.
In quorum manibus iniquitates sunt : dextera eorum repleta est muneribus.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum : redime me. et miserere mei.
Pes meus stetit in diJE veux laver mes mains, Seigneur, et me rendre semblable à ceux qui sont dans l'innocence, pour être digne d'approcher de votre autel, d'entendre vos sacrés Cantiques, et de raconter vos merveilles. J'aime la beauté de votre Maison, le lieu dont vous allez faire l'habitation de votre gloire. Ne me laissez pas retourner, o Dieu ! dans la compagnie de vos ennemis et des miens. Depuis que votre miséricorde m'en a retiré, je suis revenu à l'innocence, en rentrant en grâce avec vous ; mais ayez encore pitié de mes faiblesses, rachetez-moi encore, vous qui avez, par votre bonté, remis mes pas dans le sentier ; ce dont je
La Messe.
vous rends grâces au milieu de cette assemblée. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ; comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
recto : in ecclesiis benedicam te. Domine.
Gloria Patri. et Filio, et Spiritui Sancto ;
Sicuterat in principio, et nunc et semper. et in saecula saeculorum. A- men.
Le Prêtre, rassuré par l'acte d'humilité
au'il vient d'accomplir, reparaît au milieu e l'autel et s'incline respectueusement. Il demande à Dieu de recevoir avec bonté le Sacrifice qui va lui être offert, et détaille les intentions de ce Sacrifice. Offrons avec '"'
TRINITÉ sainte, agréez ce Sacrifice ainsi préparé, qui va renouveler la mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ . notre Seigneur. Souffrez que votre Eglise y joigne l'intention d'honorer la glorieuse Vierge qui nous a donné le divin fruit de ses entrailles, les saints Apôtres Pierre et Paul, les Martyrs dont les ossements attendent la résurrection sous cet autel, et les Saints dont aujourd'hui nous honorons la mémoire. Augmentez la gloire dont ils jouissent, et qu'ils daignent eux-mêmes intercéder pour notre salut.
lui.
SUSCIPE. sancta Trinitas, hanc oblationem, quara tibi offerimus ob memoriam Passionis, Resurrectionis , et Ascensionis Jesu Christi Domini nostri. et in honorera beatse Mariœ semÎer \'irginis, et beati ohannis Baptiste . et sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, et istorum. et omnium Sanctorum : ut illis proficiat ad honorera, nobis autem ad salutem : et illi pro nobis intercedere dignentur in cœlis, quorum raemoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre se tourne une dernière fois vers le peuple. Il sent le besoin de raviver encore
58 Le Temps de la Septuagési'me.
Tardeur des fidèles ; mais la pensée de son indignité ne l'abandonne pas. Il veut s'appuyer sur les prières de ses frères, avant d'entrer danslanuée avec le Seigneur. Il dit donc :
RATE . fratres : ut | D riez, mes Frères, afin que
meum ac vestrum 1 mon Sacrifice , qui est sacrificium acceptabile i aussi le vôtre, soit acceptable fiât apud Deum Patrem auprès de Dieu le Père toutomnipotentem. j puissant.
Cela dit, ii se retourne, et les fidèles ne verront plus sa face, j-usqu'à ce que le Seigneur lui-même soit descendu. Rassurez-le. en lui répondant par ce souhait :
SUSCIPIAT Dominus sa- ! /^ UE le Seigneur reçoive crificium de manibus | v^ ce Sacrifice de vos tuis, ad laudem et glo- | mains, pour la louange et la riamNominissui. ad uti- gloire de son Nom. pour litatem quoque nostram. | notre utilité et pour celle de totiusque Ecclesise suae | toute sa sainte Eglise.
sanctîe.
Le Prêtre récite les Oraisons secrètes^ dans lesquelles il offre les vœux de toute l'Eglise pour l'acceptation du Sacrifice, et bientôt il s'apprête à remplir l'un des plus grands devoirs de la religion, VActioyi de grâces. Jusqu'ici, il a adoré, il a demandé miséricorde ; il lui reste encore à rendre grâces pour les bienfaits octroyés par la munificence du Père, et dont le' principal est l'incarnation du Verbe. Dans l'attente du bienfait de la nouvelle visite du Fils de Dieu, le Prêtre, au nom de l'Eglise, va ouvrir la bouche et épancher la reconnaissance du monde entier. Pour exciter l'enthousiasme des fidèles qui priaient
La Messe. 5g
en silence avec lui, il termine son Oraison à haute voix :
DANS tous les siècles des 1 p er omnia saecula saesiècles. I i culorum.
Réunissez-vous à lui, et répondez : Amen ! Il vous salue en disant :
Le Seigneur soit avec 1 Dominus vobiscum. vous. I
Répondez-lui :
Et avec votre esprit. | Et cum spiritu tuo.
Puis il dit :
Les cœurs en haut ! | Sursum corda!
Répondez avec vérité :
Nous les avons vers le Sei- 1 Habemus ad Domigneur. | num.
Puis il ajoute :
Rendons grâces au Sei- I Gratias agamus Dogneur notre Dieu. | mino Deo nostro.
Protestez du fond de votre âme :
C'est une chose digne et 1 Dignum et justum est. juste. I
Alors, le Prêtre :
OUI, c est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux. Seigneur saint. Père tout-puissant , Dieu
VERE dignum et justum est, aequum et salutare. nos tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte . Pater omnipotens, aeterne
Deus ; qui cum unigenito Filio tuo et Spiritu Sancto. unus es Deus. unus es Dominus. . Non in unius singularitate personae . sed in unius Trinitate substantiœ. Quod enim de tua gloria. révélante te. credimus. hoc de Filio tuo. hoc de Spiritu Sancto. sine difFerentia discretionis sentimus. Ut in confessione verse sempiternaque Deitatis. et in personis proprietas, et in essentia unitas, et in majestate adoretur œqualitas. Quam laudant Angeli. atque Archangeli, Cherubim quoque ac Seraphim. qui non cessant clamare quotidie, una voce dicentes :
éternel qui, avec votre Fils unique et le Saint-Esprit, êtes un seul Dieu, un seul Seigneur ; non en ne faisant qu'une seule personne, mais trois en une seule substance. Car, ce que nous croyons, sur ce que vous avez révélé, au sujet de votre gloire, nous le croyons aussi, sans aucune difiFérence, de votre Fils et du Saint-Esprit : en sorte que, confessant une véritable et éternelle Divinité, nous adorons la propriété dans les personnes, l'unité dans l'essence et l'égalité dans la majesté. C'est le sujet de la louange éternelle des Anges et des Archanges, des Chérubins et des Séraphins, qui ne cessent de crier d'une VOIX unanime : Saint ! Saint ! Saint ! etc.
ui.
Cette Préface se dit le Dimanche. Nous plaçons ici la Préface commune, que l'on emploie à toutes les Messes qui n'en ont pas ds propre.
VERE dignum et justum est. œquum et salutare, nos -tibi semper et ubique gratias agere : Domine sancte. Pater omnipotens, atterne Deus; per Christum Dominum nostrum. Per quem majestatem tuam laudant Angeli. adorant Dominationes, tremunt Polestates ; Cœli cœlorumque Virtutes, ac beata Seraphim, socia exsultac'est une chose digne juste, équitable et salutaire , de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint. Père tout-puissant . Dieu éternel , par Jésus-Christ notre Sfiigneur : par qui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adorent , les Puissances la révèrent en tremblant, les Cieuxet les Vertus des cieux, et les heureux Séraphins la célèbrent
La Messe.
6i
tione concélébrant. Cum quibus et nostras voces, ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicentes.
avec transport. Daignez permettre à nos voix de s'unir à leurs voix, afin que nous
Euissions tous dire dans une umble confession : Saint ! Saint ! Saint !
Unissez -VOUS au Prêtre, qui lui-même s'unit aux Esprits bienheureux pour honorer la suprême Majesté, et dites aussi :
S AN c TU s , Sanctus , Sanctus Dominus Deus sabaoth !
Pleni suntcœli et terra gloria tua.
Hosanna in escelsisl
Benedictus qui venit in nomine Domini. Hosanna in excelsis 1
SAINT, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées !
Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire.
Hosannah au plus haut des cieux !
Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur.
Hcsannah soit à lui au plus haut des cieux !
Le Canon s'ouvre après ces paroles : prière mystérieuse, au milieu de laquelle le ciel s'abaisse et Dieu descend. On n'entendra plus retentir la voix du Prêtre; le silence se fait, même à l'autel. Qu'un respect profond apaise nos distractions, contienne toutes nos puissances : suivons d'un œil respectueux tous les mouvements du Prêtre.
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacritïcateur est pour l'Eglise Catholique, sa Mère et la nôtre :
Dieu, qui vous manifestez au milieu de nous
TE igitur . démentissime Pater, per JeLe Temps de la Septuagésime.
3um Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus. uti accepta habeas et benedicas' hac dona, hœc munera. haec sancta sacrificia illibata ; in primis quae tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta Catholica : quam pacificare custodire .
adunare, et regere digneris toto orbe terrarum. una cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis. atque catbolicae et apostolicce fidei cultoribus.
Priez maintenant, personnes qui vous EMENTO , Domine .
par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre SaintPère le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez notre Evèque qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.
avec le Prêtre, pour les intéressent davantage:
Dieu ! de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquezleur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
famulorum famularumque tuarum N. et N., et omnium circumstantium. quorum tibi fides cognita est, et nota devotio • pro quibus tibi offerimus . vel qui tibi ofFerunt hoc sacrificium laudis pro se, suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.
Faisons mémoire des Saints,qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de Jésus-Christ :
La Messe.
memoriam vénérantes, in primis gloriosae semper Virginis Mariaj, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum. Pétri et Pauli, Andréa?. Jacobi, Johannis . Thomae . Jacobi , Philippi, Bartholomasi, Matthaei . Simonis et Thaddaei : Lini. Cleti, Clementis. Xysti, Cornelii. Cypriani, Laurentii, Chrysogoni. Joannis et Pauli. Cosm£e et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas , ut in omnibus protectionis tuae muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontite de l'ancienne loi sur la victime tigurative, pour désigner ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
MAIS non seulement, ô mon Dieu ! l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagére de l'épreuve : il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur ; des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais, comme eux, dans le séjour de votre gloire.
LIGNEZ recevoir, ô Dieu 1 cette offrande que toute votre famille vous présente,
ANC igitur oblationem servitutis nostrœ, sed et cunctje fami64 J^e Temps de la Septuagésîme.
liae tuae, quassumus Domine, ut placatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas. atque ab aeterna damna'tione nos eripi. et in elecîorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. A- men.
Quam oblationem tu. Deus, in omnibus, quaesumus. benedictam, adscriptam. ratam, rationabilem, accepLsbilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii îui Domini nostri Jesu Christi.
comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange. donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage : ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur !
Ici, le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jesus-Christ ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous ; car Dieu lui-même va descendre sur l'autel.
OUI pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum. ad te Deum Patrem suum omnipotentem. tibi gratias agens , benedixit , fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite. et manducate ex hoc omnes. Hoc est enim Corpus meum.
L'Agneau divin est maintenant au
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre ! Sauveur ! Messie tant désiré ! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maitre, de vous ou^Tir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur : Venez donc, Seigneur Jésus! venez !
La Messe. 65
de nous. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé ; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice les paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie ; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux An^es qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
SIMILI modo postquam cœnatum est . accipiens et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens. benedi.vit, deditque discipulis suis dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic EST enim CaLix Sanguinis mei. nove
SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige. Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
ET jETERNI TESTAMENTI : MVSTERIUM FIDEI : QUI PHO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDETUR IX RE.MISSIONKM
PECC.ATORU.M. Haec quotiescumquc feceritis, in mei memoriam facietis.
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu ; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que TOblation gui est devant lui n'est plus ime offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint. It t nce et memores, Doi'Hoslie si longtemps | vJ mine, nos servi tui.
Le Temps de la Septuagésime.
ced et plebs tua sancta. ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatœ Passionis. nec non et ab inferis Resurrectionis , sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : ofiFerimus prîeclarae Majestati tuas de tuis donis ac datis, Hostiam puram. Hostiam sanctam. Hostiam "immaculatam : Panem sanctum vitœ aeternae, et Calicem salutis perpetUÎB.
Supra quae propitio ac sereoo vultu respicere digneris, et accepta habere. sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel. et sacrificium Patriarche nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech . sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert . qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils : mais il est aussi notre Hostie. Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.
SUPPLICES te rogamus. omnipotens Deus : jubé hase perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum in conspectu divinae MaMAis, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre diLa Messe.
vine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
;estatis tuae : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii lui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum ûominum nostrum. Amen.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons que le Libérateur qui est descendu daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel, ie sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont cnères.
MEMEXTOetiam, Domine, famulorum fami.-- larumque tuarum A'. atA", qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine , et omnibus in Christo quiescenlibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
N'excluez personne de votre visite, ô Jésus ! Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous
6 s Le Temps de la Septuagésime.
faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce ' Sacrifice que nous vous ofi^rons. et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification : par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais !
NOBis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus. partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus : cum Johanne. Stephano, Mathia. Barnaba, Ignatio, Alexandre. Marceliino. Petro, Felicitate. Perpétua. Agatha, Lucia, Agnete, Caecilia, Anastasia. et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non œstimaîor meriti, sed veniae. quaîsumus. largitor ad■mitte; per Christum Dominum nostrum. Per quem hœc omnia. Domine, semper bona créas, sanctificas. vivificas, benedicis.et prœstas nobis : per ipsum, et cum ipso, et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotent!, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur Tautel ; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine Victime, afin de montrer qu'elle est maintenant immortelle ; puis, élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus
La Messe. 6 g
noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fiin au Canon ; le silence des mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications, il sollicite poiir ses pri'ères l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :
DANS tous les siècles des I D er omnia saecula saesiècles. I A culorura.
Répondez avec toi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :
19. Amen ! je crois le mys- B?. Amen, tère qui s'est opéré, je m'unis à l'offrande qui a été faite et aux demandes de l'Eglise.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ ! Pourraitelle n'être pas agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il :
INSTRUITS par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :
OR E iM u s. Prœcepîis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :
N^ OTRE Père qui êtes aux I rj ater noster. qui es in cieux, que votre Nom soit |L cœlis : Sanctificetur
7 0 Le Temps de la Septuagésime.
Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua sicut in cœlo. et in terra. Panem nosîrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra . sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.
sanctifié ; que votre règne arrive : que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien; et pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
Répondons avec l'accent de notre misère:
Sed libéra nos a malo. I Mais délivrez-nous da
I mai.
Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière de'mande : Déliv7'e:{-nous du mal , et. certes, avec raison ; car le mal nous déborde, et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.
LIBERA nos, quaïsumus Domine, ab omnibus malis. prœteritis, praesentibus. et futuris intercedente beataet gloriosa semper Yirgine Dei Génitrice Maria. cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo , atque Andréa. etomnibusSanctis. da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordia tuae adjuti. et a peccato simus semper liberi . et ab omni periurbatione securi. Per eumdem Dominum nosiram Jesum Christum
TROIS sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents , c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme. sa faiblesse, et les tentations qui l'assiègent : enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions. Seigneur, de nous délivrer de tous ces maiiv^ et d'agréer en notre faveur l'entremise de
Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti D&us.
Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. AflFranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par JésusChrist votre Fils, qui vit et règne avec vous.
Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue, s'empresse de l'annoncer ; il conclut l'Oraison à haute voix :
ANS tous les siècles des siècles. Ç. Amen.
Puis il dit
1er omnia sascula s.-eculoruœ. œ. Amen.
Que la Paix du Seigneur! Pax Dominisit semper soit toujours avec vous. 1 vobiscum.
Répondez à ce souhait paternel :
TBjC. Et avec votre esprit. | iç. Et cum spiritu tuo.
Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusqu'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa Résurrection. Il divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et l'ayant séparée en trois f)arts, il met une de ces p'arts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Victime. Adorez et dites :
GLOIRE à vous, Sauveur du monde, qui avez sou£Fert
LJfC commixtio etcon*■ * secratio Corporis et
Le Temps de la Septuagésime.
San^uinis Domini nostri Jesu Christi, fiât acc'.pientibus nobis in vitam aeternam. Amen.
que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !
Priez maintenant l'Agneau divin qui a pris çur lui toutes nos iniquités, afin de les laver dans son Sang, et dites-lui avec la sainte Eglise:
AGNUS Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
_. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis Pacem.
AGNEAU de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du mondé, donneznous la Paix.
La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde ; il est le Prince de la Paix. Le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité Catholique ; puisque, comme parle TApôtre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la Paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Eglise qui est là réunie autour de l'autel. Implorez-la avec lui.
r\ OMINE Jesu Christe, '-^ qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis. pacem meam do vobis ; ne respicias pecSEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres : « Je vous laisse ma paix, « je vous donne ma paix ». ne regardez pas mes péchés ,
La Messe.
mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.
cata mea, sed fidem Ecclesiae tuœ : eamque secundum voluntatera tuam pacificare. et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saecula saeculorum.Amen.
Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle , donne le baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :
SEIGNEUR .lésus-Christ , Fils du Dieu vivant, qui. par la volonté du Père, et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrezmoi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.
Christe. vivi, qui
Fili Dei ex voluiitate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus , et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis maiis. et fac me tuis semper inhasrere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto, vivis et régnas Deus in ssecula saïculorum. Amen.
Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit. Autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.
Le Temps de la Septuagésime.
Qeigneur Jésus-Christ , faites que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que. par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.
Perceptio Corporis tui , Domine Jesu Christe. quod ego indignus sumere praesumo. non mihi pro%-eniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis , et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti, Deus. per omnia sjecula sœculorum.Amen.
Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dis pose à s'en communier, dites:
Qanem cœlestem accipiam. etNomen Domini invocabo.
Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, repétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangilei
Ceign'EUR. je ne suis pas ^ digne que vous entriez en moi : mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.
^ ENEZ, Seigneur Jésus !
OMISE, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.
Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene^, Seigneur Jésus ! ÇApoc.
Si vous ne devez pas communier sacraLa Messe.
mentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :
JE me donne à vous, ô mon Sauveur, pour être votre demeure ; faites en moi selon votre bon plaisir.
Ç^ ORPUS Domini nostri ^^ Jesu Christi custodiat animam meam in vitamaeternam. Amen.
OUE pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut . j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
Puis le Prêtre prend le Calice avec actions de grâces, disant :
r~) uiD retribuam Do^^ mino pro omnibus, quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Si vous devez communier, dans le moment où le Prêtre prend le Calice pour s'abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous et dites toujours : Vene^, Seigneur Jésus .'
Si, au contraire, vous faites seulement la Communion spirituelle, adoiez de nouveau Jésus-Christ, et dites:
E m unis a vous , o mon Sauveur ! Unissez-vous à moi : que nous ne nous séparions jamais !
C ANGUis Domini nostri
^ Jesu Christi custodiat animam meam ''n vitam astcrnam. Amen.
C'est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la Communion, au Temps de la Septuagésime, sont développés ci-après, Chapitre VI.
7^ Le Temps de la Septuagésime.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites ;
QL'OD ore sumpsimus. Domine, pura mente capiamus : et de munere temporal! fiât nobis remedium semplternum.
Pendant que le Prêtre puritîe le Calice pour Ja seconde fois, dites :
BENI soyez-vous , o mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.
CORPUS tuum, Domine, quod sumpsi. et Sanguis quem potavi , adhaereat visceribus meis : et praesta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum. Amen.
Le Prêtre .ayant lu l'Antienne dite Communion, qui est le commencement de l'Action de grâces, pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignezvous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, et demandez avec ardeur que l'esprit de componction vous accompagne toujours.
Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne
Vous m'avez visité dans le temps, ô mon Dieu 1 Fai tes que je garde les fruits d cette visite pour l'éternité.
La Messe.
laveur que Dieu tance; il dit :
vient d'accorder à l'assisSeigneur ous ".
soit avec
OMINUS vobiscura
Répondez-lui :
Et avec votre esprit.
Le Diacre ensuite,
1 le Prêtre lui-même, si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles :
Retirez-vous: la Messe 1 T te. Missa est.
I est finie. | 1
Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en répondant :
Grâces soient Dieu !
rendues à 1 Dec gratias.
Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir; priez avec lui :
r> LACEAT tibi. sancta
GRACES vous soient rendues, adorable Trinité. pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi. en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
Trinitas, obsequium servitutis mese. et praesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignas obtuli. tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus proquibusillud obtuli, sit. te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre étend ses mains et bénit, en disant :
QUE le Dieu tout-puissant 1 tj enedicat vos omnivous bénisse : le Père, | D potens Deus, Pater,
Le Teynps de la Septuagésime.
et Filius, Sanctus. î^. Amen.
et bpintus
le Fils et le Saint-Esprit fi. Amen.
Il lit enfin la leçon de l'Evangile de saint Jean qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui Ta porté à prendre notre chair et à habiter en nous, afin de nous arracher à nos ténèbres et de nous rendre enfants de Dieu.
vobis- .i T E Seigneur soit avec
^' L. vous ; spiritu B^. Et avec votre esprit.
um ; Et cum
Initium sancti Evangelii secundum Johannem.
IN principio erat Verbum. et Verbum erat apud Deum. et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum iacta sunt ; et sine ipso factum est nihil. Quod factura est, in ipso vita erat, et vita erst lux hominum : et lux in tenebris lucet, et tenebraeeam non comprehenderunt. Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testimonium. ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum.Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de luLe commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I.
. u commencement était le P^ Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la lumière des hommes: et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne Tont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la
La Messe.
lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu chez soi, elles siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.
mine. Erat lux vera quœ illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem receperunt eum, dédit eis potestaîem filios Dei fieri, his qui credunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis. neque ex voluntate viri. sed ex Deo nati sunt. Et Verbum
CARO FACTUM EST, et habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Pâtre, plénum gratiae et veritatis.
rx^
rayons dit précédemment, le chrétien auquel les fortes impressions du Temps de la Septuagésime ont révélé plus clairement sa misère originelle et la malice de ses propres fautes, doit s'empresser d'autant plus ardemment d'assister au divin Sacrifice dans lequel est offerte l'Hostie du salut. Mais devra-t-il, parce qu'il s'en reconnaît plus indigne que jamais, s'abstenir de participer à la chair vivifiante et purifiante de cette victime universelle ? Telle n'est pas l'intention du Rédempteur, qui est descendu du ciel, «on pour nous juger, mais pour nous sauver i. Il sait combien est longue et austère la voie qu'il nous reste à parcourir jusqu'au jour où nous nous reposerons avec lui dans les joies
La Communion, 8i
de sa Résurrection, Il a pitié de nous; \ craint de nous voir défaillir dans ta route ' ; et, pour cela, il nous otire l'aliment divin qui donne aux âmes lumière et force, et qui les soutient dans le labeur. Nous sentons le besoin de nous purifier davantage ; allons donc, d'un cœur humble et contrit, à celui qui est venu pour rendre à nos âmes leur beauté première. En même temps, souve nons-nous de cet avertissement solennel qu'il a daigné nous donner : « Si vous ne mangez « la cnair du Fils de l'homme, vous n'aurez « point la vie en vous -. w
Si donc le péché ne règne plus en nous, si nous l'avons effacé par une vraie contrition et une confession sincère, rendues efficaces par l'absolution du Prêtre, quelque grandes que nous apparaissent nos infirmités, ne nous éloignons pas du Pain de Vie 3 j car c'est pour nous que la table du Seigneur est dressée. Si nous sentons que les liens du péché nous captivent encore ; si, en réfléchissant sur nous-mêmes, au flambeau de la Vérité qui luit maintenant à nos yeux, nous découvrons dans nos âmes des taches que les préjugés mondains et une dangereuse mollesse nous avaient jusqu'ici empêché d'apercevoir, cherchons promptement la piscine du salut, et quand nous aurons fait notre paix avec le Dieu des miséricordes, hâtons-nous de venir recevoir le gage de notre réconciliation.
Allons donc à la table sainte, en ces jours de la Septuagésime, avec le sentiment profond
I. Matth. XV, 32, — 2. JoHAN. VI, 54. — 3. Ibid. Zo.
de notre indignité. Plus d'une fois peut-être nous y somrnes-nous présentés, dans le passé, avec une familiarité trop grande, faute Je comprendre assez notre néant, notre misère et la souveraine sainteté de celui qui s'unit ainsi à Thomme pécheur. Désormais, notre cœur se rendra plus de justice, et, réunissant dans un même sentiment l'humilité et la confiance, il répétera avec une entière sincérité ces paroles que l'Eglise emprunte au Centurion de l'Evangile, et qu'elle nous invite à redire au moment où elle nous donne le Pain de vie : « Seigneur, je ne suis « pas digne que vous entriez en moi; mais « dites seulement une parole, et mon âme (( sera guérie. »
Nous'formulerons ici, selon notre coutume les Actes pcKir la préparation à la sainte Communion dans ce saint temps, à l'usage des personnes qui sentiraient le besoin d'être aidées en cette manière, et nous ajouterons, pour complément, les Actes de l'Action de grâces.
ava?nT la communion.
LA grâce insigne que vous m'avez accordée, ô mon Dieu, en me faisant connaître les plaies de mon âme, m'a révélé toute la profondeur de mes maux. J'ai compris à quel point jetais dans les ténèbres, et quel besoin j'avais de votre divine lumière. Mais si le flambeau de la foi a éclairé pour moi les tristes ombres de ma nature, il m'a fait voir aussi tout ce que votre amour pour une créature ingrate vous a fait entreprendre, dans le but de la relever et de la sauver. C'est pour moi que vous avez
La Communion. 83
pris naissance dans une chair mortelle ; c'est pour moi que bientôt vous donnerez votre sang sur l'arbre de la croix ; tels sont les prodiges de votre bonté cjue vous m'ordonnez de croire. Je les crois, ô mon Dieu, avec autant de soumission que de reconnaissance. Mais je crois aussi d'une foi non moins vive que dans peu d'instants, par le plus ineffable des mystères, vous allez venir vous unir à moi dans votre Sacrement. Votre parole est formelle : malgré le cri de mon indignité, je m'abaisse devant votre souveraine raison. Il n'y a rien de commun entre le Dieu de sainteté et ma misère coupable ; cependant, vous dites que c'est vous-même qui venez à moi. Je tremble, mais je crois en vous, o Vérité éternelle ! Je confesse que votre amour pour moi est infini, et que rien ne saurait l'arrêter, quand il a résolu de se communiquer à son humble et infidèle créature.
ACTE d'humilité.
LORSQUE naguère je vous contemplais, ô mon Dieu, descendu des splendeurs de votre gloire au sein d'une fille des hommes, unissant à votre divine substance notre faible et mortelle nature, naissant enfin dans la crèche abandonnée d'une pauvre étable, de tels abaissements de la part d'un Dieu, en même temps qu'ils touchaient mon cœur, me révélaient toute la profondeur de mon néant. Je sentais mieux quelle distance infinie sépare la créature de son créateur, et je confessais avec bonheur ma bassesse, à la vue des miracles de votre amour. Aujourd'hui, ô mon Sauveur, ce n'est plus seulement la faiblesse de ma nature que je reconnais en moi ; le néant n'est pas coupable de n'être que le néant; mais ce que je considère avec effroi, c'est le mal qui m'a si longtemps dominé, qui règne encore par ses suites, par les tendances qu'il m'a inspirées, par la faiblesse avec laquelle je le combats. Adam, après son péché, alla se cacher, comme pour fuir vos regards ; et vous m'appelez en ce moment, non pour prononcer contre moi une trop juste sentence, mais pour me donner la plus grande marque de votre amour, pour m'unir à vous. Et vous êtes, ô mon Dieu, la sainteté même ! Je me rends à votre appel, car vous êtes mon maître, et nul ne sau84 Le Temps de la Septuagésime.
rait vous résister ; 'mais je m'humilie et m'anéantis devant votre Majesté offensée, la suppliant déconsidérer que c'est par ses ordres seulement que j'ose approcher d'elle.
AXS que me servirait de reconnaître, ô mon Sauveur, la grandeur et le nombre de mes fautes, si mon cœur n'était pas dans la résolution de s'en détacher pour jamais ? Vous voulez vous réconcilier avec votre ennemi, le presser contre votre cœur ; et il se contenterait de reconnaître l'honneur que vous lui faites, sans rompre la malheureuse cause qui lui fît encourir votre disgrâce et le mit en hostilité avec vous ! Il n'en peut être ainsi, ô mon Dieu 1 Je ne chercherai pas, comme mon premier père, à fuir inutilement l'œil de votre justice ; je me rends, tout tremblant, à l'invitation de votre amour ; mais mon cœur a renoncé sincèrement au péché ; je hais, je déteste cet ennemi de votre gloine et de mon bonheur. Désormais, je veux l'éviter et le poursuivre en moi, sans ménagement. Je romps avec cette mollesse qui engourdissait ma volonté, avec cette indifférence calculée qui endormait ma conscience, avec ces habitudes dangereuses qui entraînaient mon âme loin de vous. Ne rejetez pas, ô mon Dieu, un cœur contrit et humilié.
ACTE d'amour.
TEL est, ô mon Sauveur, votre amour pour nous en ce monde, que, selon votre consolante promesse, vous n'êtes pas venu pour juger, mais pour sauver. (JoHAN. III, 17.) Je ne m'acquitterais donc pas avec vous en ce moment, si je n'avais à vous offrir que cette crainte si salutaire qui m'a ramené à vous, que cette confusion si légitime qui porte le pécheur à trembler en votre présence. C'est dans votre amour que vous venez me visiter. Le sacrement qui va m'unir à vous est le sacrement de votre amour. Il faut donc que mon cœur ose vous aimer, qu'il vous aime avec plénitude, que le souvenir de ses infidélités accroisse en lui de plus en plus le besoin et le sentiment de votre amour. Aidez-le. ô jnon Dieu 1 rassurez-le ; chassez ses terreurs, et faitesLa Communion. 85
vous sentir à lui. C'est parce qu'il vous a craint qu'il s'est tourné vers vous ; s'il vous aime, il vous demeurera fidèle. O Marie ! 'refuge du pécheur ! aidez mon cœur à aimer celui qui est votre fils et notre frère. Saints Anges, qui vivez éternellement de cet amour qui ne s'est jamais éteint en vous, souvenez-vous qu'il m'a créé, comme vous-mêmes, pour l'aimer. Saints et Saintes, pour l'amour dont il vous enivre au ciel, daignez vous souvenir de moi, et préparer mon cœur à s'unir à lui.
ACTE d'adoration.
ous êtes en moi, Majesté de Dieu ! vous résidez en ce moment dans le cœur d'un pécheur ; c'est là votre temple, votre trône, le lieu de votre repos. Que ferai-je pour vous adorer dignement, vous qui avez daigné descendre jusque dans l'abîme de ma bassesse 'et ds ma misère ? Les Esprits bienheureux se voilent la face devant vous ; vos Saints déposent à vos pieds leurs couronnes immortelles ; et moi. qui suis encore dans la condition de pécheur, puis-je m'anéantir assez devant vous, qui êtes infini en puissance, en sagesse, en bonté ? Cette àme dans laquelle vous résidez en ce moment, osa se mesurer avec vous : souvent elle eut l'audace de vous désobéir et d'enfreindre vos volontés ; et vous venez en elle, et vous y faites descendre toutes vos grandeurs ! Recevez, ô mon Dieu, l'hommage qu'elle vous offre, à cette heure où elle succombe isous le poids de l'insigne honneur que vous lui faites. Oui. mon Dieu, je vous adore, je vous reconnais pour le souverain Etre, pour l'auteur et le conservateur de toutes choses, pour mon maître absolu : je confesse avec bonheur ma dépendance, et je vous offre de tout mon cœur mon humble service.
VOUS êtes grand, ô mon Dieu ! mais vous êtes aussi plein de bonté envers votre humble créature. Votre présence en moi n'est" pas seulement un trait de
86 Le Temps de la Septuagésime.
cette puissance qui se glorifie de la manière qu'elle veut ; elle est un nouveau gage de votre amour pour moi. Vous venez vous unir à mon âme, la rassurer, la régénérer, lui apporter tous les biens. Oh 1 qui me donnera de sentir un tel bienfait, de vous en remercier dignement ? Je ne le puis faire, ô mon Dieu ! car, dans ma faiblesse, je suis incapable de mesurer l'étendue de votre amour, et le besoin que j'avais de votre présence. Que si je viens à considérer les moyens qui sont à ma disposition pour reconnaître la faveur que vous me faites, je tombe accablé sous mon impuissance. Cependant vous voulez, ô mon Dieu, que ce cœur, tout faible qu'il est, vous rende grâces : vous prenez plaisir à recevoir l'hommage de sa chétive reconnaissance. Agréez-le donc ; mon âme tout entière vous l'ofire, en vous suppliant de lui révéler de plus en plus l'immensité de vos dons, et de prendre pitié de son insuffisance.
Aïs je ne puis m'acquitter avec vous que par l'a. mour. 0 mon souverain bien ! Vous m'avez aimé, vous m'aimez ; il faut que je vous aime. Vous m'avez supporté, vous m'avez pardonné, vous venez de me combler d'honneur et de richesse : en venant en moi, l'amour vous a fait accomplir tous ces prodiges, et c'est mon amour que vous demandez en retour du vôtre. La reconnaissance ne vous suffit pas ; vous voulez être aimé. Si je jette un regard sur le passé, ces longs jours qui s'écoulèrent loin de vous dans la désobéissance se présentent à ma pensée, et il me semble que je devrais fuir vos bontés. Mais où irais-je, ô mon Dieu, que je ne vous y porte avec moi. maintenant que vous êtes établi au centre de mon âme ? Je resterai donc : et, comme si jamais je ne vous eusse trahi, je réunirai toutes les forces de mon cœur, pour vous dire que je vous aime, que votre divine charité a rassuré mon âme, qu'elle est à vous, qu'elle vous préfère à tout, qu'elle met désormais toute sa joie, tout son bonheur â vous complaire, à faire vos volontés.
La Communion.
JE sais, ô mon Dieu, que ce que vous demandez de moi. ce n'est pas l'efimsion passagère d'un cœur touché de vos bontés. Vous m'avez aimé de toute éternité, vous m'avez gardé votre prédilection, alors même que je ne vous servais pas. Tant de lumières que vous m'avez données sur l'état de mon âme, tant de protection contre votre propre justice, tant de miséricorde à me pardonner, tant d'amour à vous incliner vers moi en ce moment ; toutes ces oeuvres de votre droite n'avaient qu'un seul but : celui de m'attacher à vous, de mamener à vivre enfin pour vous. Ce but, vous avez voulu l'atteindre, en me donnant aujourd'hui le précieux gage de votre amour. Vous avez dit, en parlant de ce don ineffable : De même que je vis par mon Père, ainsi celui qui mange ma chair vivra par moi. Vous êtes désormais, ô Pain vivant descendu du ciel, le principe de ma vie ; elle est donc à vous plus que jamais. Je vous la donne; je vous dévoue mon âme, mon corps, mes facultés, mon existence tout entière. Dirigez-moi, réglez-moi ; je m'abandonne à vous. Je suis aveugle, mais votre lumière me conduira ; je suis faible, mais votre force me soutiendra ; je suis inconstant, mais votre fermeté me maintiendra. Je me repose de tout sur votre miséricorde, qui ne manque jamais à ceux qui espèrent en vous.
O Marie ! gardez en moi le fruit de cette visite de votre divin Fils. Anges de Dieu, montrez-vous jaloux de conserver intacte la demeure que votre Maître a daigné habiter. Saints et Saintes de Dieu, priez pour le pécheur auquel il a donné un tel gage de réconciliation.
^^^^r^j^Es Vêpres, ou Office du soir, se '^■'*^ "^ composent d'abord de cinq |Ç^ Psaumes accompagnés d'An"^ tiennes. Nous les donnons ciaprès, en les faisant précéder, selon notre usage, de quelques lignes dans lesquelles nous nous attachons à relever les expressions de ces divins Cantiques, qui se rapportent plus directement au temps de l'Année liturgique que nous parcourons.
L'Office commence par le cri ordinaire de l'Eglise :
EUS, in adjutorium meum intende.
B?. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto ;
Dieu ! venez mon aide !
v^. Hâtez-vous, Seigneur, de me secourir.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;
A Vêpres.
Sg
Comme il était au com- Sicut erat in princimencement, et maintenant et pio, et nunc et semper,
toujours, et dans les siècles et in saecula sœculorum.
des siècles. Amen. Louange Amen. Laus tibi, Doà vous, Seigneur, Roi de mine, Rex aeternae glol'éternelle gloire. riae.
Le premier Psaume est prophétique sur les grandeurs du Messie. Nous y voyons l'Homme-Dieu dans son triomphe, après ses humiliations et sa croix, s'asseyant à la droite de son Père. Mais il reviendra pour juger le monde, pour briser contre terre la tête des pécheurs. En célébrant ses grandeurs, n'oublions pss ses justices.
Ç^ ELUI qui est le Seigneur a dit à son Fils, mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, et régnej avec moi :
Jusqu'à ce que. au jour de votre dernier Avènement, je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds.
O Chrisi ! le Seigneur votre Père fera sortir de Sion le sceptre de votre force : c'est de là que vous partirez, pour dominer au milieu de vos ennemis.
La principauté éclateite en vous, au jour de votre force, dans les splendeurs du sanctuaire éternel ; car le Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore.
Le Seigneur l'a juré, et sa
Y) ixiT Dominus Domi*^ no mec : * Sede a dextris meis.
Donec ponam inimicos tuos : ' scabellum pedum luorum.
Virgam viriutis tuae emittet Dominus ex Sion : * dominare in medio inimicorum tuorum.
Tecum principium in die virtutis tuae in splendoribus Sanctorum :* ex utero ante luciferum genui te.
Juravit Dominus, et
non pœnitebit eum : * Tu es Sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech.
Dominus a dextris tuis : * confregit in die iras suas reges.
Judicabit in nationibus. implebit ruinas : conquassabit capita in terra multorum.
De torrente in via bibet : ' propterea exaltabit caput.
parole est sans repentir : il a dit en vous parlant : DieuHomme, vous êtes Prêtre à jamais, selon l'ordre de Melchisédech.
O Père ! le Seigneur votre Fils est donc à votre droite : c'est lui qui, au jour de sa colère, viendra juger les rois.
Il jugera aussi les nations; il consommera la ruine du monde, et brisera contre terre la tête de plusieurs.
Il s'est abaissé pour boire l'eau du torrent des afflictions ; mais c'est pour cela même qu'un jour il élèvera la tête.
Le Psaume suivant célèbre les bienfaits de Dieu envers son peuple: l'Alliance promise, la Rédemption, la fidélité du Seigneur à ses promesses ; mais il nous apprend aussi que le nom du Seigneur est terrible parce qu'il est saint, et il nous avertit que la crainte du Seigneur est le commencement de la Sagesse.
CONFiTEBOR tibi. Domine, in toto corde meo : ' in concilio justorum et congregatione.
Magna opéra Domini : * exquisita in omnes voluntates ejus.
Confessio et magnificentia opus ejus : * et justitia ejus manet in sxculum sœculi.
JE vous louerai, Seigneur, de toute la plénitude de mon cœur, dans l'assemblée des justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ; elles ont été concertées dans les desseins de sa sagesse.
Elles sont dignes de louange et magnifiques ; et la justice de Dieu demeure dans les siècles des siècles.
A Vêpres.
Le Seigneur clément et miséricordieux nous a laissé un mémorial de ses merveilles ; il a donné une nourriture à ceux qui le craignent.
Il se souviendra à jamais de son alliance jvec les hommes ; il fera éclater aux yeux de son peuple la vertu de ses œuvres.
Il donnera à sort Eglise l'héritage des nations : tout ce qu'il fait est justice et vérité.
Ses préceptes sont immuables et garantis par la succession des siècles ; ils sont fondés sur la vérité et la justice.
Il a envoyé à son peuple un Rédempteur ; il rend par là son alliance éternelle.
Son Nom est saint et terrible: le commencement de la sagesse est de craindre le Seigneur.
La lumière et l'intelligence sont pour celui qui agit selon cette crainte : gloire et louange à Dieu dans les siècles des siècles.
Le troisième Psaume chante la félicité de l'homme juste et ses espérances au jour où le Seigneur viendra. Il exprime aussi la confusion et le désespoir du pécheur, qui aura été sourd à ses propres intérêts et aux invitations de la sainte Eglise.
Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors et miserator Dominus : * escam dédit timentibus se.
Memor erit in sasculum testamenti sui : ' virtutem operum suorum annuntiabit populo suo.
Ut det illis haereditatem gentium : * opéra manuum ejus veritas et judicium.
Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in sasculum saeculi : * facta in veritate et asquitate.
Redemptionem misit populo suo : * mandavit in aeternum testamentura suum.
Sanctum et terribile Nomen ejus : * initium sapientiae timor Domini.
Intellectus bonus omnibus facientibus eum : ' laudatio ejus manet in saeculum saeculi.
Le Temps de la Septuagéswie.
Oeatus vir qui timet ■'-' Dominum : * in mandatis ejus volet nimis.
Potens in terra erit semen ejus ; * ^enerat<o rectorum benedicetur.
Gloria et divitias in domo ejus : * et justitia ejus manet in saeculum sasculi.
Exortum est in tenebris lumen rectis : * misericors, et miserator, et justus.
Jucundus homo , qui miseretur et commodat, disponet sermones suos in judicio : * quia in aeternum non commovebitur.
In memoria asterna erit justus : * ab auditione mala non timebit.
Paratum cor ejus sperare in Domino, confirmatum est cor ejus : ' non commovebitur donec despiciat inimicos suos.
Dispersit, dédit pauperibus ; justitia ejus manet in saeculum sseculi ; * cornu ejus exaltabitur in gloria.
Peccator videbit. et irascetur. dentibus suis
HEUREUX l'homme qui craint le Seigneur, et qui met tout son zèle à lui obéir.
Sa postérité sera puissante sur la terre ; la race du juste sera en bénédiction.
La gloire et la richesse sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.
Une lumière s'est levée sur les justes au milieu des ténèbres : c'est le Seigneur, le Dieu miséricordieux , clément et juste, qui s'est donné aux homines.
Heureux l'homme qui a fait miséricorde, qui a prêté au pauvre, qui a réglé y;<s,7M'ii ses paroles avec justice ; car il ne sera point ébranlé.
La mémoire du juste sera éternelle . s'il entend une nouvelle fâcheuse, elle ne lui donnera point à craindre.
Son cœur est toujours prêt à espérer au Seigneur ; son cœur est en assurance : il ne sera point ému, et méprisera la rage de ses ennemis.
'1 a répandu l'aumône avec ion sur le pauvre : sa justice demeurera à jamais ; sa force sera élevée en gloire.
Le pécheur le verra, et il entrera en furent : il grinprofusi
A Vêpres.
cera des dents et séchera de colère ; mais les désirs du pécheur périront.
fremet et tabescet : * desiderium peccatorum peribit.
Le quatrième Psaume est un cantique de louange au Seigneur, qui, du haut du ciel, a pris'pitié de la nature humaine, et a daigné aplanir les voies pour nous ramener à
SERVITEURS du Seigneur, faites entendre ses louanges : célébrez le Nom du Seigneur.
Que le Nom du Seigneur soit béni, aujourd'hui et jusque dans l'éternité.
De l'aurore au couchant, le Nom du Seigneur doit être à jamais célébré.
Le Seigneur est élevé audessus de toutes les nations ; sa gloire est par delà les cieux.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu, dont la demeure est dans les hauteurs ? C'est de là qu'il abaisse ses regards sur les choses les plus humbles dans le ciel et sur la terre.
Par sa vertu divine, il soulève de terre l'indigent, il élève le pauvre de dessus le fumier où il languissait,
Pour le placer avec les princes, avec les princes mêmes de son peuple.
C'est lui qui fait habiter
LAUDATE. pueri, Dominum : * laudate Nomen Domini.
Sit Nomen Domini benedictum : * ex hoc nunc. et usque in s«eculum.
A solis ortu usque ad occasum : ' laudabile Nomen Domini.
Excelsus super omnes gentes Dominus : * et super cœlos gloria ejus.
Quis sicut Dominus Deus noster qui in altis habitat • * et humilia respicit in ccelo et in terra ?
Suscitans a terra inopem : *et de stercore erigens pauperem.
Ut coUocet eum cum principibus : ' cum principibus populi sui.
Qui habitare facit steg 4 Le Temps de la Septuagésime.
rilem in domo : * matrem filiorum Ijetantem.
pleine de joie dans sa maison celle qui auparavant fut stérile, et qui maintenant est mère de nombreux enfants.
Le cinquième Psaume rappelle les prodiges de Tancienne Alliance qui s'acconîpliront en nous, si nous voulons retourner au Seigneur notre Dieu : Israël délivré de la servitude de l'Egypte, les Gentils arrachés au culte des idoles, une bénédiction universelle répandue sur quiconque veut craindre et aimer Dieu.
IN exitu Israël de M- gypto : * domus Jacob de populo barbaro :
Facta est Judaea sanctificatio ejus : * Israël potestas ejus.
Mare vidit, et fugit : * Jordanis conversus est retrorsum.
Montes exsultaverunt ut arietes : * et colles sicut agni ovium.
Quid est tibi. mare, quod fugisti : * et tu, Jordanis, quia conversus es retrorsum ?
Montes exsultastis sicut arietes : * et colles sicut agni ovium ?
A facie Domini mota est terra : ' a facie Dei Jacob,
Qui convertit petram
QUAND Israël sortit d'E- gypte, et la maison de Jacob du milieu d'un peuple barbare ;
La nation juive fut consacrée à Dieu, Israël fut son domaine.
La mer le vit et s'enfuit ; le Jourdain remonta vers sa source.
Les montagnes sautèrent comme des béliers, et les collines comme des agneaux.
O mer, pourquoi fuyaistu ? Et toi. Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source ?
Montagnes, pourquoi sautiez-vous comme des béliers? et vous, collines, comme des agneaux?
A la face du Seigneur, la terre a tremblé : à la face du Dieu de Jacob,
Qui changea la pierre eu
torrents, et la roche en fontaines.
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à votre Nom donnez la gloire,
A cause de votre miséricorde et de votre vérité ; de peur que les nations ne disent : Où est leur Dieu ?
Notre Dieu est au ciel : il a fait tout ce qu'il a voulc*
Les idoles des nations ne sont que de l'or et de l'argent, et l'ouvrage des mains des hommes.
Elles ont une bouche, et ne parlent point ; des yeux, et ne voient pas.
Elles ont des oreilles et n'entendent point ; des narines, et ne sentent rien.
Elles ont des mains, et ne peuvent rien toucher ; des pieds, et ne marchent point ; un gosier, et ne peuvent se faire entendre.
Que ceux qui les font leur deviennent semblables, avec tous ceux qui mettent en elles leur confiance.
La maison d'Israël a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
La maison d'Aaron a espéré dans le Seigneur : il est leur appui et leur protecteur.
Ceux qui craignent le Seigneur ont espéré en lui : il
m stagna aquarum : et rupem in fontes aquarum.
Non nobis. Domine, non nobis : * sed Nomini tuo da gloriam.
Super misericordia tua, et veritate tua : * nequando dicant gentes : Ubi est Deus eorum ?
Deus autem noster in cœlo : * omnia quaecumque voluit fecit.
Simulacra gentium ar« gentum et aurum: * opéra manuum hominura.
Os habent. et non loquentur : * oculos habent. et non videbunt.
Aures habent, et non audient : * nares habent, et non odorabunt.
Manus habent. et non palpabunt ; pedes habent. et non ambulabunt : ' non clamabunt in gutture suc.
Similes illis fiant qui faciunt ea : * et omnes qui confidunt in eis.
Domus Israël speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Domus Aaron speravit in Domino : * adjutor eorum, et protector eorum est.
Qui timent Dominum speraverunt in Domino :
gG Le Temps de la Septuagésime.
est leur appui et leur protecteur.
Le Seigneur s'est souvenu de nous, et il nous a bénis.
Il a béni la maison d'Israël ; il a béni la maison d'Aaron.
Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur, grands et petits.
Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.
Bénis soyez-vous du Sei gneur, qui a fait le ciel et la terre !
Au Seigneur, les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.
Ce ne sont pas les morts qui vous loueront, ô Seigneur ! ni tous ceux qui descendent dans l'Enfer ;
Mais nous qui vivons, nous bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.
' adjutor eorum, et prolector eorum est.
Dominus memor fuit nostri : * et benedixit nobis.
Benedixit domui Israël : * benedixit domui Aaron.
Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.
Adjiciat Dominus super vos : * super vos, et super filios vestros.
Benedicti vos a Domino : * qui fecit coelum et terram.
Coelum cœli Domino : ' terram autem dédit filiis hominum.
Xon mortui laudabunt te. Domine • ' neque omnes qui descendunt ininferaum.
Sed nos qui vivimus benedicimus Domino . ' ex hoc nunc et usque in sœculum.
Après les cinq Psaumes, l'Eglise place une petite Leçon des saintes Ecritures, connue sous le nom de Capitule, parce qu'elle est toujours très courte. Les paroles dont se compose celle-ci sont tirées de la deuxième Epître de saint Paul aux Corinthiens. L'Apôtre y encourage notre espérance, en portant nos pensées sur la miséricorde de Dieu.
TD ENEDICTUS ueus
Deus et Pater Domini nostri
BÉKI soit Dieu et le Père de notre Seigneur JésusA Vêpres.
Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations.
^. Rendons grâces à Dieu.
Jesu Christi, Pater mi = ericordiarum et Deus totius consolationis, qui consolatur nos in omni tribulatione nostra, ^. Deo gratias.
On chante ensuite l'Hymne. Nous plaçons ici celle qui est particulière au Dimanche. Composée par saint Grégoire le Grand, elle célèbre la création et fes avantages de la lumière que Dieu, en ce premier jour, fit sortir du néant. Le saint Docteur y demande, pour nous et avec nous, le réveil de notre âme, qui l'arrachera au charme perfide de la vie présente, et la rendra aux préoccupations de l'éternité.
[EU bon, créateur de la lumière, qui avez produit le flambeau des jours : vous avez prélude à l'origine de ce monde, en révélant, dès le premier jour, l'éclat de cette lumière qui jusqu'alors n'avait pas brillé.
O vous, qui nous apprenez à donner le nom de jour à l'espace qui s'étend du matin jusqu'au soir ; un noir chaos menace encore d^ nous envelopper, écoutez nos prières et voyez nos larmes.
Que notre âme appesantie par le péché ne demeure pas exilée de cette vie immortelle que vous lui avez préparée ;
Lucis Creator optime, Lucem dierum proferens : Primordiis lucis novae, Mundi parans originem.
Qui mane junctum vesperi, Diera Vûcari praecipis : lUabitur tetrum chaos, Audi preces cum fletibus.
Ne mens gravata crimine, Vitae sit exsul munere : Dum nil perenne cogitât,
g 8 Le Temps de la Septuagésime.
Seseque culpis illigat.
Cœleste pulset ostium.
Vitale tollat prsemium :
Vitemus omne noxium,
Purgemus omne pessimum.
Prsesta Pater piissime. Patrique compar Unice. Cum Spiritu Paraclito Regnans per omne sœculum.
Àmen.
cette âme si lâche quand il faut penser à l'éternité, si prompte à tomber dans les liens du péché.
Qu'elle frappe enfin aux portes des cieux ; qu'elle enlève le prix de la vie ; qu'elle évite tout ce qui peut lui nuire ; qu'elle se purifie de toute iniquité.
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, qui, avec l'Esprit Consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.
Le Verset qui suit est celui du Dimanche.
mine , oratio mea.
^. Sicut incensum in conspectu tuo.
f- 0"v
UE ma prière s'élève ers vous, Seigneur !
^. Comme l'encens monte en votre présence.
Vient ensuite ie Cantique de Marie Mère de Dieu, célébrant sa Maternité divine et tous les biens qui en résultent pour le monde. Ce Cantique, si suave dans son ineffable douceur, fait partie essentielle de l'Office des Vêpres. Unissons-nous à toutes les générations proclamant bieyiheweuse la Vierge qui nous a donné le Sauveur ; mais entrons aussi dans les sentiments d'humilité qu'elle nous recommande par ses paroles et par son exemple. C'est elle-même qui nous le dit de sa bouche inspirée : si le grand Dieu dont le triomphe éclatera à nos yeux
A Vêpres.
dans la glorieuse Pâque trouve en nous des cœurs humiliés et soumis, il nous élèvera jusqu'à lui ; si nous confessons devant lui notre indigence, il nous comblera de tous ses biens.
MON âme glorifie le Seigneur; Et mon esprit tressaille en Dieu mon Sauveur;
Car il a regardé la bassesse de sa servante ; et pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.
Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant, et de qui le îSom est saint :
Et sa miséricorde s'étend, de génération en génération, sur ceux qui le craignent.
Il a opéré puissamment par son bras, et dispersé ceux qui suivaient les orgueilleuses pensées de leur cœur.
Il a mis à bas de leur trône les puissants, et il a élevé les humbles.
Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et renvoyé vides ceux qui étaient riches.
Il a reçu en sa protection Israël son serviteur, se souvenant de la miséricordieuse promesse
Qu'il fit autrefois à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour jamais.
MAGNIFICAT : * anima mea Dominum ;
Et exsultavit spiritus meus : * in Dec salutari meo.
Quia respexit humilitatem ancillse suas : * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.
Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum Nomen e)us.
Et misericordia ejus a progenie in progenies : * tiinentibus eum.
Fecit potentiam in brachio suo : " dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede : * et exaltavit humiles.
Esurientes implevit bonis : * et divites dimisit inanes.
Suscepit Israël puerum suum : * recordatus misericordiaï suas.
Sicut locutus est ad
Eatres nostros : * Abraam et semini ejus in sscula.
100 Le Temps de la Septuagésime.
L'Oraison ou Collecte qui, à la fin de l'Office des Vêpres, résume tous les vœux de l'Eglise, se trouve plus loin, en son lieu, aux \'epres de chacun des Dimanches du Temps de la Septuagésime.
Les Vêpres se terminent par les Versets suivants :
^' -D Domino,
B. Dec gratias.
y. Fidelium animae per misericordiam Dei req-jiescant in pace.
fî. Amen.
t "DÉNIS SONS le Se: -D gneur.
:ç. Rendons grâces à Diei
1^. Que les âmes des fidè les, par la miséricorde c Dieu, reposent en paix.
Bt. Amen.
|et Office, qui est la conclusion de tous ceux de la journée, s'ouvre par un avertissement sur les périls de la nuit, lequel est bientôt suivi de la Confession générale des péchés, comme un moyen de se rendre favorable la justice divine, avant d'aller courir les hasards du sommeil, si voisin de la mort.
Le Lecteur s'adresse au Prêtre, et lui
dit
M°nV
ON Père, veuillez me béIIUBE, Domne. beneJ dicere.
Le Prêtre répond :
QUE le Dieu tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin heureuse.
^. Amen.
NOCTEM quietam et finem perfectum concédât nobis Dominas omnipotens. ^. Amen.
7 02 Le Temps de la Septuagésime.
Le Lecteur lit ensuite ces paroles de la première Epître de saint Pierre :
FRATRES : Sobrii estote, et vigilate ; quia adversarius vester diabolus. tamquam leo rugiens circuit quasrens quem devoret : cui resistite fortes in fide. Tu autem. Domine, miserere nobis.
MES Frères, soyez sobres et vigilants ; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer : résistez-lui. étant forts dans la foi. Mais vous, Seigneur, ayez pitié de nous.
Le Chœur répond : ^. Deo gratias. | ^. Rendons grâces à Dieu.
Puis le Prêtre :
1^. Adjutorium nos- j f. Tout notre secours est trum in Nomine Domini. | dans le Nom du Seigneur.
Le Chœur :
1^. Qui fecit cœlum et 1 ^. C'est lui qui a fait le terram. | ciel et la terre.
On récite ensuite l'Oraison Dominicale en silence; puis le Prêtre dit le Confiteor, et le Chœur le répète après lui.
Le Prêtre, après avoir prononcé la formule générale d'Absolution, s'écrie :
\_^ Deus, Salutaris noster.
^. Et averte iram tuam a nobis.
f. Deus, in adjutorium meum intende.
JSf. Domine, ad adjuvandum me festina.
Gloria Patri, etc.
^\_^ Dieu, notre Sauveur!
^, Et détournez votre colère de dessus nous.
j^. O Dieu 1 venez à mon aide.
^. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Gloire au Père, etc.
A Compiles.
io3
Le premier Psaume célèbre l'espérance avec laquelle le juste s'endort dans la paix ; mais il reprend aussi les tièdes, dont le cœur appesanti est trop souvent esclave de la vanité et du mensonge. Il les exhorte à examiner avec componction, dans le repos de leur couche., les pensées qu'ils laissent trop souvent dominer dans leurs cœurs.
A U milieu de ma prière, •** le Dieu de ma justice m'a exaucé ; vous m'avez mis au large, quand j'étais dans l'affliction.
Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.
Enfants des hommes, jasques à quand aurez-vous le cœur appesanti , aimerezvous la vanité, chercherezvous le mensonge ?
Sachez que le Seigneur a rendu admirable celui qui lui est consacré ; le Seigneur m'exaucera quand je crierai vers lui.
Si vous vous irritez, faitesle sans pécher ; repassez avec componction , dans le repos de votre couche , les pensées de vos cœurs.
Offrez un sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. Il en est plusieurs qui disent : Qui nous montrera le bonheur que nous cherchons ?
La Lumière de votre visage, Seigneur, a daigné luire
/^UM invocarem, exau^^ divit me Deus juslitiae meae : ' in tribulatione dilatasti mihi.
Miserere mei : * et exaudi orationem meam.
Filii hominum, usquequo gravi corde ? * ut quid diligitis vanitatem, et quaeritis mendacium ?
Et scitote quoniam mirificavit Dominus sanctum suum : ' Dominus exaudiet me , cum clamavero ad eura.
Irascimini , et nolite peccare : * quœ dicitis in cordibus vestris , in cuhi libus vestris compungimini.
Sacrificate sacrificium justitiae, et sperate in Domino : * multi dicunt : Quis ostendit nobis bona ?
Signatum est super nos lumen vultus tui,
104 ^^ Temps de la Septuagésime.
Domine : ' dedisti laetitiam in corde meo.
A fructu frumenti, vini et olei sui •• ' multiplicati sunî.
In pace in idipsum : ' dormiamet requiescam.
Quoniam tu. Domine. singulariter in spe : constituisti me.
sur nous : c est vous qui donnez la joie à mon cœur.
Pour eux, la richesse est dans l'abondance du vin, de l'huile et du froment :
Mais moi, je dormirai et me reposerai dans la paix ;
Parce que vous seul. Seigneur, m'avez affermi dans l'espérance.
L'Eglise a placé ici les six premiers versets du Psaume trentième, parce qu'ils contiennent la prière du Sauveur mourant : Je remets^ Seigneur, mon esprit entre vos mains/ paroles qui viennent si à propos dans l'Office du soir.
IN te. Domine, speravi, non confundar in seîernum : * in justitia tua libéra me.
Inclina ad me aurem tuam • * accéléra ut eruas me.
Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : * ut salvum me facias.
Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu : * et propter Nomen tuum deduces me, et enutries me.
Educes me la laqueo hoc, quem absconderunt mihi : ' quoniam tu es protector meus.
In manus tuas commando «.piritura meum .
EN vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance ; que je ne sois pas confondu ; sauvez-moi dans votre justice.
Inclinez votre oreille vers moi, hâtez-vous de me délivrer.
Sovez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, pour me sauver.
Car vous êtes ma force et mon refuge, et vous me conduirez, vous me nourrirez, à cause de votre Nom.
Vous me tirerez du piège qu'on m'a tendu en secret ; car vous êtes mon protecteur.
Je remets mon esprit entre vos mains : c'est vous qui
A Compiles.
io5
m'avez racheté, Seigneur, Dieu de vérité I
* redemisti me. Domine, Deus veritatis.
Le troisième Psaume expose d'abord les motifs de la confiance du )usre, au milieu même des périls de la nuit. Le tableau de cette paix doit faire désirer au pécheur une prompte réconciliation avec Dieu, afin de jouir à son tour de ce repos du coeur et de cette protection divine, sanjs lesquels le séjour d'ici-bas n'offre ni bonheur ni sécurité.
CELUI qui habite dans l'asile du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge ! il est mon Dieu, j'espérerai en lui.
Car c'est lui qui m'a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
Le Seigneur te couvrira de son ombre ; tu seras dans l'espérance sous ses ailes.
Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,
Ni la flèche qui vole au milieu du jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du Midi.
Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n'approchera pas de toi.
OUI habitat in adjutorio Altissimi : * in protectione Dei cœli commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor meus es tu. et refugium meum : * Deus meus, sperabo in eum.
Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium : * et a verbo aspero.
Scapulis suis obumbrabit tibi : * et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te Veritas ejus : * non timebis a timoré nocturno.
A sagitta volante in die, a negotio perambulante in tenebris • ' ab incursu, et dapmonio meridiano.
Cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis : * ad te autem non appropinquabit.
io6 Le Temps de la Septiiagésime.
Verumtamen oculis tuis considerabis : * et retributionem peccatorum videbis.
Quoniam tu es, Domine, spes mea : * Altissimum posuisti refugium tuum.
Non accedet ad te malum : * et flagellum non appropinquabit tabernaculo tuo.
Quoniam Angelis suis mandavit de te : * ut custodiant te in omnibus viis tuis.
In manibus portabunt te : * ne forte ofFendas ad lapidem pedem tuum.
Super aspidem et basiliscum ambulabis : * et conculcabis leonera et draconem.
Quoniam in me speravit, liberabo eum : ' protegam eum. quoniam cognovit Nomen meum.
Clamabit ad me, et ego exaudiam eum : * eum ipso sum in tribulatione. eripiam eum, et glorificabo eum.
Longitudine dierum replebo eum : * et ostendam illi Salutare meum.
Cependant, tu jetteras les yeux autour de toi, et tu contempleras le sort de l'impie.
Parce que tu as dit : Seigneur, vous êtes mon espérance ! parce que tu as placé ton refuge dans le TrèsHaut :
Le mal n'approchera pas de toi, et les fléaux s'éloigneront de ta tente ;
Car le Seigneur a commandé à ses Anges de te garder en toutes tes voies.
Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
Dieu dira de toi : Parce a espéré en moi, je le ivrerai : je le protégerai, parce qu'il a connu mon Nom.
Il criera vers moi, et je l'exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation. je l'en retirerai et le glorifierai.
qu'il
déliA
Je le rassasierai de longs jours et j-e lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.
Le quatrième Psaume invite les serviteurs de Dieu à faire entendre sans relâche la prière nocturne. Les fidèles doivent le réciter
A Compiles.
dans un sentinient de reconnaissance envers Dieu, qui suscite dans son Eglise des adorateurs de son Nom, dont la noble vocation est de lever les mains le jour et la nuit pour le salut d'Israël, et sur la prière desquels le monde se repose et accomplit ses destinées.
BÉNISSEZ maintenant le Seigneur, vous tous qui le servez.
Vous qui êtes dans la maison du Seigneur , sous les portiques de la maison de notre Dieu,
Elevez vos mains durant les nuits vers le Sanctuaire, et bénissez le Seigneur.
Dites à Israël : Que le Seigneur te bénisse de Sion, le Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ant. Ayez pitié de moi. Seigneur, et exaucez ma prière.
Av.^NT que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d'être, dans votre clémence, notre protecteur et notre gardien.
Que les songes et les fantômes de la nuit s'enfuient loin de nous. Comprimez notre ennemi ; qu'il ne profane point nos corps.
ECCE nunc benedicite Dominum : * omnes servi Domini.
Qui statis in domo Domini : * in atriis domus Dei nostri.
In noctibus extollite manus vestras in Sancta : * et benedicite Dominum.
Benedicat te Dominus ex Sion : ' qui fecit cœ- lum et terram.
Ant. Miserere mihi. Domine, et exaudi oratiooem meam.
lucis ante termiRerum Creator, poscimus. Ut pro tua clementia Sis prassul et castodia.
Procul recédant somnia.
Et noctium phantasmata ;
Hostemque nostrum comprime.
Ne poUuantur corpora.
io8 Le Temps de la Septuagésime.
Prsesta, Pater piissime, Patrique compar Unice. Cum Spiritu ParacHto Regnans per omne sasculum. Amen.
Faites-nous cette grâce, o Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père, vous qui, avec l'Esprit consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen.
Tu aute Dom
tem in nobis es. (omine. et Nomen sanctum tuum invocatum est super nos : ne derelinquas nos, Domine, Deus noster.
B?. In manus tuas. Domine : * Commendo spiritum meum. In manus tuas.
j. Redemisti nos, Domine Deus veritatis. * Commendo.
Gloria. In manus tuas.
y. Custodi nos, Domine, ut pupillam oculi.
1^. Sub umbra alarum tuarum protège nos.
[Jerem. xiv.)
ous êtes en nous, Seigneur ! et votre saint Nom a été invoqué sur nous : ne nous abandonnez pas, Seigneur, notre Dieu !
^. Entre vos mains. Seigneur. * Je remets mon esprit. On répète : Entre vos mains, Seigneur, etc.
i . Vous nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité. On répète : ' Je remets, etc.
Gloire au Père, etc. Entre vos mains, etc.
f. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l'œil.
r1. Protégez-nous à l'ombre de vos ailes.
Le Cantiqjie du vieillard Siméon qui, tenant dans ses bras l'Enfant divin, le proclama la lumière des nations, et s'endormit ensiiite du sommeil des justes, offre une expression touchante du repos que le fidèle dont le cœui' est à Dieu goûtera en Jésus-Christ, parce que, comme dit l'Apôtre, soit dans la veille, soit dans le sommeil, nous vivons avec lui.{U Thess.
A Compiles.
lOr,
C'est maintenant. Seigneur, que vous laisserez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ;
Parce que mes yeux ont vu le Sauveur
Que vous avez destiné à être exposé aux regards de tous les peuples.
Pour être la lumière qui éclairera les nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.
Gloire au Père, et au P^ils. etc.
AxT. Sauvez-nous, Seigneur, durant la veille ; gardez-nous durant le sommeil : afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix.
Seigneur . ayez pitié ! Christ, ayez pitié ! Seigneur, ayez pitié !
Notre Père, etc.
f. Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ;
ipt. Mais délivrez-nous du mal.
Je crois en Dieu, etc.
y. La résurrection de la chair,
'B^. La vie éternelle. Ainsi soit-il.
f. Vous êtes béni. Seigneur, Dieu de nos pères !
^. Digne de louange et de gloire dans l'éternité.
NUNC dimittis servum tuum, Domine : * secundum verbum tuum in pace.
Quia viderunt ocuH mei : * Salutare tuum.
Quod parasti : ' ante faciem omnium populorum.
Lumen ad revelationem Gentium : * et gloriam plebis tuae Israël.
Gloria Patri, et Filio. etc.
Ant. Salva nos. Domine, vigilantes ; custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.
Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.
Pater noster. etc.
f. Et ne nos inducas in tentationem;
^. Sed libéra nos a malo.
Credo in Deum, etc.
f. Garnis resurrectionem.
^. Vitam sternam. Amen.
f. Benedictus es. Domine, Deus patrum no>- trorum.
^. Et laudabilis et gl:- riosus in saecula.
Le Temps de la Septuagésime.
'f- Benedicamuî Patrem et Filium cum Sancto Spiritu ;
^. Laudemus. et supérexaltemus eum insascula.
y. Benedictus es. Domine, in firmamento •cœli.
K. Et laudabilis. et gloriosus et superexaltatus in saecula.
y. Benedicat, et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus.
y. Dignare, Domine, nocte ista.
"B^. Sine peccato nos custodire.
f. Miserere nostri, Domine.
^. Miserere nostri.
j^. Fiat misericordia tua. Domine, super nos,
^. Quemadmodumsperavimus in te.
y. Domine, exaudi orationem meam :
^. Et clamor meus ad te veniat.
f. Dominus vobiscum ;
F^. Et cum spiritu tuo.
f. Bénissons le Père et le Fils avec le Saint-Esprit ;
ft. Louons-le, et exaltonsle dans les siècles.
f. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel ;
^. Digne de louange, de gloire et de triomphe dans l'éternité.
j^. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous bénisse et nous conserve.
f?(. Amen.
,-". Daignez. Seigneur, durant cette nuit,
^. Nous garder de tout péché.
y. Ayez pitié de nous, Seigneur !
^. Ayez pitié de nous !
y. Que votre miséricorde soit sur nous, Seigneur,
^. Dans la mesure que nous avons espéré en vous.
j^. Seigneur, exaucez ma prière ;
^. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.
f. Que le Seigneur soit avec vous ;
TÇ,. Et avec votre esprit.
WlsiTA. quassumus
' mine, habitationera istam, et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti
Do
isiTEZ. s'il vous plaît. Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embîiches de l'ennemi ; que vos habit
saints Anges y
itent,
A Compiles.
qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du SaintEsprit, dans tous les siècles des siècles.
Amen.
t. Que !e Seigneur soit &WC vous ;
fil. Et avec votre esprit.
j^. Bénissons le Seigneur.
^. Rendons grâces à Dieu.
Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, le Père, le Fils et le SaintEsprit, nous bénisse et nous conserve.
^. Amen.
habitent in ea, qui nos ir. pace custodiant : et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula sasculorum. Amen. f. Dominus vobiscum ;
% Et cum spiritu tuo.
f. Benedicamus Domino.
1^. Deo gratias.
Benedicat et custodiat nos omnipotens et misericors Dominus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus. *
Rj. Amen.
SALUT, Reine des Cieux ! Salut, Souveraine des Anges ! Salut, Tige féconde ! Salut, Porte du ciel, par laquelle la lumière s'est levée sur le monde ! Jouissez de vos honneurs, ô Vierge glorieuse qui l'emportez sur toutes en beauté ! Adieu, ô toute belle, et implorez le Christ en notre faveur.
f. Souffrez , ô Vierge sainte, que je célèbre vos louanges.
ip. Donnez-moi le courage contre vos ennemis.
AVE Regina coelorum. Ave Domina Angelorum : Salve Radix, salve Porta, Ex qua mundo lux est
orta ; Gaude, Virgo gloriosa, Super omnes speciosa : Vale, O valde décora. Et pro nobis Christum exora. f. Dignare me laudare te, Virgo sacrata.
1^. Da mihi virtutem contra hostes tuos.