La volonté et le libre arbitre
Le pouvoir de choisir librement : ce qui fait la grandeur et le drame de la condition humaine.
Voluntas et liberum arbitrium
La volonté, appétit rationnel
La volonté (voluntas) est l'appétit rationnel de l'âme, la puissance par laquelle l'homme tend vers le bien connu par l'intellect (Ia, q. 82-83). Elle se porte nécessairement vers le bien universel (le bonheur, la béatitude), mais demeure libre devant les biens particuliers. Aucun bien fini ne peut saturer l'appétit de la volonté ordonnée au Bien infini. L'homme est libre devant les biens particuliers parce que tout bien particulier est un bien mélangé, bon sous un rapport et déficient sous un autre : la volonté n'est donc jamais déterminée par aucun d'eux.
Le libre arbitre et ses étapes
Le libre arbitre n'est pas une puissance distincte de la volonté. C'est la volonté elle-même en tant qu'elle choisit entre des moyens ordonnés à la fin. La volonté veut la fin ; le libre arbitre choisit les moyens. L'acte libre comporte trois étapes :
- d'abord la délibération, où l'intellect examine les moyens possibles
- ensuite le jugement, où l'intellect discerne le meilleur moyen
- enfin le choix (electio), où la volonté se détermine pour ce moyen
L'acte libre engage ainsi à la fois l'intellect et la volonté dans une coopération intime.
Spécification et exercice
L'intellect et la volonté se meuvent mutuellement mais sous des rapports différents. L'intellect meut la volonté par spécification : il lui présente le bien à vouloir, il lui montre l'objet vers lequel se porter. La volonté meut l'intellect par exercice : elle commande l'acte effectif de penser, elle décide d'appliquer l'attention à tel objet plutôt qu'à tel autre. Ni l'un ni l'autre n'est absolument premier ; ils coopèrent comme deux causes complémentaires.
Fondement de la vie morale
Le libre arbitre est le fondement de toute la vie morale, car seuls les êtres libres sont capables de mérite et de démérite, de vertu et de péché. Sans liberté, il n'y a ni responsabilité, ni louange, ni blâme. La moralité présuppose la capacité de se déterminer soi-même : c'est parce que l'homme choisit librement le bien ou le mal que ses actes ont une valeur devant Dieu.
La volonté se porte nécessairement vers le bien universel, mais reste libre devant les biens particuliers (Somme Ia, q. 82-83)
Testez-vous : 7 questions
1. Qu’est-ce que la volonté selon saint Thomas ?
- L’appétit rationnel du bien
- Un instinct vers l’action
- Un sentiment sans raison
- Le pouvoir de résister
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Réponse : L’appétit rationnel du bien
La volonté est l’appétit rationnel : la faculté par laquelle l’homme tend vers le bien tel qu’il est connu et présenté par l’intellect. Elle se distingue de l’appétit sensible, qui tend vers le bien perçu par les sens.
2. Vers quel objet la volonté se porte-t-elle nécessairement ?
- Le bien universel, béatitude
- La vertu morale en tout
- Tout bien particulier
- Le plaisir sensible immédiat
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Réponse : Le bien universel, béatitude
La volonté se porte nécessairement vers le bien universel, c’est-à-dire la béatitude : personne ne peut vouloir être malheureux. Mais devant les biens particuliers, qui ne réalisent pas pleinement le bien universel, la volonté reste libre.
3. Le libre arbitre est-il une puissance distincte de la volonté ?
- La volonté qui choisit
- Une puissance de l’intellect
- L’intellect qui choisit
- Une troisième puissance
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Réponse : La volonté qui choisit
Le libre arbitre n’est pas une puissance distincte de la volonté. C’est la volonté elle-même en tant qu’elle exerce un choix (electio) entre des moyens ordonnés à la fin. La volonté veut la fin ; le libre arbitre choisit les moyens.
4. Quelles sont les trois étapes de l’acte libre selon saint Thomas ?
- Délibérer, juger, choisir
- Sentir, imaginer, décider
- Intuition, vouloir, agir
- Désir, passion, action
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Réponse : Délibérer, juger, choisir
L’acte libre comporte trois étapes : la délibération (l’intellect examine les moyens possibles), le jugement (l’intellect discerne le meilleur moyen), et le choix (electio, la volonté se détermine pour ce moyen). L’acte libre engage à la fois l’intellect et la volonté.
5. Comment l’intellect et la volonté se meuvent-ils mutuellement ?
- Spécification et exercice
- La volonté domine tout
- L’intellect domine tout
- Aucune influence mutuelle
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Réponse : Spécification et exercice
L’intellect et la volonté se meuvent mutuellement mais sous des rapports différents. L’intellect meut la volonté par spécification : il lui présente le bien à vouloir. La volonté meut l’intellect par exercice : elle commande l’acte effectif de penser. Ni l’un ni l’autre n’est absolument premier.
6. Pourquoi l’homme est-il libre devant les biens particuliers ?
- permission divine du péché
- bien fini, jamais total
- volonté libre par nature
- intellect humain trop faible
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Réponse : bien fini, jamais total
La volonté tend nécessairement vers le bien universel (la béatitude). Mais tout bien particulier est un bien mélangé, bon sous un rapport et déficient sous un autre. La volonté n’est donc pas déterminée et reste libre devant les biens particuliers.
7. Pourquoi le libre arbitre est-il le fondement de toute la vie morale ?
- Sans liberté, pas de mérite
- Sans liberté, pas de remords
- Morale inventée par l’homme
- Plus haute vertu de l’homme
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Réponse : Sans liberté, pas de mérite
Le libre arbitre est le fondement de la vie morale car seuls les êtres capables de choisir librement peuvent mériter ou démériter, pratiquer la vertu ou commettre le péché. Sans liberté, il n’y a ni responsabilité, ni louange, ni blâme. La moralité présuppose la capacité de se déterminer soi-même.
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Dans ce chapitre : Les puissances de l'âme
- Les puissances de l'âme
- Les 5 genres de puissances
- L'intellect agent et possible
- La volonté et le libre arbitre