Éloï, Éloï, lama sabachthani

Chapitre 12 : Les mots araméens de l'Évangile · cours « Araméen Biblique » · 15 questions

Le cri de Jésus sur la croix en araméen : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Crucifixion

Clamor Crucis

Le cri du Calvaire

Le cri le plus déchirant de toute l'Écriture résonne en araméen sur le Calvaire : « Éloï, Éloï, lama sabachthani ? », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mc 15,34). Saint Marc conserve ces mots en araméen ; saint Matthieu les donne dans une forme plus hébraïsante : « Éli, Éli » (Mt 27,46). Ce cri est le premier verset du Psaume 22, psaume messianique par excellence, qui décrit avec une précision saisissante la Passion du Christ : les mains et les pieds percés, le partage des vêtements, la moquerie des passants. Les assistants au Calvaire, entendant « Éloï » ou « Éli », crurent que Jésus appelait le prophète Élie, tant la ressemblance phonétique est frappante.

Mot à mot

Le mot « Éloï » (אֱלָהִי) signifie « mon Dieu » en araméen : c'est le mot elah (Dieu) avec le suffixe possessif -i (mon). Le mot « lama » (לָמָא) est l'interrogatif araméen signifiant « pourquoi ». Quant à « sabachthani », il vient du verbe araméen shevaq (abandonner), distinct de l'hébreu azav ; le suffixe -ni est le pronom de la première personne et signifie « me ». Le mot complet se traduit littéralement : « tu m'as abandonné ».

Les traces de l'araméen

L'araméen a laissé bien d'autres traces dans le Nouveau Testament.

  • « Maranatha » est un cri liturgique des premiers chrétiens, conservé en 1 Corinthiens 16,22 : il signifie « Notre Seigneur, viens ! », le mot maran désignant « notre Seigneur ».
  • « Golgotha » signifie « le crâne » en araméen, traduit en latin par Calvaria, d'où notre mot « Calvaire ».
  • « Gabbatha » est le nom araméen du Lithostrotos, le dallage où Pilate juge Jésus (Jn 19,13), et signifie « l'endroit élevé ».
  • « Mammon » désigne la richesse ou l'argent ; Jésus l'emploie pour personnifier la cupidité : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6,24).
  • « Raca » est une insulte araméenne signifiant « vaurien, sans valeur », mentionnée dans le Sermon sur la montagne (Mt 5,22) pour condamner la colère injuste.
  • Enfin, « Hosanna » vient de l'hébreu-araméen hoshia na, « sauve, nous te prions ! », acclamation que la foule crie à l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux.

Deux découpages

« Maranatha » (מָרַנָא תָא) est un cri liturgique des premiers chrétiens, conservé par saint Paul en 1 Corinthiens 16,22. Il peut se découper de deux façons :

  • Marana tha (« Notre Seigneur, viens ! »)
  • Maran atha (« Notre Seigneur est venu »)

La première lecture est une invocation eschatologique, la seconde une confession de foi.

Le cri du Christ en Croix, le Psaume 22 en araméen, est le sommet de la Passion et le début de la victoire.

Testez-vous : 15 questions

1. Que signifie le cri araméen « Maranatha » ?

  • Sauve-nous
  • Dieu est grand
  • Notre Seigneur, viens !
  • Gloire à Dieu
Voir la réponse

Réponse : Notre Seigneur, viens !

« Maranatha » signifie « Notre Seigneur, viens ! » (ou « Notre Seigneur est venu »). C’est un cri liturgique des premiers chrétiens, conservé en 1 Corinthiens 16,22.

2. Quel psaume Jésus cite-t-Il en araméen sur la Croix ?

  • Psaume 110
  • Psaume 51
  • Psaume 22
  • Psaume 91
Voir la réponse

Réponse : Psaume 22

Ce cri est le premier verset du Psaume 22, psaume messianique qui décrit la Passion : mains percées, vêtements partagés, moqueries.

3. Que signifie « Éloï » (אֱלָהִי) en araméen ?

  • Seigneur
  • Mon Dieu
  • Mon Père
  • Mon Roi
Voir la réponse

Réponse : Mon Dieu

« Éloï » signifie « mon Dieu ». C’est le mot elah (Dieu) avec le suffixe possessif -i (mon). La forme hébraïque est « Éli ».

4. Que signifie « Golgotha » en araméen ?

  • Le jardin
  • Le crâne
  • La colline
  • La croix
Voir la réponse

Réponse : Le crâne

« Golgotha » signifie « le crâne » en araméen. C’est le nom du lieu de la crucifixion, traduit en latin par Calvaria (d’où « Calvaire »).

5. Le mot araméen « lama » signifie ____.

  • pourquoi
  • comment
  • quand
  • combien
Voir la réponse

Réponse : pourquoi

« Lama » (לָמָא) est l’interrogatif araméen signifiant « pourquoi ». C’est un mot simple mais chargé de tout le mystère de la souffrance rédemptrice.

6. Le mot araméen « Mammon » signifie ____.

  • richesse
  • pouvoir
  • sagesse
  • gloire
Voir la réponse

Réponse : richesse

« Mammon » signifie « la richesse, l’argent ». Jésus l’emploie pour personnifier la cupidité : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6,24).

7. Quelle insulte araméenne Jésus mentionne-t-Il dans le Sermon sur la montagne ?

  • Raca
  • Gabbatha
  • Golgotha
  • Mammon
Voir la réponse

Réponse : Raca

« Raca » est une insulte araméenne signifiant « vaurien, vide, sans valeur ». Jésus la mentionne en Matthieu 5,22 pour condamner la colère injuste.

8. De quel verbe araméen vient le mot « sabachthani » ?

  • Amar (dire)
  • Petah (ouvrir)
  • Shevaq (abandonner)
  • Qoum (se lever)
Voir la réponse

Réponse : Shevaq (abandonner)

« Sabachthani » vient du verbe shevaq (abandonner), au parfait Peal, 2e personne, avec le suffixe -ni (me). Le verbe shevaq est typiquement araméen.

9. Le verbe hébreu pour « abandonner » est azav, tandis que l’araméen utilise ____.

  • shevaq
  • azav
  • natan
  • halak
Voir la réponse

Réponse : shevaq

Le verbe araméen shevaq (abandonner) est différent de l’hébreu azav. Cette différence lexicale est un des marqueurs qui distinguent l’araméen de l’hébreu.

10. Quel est le nom araméen du lieu où Pilate juge Jésus ?

  • Gethsémani
  • Gabbatha
  • Gehenne
  • Golgotha
Voir la réponse

Réponse : Gabbatha

« Gabbatha » est le nom araméen du Lithostrotos, le dallage où Pilate juge Jésus (Jn 19,13). Le mot signifie « l’endroit élevé ».

11. Dans « Maranatha », le mot « maran » signifie « notre ____ ».

  • Seigneur
  • Père
  • Dieu
  • Roi
Voir la réponse

Réponse : Seigneur

Le mot « maran » signifie « notre Seigneur » en araméen. Le suffixe -an est la marque de la première personne du pluriel (notre).

12. Quelle forme donne saint Matthieu : « Éli » ou « Éloï » ?

  • Éloï (araméenne)
  • Héli (latine)
  • Êlie (grécisée)
  • Éli (hébraïsante)
Voir la réponse

Réponse : Éli (hébraïsante)

Saint Matthieu donne la forme « Éli, Éli » (hébraïsante), tandis que saint Marc donne « Éloï, Éloï » (araméenne). Marc reflète mieux la langue parlée de Jésus.

13. L’acclamation Hosanna signifie « gloire à Dieu » en grec.

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Faux

Erreur de langue et de sens : Hosanna est précisément une transcription de l’hébreu-araméen hosha'na (« sauve, nous t’en prions ! »), supplique salomonienne (Ps 118, 25) devenue acclamation.

14. Avec quel prophète les assistants au Calvaire confondent-ils le cri de Jésus ?

  • Isaïe
  • Élie
  • Moïse
  • Jérémie
Voir la réponse

Réponse : Élie

Les assistants, entendant « Éloï » ou « Éli », crurent que Jésus appelait le prophète Élie : « Voyez, il appelle Élie ! » (Mc 15,35). La confusion venait de la ressemblance phonétique.

15. Le suffixe -ni dans « sabachthani » signifie « me » (première personne).

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Vrai

Le suffixe -ni dans « sabachthani » est le pronom suffixe de la première personne (me). Le mot complet signifie littéralement « tu m’as abandonné ».

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Les mots araméens de l'Évangile

  1. Abba : Le Père
  2. Talitha koum : Jeune fille, lève-toi
  3. Ephphatha : Ouvre-toi
  4. Éloï, Éloï, lama sabachthani