Allégorie et ironie

Chapitre 3 : Figures de style et ornements du discours · cours « Rhétorique » · 10 questions

Le sens caché et le sens contraire.

Allégorie

Allegoria et ironia

Deux tropes majeurs

L'allégorie et l'ironie sont deux tropes majeurs de la rhétorique. L'allégorie (du grec « dire autrement ») est une métaphore prolongée qui développe un sens caché sous le sens littéral. L'ironie (du grec « dissimulation ») dit le contraire de ce qu'elle signifie. Ces deux tropes exigent du lecteur un effort d'interprétation qui dépasse le sens immédiat des mots.

Ces deux tropes exigent du lecteur un effort d'interprétation qui dépasse le sens immédiat des mots.

Testez-vous : 10 questions

1. Comment définit-on l’allégorie en rhétorique ?

  • Répétition de mots
  • Métaphore prolongée
  • Comparaison brève
  • Question sans réponse
Voir la réponse

Réponse : Métaphore prolongée

L’allégorie est une métaphore prolongée : là où la métaphore est ponctuelle (« Dieu est mon rocher »), l’allégorie file l’image sur toute une phrase, un passage ou un récit. Le bon Pasteur de Jn 10 est une allégorie complète : bergerie, porte, brebis, loup forment un système cohérent de correspondances symboliques.

2. Quel trope consiste à dire le contraire de ce que l’on pense ?

  • La métaphore
  • L’ironie
  • La synecdoque
  • L’allégorie
Voir la réponse

Réponse : L’ironie

L’ironie est le trope qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense, en comptant sur le contexte pour que l’auditeur comprenne le vrai sens. Par exemple, Élie aux prêtres de Baal : « Criez plus fort, car il est un dieu ! » (1 R 18, 27). L’ironie se distingue de l’hyperbole (exagération) et de la litote (atténuation).

3. Le prophète Élie disant aux prêtres de Baal « Criez plus fort, car il est un dieu ! » emploie quel trope ?

  • L’allégorie
  • La synecdoque
  • L’ironie
  • La métonymie
Voir la réponse

Réponse : L’ironie

L’ironie est le trope qui dit le contraire de ce qu’on pense pour faire entendre la vérité par antiphrase. Élie, en disant aux prêtres de Baal « Criez plus fort, car il est un dieu ! » (1 R 18, 27), feint d’admettre la puissance de Baal alors qu’il démontre son inexistence. Le ton moqueur rend la dénonciation plus percutante.

4. Dans la lecture allégorique du Bon Samaritain, que représente l’homme blessé selon les Pères ?

  • L’humanité pécheresse
  • L’Église militante
  • Le peuple d’Israël
  • Le Christ souffrant
Voir la réponse

Réponse : L’humanité pécheresse

Dans la lecture allégorique de la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 30-37), pratiquée par les Pères de l’Église (notamment Origène et Augustin), l’homme blessé représente l’humanité pécheresse, tombée sous les coups du péché (les brigands). Le Bon Samaritain est le Christ qui vient secourir et guérir l’humanité blessée.

5. Quelle faculté l’allégorie exige-t-elle particulièrement du lecteur ?

  • L’interprétation
  • La récitation
  • La traduction
  • La mémorisation
Voir la réponse

Réponse : L’interprétation

L’allégorie, en tant que « métaphore prolongée », exige du lecteur un effort d’interprétation : il doit dépasser le sens littéral pour saisir le sens caché. Dans la tradition chrétienne, l’exégèse allégorique des Écritures suppose une lecture attentive et méditative, cherchant sous la lettre le mystère spirituel.

6. Pourquoi l’ironie est-elle employée avec prudence par les auteurs sacrés ?

  • Elle est trop simple
  • Elle est toujours bonne
  • Elle est interdite
  • Elle peut blesser
Voir la réponse

Réponse : Elle peut blesser

L’ironie dit le contraire de ce qu’elle veut faire entendre. Si elle peut être un outil rhétorique puissant (le Christ lui-même l’emploie parfois), les auteurs sacrés l’utilisent avec prudence car elle risque de blesser l’auditeur, d’être mal comprise ou de manquer de charité, valeur centrale de la prédication chrétienne.

7. Les quatre sens de l’Écriture (littéral, allégorique, moral, anagogique) reposent sur quel trope fondamental ?

  • L’ironie
  • La métonymie
  • L’allégorie
  • La synecdoque
Voir la réponse

Réponse : L’allégorie

Les quatre sens de l’Écriture (littéral, allégorique, moral ou tropologique, et anagogique) reposent sur l’allégorie comme trope fondamental. C’est le procédé qui permet de lire au-delà du sens littéral : Jérusalem désigne la ville historique (sens littéral), l’Église (allégorique), l’âme fidèle (moral) et la cité céleste (anagogique).

8. Notre-Seigneur dit aux pharisiens : « Vous filtrez le moucheron et avalez le chameau » (Mt 23, 24). Quel trope domine ?

  • L’allégorie
  • La métonymie
  • L’hyperbole
  • La synecdoque
Voir la réponse

Réponse : L’hyperbole

L’hyperbole est le trope qui grossit la réalité pour frapper l’esprit. En reprochant aux pharisiens de « filtrer le moucheron et avaler le chameau », Jésus exagère à dessein le contraste : scrupuleux sur le détail, aveugles sur l’essentiel.

9. L’ironie consiste à exagérer la réalité pour frapper l’auditeur.

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Faux

C’est faux. L’ironie ne consiste pas à exagérer la réalité (c’est l’hyperbole), mais à dire le contraire de ce qu’on pense. L’ironiste feint d’affirmer une chose pour faire comprendre son contraire. Par exemple, Élie disant aux prêtres de Baal « Criez plus fort, car il est un dieu ! » dit l’inverse de ce qu’il pense.

10. Une représentation concrète et prolongée d’une idée abstraite est une ____.

  • allégorie
  • métaphore
  • parabole
  • symbole
Voir la réponse

Réponse : allégorie

L’allégorie développe une image concrète et prolongée pour représenter une idée abstraite, comme la vigne pour Israël.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Figures de style et ornements du discours

  1. Les tropes : métaphore, métonymie, synecdoque
  2. Allégorie et ironie
  3. Les figures de mots
  4. Les figures de pensée
  5. Les figures dans l'Écriture Sainte
  6. Litote, hyperbole et oxymore
  7. Asyndète, polysyndète et gradatio
  8. Figures de construction avancées
  9. Figures de sens avancées
  10. Le kairos et les figures avancées