Litote, hyperbole et oxymore

Chapitre 3 : Figures de style et ornements du discours · cours « Rhétorique » · 7 questions

Litote, hyperbole et oxymore : dire plus en disant moins, ou concilier les contraires.

Saint Denys l'Aréopagite

Figurae sententiae

La litote et l'hyperbole

Les figures de pensée jouent sur le sens des mots pour produire un effet puissant. La litote dit moins pour suggérer plus : quand le centurion dit « Cet homme n'était pas un malfaiteur », il confesse en réalité la divinité du Christ. L'hyperbole exagère pour frapper : « Si ton œil te scandalise, arrache-le » (Mt 5, 29). Le Christ n'ordonne pas la mutilation mais l'extrême vigilance.

L'oxymore

L'oxymore unit deux termes contradictoires pour révéler un mystère : « ténèbre lumineuse » (Denys l'Aréopagite), « docte ignorance » (Nicolas de Cues), « mort vivifiante » (la Croix).

La litote dit moins pour suggérer plus ; l'hyperbole exagère pour frapper ; l'oxymore unit les contraires pour révéler le mystère

Testez-vous : 7 questions

1. Quelle figure dit moins pour faire comprendre plus, en niant le contraire ?

  • L’hyperbole
  • L’oxymore
  • L’antithèse
  • La litote
Voir la réponse

Réponse : La litote

La litote consiste à dire moins pour suggérer davantage, souvent en niant le contraire. « Ce n’est pas mal » signifie « c’est bien ». Dans l’Écriture, cette figure introduit une retenue pudique qui invite l’auditeur à comprendre par lui-même la pleine portée du propos.

2. « Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille… » (Mt 19, 24). De quelle figure s’agit-il ?

  • La litote
  • L’hyperbole
  • L’oxymore
  • La métaphore
Voir la réponse

Réponse : L’hyperbole

L’hyperbole est la figure de l’exagération volontaire, qui amplifie une idée au-delà du vraisemblable pour frapper l’imagination. L’image du chameau passant par le chas d’une aiguille pousse l’impossibilité à l’extrême pour souligner combien il est difficile aux riches d’entrer dans le Royaume, sans prétendre à la littéralité.

3. Quelle figure unit deux termes contradictoires, comme « ténèbre lumineuse » ?

  • Le paradoxe
  • L’oxymore
  • L’antithèse
  • La litote
Voir la réponse

Réponse : L’oxymore

L’oxymore unit deux termes contradictoires en une seule expression, créant un paradoxe signifiant. « Ténèbre lumineuse » associe obscurité et lumière pour exprimer un mystère qui dépasse la logique ordinaire. Dans la tradition mystique chrétienne (Denys l’Aréopagite, Jean de la Croix), l’oxymore traduit l’indicible de l’expérience divine.

4. Comment appelle-t-on la figure qui remplace un mot par une expression descriptive, comme « Celui qui siège sur le trône » pour Dieu ?

  • La synecdoque
  • L’allégorie
  • La métonymie
  • La périphrase
Voir la réponse

Réponse : La périphrase

La périphrase (ou antonomase descriptive) est la figure qui remplace un mot par une expression descriptive plus longue. « Celui qui siège sur le trône » pour Dieu, « la Ville éternelle » pour Rome, « le prince des Apôtres » pour saint Pierre. La périphrase enrichit le discours en ajoutant une caractérisation qui met en valeur un attribut du référent.

5. « Ô mort, où est ta victoire ? » (1 Co 15, 55). Saint Paul utilise quelle figure en interpellant la mort ?

  • L’apostrophe
  • La métaphore
  • L’exclamation
  • La comparaison
Voir la réponse

Réponse : L’apostrophe

L’apostrophe est la figure qui interrompt le discours pour s’adresser directement à une personne, une chose ou une entité abstraite. En interpellant la mort (« Ô mort, où est ta victoire ? », 1 Co 15, 55), saint Paul personnifie la mort et la défie face à face. L’apostrophe crée un effet dramatique et émotionnel saisissant.

6. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? » (1 Co 3, 16). Quelle est cette figure ?

  • L’apostrophe oratoire
  • L’interrogation délibérative
  • La question rhétorique
  • L’exclamation oratoire
Voir la réponse

Réponse : La question rhétorique

La question rhétorique (ou interrogation oratoire) est une question dont la réponse est évidente et qui n’attend pas de réponse verbale. En écrivant « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? », saint Paul affirme avec force une vérité en impliquant l’auditeur, qui ne peut que répondre mentalement « oui ».

7. Quel théologien mystique emploie l’oxymore « ténèbre lumineuse » pour décrire l’approche de Dieu ?

  • Denys l’Aréopagite
  • Saint Bonaventure
  • Saint Augustin
  • Saint Thomas d’Aquin
Voir la réponse

Réponse : Denys l’Aréopagite

Denys l’Aréopagite (ou Pseudo-Denys, ve-vie siècle) emploie l’oxymore « ténèbre lumineuse » (ou « ténèbre supra-lumineuse ») dans sa Théologie mystique pour décrire l’approche de Dieu. Ce paradoxe exprime que Dieu dépasse toute connaissance humaine : plus on s’approche de Lui, plus on entre dans une obscurité qui est en réalité une surabondance de lumière.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Figures de style et ornements du discours

  1. Les tropes : métaphore, métonymie, synecdoque
  2. Allégorie et ironie
  3. Les figures de mots
  4. Les figures de pensée
  5. Les figures dans l'Écriture Sainte
  6. Litote, hyperbole et oxymore
  7. Asyndète, polysyndète et gradatio
  8. Figures de construction avancées
  9. Figures de sens avancées
  10. Le kairos et les figures avancées