Figures de sens avancées

Chapitre 3 : Figures de style et ornements du discours · cours « Rhétorique » · 7 questions

Métonymie, synecdoque et catachrèse : les figures de sens qui enrichissent le discours.

Rhétorique

Figuræ Sensus

La catachrèse

Les dernières figures de sens complètent l'arsenal du rhéteur chrétien. La catachrèse (du grec « abus ») est une métaphore si usée qu'on ne la perçoit plus : « le pied de la montagne », « le bras du fauteuil », « les ailes du bâtiment ». Le mot est détourné de son sens propre faute de terme exact. L'Écriture en est pleine : les « entrailles de miséricorde » de Dieu (Col 3, 12) sont une catachrèse devenue prière.

L'euphémisme

L'euphémisme remplace un mot dur par une expression adoucie : « il s'est endormi dans le Seigneur » pour « il est mort ». La liturgie en use constamment pour voiler le mystère sans le nier.

Catachrèse (métaphore morte), euphémisme, anthimeria, épanorthose (correction de soi), concession : les dernières figures du rhéteur chrétien

Testez-vous : 7 questions

1. Comment appelle-t-on une métaphore si usée qu’on ne la perçoit plus, comme « le pied de la montagne » ?

  • La synecdoque
  • L’euphémisme
  • La catachrèse
  • La métonymie
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Réponse : La catachrèse

La catachrèse est une métaphore si usée par l’usage qu’on ne la perçoit plus comme figurée. « Le pied de la montagne », « les bras du fauteuil », « la feuille de papier » sont des catachrèses : le transfert de sens est devenu le sens courant du mot. En rhétorique, elle comble un manque lexical : il n’existe pas d’autre mot pour désigner cette réalité.

2. Quelle figure remplace un mot dur par une expression adoucie, comme « il s’est endormi » pour « il est mort » ?

  • La litote
  • La périphrase
  • La catachrèse
  • L’euphémisme
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Réponse : L’euphémisme

L’euphémisme est la figure qui remplace une expression dure, crue ou déplaisante par une formulation adoucie. Dire « il s’est endormi » pour « il est mort » atténue la brutalité du propos. Dans la langue chrétienne, cette figure exprime aussi une vérité théologique : la mort du juste est un sommeil dans l’attente de la résurrection.

3. Quelle figure emploie un mot dans une autre catégorie grammaticale, comme « Tout-Puissant » (adjectif devenu nom) ?

  • La métonymie
  • La catachrèse
  • L’anthimeria
  • Le polyptoton
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Réponse : L’anthimeria

L’anthimeria (ou antimeria) est la figure qui emploie un mot dans une catégorie grammaticale différente de la sienne : un adjectif utilisé comme nom (« le Tout-Puissant »), un nom comme adjectif, un verbe comme nom. Ce transfert de catégorie crée un effet de concentration sémantique et de force expressive.

4. « J’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi, mais la grâce de Dieu ». Quelle figure corrige sur-le-champ ?

  • La praeteritio
  • L’épanorthose
  • La concession
  • L’antithèse
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Réponse : L’épanorthose

L’épanorthose corrige sur-le-champ ce qu’on vient de dire, nuançant ou renforçant l’affirmation première.

5. Quelle figure admet le point de l’adversaire pour mieux le retourner ?

  • La procatalepse
  • L’antithèse
  • La concession
  • La praeteritio
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Réponse : La concession

La concession (ou concessio) est la figure qui admet le point de l’adversaire (ou une partie de son argument) pour mieux le retourner ensuite. En reconnaissant ce qui est vrai dans l’objection, l’orateur montre sa bonne foi (éthos) et désarme la résistance, avant de démontrer que sa propre thèse reste plus forte malgré cette concession.

6. L’euphémisme est un mensonge déguisé selon la tradition rhétorique chrétienne.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

C’est faux. L’euphémisme n’est pas un mensonge déguisé mais une atténuation légitime de l’expression. Dire « il s’est endormi » pour « il est mort » n’est pas mentir : c’est adoucir la formulation par pudeur, charité ou convenance. Dans la tradition chrétienne, l’euphémisme peut même exprimer une vérité théologique (la mort comme sommeil dans l’attente de la résurrection).

7. Quelle est la différence entre la procatalepse et la concession ?

  • L’une réfute, l’autre admet
  • Aucune différence notable
  • L’une attaque, l’autre cède
  • L’une nie, l’autre concède
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Réponse : L’une réfute, l’autre admet

La procatalepse et la concession traitent toutes deux des objections adverses, mais différemment. La procatalepse anticipe l’objection pour la réfuter : elle la neutralise. La concession admet l’objection (ou une partie) pour mieux la retourner : elle la reconnaît. L’une combat, l’autre absorbe : deux stratégies complémentaires face à l’opposition.

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Dans ce chapitre : Figures de style et ornements du discours

  1. Les tropes : métaphore, métonymie, synecdoque
  2. Allégorie et ironie
  3. Les figures de mots
  4. Les figures de pensée
  5. Les figures dans l'Écriture Sainte
  6. Litote, hyperbole et oxymore
  7. Asyndète, polysyndète et gradatio
  8. Figures de construction avancées
  9. Figures de sens avancées
  10. Le kairos et les figures avancées